Quel profil pour le ou la futur Premier ministre, le burkini et les législatives... Le 8h30 franceinfo de François Bayrou
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Bonjour François Bayrou, voilà trois semaines qu'Emmanuel Macron a été réélu, toujours rien, pas de nouveau premier ministre, pas de gouvernement. Pourquoi c'est si long ?
D'abord ça va venir je pense que la semaine qui s'ouvre sera de ce point de vue-là révélatrice. Moi je ne suis pas choqué que dans la transition entre deux législatures, deux périodes, le président de la république réélu prenne du temps, un peu de temps, pour remettre les choses à plat, pour qu'on aperçoive bien les problèmes qui vont se poser et pour prendre les décisions qui s'imposent. Il y a toutes les autres démocraties dans le monde, je crois presque toutes, en tout cas c'est vrai des plus grandes, la démocratie américaine par exemple, lorsqu'il y a une élection prennent deux mois à peu près pour poser les choses.
C'est différent aux Etats-Unis parce que toute l'administration fait ses cartons, ce qui n'est pas le cas en France.
Oui non mais ça n'est pas seulement le sujet, le sujet c'est que le président élu a besoin d'apercevoir la période qui s'ouvre comme une période nouvelle et dans cette période-là qu'il, au fond, qu'il mette en place ces nouvelles équipes.
Sauf que là ça donne un sentiment de flottement, un sentiment d'improvisation au sommet de l'Etat, c'est pas problématique ça ?
Bon d'abord c'est un sentiment, je ne crois pas du tout à ça, je pense qu'à la fois les équipes sont en place, y compris les équipes du gouvernement actuel.
Mais vous voyez bien, justement les ministres du gouvernement actuel, le Premier ministre en tête, ils s'impatientent, ils attendent en fait, ils attendent de pouvoir partir.
Bon ils ne vont pas attendre longtemps, j'imagine, ils ne vont pas attendre longtemps. Non mais vous voyez, cette idée selon laquelle il faut être sous la pression des événements, sous la pression du calendrier, sous votre pression, la pression des médias, en disant mais alors ça tarde, je pense que c'est une idée qui ne correspond pas à la difficulté... Ah Emmanuel Macron ! D'abord peut-être, mais à la difficulté des temps que nous vivons. Je ne sais pas si on se rend compte de la période dans laquelle on est entré, on en dira peut-être un mot, mais c'est une période si lourde de crise, et de crise que pour l'instant on n'aperçoit pas, on n'a en tête que le Covid et que l'Ukraine.
Mais il y a d'autres crises extrêmement lourdes qui sont en train de se présenter devant nous à l'horizon, et au fond le fait que le Président de la République prenne un peu de temps pour poser les choses, moi ne me choque pas. Vous savez bien que ma position sur le fond, mais c'était ma position et elle n'a pas été retenue, c'était qu'on aurait très bien pu aller jusqu'aux élections législatives avec le gouvernement Castex. pour assumer et assurer la transition et nommer le nouveau gouvernement avec la nouvelle majorité. Et donc ce n'est pas la solution qui a été retenue, mais c'est une explication pourquoi ça me choque moins que vous. Est-ce que ça doit être une femme ?
Ça va être une femme apparemment. Ça va être une femme ? Vous savez bien, vous l'avez annoncé sur tous les temps. Non, on n'a rien annoncé du tout, on est comme vous honnêtement François Bayrou, on est comme vous, on a chaque temps chaque jour. A priori c'est une femme. Tous les articles de presse annoncent ce choix. Vous savez comme nous que la presse parfois se trompe. Ça c'est possible. Peut-être que ça vous arrive, ça arrive à la presse, pas à vous jamais, mais à la presse plus souvent que... A priori c'est le choix d'Emmanuel Macron de se porter sur une femme. A priori.
Non mais c'est ce qu'il vous a dit, vous ne vous basez pas sur la presse, mais vous, vous avez rien direct à ce président.
Jusqu'à la dernière minute, le président de la République, en fonction des éléments que j'indiquais, est libre de son choix. Et c'est très bien comme ça. Parce que ce qui n'est pas bien, c'est ce qui ne serait pas bien. C'est céder à une pression, quelle qu'elle soit, médiatique ou politique. Je pense que c'est très bien qu'il soit libre de son choix, qu'il l'exerce en conscience. Et qu'on essaie de partager avec le pays, avec nos concitoyens, avec l'opinion publique, avec ceux qui nous écoutent, la gravité de ce choix.
