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InterviewINA (sur YouTube)· 30 juillet 2012 3 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & familleTravail & emploi

Benoît Hamon "Le Parti Socialiste dit trop Je et pas assez Nous" | Archive INA

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:06OuverteRéponse directe

    Bonsoir.

  • 0:12OuverteÉludée

    La relève au Parti Socialiste, ce sont ceux qu'on appelle les jeunes lions, comme Arnaud Montebourg ?

  • 0:21OuverteRéponse partielle

    Au-delà du bestiaire, ce sont ces sept générations qui doivent s'affirmer maintenant ?

  • 0:44RelanceRéponse directe

    Benoît Hamon, vous n'allez pas nous dire que ce n'est pas un problème au PS, l'absence de leader ?

  • 0:48OuverteRéponse partielle

    Le meilleur, est-ce que c'est Dominique Strauss-Kahn, comme le disait le sondage publié par Libération, ou alors Ségolène Royal ?

  • 1:42RelanceRéponse directe

    Parlons des idées, le travail, l'autorité, ce sont des valeurs que le PS a laissé à Nicolas Sarkozy. Vous n'avez rien à proposer sur ces thèmes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:12Invité politiqueFait
    « Je n'aime pas beaucoup ce bestiaire. »
  • 0:25Invité politiqueFait
    « Moi, je n'ai jamais pensé que la rénovation, ça se résumait au fait de remplacer des gens de 50 ans par des gens de 40 ans. »
  • 0:54Invité politiqueFait
    « Mais je crois que le PS souffre d'une chose, c'est de trop dire « je » et pas « c'est nous ». »
  • 1:08Invité politiqueChiffre
    « on sortait de trois crises majeures, CPE, banlieue, Claire Stream, la droite avait mis les Français à genoux, on perd de deux millions de voix »
  • 1:50Invité politiqueFait
    « Attendez, qu'on ne confonde pas la valeur travail dont parle Nicolas Sarkozy, travailler plus pour gagner plus, c'est surtout la possibilité pour les chefs d'entreprise d'avoir recours davantage aux heures supplémentaires »
  • 2:15Invité politiqueFait
    « Nous, nous pensons que c'est autour de la rémunération du travail, donc du salaire, qu'il faut augmenter le pouvoir d'achat. »
  • 2:19Invité politiqueFait
    « nous disions et nous disons encore qu'il faut plafonner les loyers, encadrer la dépense de loyer qui occupe une trop grande place dans les dépenses des ménages. »

Temps de parole

  • Benoît Hamon80 %
  • Présentateur20 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et sans détour, je reçois Benoît Hamon, député européen, porte-parole du Parti Socialiste, proche de François Hollande. Bonsoir. Bonsoir. La relève au Parti Socialiste, ce sont ceux qu'on appelle les jeunes lions, comme Arnaud Montebourg.

0:12
Benoît Hamon

Je n'aime pas beaucoup ce bestiaire. Je n'aimais pas beaucoup les éléphants, pour caractériser les dirigeants socialistes. Je n'aime pas beaucoup non plus les jeunes lions. Je trouve que tout ça nous ridiculise.

0:21
Présentateur

Au-delà du bestiaire, ce sont ces sept générations qui doivent s'affirmer maintenant ?

0:25
Benoît Hamon

Moi, je n'ai jamais pensé que la rénovation, ça se résumait au fait de remplacer des gens de 50 ans par des gens de 40 ans. Ça se saurait si, quand on a 10 ans de moins que celui qui vous précède, on était forcément plus intelligent. Moi, je connais des gens de 30 ans qui sont déjà très très vieux. Il y a pas mal d'hommes et de femmes de 70 ans qui ont beaucoup d'énergie et qui sont encore des militants de gauche sincères.

0:44
Présentateur

Benoît Hamon, vous n'allez pas nous dire que ce n'est pas un problème au PS, l'absence de leader. Le meilleur, est-ce que c'est Dominique Strauss-Kahn, comme le disait le sondage publié par Libération, ou alors Ségolène Royal ?

0:54
Benoît Hamon

Mais je crois que le PS souffre d'une chose, c'est de trop dire « je » et pas « c'est nous ». Et si nous avons été confrontés à une telle déconvenue lors de l'élection présidentielle, là où tout nous préparait à l'emporter, on sortait de trois crises majeures, CPE, banlieue, Claire Stream, la droite avait mis les Français à genoux, on perd de deux millions de voix, si nous avons perdu, c'est sans doute que sur le fond nous n'avons pas répondu utilement à celles et ceux qui sont les premières victimes de la crise, les classes moyennes, les classes populaires, et puis surtout que le visage qui était le nôtre n'était pas un visage séduisant. Pourquoi ?

Parce qu'on entend trop encore, même maintenant au PS, dire « je » et pas « c'est nous ». Comment les gens peuvent se sentir représentés par un parti qui conjugue son action toujours à la première personne du singulier et pas à la première personne du pluriel ?

1:42
Présentateur

Parlons des idées, le travail, l'autorité, ce sont des valeurs que le PS a laissé à Nicolas Sarkozy. Vous n'avez rien à proposer sur ces thèmes ?

1:50
Benoît Hamon

Attendez, qu'on ne confonde pas la valeur travail dont parle Nicolas Sarkozy, travailler plus pour gagner plus, c'est surtout la possibilité pour les chefs d'entreprise d'avoir recours davantage aux heures supplémentaires, d'augmenter les cadences s'ils le souhaitent et donc de dégrader les conditions de travail des salariés. Les gens qui sont populaires pourtant gagnent plus. Mais on verra, sauf que les salariés savent quand ils sont dans leur entreprise que ce n'est pas eux qui décident de faire des heures supplémentaires, c'est le chef d'entreprise qui décide de les distribuer.

Nous, nous pensons que c'est autour de la rémunération du travail, donc du salaire, qu'il faut augmenter le pouvoir d'achat. De la même manière, nous disions et nous disons encore qu'il faut plafonner les loyers, encadrer la dépense de loyer qui occupe une trop grande place dans les dépenses des ménages. Voilà une manière de soutenir le pouvoir d'achat des ménages, voilà un terrain sur lequel nous aurions pu être efficaces quand par ailleurs, et là observons le contenu des politiques de Nicolas Sarkozy, qui a mis en place une mesure de 13 milliards de cadeaux fiscaux à des destinations des plus riches. Il y a un exemple qui est simple, que tous les économistes utilisent.

Quand vous donnez 100 euros à une personne qui a déjà beaucoup d'argent, en général, elle l'épargne. Quand vous donnez 100 euros à une personne qui en a besoin, qui est modeste, en général, elle la consomme. Elle a réinvesti dans l'économie réelle, et ça fait derrière des carnets de commande de nos entreprises qui se remplissent et des emplois. Mais ce n'est pas le choix qu'a fait Nicolas Sarkozy. Il a fait d'abord un choix idéologique et doctrinal. Nous aurions fait le choix radicalement inverse.

3:00
Présentateur

Merci Benoît Hamon d'avoir accepté l'invitation du Soir 3. Merci à vous.