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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 16 juin 2020 9 minComplaisantActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprises

L'interview «Savoir comprendre» : Dr Frédéric Adnet - 16/06

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:14FerméeRéponse directe

    SAMU de la Seine-Saint-Denis, est-ce que de nouveaux cas de Covid-19 sont constatés ou pas ?

  • 0:43OuverteRéponse directe

    Des informations venues d'ailleurs dans le monde de Chine commencent à inquiéter la communauté médicale, c'est vrai ?

  • 1:33OuverteRéponse directe

    Les annonces faites par Emmanuel Macron sur la nouvelle phase de déconfinement, vous semble logique ?

  • 4:02OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez retrouvé aux urgences les patients qui venaient aux urgences avant le Covid ?

  • 5:52OuverteRéponse directe

    Pendant trois mois, vous avez vécu un autre hôpital avec la crise du Covid-19. Et cet autre hôpital, vous voulez qu'il soit pérennisé.

  • 6:59OuverteRéponse directe

    Professeur, vous irez participer au rassemblement, aujourd'hui ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20InvitéFait
    « Non, pour l'instant, la situation est extrêmement calme en Seine-Saint-Denis. »
  • 0:23InvitéFait
    « Comme vous le savez, ça a été le département le plus impacté par le Covid-19 sur toute l'île de France. »
  • 0:34InvitéFait
    « Vous savez, on a un certain nombre de marqueurs qui prédisent l'arrivée d'un rebond ou d'une deuxième vague. »
  • 1:04InvitéFait
    « Exactement. Alors, qu'il y ait des clusters en France, c'est normal puisqu'on a entamé une campagne de dépistage massif. »
  • 1:11InvitéFait
    « Par contre, ce qui se passe en Chine nous inquiète un petit peu parce que la Chine avait zéro nouveau cas depuis plusieurs semaines. »
  • 1:48InvitéFait
    « On n'arrête pas les mesures barrières. »
  • 2:11InvitéFait
    « Mais de réouvrir largement les écoles, je l'ai toujours prôné, et ça me semble logique, je pense que c'est même un peu tard. »
  • 2:21InvitéFait
    « On sait maintenant que le virus, il se transmet surtout dans la famille et dans les transports en commun. »
  • 3:25InvitéFait
    « À l'heure actuelle, on pense que le port du masque et la distanciation sont les mesures les plus efficaces pour ralentir la transmission du virus. »
  • 3:32InvitéFait
    « Mais il faut bien savoir que le confinement, les mesures barrières ne tuent pas le virus. »
  • 3:47InvitéFait
    « Donc, à l'heure actuelle, les capacités hospitalières sont de nouveau aptes à recevoir de nouveaux malades. »
  • 5:09InvitéFait
    « Il va aux urgences parce que d'abord, en Seine-Saint-Denis, le maillage de la médecine libérale est beaucoup trop large. »
  • 5:26InvitéFait
    « Le seul problème, c'est qu'on dépense la majorité de notre temps à essayer de placer des patients qui méritent une hospitalisation et à chercher un lit, à trouver un lit. »
  • 6:03InvitéFait
    « Je ne voudrais pas pérenniser la crise, mais j'ai vu fonctionner, en tant que chef de service, chef de pôle, j'ai vu fonctionner un autre hôpital pendant la crise. »
  • 7:20InvitéFait
    « Quoi qu'il en coûte ! »

Temps de parole

  • Invité58 %
  • Présentateur38 %
  • Locuteur non identifié4 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. Professeur Adnet, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Je rappelle que vous êtes donc chef du service des urgences de l'hôpital Avicenne à Bobigny et directeur médical du SAMU de la Seine-Saint-Denis. SAMU de la Seine-Saint-Denis, est-ce que de nouveaux cas de Covid-19 sont constatés ou pas ?

0:20
Invité

Non, pour l'instant, la situation est extrêmement calme en Seine-Saint-Denis. Comme vous le savez, ça a été le département le plus impacté par le Covid-19 sur toute l'île de France. Et pour l'instant, tous nos signaux sont au vert, tous nos marqueurs. Vous savez, on a un certain nombre de marqueurs qui prédisent l'arrivée d'un rebond ou d'une deuxième vague. Et pour l'instant, non, tout est au vert. On n'a pas de nouveaux cas aux urgences ni au SAMU.

0:43
Présentateur

Bon, bon, ça c'est rassurant parce que des informations venues d'ailleurs dans le monde de Chine commencent à inquiéter la communauté médicale, c'est vrai ?

0:52
Invité

C'est toujours une source d'inquiétude, cette fameuse deuxième vague ou plutôt ce rebond. Parce qu'on ne croit pas beaucoup à une grande deuxième vague qui vient de nous submerger.

1:01
Présentateur

Et à des rebonds comme ça, des clusters qui s'installent dans certains endroits.

