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ChroniqueLe Média (sur YouTube)· 31 octobre 2019 15 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsJusticeEurope & international

MACRON DRAGUE LES FACHOS | AU SÉNAT ON AIME BIEN LE PETIT BLANC

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:30Fait
    « La fabrique de l’intégration par le modèle économique s’est cassée. »
  • 3:00Fait
    « Cette incapacité s’est muée en mauvaise politique de peuplement, ponctuée de petits abandons républicains. »
  • 3:30Fait
    « Vous avez des gens qui ne sont pas intégrés, qui sont en sécession de la République, qui se moquent de la religion mais l'utilisent pour provoquer la République. »
  • 4:00Fait
    « Mon problème n'est pas la maman qui porte un voile en accompagnant son enfant en sortie scolaire. »
  • 4:30Chiffre
    « Je préfère avoir de la migration légale, enregistrée, sous quotas, pendant x années, plutôt que du travail dissimulé. »
  • 9:30Fait
    « Les mères de famille, on pleure misère sur la mère de famille, etc, la pauvre, etc. Elle n’avait qu’à ne pas mettre son voile, elle n’aurait pas eu de problèmes. »
  • 10:00Fait
    « Et s’il sont pas contents ils ont qu’à retourner d’où ils viennent. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Nous pourrions tous ensemble considérer, qu'il n'y a qu'une seule communauté, la communauté nationale. Une société de vigilance. Vous êtes en train de détourner l'appareil d'État pour le mettre au service de vos seules visées partisanes.

Il ferait mieux de mettre en place un secrétariat d'État pour la lutte contre l'évasion fiscale. C'est consternant. Le voilement est aussi un signe politique.

C'est une fois plus stigmatiser. Elle n'avait qu'à pas mettre son voile, elle n'aurait pas eu de problèmes. Quelque part j'ai pas d'opinion sur comment il faut pratiquer l'islam.

Je vois pas très bien l'intérêt. Et s'ils sont pas content ils ont qu'à retourner d'où ils viennent. Les confidences du président, l’hystérie collective autour du voile, les tripatouillages de la ministre de la Justice et les délires avinés d’un sénateur.

C’est dans le numéro 51 du P’tit coup de Bourbon. Emmanuel Macron a donc choisi l’hebdomadaire Valeurs actuelles, en kiosque depuis ce matin, pour s’exprimer sur l’immigration, le communautarisme et le voile. Des confidences distillées dans l’avion qui le ramenait de la Réunion plutôt qu’une interview en bonne et due forme.

Donc des propos tenus avant l’attaque de la mosquée de Bayonne. Pourquoi Valeurs actuelles ? Ce titre se situe en effet à la frontière entre la droite extrême et l’extrême droite.

Dans l’entourage du président, on affirme qu’il s’agit d’une habile manœuvre. Caresser dans le sens du poil la frange la plus droitière de l’opinion pour la rabattre vers la majorité. Et puis, rappelle-t-on, d’autres figures de la Macronie se sont exprimées dans ce journal avant le président : Marlène Schiappa, Gérald Darmanin, Benjamin Griveaux, Florence Parly, Jean-Paul Delevoye, Gabriel Attal.

Et même, souligne-t-on avec malice, le député France insoumise Alexis Corbière en janvier dernier… Encore fallait-il avoir quelque chose à dire pour qu’on ne retienne pas de cette opération présidentielle le seul choix du vecteur. En la circonstance, le discours du chef de l’État se résume à un constat qui emprunte énormément à un livre récent, l’Archipel français. Son auteur, Jérôme Fourquet, est le directeur du département Opinion à l'Ifop.

Comme le sondeur, le président de la République déplore l’émiettement du pays. Sans jamais, bien sûr, questionner sa propre responsabilité, ni celle de ceux qui l’ont précédé dans la destruction du pacte républicain. Morceaux choisis : “La fabrique de l’intégration par le modèle économique s’est cassée.” “Cette incapacité s’est muée en mauvaise politique de peuplement, ponctuée de petits abandons républicains”. “Vous avez des gens qui ne sont pas intégrés, qui sont en sécession de la République, qui se moquent de la religion mais l'utilisent pour provoquer la République.” “Mon problème n'est pas la maman qui porte un voile en accompagnant son enfant en sortie scolaire… Celle-là n'est pas perdue : elle a mis son enfant à l'école publique et elle vient faire une sortie scolaire.

