"Les Chants de Maldoror" de Lautréamont : plonger dans les racines du mal
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Lecteur, c'est peut-être la haine que tu veux que j'invoque dans le commencement de cet ouvrage. Ça, c'est un extrait des chants de mal d'Aurore. Un long poème pro si violent que son éditeur a refusé de le mettre en vente.
Écrit en 1868, le texte est signé du mystérieux compte de l'utreamon, pseudonyme du poète Isidor [musique] Ducass. À âgé de seulement 22 ans, il explore les racines du mal par la voix de Malurore, narrateur démoniaque dont on [musique] suit la déambulation. Les champs de Mal d'ororeur, c'est c'est mon père qui m'en parlait. quand j'étais petit, il me lisait ça un peu pour pour me faire peur et pour me fasciner un peu. [musique] C'était comme une espèce de de compte maléfique comme un peu on regarderait un film de Tim Burton quand on est adolescent.
Je pense que c'est pour ça qu'on m'a sollicité mais la musique a un aspect sombre. Mon geste instrumental, c'est du live électronique. Moi j'ai bien aimé ce défi quoi, de rentrer dans cette sombritude là où on nous défie.
Dans l'introduction du texte, l'Autriamon effectue une célèbre mise en garde. Il n'est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre. Quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger.
Ces phrases qui sont une espèce d'avertissement maléfique en fait, elles sont très séduisantes aussi. C'est très pervers en fait la manière dont il écrit ça et on a qu'une envie, c'est d'aller braver l'interdire. Il écrit ça quand il est très jeune, sort de l'adolescence, il est encore plein d'orgueil, de morghique comme ça, un peu noir, sombre.
En fait, c'est comme un vampire quoi. C'est très séduisant, hein. Donc, en fait, il vous dit "Ne venez pas, mais c'est pour vous attirer en fait dans les dans les méandres de la cruauté, de la perversité." Fragé, le récit compile les visions d'horreur et les méditations intérieures dans un univers mêlant figure animal et créatures surnaturelles. [musique] Les tableaux s'enchaînant, mal d'horreur finit par devenir l'incarnation même du mal en révolte contre Dieu et l'humanité.
C'est tellement exagéré dans l'attrait que ce personnage de Malurore a vers le ce qu'il y a de plus monstrueux quoi finalement qui se vautre là-dedans dans le dans le dans le stupre et le la méchanceté. C'est à voir avec beaucoup de recul. Il y a un aspect un peu rebelle comme ça et moi aussi ça correspond bien à ce que je fais comme musique.
Je vois une chose comme ça à transmettre catartique finalement c'est c'est pas mal d'entendre ça parce que ça nous décharge aussi d'une certaine violence qu'on pourrait avoir d'une certaine cruauté. On se dit bah il y a quelqu'un d'autre qui l'écrit mieux que ce qu'on pourrait penser nous-même. Après avoir achevé l'écriture des six champs, l'auteur fait imprimer l'ouvrage en 1869.
Mais son éditeur craint des poursuites à cause [musique] du contenu blasphématoire et de l'extrême violence du texte. Il refuse de le mettre en vente. Mort à seulement 24 ans, l'autreamon ne connaîtra jamais le succès de son œuvre [musique] de son vivant.
Il faut attendre 1917 pour que les surréalistes redécouvrent le texte dont la violence fait écho aux horreurs de la Première Guerre mondiale. [musique] Fasciné par ce vertige verbal affranchi des règles classiques, ils font alors de l'autre amon [musique] une référence fondatrice qui traversera les arts et les époques. Tu n'aimes pas moi j'adore.