1:04
Invité

Exactement. Alors, qu'il y ait des clusters en France, c'est normal puisqu'on a entamé une campagne de dépistage massif. Et quand on cherche, on trouve. Donc ça, c'est normal. Par contre, ce qui se passe en Chine nous inquiète un petit peu parce que la Chine avait zéro nouveau cas depuis plusieurs semaines. Et là, tout d'un coup, on nous annonce une centaine de nouveaux cas à Pékin. Alors qu'on sait qu'il faut se méfier quand même des bilans importés de Chine puisque pour la mortalité, on sait qu'ils ont sous-évalué. Donc, c'est une source d'inquiétude, effectivement, sur un éventuel rebond.

1:33
Présentateur

Oui, professeur Adnay, les annonces faites par Emmanuel Macron sur la nouvelle phase de déconfinement, vous semble logique ? Oui, oui. Déconfiner plus, tout à coup accélérer le déconfinement, c'est logique ?

1:48
Invité

On n'arrête pas les mesures barrières. On a une nouvelle étape dans le déconfinement. Moi, ça me paraît parfaitement en adéquation avec nos marqueurs. Pour l'instant, on n'a pas d'inquiétude sur de nouveaux cas. Par contre, il faut respecter les mesures barrières, il faut respecter le masque. Il faut que le port du masque devienne une habitude d'un nouveau mode de vie en attendant éventuellement le vaccin. Mais de réouvrir largement les écoles, je l'ai toujours prôné, et ça me semble logique, je pense que c'est même un peu tard. De réouvrir les restaurants, ça me semble logique. On sait maintenant que le virus, il se transmet surtout dans la famille et dans les transports en commun.

Donc, c'est les deux points de vigilance à apporter.

2:28
Présentateur

Bien, Professeur Adnet, vous restez avec nous. Je vais vous parler de l'hôpital, des urgences évidemment, puisque les urgences, c'est le cœur, le cœur, l'un des soucis majeurs de l'hôpital public en France. Il est 7h41. Vous êtes sur RMC.

2:44
Locuteur non identifié

RMC, 6h-9h. Vos indirectes.

2:46
Présentateur

Le Professeur Adnet, chef du service des urgences de l'hôpital Avicenne à Bobigny, directeur médical du SAMU de Seine-Saint-Denis, est avec nous ce matin. Une information en provenance d'Allemagne et Quentin Viner à propos du Covid.

2:58
Locuteur non identifié

Avec une hausse des nouvelles infections en Allemagne. L'Allemagne est un pays qui teste beaucoup. Il y avait 192 nouveaux cas hier. Il y en a 378 ce matin. J'ai d'autres chiffres à l'étranger si vous voulez. La Turquie appelle à ne pas se laisser aller. Le nombre de cas a doublé par rapport au début du mois. Et dernier chiffre, en Nouvelle-Zélande, après 25 jours sans aucune nouvelle contamination, il y a deux nouveaux cas ce matin, des personnes qui arrivaient du Royaume-Uni.

3:17
Présentateur

Voilà, Professeur Adnet. Le virus est toujours là. Et il se transmet dès que l'on n'observe plus de gestes barrières.

3:24
Invité

Tout à fait. À l'heure actuelle, on pense que le port du masque et la distanciation sont les mesures les plus efficaces pour ralentir la transmission du virus. Mais il faut bien savoir que le confinement, les mesures barrières ne tuent pas le virus. Le virus va toujours être là. Notre objectif, c'est de diminuer, de ralentir sa progression pour que les capacités hospitalières soient en mesure d'absorber les nouveaux malades. Donc, à l'heure actuelle, les capacités hospitalières sont de nouveau aptes à recevoir de nouveaux malades. Et il faut être vigilant. Il ne faut pas affoler les gens, il faut être vigilant.

3:55
Présentateur

Voilà, on n'affole personne, mais on reste vigilant, Professeur Adnet. Tout n'est pas terminé. Bien, les urgences. Alors, d'abord, est-ce que vous avez retrouvé aux urgences les patients qui venaient aux urgences avant le Covid ? Parfois, certains doivent être là et d'autres ne devraient pas y être. Je regardais un reportage hier. Alors, aux urgences est arrivée une personne qui souffrait de bourdonnement d'oreille. Aux urgences, je crois que c'est à Vicenne, d'ailleurs, c'est chez vous. Chez vous, dans votre service. Une autre personne qui avait un œil rouge.

Puis, d'autres personnes qui souffraient de constipation, d'un abcès sur la fesse, de plaies à l'index, d'ivresse, de retard des règles, enfin bon, etc., etc. C'est-à-dire qu'on vient aux urgences dès qu'on souffre du moindre petit truc, quoi,

4:44
Invité

si j'ai bien compris. Oui, c'est un peu la rançon de notre succès. C'est la rançon, un petit peu, de la facilité avec laquelle on peut aller à l'hôpital, on peut aller aux urgences. Mais je ne jeterais pas la pierre aux patients. Non, mais... Ce qu'on appelle une urgence ressentie. C'est-à-dire qu'elles ne sont pas une urgence avérée. Pas avérée qu'on la conçoit. Mais ce n'est pas ça qui nous gêne réellement. Bien sûr, c'est quelque chose de palpable, de visible.

