François-Xavier Bellamy est l'invité du 12:13 sur RCJ pour son livre « A la jeunesse » .
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[Musique] réservations au 01 42 17 10 70 ou actions culturelles @ sg u point org vous écoutez rcj l'invité de la rédaction et nous avons le plaisir de recevoir en studio françois-xavier belhani bonjour bonjour vous êtes adjoint au maire de versailles est chargée de la jeunesse et de l'enseignement supérieur mais avant tout agrégé de philosophie et professeur de philosophie on se souvient de votre livre paru en 2014 les déshérités où l'urgence de transmettre et vous publiez en ce mois de janvier à la jeunesse c'est le titre de l'ouvragé que vous publiez chez librio flammarion de saint-exupéry à steve jobs de grandes voix appelle à vivre intensément ça c'est le sous titre c'est un florilège de textes donc qui s'adresse directement à cette jeunesse on va parler déjà peut-être de cette définition qu'est ce que la jeunesse est ce que vous tentez de définir dans la préface que vous signez mais avant tout et au regard de l'actualité françois xavier b la mi temps vous-même adjoint au maire d'une grande ville d'ile-de-france de versailles donc quel regard portez-vous sur le débat qui est devenu polémique depuis hier soir sur le port ou non de la kippa aux deux jours après la violente agression antisémite de marseille la première chose qu'on peut dire c'est que le fait même de ce débat est une violence ou le symptôme d'une violence qui monte dans la société et qui a quelque chose de tragique évidemment mon publiant les déshérités vous le disiez en 2014 écrivait comme un enseignant parmi d'autres sur le terrain que je n'avais pas peur du choc des cultures mais du choc des cultures et je crois que c'est exactement ce que nous sommes en train de vivre aujourd'hui c'est à dire la rencontre de deux d'une violence qui n'est dans la société et qui se développe et qui se déploie à la mesure de la méconnaissance réciproque à la fois des communautés mais aussi des individus et je veux dire que ce que je trouve tragique dans cette histoire c'est que le jeune qui est à l'origine de cette de cette question de ce débat qui commence à poindre et bien ce jeune là youssoupha 16 ans et c'est un jeune scolarisé et on se demande dans quelle mesure et bien notre école a pu faillir pour qu'elles permettent à des jeunes qui sont passés par ces salles de classe d'atteindre un tel niveau de désintégration de 10 c'est avec la société à quel point elle a dû faillir pour que les jeunes qui en quelque sorte reçoivent encore notre enseignement soit à ce point dépourvu d'esprit critique pour céder si facilement aux sirènes de l'islamisme et du jihadisme qui passe par le vecteur de l'image et du numérique dont nous savons très bien qu'il vient séduire en particulier des jeunes que l'école n'a pas su accompagner vers une vraie liberté d'esprit et donc c'est une vraie interrogation qui est posée pour chacun d'entre nous évidemment il ya ce débat tragique sur la question du port de la kippa tragique parce que il veut dire que l'état n'est plus capable d'assurer une sécurité complète en france c'est ça que concrètement ça veut dire mais derrière ce débat lui-même tragique il y a quelque chose de plus de plus complexe encore et de plus important me semble-t-il c'est l'action de la crise éducative à laquelle nous sommes confrontés c'est la question de la défaite de notre école et d'une certaine façon de la défaite de notre société qui n'a pas su transmettre à tous les enfants de notre pays les éléments d'une culture commune et d'un désir de connaissance réciproques et c'est évidemment les les questions sous jacentes à l ouvrage que que vous préface et françois-xavier bellamy qui s'intitule donc à la jeunesse puisque ce sont de très beaux textes des textes on va on va en parler évidemment mais qui a immanquablement ament à cette question est ce que nos la jeunesse de france aujourd'hui ne manque pas de ce socle commun d'une culture est de deux valeurs communes et on envie de de ceux de vous poser la question également qu'est ce qui manque aujourd'hui à la jeunesse de france pour répondre en caricature à tous et à tous ces manques je crois que il lui manque d'abord une parole des nettoyer ce texte dont j'ai dont j'ai effectivement réalisé la préface je ne vais pas écrit c'est une anthologie de grands textes de grands excès de grandes voix qui parle aux jeunes qui ont parlé aux jeunes dans les siècles qui nous ont précédés et qui ont parlé aux jeunes de ce qu'était la jeunesse et de ce qu'ils avaient apportés au monde et d'une certaine façon là où dans les déshérités j'essayais de faire le diagnostic humblement et simplement d'une crise de la transmission eh bien je crois qu'il est temps maintenant de créer des espaces pour reconstruire la transmission peut être ce qui manque le plus aux jeunes de notre société c'est d'abord la parole des aînés la