C'est même par elle qu'on va reconquérir les personnes égarées.” “Les radicaux laissent leurs enfants dans l’école de la République quand elle enseigne bien le calcul, éduque, enseigne des valeurs. Il faut revenir à ce modèle-là.” “Je préfère avoir de la migration légale, enregistrée, sous quotas, pendant x années, plutôt que du travail dissimulé.” Voilà, je vous ai évité de dépenser 5,50 €.

Envoyez-les plutôt au Média, on en a bien besoin. Revenons au chef de l’État. En réalité, Emmanuel Macron ne sait plus comment sortir de cette séquence qui mélange toutes les peurs : immigration, voile, communautarisme, islamisme.

Pourtant, en programmant un débat sur l’immigration à l’Assemblée et au Sénat pour le 7 et 12 octobre, il pensait jouer un bon tour à la droite et à l’extrême droite. Les électeurs de ces familles politiques allaient venir à lui. Mais le scénario ne s’est pas déroulé comme prévu.

Et le monstre est en train de dévorer son créateur. Dans l’intervalle, en effet, la tuerie de la préfecture de police, le 3 octobre, a fait dériver le débat vers l’islamisme. Puis, le 11 octobre, c’est l’affaire de la maman voilée dans les tribunes du Conseil régional de Bourgogne.

La majorité se déchire alors au grand jour. D’un côté, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, de l’autre, le député marcheur, Aurélien Taché. C’est la cacophonie.

Enfin, il y a l’attaque de la mosquée de Bayonne par un ancien candidat du Rassemblement national. À force de jouer avec le feu, le président a fini par déclencher un véritable incendie. Mardi, à l’Assemblée, le Premier ministre a bien tenté d’éteindre le sinistre.

Dans une République sûre de ses principes, nous pourrions tous ensemble considérer qu’il n’y a qu’une seule communauté, la communauté nationale. À chaque fois, à chaque fois que l’on pointe telle ou telle confession, ou telle ou telle partie du peuple, alors on appauvrit ce qu’est la République, c’est à dire une union, une nation, un plébiscite de tous les jours de gens qui ne sont pas semblables, qui ne croient pas à la même chose, qui ne ressemblent pas tous, mais qui sont unis dans les valeurs de la République et dans le respect de la loi, et dans le respect de la loi. Chaque fois qu’on pointe telle ou telle partie du peuple, on appauvrit la République, nous dit Édouard Philippe.

Et il a raison. Mais pointer les gens, n’était-ce pas ce à quoi nous incitait un certain Emmanuel Macron, il y a trois semaines ? Une société de vigilance, voilà ce qu’il nous revient de bâtir.

Savoir repérer à l’école, au travail, dans les lieux de culte, près de chez soi, les relâchements, les déviations, ces petits gestes qui signalent un éloignement avec les lois et les valeurs de la République. On en est là. En pleine confusion, en plein naufrage.

Le Sénat, où Les Républicains ont la majorité, vient d’adopter une loi interdisant aux parents accompagnant les sorties scolaires de porter des signes religieux. En deux ans, c’est la deuxième fois qu’une telle proposition de loi est adoptée. Elle n’a aucune chance d’être votée par les députés.

Mais elle en dit long sur le climat. Et voilà maintenant que l’Élysée et Matignon envisagent de nommer un haut-commissaire ou un secrétaire d’État à l’Immigration. Il ne s’est trouvé personne, à l’Assemblée, pour applaudir l’initiative.

C’est simple, il y a les députés qui pensent que cette proposition est plus ou moins stupide. De là à en faire un secrétariat d’Etat, c’est une fois de plus stigmatiser cette problématique-là qui finalement est une problématique européenne. Je crois que derrière l’immigration il y a des questions de société, des questions aussi qui concernent l’économique, le social, avec les quartiers etc.

