Grand entretien avec Mami Watta | #Amfis2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir choisi le nom Mami Wat ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Comment êtes-vous devenue une artiste drague ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Comment avez-vous découvert la culture ballroom ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que la ballroom et son histoire ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Comment s'est passée votre participation à Drag Race ?
- 25:00OuverteRéponse directe
Quels sont les moyens nécessaires pour pratiquer le drag ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Mami WatFait
« Mami Wat c'était un peu un esprit duquel on nous disait qu'il fallait se méfier. »
- 6:00Mami WatFait
« J'ai toujours été un petit garçon flamboyant. J'ai toujours aimé dessiner, j'ai toujours aimé danser. »
- 11:00Paul LevrazFait
« La plus connue c'est ça vient de Shakespeare et à l'époque les femmes ne pouvant pas performer sur les scènes de théâtre, on a employé des hommes pour jouer les personnages féminins. »
- 21:00Mami WatFait
« J'ai été castée par chance ou par je sais pas quoi. »
- 26:00Paul LevrazFait
« C'est un investissement et c'est un investissement à risque parce que tu peux investir des milliers d'euros et tu arrives dans la saison et tu pars la première. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour tout le monde. [acclamation] Comment ça va ? Comment ça va ?
Comment ça va ? Alors celle que vous attendiez tous et toutes est enfin arrivée. Je tiens à dire et à rappeler quand même que ici chez les insoumis, on n'est pas trop fan de la royauté.
On est plutôt Team Robespierre et donc c'est d'autant plus remarquable que la seule reine de France qu'on applaudit ici, [acclamation] c'est la Mamy Wat the one and véritable plaisir et c'est un grand honneur de vous accueillir aujourd'hui Enfim, Mami Moeta, merci infiniment d'avoir accepté d'être parmi nous. C'est un honneur. Je suis très heureuse d'avoir cet entretien avec vous, un entretien à plusieurs voix que nous avons organisé ensemble.
Mami Wat pour celles et ceux inconscients, on se demande qui sont ces gens qui ne connaîtraient pas Mamiata. Mami Wat est une artiste drague qui a participé en 2023 à la 2e saison de Drag Race et a remporté le Drag Race All Star en 2025. [acclamation] [applaudissements] Et donc avec elle, on va passer un chouette moment cet après-midi et elle performera pour tous et toutes ce soir.
Alors restez jusqu'à la fin parce que ça vaut le détour. Pour celles et ceux qui étaient présents et présentes, jeudi, vous avez peut-être participé euh à euh à la présentation d'un drag show et à au visionnage de la demi la demi-finale. C'était la demi-finale bien sûr de Drag Race, mais rien ne vaut une drag queen, une reine en cher et en os.
Donc rester jusqu'à tard ce soir et donc là dans l'heure qui va suivre, on va échanger, on aura la possibilité et je pense qu'il y en a beaucoup qui voudront poser quelques questions bien évidemment à Mami Wat et euh on va on va avoir cette discussion à plusieurs voies parce que il y a bien sûr l'artiste avant tout son histoire, ses inspirations, sa trajectoire et puis toutes celles et ceux qui travaillent avec l'artiste que que vous êtes mamie. Et c'est la raison pour laquelle on a souhaité échanger également avec vous Paul Levraz qui est directeur artistique et militant de la culture cuir, militant associatif euh pour avoir un échange sur les différents aspects, le glamour et puis derrière ce qui permet le l'amour, ce qui permet la la création et la magie euh et à laquelle vous participez. aussi.
Alors, sans plus tarder, mamie, [acclamation] je peux vous appeler mamie. Ah ouais, d'accord. On est beste.
La fille qui gratte grave [rires] qui gratte. Alors mamie, euh la première chose moi que qui m'a interpellé quand euh j'ai entendu parler de vous à travers les performances absolument éblouissantes euh que euh vous avez euh donné dans dragré, c'est votre nom Mami Wat parce que moi ça me parle. Moi, je suis née au Gabon et dans la culture gabonaise comme dans de nombreuses cultures africaines et même diasporiques, Mami Wat ça évoque un personnage extrêmement puissant et également ambivalent, une femme sirène, un esprit de de l'eau.
Et souvent on explique aux enfants pour ne pas que ils sortent la nuit et y compris se mettent en danger en allant près des fleuves pendant la nuit que s'ils vont près des fleuves, Mami Wat va les attraper, ils vont disparaître. Donc c'est c'est quelque chose c'est quelque chose aussi qui renvoie à un esprit. Donc quelque chose de de très puissant et de très ambivalent.
Je sais que ça enfin vous avez choisi ce nom pas par hasard. Et est-ce que vous pourriez partager avec nous justement les raisons pour lesquelles vous vous appelez Mami Wat et ce à quoi ça renvoie pour vous ce nom ? Comment comment qui c'est qui est en train de faire bugger ?
On va le faire avec celui-là. Alors déjà, bonjour tout le monde. [acclamation] Non mais déjà à dire que je suis une fille qui est pas à l'aise au micro.
Moi, j'ai l'habitude de juste venir danser, performer et partir. [rires] Donc donc c'est intéressant. C'est un existe intéressant pour moi aussi.
Et pourquoi j'ai choisi ce nom ? Parce que moi, j'ai grandi en Côte d'Ivoire. Je suis née en Côte d'Ivoire et j'ai grandi dans une famille très catholique.
