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interviewBLAST (sur YouTube)· 25 mai 2022 5 min

ABAD, DARMANIN : "L'ÈRE DE L'IMPUNITÉ EST TERMINÉE"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Abad démission ! Abad démission ! Je n’ai jamais violé une seule femme de ma vie.

Ca veut dire que dans son CV, plus on a commis des agressions plus on a de la chance d’accéder à haute fonction. Nous n’avons pas de commentaire à faire, encore une fois la Première ministre s’est exprimée ce matin. On la laissera s’exprimer de nouveau si elle le souhaite.

Je pense que, par ailleurs, elle a été très claire. Si je dis à quelqu’un : “Tu sais ce ministre accusé de viol et qui est homophobe” la personne ne sait même pas exactement duquel je parle. Bien évidemment, je n’étais pas au courant.

Je vais être très claire sur tous ces sujets de harcèlement, d’agression sexuelle, il ne peut y avoir aucune impunité. Et on sort d’une ère de plusieurs dizaines d’années d’impunité sur les violences sexuelles. Aujourd’hui, c’est terminé.

Si Darmanin ne veut pas, nous on est là. Solidaires avec nos soeurs agressées par des violeurs même si Darmanin veut pas, nous on est là. On est là, on est là !

Même si Darmanin veut pas, nous on est là. Solidaires avec nos soeurs… Nous sommes fortes, nous sommes fières, et féministes et radicales et en colère. Nous sommes fortes, nous sommes fières, et féministes et radicales et en colère.

Nous sommes fortes, nous sommes fières, et féministes et radicales et en colère. Là, c’est un petit peu la goutte d’eau qui fait déborder le vase en fait. On pensait que les choses allaient redevenir, allaient venir, c’est-à-dire sans violeur, sans rien.

Après il y a eu Darmanin qui est confirmé à l’Intérieur, Damien Abad… C’est un peu “too much” quoi, c’est un peu trop. On a l’impression qu’ils sont de plus en plus nombreux. Ça veut dire que dans son CV, plus on a commis des agressions plus on a de la chance d’accéder à haute fonction.

Je pense qu’il serait de bon ton qu’il démissionne. Et je rêverais, je pense que pour chacun d’entre nous, ça nous ferait beaucoup de bien d’avoir un ministère digne. La dignité, c’est important.

Tout simplement, on proteste contre la nomination de ce nouveau gouvernement qui comporte cette fois non pas un mais deux ministres mis en cause pour viol, et c’est totalement inacceptable, surtout qu’Emmanuel Macron a proclamé encore une fois que l’égalité femmes-hommes est la grande cause de son quinquennat, donc c’est encore une fois un mensonge. Durant la campagne des législatives nous avons été contactés par Chloé, victime de Damien Abad, qui nous a demandé de transmettre un signalement aux instances dirigeantes de LREM et de LR, pour signaler les faits dont elle avait été victime, et donc, c’est comme ça que s’est créée l’affaire Damien Abad aujourd’hui. Ca pose vraiment la question à la fois de l’absence de cellule d’écoute dans certains partis puisque chez LR, on a le sentiment que tout le monde dit : “Oui on savait, on était quand même plutôt au courant.” Pourquoi n’ont-ils rien fait ?

Comment ça se fait que quelqu’un ait accédé à de très hautes fonctions chez LR puisqu’il était quand même président de groupe parlementaire ? Pourquoi rien n’a été transmis à LR alors qu’il y avait une composition du gouvernement en cours ? La prise de conscience politique, aujourd’hui elle est en recul.

Je rappelle que Georges Tron quand il a été accusé par des femmes de viol, a dû partir du gouvernement. Aujourd’hui, les accusations de viol ne mettent pas en danger une place au gouvernement. En fait, on a un recul alors qu’il y a eu un mouvement mondial qui s’appelle Me Too.

Aujourd’hui, on a besoin d’une exemplarité. Les personnes qui sont au gouvernement, les personnes qui seront à l’Assemblée nationale représentent les hommes et les femmes. On ne peut pas accepter.

Mais on ne peut vraiment pas accepter. Et on ne peut plus aujourd’hui accepter que des personnes soient là alors qu’elles violentent des femmes et que donc elles ne peuvent pas représenter 52% de la population. Les femmes ne sont plus dans une situation où elles se taisent.

L’ère de l’impunité aujourd’hui est terminée. Normalement, ça ne devrait pas être à nous. Enfin, je veux dire, c’est un boulot bénévole, ça ne devrait jamais être à nous de faire tout ce boulot-là.

Ca devrait être aux partis politiques, ça devrait être aux institutions de l’État de mettre en place des dispositifs afin qu’on n’arrive pas à une Première ministre qui nous dise : “Je ne savais pas” dans le cas de Damien Abad. Bien sûr on espère, et sur d’autres sujets en fait, c’est une question de moyens aussi, parce que créer des dispositifs, créer des instances, ça veut dire y mettre de l’argent, y mettre du personnel, etc. Et comme d’habitude quand il s’agit de féministes, on ne sort pas le portefeuille.

Donc ça, c’est aussi un véritable problème, ça veut dire que ce n’est pas considéré comme un sujet d’intérêt public, et tant pis.