Laure Lavalette : "La France ne doit pas subir les politiques migratoires folles d'autres pays de l'UE"
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France Inter. Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9-30. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin la députée RN du Var, porte-parole du groupe RN à l'Assemblée Nationale. Questions et réactions au 01-45-24-7000 et sur l'application de France Inter. Laure Lavalette, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro, beaucoup de sujets à aborder avec vous ce matin. Et d'abord, ce plan dévoilé hier par Emmanuel Macron en Ardèche pour relocaliser la production d'une cinquantaine de médicaments, dont 25 dans les prochaines semaines. Vous qui défendez au RN le patriotisme économique, on imagine, Laure Lavalette, que vous vous réjouissez de cette annonce hier du Président de la République.
Ça va dans le bon sens ?
Bien sûr. C'est même, j'allais dire, une grande victoire idéologique du Rassemblement National. Marine Le Pen a beaucoup parlé de cette souveraineté pharmaceutique, notamment au niveau du Covid. C'est à ce moment-là que les Français se sont aperçus que finalement, nos médicaments étaient, la plupart des molécules venaient de Chine et d'Inde. Donc, c'est une grande victoire idéologique. Alors, il va falloir, on va surveiller ça de près, évidemment.
C'est une grande victoire idéologique du RN ? Bien sûr, c'est le patriotisme. Le patriotisme économique, dans ces cas-là, on peut dire que c'est une grande victoire idéologique d'Arnaud-Montbourg. C'était le premier à en avoir parlé.
Mais aussi, il est à Salamé, mais il se trouve que le bon sens n'a pas de frontière politique. Et celle-là, je vais vous dire, moi, je suis maman d'une jeune fille diabétique. Et je peux vous dire que quand votre pharmacien vous appelle en vous disant, il y a une pénurie d'insuline, que vous prenez votre voiture, que vous faites le tour des pharmacies pour essayer de trouver de l'insuline, là, vous touchez du doigt exactement le problème de cette souveraineté pharmaceutique, qui doit évidemment être totale. On s'est aperçu que plus d'un gramme de paracétamol n'était produit en France. Ça pose des vraies questions. Encore une fois, voilà, que le bon sens triomphe.
Donc, toutes les initiatives annoncées par Emmanuel Macron, le RN soutient, là, cette semaine.
Alors, c'est sûr que quand vous avez un président Macron qui parle de réindustrialisation, on saute au plafond, mais on est aussi, vous savez, un peu échaudé. Je vous rappelle que quand on a vendu Alstom, ArcelorMittal, Lafarge, Alcatel, quand on a taillé à la serpe dans les bijoux de famille industrielle, quand on a perdu 38 000 emplois industriels sous l'ère Macron, voilà, on se dit, est-ce qu'il va vraiment aller jusqu'au bout ? Ça va dans le bon sens, on sera très attentifs.
Là, il parle de 200 usines ouvertes depuis deux ans, 120 000 emplois créés dans l'industrie, tout ça va dans le bon sens.
Ça va plutôt dans le bon sens, puisque c'est ce que nous appelons nos voeux depuis longtemps. Mais encore une fois, je vous dis, entre ce que ce gouvernement dit et ce qu'il fait, il y a quand même souvent un énorme gap. Nous serons extrêmement vigilants. Mais c'est certain que pour les Français, il faut qu'on retrouve cette souveraineté pharmaceutique, c'est crucial.
Alors, venons-en maintenant à l'Ukraine. Emmanuel Macron l'a confirmé, la contre-offensive ukrainienne a bel et bien commencé et elle va durer, selon lui, plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Le rapport de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur les ingérences étrangères, rapport voulu par le RN, présidé par l'un des vôtres, Jean-Philippe Tanguy, a conclu que le RN avait une relation privilégiée avec la Russie, qu'il était une courroie de transmission efficace de la propagande russe en France avec un alignement total sur le discours du Kremlin. Du coup, Laure Lavalette, on peut vous demander si vous soutenez cette contre-offensive ?
