"Des profiteurs de guerre" : sur RTL, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, demande à "bloquer les prix et les marges des pétroliers dont Total"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:36OuverteRéponse directe
Alors c'est simplifié et les personnes qui ont déjà touché la première aide, le premier chèque de 100 euros vont recevoir le deuxième automatiquement ?
- 2:18OuverteRéponse directe
Est-ce que vous craignez vraiment une explosion ou est-ce que vous agitez un peu les peurs
- 2:58OuverteRéponse directe
Vous attendez quoi du président
- 4:17RelanceRéponse directe
Mais la porte, j'allais dire, est déjà fermée de la part du gouvernement. Se gel du point d'indice.
- 4:55OuverteRéponse directe
Il n'y a rien qui trouve, grâce à vos yeux, dans ce projet de budget
- 5:43OuverteRéponse partielle
Vous allez aller les chercher où
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:27Invité politiqueFait
« mais le problème c'est que ça ne répond absolument pas au problème. »
- 0:33Invité politiqueFait
« La preuve c'est que la moitié des personnes qui pourraient y avoir accès ne font pas la demande. »
- 0:43Invité politiqueChiffre
« Oui, et ensuite le deuxième problème c'est que c'est une goutte d'eau puisque c'est 100 euros en une fois, or 100 euros c'est un plein. »
- 0:49Invité politiqueChiffre
« Et pour les gros rulleurs vers qui se tourne cette aide, c'est pas 100 euros de plus par mois, c'est 300, 400, 500 euros. »
- 1:06Invité politiquePromesse
« Bien sûr, il y a une proposition toute simple qui ne coûte rien, qui consiste à bloquer les prix et à bloquer les marges des pétroliers. »
- 1:15Invité politiqueChiffre
« J'ai regardé depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, Total a dégagé 120 milliards de profits en 5 ans. »
- 1:47Invité politiqueFait
« La faute au gouvernement qui ont laissé les fermetures de raffinerie alors que nous nous mobilisions et nous disions que ça serait une catastrophe. »
- 3:18Invité politiqueChiffre
« Jamais il n'y a eu autant de dividendes dans notre pays. La France est deuxième sur le podium mondial. »
- 3:57Invité politiqueChiffre
« En dix ans de macronisme, les agents publics ont perdu 20% de pouvoir d'achat. »
- 4:31Invité politiqueFait
« Moi, je me souviens très bien de la dernière grande grève des fonctionnaires le 5 décembre 2024, alors que le gouvernement voulait imposer des jours de carence pour les arrêts maladie des fonctionnaires. »
- 5:14Invité politiquePromesse
« pour éviter le mur de la dette, il faut tout simplement prendre l'argent là où il est, aller taxer les patrimoines, aller taxer les dividendes, aller taxer les profits »
- 6:07Invité politiqueFait
« Ces comités, ils ont été supprimés il y a 10 ans, depuis les accidents du travail, les morts au travail, les maladies professionnelles explosent. »
- 6:14Invité politiqueChiffre
« Cette année, il y a eu plus de 1350 personnes qui sont mortes au travail ou du fait de leur travail. C'est un record historique. »
- 6:44Invité politiqueFait
« ce sont les mêmes qui proposent de taxer les malades et de laisser les malades sans revenus qui se battent pour préserver les profits des milliardaires. »
Temps de parole
- Invité politique74 %
- Présentateur24 %
- ?2 %
≈ 5,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Et l'invité d'RTL matin à 7h44, face à la flambée des prix du carburant, un gazole à plus de 2,40
euros
le litre, le gouvernement a fini par sortir son carnet de chèques hier soir. Bonjour Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, merci d'être avec nous ce matin. Six ministres étaient réunis hier en fin d'après-midi pour annoncer 450 millions d'euros d'aides au total. Il était temps
? Oui,
mais le problème c'est que ça ne répond absolument pas au problème.
D
'abord parce que c'est une usine à gaz, c'est très compliqué de faire cette demande. La preuve c'est que la moitié des personnes qui pourraient y avoir accès ne font pas la demande.
Alors c'est simplifié et les personnes qui ont déjà touché la première aide, le premier chèque de 100 euros vont recevoir le deuxième automatiquement ?
