Pourquoi Macron s’attaque aux propriétaires ? - Les questions SMS #cdanslair 05.03.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:03OuverteRéponse partielle
Encadrer les prix de l'immobilier n'est-il pas le meilleur moyen de booster le pouvoir d'achat, donc la consommation et la croissance ?
- 0:25OuverteRéponse directe
Acheter, devenir propriétaire, mais qui peut s'engager à rembourser un emprunt sur 30 ans ?
- 2:27OuverteRéponse directe
Les prêts à bateau et la facilité de leur obtention ne participent-ils pas au risque de surendettement des foyers ?
- 3:02OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui est le plus sûr ? Investir dans le neuf ou dans l'ancien ?
- 3:33OuverteRéponse directe
Plus de 9000 euros le mètre carré à Paris, n'est-il pas temps de faire quelque chose ?
- 4:41OuverteRéponse directe
En province, il vaut mieux acheter, c'est accessible et la pierre rapporte bien.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:12InvitéChiffre
« Aujourd'hui, les Français doivent 900 milliards d'euros au titre de leur emprunt immobilier. »
- 2:22InvitéChiffre
« Et donc, ces 900 milliards, quasiment plus de la moitié, ont fait l'objet de renégociations de la part des banques, auprès des banques, ces trois dernières années. »
- 6:21InvitéFait
« Le nombre de logements vacants a augmenté ces dix dernières années. »
- 6:27InvitéChiffre
« Aujourd'hui, il y a à peu près 8% de logements vacants en France. »
- 7:00InvitéFait
« On s'est inspiré d'un modèle qui est un modèle du nord de l'Europe. »
- 7:43InvitéFait
« Loi de 1948 pour la France, on a vu l'effet, pas d'entretien des logements pendant près de 50 ans. »
- 8:13InvitéFait
« Sincèrement, la réduction des taux, ça a été une formidable possibilité de pouvoir d'achat pour les Français. »
- 9:13PrésentateurFait
« Oui, en grande partie. »
- 9:34?Fait
« Oui. »
Temps de parole
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« Encadrer les prix de l'immobilier n'est-il pas le meilleur moyen de booster le pouvoir d'achat, donc la consommation et la croissance ? » – Philippe de Sertine.
– Encadrer, c'est toujours l'idée, la grande idée, la grande martingale, et c'est la meilleure solution pour que l'investisseur ne vienne plus. Donc oui, à chaque fois, on va dire, on encadre, parce que comme ça, on règle le problème, en réalité, vous le reportez, et en général, vous en créez un autre.
– Acheter, on a beaucoup parlé, devenir propriétaire, mais regardez cette question posée par un téléspectateur, qui peut s'engager à rembourser un emprunt sur 30 ans ? Entre risque de chômage et remise en question de notre système de retraite, cela paraît risqué.
– Il y a quand même aujourd'hui à peu près 38% des Français qui sont dans cette situation, donc il y en a qui le font. Deuxièmement, on a quand même un système aujourd'hui sur les prêts avec un dispositif d'assurance qui est relativement efficace, justement par rapport aux États-Unis. On n'est pas dans un système hypothécaire, on n'hypothèque pas les biens immobiliers si on ne peut pas rembourser.
Il y a des systèmes assurantiels en cas de chômage, en cas de problème de santé, et donc on peut dire que le système du financement du logement en France est plutôt solide, et ce qui permet, c'est vrai qu'il y a des problèmes pour les jeunes, mais ce qui permet quand même à un très grand nombre de Français de pouvoir acquérir un bien immobilier, on va dire en relative sécurité. – Et puis en France, on emprunte à taux fixe, donc on gèle sa mensualité. Et dans tous les cas, il ne faut pas oublier que si je n'emprunte pas auprès de ma banque un crédit, j'ai un loyer à payer, donc quand l'incident de vie arrive, quand le chômage arrive, dans tous les cas, il faut rembourser.
Les Français ont le sentiment qu'il est plus facile de négocier avec une banque un crédit qu'on ne rembourse pas qu'avec un bailleur. Donc le fait de d'abord geler sa mensualité avec un crédit à taux fixe, évite que l'inflation vienne impacter le loyer. – Encore mieux, taux variable à la baisse, c'est vraiment ce qu'on a vu. – Oui, mais il faut préserver absolument en France le taux fixe qui est en danger en ce moment. – C'est quoi le taux variable à la baisse ? – C'est une expression, c'est-à-dire quand on a eu la baisse des taux, là, toutes les banques françaises ont renégocié de manière incroyable tous les taux fixes.
Les taux fixes, normalement, vous deviez les payer jusqu'au bout, en fait, ils ont tous baissé. Il y a eu une concurrence terrible entre banques, ce sont des dizaines de milliards d'euros qui ont été perdus par le système bancaire et qui sont un énorme avantage parce que maintenant, ce sont des taux planchers véritablement. – Un emprunteur sur deux a renégocié son prêt. Aujourd'hui, les Français doivent 900 milliards d'euros au titre de leur emprunt immobilier. Et donc, ces 900 milliards, quasiment plus de la moitié, ont fait l'objet de renégociations de la part des banques, auprès des banques, ces trois dernières années. C'est un taux quand même fabuleux, 50%.
