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interviewC dans l'air· 30 juin 2026 13 min

Marine Le Pen, canicule : Marion Maréchal s'exprime

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Appelez le 0 800 05 06 07. ... - C.Roux: Bonsoir à toutes et à tous.

Bienvenue dans "C dans l'air". Dans une semaine, le RN saura qui de M.Le Pen ou J.Bardella sera candidat à la présidentielle.

C'est le 7 juillet que la cour d'appel rendra sa décision dans l'affaire des assistants parlementaires. C'est à cette date que le parti pourra se mettre en ordre de bataille avec ses alliés pour le printemps prochain. C'est l'un des sujets que nous allons aborder ce soir avec M.Maréchal.

Merci d'avoir accepté cette invitation. Vous êtes députée européenne Identité-Libertés. Je voulais commencer avec vous sur la canicule.

Les météorologues annoncent un retour des températures élevées en fin de semaine. Vous êtes convaincue que la lutte contre le réchauffement climatique doit être une priorité? - M.Maréchal: J'ai toujours considéré qu'il fallait s'adapter à ce qui est sous nos yeux, un bouleversement climatique.

Ceux qui dans la société ont présenté ce sujet sur la question du réchauffement, qui ont conclu à ce qu'il y ait une éco-anxiété générale, ils se sont toujours opposés aux solutions que nous avons proposées. On pourrait parler de l'énergie décarbonée avec le nucléaire, le plan climatisation qui a été diabolisé, le stockage de l'eau qui est combattu par les Verts. On parle des grandes lignes TGV... - C.Roux: Il faut s'adapter, non pas lutter contre le réchauffement climatique? - M.Maréchal: Il y a une conclusion simple à laquelle il faut arriver: la France représente moins de 1 % des émissions de gaz à effet de serre.

Même si on appliquait à la lettre le programme délirant des Verts, si on s'interdisait toute forme de climatisation, on arrêtait de se chauffer l'hiver...

Ca n'aurait pas d'impact à l'échelle mondiale. Ce que peut faire la France, c'est s'adapter sur le plan agricole, le plan du bâti. Tout ce que nous voyons ressortir lors de ces débats, c'est que l'Etat a tout fait pour éviter les mécanismes de refroidissement, y compris les pompes à chaleur réversibles. - C.Roux: Il ne faut pas perdre d'énergie à lutter contre le réchauffement climatique car les autres ne le font pas? - M.Maréchal: La France est l'un des pays les plus vertueux du monde.

Nous avons une énergie à plus de 80 % décarbonée. Nous sommes les seuls dans le monde. Nous avons parmi les réglementations les plus dures du monde pour la protection de la biodiversité et de nos écosystèmes.

On peut difficilement demander aux Français d'aller plus loin. Il faut s'adapter et apporter des solutions pragmatiques. - C.Roux: Que pensez-vous des prévisions du Giec?

Comme M.Le Pen, vous pensez qu'elles sont trop alarmistes? - M.Maréchal: Le Giec dit une chose très simple: il y a un réchauffement climatique en cours.

Il y a un débat au sein même des experts, des scientifiques pour savoir quelle est la part de l'impact humain. Il y a un impact humain. Quelle est la part de cet impact?

Qu'on cherche à électrifier nos usages, électrifier notre industrie, c'est vertueux. C'est aussi un enjeu de souveraineté. Je ne peux être adepte de ces solutions, la géothermie, l'hydrogène...

C'est une manière d'être moins dépendants. On a tout à y gagner. - C.Roux: Vous ne dites pas, comme D.Trump, que c'est une arnaque, le réchauffement climatique? - M.Maréchal: Je n'ai jamais dit ça.

J'ai foi en l'humanité. - C.Roux: Comment vous expliquez les votes au Parlement européen contre ce que vous avez appelé "le fanatisme vert"?

Vous le regrettez, aujourd'hui? - M.Maréchal: Je ne regrette rien.

Tous les votes que j'ai portés étaient des votes cohérents. A force d'être dans un tsunami réglementaire, de normes et de contraintes, qu'est-ce qu'on a fait? On a délocalisé la production à l'étranger et on importe ces produits de Chine.