Ce qu'il faut dire aux auditeurs qui nous écoutent, c'est que ce rapport, il émane de Mme Constance Legrippe, qui, je vous rappelle, est députée de la majorité et qui dit l'inverse de ce que disent toutes les institutions qui ont été auditionnées, que ce soit le parquet national financier, que ce soit l'Office central de lutte contre la fraude fiscale, que ce soit la DGSI. Donc je pose une question, est-ce que Mme Legrippe est au-dessus de la DGSI ? Évidemment que non. Je pense que voilà, c'est un rapport.
Cette commission d'enquête, pardon, cette commission d'enquête, vous la vouliez au RN, elle était présidée par l'un des vôtres et aujourd'hui que les conclusions ne vous plaisent pas, vous dites qu'elle n'est pas bien.
Non mais que le rapport est fait par quelqu'un de la majorité qui ne nous veut pas du bien. Je vous repose la question, est-ce que Mme Legrippe est au-dessus de la Cour des comptes, au-dessus de la DGSI ?
Sur le fond, une courroie de transmission efficace de la propagande russe en France, un alignement total sur le discours du Kremlin.
Oui mais quand vous avez la DGSI, nos services intérieurs, qui vous dit qu'aucun parti n'a d'ingérence, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Enfin je veux dire, il n'y a pas plus transparent. Donc que Mme Legrippe s'énerve un peu et fasse du bruit très bien, mais je pense que personne n'est dupe. Et puis vous avez bien vu à quel point ça avait été pelu ce rapport par les gens qui l'ont voté. On voit bien là une manœuvre politique à un moment où le Rassemblement national est au plus haut dans les sondages. Est-ce qu'il faut y voir une coïncidence ?
Vous en voyez une en tout cas, mais sur le fond, vous n'avez pas répondu à Nicolas Demorand. Vous souhaitez que l'Ukraine gagne cette contre-offensive, qu'elle reprenne des villages, des villes, des territoires perdus ?
Léa Salamé, je vais vous dire, j'ai même été moi la première sur le plateau parce que j'avais une matinale et l'offensive avait eu lieu dans la nuit. Et nous avons tout de suite, dès le premier jour, condamné évidemment cette invasion de l'Ukraine par la Russie. On a toujours été très clair sur le sujet. Prenez toutes les déclarations, que ce soit de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella, à aucun moment on peut imaginer autre chose que la victoire de l'Ukraine. Après, ce qu'on dit, c'est qu'il faut s'asseoir autour de la table et que probablement que cette victoire, elle ne sera pas forcément militaire, elle sera diplomatique.
Mais alors, je vous demande, puisque vous dites, il faut que l'Ukraine gagne, c'est ce que vous dites ce matin, comment voulez-vous qu'elle gagne l'Ukraine sans lui livrer des armes ? Puisque à la fois vous dites qu'il faut que l'Ukraine gagne et en même temps vous nous expliquez qu'il ne faut pas lui livrer des armes, ce que vous appelez les armes offensives, c'est-à-dire de l'artillerie, des chars, tout ce qu'on livre aux Ukrainiens aujourd'hui. Comment voulez-vous que l'Ukraine gagne face à l'armée russe, avec leurs bras ? Vous voulez que les soldats affrontent les chars avec leurs bras ? Par l'opération du Saint-Esprit ?
Non, je ne sais pas, je voudrais savoir, sans qu'on leur livre des armes, comment ils gagnent ? Il n'est pas question que nous soyons co-belligérants. Parce qu'en fait, c'est ça, dès que vous envoyez une arme offensive, vous devenez co-belligérants. Et excusez-moi de vous dire que cette guerre n'est quand même pas la nôtre. On a fait, je pense, que la France a fait ce qu'il fallait, elle a accueilli les Ukrainiens. Je vous rappelle que Louis Alliot est même allé chercher des Ukrainiens à la frontière. Donc, on n'a aucun souci là-dessus. Simplement, on pense que la victoire ne sera pas militaire. Une guerre, c'est très long, il y a beaucoup de gens qui meurent des deux côtés.