parole d'adultes qui accepte de transmettre quelque chose de dire ce qui est bien et ce qui est mal de dire ce qui est vrai ce qui est faux de transmettre la connaissance du monde et à travers cette transmission de fonds aussi des valeurs on parle beaucoup de la transmission des valeurs mais je crois que ça n'existe pas vraiment la transmission des valeurs je pense que ce contrat serait pas la transmission ou la valeur la transmission des valeurs c'est on n'apprend pas aux jeunes à être respectueux on ne leur apprend pas à être tolérants on ne leur apprend pas à être paisible mais on leur transmet des connaissances on leur transmet une certaine idée de ce qui est bon et de ce qui est mauvais de ce qui est vrai de ce qui est faux et à travers ses connaissances et cette culture on vient fondée en eux le sens des valeurs et le sens des principes on vient fondée en eux une éthique et au fond dans ses textes que nous avons voulu rassembler que les les éditions librio ont rassemblé dans cet ouvrage eh bien nous avons des grandes voix qui parle de du monde ou aux jeunes qu'il rencontre est des grandes voix issues d'horizons très différents et de cultures très diverses mais qui parle de ce qu'est le monde et qui en transmettant ce qu'ils savent en transmettant ce qu'ils ont à dire vienne fondées chez les jeunes qu'ils rencontrent effondrons peut-être chez les lecteurs de cet ouvrage le sens de ce qui peut être bon de ce qui peut être poursuivi dans la vie comme comme une comme une valeur comme un principe puisque vous révéler en creux françoisier bellamy c'est peut-être là la difficulté de cerner ce qu'est la jeunesse puisque ce n'est pas simplement un état intermédiaire entre l'enfance et l'âge adulte oui on parle beaucoup de la jeunesse alors c'est aussi cette préface était aussi pour moi l'occasion de venir sur cette réflexion sur la jeunesse dont sans doute on n'a jamais autant parlé mais qu'on a peut-être jamais autant interrogé dans ce qu'elle est profondément qu'est ce que ça signifie vraiment être jeune je crois que le débat est d'ailleurs profondément brouillé par le fait que notre société cultive la jeunesse comme une espèce d'obsession et il faut toujours rester jeune il faut avoir l'air jeune il faut se refuser absolument à vieillir et cette jeunesse cultivé comme une apparence nous empêche bien souvent de réfléchir sur la signification réelle de la jeunesse dans nos vies qui est d'abord eu une étape de nos existences et qui peut-être aussi pour chacun d'entre nous cette occasion de conserver au coeur une forme de liberté d'esprit d'indépendance de distance en sens de l'étonnement de l'émerveillement aussi et de l'indignation de la révolte tout ce que cultive au fond peut-être indirectement la philosophie comme d'autres branches de la culture et du savoir et les ob les grands aînés que vous citez donc dans votre ouvrage l'appel au rêve à l'audace aux croyances à la résistance est également il ya une figure de style que l'on retrouve dans plusieurs de ses textes a priori tous les français connaissent depuis l'élection de françois hollande c'est ce qu'on appelle une anna fort rappelons que c'était le fameux - président cette formule qui se répète souvent il ya un exemple c'est celui d'un notamment dans le discours de félix éboué qui s'appelle jouer le jeu et jouer le jeu revient régulièrement à travers au début de deux sacs par la 7 7 7 cette forme stylistique et a induit quoi selon vous françois lamy alors en fait c'est un recueil de discours un nom qui aurait bien prendre conscience que ce sont des textes qui ont été prononcés par des personnalités diverses et variées dans des occasions elle même varier mais à chaque fois ce sont des textes qui ont été prononcés devant des jeunes et donc il garde de cette forme le caractère très enlevé le le caractère très dynamique et j'espère que les lecteurs auront plaisir à retrouver ses formes souvent très énergique du propos que l'auteur décrit aussi et avec évidemment des styles très divers mais en même temps une grande et puis effectivement une grande une grande qualité esthétique dans chacun de ces textes et est un vrai intérêt pour pour le fond et la forme autant autant que la forme de chacun d'entre eux c'est cette anna fort et bien elle dit précisément chez félix éboué en particulier le le désir de cultiver le l'entousiasme est ce que dit félix éboué est ce qu ont bien souvent on manque de dire aux jeunes c'est que la jeunesse est d'abord un moment où il faut s'engager nous parlons souvent de la jeunesse notamment dans le discours politique vous faisiez allusion tout à l'heure à françois hollande mais c'est le cas d'ailleurs à gauche comme à droite nous parlons souvent de la jeunesse comme d'une priorité nationale vers laquelle il faudrait se tourner et nous parlons souvent des jeunes comme de ceux auxquels il faudrait donner des choses il faudrait donner aux jeunes du travail leur donner des