Gabriel Attal : 100 jours à Matignon - Roselyne Bachelot - C à Vous - 18/04/2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:16OuverteRéponse partielle
L'excuse de minorité peut-elle être abolie dans les textes ?
- 1:13OuverteRéponse partielle
Un outil manque-t-il dans la boîte à outils d'Attal ?
- 1:30OuverteRéponse partielle
Quels outils manquent selon vous pour les problèmes sociaux ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Les parents défaillants pourraient-ils faire des travaux d'intérêt général ?
- 2:47OuverteRéponse partielle
Quelles qualités reconnaissez-vous à Gabriel Attal à Matignon ?
- 3:03OuverteRéponse partielle
Gabriel Attal ressemble-t-il à Nicolas Sarkozy ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:06InvitéFait
« Il a raison, Gabrielle Attal, d'être prudent en atténuant cette excuse de minorité plutôt qu'en l'abolissant, comme le réclame la droite. »
- 0:16PrésentateurFait
« Je crois qu'il y a un cas où on a aboli l'excuse de minorité dans notre histoire judiciaire pour un mineur. »
- 8:54PrésentateurChiffre
« C'est pratiquement le tiers de la vente des génériques dans notre pays. »
- 8:58PrésentateurChiffre
« C'est de mémoire pas loin de 9000 emplois en France. 8600, je crois exactement. »
- 9:10PrésentateurChiffre
« 50% de la production est en France, est faite en France, et 90% en Europe. »
- 10:30InvitéChiffre
« Il y a environ 6,653 millions de doses de vaccins. »
Temps de parole
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- Invité9 %
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- Invité 82 %
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Il a raison, Gabrielle Attal, d'être prudent en atténuant cette excuse de minorité plutôt qu'en l'abolissant, comme le réclame la droite.
Oui, absolument, parce que d'ailleurs la possibilité de l'abolir et de l'atténuer est déjà dans les textes, mais elle n'est pas en fait, ou très très rarement appliquée. Je crois qu'il y a un cas où on a aboli l'excuse de minorité dans notre histoire judiciaire pour un mineur. Non, Gabrielle Attal a posé un certain nombre d'outils dans la boîte à outils. Mais on est en face de problèmes sociaux et sociétaux considérables qui habitent l'ensemble de la société avec des mouvements considérables.
L'apparition de la pornographie chez les plus jeunes, les trafics de stupéfiants, la transformation d'un islam qui se radicalise, les réseaux sociaux avec leur effet de meute, un discours politique c'est important, mais il faut espérer que ce discours politique, il aura un effet performatif, c'est-à-dire de réalisation. On a l'impression quand même que, oui, parce que Gabrielle Attal n'est pas plus idiot qu'un autre, il a essayé à peu près de mettre tous les outils.
Il en manque un, si je puis me permettre. Un important qu'il a complètement omis, c'est l'effet de ghettoïsation. C'est la question de la mixité sociale, qui est centrale dans les quartiers et qui a été remise en cause par les règles modifiées de la loi SRU.
Oui, il n'y a même peut-être pas que ça qui manque. Il y a peut-être aussi la sécurité à l'intérieur de l'école avec le débat qui est entre ceux qui trouvent qu'il ne doit pas y avoir de policiers à l'école et ceux qui pensent qu'il en faut. Il y a aussi l'accompagnement social dans les écoles avec la qualification des personnels à ce niveau-là. Il y a déjà beaucoup de choses là-dedans. Maintenant, c'est à la société de s'en saisir. Les professeurs, les parents, les éducateurs, les policiers, c'est à la société de s'en saisir.
Les parents défaillants qui pourraient faire des travaux d'intérêt général, ça c'est une bonne...
Oui, bien sûr, je trouve que c'est plutôt bien. Il y a aussi dans notre société un phénomène d'idéalisation des enfants. On dit parfois que les parents sont des missionnaires. Moi, je les trouve parfois sur-missionnaires. C'est-à-dire, on a des enfants qui sont des génies. Alors, on va taper les profs quand on donne une mauvaise note ou on va agresser le coach sportif parce qu'on pense que son gamin qui joue au foot est un futur Mbappé. Donc voilà, il y a tout ça. Est-ce qu'on peut le changer en 4 semaines revisitées en 8 ? J'ai comme un doute.
On en vient au commerce, selon les mots de Pagnol, ou plutôt à la communication du Premier ministre, très commentée. Depuis sa nomination à Matignon il y a 100 jours, à suivre tout de suite les compliments de Marine Le Pen adressés depuis la Réunion et ceux de François Hollande qui était à votre place il y a 15 jours sur notre plateau. Je trouve que l'autorité va à Gabriel Attal comme un tablier à une vache. Est-ce que vous reconnaissez des qualités quand même à Matignon ? Il a des qualités de communication, c'est d'ailleurs pour ça qu'il a été successivement porte-parole du parti, puis porte-parole du groupe, puis porte-parole du gouvernement. Il est maintenant porte-parole du président.