Il faut se mettre autour de la table. Et je pense qu'Emmanuel Macron l'avait aussi compris. Il n'a absolument jamais coupé les liens, souvenez-vous, avec la Russie, avec Vladimir Poutine. Enfin, là, il s'est coupé les liens. Non, mais il l'a, souvenez-vous, ses mises en scène où il l'avait au téléphone. Enfin, sachant qu'effectivement, nous, il faut que la France retrouve, j'allais dire, sa puissance et arrive à mettre les gens autour de la table et qu'on arrive à un accord. Mais il n'est pas question d'être co-belligérant. Mais pardonnez-moi, on n'est pas co-belligérant, vous dites ça.
Quand vous envoyez des armes défensives, pas défensives, mais offensives, vous devenez de fait co-belligérant. Pour vous, on est co-belligérant ? Moi, je pense qu'il faut mettre les gens autour de la table. C'est la position qui n'a un lieu.
Mettre les gens autour de la table quand vous avez un pays qui envahit l'autre. Une fois de plus, pardon, mais je vous entends, mais qu'est-ce que ça veut dire ?
Est-ce que vous pensez que toutes les victoires... Mais c'est rare que ça se termine par une victoire militaire, Madame Salamé. Les guerres dans le monde, globalement, au bout d'un moment, les gens s'assoient autour de la table. Il y a des concessions qui sont faites. Il y a des concessions, évidemment.
Donc là, il faut faire des concessions aux russes, c'est ça que vous dites ? Pour qu'ils arrêtent de... Non, j'essaie de comprendre quelle est votre position. Parce que derrière la phrase « il faut s'asseoir autour d'une table », je voudrais savoir...
Et comme dans n'importe quel traité de paix, vous savez, c'est l'histoire de la vie qui continue. Il faudra évidemment mettre l'Ukraine et la Russie autour d'une table. Il y aura forcément des concessions pour qu'un accord soit trouvé. En tout cas, c'est ce qu'on appelle de nos voeux. Évidemment que cette guerre s'arrête le plus vite possible. Parce que je vous rappelle qu'il y a beaucoup de morts, beaucoup de civils qui morts.
On en vient maintenant à la question du droit d'asile avec cet accord important signé par les 27 jeudi derniers avec la création de centres d'accueil aux frontières extérieures de l'UE pour un certain nombre de migrants et de demandeurs d'asile. Ce que vous demandiez, s'ils sont déboutés, ces demandeurs d'asile, ils seront renvoyés dans leur pays sans être entrés sur le territoire de l'UE. Est-ce que cet accord, là encore, va à vos yeux dans le bon sens ?
Je ne sais pas, vous y croyez, M. Demorand ? Non, mais je vous pose la question.
Est-ce que ça vous y croyez ? Ce n'est pas mon interview ou c'est la vôtre ?
Bien sûr, mais la question qui se pose à l'heure actuelle, c'est qu'on a un vrai souci avec les gens qui rentrent dans cet espace Schengen et les gens qui sortent. Donc moi, j'attends de voir la façon dont ça va se passer. Mais nous, on dit très clairement que quand un pays veut bien accueillir un réfugié et qu'il veut bien donner le droit d'asile, il faut que ce pays garde son réfugié. Qu'il n'est pas question que la France subisse les politiques migratoires parfois folles d'autres pays de l'UE. Et vous parliez du droit d'asile qui était débouté et que les gens ne repartent ou pas. C'est une vraie question en France.
Quand vous voyez que 60% des gens sont déboutés du droit d'asile et que simplement 5% de ces 60% repartent. C'est comme ça qu'on se retrouve avec l'assassinat de la petite Lola par quelqu'un dont l'obligation de quitter le territoire français n'était pas exécutée. Pour l'instant, ce n'est pas du tout ce qui se passe. Pour l'instant, ce n'est pas du tout ce qui se passe. Donc attendons de voir. C'est ce que nous appelons de nos voeux depuis longtemps. Vous savez, puisque nous demandons à chaque fois que la demande d'asile soit faite dans un consulat ou dans une ambassade du pays de départ avant d'arriver.
Puisqu'on sait bien qu'une fois que les gens mettent le pied sous l'espace Schengen, ils ne repartent jamais.