Est-ce que ça pourrait être, quel que soit son sexe, une personne de gauche ?
Emmanuel Macron a été élu. Oui. Et c'est l'engagement de ma vie pour qu'on arrête de présenter la politique française.
Mais les gens aujourd'hui n'arrivent pas dans le champ politique vierge de toute étiquette. Ils viennent, sauf ceux qui ont rejoint Emmanuel Macron il y a 5 ans, mais ils viennent de la droite ou ils viennent de la gauche ? Ou ils viennent de chez vous, du centre ?
Pardon, ou ils viennent du centre. Du centre droit. Et donc, non, j'ai été le créateur d'un mouvement politique qui précisément s'est défini en refusant de se rallier à cette opposition que j'ai toujours considérée comme simpliste et stupide entre droite et gauche, comme s'il n'y avait que ça dans la vie. Or, ce n'est pas ça, ça n'est plus ça le cadre. Et Emmanuel Macron a été élu pour dépasser ce cadre. Vous comprendrez donc que c'est la question qui, là, ne correspond pas à la réalité.
Donc, il n'y a pas de cursus éliminatoire. Une personnalité de gauche comme de droite peut être nommée à Matignon aujourd'hui ou demain.
Personnalité qui fut de gauche et qui fut de droite, qui garde des valeurs d'engagement, mais qui n'est pas d'un camp, le propre, arrêtons-nous peut-être un quart de seconde, le propre de la période dans laquelle nous sommes entrés, pas aujourd'hui mais en 2017, par l'élection du président de la République, le propre de cette période, c'est que précisément on refuse de couper en deux la vie politique parce que ça ne correspond plus à la réalité. Regardez les deux grands partis de gouvernement, l'un dit de gauche le Parti Socialiste, l'autre dit de droite LR. Regardez dans quel état l'élection présidentielle les a laissés.
Et vous comprendrez que les citoyens, eux, ne veulent pas résumer les choses à ça. Ils veulent résumer les choses à des équipes, des projets, et j'aime pas le mot mais tout le monde comprend ce qu'il veut dire, et des valeurs plus profondes. Et c'est ces valeurs profondes qui doivent orienter les choix.
Le nom qui circule le plus en ce moment en parlant du poste de Premier ministre, c'est celui d'une femme venue de la droite, Catherine Vautrin, qui a donc été contre le mariage pour tous, qui a manifesté aux côtés de la manif pour tous. Est-ce que c'est un handicap ?
Je ne participe pas au concours de commentaires sur ce genre de sujet. C'est le président de la République qui doit voir ça. Ma conviction, à moi, vous la connaissez bien, c'est qu'il faudrait qu'il y ait, à Matignon, dans les choix que le président va faire, quelqu'un qui soit d'une très grande proximité philosophique et politique avec lui. L'unité de l'exécutif, président, Premier ministre, cette unité-là, elle est essentielle pour l'avenir du pays. Là, sur un sujet aussi important que le mariage pour tous, il y a une différence majeure.
J'ai vécu, comme vous, le malaise si profond qui a duré pendant des années entre un président de la République de premier plan et un Premier ministre de premier plan, mais il ne s'entendait pas, c'était Mitterrand et Rocard. Et ça a provoqué quelque chose de très déstabilisateur dans le pays. Donc, moi, je me fie à cette grande proximité qui doit exister.
François Bayrou, haut-commissaire au plan, maire de Pau et président du Modem, et l'invité de France Info. Le fil Info à 8h40 et on se retrouve dans un instant. François Bayrou, voici Thomas Vénèche.
Finlande et Suède prennent une mesure de défense dans un environnement stratégique modifié, explique sur France Info le secrétaire général adjoint de l'OTAN. Finlande et Suède veulent adhérer à l'alliance atlantique dans le sillage de l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février dernier. C'est officiel pour la Finlande. Cette adhésion à l'OTAN en Suède feuvert hier du Parti Social-Démocrate au pouvoir. La ville de Rennes l'a déjà fait. Grenoble va-t-elle autoriser à son tour le port du Burkini dans ses piscines municipales, ce maillot de bain couvrant à la fois la tête et le corps des femmes ?
Le Conseil municipal se prononce cet après-midi En cas de vote favorable, la préfecture de l'ISER annonce d'ores et déjà qu'elle demandera l'annulation de cette délibération. Le retrait du Mali du G5 Sahel et de sa force anti-djihadiste, l'agente malienne au pouvoir, accuse l'organisation de la région d'être instrumentalisée. Elle explique aussi vouloir dénoncer le refus de confier au Mali la présidence de ce G5. Restera-t-il ou pas au PSG ? Kylian Mbappé a quasiment pris sa décision. Le joueur du PSG le confit hier soir lors de la cérémonie des trophées UNFP où il a été désigné meilleur joueur de la saison.
