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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 30 novembre 2011 8 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileÉducation & rechercheTravail & emploiÉconomie & entreprises

Laurent Wauquiez

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:04FerméeRéponse directe

    Diriez-vous que les diplômés étrangers n'ont pas vocation à travailler en France ?

  • 1:00RelanceRéponse directe

    Il y a encore des centaines de dossiers non réglés par les grandes écoles.

  • 1:22FerméeRéponse directe

    Cette circulaire est toujours dénoncée par les grandes écoles et les grands patrons, que vous n'y reviendrez pas ?

  • 2:19RelanceRéponse partielle

    On corrige, mais le mal est fait, disait Pierre Tapie.

  • 3:07OuverteRéponse directe

    D'une façon générale, y a-t-il trop d'immigrés en France ?

  • 4:05RelanceRéponse directe

    Et fixer des objectifs chiffrés ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:19Invité politiqueFait
    « quelqu'un qui a fait ses études en France n'a pas un droit automatique ensuite à travailler en France. »
  • 0:37Invité politiqueChiffre
    « On ne forme pas en France assez d'ingénieurs. On a besoin à peu près de 40 000 ingénieurs, on en forme 30 000. »
  • 1:57Invité politiqueFait
    « C'est un excès de zèle des préfets ? »
  • 2:49Invité politiqueChiffre
    « cette année, on a donné plus d'autorisation à des étudiants étrangers pour travailler en France que l'année dernière. 6200, donc on est en augmentation par rapport à l'année dernière. »
  • 3:27Invité politiqueFait
    « La France a deux caractéristiques, aujourd'hui, qui font que c'est un pays qui est très hors norme au niveau européen. Premier point, on a une démographie, qui est la démographie européenne la plus dynamique. »
  • 3:46Invité politiqueFait
    « on a quand même des difficultés sur le marché de l'emploi, qu'on a vues encore avec la crise »
  • 4:18Invité politiqueFait
    « On se fixe des objectifs chiffrés dans tous les domaines de l'action publique. »
  • 4:43Invité politiqueFait
    « la France décide le nombre d'autorisations légales pour venir en France qui sont délivrées. »
  • 6:40Invité politiqueFait
    « sur des délits qui ont pu être commis par des jeunes, est-ce qu'on a la possibilité de demander qu'ils puissent faire une réparation en pratique ? »

Temps de parole

  • Laurent Wauquiez68 %
  • Présentateur32 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Invité de France Inter ce matin, le ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. Bonjour Laurent Wauquiez. Bonjour. Diriez-vous, comme votre collègue de l'intérieur, Claude Guéant, que les diplômés étrangers qui ont achevé leurs études en France n'ont pas vocation à travailler ici et doivent rentrer dans leur pays ?

0:14
Laurent Wauquiez

Il faut bien donner toute la phrase. Toute la phrase, ça veut dire qu'a priori, quelqu'un qui a fait ses études en France n'a pas un droit automatique ensuite à travailler en France. Pourquoi ? Parce que tout dépend si on est sur des métiers où on a des besoins, où on est sur un marché de l'emploi qui est en tension, ou si on est sur des métiers où on n'a pas de besoins et pas de marché en tension. Je vais prendre un exemple très précis. Les ingénieurs. On ne forme pas en France assez d'ingénieurs. On a besoin à peu près de 40 000 ingénieurs, on en forme 30 000.

C'est évident que quand vous avez un étudiant étranger sur lequel on a investi, auquel on a payé des études, qui a fait une formation d'ingénieur, moi je me bats pour qu'il reste ensuite et qu'il puisse travailler en France. Et je crois que dans l'attractivité des universités françaises, de l'enseignement supérieur français, il y a aussi le fait d'attirer les talents du monde. Ça en tout cas, c'est le message que je défends.

1:00
Présentateur

Bon, il y a encore des centaines de cas de dossiers présentés par les grandes écoles qui ne sont pas réglés. Le Premier ministre a promis un examen au cas par cas. Je rappelle qu'on parle d'une circulaire datée de fin mai, signée Claude Guéant et Xavier Bertrand, qui appellent les préfets à plus de rigueur dans l'examen des changements de statut, qui permettent de passer d'un visa étudiant à un visa de salarié. Cette circulaire, qui est toujours dénoncée par les grandes écoles, les grands patrons à la main, que vous n'y reviendrez pas ?