Mais pardon, vous posez la question, mais cet accord-là, il a été soutenu et il a été signé par Giorgia Meloni en Italie. L'Italie est en première ligne sur l'immigration, vous le savez. Je n'ai pas bien compris, parce que j'ai cru comprendre par Sébastien Chenu que vous ne soutenez pas cet accord.
Non, mais vous avez bien compris aussi qu'on n'a pas du tout la même position de Giorgia Meloni qui est sous perfusion de subventions européennes. On voit bien d'ailleurs la proximité qu'elle a après avec Ursula von Donlehen. On a bien vu que l'Italie est au bord de la faillite et a besoin de l'argent de ce plan de relance. Donc elle est peut-être plus magnanime avec l'Europe. Effectivement, nous, nous pensons qu'il faut que nous retrouvions des frontières, même nationales, même si une frontière, ce n'est pas des murs et des barbelés, c'est une porte que vous ouvrez et que vous fermez en fonction de qui a envie de rentrer ou pas.
La question qu'il faut se poser, c'est pour l'instant en France, tout le monde rentre, on fait un espèce de tri des dossiers après. Et ça n'est évidemment pas ce que nous voulons, parce que nous voulons protéger le peuple français. Et pour les protéger, il faut évidemment savoir qui rentre sur votre sol.
Vous avez soutenu Giorgia Meloni, vous êtes tous félicités de sa victoire il y a quelques mois. Aujourd'hui, vous trouvez quoi ? Elle vous déçoit au fond ?
En fait, ce qu'on soutient, c'est le réveil des peuples. On soutient les peuples qui ont envie effectivement d'être souverains. Et Giorgia Meloni avait cette... Mais je vous rappelle que ce n'est pas notre allié. Notre allié, c'est Matteo Salvini. On n'a jamais dévié, on n'a pas changé un iota sur le sujet. Après, je pense que certains Italiens ont dû être un peu... Je m'avance peut-être, mais un peu déçus effectivement de sa politique migratoire. Mais encore une fois, je pense qu'elle est prise en étau avec ses fonds européens. Un peu comme nous. Enfin, je vous rappelle quand même que le pacte asile-immigration devrait passer avant les européennes.
Voilà, il y a toujours un timing quand même dans ce que fait l'Europe. Et les premiers ministres des pays sont quand même mis d'accord sur le fait que quand un pays refusera un migrant, il faudra payer 20 000 euros. Voilà, je laisse les Français imaginer que ce sont encore leurs impôts qui vont devoir payer cette politique folle migratoire, auquel il faut évidemment mettre un terme, puisqu'on voit bien le lien qu'elle a avec l'insécurité. On l'a encore vu à Annecy.
Un mot, Laure Lavalette, sur la tragédie d'Annecy précisément. Vous avez été l'une des premières à dénoncer l'impuissance du gouvernement à protéger notre peuple. Gérald Darmanin, hier à l'Assemblée, vous a reproché l'innommable, l'insupportable, l'indécence de vos réactions à vous, Rassemblement National. Les victimes ne vous intéressent pas. Vous n'avez pas un mot pour les parents, pas un mot pour les enfants pendant ces questions d'actualité. C'est le dégoût qui nous inspire quand vous parlez de ce sujet. Fin de citation. Que lui répondez-vous ?
Je réponds déjà à Gérald Darmanin, qui a un peu perdu ses nerfs hier. On a bien vu, même dans sa gestuelle, on sentait qu'il était très mal à l'aise sur le sujet. Pour ceux qui sont observateurs de la vie politique, on a évidemment eu une pensée tout de suite pour les bébés. Je le disais, je suis mère de cinq enfants. Je peux vous dire que du temps au parc, j'en ai passé un paquet. Et qu'évidemment, c'est l'effroi qui nous a saisi. Après, moi, je suis une femme politique. Je suis là pour que ça ne réarrive jamais. Donc moi, je suis là pour trouver des solutions politiques. Le rassemblement est là pour amener des réponses politiques.
Et ça passe notamment par la maîtrise de ces flux migratoires. Parce qu'encore une fois, il n'avait rien à faire en France.
Il était rentré de manière régulière en France grâce à son statut de réfugié obtenu en Suède. Sa demande d'asile en France avait été rejetée quatre jours avant les faits. Vous parlez d'impuissance de l'État. Qu'est-ce que vous auriez fait de mieux ?