Chez les femmes, la meilleure joueuse, c'est Marie-Antoinette Catoto, elle aussi joueuse du Paris Saint-Germain.
France Info Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
On est toujours avec le haut commissaire au plan, François Bayrou. Est-ce que vous, vous avez envie de revenir au gouvernement ?
A priori, non.
Il ne vous l'a pas proposé, Emmanuel Macron ?
Non. Si vous voulez bien qu'on ait un pacte entre nous. Je suis amnésique dès qu'il s'agit des conversations que je peux avoir avec le président de la République, alors ne venez pas remuer le couteau dans la plaie et me faire souffrir.
Ça se refuse le président de la République qui vous demande d'intégrer le gouvernement ?
Ce n'est pas le moment de ma vie où je suis des postes ministériels. J'en ai occupé longtemps. Et je me sens plus heureux et plus utile dans les fonctions qui sont les miennes aujourd'hui parce que la mairie d'une ville aussi attachante et fascinante que l'est la ville de Pau et toute son agglomération et tout le pays de Berne autour d'elle, pour moi c'est très important. Et peut-être en étant enraciné comme ça, je peux rendre des services. Après, le président de la République, naturellement, a de l'influence sur des décisions comme ça.
Ce week-end, Jean-Luc Mélenchon, qui demande aux Français de l'élire à Matignon lors des législatives du mois prochain, a amendé son projet sur la question du SMIC. Il est aujourd'hui ce SMIC à 1300 euros net par mois. Jean-Luc Mélenchon proposait, pendant la campagne présidentielle, de le porter à 1400. Désormais c'est 1500. Est-ce qu'il faut faire un geste aujourd'hui sur cette question du SMIC ?
D'abord, on se demande pourquoi on s'arrête à 1500. Si c'est la surenchère, chaque jour, tout le monde sourit en entendant ça.
Jean-Luc Mélenchon dit qu'il y a changé depuis la campagne présidentielle, c'est qu'il y a eu une réévaluation du montant de l'inflation, justement.
Mais la question, ce n'est pas celle-là. Est-ce qu'une augmentation brutale du SMIC est bonne pour l'emploi ? Est-ce que c'est un signal que les entreprises vont suivre pour s'installer, créer de l'emploi en France et faire reculer ce avec quoi nous avons vécu pendant des décennies, qui est le chômage ? Est-ce que c'est le bon signal ? Je pense que les réévaluations de salaire doivent se faire à l'intérieur de chaque branche.
Pas automatiquement ? A l'intérieur de chaque branche. Par exemple, c'est l'autre débat en ce moment.
Faut-il réindiquer les salaires sur l'inflation ? Il y a un mécanisme automatique, comme vous savez. Pour le SMIC, oui. Pour le SMIC. Donc, vous voyez bien que l'objection n'existe pas vraiment. Mais ça, c'est la question. L'élection, enfin, l'annonce de l'union de la « gauche » autour de Mélenchon, d'abord pour beaucoup de Français, c'est quelque chose d'extraordinairement, j'allais dire, désespérant. C'est pas si vous avez vu les images.
Le Parti Socialiste, qui a été le très grand parti de la social-démocratie en France et en Europe, allant, j'allais dire en chemise et la corde au cou, sonner à la grille, devant toutes vos caméras braquées, sonner à la grille de LFI pour aller se rendre à cette pression, pour garder quelques dizaines de circonscriptions, abandonner tout ce qu'ils ont cru. Et le programme de Jean-Luc Mélenchon, on va le découvrir. C'est un programme, pour moi, qui entraînerait la France dans un gouffre. Sortir de l'Union Européenne, parce que c'est bien ça que ça veut dire. Désobéissance à certains traités. Désobéir aux traités. Ça veut dire qu'on sort de l'Union Européenne. J'ai déjà cité deux exemples.
L'Union Européenne a interdit les produits phytosanitaires dangereux. Qu'est-ce qui se passe si l'Espagne, demain, dit « grand pays de maraîchage et de production de fruits et de légumes », si l'Espagne dit « écoutez-moi, je ne respecterai pas, je sortirai, c'est un traité qui ne me va pas, je désobéirai », l'Europe explose. Qu'est-ce qui se passe si l'ensemble des pays européens, ayant pris une décision historique, qui est d'instaurer une fiscalité minimale sur toutes les entreprises, y compris les grandes multinationales ? Fiscalité minimale de 15%, ce qui n'est pas rien. Qu'est-ce qui se passe si...