5:06
Présentateur

Mais le patient va aux urgences parce qu'il ne sait pas où s'adresser.

5:09
Invité

Exactement. Il va aux urgences parce que d'abord, en Seine-Saint-Denis, le maillage de la médecine libérale est beaucoup trop large. Il y a très peu maintenant de médecins généralistes qui vont dans les familles, qui ont des cabinets. Il y a très, très peu de spécialistes. Et donc, les patients viennent aux urgences. Mais on peut s'occuper de ces patients-là. Il faut bien comprendre ça. Le seul problème, c'est qu'on dépense la majorité de notre temps à essayer de placer des patients qui méritent une hospitalisation et à chercher un lit, à trouver un lit. S'il n'y avait pas ce blocage en aval des urgences, il n'y aurait pas ce blocage en amont.

Si vous voulez, on perd notre temps à chercher des places. Et donc, on ne peut pas s'occuper des petites urgences qui ne nous prennent finalement pas beaucoup de temps.

5:47
Présentateur

C'est la raison pour laquelle vous attendez beaucoup, mais alors beaucoup de cette réforme de l'hôpital. On en a connu des réformes de l'hôpital. Mais là, pendant trois mois, vous avez vécu un autre hôpital avec la crise du Covid-19. Et cet autre hôpital, vous voulez qu'il soit pérennisé.

6:03
Invité

Exactement. Je ne voudrais pas pérenniser la crise, mais j'ai vu fonctionner, en tant que chef de service, chef de pôle, j'ai vu fonctionner un autre hôpital pendant la crise. Un hôpital qui n'était plus du tout centré sur des problèmes de rentabilité, sur une gestion comptable. Dans la crise, tout d'un coup, la gouvernance de l'hôpital s'est médicalisée. Les médecins ont repris, si vous voulez, un peu de pouvoir de décision. Et un hôpital qui, tout d'un coup, bien sûr, en faveur de la crise, s'est concentré, orienté sur le soin, le patient, et non pas sur une gestion comptable. Alors, c'était assez facile, puisque c'était un peu open bar.

On avait des crédits facilement, puisque, effectivement, il y avait une crise sanitaire majeure. Mais je crois que ce mode de fonctionnement, il faut en garder quand même certaines leçons. Et moi, je prône, bien sûr, il faut rendre l'hôpital plus attractif, mais je prône aussi pour une nouvelle gouvernance, une nouvelle gouvernance hospitalière, qui ne soit plus centrée simplement sur une gestion comptable, mais qui doit être médicalisée, et se réorienter vers le patient.

6:59
Présentateur

Professeur, vous irez participer au rassemblement, aujourd'hui ?

7:03
Invité

Oui, bien sûr, parce que j'ai entendu les promesses de notre président de la République.

7:07
Présentateur

Oui, moi, je me souviens des promesses. Les héros en blouse blanche se souviennent de la promesse d'Emmanuel Macron, un plan massif pour l'hôpital public. C'était à Mulhouse !

7:18
Invité

Oui, je l'ai entendu aussi, et ça a suscité... Quoi qu'il en coûte ! Voilà, ça a suscité beaucoup d'espoir, et pour moi, énormément d'espoir. Il a dit qu'il allait investir massivement dans l'hôpital public. Il a dit aussi que l'hôpital public est un des piliers de notre République, je crois profondément, puisque je me suis orienté vers une carrière publique. Et j'ai beaucoup d'espoir sur ces annonces qui ont été faites par le président de la République. Et donc, il faut revaloriser, il faut rendre attractif l'hôpital public. C'est son problème numéro un. J'ai vu partir de mon service des soignants, de mon hôpital, j'ai vu fermer des services. Je vois fermer des petits hôpitaux.

Je crois qu'il faut réinvestir dans l'hôpital public. C'est un vrai, et on l'a vu au travers de cette crise, c'est un vrai pilier de notre République. Il faut investir massivement et il faut rendre attractif cet hôpital public. Et il faut changer la gouvernance. Donc, il y a deux axes, si vous voulez. Et c'est pour ça qu'il faut maintenir une pression pour que les promesses qui nous ont été annoncées soient tenues.

8:09
Présentateur

Je vais donner juste deux, trois chiffres qui vont nous servir de repère. 8 milliards d'euros d'aide pour l'automobile. 15 milliards d'euros d'aide pour l'aéronautique. Il en faudrait au moins 8 ou 10 pour l'hôpital public. Ça serait pas mal, non ? Ça serait forcément pas mal. Et pourquoi pas ? Je pose la question. Merci, professeur Adnay. Je serai tout à l'heure avec un autre médecin, le professeur Eric Combe, qui sera avec moi. On va parler de l'infectiologie. Tout à l'heure, à 8h35. Merci beaucoup.