Ça faisait déjà trop longtemps, Léa Salamé. Vous savez, il est arrivé en octobre. En principe, quand vous avez le droit d'aller dans un autre pays, ça n'est que trois mois. Donc on était au-delà de ces trois mois. Et puis moi, je vais vous dire, ce qu'on veut, c'est que quand quelqu'un a l'asile dans un pays, il reste dans ce pays. Parce que que moi, la Suède donne l'asile à ce monsieur ne veut pas dire que la France devrait le donner. Et c'est d'ailleurs ce qui va protéger les Français. Parce que je vous rappelle qu'il y a quand même notamment l'Allemagne, qui a des politiques migratoires complètement folles, dont les Français ne veulent plus.
80% des Français ne veulent pas de cette immigration folle que le gouvernement nous fait supérer. Et effectivement, moi, je comprends que Gérald Darmanin perde ses nerfs. Je veux dire, Gérald Darmanin appartient au gouvernement qui aura exécuté le moins d'OQTF. Il y a un moment, les Français, vous savez, ont des yeux pour voir. Encore hier à Toulon, c'était un Marocain clandestin qui a donné des coups de couteau à deux personnes pour un téléphone et une cigarette. Donc, les Français voient très bien le lien qu'il y a entre cette immigration débridée et l'insécurité.
Vous savez, les gens qui viennent chez nous, ils ne viennent pas parce que la France est un grand pays et qu'ils sont, j'allais dire, sous le charme des philosophes des Lumières, Léa Salamé. Ils viennent en France parce qu'ils savent qu'ils ne repartiront jamais. Ils ne viennent pas, je veux dire, par adhésion à nos valeurs. Ils arrivent parce qu'ils savent que c'est plutôt confortable d'être en asile ici.
Peut-être qu'ils viennent d'un pays en guerre et qu'ils sont réfugiés politiques.
Évidemment, ils ne se posent pas, mais ils peuvent aussi aller dans des pays limitrophes. Quand vous êtes en Syrie, vous avez la Turquie, vous avez l'Égypte. Il y a 3,5 millions en Turquie, vous le savez. Au Liban également. Certes, mais effectivement, la France n'a pas vocation à recueillir tous les réfugiés que les autres pays de l'Union européenne voudraient accepter.
Quand vous voyez qu'Edouard Philippe veut remettre à plat l'accord entre la France et l'Algérie qui organise l'entrée et le séjour des Algériens en France, quand il parle d'immigration choisie et pas subie, vous applaudissez ?
Alléluia, oui. L'accord de 68, Marine Le Pen le dénonce depuis longtemps. Il n'a évidemment plus lieu d'être. Donc, c'est ce que nous appelons de nos voeux. Mais là encore, vous savez, de la même façon que sur la souveraineté pharmaceutique, il y a une victoire idéologique. Là, c'est indéniable qu'en ce moment sur l'immigration, il y a aussi une victoire idéologique du Rassemblement national. Avant, nous étions raillés sur nos propositions et sur nos constats. Il se trouve que là, entre Édouard Philippe, les Républicains, de temps en temps Gérald Darmanin, on voit bien que finalement, on a fait des adeptes. Vous savez, ce qui compte, c'est que les Français gagnent.
Ce n'est pas le Rassemblement national.
Oui, sauf qu'elle échoue à la fin. À la dernière marche, elle n'a pas gagné.
Ça sert aussi à ça, d'être une opposition constructive, notamment sur cette souveraineté pharmaceutique. Et si toutes les décisions migratoires sont prises et vont dans le bon sens, ce dont je doute un peu, ce sera une victoire pour les Français. Et encore une fois, nous n'avons pas d'orgueil, Léa Salamé. Ce qu'il faut, c'est que l'intérêt des Français passe en premier et quel que soit celui qui prenne la décision. Après, je pense que Marine Le Pen est la seule qui a la volonté politique d'aller jusqu'au bout des choses. En tout cas, pour l'instant, il y a cette victoire idéologique en matière d'immigration, c'est certain.
