La décence nous ordonne de respecter le deuil ! - Gaëtan Dussausaye (France info)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Questions et réponses
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- 0:23OuverteÉludée
Est-ce que Jean-Marie Le Pen, c'est votre histoire, c'est votre héritage politique ?
- 0:44RelanceÉludée
Si ça avait été Jean-Marie Le Pen à la tête du parti, vous n'auriez pas adhéré à ce parti ?
- 1:23RelanceÉludée
Est-ce que vous, vous auriez pu adhérer à ce parti si ça avait été Jean-Marie Le Pen le président ?
- 2:18OuverteRéponse directe
Les mots utilisés par votre parti sont-ils une réhabilitation de Le Pen ?
- 3:18OuverteRéponse directe
Est-ce que vous vous dites que vous n'auriez pas été élu député sans Jean-Marie Le Pen ?
- 4:25OuverteRéponse partielle
Est-ce que votre parti politique va lui rendre hommage ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:07Invité politiqueFait
« C'était l'un des derniers députés de la 4ème République. »
- 3:24Invité politiqueFait
« Jean-Marie Le Pen, c'est le fondateur du Front National. »
- 3:45Invité politiqueFait
« Jean-Marie Le Pen, c'était aussi une personne qui était visionnaire sur un certain nombre de sujets. »
- 3:59Invité politiqueFait
« Jean-Marie Le Pen, par exemple, a été cet homme du nom à Maastricht en 1992, du nom à la Constitution européenne lors du référendum de 2005. »
- 4:13Invité politiqueFait
« En 1988, Jean-Marie Le Pen proposait d'ores et déjà le référendum d'initiative citoyenne. »
- 7:20Invité politiqueChiffre
« La France est le premier pays en termes de prélèvement obligatoire de l'OCDE. »
Temps de parole
- Gaëtan Dussausaye62 %
- Présentateur38 %
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Bonjour Gaëtan Dussosset, vous êtes députée RN des Vosges, porte-parole également de votre parti. Hier donc, Jean-Marie Le Pen, le fondateur de votre famille politique, est mort. Vous, vous avez 30 ans, et donc vous aviez, si on fait un calcul rapide, 8 ans en 2002, quand Jean-Marie Le Pen s'est qualifié au second tour de la présidentielle. Est-ce que Jean-Marie Le Pen, c'est votre histoire, c'est votre héritage politique ?
Comme vous l'avez rappelé, je n'ai que 30 ans, et donc dans mon parcours politique, finalement, je n'ai connu que le Rassemblement National de Marine Le Pen. J'ai adhéré lorsque j'avais 17 ans, en 2011.
En 2011, quand elle venait d'être élue à la tête du parti.
C'était déjà 8 mois que Marine Le Pen avait été élue par les adhérents du Front National à l'époque.
Si ça avait été Jean-Marie Le Pen à la tête du parti, vous n'auriez pas adhéré à ce parti ?
Je pense que c'est une question malheureusement qui est un peu anachronique. C'est très difficile de pouvoir se projeter dans ce genre de situation.
Quand on est un militant et ensuite un élu politique, on sait où on s'engage.
C'était un homme de son temps, qui appartenait à son temps. C'est évidemment un monument de l'histoire de la Vème République. Pour le coup, Jean-Marie Le Pen, c'était ce tribun du peuple français qu'il aura défendu tout au long de sa vie, avec, je crois, une certaine éloquence, avec une culture immense d'ailleurs, que même ses plus farouches adversaires lui ont reconnu durant des années.
C'était aussi un homme des outrances, un homme des polémiques, un homme qui a été condamné pour ses propos, antisémite, révisionniste. Je vous repose ma question. Est-ce que vous, vous auriez pu adhérer à ce parti si ça avait été Jean-Marie Le Pen le président ?
Encore une fois, permettez-moi de ne pas nécessairement répondre à votre question, mais pour une simple et bonne raison, c'est qu'on est à moins de 24 heures aujourd'hui de la mort et du décès de Jean-Marie Le Pen. Et je pense que la décence...
Donc vous ne pouvez pas vous autoriser à un propos de critique à son égard.
Laissez-moi terminer, comme ça vous comprendrez, c'est que, en réalité, la décence nous ordonne surtout de respecter un temps et un moment de deuil pour la famille et pour ses proches, je pense en particulier à ses trois filles, à Marine, à Yann et à Marie-Caroline. Vous savez, ces questions autour des polémiques, des provocations et des excès de Jean-Marie Le Pen, même à titre personnel, j'ai beau ne avoir 30 ans, que j'y ai répondu d'ores et déjà 20, 30, 100 fois. Là, aujourd'hui, on est dans le moment du recueillement, on est dans le moment d'un partage du chagrin avec la famille, avec les proches de Jean-Marie Le Pen.