Et Mami Wat c'était un peu un esprit duquel on nous disait qu'il fallait se méfier. On disait par exemple aux femmes qui étaient un peu trop libres, qui avaient des jupes un peu trop courtes, qui avaient des cheveux un peu trop longs, qu'elles avaient l'esprit de Mami Wata et les garçons qui étaient un peu efféminés, les petits garçons comme moi qu'on avait aussi l'esprit de Mami Wata. Donc et il fallait c'était un esprit qui fallait il fallait nous libérer de cet esprit.
Donc on allait à l'église, c'était vraiment la priorité de nous libérer de cet esprit-là. Donc comme moi j'ai commencé le drague, j'ai voulu un peu me réapproprier mes traumas, me réapproprier tout ce qu'on m'a dit en grandissant et que j'avais compris qui était négatif pour moi. C'est pour ça que j'ai choisi ce nom. [applaudissements] Merci.
Alors justement, comment aimer Mami Wat ? Comment en êtes-vous venu à devenir mamiat à à rencontrer ou à à à vous exprimer au sein de la culture drague ? Et c'est une question aussi que je je complète pour vous Paul.
Euh revenir sur l'histoire de cette culture draque qui a une histoire particulière. Euh mais pour commencer, vous mamie, comment est né euh comment êtes-vous né euh comme la [rires] euh bah déjà, j'ai toujours été un petit garçon flamboyant. J'ai toujours aimé dessiner, j'ai toujours aimé danser.
J'adorais être sur scène à chaque fois que je le pouvais. Et bah on m'a pas forcément laissé la chance d'être sur les scènes que je voulais être quand j'étais plus petit. Je voulais faire du théâtre, ça pas forcément plu à mes parents.
Donc puis aller vers le tawendo ou des trucs comme ça qui me correspondaiit pas forcément. Et bah quand j'ai j'ai vécu une vie d'hométéo, Seigneur, quel horaire. [rires] Désolé pour les invités de la pièce mais c'était un horreur pour une horreur pour moi et quand j'ai commencé à m'ouvrir, j'ai commencé à découvrir la culture que je suis tombé sur des documentaires comme Wooby Cherry, comme Paris Burning et j'ai vu qu'il y avait un art qui existait qui était l'art du drag qui pouvait combiner toutes les passions et tout tous les désirs que j'avais.
Et c'est comme ça que j'ai découvert le du drag. J'ai commencé à me maquiller en cachette au début et après je me suis maquillé un peu moins en cachette jusqu'à me maquiller dehors jusqu'à venir en France. C'est ici que j'ai pu être libre dans mon art du drage. [applaudissements] Euh moi, je pourrais compléter un petit peu pour raconter d'où vient le drag peut-être aussi.
Il y a plusieurs théories. La plus connue c'est ça vient de Shakespeare et à l'époque les femmes ne pouvant pas performer sur les scènes de théâtre, on a employé des hommes pour jouer les personnages féminins. Donc to drag.
Euh il y a une autre euh une autre théorie que Soa de mususe avec qui je travaille aussi me m'a transmise euh par rapport à William Dorses qui est une une militante on va dire euh afhro-américaine si on peut le dire comme ça. Euh qui qui avait l'habitude de s'habiller de porter des grandes robes avec des immenses traines à la fin du 19e début 20e. Et donc elle utilisait ce terme to drag pour tirer à soi.
Et donc je trouve ça important aussi de de rappeler l'origine multiple parce que c'est comme toute culture, il y a certaines personnes qui ont tendance à se l'approprier et il est important aujourd'hui de pas oublier tout ce qui est politique derrière cette art qui bien sûr est flamboyant, bien sûr amène à rêver les individus mais mais a aussi une vocation à bouger les lignes en fait et c'est ça qu'on a qu'on essaie de pas oublier nous. Évidemment, il y a la franchise Drag Race qui qui fonctionne très bien et qui a permis de mettre la lumière sur Mami Wat en l'occurrence ici en France. Mais ça ça date de très longtemps, je pense.
Je vais pas redire trop être trop long, mais ça existe depuis 2007 aux États-Unis. Donc, il y a eu cet engouement autour de de la culture drague aux États-Unis. Mais en fait, le drague est aussi présent dans la culture française depuis très longtemps via le le cabaret.
Ça a été des moments. Le simple fait pas de de se travestir, on pourrait le dire comme ça, en tout cas de porter des vêtements d'un genre qui n'est pas le nôtre assigné à la naissance a été un moyen de d'émancipation dès le début du 20e siècle avec la culture cabaret qui a joué un rôle important aussi dans les moments sombres de l'histoire pour continuer à exister en souterrain et à faire des spectacles dans les heures les plus sombres de l'histoire. Et on n'est pas loin de connaître aussi ce genre de période là sans vouloir plomber l'ambiance.
Et c'est vrai qu'en ce moment, on se rend compte qu'il y a une vraie recrudescence, moi qui travaille dans ces milieux depuis 10 ans, qui met en scène des artistes comme ami de la ballroom scene aussi, de la scène vogging, des artistes de cabaret également. On se rend compte qu'aujourd'hui il y a une grosse recrudescence et un intérêt accru pour les les personnes cuir et leurs arts mais ça va pas sans penser à tout ce qui se passe à côté. Et c'est vrai que c'est des époques où des personnes comme peut-être, on va dire peut-être traumatisé ou en tout cas de ces emblèmes politiques sont d'autant plus importants parce qu'ils ont la capacité à à rire un petit peu de tout et à emmener le public dans cette dérision.
Et je pense que c'est important de noter ça aussi. Le succès du cabaret en ce moment, le succès du drag, c'est une bonne nouvelle pour nous et notre travail mais ça vient aussi avec des moments sombres, des monté d'extrémisme et cetera. Et je pense que l'un ne va pas sans l'autre.