On passe au standard d'Inter. Guillaume, bonjour.
Bonjour, bonjour madame la députée.
Et bienvenue, vous nous appelez de Lille. Bienvenue.
Oui, c'est bien ça. Bonjour Léa et bonjour Nicolas. Bonjour. Je voudrais savoir, madame la députée, vous dites avoir condamné l'invasion russe de l'Ukraine dès le premier jour. Et donc souhaiter la victoire de l'Ukraine. Pourtant, cette guerre, c'est quand même la prolongation de celle qui a démarré en 2014. Et est-ce que la Crimée doit revenir sous giron ukrainien ?
Merci Guillaume pour cette question. Laure Labanade vous répond.
Alors, je vous invite à regarder justement les auditions de Marine Le Pen, où elle s'explique très bien sur cette position sur la Crimée. Vous savez que nous trouvions, comment dire, il y a eu un référendum. Le référendum a demandé à ce que la Crimée reparte à la Russie. Donc ça nous paraît...
Qui a été jugée faux et illégale.
Oui, enfin, pas par Nicolas Sarkozy, pas par Valéry Giscard d'Estaing, qui me semble-t-il sont quand même deux anciens présidents de la République. Donc ça ne me paraît pas complètement à Béraud d'avoir les mêmes positions.
Aujourd'hui, vous pensez que la Crimée est russe ? Oui, je pense que la Crimée est russe, oui. D'accord. On va revenir en France, peut-être Nicolas, avec ce qui va se passer à l'Assemblée nationale aujourd'hui. Sur les médecins et les déserts médicaux, alors que plus de 10 millions de Français n'ont pas de médecins traitants et rencontrent des difficultés pour se soigner, le député socialiste Guillaume Garraud propose de réguler l'installation des médecins selon un mécanisme qui existe déjà, par exemple, pour les pharmaciens.
Il s'agit d'orienter les nouveaux diplômés et de ne plus les autoriser à aller dans des régions, comme la vôtre d'ailleurs, de régions où il y a beaucoup de médecins et d'aller dans des régions où il y en a moins. C'est une proposition qui a le soutien de la plupart des groupes politiques. Quelle est la position du RN sur ce sujet-là ? Parce qu'on l'a cherchée, on ne l'a pas trouvée, pour tout le dire.
Vous pouvez le dire. Regardez, j'aime la santé de notre programme présidentiel, où évidemment je vais vous la donner. Déjà, ce qu'il faudrait que nos auditeurs sachent, c'est que le député en question essaye de faire croire que c'est transpartisan, alors qu'il n'a pas demandé au Rassemblement national, qui est quand même la première force d'opposition avec 88 députés, je le rappelle, son avis. Alors, on va attendre la fin des débats, Léa Salamé, pour savoir exactement ce que nous allons faire. Ce qui est sûr, c'est que nous ne sommes pas dans la coercition. On ne se voit pas contraindre les médecins à aller quelque part.
Je pense qu'il faut plutôt être dans l'incitation, que ce soit par exemple avec une modulation du prix de la consultation, ou que ce soit avec des niches fiscales. À mon avis, la coercition ne fera pas en sorte qu'un médecin sera heureux dans un endroit. Et puis, ça pose une vraie question de politique publique plus globale aussi, des infrastructures, parce qu'il faut dire aux Français qu'un désert médical, vous le disiez, c'est à peu près 10 millions de gens, 10 millions de gens qui n'ont pas de médecin traiteau, 7 millions de gens, je pense, qui vivent dans des...
C'est des incitations, mais il y en a déjà des incitations et ça ne marche pas. Tenez, je vous donne un exemple. Il y a 18 fois plus d'ophtalmologues à Paris que dans la creuse, il y a 23 fois plus de dermatologues à Paris que dans la nièvre. Vous faites comment pour inciter les dermatologues à aller dans la nièvre, et les ophtalmois à aller dans la creuse, puisque les incitations ne fonctionnent pas ?