Vouloir absolument l’isoler et la confier à quelqu’un en particulier n’est pas nécessairement la meilleure idée. Je ne vois pas très bien l’intérêt de chercher à enfermer le débat migratoire dans une case. Il y a une question aussi écologique, il y a tous ceux qui fuient pour des raisons climatiques.

Il y a une dimension internationale, donc les affaires étrangères, il y a une dimension intérieure, sécurité, il y a une dimension sociale aussi. On le voit bien, c’est une politique globale qu’il faut conduire et non pas simplement avoir une vision qui conduit à être dans la stigmatisation. Et puis il y a les députés qui dénoncent une nouvelle opération de com.

Ils feraient mieux de mettre en place un secrétariat d’État pour la lutte contre l’évasion fiscale et faire en sorte de faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’État pour répondre aux besoin des français, et pas de trouver des sujets de diversion comme il est en train de le faire avec l’immigration. Ce que je note simplement, c’est qu’aujourd’hui on a surtout le verbe haut, on a surtout la parole forte, mais au-delà de ça on a surtout des actes très faibles. Il y a un gouffre qui est grandissant entre ses paroles et ses actes, et je ne suis pas sûr que ça soit la nomination d’un tel ou d’un tel qui améliore les choses pour le gouvernement et pour le président de la République.

Bien sûr, on a reparlé du voile dans les couloirs de l’Assemblée. Je ne résiste pas à la gourmandise de vous montrer la députée Valérie Boyer s’exprimant sur le sujet. Effectivement le voilement est aussi un signe politique.

Moi je ne le place pas ? sur le plan de la religion, mais simplement sur le plan de l’égalité entre les hommes et les femmes, sur ce que signifie aujourd’hui le voilement des femmes par rapport aux hommes. Mais qu’a-t-elle autour du cou, bien en évidence ?

Une croix. Ça vaut bien un foulard, non ? Disons-le tout net, rien ne lui interdit de la porter.

Et c’est tant mieux comme ça. Mais l’on me permettra de penser qu’en matière d’égalité homme femme, le catholicisme a encore bien du chemin à parcourir. Comme toutes les religions du Livre.

Dernier sujet de réflexion soumis aux députés, la surprenante déclaration, le jour même, du Conseil français du culte musulman : “Le port du voile est une prescription religieuse, mais celles qui ont décidé de s’en affranchir ne sont pas moins musulmanes et restent dans la communauté des croyants.” Moi je suis un élu républicain, je ne me mêle pas du débat de comment on pratique sa foi. Quelque part j’ai pas d’opinion sur comment il faut pratiquer l’islam.

Moi je ne suis pas favorable au port du foulard à titre personnel. Moi je ne suis pas croyant et je ne suis pas musulman. Je trouve malsain que parfois on demande à des femmes et hommes politiques de se prononcer sur les choses.

Moi de manière générale je suis plutôt pour qu’on ait pas de signes religieux mais une fois que j’ai dit ça je respecte parfaitement le fait que les gens en aient. Je ne demande pas l’interdiction, je ne demande pas la suppression des signes religieux. De la même façon qu’à titre personnel je ne vais pas me mêler des débats au sein de l’Eglise catholique ou au sein du judaïsme français.

Cette guerre confessionnelle larvée n’a pas sa place dans la République. Ceux qui ont pris la responsabilité de la réveiller nous entraînent vers le pire. Depuis le printemps dernier, la réforme de la justice est en cours.

Regroupements de juridictions, fusion des tribunaux d’instance et de grande instance, mutations, etc. La semaine dernière, le Canard Enchaîné révélait que la Garde des Sceaux alignait la suppression des postes de juges d’instruction sur les perspectives de La République en marche pour les prochaines municipales. En clair, pas question de déshabiller les villes où les macronistes avaient un espoir.