Et c'est aussi pour ça que nous on continue à à mener ce combat m'amie sur scène et moi dans l'ombre de l'organisation pour vrai pour que ça continue bien au-delà de de ce moment de fame qui est amené par la télévision publique. On espère que ça va durer longtemps mais a priori pas temps et du coup il faut absolument continuer à soutenir ces scènes alternatives qui permettent de donner la voix à ces artistes. Voilà, je vous l'ai précis [applaudissements] mais et c'est quelque chose mamie que vous vous revendiquez.
Vous avez dit euh tout est politique dans le dans le dra vous vous définissez dans une interview, vous indiquiez euh je suis une bimbo noire et ivoirienne et euh se revendiquer bimbo dans un monde structurellement sexiste, se revendiquer noir dans un monde structurellement raciste, se revendiquer ivoirienne dans un monde aussi impérialiste et en France France avec l'histoire de de la colonisation, c'est aussi prendre position. Je sais que c'est quelque chose que vous racontez sur votre propre histoire aussi personnelle parce que vous avez revendiqué cette visibilité. Vous disiez au début vous vous maquillz en en cachette mais ça participe à la fois aussi de votre histoire personnelle par rapport à à des combats que vous avez menés en Côte d'Ivoire.
Et euh et est-ce que du coup pour vous c'est une continuité et le et et le drague une manière aussi de d'exprimer et de revendiquer ses identités ? Euh je pense qu'au début, j'en avais pas forcément conscience mais je pense que le drag un moyen pour moi de combattre ce que j'avais vécu déjà. Par exemple, rien que le fait de choisir le nom Mami Wat.
Je vous ai expliqué tout à l'heure que c'est par rapport aux femmes qui étaient trop libres. Je pense que je suis un peu devenue une femme trop libre maintenant. On peut toujours l'être un peu plus.
Mais je pense que vraiment tout ce qu'on m'a dit en grandissant, c'est des choses que j'ai essayé de déconstruire avec mon drage. Et au début, je l'ai pas fait forcément pour d'autres personnes. Je l'ai fait pour moi.
J'avais besoin de me déconstruire personnellement. J'avais besoin de voir d'autres choses, d'apprendre de nouvelles choses. Et maintenant, j'ai la chance que ça touche des personnes.
J'ai la chance que des personnes euh s'identifient à mon discours, ce qui est cool, ce qui est le principe de l'art du drag. Et ça c'est parti de ce moment-là que j'ai compris qu'il y avait une dimension politique parce que déjà le drag c'est un art qui joue avec les genres donc il y a déjà une phase politique dedans. Donc mais au début moi je pensais que ça se limitait à ça.
Je voyais pas encore tout ce qu'il y avait à faire toutes les luttes qu'on avait parce que j'avais j'étais pas encore instruite. J'étais pas encore politique par rapport à ça. Donc ça a pris des personnes comme Paul d'autres personnes que j'ai rencontré dans mon parcours qui m'ont appris et qui m'ont ramené là où je suis aujourd'hui.
Je pense et merci de représenter euh de manière aussi euh magnifique. Et justement, je me demandait un peu est-ce que vous pourriez nous raconter euh ce que comment vous avez découvert cet univers. Vous disiez que vous c'est la culture des ballroom euh qui vous a amené à ça quand vous êtes arrivé en France pour faire vos études. ou peut-être que c'était déjà avant que vous aviez vous aviez connaissance de des émissions aux États-Unis, vous aviez vu ça, mais quand vous vous êtes impliqué euh c'est une un écosystème particulier celui des Ballroom.
Est-ce que vous pourriez revenir là-dessus ? Et puis les figures euh dans ce milieu qui vous a inspiré, vous parliez de Rouaul, mais vous revendiquez aussi l'inspiration de femmes noires euh et de et de et d'artistes cuir. Est-ce que vous pourriez nous en parler un petit peu ?
Euh je pense que il y a une période dans ma vie où comme j'ai dit, j'étais fatiguée de jouer à l'homme hétéro et j'ai commencé à découvrir la communauté court ivoirienne parce que moi c'est tout est parti de là. J'ai renconté des personnes qui parce qu'en Côte d'Ivoire on il y a pas euh le fait d'être homosexuel, d'être cour n'est pas pénalisé mais on n'est quand même pas libre, on peut pas sortir, on peut pas être cir comme on comme on le veut dehors. Donc moi j'ai rencontré des personnes cir dans des milieux fermés.
D'abord je me souvenais moi quand j'ai commencé à me maquiller, je sortais, j'avais mon maquillage dans mon sac. Je suis arrivé chez les chez des potes, je vais me maquiller là-bas et et avant de partir de la soirée, il fallait que tout le monde redevienne des garçons de guillemet pour qu'on se puisse repartir à la lumière du jour. Donc c'est ces personnesl que je racontais d'abord et c'est elles qui m'ont parlé de médiia cir qui m'ont notamment recommandé Paris Burning.
Et quand j'ai regardé pour la première fois, ça a été une révélation pour moi. J'ai vu des personnes qui me ressemblaient qui avaient l'air parce que c'était quand même un air qui avait l'air libre et qui avait un espace que pouvait s'exprimer et se regrouper entre elles en tant que personne racisée, en tant que personne cuir. Et je me suis dit en fait, j'ai envie de faire partie de ce de ce monde, j'ai envie de rejoindre cette personne.
Et bah c'était un peu c'était un peu une scène ballroom qu'on avait parce qu'onit vraiment un milieu fermé entre nous mais il y avait pas forcément la culture ballroom qu'il y a en France. Donc quand j'ai déménagé en France pour me pour les mes études, c'éit un prétexte. Mais quand j'ai déménagé ici, bah le premier move que j'ai fait, c'est de trouver cette communauté Ballroom.