– Les prêts à bateau et la facilité de leur obtention ne participent-ils pas au risque de surendettement des foyers ?
– Non, parce qu'il y a une règle de base qui prévoit que la banque n'avoue prête que 30% de vos revenus, déduction faite des charges existantes. Donc, dans tous les cas, les banquiers n'étant pas des mécènes, ils vérifient scrupuleusement votre revenu, votre endettement. Et puis, en fonction de ce qui vous reste à vivre, on vous dit, on peut vous consacrer tant d'euros à votre mensualité. Donc, je ne pense pas qu'il y ait des endettements, bien moins qu'avec les crédits revolving, en tout cas.
– Qu'est-ce qui est le plus sûr ? Investir dans le neuf ou dans l'ancien ? – Ça dépend où ?
– Sacrée question. C'est la poule et l'œuf. – L'ancien, généralement, est un achat que font les clients qui n'ont pas à payer beaucoup d'impôts. Là où le neuf, en revanche, est un achat qu'on fait pour défiscaliser. Et puis, il y a un confort dans le neuf qui est, j'achète quelque chose dans lequel je n'aurai pas de travail à prévoir pendant 5 ans, ce qui n'est pas le cas de l'ancien. Donc, ce sont deux marchés différents où la fiscalité peut jouer un rôle important.
– Plus de 9000 euros le mètre carré à Paris, c'est vrai, c'est la moyenne de plus que ça, même. N'est-il pas temps de faire quelque chose ?
– Il faut se demander comment on transforme les bureaux en logement. Il faut se demander comment on construit sur les immeubles qui sont des immeubles de 4 étages, 2-3 étages de plus, qui sont des mètres cubes d'air vide pour l'instant. Il faut se demander s'il n'est pas temps de couvrir le périphérique sur un tiers ou deux tiers, ce qui permettrait peut-être de produire des mètres carrés, des espaces d'air. Et puis aussi de…
– Vous voulez faire avec le périphérique ?
– Le couvrir. – Le couvrir pour faire des logements dessus ? – Pour faire des espaces verts et quelques logements, oui. Ça ferait quelques millions de mètres carrés disponibles. Et ça serait tout un vrai symbole du Grand Paris, puisqu'il n'y aurait plus cette espèce de couronne autour de Paris qui fait qu'il y a Paris et le reste de la France. Donc c'est un projet un peu dingue. Mais je crois que le périphérique était aussi un projet dingue quand De Gaulle l'a mis en place. – Après, Paris est une ville-monde. Il y a quelques villes-monde aujourd'hui. Il y a New York, Tokyo, Londres, etc. Et finalement, Paris n'est pas cher. Il faut rappeler, enfin, par rapport à ses concurrentes…
– Il faut voir l'aura de Paris par rapport à ses grandes villes mondiales.
– En province, il vaut mieux acheter, le dit ce téléspectateur. C'est accessible et la pierre rapporte bien. Ça, ça rejoint ce qu'on disait sur les inégalités des territoires. – Oui, ça dépend où. En province, qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que c'est Bordeaux qui a marché, qui est en train de progresser très très vite ? Est-ce que c'est Châteauroux ? – Quoi qu'il arrive, on est très loin des prix de Paris. – On est de toute façon très loin des prix de Paris. Mais de toute façon, comme je ne sais plus qui le disait, le marché des mobilis, c'est une mosaïque. Donc on ne peut… La province, ça ne veut rien dire finalement.
– Quelle est la deuxième ville en termes de prix au mètre carré derrière Paris ? – Bordeaux. – C'est Lyon. – Bordeaux. – Lyon et Bordeaux. – Je crois que Bordeaux est en train de dépasser Lyon. – Bordeaux progresse très très très fortement.
– On a pris de Paris dans le centre de Bordeaux. – Mais c'est un rapport de 1 pour 3. – D'accord.
– Comment inciter les propriétaires des nombreux logements inoccupés en France à les louer ?
– Donc là, on revient à la question toujours. Est-ce qu'il faut taxer ou est-ce qu'il faut faire l'incitation ? C'est-à-dire en disant, faire que celui qui va les louer va avoir un intérêt fiscal ou financier.
– Rendre la pierre moins attractive en tant qu'investissement n'est-il pas le meilleur moyen de faire chuter les prix pour rendre du pouvoir d'achat aux Français ? – La loi Allure a prouvé que ça devait être efficace.
– C'est une boutade. – Oui. – On est sur un marché d'offres et de demandes. C'est une loi. Et parfois, j'ai l'impression que les gens veulent voter une loi contre cette loi. On ne peut pas, sauf à produire plus, décider qu'on encadre un marché d'offres et de demandes. Parce que dans tous les cas, quand vous l'encadrez tôt, c'est le cas des loyers encadrés à Paris, les assistants s'en vont. Ils décident de ne plus venir. Donc à vouloir trop taxer et trop encadrer, on asphyxie le marché. – Le nombre de logements vacants a augmenté ces dix dernières années. Aujourd'hui, il y a à peu près 8% de logements vacants en France.
