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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 11 juin 2024 25 min

Demande de clarification à Éric Ciotti, conférence de presse d'Emmanuel Macron... Le "8h30 franceinfo" de Xavier Bertrand

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Xavier Bertrand

Bonjour Xavier Bertrand.

0:04
Invité

Bonjour.

0:05
Xavier Bertrand

Marine Le Pen et le Rassemblement National ne cessent de répéter depuis le dimanche qu'ils sont prêts à diriger le pays. Elle l'a redit hier soir sur TF1.

0:13
Locuteur non identifié

Je pense qu'on a une chance historique de permettre au camp national de remettre la France sur les rails. Et pour cela, il faut être capable de rassembler, de s'ouvrir à tous les hommes et les femmes de bonne volonté, qui sont des patriotes, qui clairement sont en désaccord avec la politique d'Emmanuel Macron et qui souhaitent venir avec nous pour construire une majorité stable.

0:40
Xavier Bertrand

Une coalition des droites, c'est ce dont on parle du côté du RN et de Marion Maréchal avec Reconquête. Jordan Bardella a aussi dit hier qu'il avait rencontré qu'il s'était entretenu avec des cadres des Républicains. Est-ce que vous en savez plus là-dessus ?

0:54
Invité

Dans la minute qui a suivi cette déclaration, j'attendais un communiqué de la direction des Républicains, d'Éric Ciotti pour dire qu'il n'y avait aucune discussion et qu'il n'y aurait jamais la moindre discussion. Même chose après les propos de Jordan Bardella.

1:06
Xavier Bertrand

Et il n'y a pas eu de communiqué ?

1:07
Invité

La VN de la droite républicaine, c'est jamais les extrêmes. Jamais les extrêmes. Jamais le Front National. Jamais Marine Le Pen. Et encore une fois, si certains ont envie d'aller avec le Front National, qu'ils le disent et qu'ils y aillent maintenant. Vous avez un doute sur la attitude d'Éric Ciotti ? On doit la vérité à nos électeurs. Quand les électeurs votent pour les candidats, les Républicains, aux législatives, ils savent qu'il n'y aura pas de compromission avec l'extrême droite. Ça a toujours été mon combat et ça le restera.

1:34
Xavier Bertrand

Sauf que ça n'a pas l'air aussi clair du côté de la direction de votre parti, Éric Ciotti. Vous l'avez vu au téléphone, justement hier soir.

1:41
Invité

Il a dit hier, il n'y aura pas d'accord avec Macron. Pourquoi ? Dans la phrase qui a suivi, je n'ai pas entendu, il n'y aura pas d'accord avec le Rassemblement National. Alors c'est ce matin qu'il faut qu'il y ait cette clarification et qu'elle soit faite une fois pour toutes. Notre vocation, c'est d'être indépendant. Notre vocation, c'est de dire qu'on ne veut plus de la politique de M. Macron et qu'on combat les extrêmes. M. Mélenchon et les filles, un véritable danger pour la République et aussi le Rassemblement National de Mme Le Pen. Parce que quand elle dit ça, elle oublie aussi de nous expliquer clairement pourquoi elle est en train de se défiler.

On dit aujourd'hui que le Rassemblement National est au port du pouvoir. Mais c'est M. Bardella qui serait à Matignon si le Rassemblement National gagnait les législatives. On va parler du Rassemblement National. Mais pourquoi elle se défile ? Pourquoi aujourd'hui ?

2:27
Xavier Bertrand

Parce qu'elle dit chacun son rôle, moi ce qui m'intéresse c'est la présidentielle.

2:30
Invité

Donc ce qui veut dire que la France est dans une situation dramatique, qu'elle aurait les solutions pour 2027, mais qu'elle refuse de mettre les mains dans le cambouis ? On va parler du Rassemblement National.

2:39
Locuteur non identifié

Mais vous allez qu'on aille au bout de ce que vous venez de nous dire, Xavier Bertrand. Est-ce que vous avez des doutes sur la ligne d'Éric Ciotti ? Est-ce que vous avez des preuves qu'il discute, lui, ou des cadres de LR avec le Rassemblement National ?

2:52
Invité

M. Chapuis, on ne va pas être dans les supputations, il faut une clarification. Le Front National raconte ça hier. Eh bien, j'attends tout simplement qu'il y ait un démenti clair et précis. Le Rassemblement National, jamais. Ni aujourd'hui, ni demain, ni après-demain. Les choses sont claires en ce qui me concerne, j'entends qu'elles le soient pour tout le monde, et par respect vis-à-vis de nos électeurs.