J'ai écrit à ces personnes que je suivais déjà depuis Abidjan. J'ai dit "J'ai envie de venir, j'ai envie de vous rencontrer, j'ai envie de rencontrer la communauté, j'ai envie de vous rejoindre." Non, c'était pour rapprocher un peu le micro parce que Ah pardon, c'est bon.
Ouais. Non, j'ai dit j'ai envie de vous rejoindre, j'ai envie de vous rencontrer, j'ai envie de faire passerie de cette scène et c'est des personnes qui m'ont accueilli avec les bras ouverts parce que on n'est pas tous similaire mais on partage un peu la même histoire de personnes racistes et que donc et quand je suis j'ai rejoint la Ballroom, j'ai rencontré des personnes incroyables qui m'ont fait grandir, qui ont fait améliorer mon drague et pour la première fois, je me suis vraiment sentie en communauté avec des personnes quer qui me ressemblaient, qui étaient noirs et qui avaient les mêmes combats et les mêmes valeurs que moi. Paul, est-ce que vous pourriez justement, je voulais vous demander peut-être de de préciser et d'expliquer euh de de quoi il s'agit et et quelle est l'histoire aussi de de ces communautés ballroom, les termes euh sû justement c'est ce que j'allais poser comme question.
Est-ce que chaque personne ici est familière avec le terme ballroom ? Voilà, du coup, c'est vraiment une scène qui a été créée par et pour la communauté à l'époque afro, latino, euh trans aux États-Unis sur la côte est à New York. Et du coup, l'idée c'était de créer un espace où on célébrait euh cette différence.
Donc c'est vraiment une émancipation par l'art et par la scène où on venait mimer un peu imiter les comportements sociaux qui avaient lieu à l'extérieur de la ballroom mais dont les personnes qui étaient de fait exclus de par leur couleur de peau, de par leur sexualité, de par leur culture. Et donc ça a été l'idée de se regrouper un petit peu comme on pourrait parler aussi de la communauté LGBT aujourd'hui qui est encore une fois pas mal mis en avant mise en avant. Et donc cette Ballroom, elle a elle a trouvé naissance à New York et ensuite elle s'est elle s'est diffusée.
Donc il y a un vrai lien entre aussi la rue et et la ballroom. Et au moment de le temps d'un instant, on vient célébrer la beauté. Il y a des catégories qui sont très précises.
Bon, c'est peut-être pas le blanc qui va expliquer complètement ce qu'est la ce qui est la ballroom parce que c'est aussi un ces dans ces scènes là de laisser la place aux acteurs, aux actrices qui qui font et ça fait partie des difficultés pour moi quand j'ai voulu mettre en avant les les personnes de la ballroom. de pas se l'approprier et ça c'est important aussi de l'avoir en tête quand on est organisateur d'événements euh milieu culturel, c'est de pas oublier de de célébrer les individus mais de les faire aussi les rendre acteurs de de l'organisation de l'événement et pas simplement utiliser leur leur image pour euh pour faire des des événements culturels. Je pense que ça c'est un petit peu le secret de la réussite de la ballroom.
Ce qui fait que ça a été aussi flamboyant, c'est que c'est des choses qui unissent des individus qui se sont jamais rencontrés et qui avaient besoin de se célébrer et de absolument de de crier un peu au monde leur leur existence et et puis ça marche puisque d'abord ça fonctionne dans un milieu fermé et ensuite petit à petit ça vient s'étendre à d'autres branches de la société notamment le manquina, la musique, le cinéma, on la mode. Pour rappel encore une fois, dans les années 70, tous ces milieux-là n'étaient pas forcément n'étaient pas d'ailleurs du tout ouverts aux personnes noires, par exemple aux États-Unis et partout dans le monde. Donc ça a été aussi le fruit d'un combat et on voit encore une fois, c'est pour ça que je le rappelle que c'est ce qu'on les droits qu'on a aujourd'hui sont l'héritage des différentes communautés, des différentes époques.
Et il est important aujourd'hui au moment où on a l'impression qu'on est sur le devant de la scène, on rappelle qu'il y a beaucoup d'agressions encore homophobe et LGBT en France et partout dans le monde et que c'est pas parce que la flambance, les réseaux sociaux nous mettent en avant pour un temps que que c'est acquis et que c'est c'est une lutte à mener qui va encore durer un moment. [applaudissements] Euh pour parler de la B room, le micro plus proche de ma bouche. [rires] Non room, je tiens à dire que ça c'est ça reste aussi c'est un espace de liberté, un espace de communauté mais ça reste un espace de compétition parce que c'est des épreuves, c'est des concours qu'on fait entre nous.
Comme Paul l'a dit, il y a plusieurs catégories. Je peux vous parler de quoi comme catégorie ? La cad principale c'est le vogging vogfem.
Ça vient des Il y a quelqu'un qui connaît bien, il me fait les gestes [rires] d'ici. Et du coup bah ça vient des du magazine VOG parce que à l'époque les personnes noir racisées qui étaient qui étaient visiblement cuir ou n'avaient pas la possibilité d'apparaître dans ces magazines. Toutes toutes les personnes qu'on voyait des personnes sixes des personnes blanches.
Donc ces personnes elles rêvaient de pouvoir être des mannequins. Rêvaient de pouvoir être dans ce dans ses magazines. Donc elles imitaent les pauses chez elle et c'est ça qui a donné naissance à la à la au old way d'abord et puis au voging dans l'évolution.