François Bayrou, la France insoumise dit déjà sur plusieurs traités, plusieurs pays désobéissent ?
Non. Ben si. Le principe de l'Europe, comme le principe de toute association, c'est que quand on prend une décision ensemble, on la respecte. Les 3% la France a désobéi pendant des années. Non, elle n'a pas désobéi.
On les a dépassés joyeusement.
Elle a pris en accord avec l'ensemble des pays européens des décisions qui étaient des décisions de sauvegarde, et c'est très bien. Si le Luxembourg ou si les Pays-Bas disent nous, ou si l'Irlande, contre qui cette décision a été prise, disaient nous nous désobéirons au traité, qu'est-ce qui reste de l'Union européenne ? Donc sortir de l'Union européenne avec des gestes symboliques qu'on n'a pas vus, mais qui sont incroyablement révélateurs. Par exemple, il y a dans le programme de Mélenchon le fait qu'on retirera les drapeaux européens de tous les bâtiments publics français. Est-ce que vous voyez à quel point cette décision-là est une décision symbolique annoncée ?
Une décision symbolique tellement choquante. Mais il n'y a pas que ça. Il dit que l'urgence est de sortir de l'OTAN. Vous avez un choc historique, séculaire, avec Poutine qui a attaqué l'Ukraine, avec l'armée russe qui se trouve aujourd'hui en grande difficulté. Poutine lui-même qui, devant son peuple, sait très bien qu'il y a des mouvements profonds qui disent mais c'est pas notre guerre, qu'est-ce qu'on fait ? Ce sont nos frères, nos cousins, nos voisins. On a toujours commercé, on s'est toujours mariés avec eux.
Et si c'est la France, la France, avec son histoire, qui dit eh bien nous, nous allons nous retirer de l'alliance atlantique au moment où la Suède et la Finlande, qui ont une tradition de neutralité, viennent d'annoncer qu'ils allaient y adhérer. Mais quel coup de poignard plus spectaculaire dans le dos peut-on donner ? Quel coup de poignard
– Après, sur la question des affaires étrangères, Jean-Luc Mélenchon dit bien qu'il fera ça en accord avec Emmanuel Macron, qu'il n'y aura pas eu plus d'une feuille de papier de cigarette entre les deux.
– Non mais c'est des blagues. Arrêtons d'entrer dans les éléments de langage des gens qui… – Non, je vous dis ce qu'il dit. – Oui, mais c'est pas ce qu'il dit. Tous ces programmes, toutes ces annonces, toutes ces déclarations, et vous pouvez les retrouver sans aucune difficulté, disent ce que je dis-moi. Et puis annoncer qu'il n'y aura plus de financement public pour les écoles privées, dès l'instant que ces écoles privées n'entreraient pas dans le cadre général, c'est-à-dire l'affectation des élèves. Mais est-ce qu'on peut imaginer qu'on va ainsi relancer des querelles, des guerres qui sont celles de la société française depuis longtemps ?
Et puis l'idée, vous parliez du Birkuni, annoncer qu'on va supprimer la loi contre le séparatisme, annoncer qu'on va supprimer les BAC, ces unités de police qui essaient de maintenir de l'ordre dans les situations les plus difficiles, et on sait ce que c'est quand on est maire. Est-ce que c'est rendre service à la stabilité de la France, et donc au bout du compte, à son image, et donc au bout du compte, à son économie et à l'installation que nous avons vécue depuis des années, d'entreprises pour créer de l'emploi et des salaires ?
On a compris que vous ne voterez pas pour la NUP aux législatives. Moi, je suis bien réveillé, vous l'avez vu. Le toute petite pause, le temps du fil, l'info à 8h50 avec Thomas Benesch. On poursuit dans un instant avec vous, François Bayou.
Après plus de deux ans à le porter, fini le masque dans les transports en commun. À partir d'aujourd'hui, dans les bus, les métros, les trains, il n'est plus obligatoire de vous couvrir la bouche ainsi que le nez. Le masque encore nécessaire, en revanche, lorsque vous allez à la pharmacie, dans les EHPAD ainsi qu'à l'hôpital. Le chef de l'État fait durer le suspense. Toujours pas de nouveau Premier ministre désigné. Ça va venir. La semaine qui s'ouvre sera révélatrice, indique sur France Info. François Bayrou, au commissaire au plan, invité du 8h30, France Info.