Déjà, je vais vous dire, il faut repenser complètement, ne serait-ce que les études de médecine. Et typiquement, les onglets ont fait ça très bien, ils ont doublé leur numerus clausus. Nous, Vidal, l'ancienne ministre Vidal, a fait croire qu'elle ouvrait ce numerus clausus en la plante numerus apertus, ça n'a absolument rien changé. Et on a maintenant des élèves brillants dans nos familles, on en connaît tous, qui partent faire médecine en Roumanie, ce qui est quand même complètement aberrant, dans la mesure où nous, en plus, de temps en temps, on demande à des médecins roumains de venir renforcer le pool de nos médecins.
Donc, on voit bien qu'il y a quand même une aberration, et c'est là où la question est beaucoup plus large. Elle est beaucoup plus large parce que, encore une fois, je vous le disais, quand vous avez un médecin qui s'installe quelque part, il faut aussi qu'il y ait une école, parce qu'il va venir avec sa famille, il faut aussi qu'il y ait des infrastructures scolaires. Donc, si vous voulez, c'est un grand plan.
Mais si je vous écoute, on ne fait pas grand-chose, en fait, pour les inciter sans coercition.
Déjà, on ouvre énormément, on ouvre complètement le numerus clausus. Alors, vous allez me dire, ça met 10 ans, mais on est bien d'accord. Oui, mais gouverner, c'est prévoir. Donc, je veux dire, ça fait très longtemps quand même qu'on est dans un désert médical. Mais il faut évidemment inciter. Je vous assure que ces incitations, notamment financières, les médecins qu'on a rencontrés nous ont vraiment insisté là-dessus. Mais je pense que la coercition, ça ne fonctionnera pas.
Elisabeth Borne a annoncé il y a trois semaines le plan français de réduction des gaz à effet de serre. La question du financement de cette transition écologique a été analysée dans le rapport Pisani-Ferry-Mafouze, qui préconise, entre autres choses, un ISF vert, une taxe temporaire sur le patrimoine des plus riches. C'est une bonne idée. Il y a plusieurs auditeurs qui vous interrogent sur votre programme écologique.
Je pense que c'est un slogan, cet ISF vert, et ce n'est pas ça qui va régler le problème. Notre programme écologique, on en parle depuis longtemps, on a même inventé le concept, c'est le localisme. On pense que quand vous produisez, retraitez vos déchets et arrivez à faire des circuits courts, globalement, tout le monde s'en porte mieux, et vous dans votre assiette, et la planète. Et pour financer, Marine Le Pen avait une autre source de financement, vous savez, qui était différente même de l'ISF, de l'IFI qui est à l'heure actuelle.
Nous, on veut taxer les transactions financières, et on veut arrêter de taxer quand quelqu'un vend sa maison, par exemple, parce que tout ce qui permet d'enraciner les gens sur la terre sur laquelle ils vivent, nous paraît aller dans le bon sens. Et quand vous voyez dans des successions des gens devoir vendre des maisons, parce qu'il y a cet impôt à payer, ça nous paraît aberrant. Donc la grande source de financement, elle est là, c'est de taxer tout ce qui est financier, parce que ça ne s'oppose pas. Ça veut dire quoi ? Vous voulez taxer quoi, en fait ?
Eh bien, les gens qui font beaucoup d'argent, beaucoup de profits, en ayant évidemment des actions financières, plutôt que de vous taxer vous le jour où vous allez déménager sur votre deuxième maison.
Donc vous voulez taxer quoi, les dirigeants du CAC 40 ? Pour être précis, parce que tout ce qui est financier, je ne crois pas.
Vous avez du mal, mais c'est vrai que je vais vous offrir à M la finance, alors il y aura évidemment des seuils. Ah, parce qu'à M tout, M la finance. Non, c'est comme ça, vous vous souvenez-vous, c'est comme ça que nous avions décliné le programme présidentiel de Marine Le Pen. Mais avant de me l'offrir, dites aux auditeurs, ce sera quoi ?
Eh bien, quand vous gagnez beaucoup, beaucoup, beaucoup, mais vraiment beaucoup d'argent, vous serez taxés, et en dessous, on vous laissera ne pas payer cet impôt sur le patrimoine, qui, de la vie, encore une fois, venez avec moi faire un micro-trottoir, c'est un impôt qui empoisonne la vie des Français, et qui ne permet pas de rester enraciné, et ça nous paraît, nous, bien plus fondamental et bien plus écolo.