Il y a la catégorie realness, c'est la catégorie où il faut paraître comme une personne hétérosexuelle. Euh maintenant, c'est un peu une catégorie problématique, mais [rires] vous devinez bien pourquoi, mais on garde la catégorie euh dans la ballroom à cause de son contexte historique parce que c'était important à l'époque, par exemple, pour les femmes transs, de pouvoir marcher dans la rue sans se faire agresser, sans se faire reconnaître en tant que femme trans. Donc, c'est pour ça qu'on la garde aujourd'hui.
Et aujourd'hui, bah ça consiste à deux femmes trans, elles viennent et elles disent "Bah, je suis je passe plus dans la rue que toi." Donc, il y a un peu un contexte problématique maintenant, mais ça reste à cause de l'histoire. Euh la catégorie face, c'était euh parce que on on voyait pas notre beauté euh comme on la voyait à l'extérieur entre nous.
Donc c'est pour ça maintenant c c'est toujours un peu problématique, c'est qui est le plus beau, qui est la plus belle, mais ça une histoire donc ça reste du fait que c'est venu des femmes trans comme Paul l'a dit aux États-Unis et c'est pour ça que pérénise aujourd'hui je pense. Et c'est important aussi de rappeler que c'est une culture qui a directement alimenté la culture de fait mainstream en fait euh sur tous les aspects, les aspects esthétiques, les aspects en terme de danse. Enfin, on on pense on peut penser à Madonna qui s'est énormément inspiré de ces cultures là de manière problématique, mais euh mais en fait voilà, il a fallu ces alliés là d'une certaine manière et euh et et toute l'industrie de la culture en fait euh a bénéficié de de cette communauté et de ces de ces productions.
Et et même sur le langage aujourd'hui, on dit plein plein de mots, on se rend pas compte en tant que personne quer, on dit plein plein de mots qui viennent de la croay shades, reading, c'est plein de mots qui on qui viennent de la scène et on se rend pas compte forcément, on connaît pas forcément l'histoire mais il faut savoir que ça vienne ça vient de quelque part et ça vient de ces femmes noires cour à étrance et et je je je vais reprendre un élément que vous disiez sur la question de la compétition et la question de la beauté parce parce que je trouve que en fait ça reste particulièrement subversif en fait de revendiquer la beauté et ça fait partie aussi des des luttes des luttes intersectionnelles que ce soit des luttes afro-étatsuniennes qu'on disait black is beautiful et dire que is beautiful et de renverser en fait l'idée qu'on se fait de la beauté d'un certain genre et dans un certain genre et donc oui c'est c'est magnifique Euh justement, on en arrive euh à aujourd'hui votre expérience au sein de Drag Race. Euh et c'est euh je trouve que c'est la popularité de de l'émission dit aussi et va à contre-courant de ce qu'on pourrait imaginer quand on entend les médias et avec la vague réactionnaire en se disant en fait voilà les gens sont de plus en plus à droite et cetera et euh et en même temps en fait des émissions comme Drag Race et l'audience qu'elles ont traduisent en fait le fait que en fait il y a l'espace et et cet espace est tout à fait légitime pour que des tas de gens puissent apprécier et découvrir cet art. Donc vous vous avez participé à la deuxè saison de de Drag Race.
Vous êtes revenu pour le All Star que vous avez remporté haut la main. Euh il y avait même pas de questions à se poser. Et d'ailleurs, c'est ce que vous affirmiez en disant "Mais il y a pas de questions à se poser, je vais gagner.
Vous avez gagné. Euh faut mentir pour arriver. Oui.
Bah fake it like until you make it. Exactement. Est-ce que vous pourriez nous raconter un peu voilà comment vous avez décidé de participer à à ce concours et et voilà comment ça s'est passé et l'expérience en fait qui qui vous a permis aussi, on va en discuter plus tard aussi de de pouvoir commencer à imaginer vivre en plus de votre de votre art.
Euh bah je pense que c'est un c'est un rêve un peu maintenant pour tous les artistes drag de participer à Drag parce que la franchise est devenue tellement populaire, elle est tellement globale, elle est présente dans une dizaine de pays. Donc pour toutes les scènes drag locales, pour tous les artistes locaux, quand draguer ça arrive dans le pays, je pense qu'on a tous envie d'y participer. Et moi, comme je vous ai dit, j'ai découvert Dragues dans une période où je me cherchais moi-même et je crois on était encore à la saison 7 ou 8.
Donc je voyais ces personnes queir qui avaient plein plein d'histoires à raconter qui étaient super différentes mais en même temps qui se retrouvaient dans le fait d'être queir et moi je je m'identifier à ces personnes et c'est à cause de ces personnes notamment que j'ai commencé le drag. Donc euh quand draguer c'est arrivé euh en France moi je faisais déjà du drag euh j'étais une bébée implantée de la scène parisienne. Du coup c'était terrifiant de s'imaginer participer à la première saison.
Je pensais aux répercussions. Moi j'avais des parents avec qui à l'époque c'était encore un peu difficile. J'étais toujours en étude de droit.
J'avais pas forcément beaucoup de sous. Donc il y avait plein plein de questionnements qui m'ont qui m'ont freiné de participer à la à la première saison. Et pour la deuxième saison et surtout bah j'avais peur aussi des réactions parce que je me dis bah ça marche ailleurs mais comment est-ce que la France va réceptionner l'émission ?
Comment est-ce que le public français qu'est-ce que ça fait au public français de voir autant des personnes courir à la télévision, des personnes trans qui ont des histoires qui sont liées à leur queess et à leur transidentité ? Donc ça me faisait peur et j'ai vu la première saison, j'ai trouvé que elle était pas parfaite. [rires] J'ai trouvé qu' que relativement les histoires ont été entendues.