1:24
Laurent Wauquiez

Cette circulaire n'est plus dénoncée, ni par les représentants des grandes écoles, ni par les grands patrons. Pourquoi ? D'abord, parce que cette circulaire n'a pas changé l'état du droit. Elle a rappelé l'état du droit, mais oui, c'est vrai, vous avez raison. Elle a abouti à des difficultés d'application dans les faits. Je m'en suis occupé tout de suite. On a travaillé dessus avec Claude Guéant. On a eu 500 cas. 500 cas qui, effectivement, étaient des cas choquants. Alors, d'étudiants étrangers extrêmement talentueux, qui ont fait des très belles études en France, et pour lesquels on se dit, on a intérêt aussi à leur permettre d'avoir une première expérience professionnelle.

C'est un excès de zèle des préfets ? Ça vient d'où, Laurent Wauquiez ? Non, c'est sans doute, et c'est d'ailleurs aussi notre faute à nous. C'est-à-dire, voilà, on n'a pas été suffisamment vigilants tout de suite, donc on corrige. Je considère que, voilà, ça fait aussi partie de ce que doit pouvoir assumer un ministre. Il y a des fois où il y a des difficultés d'application. On corrige. 500 cas, on a déjà corrigé plus de la moitié, et l'objectif est que d'ici à la fin de l'année, on se l'est fixé avec Claude Guéant, tous les cas puissent être réglés.

2:19
Présentateur

On corrige, mais le mal est fait, disait hier Pierre Tapie, le directeur de l'ESSEC et président de la conférence des grandes écoles. Un coup a été porté à la réputation de la France.

2:26
Laurent Wauquiez

Non. Enfin, après, Pierre Tapie peut dire ça. J'ai été attentif à ce sujet, parce qu'effectivement, c'était mon inquiétude. C'est-à-dire que, dernière, l'image de la France en Inde, en Chine, au Brésil, au Canada, est-ce qu'elle est maintenue ? J'ai vraiment demandé à tout notre réseau diplomatique, à notre coopération de l'enseignement supérieur, de bien rappeler la volonté de la France d'attirer des étudiants étrangers. Je rappelle, on parle de 500 cas, et un deuxième chiffre qui est quand même intéressant, cette année, on a donné plus d'autorisation à des étudiants étrangers pour travailler en France que l'année dernière. 6200, donc on est en augmentation par rapport à l'année dernière.

2:58
Présentateur

500 cas et 240 de réglés pour l'instant. 250, oui. D'une façon générale... C'est juste, d'ailleurs, ça montre, voilà, on parle de 500 cas. D'une façon générale, y a-t-il trop d'immigrés en France ? Ou du moins, comme l'a dit Claude Guéant, encore lui, trop d'immigration légale.

3:16
Laurent Wauquiez

C'est un sujet dont je considère qu'on doit pouvoir en parler sans que ça aboutisse immédiatement, et ce n'est pas du tout d'ailleurs votre question, à une tabouisation. Pourquoi ? La France a deux caractéristiques, aujourd'hui, qui font que c'est un pays qui est très hors norme au niveau européen. Premier point, on a une démographie, qui est la démographie européenne la plus dynamique. Donc ça veut dire qu'en soi, la France fait des enfants, et que donc, on n'a pas les mêmes besoins, en termes de besoins d'étrangers qui viendraient travailler chez nous, comparables à ceux de l'Allemagne.

Deuxième caractéristique, on a quand même des difficultés sur le marché de l'emploi, qu'on a vues encore avec la crise, et donc qu'on puisse dire, ben voilà, cette année, notre marché de l'emploi, notre situation démographique ne justifie pas qu'on ait le même niveau d'immigration légale, ne me semble pas être choquant. Et que le ministre de l'Intérieur veuille réguler l'immigration légale en fonction du marché de travail...

4:05
Présentateur

Et fixer des objectifs chiffrés,

4:07
Laurent Wauquiez

en disant il faut 10% de moins... Ben oui, c'est d'ailleurs, la plupart des démocraties du monde le pratiquent. Des objectifs chiffrés, un an à l'avance ? Oui, bien sûr, et pourquoi ? On se fixe des objectifs chiffrés

4:20
Présentateur

dans tous les domaines de l'action publique. Oui, sauf que là, on parle de flux humain, par définition, assez difficile à quantifier ou à réguler. Quand vous dites, il faut 10% d'immigration en moins, ou il faut expulser 20 000 étrangers chaque année en France ?

4:34
Laurent Wauquiez

Ce n'est pas ce qu'il a dit. Ce qu'il a dit là, très précisément, c'est que la France décide le nombre d'autorisations légales pour venir en France qui sont délivrées. C'est assez logique qu'on se dise, voilà, notre marché du travail est ce qui justifie cette année 220 000, 250 000, 180 000 étrangers qu'on est capable d'accueillir correctement. Ça ne me semble pas être quelque chose qui doit être choquant. Et je pense que sur ces sujets, on doit être capable d'avoir un débat qui soit un débat rationnel, posé, et sans que tout d'un coup, on tombe dans les invectives. Encore une fois, toutes les démocraties du monde pratiquent une régulation de leur immigration.