Deux questions pour finir d'actualité. D'abord, un mot sur le fonds Marianne, lancé par Marlène Schiappa, après l'assassinat de Samuel Paty, pour financer des associations défendant les valeurs de la République. La gestion du fonds est, vous le savez, controversée. Une commission d'enquête sénatoriale entendra Marlène Schiappa tout à l'heure. Il y a aussi une enquête judiciaire. Vous demandez sa démission, comme le demande la NUP ? Non ?
En fait, ce qui est compliqué, c'est que je pense que ça doit être très énergivore, quand même, de lutter contre les... Enfin, de donner, de rendre des comptes, ça ne doit quand même pas être simple. Alors, on peut se poser la question de savoir est-ce qu'elle peut à la fois être ministre et arriver à se défendre. Je ne suis pas sûre que ce soit, effectivement, le bon moment. Je pense qu'hors du gouvernement, elle serait certainement beaucoup plus à même et beaucoup plus libre pour pouvoir se défendre de ce qu'on l'accuse. Après, vous savez, c'est quand même un gouvernement qui n'a honte de rien.
Je vous rappelle qu'on a un ministre de la Justice qui n'a pas démissionné après avoir fait trois bras d'honneur dans l'enceinte du Palais Bourbon. Voilà, qu'elle n'est pas la décence après avoir posé dans Playboy cette histoire de fond. Vous savez qu'elle démissionne après Playboy ? Non, mais là, ça fait beaucoup. Il y a un petit côté quand même qui ne fait pas très sérieux. Et je pense que les accusations sont quand même assez lourdes. Et pour avoir le temps, évidemment, de répondre à ces accusations, elle serait mieux en dehors du gouvernement. Après, ce n'est pas à moi de dire qu'elle devrait ou pas démissionner. Mais ça serait de la décence, je pense, évidemment, de partir.
Ça a été la fin du feuilleton parlementaire sur la réforme des retraites avec le rejet lundi de la motion de censure contre le gouvernement Borne. Le coordinateur de la France Insoumise, Manuel Bompard, a déclaré que la contestation contre la réforme des retraites ne s'arrêtera jamais. Tôt ou tard, cette réforme des retraites sera abrogée. Vous reprendriez ces mots ?
Moi, je veux dire à M. Bompard que s'il avait voté la motion référendaire que le Rassemblement National avait déposée, nous n'en serions pas là, c'est ça. Alors, ils font beaucoup de bruit, certes, mais quand il s'agit de voter et de faire en sorte de faire tomber ce gouvernement, ils ne l'ont pas fait. Je rappelle aux Français, il y avait deux motions référendaires, ils ont perdu au tirage au sort et ils ont donc, par orgueil, préféré ne pas la voter. Donc, faire du bruit, c'est bien. Je pense qu'agir, c'est mieux. Malheureusement, je pense que pour cette histoire de retraite, nous avons épuisé tous les moyens qui étaient en notre possession.
Il n'y a qu'un seul espoir, évidemment, c'est le vote. Il n'y a pas de fatalité. Et une seule espérance, ça sera l'élection de Marine Le Pen en 2027.
Dernière question, Laure Lavalette. On vous a entendu dans toute cette interview parler souvent de Toulon. La mairie de Toulon, ça vous intéresse ?
C'est-à-dire que là, les Toulonnais sont un peu orphelins. Vous savez que leur maire a été condamnée. Donc, il est parti après 20 ans. Voilà, c'est sûr que c'est un territoire que j'aime beaucoup. Je prendrai toute ma part dans cette élection. Mais à quelle place, je n'en sais encore rien, Léa Salamé. C'est encore un peu tôt, bien sûr. C'est la moitié de ma circonscription. Je serai très attentive, mais c'est encore un peu tôt pour en parler. Mais je n'ai aucune idée de où est-ce que je serai, comment je mènerai cette bataille, mais je la mènerai, évidemment.
Merci, Laure Lavalette, d'avoir été au micro d'Inter ce matin.
Laure Lavalette