L'art du drague, il a eu un petit boom suite à cette saison et nous-mêmes qui étons toujours dans la scène locale, ça nous a motivé, ça nous a poussé à donner encore plus. Et quand le casting de la deuxème saison a été lancé, j'étais toujours pauvre, j'étais toujours étudiante, j'avais vraiment pas tout, j'étais toujours à la CAF et mais là, j'avais un peu plus de volonté, j'étais un peu plus sûre dans mon drague et j'avais juste le désir de montrer mon talent, de montrer mon histoire, de raconter euh toutes les choses que je racontais déjà dans les scènes locales et j'ai été castée par chance ou par je sais pas quoi. [rires] Mais en tout cas, j'ai fini dans l'émission.
Et et du coup bah c'est parce que l'émission honnêtement elle est super difficile. Euh tu rencontres des person il y a un côté que Joy parce que tu plein plein de nouvelles personnes que tu deviens amis avec cette personne, pas tout le monde mais la plupart quand même. [rires] Et et vraiment tu rencontres d'autres personnes qui te ressemblent, tu es déjà dans la scène drague mais là il y a d'autres personnes qui sont par exemple Moonk de Suisse que j'ai rencontré sur l'émission qui est aujourd'hui une de mes meilleures amies.
Donc euh tu explores ton drag et tu penses au futur parce que après drag race ta carelle explose, tu fais une tournée donc tu penses à tout ça. Et je savais honnêtement sur la première saison que j'étais pas forcément prête mais je me suis dit j'ai un peu de personnalité, euh j'ai de l'humour, ça va passer. [rires] C'est un peu passé honnêtement.
Et du coup la deuxième saison, bah là j'étais un peu plus près donc je me suis senti un peu plus ready face à l'exercice. Ouais. Mais il y a un élément quand même assez euh structurant dans l'évolution entre la la première participation et la deuxè, c'est aussi d'avoir les moyens parce que ça c'est aussi quelque chose que tu as évoqué quand tu fais la première fois.
Euh c'est avec peu de moyens, y compris pour pouvoir t'exprimer artistiquement. Euh il y a ce passage euh dans une interview que j'ai lu de toi, enfin de vous. Oh, je suis passé directement, je suis désolée, du du vous au-dessus.
Euh mais sur le fait que euh dans la première participation euh le fait d'avoir plus ou moins de vêtements, de pouvoir euh plus ou moins avoir Non mais plus non mais magnifique magnifique. on on admire mais que en fait la différence aussi c'est d'avoir la capacité de pouvoir faire des costumes parce que c'est un investissement en fait financier que tu avais pas au début. Euh voilà, est-ce que tu peux un peu expliquer ça aussi parce que ça détermine en fait les moyens qu'on a.
ça détermine la capacité à pouvoir exprimer en fait son son drague, voilà, dans toutes ses possibilités. Et euh et ce qui est et ce qui a participer, je pense aussi, de ta victoire dans la deuxème participation, voilà, c'est toutes les les performances que tu as pu faire, euh les costumes que tu avais, enfin ce qui sont devenus iconiques. Euh et ça faut faut des moyens.
Et c'est cette dimension là qui m'intéresserait aussi de t'entendre là-dessus. C'est une dimension du drag en général et de drag raison. On parle pas assez souvent parce que honnêtement c'est un investissement et c'est un investissement à risque parce que tu peux investir des milliers d'euros et tu arrives dans la saison et tu pars la première et honnêtement tu as pas forcément le les bénéfices qui suivent.
Tu es obligé de retourner à ton travail alimentaire. Donc c'est vraiment un investissement et c'est pour ça que beaucoup d'artistes drag hésitent. Par exemple, sur la première saison de Drag, moi comme je l'ai dit tout à l'heure, j'étais encore en étude, j'avais un taf étudiant, je gagnais 300 € par mois.
Donc c'est tout ce que j'avais pour faire pour faire mon packaging de drag race. Et il faut savoir que drag race, tu as des thèmes à l'avance, il faut préparer une dizaine de tenues et une dizaine de perruques qui vont avec, une dizaine de chaussures qui va avec et les artistes parisiens, ils ont un peu cher honnêtement. Donc [grognement] comment je suis arrivée sur la deuxème saison de Dragress avec un budget de 800 900 € sur toute la saison et qu'en face de moi il y avait des personnes qui avaient des budget de 25000 € sur la même saison.
Bah ouais donc c'est c'est une question et c'est c'est un truc que [applaudissements] [acclamation] m'applaudissez pas encore les 25000 € je les ai mis plus tard. [rires] Bah ouais, bien investi. Retour sur investissement direct.
Bravo. Non mais oui, donc c'est c'est super intimidant et moi j'étais j'étais relativement jeune. J'avais 22 23 ans et je me retrouvais avec des artistes drag qui faisaient du drag depuis beaucoup plus longtemps que moi et du coup qui avait eu la chance de pouvoir accumuler un peu plus de sous que moi et qui ont pu le révasser dans le drag.
Mais c'est vraiment un aspect des fois on regarde l'émission se dit "Ah pourquoi une telle queen autre queen ? un peu moins bien que l'autre queen mais c'est vraiment parce que il y a tout ce qui se passe derrière, il y a tout le temps, tout l'investissement, toutes les connaissances, tout le le village qui travaille derrière et des fois on a juste pas la chance où on n pas encore eu le temps de connaître ce village ou d'avoir les ressources pour pour faire Ouais Paul, c'est une dimension importante. Euh est-ce que vous pourriez nous expliquer aussi continuer sur sur ce thème en fait des conditions matérielles euh dans lesquelles cet art se se produit et produit et la capacité l'accessibilité en fait euh ou non à à cet art pour beaucoup de personnes.