Oui, et ensuite le deuxième problème c'est que c'est une goutte d'eau puisque c'est 100 euros en une fois, or 100 euros c'est un plein. Et pour les gros rulleurs vers qui se tourne cette aide, c'est pas 100 euros de plus par mois, c'est 300, 400, 500 euros. Je pense aux infirmières, aux aides à domicile par exemple, ça ne couvre absolument pas l'explosion des prix de l'essence. Le problème c'est que encore une fois... C'était possible de faire plus dans le contexte budgétaire qu'on connaît ? Bien sûr, il y a une proposition toute simple qui ne coûte rien, qui consiste à bloquer les prix et à bloquer les marges des pétroliers.
J'ai regardé depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, Total a dégagé 120 milliards de profits en 5 ans. C'est la même chose pour les 5 majors du pétrole dans le monde. Il y a des profiteurs de guerre et le problème c'est que le gouvernement ne veut pas s'attaquer à ce problème-là, qui est le problème central, en bloquant les marges et en bloquant les prix. Ça ne coûte rien aux finances publiques et ça permettrait
d
'empêcher... Mais
c'est le risque
d'une pénurie parce qu'on le répète à chaque fois, la France n'est plus autonome en termes de raffinage, on importe la moitié du
gasoil.
Oui,
alors d'abord,
la faute à qui ? La faute au gouvernement qui ont laissé les fermetures de raffinerie alors que nous nous mobilisions et nous disions que ça serait une catastrophe. Donc
encore une fois, on en a la
confirmation et par ailleurs, Total est une multinationale et donc ces raffineries ne sont plus en France mais à l'étranger, mais c'est quand même des raffineries qui travaillent pour Total. Donc ça, c'est un argument qui ne tient pas la route. Profiteurs de guerre, Total ? Profiteurs de guerre, tout à fait, sur le dos des Françaises et des Français qui aujourd'hui sont asphyxiés et sont obligés de choisir entre remplir leur frigo et faire le plein. La situation, elle est très grave.
Il y a quelques jours, vous préveniez d'ailleurs que si le gouvernement n'entend pas la colère, l'hiver va mal se passer. Est-ce que vous craignez vraiment une explosion ou est-ce que vous agitez un peu les peurs
? Non,
je pense que cette mobilisation, elle est indispensable. Le point positif des annonces sur le carburant, c'est que ça confirme que le gouvernement est fébrile et qu'il a peur d'une mobilisation. Donc moi, je suis venue passer un message. Ne nous laissons pas faire, mobilisons-nous. Le 29 septembre, c'est une grande journée de grève pour nos services publics et pour nos salaires. Il faut que nous soyons nombreux et nombreuses à être mobilisés. On ne peut pas baisser la tête et se laisser faire.
C
'est une honte ce qui se passe.
Avant cette mobilisation à laquelle vous appelez et sur laquelle on va revenir, Emmanuel Macron doit prendre la parole. Lui, demain soir, on comprend que vous avez été déçu par ses ministrières. Vous attendez quoi du président
? J
'attends qu'il annonce qu'il bloque les prix des pétroliers et qu'il va enfin chercher
l'argent là où il
est,
c
'est-à-dire dans les marges des pétroliers et des grands groupes. Alors que les Françaises et les Français vivent la rentrée du déclassement, ce n
'est
pas le déclassement pour les actionnaires. Jamais il n'y a eu autant de dividendes dans notre pays. La France est deuxième sur le podium mondial. Moi, je préférerais qu
'on
soit les champions du monde en termes de salaires et de droits sociaux. Ça n'est plus le cas aujourd'hui.
Donc l'appel à une meilleure réponse à la crise des carburants, ça va devenir aussi un mot d'ordre pour cette mobilisation du 29 septembre que vous appelez
?
Le mot d'ordre pour le 29 septembre, c'est les salaires et les services publics. Parce que cet été, pendant les incendies, les canicules, etc., etc., qui était au front pour sauver des vies ? Les agents publics. Et voilà comment ils sont remerciés. Le gouvernement leur annonce encore un blocage des salaires. C'est un crachat à la figure des agents publics. C'est indécent. En dix ans de macronisme, les agents publics ont perdu 20% de pouvoir d'achat. Donc c'est la raison pour laquelle il faut, le 29 septembre, être nombreux en grève et en manifestation. Il y
a
plus de 150 manifestations qui sont déjà annoncées, qui sont sur CGT.fr. Il faut que ça soit une journée noire dans les services publics.