Mais il y a loin de la coupe aux lèvres et pour l'instant on n'a vu véritablement aucune mesure mise en œuvre avec une quelconque efficacité. Premier ministre, Gabriel Attal, ne ressemble pas à Emmanuel Macron même s'il peut y avoir des similitudes. Il ressemble à Nicolas Sarkozy, c'est vrai ? C'est frappant même. Même gestuel, même mots, même formules. Même communication. Oui, même communication, même utilisation du jeu à toute épreuve. Pas Sarkozy. Gabriel Attal ressemble-t-il à Nicolas Sarkozy, vous qui avez été ministre de la présidente de Nicolas Sarkozy ?
Je trouve que c'est la plus mauvaise façon de faire de la politique, de faire de la petite politique comme ce qui vient d'être fait d'un côté ou de l'autre. Plutôt que de juger sur un projet. Si Mme Le Pen trouve que les mesures ne sont pas suffisantes, qu'elles disent les siennes et on en discute, me dire comme un tablier à une vache, c'est vulgaire et c'est vraiment, c'est pas convenable. Et de la même façon, François Hollande, on dirait, c'est lui qui est obnubilé par Nicolas Sarkozy. Il fait vraiment une fixation. Mais sur l'omniprésence médiatique, les slogans.
Mais ça se souligne, très bien. Et l'omniprésence médiatique de Gabriel Attal qui est critiquée, l'utilisation des slogans, Patrick en a rappelé quelques-uns. Ça, vous trouvez que c'est un reproche légitime ?
En communication politique, il faut quand même avoir un certain nombre de formules. Moi, je veux bien qu'on fasse un discours académique sur la violence qui habite les sociétés modernes. Les sociétés anciennes aussi, mais plus spécifiquement chez les enfants. On va emmerder tout le monde. C'est quand même ça la vérité.
Oui. Juste comme ça, une impression, une petite impression. C'était plus nuancé qu'un discours sarkoziste, voilà. Voilà. C'est ce que j'ai entendu ce matin dans la bouche de Gabriel Attal. Le Premier ministre, Gabriel Attal, qui a confié au point avoir intégré la précarité de sa fonction. Il y aurait même dit à une ministre qui s'est empressée de le répéter au même hebdomadaire qu'il s'attendait à ce que son gouvernement soit renversé à la fin de l'année au moment du budget. Peut-être même plus tôt, si le score des européennes est désastreux.
Il prend ses précautions. C'est vrai que la durée d'un ministre, c'est à peu près celle qu'on a maintenant sur la bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute.
Pas longtemps.
On est dans la société du zapping en politique aussi. Il n'y a que votre émission qui dure quand même, finalement.
Gabriel Attal, qui a donc été nommé à quelques mois des élections européennes du 9 juin prochain. Hier, Emmanuel Macron était à Bruxelles aux côtés de la candidate renaissance Valérie Ayet. Monsieur le Président, il faut accélérer un peu la campagne ou pas ? Il faut la gagner. C'est ça, il n'y a que ça qui compte. On va tout faire pour et on s'organise, on a la bonne candidate et je suis confiant. Et on a surtout, pour moi, les bonnes idées et celles qui se sont mises en place en Europe ces dernières années. Renaissance à la bonne candidate pour mener cette campagne ?
En tout cas, elle est une veste rose. Comme quoi. Vous l'avez écouté. Non, mais c'est une femme de qualité. Je regarde sa campagne.
Elle peut retourner la situation, Huit semaines est vraiment à la traîne. D'ailleurs, la vague, Bardella ?
Elle a en face d'elle des gens qui sont déjà existants depuis plusieurs années en politique. En particulier, les deux qu'il a... Évidemment, M. Bardella. Et puis, derrière elle, M. Glucksmann. Elle a des gens qui sont déjà existants. C'est compliqué. Moi, je trouve qu'elle tient bien la route pour l'instant.
Même si elle est inconnue du grand public ?
Il faut espérer que le combat se fera sur les idées.
Ils n'y sont pas allés, les ténors de la majorité.
Oui, paraît-il qu'ils ont du travail ailleurs. Je ne sais pas. Il faudrait bien qu'ils se bougent... Enfin, permettez-moi. J'allais dire qu'ils se bougent le cul, mais c'est un peu vulgaire.
On l'avait vu venir.
Pierre, je vous en prie. Non, mais écoutez, une majorité, on a l'impression souvent que tout le monde est aux abris dans cette majorité. Et ça, ce n'est pas convenable, au motif qu'on aurait autre chose, qu'on aurait mieux à faire. Mais on n'a pas mieux à faire en ce moment. Alors qu'on va parler tout à l'heure, sans doute, d'un possible sinistre industriel dans notre pays, qu'il y a la guerre à nos portes, il n'y a pas plus important que de se battre pour l'Europe et pour les enjeux européens. Alors si les gens de la majorité actuelle ne sont pas capables de comprendre ça, alors là, vraiment, ils méritent une grosse fessée.