Je pense que c'est quelque chose qui incombe beaucoup aux souscultures, on peut dire comme ça, de pouvoir exister, la possibilité d'exister même sans moyen. Et c'est ça que je trouve particulièrement fascinant dans le drag ou en tout cas ce que je trouvais particulièrement fascinant dans le drag aux origines dans la ballroom ou même dans le cabaret, c'est de pouvoir peu importe ses moyens financiers arriver et défendre des choses et pouvoir sensibiliser à des questions soit politiques, soit simplement transmettre son son délire artistique et pouvoir convaincre un maximum de monde. Mais pour autant, le piège qui qui est donné, c'est que du coup, on a l'impression qu' il suffit d'arriver sur scène et de pouvoir le faire de cette manière-là.
Et bien souvent et surtout ceux qui financent les projets culturels en général ont tendance aussi peut-être à à tirer profit de ça en se disant il y a une telle créativité, c'est tellement des personnalités comme ce que tu disais sur la saison 2, même sans budget, on a pu enfin j'espère que vous avez tout vu tous pu voir tout pu voir les qualités de de Mami Wat derrière derrière peut-être un des costumes un peu moins aboutis, on va dire. Et du coup euh c'est vrai que c'est ça peut être un piège qui est tendu. moi qui travaille beaucoup avec les quand je dis institutions, donc les collectivités publiques, hein, faut le rappeler aussi queen France, on a la chance d'avoir un système culturel et on on considère que c'est, on va dire, de droit public de pouvoir avoir accès à une cer un certain nombre de spectacles et en même temps même là, on se rend compte quand enfin moi je ça fait 10 ans que je fais ce métier à Paris mais j'ai commencé il y a une quinzaine d'années en province comme on dit.
Et euh c'est vrai que ben c'est un combat aussi à mener de pas de pas se laisser on est en train aussi un petit peu petit à petit de se faire asphyxier par les baisses budgétaires des collectivités publiques et c'est vrai que entre deux projets souvent les aides peuvent aller à sur des grandes compagnies des gens qui sont plus connus et du coup ça ça enlève peut-être cette fonction qui est primordiale pour le thé comme le les scènes nationales de théâtre ou comme les scènes musicales ou même comme dans le cinéma de d'avoir d'avoir aussi cette on on va dire cet engagement public, cette mission de faire de soutenir les talents émergents et je pense que c'est là qu' qu' a peut-être quelque chose qui qui a un biais qui est en train de naître entre la le foisonnement des créativités qu'on peut auquel on peut assister et en même temps le manque de moyens dont souffre beaucoup et on entend beaucoup aussi les discours de de Queen qui ont pas eu la chance d'être sélectionné sur le casting qui sont nombreuses aussi qui est des kings d'ailleurs qu'on oublie souvent de de booker mais qui sont aussi très importants à booker. On se retrouve aussi sans être trop, moi je peux me le permettre mais sans être trop dans un une critique globale du programme, mais de se retrouver finalement aussi dans un nouvel entre sooi parfois masculin, parfois de de élitiste un petit peu. Et du coup, il faut pas oublier que les scènes locales, elles ont elles ont aussi de la créativité, mais cette créativité, elle a besoin de moyens et c'est ce qui va faire un petit peu ce qui va être compliqué dans les années à venir, c'est de continuer à avoir ces moyens et de peut-être aussi se structurer maintenant qu'on a réussi à sortir de dessous la terre, de trouver un moyen peut-être un espace pour travailler, pourquoi pas ?
Moi, c'est ce pourquoi je milite, mais l'existence d'une scène nationale cuir qui serait aussi un espace pour protéger les individus qui ont ces arts là. qui pourrait avoir accès à des à des soins médicaux, qui avoir des suivis psychologiques parce que c'est aussi et je le redis, je suis désolé, je suis un peu kill de l'histoire mais c'est aussi des communautés qui souffrent beaucoup de la santé mentale. C'est pas évident de de pouvoir avoir la force de sortir dans la rue en femme ou quand enfin voilà de d'assumer sa différence.
Et c'est pour ça que c'est important au-delà de la flamboyance de soutenir aussi les artistes et les communautés qui sont derrière. Et c'est ça qui manque et qui va encore plus manquer dans ces années à venir et on en a besoin. Donc on espère que que vous arriverez à à obtenir ça pour nous avec vous ensemble [applaudissements] peut-être.
Pouvez-vous on revient vous tu bon [rires] mamie euh au cours de cette expérience donc de drag quel quel est le look quelle est la performance euh qui qui a qui t'a le plus pris et dans laquelle tu as le le plus de de fierté euh il y en a il y en a eu beaucoup. Et euh quel quel a été le sens que tu que tu portais à ce moment-là quand tu euh quand tu l'as exécuté et euh et que tu t'es produit et que tu as représenté euh cette art euh je pense que les looks qui m'ont le plus touché à faire, c'est sur la deuxème saison euh où j'ai fait des looks qui étaient plus des lettres d'amour à ma culture, à la Côte d'Ivoire, à mon ethnie. Et du coup pour les faire, j'ai appelé mes parents qui ont appelé des pasteurs de nos villages qui ont qui m'ont raconté des histoires qui m'ont donné des vraiment qui don des pointers.