Et je pense qu'étant donné le monument qu'il était, c'est important que l'on puisse commémorer cette page de l'histoire et de la vie politique française qui se tourne aujourd'hui.
Alors justement, les mots utilisés par votre parti sont intéressants. On a le sentiment que les hommages d'hier sont un peu comme une réhabilitation, puisque Jean-Marie Le Pen, vous l'avez exclu de votre parti politique. Jordan Bardella, par exemple, sur X, disait « Il a toujours servi la France, défendu son identité, sa souveraineté ». On a également, dans le communiqué de presse du Rassemblement National, il s'est avéré être un visionnaire. Ce ne sont pas des mots qu'on aurait entendus de son vivant. Il y a une forme de réhabilitation en ce moment au Rassemblement National de Jean-Marie Le Pen ?
On n'est pas dans une projection ou une comparaison entre ce qu'il se passe aujourd'hui en 2025 et le parcours qu'a été celui de Jean-Marie Le Pen. Oui, en 2025, y compris quand on est un jeune député de 30 ans, on peut reconnaître finalement cet homme d'histoire et cette page d'histoire qu'était Jean-Marie Le Pen. C'était l'un des derniers députés de la 4ème République. Ce fils de marin pêcheur qui est devenu député de la nation avant même d'avoir soufflé sa 30ème bougie.
Oui, c'était le plus jeune élu de la 5ème République à cette époque. Est-ce que d'ailleurs vous vous dites que vous n'auriez pas été élu député, comme vous l'êtes aujourd'hui des Vosges, sans Jean-Marie Le Pen ?
Mais de fait, Jean-Marie Le Pen, c'est le fondateur du Front National. C'est celui qui a créé en 1972 ce petit parti patriote et qui en plus de ça aura réussi à le hisser ce mouvement national de sa fondation dans une petite salle de la vie parisienne jusqu'au second tour d'une élection présidentielle, d'une élection nationale, le 21 avril 2002. Jean-Marie Le Pen, c'était aussi une personne qui était visionnaire sur un certain nombre de sujets. C'est lui-même qui a imposé dans le débat public, dans la sphère publique, des sujets qui aujourd'hui continuent de transcender tous les débats et toutes les politiques sur la question de l'immigration, mais pas que d'ailleurs.
C'est vrai que Jean-Marie Le Pen, par exemple, a été cet homme du nom à Maastricht en 1992, du nom à la Constitution européenne lors du référendum de 2005. Il a aussi posé la question de la souveraineté sur la table des débats publics. Jean-Marie Le Pen, autre exemple qui peut étonner aussi, vous saviez qu'en 1988, Jean-Marie Le Pen proposait d'ores et déjà le référendum d'initiative citoyenne, c'est-à-dire cette mesure largement plébiscitée lors des événements des Gilets jaunes. Donc on voit que sur un certain nombre de sujets, il a été en effet très précurse.
Et du coup, est-ce que votre parti politique va lui rendre hommage ?
Écoutez, pour le moment, nous n'avons pas d'informations. Nous avons évidemment publié un communiqué de presse hier pour rendre hommage à ce personnage d'histoire qu'était Jean-Marie Le Pen. Pour ce qui est du reste, je crois surtout que cela est réservé à l'intimité de la famille.
C'était quand même le fondateur, comme vous l'avez répété, de votre parti politique. On pourrait imaginer, au vu en plus en effet des communiqués de presse et des mots qui sont utilisés, qu'un hommage soit peut-être rendu par votre famille politique.
Écoutez, pour le moment, on a exprimé évidemment tout notre soutien et nos condoléances, surtout à sa famille. Et pour ce qui est du reste, on vous donnera les informations s'il y a bien.
Merci. Pour terminer juste sur ce point, est-ce qu'on sent que c'est délicat, tout de même, à traiter pour votre famille politique ce décès sur Veunier hier ? Est-ce que vous-même, vous vous êtes beaucoup interrogé sur la manière dont vous alliez prendre la parole, les mots que vous alliez poser suite à ce décès de Jean-Marie Le Pen ?
Non, je crois que c'est une évidence. Si vous voulez, ce qui est important pour nous, c'est surtout de réussir à distinguer...
Parce qu'au sein de votre parti, ça ne l'a pas été pour beaucoup de monde. Beaucoup se sont posé la question.
Je n'ai pas le sentiment que j'ai. En réalité, il y a une certaine unanimité sur cette page d'histoire qui était Jean-Marie Le Pen. Vous savez, il faut vraiment distinguer deux choses, à la fois un parcours politique, un parcours aussi humain. Évidemment, Jean-Marie Le Pen est un être humain, est un homme, avec ses excès, avec ses provocations, etc.