3:12
Xavier Bertrand

Mais c'est quand même bizarre que vous venez sur ce plateau pour le dire, qu'en fait, il n'y ait pas des coups de téléphone que vous ne voyez pas avec vos collègues DLR, pour que ce soit aussi clair. Vous-même, ce matin, vous avez un doute sur l'attitude d'Éric Ciotti. Éric Ciotti, qui, on le rappelle, a dit en 2022, entre Macron et Zemmour, je choisis Zemmour. Donc concrètement, dans votre tête aujourd'hui, vous dites, « Il se peut que dans ma famille politique, il y en ait certains qui s'allient avec le Rassemblement National. »

3:34
Invité

Et la meilleure réponse, c'est la clarification, c'est de dire clairement jamais. Au moment où la gauche républicaine, les dirigeants de la gauche républicaine, se sont votés devant M. Mélenchon, ils sont sous la tutelle de Mélenchon, on ne va certainement pas faire la même chose avec l'extrême droite et avec Mme Le Pen.

3:49
Locuteur non identifié

Mais certains vous répondront qu'il y a un principe de réalité, c'est que si le RN dit à un élu LR, « Vous nous soutenez et on ne présentera personne contre vous », pourquoi il dirait non ? Après tout, c'est aussi une question de survie politique pour certains.

4:02
Invité

La meilleure des survies politiques, c'est de se battre, c'est d'avoir des idées, c'est d'avoir des valeurs, c'est de parler aux Français, c'est de croire en soi. Moi, c'est ce que je fais justement, c'est ce que je vais faire dans toute cette campagne. Je me bats. Et je suis intimement convaincu que les gens, les Français, sentent bien si on se bat sincèrement pour eux ou pas. Tout ce qu'on entend depuis ce matin, depuis hier, tout ça, c'est de la tambouille électorale. Et les gens se disent, mais alors très clairement, quand est-ce qu'on va nous parler à nous ? Quand est-ce qu'on va nous proposer des solutions pour sortir de cette situation catastrophique ?

4:30
Xavier Bertrand

Alors justement, parlons du fond, Xavier Bertrand. Sur le fond, il y en a beaucoup qui peuvent vous dire, mais qu'est-ce qui vous différencie du RN ? Si on prend l'exemple de la loi immigration, c'est la droite qui l'a durcie, cette loi immigration.

4:40
Invité

Non mais vous me demandez ça à moi. Vous me demandez ça à moi, qui, depuis que je suis rentré en politique, combat les extrêmes, parce que je sais pertinemment que ce sont des partis protestataires. Ça veut dire quoi des partis protestataires ? Ce sont des partis qui profitent des problèmes sans jamais apporter la moindre solution. Pourquoi Mme Le Pen, elle, aujourd'hui, veut mettre M. Bardella comme fusible ? Parce qu'elle sait bien que quand il va falloir trouver 20 milliards d'euros pour boucler le budget, j'aimerais bien entendre dans cette campagne, quelles sont les solutions du RN pour cela. Quand elle a promis fait miroiter le retour à la retraite à 60 ans, comment elle finance ?

Si c'est pour plonger nos retraités actuels dans les difficultés en baissant les pensions, ils me trouveront face à eux, parce que je refuse justement que les retraités soient la variable d'ajustement de l'irresponsabilité, notamment des extrêmes, et du rassemblement national. Et puis il y a aussi autre chose. Vous le voyez bien, vous le sentez bien, on a besoin d'un pays plus apaisé. Et ce ne sont pas les extrêmes qui vont nous créer la situation d'une France plus rassemblée et plus apaisée. Parce que pour apaiser le pays, il faut de l'autorité, mais il faut aussi du respect. Il y a trop de nos concitoyens aujourd'hui qui ne se sentent pas à leur place, qui se sentent stigmatisés.

Et encore une fois, regardez bien les choses. Le Front National n'a profité que d'une chose, l'exaspération des Français face aux problèmes non réglés et puis surtout, l'attitude du Président de la République.

6:03
Locuteur non identifié

J'allais vous dire que vous n'êtes pas très très loin de ce qu'a dit le Président de la République dimanche soir pour justifier la dissolution. Il a dit que c'est aussi parce qu'on veut un débat plus apaisé, notamment à l'Assemblée Nationale.

6:10
Invité

Oui, c'est lui qui est responsable de tout cela. Il a fait une campagne des Européennes à côté de la plaque.