Je pense que c'est ces look là qui sont les plus importants pour moi parce que je pense qu'il y a pas beaucoup de drag queen en tout cas en France qui qui auraient pu faire cees look parce que honnêtement ils sont super personnels. Donc c'est ceux qui m'ont toucher le plus et c'est je pense que c'est un de ceux qui a beaucoup marqué euh voilà celui que tu portais avec des des seins de femmes et puis enfin il y a toute une iconographie et merci aussi pour ça d'avoir représenté nos nos cultures. C'est spécifique aussi à la Côte d'Ivoire et aux ethnis, mais en fait c'est quelque chose qui parle.
Je sais que tu as fait une séance photo à Barbess chez moi dans le 18. Terrifié honnêtement. Ouais mais c'est magnifique.
C'est c'était vraiment magnifique. Et à ce propos, pourquoi est-ce que tu as voulu faire ça à Barbess et qu'est-ce que tu représentais à ce moment-là ? parce que c'est ça a aussi une cification ce que tu as ce que tu as pris en photo et de très C'était magnifique et ça aussi un sens en référence à ta à à ta culture et aux cultures africaines.
Non mais pour ce look là, pour le shooting, on voulait on voulait rendre hommage à la diaspora honnêtement et on se dit où est-ce qu'on peut mieux trouver la diaspora paraî qu' barb [rires] et honnêtement bah honnêtement on était tous terrifiés d'aller faire ce shooting parce qu'on s'est dit je suis une drag queen je suis en full drag moi c'est un truc que je fais depuis longtemps. J'habitais à Saint-Denis, je sortais en drag tout le temps. Je prenais le RORD en drage.
Donc c'est pas un truc qui me fait peur particulièrement, mais j'avais toute une équipe à côté de moi qui était un peu plus terrifiée à l'idée et bah c'était stressant pour pour dire pour utiliser ce mot-là parce qu'il y a tout le monde qui faisait des photos, il y a tout le monde qui nous venait mais d'un autre côté c'était beau parce qu'il y a plein plein de gens qui étaient pas forcément de ma culture qui connaissaient pas le masque spécifiquement qui savaient pas quel masque de quel masque exactement il s'agissait mais qui avaient l'iconographie qui savaient qui voyaient d'où ça venait et qui venaient nous poser des questions et du coup on répondait avec plaisir. pire, on instruisait entre guillemets avec plaisir et honnêtement c'était beau. C'était d'entérifier mais c'était beau et je pense que c'est un peu le rôle de du drag.
Ça peut paraître incompréhensible au début, ça peut paraître terrifiant au début mais juste qu'on apprend à creuser, qu'on pose des questions personnes qui sont concernées, on apprend à avoir la beauté à l'intérieur. Et je pense que c'est ça été le principe de ce shoot. [applaudissements] Alors maintenant, depuis depuis cette victoire, tu faisais déjà en fait, tu performais déjà avant d'être de rendra Grace, mais ça t'a donné la visibilité, la notoriété, les moyens aussi de pouvoir vivre de ce tard.
Bravo. Euh et du coup, tu as euh tu as pu élaborer un spectacle, un nouveau spectacle. J'aimerais bien que tu nous en parles.
Euh, ça s'appelle Je vous salue mamie. Euh, et euh et c'est pas pour rien. [applaudissements] Et est-ce que tu peux voilà nous parler un peu de y compris partager un peu le le processus de de production, de création euh et euh et toutes les raisons euh s'il y a besoin encore d'en rajouter pour lesquelles vous devrez absolument aller le voir ce spectacle à Paris.
Et il y a une tournée aussi. Euh tu peux nous en dire quelques mots ? Un petit peu de teasing aussi histoire de de teasing.
Wou ! Euh non mais du coup c'est c'est un des projets duquels je suis le plus fière. C'est mon premier spectacle.
Euh c'est un spectacle de standup parce que je me considère comme une femme un peu drôle. Donc donc drôle drôle. Donc honnêtement, c'est moi sur une scène pendant 1 heure à peu près qui raconte l'histoire de ma vie avec humour et bah on parle de beaucoup de choses traumatiques qui me sont arrivées.
On commence à parler de mon enfance, des thérapies de conversion, de grandir en tant que personne courir en Côte d'Ivoire ou en Afrique en général jusqu'à arriver en France, s'attendre à venir dans un Eldorado et découvrir que les gens ils disent pas bonjour dans le métro. Et donc vraiment, c'est juste c'est c'est une une synthèse de mon parcours avec un humour un peu piquant, un peu un peu shady parce que ça fait partie de ma personnalité. [rires] Donc s'il vous plaît, venez le voir et ça va renfouer mes caisses aussi.
Ça c'est important. [rires] [applaudissements] Et du coup les premières dates, il y a on joue 11 fois à la maison des métallos à Paris. Donc bien sûr qu'on habite là-bas, on a déjà fait un petit rodage là avant l'été qui s'est super bien passé entre Marseille, Nant et Lyon.
Et là l'idée c'est de commencer par 11 dates parisiennes avant de se lancer dans un peu un Tour de France en octobre-novembre. Donc il y a pas mal de de villes qui sont là et on a besoin que vous veniez nous voir. Euh et [acclamation] je trouve que c'est intéressant juste pour rebondir ce qu'on a ce qui a été dit avant, c'est de cette capacité que moi j'ai pas forcément d'ailleurs à à militer et aborder des sujets aussi profonds mais avec toujours de de l'humour et peut-être pas forcément de brandir des grands discours pour pour défendre des valeurs.
Et je trouve que ton ton spectacle est vachement [grognement] en brun de ça. Voilà, je vous invite à venir le voir.
Danièle Obono