C'est lié évidemment à des logements qui sont situés dans les zones rurales, mais c'est également le fait qu'en milieu urbain, évidemment, les propriétaires ne veulent plus louer du fait de lois trop contraignantes.
– Oui, l'encadrement paraît la bonne idée sur le papier, comme la taxation. Elles ont montré toutes les deux que ça ne marchait pas, que la seule chose qui marche, c'est produire plus, là où on en a besoin, dans les zones tendues.
– Oui, c'est important de dire que ce n'est pas une question de philosophie ou de politique, c'est vraiment dire que quand on l'a fait, ça ne marche pas. C'est-à-dire, donc effectivement, on l'a essayé. Et ça ne marche pas, voire même, c'est l'effet exactement inverse de celui qu'on espérait. – On s'est inspiré d'un modèle qui est un modèle du nord de l'Europe. Et dans ce modèle en question, on a observé qu'à encadré loyer, il y avait effectivement des loyers qui étaient modérés, mais qu'il n'y avait plus de turnover parce que les gens ne retrouvent pas pour se loger et que les baux se cèdent moyennant des enveloppes qui sont passées sous la table.
C'est-à-dire que le marché en Suède, il a été gelé. Parce que comme il n'y a plus de production de logements, plus d'investisseurs, les gens ne bougent plus parce qu'ils ne passent à se reloger. Et mécaniquement, vous avez un turnover qui est limité, donc des loyers stabilisés certes, mais des gens qui ne peuvent pas se loger.
– Et pour reparler de la Suède, quand on regarde les taux d'endettement des ménages suédois, il est énorme, énorme, bien plus important. – Je ne sais plus que l'économie suédoise a dit,
la seule bonne façon de réduire une ville à néant après un bombardement, c'est encadré les loyers. – D'ailleurs, loi de 1948 pour la France, on a vu l'effet, pas d'entretien des logements pendant près de 50 ans.
– Les bateaux d'intérêt profitent-ils plus aux foyers désireux de se loger ou aux bailleurs qui veulent grossir leur rente locative en multipliant leurs biens ? – Les deux, peut-être ?
– Pour ceux qui empruntent, c'est ceux qui empruntent aujourd'hui qui en bénéficient le plus. Les loyers, comme ça a été dit, les loyers augmentent peu aujourd'hui, voire même ont tendance à baisser au niveau français, donc c'est plutôt celui qui emprunte pour acheter qui est gagnant. – Sincèrement, la réduction des taux, ça a été une formidable possibilité de pouvoir d'achat pour les Français. Depuis trois ans, les banques ont redonné du pouvoir d'achat aux gens qui étaient propriétaires, ça c'est incontestable.
– À l'approche de la retraite, est-il encore judicieux d'acheter son logement pour ses vieux jours ? Et si oui, où ? Conseil ?
– Où on serait de passer sa retraite ? – La règle de base, c'est de se demander où on veut vieillir. – Oui, c'est ça. – Et puis d'aller acheter où on veut vieillir en se demandant s'il y a un marché. Peut-être que l'erreur absolue, c'est de vouloir acheter quelque chose sans savoir où c'est, sans d'y avoir passé un petit peu de temps, et parce que c'est une bonne affaire, il n'y a pas de marché. Donc la clé, c'est d'aller voir sur place, d'y passer un peu de temps et se demander si on y sera heureux. Et puis si la réponse est oui, de se demander si on a les moyens de se payer son logement.
Parce qu'il y a une règle de base, c'est de ne pas rêver trop grand et de garder toujours un petit côté de magot pour les jours un peu plus difficiles.
– Tous ces bouleversements dans la fiscalité immobilière étaient-ils annoncés dans le programme de campagne du candidat Macron ? – Oui, en grande partie. – La plupart, il n'avait pas caché. – Les entreprises possédant des biens immobiliers vacants sont-elles aussi taxées ? Les banques, les assurances ? – Parce qu'il y a très peu de logements vacants, enfin je ne sais pas.
– Non, non, leur objectif d'ailleurs n'est pas de conserver les logements vacants.
– Y a-t-il une plus grande proportion de foyers propriétaires de leurs logements maintenant qu'il y a 50 ans ?
– Oui.
– Oui, on est plus propriétaires qu'il y a 50 ans. – Locataire de ma résidence principale, si j'achète un bien, celui-ci sera-t-il considéré comme résidence secondaire ? – Tout le monde rêve-t-il vraiment d'être propriétaire ? – Non. – Mais une forte proportion. – Majoritairement, pas tout le monde. – Merci beaucoup à tous les quatre, merci à l'équipe qui a préparé cette émission. Dans un instant, Ali Badou pour Célèbdo. Demain, ne manquez pas ces politiques dès 18h30 avec Karim Rissouli qui recevra notamment le cinéaste Robert Guediguian et l'ancienne ministre Aurélie Philippetti. Lundi, retour de Caroline Roux. Très bonne soirée sur France 5. – Sous-titrage Société Radio-Canada