Alors donc, question à l'ancienne ministre de la Santé et ancienne pharmacienne. Non, je ne suis pas une ancienne pharmacienne. Pardon, vous êtes toujours pharmacienne. Je mourrais docteur en pharmacie. Oui, oui. Alors vous êtes toujours docteur en pharmacie. Ah oui, quand même. Vous n'avez plus d'officine. Non. À ma connaissance. Oui, non. Ou alors clandestinement. Biogaran, l'un des leaders français de la fabrication de médicaments génériques, filiale du groupe Servier, pourrait être mis en vente, selon plusieurs informations de presse. Et parmi les quatre candidats, figurent deux fabricants indiens de médicaments génériques. Est-ce que c'est stratégique ?
Et est-ce que la vente, à votre avis, doit être bloquée d'une façon ou d'une autre par le gouvernement, par les autorités françaises ?
En tant qu'ancienne ministre de la Santé, docteur en pharmacie, Je suis très inquiète de cette perspective, parce que ce laboratoire Biogaran, c'est pratiquement le tiers de la vente des génériques dans notre pays. C'est de mémoire pas loin de 9000 emplois en France. 8600, je crois exactement, merci, mes chiffres étaient bons.
L'anti-sèche en gros.
Oui, non, mais je l'ai dit avant que l'anti-sèche paraisse. Patrick Cohen, rendez-moi justice. Et donc, vraiment, 50% de la production est en France, est faite en France, et 90% en Europe. Évidemment, sur les quatre, vous l'avez signalé, deux Indiens, et on sait très bien que c'est la fabrique de génériques. L'Inde, c'est l'usine à génériques du monde, avec pas du tout les mêmes contraintes sociales et économiques qu'il y a dans notre pays.
Évidemment, il faut que le gouvernement intervienne, car c'est un enjeu de souveraineté, mais on ne le résoudra pas seulement, j'allais dire, en accompagnant le rachat par une entreprise française ou européenne, mais en se posant la question du prix des médicaments dans notre pays, très bas, qui pose un vrai problème de rentabilité à l'industrie pharmaceutique, et de l'autre côté, par des taxes spécifiques. Donc, il y a un effet de mâchoire sur l'industrie pharmaceutique. Il ne faut pas, comme disait Bossuet, déplorer des effets dont nous avons chéri les causes.
Pour lutter contre le Covid, le Japon avait acheté plus de 900 millions de doses de vaccins. Hier, le ministère de la Santé japonais a annoncé se séparer d'une bonne partie de ce stock. Le prix du prix de la Santé japonais a annoncé 2,415 millions de doses de vaccins. Il y a environ 6,653 millions de doses de vaccins. Il y a eu des vaccins qui ont acheté des nécessaires nécessaires. Ce n'est pas le cas, ce n'est pas le cas. Évidemment, on pense à 2009, alors que vous étiez ministre de la Santé, vous avez été violemment mis en cause.
Lors de la crise de la grippe H1N1, pour avoir commandé en masse des masques et des vaccins, en fait, on voit bien combien il est toujours facile de reprocher après, alors qu'il fallait...
J'appelle ça se vautrer dans les chambres de la lucidité à postériorité. Non, mais il faut savoir que, d'abord, dans une pandémie, on achète à l'avance et il faut toujours faire le choix maximum, parce qu'on ne sait jamais ce qui va se passer. Mais que, de toute façon, dans une politique de santé publique bien comprise, on constitue des stocks pour des aléas, enfin pour des catastrophes aléatoires, et on jette, on brûle, on détruit régulièrement des stocks d'antibiotiques, d'anesthésiques, de pansements, et c'est tout à fait normal. De masques, au hasard, oui. Et c'est ni un scandale, ni un gamin. C'est ni un scandale, mais absolument pas. C'est une bonne façon de gérer la santé d'un pays.
Je voulais vous parler de ce qui se passe chez nos voisins, les Italiens. En Italie, maintenant, les femmes, si elles veulent avorter, doivent obtenir un certificat médical. Les associations pourront bientôt entrer dans les cliniques, y faire passer leur message, mesure justifiée mardi par le vice-président du Conseil italien. Il tema è un tema che tocca le coscienze. Io credo che si debba dare la massima libertà a tutti, a chi è credente o a chi è contrario a un aborto, come a chi è favorevole. Ritengo che sia giusto che ognuno comporti in base al proprio credo, alla propria coscienza. Non bisogna criminalizzare però chi è contro l'aborto.
En gros, on n'interdit pas l'abartement, mais on fait tout pour dissuader les femmes de le faire. Là, il est question de liberté dans la bouche.
Je dirais d'une certaine façon, pardon après la réflexion de Patrick, que les masques tombent là. C'est-à-dire que c'est un gouvernement d'extrême droite. Et on sait très bien que dans ces parties d'extrême droite, on l'a vu dans de nombreux pays où ces sensibilités ont pris le pouvoir, que les droits des femmes ont été attaqués en Pologne ou dans d'autres pays. Et là, je dirais que d'une certaine façon, le pouvoir de Mme Mélanie montre bien que là aussi, là encore, et c'est une honte absolue. Alors évidemment, on n'attaque pas, vous l'avez dit très bien, frontalement, ce droit à l'abortement, mais on met toutes sortes de bâtons dans les roues pour qu'ils ne soient pas exercés.
C'est une honte absolue. C'est une honte absolue.