Une journée noire dans les services publics. Mais la porte, j'allais dire, est déjà fermée de la part du gouvernement. Se gel du point d'indice. Il est déjà dans le projet de budget, dans lequel il faut faire 54 milliards d'euros d'économies. C'est un barreau de donneur, cette manifestation ?
Non, pas du tout, puisque les mobilisations font bouger et font reculer le gouvernement. Moi, je me souviens très bien de la dernière grande grève des fonctionnaires le 5 décembre 2024, alors que le gouvernement voulait imposer des jours de carence pour les arrêts maladie des fonctionnaires. Le gouvernement, au lendemain de cette grève qui a été très réussie, a été obligé de reculer. Donc là, ce que l'on voit, c'est que le gouvernement est fébrile et fragile. Il ne sait pas comment faire passer son budget. C'est le moment de se mobiliser pour le faire reculer. Ce budget est dangereux pour le pays.
Il n'y
a
rien qui trouve, grâce à vos yeux, dans ce projet de budget
?
Non, c'est un budget qui est très grave, qui est dangereux pour le pays. Je suis très inquiète, parce qu'il nous fait foncer à 200 km heure dans le mur de la récession.
Mais sinon,
c
'est
le mur de la dette, donc...
En fait, pour éviter le mur de la dette, il faut tout simplement prendre l'argent là où il est, aller taxer les patrimoines, aller taxer les dividendes, aller taxer les profits,
ce
que le gouvernement refuse de faire. Et donc là, la situation, elle est grave, parce que non seulement les prix sont à un niveau record, mais au lieu de bloquer les prix, le gouvernement fait les poches des travailleurs et des travailleuses et baisse les revenus des fonctionnaires, des retraités, des malades, des locataires. Et donc ça, c'est violent socialement, mais c'est aussi catastrophique économiquement, avec un risque de récession majeur. Pour ne pas
voir les comptes publics plonger encore un peu plus, on a appris dans le journal Les Echos que le gouvernement va vous demander, à vous, les partenaires sociaux, de trouver au moins 600 millions d'euros d'économie sur les arrêts maladie. On rappelle que leur coût a flambé depuis la période du Covid, plus 45%.
Vous
allez aller les
chercher
où
?
Nous, on a une proposition toute simple qui ne coûte rien, c'est de rétablir les CHSCT, les Comités Hygiène, Santé, Sécurité au Travail, qui permettent de généraliser la prévention. Ces comités, ils ont été supprimés il y a 10 ans, depuis les accidents du travail, les morts au travail, les maladies professionnelles explosent. Cette année, il y a eu plus de 1350 personnes qui sont mortes au travail ou du fait de leur travail. C'est un record historique. Ça n'a jamais été aussi élevé à cause de la suppression des CHSCT. Donc la première mesure à mettre en place, c'est celle-là.
Le MEDEF lui propose de ne plus rembourser les arrêts maladie de courte durée, en expliquant que ça pourrait avoir un effet comportemental chez les Français. On est dans un pays de salariés qui abusent aujourd'hui
?
Non, cette proposition est juste indécente, puisque ce sont les mêmes qui proposent de taxer les malades et de laisser les malades sans revenus qui se battent pour préserver les profits des milliardaires. C'est un mensonge. On a eu l'expérience des jours de carence, justement, dans la fonction publique, où un jour de carence a été institué. Il y a plein d'études qui ont montré que les arrêts maladie n'ont pas baissé, puisqu'on ne choisit pas d'être malade. Aucun travailleur ou travailleuse ne choisit d'être malade.
Et d'ailleurs, c'est une mesure de santé publique que de permettre aux travailleurs et aux travailleuses de ne pas aller travailler quand ils sont malades pour éviter qu'ils contaminent leurs collègues.
Mais vous allez aller y participer à cette discussion. Il n'y
a
pas de boycott envisagé.
Pour l'instant, je n'en suis pas au courant. Nous n'avons pas reçu de convocation et donc nous déciderons quand nous l'aurons.
Merci Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. Restez avec nous, s'il vous plaît. Philippe Cavrévière.