Le vote auquel je me suis opposée, l'interdiction des voitures thermiques à hauteur de 2035, ça a pour simple conséquence de faire en sorte de stimuler la croissance de la production des automobiles chinoises et d'effondrer notre industrie à nous. Je ne vois pas de cohérence. J'essaye d'avoir un regard pragmatique sur les choses et pas idéologue. - C.Roux: Selon vous, comme le disent les écologistes, qui demandent une commission d'enquête parlementaire sur la gestion de la canicule...

Ils demandent une motion de censure contre le gouvernement. Vous êtes de ceux qui considèrent que le gouvernement a une responsabilité dans la non-préparation de la France pour faire face à ces pics de chaleur? - M.Maréchal: Ils sont d'un culot invraisemblable, ces écologistes.

Si, aujourd'hui, on a une surmortalité parmi les personnes vulnérables, âgées dans nos retraites et hôpitaux, c'est parce que ces gens-là ont contribué à diaboliser la climatisation. - C.Roux: C'est leur faute? - M.Maréchal: Clairement.

Quand on a des normes dans toutes les nouvelles constructions qui les incitent à installer des systèmes de refroidissement, comme dans les normes DPE. Quand on crée un mécanisme au niveau régional, au niveau départemental dans lequel la climatisation est présentée comme le mal absolu, ce n'est pas simplement un manque de moyens. C'est un manque de volonté politique. - C.Roux: Ils n'étaient pas aux responsabilités. - M.Maréchal: Ils étaient mentalement aux responsabilités.

Ce centre droit, ce centre gauche depuis des décennies s'est totalement plié à cette vision catastrophique et idéologique des Verts sur tous ces sujets. Aujourd'hui, on est l'un des pays les moins climatisés d'Europe vis-à-vis de l'Espagne, l'Italie. Je ne parle pas du Japon et des Etats-Unis...

Cette climatisation fonctionnerait avec une énergie décarbonée. - C.Roux: Le RN a présenté son plan climatisation aujourd'hui chiffré à 20 milliards.

C'est beaucoup sur 10 ans. - M.Maréchal: Il y a beaucoup de fonds qui existent pour la transition énergétique qui oscille entre 10 et 20 milliards. - C.Roux: Qu'il faut supprimer? - M.Maréchal: Non.

Il faut les réorienter. Ils sont disponibles pour les citoyens et entreprises mais excluent les systèmes de refroidissement, notamment la climatisation. Peut-être faut-il se poser la question de savoir comment on optimise... - C.Roux: Vous soutenez la motion de censure des Ecolos? - M.Maréchal: Je considère que ce gouvernement aurait dû tomber 50 fois.

Je ne soutiens pas le motif qui est porté par les Verts. Je considère qu'ils sont coresponsables. - C.Roux: Aujourd'hui, l'Assemblée nationale doit se prononcer sur la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir.

Vous y êtes opposée. Vous avez manifesté contre dimanche dernier. Pourquoi est-ce un mauvais texte, à vos yeux?

Alors que certains expliquent que c'est un choix qu'on pourra exercer ou non le moment venu. - M.Maréchal: Quel est le choix quand pour des millions de Français est la seule solution et de souffrir ou mourir par euthanasie?

Il y a 1 Français sur 2 qui n'a pas accès aux soins palliatifs. 500 personnes par jour n'ont pas accès aux soins palliatifs. Plusieurs départements n'y ont pas accès.

Je pense à la Lozère, le Gers, le Jura, l'Eure-et-Loir...

Ces départements, on leur donne comme simple solution d'être dans des déserts médicaux sans avoir un accompagnement digne de ce nom. Je n'imagine pas qu'ils puissent mourir dans la dignité. - C.Roux: Il ne faut pas avoir une réflexion sur l'aide à mourir?

L'absence de moyens, c'est une chose... - M.Maréchal: Toute cette énergie mise au service de l'euthanasie humaine depuis des semaines par les députés aurait été mieux occupée à répondre à cette urgence humaine, sociale et quasiment morale de ces personnes en fin de vie dont on sait que quand elles sont accompagnées correctement sur le plan psychologique, physique et sur la douleur, abandonnent cette idée de mourir. - C.Roux: Qu'est-ce que vous craignez avec ce texte?