Mais encore une fois, toutes ces discussions, ces polémiques sur lesquelles on a déjà répondu à maintes et maintes reprises, et que l'on continuera certainement, sur lesquelles on continuera certainement, d'ailleurs, dans les années à venir, à discuter, à polémiquer, ce n'était ni le temps, ni le moment, alors qu'on est à moins de 24 heures dans la mort de Jean-Marie Le Pen.
Alors, projetons-nous également vers l'avenir, parce qu'il se passe quelque chose de très important en ce moment. Les consultations autour du budget, toute la semaine à Bercy. Vous allez, votre parti, être reçue dans deux jours, vendredi. Mais Marine Le Pen a déjà exprimé son insatisfaction. Elle a dit que tout ça partait un peu du mauvais pied, notamment avec le ministre de l'Économie, Éric Lombard, qui a dit hier sur France Inter qu'il voyait plus de perspectives de dialogue fécond avec les partis de gauche qu'avec le RN. Vous êtes inquiet de la manière dont les choses se passent ?
Vous pensez que vous n'allez pas être entendu de la même manière que, par exemple, l'avait fait Michel Barnier ?
C'est surtout, en fait, au gouvernement de se ressaisir. Depuis le début, le gouvernement sait qu'il est sous la surveillance du premier groupe de l'Assemblée nationale, c'est-à-dire du groupe présidé par Marine Le Pen et du Rassemblement national. Il ne faut pas qu'il reproduise les mêmes erreurs que Michel Barnier. Et justement, on a le sentiment que là,
il essaye de trouver plus d'accord avec la gauche qu'avec le Rassemblement national pour éviter cet épétement.
D'accord, mais dans ce cas-là, il faut qu'il nous dise pour quoi faire. Lorsque la gauche a été amenée à travailler sur la première copie du budget proposé par le gouvernement de son prédécesseur, non Michel Barnier, la gauche a multiplié les taxes en tous sens. Ils ont créé des taxes sur les ascenseurs, sur les bouteilles d'eau, sur les boissons alcoolisées, sur les sucres, sur les automobilistes, sur les agriculteurs. Aujourd'hui, la France est le premier pays en termes de prélèvement obligatoire de l'OCDE.
On ne peut plus se permettre de créer des nouvelles taxes qui viendraient pénaliser lourdement et massivement le pouvoir d'achat des Français et qui viendraient aussi ajouter un manque de compétitivité pour nos entreprises.
Donc vous dites que la censure pourrait arriver une deuxième fois. Si le ministre des Finances va trop vers la gauche, attention, le RN pourrait réagir.
La question pour le Rassemblement national et l'objectif pour le Rassemblement national est claire et constante depuis le début. Nous, ce qui compte, c'est l'intérêt de la France et des Français. Sur les discussions budgétaires, nos lignes rouges, elles sont connues. Il faut soutenir et rendre de l'argent aux Français et donc soutenir leur pouvoir d'achat. Il faut lever les freins à la compétitivité de nos entreprises et je pense particulièrement aux petites et très petites entreprises et surtout s'attaquer au vrai gaspillage de l'argent public. Parce que cette question que tous les Français se posent, c'est pourquoi on paye toujours plus d'impôts
et où passe l'argent ensuite de l'autre côté. Si vous n'êtes pas satisfait, est-ce que vous pourriez, dès le 16 janvier, parce qu'il y a une motion de censure qui va être déposée par les Insoumis la semaine prochaine, le 14 janvier, est-ce que vous pourriez vous joindre et dès le 16 janvier, sanctionner ce gouvernement et faire tomber France Insoumise ?
Alors le 16 janvier, en réalité, c'est une motion de censure déposée par la France Insoumise qui, comme d'habitude, est un peu dans la bordélisation de la vie politique française.
Ça ne vous empêche pas forcément de...
Ce n'est pas cela, c'est qu'en réalité, la France Insoumise, elle, elle le censure aussitôt, a priori, de manière quasiment automatique. Donc c'est trop tôt.
Vous, le 16 janvier, vous ne joindrez pas...
Là, le 16 janvier, la motion de censure, elle ne portera que sur le discours de politique générale de François Bayrou. Alors oui, si François Bayrou nous sort une énormité qui va totalement à l'encontre des intérêts nationaux, eh bien évidemment, nous le censurons. Si ce n'est pas le cas, nous lui laissons la possibilité d'aborder les questions budgétaires pour qu'on puisse aller défendre ce qu'ont exprimé, la volonté de changement exprimée par 11 millions de Français
Ce serait sur le budget, vous pourriez éventuellement censurer, si on comprend bien, mais pas dès la semaine prochaine.
C'est ça. Il faut mener les discussions. Nous sommes un groupe sérieux qui travaillons. Nous avons fait un certain nombre de propositions. J'espère que le gouvernement les entendra.
Merci Gaëtan du Sosset.
Gaëtan Dussausaye