activités leur donner des loisirs et peut-être leur donner tel ou tel moyen pour accéder à un emploi ou bien à un logement etc et c'est vrai que les jeunes en ont besoin c'est une période de fragilité souvent dans l'existence surtout dans la fragilité familial que notre société peut connaître aujourd'hui les jeunes ont besoin qu'on les aide dans ses fragilités a surmonté une étape qui n'est pas toujours facile de la vie mais en même temps la meilleure chose qu'on puisse donner aux jeunes c'est d'abord l'occasion de se l'occasion de s'engager est ce que dit félix éboué dans ce texte qui est magnifique ce que disent oh là aussi à sa manière dans un autre passage c'est que au fond la jeunesse est d'abord une responsabilité et que on ne donne vraiment aux jeunes ce qu'ils sont qu'en leur donnant l'occasion de vivre pleinement cette responsabilité que félix éboué résume à travers cette incantation c'est à la forte joué le jeu engagez vous ne restez pas passifs n'attendez pas qu'on fasse des choses pour vous engager vous vraiment donnez vous les moyens de réussir est la meilleure chose qu'on puisse faire aux jeunes c'est de leur donner les moyens de se donner eux-mêmes et d'autres citations vous qui sont d'une remarquable ou terrible d'actualité si je puis dire tel ce passage du discours d'élite saint-marc par exemple qui qui qui écrit oui nous vivons une période difficile oui il est toujours question de droits et jamais de devoir c'est peut-être ce point aussi précisément que la jeunesse française manque eu exactement et c'est là où précisément en enfermant la jeunesse dans le lexique des droits comme on le fait souvent il faut donner de nouveaux droits aux jeunes il faut leur donner des nouveaux dispositifs du nouveau moyen des nouvelles solutions en s'enfermant dans le lexique des droits eh bien on se prive de finalement ce qu'il y a de plus signifiants de plus consistant dans la vie il ne s'agit pas de dire qu'il faut à nouveau parler des devoirs comme quelque chose de moralisateur et de pénibles mais de dire au contraire que c'est à travers nos devoirs c'est à dire encore une fois à travers notre responsabilité personnelle que nous pouvons nous accomplir pleinement dans la société en lui apportant ce que nous avons à lui donner et peut-être en fait paradoxalement pour revenir à ce que nous disions au début de la conversation c'est peut-être ce qui explique aussi à certains égards à la désaffection dans notre pays souffre et cette désagrégation qui fait qu' un certain nombre de jeunes sont attirés aujourd'hui par le les folies du jihadisme et de l'intégrisme islamiste c'est qu'au fond pour la première fois de leur vie assez jeune on propose un idéal on leur propose de se donner on leur donne des devoirs on leur propose une mission et ils sont séduits par la perspective de pouvoir consacrer leur vie à quelque chose qui les dépasse aussi atroces que cela puisse paraître lorsque notre pays ne sait plus proposé à sa jeunesse un idéal elle laisse à d'autres que lui le soin de construire cet idéal dans le délire la folie et la destruction et je crois que nous avons à retrouver le sens de cet enseignement civique authentique qui ne consiste pas seulement à parler de nos droits qui consiste aussi à dire à chaque jeune voilà quelle est ta mission voilà quelle est ta responsabilité voilà ce pourquoi tu dois te donner et non pas seulement ceux que nous pouvons te donner les références à l'histoire sont aussi fréquentes danser dans ses discours françois xavier bellamy qu'il s'agisse est bien aussi bien de jean jaurès que que que de de zola par exemple et est ce que de telles références à l'histoire qui a priori sans scène il s'apprend à l'école serait encore possible aujourd'hui dans un discours politique pour un public de jeunes comme on dit et bien sûr je crois que c'est un enjeu décisif et là encore c'est un enjeu qui interroge notre responsabilité collective jaillir la seule responsabilité politique comme comme citoyen la question de savoir dans quelle mesure nous sommes capable de fonder encore une histoire commune à travers l'enseignement qui est donné à chaque jeune de france est une question décisive et on l'a vu malheureusement les décisions que nous sommes en train de prendre ne vont pas je crois dans le bon sens la dernière réforme du collège et la réforme des programmes qui l'accompagnent ont été l'occasion de formuler des premières propositions qui était totalement à contre sens je crois de ce que nous vivons aujourd'hui c'était la première fois qu'on proposait dans le champ politique des programmes d'enseignement qui rendait des pans entiers de notre histoire optionnel et notamment l'enseignement du des lumières l'enseignement du moyen âge chrétien qui devenaient des options et qui devenait facultative heureusement la la révolte d'un grand nombre de grandes voix de l'histoire et de grands historiens ont permis que le gouvernement revienne