À l’appui de cette affirmation, un long mail adressé au cabinet d’Édouard Philippe par le cabinet de la Garde des Sceaux. Du coup, les séances de questions au gouvernement à l’Assemblée et au Sénat ont tourné au vinaigre lorsque l’article du Canard a été évoqué. Voilà maintenant un mur des cons directement élaboré par les services du ministère de la Justice en fonction du vote de nos concitoyens, en faveur ou en défaveur de monsieur Macron ou de son parti.

Tout ceci est inqualifiable et indigne d’une République exemplaire que vous prétendez pourtant incarner, monsieur le Premier ministre. Sans compter qu’il s’agit d’une opération contraire à toutes les valeurs de la République. Vous êtes en train de détourner l’appareil d’État qui doit être au service exclusif de nos concitoyens pour le mettre au service de vos seules visées partisanes.

Monsieur le Premier ministre, comment pouvez-vous, dans ces conditions, encore maintenir votre confiance à une Garde des Sceaux qui revendique même de tels agissements inacceptables et scandaleux alors que dans sa fonction elle devrait être un garant absolu d’un fonctionnement impartial de nos institutions. Madame la ministre, vous n’avez répondu ni à ma première question, ni à la seconde, ni à la troisième, ni à la quatrième, ni à la cinquième. Vous croyez que c’est habile, ce n’est pas du tout habile c’est consternant, c’est consternant parce que reste cette atteinte intolérable à la neutralité du service public de la justice, ce qui n’est quand même pas rien dans notre République et dont vous avez la charge personnellement.

À voir le rire qui secouait la ministre, on se dit que la neutralité de la justice n’est vraiment plus la préoccupation de ce gouvernement. Si tant est qu’elle l’ait été… Qui ne s’est pas retrouvé, un jour, dans un de ces dîners de famille où un cousin éloigné débite un tombereau d’insanités à la fin du repas, parce qu’il est complètement saoul ? Eh bien, ce genre de situation se produit également au Sénat.

Et dans le rôle du parent aviné, c’est Jean-Louis Masson, sénateur non-inscrit de la Moselle qui s’y est collé mardi dernier. Le racisme de caniveau à l’état brut. Tendez bien l’oreille au début.

Le président de séance, croyant que son micro est éteint, glisse une remarque à ses voisins immédiats qui éclaire la scène. La parole est à monsieur Jean-Louis Masson. Je voudrais dire que, on parle beaucoup des femmes voilées et dans le cadre de cette proposition de loi mais on ne parle pas du tout des enfants.

On dit “bah oui les femmes voilées ont le droit etc” mais est-ce qu’il est normal que votre enfant, vos enfants, vos petits-enfants, qui ne sont pas obligatoirement, heureusement je l’espère, ne sont pas habitués à côtoyer de l’obscurantisme voilé, est-ce que vous trouvez que c’est normal qu’ils soient encerclés lors des visites, des déplacements scolaires, par des femmes voilées qui font du communautarisme. Les mères de famille, on pleure misère sur la mère de famille, etc, la pauvre, etc. Elle n’avait qu’à ne pas mettre son voile, elle n’aurait pas eu de problèmes.

Halloween, on pourrait faire Halloween aussi. On va sortir des sorcières de Halloween pour mettre des enfants lors des voyages scolaires, mais c’est scandaleux. C’est les communautaristes qui vivent avec nous, qui sont dans notre société qui doivent s’aligner sur notre société.

Et s’il sont pas contents ils ont qu’à retourner d’où ils viennent. Jean-Louis Masson est député de Moselle, département régi par le concordat, un régime cultuel qui remonte à Napoléon 1er. Entre autres particularités, un enseignement religieux est dispensé dans le primaire et au collège.

Ce qui, on en conviendra, est un acte de prosélytisme nettement plus agressif que le port d’un foulard par une maman musulmane. Mais, perdu dans son vin, le sénateur n’y aura pas songé. Ajoutant la bêtise à la xénophobie.

Merci d'avoir regardé ce P'tit coup de bourbon, pour nous aider, c'est par ici.

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