5:05
Présentateur

Alors, je vous propose un petit quiz, Laurent Wauquiez. Qui a dit, il y a six mois, l'UMP ne doit pas restreindre son discours au thème cher à Marine Le Pen ? Se concentrer sur l'immigration est une erreur, c'est prendre le risque de nous caricaturer nous-mêmes ? C'est tout à fait quelque chose que j'aurais pu dire. Laurent Wauquiez, ministre des Affaires européennes, c'était votre titre à l'époque, dans Libération du 11 mars 2011.

5:26
Laurent Wauquiez

Oui, mais justement, si vous me permettez, parlez-moi d'autre chose. Parlez-moi des classes moyennes. Parlez-moi des bourses. On finit sur l'insertion. C'est pas moi qui pose les questions, ça me fait rire. On finit sur... Vous me posez des questions sur l'immigration, je vous réponds, mais moi je considère, et je suis tout à fait d'accord avec vous, que le vrai sujet, c'est celui de la place des classes moyennes dans le contrat social français aujourd'hui. Donc vous rediriez qu'on parle trop d'immigration à la tête de l'État en ce moment ? Je dirais que que le ministre de l'Intérieur parle d'immigration est normal, qu'au micro de France Inter, je ne parle que d'immigration serait anormal.

C'est pour ça que je vais répondre avec plaisir aux autres questions.

5:57
Présentateur

Le thème de l'immigration agitait encore hier à la convention de l'UMP. C'était l'un des sujets dominants. C'est trop ? Vous en faites trop ou pas ? Laurent Wauquiez, la question est simple. Oui, vous non, d'accord, mais le gouvernement.

6:12
Laurent Wauquiez

Moi je suis ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Interrogez-moi sur les bourses, interrogez-moi sur les universités, interrogez-moi sur la recherche, je répondrai avec plaisir.

6:20
Présentateur

J'ai encore une question, comme vous êtes l'un des dirigeants de l'UMP, sur la convention tenue hier, faut-il, selon vous, sanctionner les enfants dès l'âge de 12 ans et instaurer un code pénal pour mineurs ? C'est une proposition qui est arrivée en débat à l'UMP hier. Quand on le présente comme ça,

6:35
Laurent Wauquiez

évidemment non. Mais la présentation, ce n'est pas celle-ci. La présentation, c'est de dire, sur des délits qui ont pu être commis par des jeunes, est-ce qu'on a la possibilité de demander qu'ils puissent faire une réparation en pratique ? C'est-à-dire, ça veut dire quoi ? Par exemple, dans une mairie, il y a eu une dégradation, il y a eu un acte qui a abouti à saccager un établissement public. Est-ce qu'on peut demander, simplement, que le matin, entre 6h et 8h, le jeune qui a fait ça puisse venir mettre un coup de peinture ou réparer ? Voilà. Donc, c'est ce type de questions-là qui sont posées. Ça ne me semble pas être quelque chose de choquant.

Et là encore, je le regarde, pour le coup, avec mon regard de maire, sur ma ville, c'est des choses que j'essaye de faire. C'est-à-dire, j'ai tendance à penser que la meilleure réponse quand il y a eu ce type de dégradation, c'est effectivement de faire des réparations en pratique que ça permet de corriger.

7:24
Présentateur

C'est une sanction judiciaire ou éducative ? C'est toute la différence

7:26
Laurent Wauquiez

de la proposition UMP. Moi, personnellement, je suis plutôt attaché au principe de la sanction éducative parce que je pense que c'est celle qui a le plus de portée. Mais surtout, s'agissant de jeunes, ça passe toujours, évidemment, dans le cadre d'un jugement. Vous ne pouvez pas demander à un jeune, vous, en tant que maire, de venir passer un coup de peinture comme ça, selon votre libre arbitre. C'est le juge qui doit en donner l'autorisation.

7:44
Présentateur

Laurent Wauquiez, ministre de l'Enseignement supérieur et auteur de la lutte des classes moyennes chez Odile Jacob. On va en parler dans quelques minutes. Vous voulez remettre les classes moyennes au cœur de la politique et de la campagne présidentielle. Vous restez avec nous. On va écouter la revue de presse puis les auditeurs d'Inter qui nous appellent et qui veulent vous interpeller au 01 45 24 7000. Il est 8h30.