sur sa proposition mais on voit bien que ce qui est en question et si malgré tout c'est le sens de cette histoire commune que nous devons proposer à nos élèves que nous devons proposer à nos enfants c'est la capacité à accueillir chacun d'entre eux avec ses racines sa culture son identité particulière dans une histoire commune pour pouvoir permettre ces discours que vous évoquez à l'instant aujourd'hui malheureusement vous avez raison de poser la question je pense que ces discours même d'ailleurs par leur forme nous paraissent un peu décalé et on ne sait pas si beaucoup d'entre eux pourraient encore être compris par une partie de la jeunesse française aujourd'hui non pas parce que les jeunes évidemment sont moins intelligents qu'aujourd'hui et parce que peut-être nous avons manqué quelque chose dans le travail de la transmission un encore un mot françois-xavier bellamy sera un très beau texte ericsson personnes qui parlent de la politesse mais il nuance il dit pas que ce sont les gens les plus civils qui sont les plus civilisés le prof de philo que vous êtes peut nous expliquer cela en quelques mots bien sûr personne ne veut tenter de montrer que au fond la politesse ce qu'il appelle la politesse est une qualité intérieure une qualité profonde de l'être et en à tort d'en fermer là la politesse dans des conventions artificielle comme si elle était simplement une question de vivre ensemble la politesse c'est d'abord au fond ce qui ce qui fonde la politique c'est à dire la capacité précisément de se rapporter à l'autre en le reconnaissant comme un être humain en le reconnaissant comme un être digne de respect et digne de considération la politesse c'est ce qui nous permet tout simplement d'ouvrir un dialogue commun etc c'est une qualité profondément intérieur on a souvent tendance aujourd'hui à parler des jeunes comme d'une espèce de 2,2 période de la vie où il est normal de provoquer d'être dans la provocation dans l'ironie d'être dans une espèce de distance vis-à-vis des formes de la vie civile et de la vie sociale et c'est une grande erreur parce que je crois que la jeunesse c'est aussi un lieu pour cultiver cette forme intérieure de la politesse et on voit bien qu évidemment si on pousse les choses de façon radicale de l'autre côté de la politesse il y à la barbarie et ne pas se rapporter à l'autre de façon civile et civilisé c'est ce qu'on a découvert à marseille il ya encore quelques jours c'est précisément ne sera portée à lui vu comme un ennemi que comme un adversaire d'une façon presque animal d'une façon complètement brutale et c'est concourir à cette brutalisation de la société que nous voyons malheureusement se développer sous nos yeux un tout dernier mot sur le dernier taxe qui clôt votre livre ce florilège donc de deux discours à la jeunesse françois-xavier bellamy c'est un discours de steve jobs on a je crois tout dit depuis le décès du du du fondateur d'apple sur lui et sur son ambition mais pourquoi l'avoir mis dans dance est dans ce florilège alors d'abord parce que c'était intéressant d'avoir une diversité de personnalités certaines sont issues du monde politique d'autre du monde de la littérature de la philosophie et c'était intéressant d'avoir aussi une personnalité du monde de l'économie deuxièmement parce que steve jobs c'est une personnalité contemporaine et qui a incarné quelque chose comme une audace une créativité une inventivité dans le monde économique dont on peut évidemment discuter bien des choses comme pour d'autres personnalités de ce recueil on pourrait aussi avoir des discussions des controverses et des débats sur les personnalités elle même mais si vieux que ça a été indéniablement l'un de ceux qui a le plus marqué l'histoire récente et puis troisièmement parce que ce texte est extraordinaire oui moi je ne suis pas du tout du monde de l'industrie mais le texte précis que nous avons produit dans ce dans ce recueil que nous avons choisi de deux cités ces textes est vraiment un texte très fort c'est un texte de steve jobs ce aux étudiants de harvard qu'il rencontrait et dans ce texte ils livrent véritablement une leçon de vie en donnant à ces jeunes l'occasion de vivre y compris leurs ambitions professionnelles comme une forme de liberté intérieure non pas dans le calcul aidant aidé dans la lah la tentative de se placer par tous les moyens mais au contraire comme simplement la volonté d'apporter au monde ce qu'on a de meilleur à lui donner et ce texte en lui même indépendamment même de son auteur a une force indéniable et il y en a bien d'autres de de gaulle au maréchal de lattre en passant à nous le disions par jaurès ou encore saint-exupéry tous ces textes sont à lire dans le livre que vous préfacé françois-xavier bellamy donc à la jeunesse de saint-exupéry à steve jobs deux grandes voix appelle à vivre intensément aux éditions librio merci d'être venus de merci pour la présentation
François-Xavier Bellamy