Le principe sera le suicide assisté...

Le mot n'est pas utilisé...

Sauf dans le cas où la personne malade est incapable d'effectuer elle-même le geste létal. Les médecins eux-mêmes pourront refuser de faire ce geste létal. Qu'est-ce que vous craignez? - M.Maréchal: Ce que je crains...

La liste non exhaustive des départements démontre que ce sera d'abord une loi pour les campagnes et pour les pauvres. Ceux qui ont les moyens de se payer une clinique privée, de se déplacer pour aller dans des soins palliatifs seront moins tentés par cette envie du désespoir de mourir. Les gens qui vivent dans des déserts médicaux, qui sont seuls, qui ne sont pas accompagnés correctement sur le plan de la douleur, la seule solution qui leur reste, c'est ça.

Dans les pays anglo-saxons, on voit des gens qui font valoir comme premier motif la peur d'être une charge pour leurs proches. Je ne veux pas de cette société. Je veux une société qui se mobilise quand quelqu'un est en détresse et appelle à l'aide. - C.Roux: C'est un sujet que vous allez porter dans la campagne? - M.Maréchal: Il sera au coeur de la campagne.

Je milite pour que cette loi soit abrogée si elle est adoptée. - C.Roux: Les juges vont décider du sort de M.Le Pen le 7 juillet.

Qu'est-ce que vous auriez envie de leur dire aux juges s'ils étaient face à vous? - M.Maréchal: Rien de plus que ce que je leur ai dit en première instance.

J'ai été choquée par cette décision. Ce n'est pas à eux de décider qui peut être la candidate pour cette élection présidentielle. Nous sommes dans une grande démocratie.

C'est aux Français de décider. J'espère qu'ils reviendront à la raison en appel. - C.Roux: M.Le Pen a 3 présidentielles à son actif.

Vous pensez qu'elle a plus de chance de faire gagner son parti que J.Bardella? - M.Maréchal: Je pense que nous avons la chance au sein du camp national d'avoir de bons candidats.

D'autres ont plutôt un mauvais candidat, voire plusieurs mauvais. Aujourd'hui, J.Bardella lui-même souhaite cette candidature de M.Le Pen.

Il n'y a pas de débat de légitimité. Les choses sont très claires. Ce que je tire comme conclusion, que ce soit M.Le Pen ou J.Bardella... - C.Roux: Ce serait indifférent pour vous? - M.Maréchal: On voit que le camp national est très haut, que ce soit l'un ou l'autre, on oscille entre 30 et 36 %.

Par contre, ça ne fait pas 50. C'est là où il oscille entre 30 et 36 %. Par contre, ça ne fait pas 50.

C'est là où il y a tout un travail où j'espère apporter ma pierre à l'édifice. Convaincre les électeurs de B.Retailleau et d'E.Zemmour qu'on soit en commun.

B.Retailleau pourrait se compromettre avec les macronistes. - C.Roux: Le bardellisme et le marinisme, c'est la même chose? - M.Maréchal: Il y a des propositions très claires et précises.

Qui feront l'objet d'un consensus entre eux et d'un travail commun entre les alliés que nous sommes. Il n'y aura pas de guerre de lignes. - C.Roux: On entend que le parti ne se rangera pas comme un seul homme derrière J.Bardella.

Vous n'y croyez pas? - M.Maréchal: Non.

Ils ont fait la démonstration de la complémentarité de leur duo. Je crois en la qualification de J.-L.Mélenchon au second tour.

Nous n'avons pas de temps à perdre à droite avec des impasses électorales, des petites guerres d'ego. Nous avons la chance d'avoir de très bons candidats. C'est l'occasion de se rassembler. - C.Roux: Quelle place vous aurez dans le dispositif?

Quelle place vous voulez? - M.Maréchal: Qu'est-ce qui peut être utile?

Je porte une ligne un peu singulière dans la coalition,