La préfecture de l'Isère prévient si la ville de Grenoble autorise aujourd'hui le port du Burkini dans ses piscines, alors elle saisira le tribunal administratif. Le Burkini, ce maillot couvrant à la fois la tête et le corps des femmes, déjà autorisées dans les piscines de la ville de Rennes. Bataille judiciaire autour des nouvelles aventures de Gaston Lagaffe. Les éditions Dupuis promettaient en mars dernier un nouvel album. La fille de Franquin, le créateur de ce personnage de bande dessinée, s'y oppose. Audience aujourd'hui devant le tribunal de Bruxelles.
France Info. Le 8h30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel. Toujours avec François Bayrou, on parlait il y a quelques instants rapidement du Burkini, que le maire écologiste de Grenoble.
Si vous me permettez, juste sur le programme de Mélenchon, il y a une chose... Non, mais parce que maintenant on va regarder les programmes. Avant, on regardait... On le connaissait pendant la présidentielle quand même. Non, pas du tout. Ça n'a pas été regardé parce que c'était focalisé sur le programme de l'extrême droite. Mais maintenant... Non, non, pour avoir reçu ici les insoumis régulièrement, on parle du programme. Mais allez-y, François Bayrou. Il y a des choses qu'on n'a pas vues. Par exemple, Jean-Luc Mélenchon annonce qu'il va supprimer Frontex.
Vous savez, cette garde aux frontières de l'Union européenne pour empêcher qu'il y ait des mouvements de population absolument incontrôlés et déstabilisants. Et même, il annonce que pour les mineurs qui sont sur le territoire français, on n'aura plus de tests pour savoir quel est leur âge réel. Est-ce que tout ça, ce n'est pas des éléments de déstabilisation annoncés graves pour ce que sera l'équilibre futur de la société française ? Et simplement, sous les manifestations verbales les plus dynamiques, derrière se cache un programme. Ce programme-là est un programme dangereux. Et je suis absolument persuadé que ce doit être une des responsabilités de l'élection législative que de le révéler.
Le burkini, François Bayrou, le maire de Grenoble, écologiste Éric Piolle, souhaite donc l'autoriser dans ses piscines, au nom, dit-il, de la liberté. Est-ce que vous pourriez faire la même chose chez vous, à Pau ?
Non, parce que c'est une décision qui est un signal. C'est d'ailleurs comme ça qu'elle est interprétée. C'est un signal pour dire que les mouvements islamistes, la tentative d'imposer une vision militante de la religion dans la société française, va au fond être considérée comme anodine et qu'on va l'accepter.
Lui, il dit, je veux autoriser les burkini, mais je veux aussi autoriser les femmes qui veulent se baigner seins nus.
Écoutez, si ça vous convainc...
Je vous pose la question, ce n'est pas notre avis qui compte là.
Non, en tant que citoyenne, si ça vous convainc, c'est votre responsabilité. La mienne est de dire, cela ne peut être interprété que comme un signal d'encouragement à un islamisme, ou à en tout cas une volonté religieuse militante. C'est la vérité.
François Bayrou, il faut laisser chaque ville décider. Rennes, par exemple, l'autorise déjà depuis plusieurs années. Vous souhaitez que chaque maire puisse faire ce qu'il veut sur cette question, ou est-ce qu'il faut un cadre ?
C'est sa responsabilité, et le bon sens élémentaire consiste à voir non pas les décisions, mais le signal que les décisions envoient. Vous savez, il y a ce vieux proverbe chinois qui dit, quand le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt. Alors, la décision prise, c'est évidemment un signal. Et c'est ce signal dont il faut comprendre le sens, et qu'il faut, à mon sens, éviter.
Le vote aura lieu aujourd'hui. On parlait des législatives, vous avez donc tapé fortement sur le programme des insoumis de la NUP, comme on dit, l'union de gauche. Vous aussi, au niveau de la majorité, vous vous êtes allié entre parties de la majorité. On a beaucoup parlé du côté des insoumis, de la candidature de Tahabouhaf chez les insoumis, parce qu'il est accusé de violences sexuelles par plusieurs femmes, et donc il a été désinvesti par les insoumis. Il y a une autre affaire de votre côté. Il s'agit d'un député qui est donc lui-même réinvesti par la majorité présidentielle, et à la différence près, c'est que lui, il a été condamné pour violences conjugales.
