Fin du retrait de points pour les "petits" excès de vitesse: la prise de parole de Gérald Darmanin
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
L'excès de vitesse, même lorsque celui-ci est très modéré, par contre, on vous laisse le bénéfice de vos points. Aujourd'hui, c'est un peu plus de 50% des points qu'on retire aux Français qui relèvent d'excès de vitesse de moins de 5 km à l'heure. On garde toujours la tolérance. Vous savez que si vous faites, par exemple, sur une vitesse de 100 km à l'heure autorisée, si vous faites 103 km à l'heure, il y a une tolérance d'à peu près 5 km à l'heure. Et donc, dans ces cas-là, vous n'êtes pas concerné aujourd'hui par l'amende et par le retrait de points.
Mais si vous faites, par exemple, 107 km à l'heure sur une vitesse autorisée de 100, le ministère de l'Intérieur vous retient 103 km à l'heure. Et dans ces cas-là, vous aviez le retrait de points et l'amende. Demain, vous n'aurez plus que l'amende. Donc, nous gardons la tolérance qui est appliquée par les policiers, par les gendarmes et par l'application des radars automatiques. Et nous considérons qu'à 5 km à l'heure au-dessus de la vitesse retenue, nous ne retirons plus les points à partir du 1er janvier 2024. Mais nous conservons, bien sûr, l'amende en agglomération et en agglomération. Les deux ne se cumulent pas, en fait ? La tolérance et les 5 km ? Si, les deux se cumulent.
C'est-à-dire que, je répète, si vous avez une vitesse autorisée à 100 km à l'heure et que vous faites 107 km à l'heure, aujourd'hui, on vous retient 103 km à l'heure. Et là, vous avez aujourd'hui l'amende et les points. Demain, vous n'aurez plus que l'amende. Si vous faites 103 km à l'heure, aujourd'hui, la vitesse retenue, c'est 100 km à l'heure. Et dès aujourd'hui, vous ne bénéficiez pas du retrait de points et pas de l'amende, puisqu'on ne retient pas les 3 km à l'heure supérieurs. Donc c'est la tolérance qui ne bouge pas. On laisse la tolérance pour les policiers, pour les gendarmes et pour les radars automatiques, bien évidemment.
Et on rajoute les quelques kilomètres à l'heure que les Français trouvaient extrêmement frustrants, considérant qu'on leur retirait beaucoup trop de points, leur retirant parfois le permis de conduire, les empêchant pour les grands utilisateurs de la route, notamment ceux qui travaillaient, qui faisaient beaucoup de kilomètres le matin ou le soir, qui passaient devant beaucoup de radars automatiques et qui pouvaient légitimement se dire que cette politique n'était pas une politique de bon sens.
Nous leur permettons évidemment de pouvoir arrêter ces retraits de points qui les agaçaient et qui n'étaient pas très cohérents dans la politique de sécurité routière et que seule la France à peu près appliquait dans ces conditions. Monsieur le ministre, certains vous reprochent cette indulgence envers les autonomistes. Écoutez, moi, je suis élu d'un territoire où je croise sans cesse des femmes et des hommes qui m'expliquent qui font 30-40 kilomètres le matin pour aller travailler, 30-40 kilomètres le soir pour revenir travailler, qui vont chercher leurs enfants à l'école et qui passent.
J'ai l'exemple d'une dame, par exemple, à Tourcoing, devant 10 radars automatiques chaque jour pour aller travailler. Et cette dame respecte le code de la route. Il lui arrive que cependant, lorsque 5 fois par semaine vous passez devant 10 radars automatiques, vous avez une chance assez forte d'être un tout petit peu plus au-dessus de la vitesse autorisée. On n'est pas là pour retirer les points, les permis ou les amendes des très grandes personnes qui font des excès de vitesse très importants. On est là pour parler des gens du quotidien qui font de petites accartades de quelques kilomètres à l'heure dans des conditions de répétition des trajets, notamment des trajets du travail.
Moi, je ne pense pas que leur permettre de pouvoir travailler avec leur voiture dans des conditions parfois de circulation difficiles, au moment où, par ailleurs, l'essence est très chère et où ils doivent travailler pour gagner leur vie. Ils prennent parfois, notamment à la campagne ou dans les quartiers populaires, beaucoup de temps pour aller travailler. Je ne pense pas que ce soit une mesure démagogique que de leur dire qu'on les écoute, qu'on les entend, que c'est une mesure de bon sens. Bien sûr, il reste toujours l'amende.
Et quand vous gagnez 1 500, 2 000 euros payés des amendes qui sont entre 60 et 135 euros, c'est quand même, évidemment, déjà une sanction extrêmement forte, ce qu'il ne faut pas sous-estimer. Mais on ne va pas leur retirer, par ailleurs, leur outil de travail, qui est le permis de conduire, alors qu'ils n'ont été qu'à 2-3 km à l'heure au-dessus de la tolérance du ministère de l'Intérieur. Donc ceux qui vous disent, me semble-t-il, que c'est une mesure démagogique, manifestement, ne croise pas la même dame que je croise à Tourcoing tous les jours.
Gérald Darmanin