Je précise, Salia, qu'on ne donnera pas son nom ici, ni sa circonscription, on en a le droit évidemment, mais que, pour une histoire de tant de paroles, vous savez que l'ARCOM nous demande à chaque fois qu'on accorde, et vous allez parler pendant, je ne sais pas combien de temps de ce député, d'aller inviter tous les autres candidats, ce qu'on ne pourra pas faire sur ce plateau. Pardon de cette précision, Salia.
Je ne sais pas de qui vous parlez.
Mais sur le principe, est-ce normal d'investir un candidat... C'est dans un département qui s'appelle la Dordogne, un député que vous avez investi, qui a été condamné pour violences conjugales.
Il y a des lois. Je n'aime pas qu'on juge avant le jugement. Il a été jugé, condamné, et il n'a pas fait appel. Lorsqu'il y a jugement, il y a des sanctions qui s'appliquent. Est-ce que ces sanctions sont appliquées dans le cas précis ? Je ne connais pas le dossier, mais je suis pour que les sanctions soient appliquées de manière...
Il a été condamné à une amende, il a décidé de ne pas faire appel du jugement de première instance, il a donc été investi par Renaissance, par la majorité. Je regarderai.
Non, mais on vous pose la question, François Bayrou, parce qu'on ne peut pas... Est-ce qu'on peut décréter... C'est ça ma question. Est-ce qu'on peut décréter l'égalité femmes-hommes comme grande cause du quinquennat et investir cette personne-là ?
Encore une fois, je ne connais pas le dossier. Je ne sais pas...
Mais vous avez participé au choix des candidats.
Je ne sais pas de qui et de quoi vous parlez, mais je vous promets de regarder, bien sûr.
Emmanuel Macron apparaît-il, en lisant la presse, François Bayrou poussait un coup de gueule en voyant la photo de l'acte de naissance, de renaissance. Vous faites partie de cette photo. D'ensemble. D'ensemble, pardon, j'ai appris ça. Il avait raison. Voilà. Quatre hommes sur la photo, qui avaient un peu l'air de s'ennuyer au moment où elle a été prise. Pas une femme à l'horizon. Il a eu raison de s'énerver.
Il a eu raison de s'énerver. Franchement, la communication, ça fait partie de la politique. Qu'est-ce qui était raté sur cette photo ? Rien n'allait, à mes yeux. Rien n'allait. Le casting, quatre hommes ? Au cadre de la photo, le casting s'était fait pour qu'on se succède au micro. On a été placé dans un cadre qui n'était pas du tout le nôtre, avec une étiquette qui n'était pas du tout la nôtre, qui venait de la campagne précédente. Et donc, moi aussi, je suis tout à fait prêt à me joindre au coup de gueule. Vous vous auto-regueulez. Au coup de gueule. Simplement, nous sommes arrivés dans une pièce et nous avons découvert...
Oui, mais sauf que là, François Bayrou, vous parlez d'image, vous parlez de communication. Dans le fond, ce n'est pas plus dérangeant qu'il n'y ait pas de femmes dirigeantes dans la majorité présidentielle ?
Non, ça serait dérangeant. Et comme vous savez, j'ai constamment dans ma vie donné des responsabilités aux femmes et ça continue.
Mais les quatre parties, aujourd'hui, sont dirigées par des hommes.
Oui, non, ce n'est pas quatre parties, c'est trois parties. Et bon, les trois parties avaient des hommes à leur tête. Et naturellement, il faut équilibrer de manière absolument certaine. Et c'est ce que nous avons fait. Je pense que nous avons l'équilibre femmes-hommes dans les investitures des élections législatives le plus précis et le plus parfait de tous les partis français. Si j'ai bien lu la presse, je n'ai pas fait l'analyse. De tous les partis français. Bon, ça mérite aussi qu'on le souligne. Et s'il y a eu des erreurs de communication, mais bon, Richard Ferrand, Edouard Philippe et moi, nous sommes ce que nous sommes génétiquement. Et on ne va pas non plus...
Mais il aurait fallu évidemment que nous rendions complètement équilibré cette tribune. C'était, de ce point de vue-là, le moins qu'on en puisse dire une faute de communication. Merci beaucoup, François. Une faute de réalité, peut-être même. C'était ni le cadre, ni les inscriptions, ni l'allure de la photo. Tout ça était, oui... A revoir. Très, très, très loin des standards qu'on pourrait atteindre.
Merci beaucoup, François Bayrou. Très bonne journée à vous.
François Bayrou