6:16
Xavier Bertrand

C'est-à-dire ?

6:16
Invité

Les Français voulaient des solutions pour le pouvoir d'achat, savoir comment l'Europe pouvait les protéger. Et il aura parlé Mirage, Poutine, Ukraine et guerre avec la Russie. Il aura fait peur aux Français pendant toute cette campagne. Mais vous savez, ce qui est en train de se passer aujourd'hui, c'est quand même un Président de la République, c'est jamais de sa faute, jamais de sa faute. Tout ce qui se passe là, aujourd'hui, il en est le responsable.

6:39
Xavier Bertrand

Le Président de la République qui va s'exprimer aujourd'hui en conférence de presse. Vous avez peut-être entendu ce matin l'ancien Premier ministre Édouard Philippe qui appelle, lui, à une grande coalition du Bloc Central qui partirait du Parti Socialiste au LR. Discuter, travailler avec le camp macroniste, c'est impensable pour vous ?

6:56
Invité

Mais il faut changer de politique et il faut changer d'attitude. Vous avez aujourd'hui une politique qui est dure avec les plus fragiles. Vous avez une politique qui est dure avec celles et ceux qui sont invisibles. Les caissiers et les caissières dans nos supermarchés, les agents de sécurité, celles et ceux qui font le ménage. Vous avez aussi les oubliés de la ruralité. Ils n'ont jamais fait de politique pour eux. Regardez Édouard Philippe, c'est quand même celui qui est responsable avec l'augmentation des taxes sur le carburant, des gilets jaunes, des 80 km heure.

Oui, d'accord, mais enfin, en tout cas, la fermeture de Fessenheim, Notre-Dame-des-Landes, où on demande l'avis aux Français concernés, on dit qu'on ne va pas tenir compte de votre avis. Et aujourd'hui, il faut bien comprendre que ce ne sont pas eux qui vont nous dire, j'ai la solution pour l'avenir.

7:38
Xavier Bertrand

Est-ce qu'il y a des discussions possibles ?

7:39
Invité

Ils changent de politique. Parce que leur politique fait mal aux Français. Vous savez, que veulent nos concitoyens ? Vivre en sécurité, vivre de leur travail et aussi avoir des services publics qui fonctionnent efficacement. Parce que les services publics tiennent nos concitoyens entre eux. C'est la santé, c'est l'école, c'est le logement, c'est les transports. Ça, ce sont les sujets que porteront nos candidats LR, mais aussi les candidats, comme les candidats de l'IOT, que je vais d'ailleurs également soutenir, parce qu'ils ont de vraies solutions, loin des tambouilles.

8:08
Locuteur non identifié

L'un des groupes pivot actuellement à l'Assemblée. On va laisser juste passer le fil infos. On a encore beaucoup de questions à vous poser, Xavier Bertrand, mais pour le moment, il est 8h41, Mathilde Romagnon. Début de la campagne pour ces législatives anticipées. Elle durera 19 jours avant le premier tour, le 30 juin prochain. Deux jours après la dissolution de l'Assemblée nationale, Emmanuel Macron tiendra une conférence de presse cet après-midi. Des milliers de personnes étaient rassemblées hier à Paris, Marseille, Toulouse, Nantes ou encore Rouen, contre l'extrême droite. Cinq syndicats, CFDT, CGT, UNSA, FSU et Solidaires, appellent à manifester ce week-end pour les mêmes raisons.

Une policière a été placée en garde à vue pour homicide volontaire. Elle est accusée d'avoir tué hier un jeune homme de 19 ans à Cherbourg, dans la Manche. Il tentait de fuir lors d'un contrôle de police pour excès de vitesse. Selon une étude de santé publique France, les Français ne font pas assez de sport. Seulement 73% des hommes et 59% des femmes font entre 2h30 et 5h d'activité physique modérée chaque semaine. Et plus d'un adulte sur 5 déclare passer plus de 7h par jour assis. France Info

9:17
Présentateur

Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Braclia.

9:23
Locuteur non identifié

Et toujours avec Xavier Bertrand, qui vient d'appeler Éric Ciotti à clarifier la position des Républicains face au Rassemblement National. Il y a aussi cette proposition de Renaissance qui déclare ne pas vouloir nommer de candidat de l'arc républicain, s'ils souscrivent à la ligne du Président, ligne qui sera clarifiée cet après-midi. Est-ce qu'il faut, quand on est dans la situation des Républicains, saisir cette main tendue ?

9:48
Invité

Mais si Renaissance ne présente pas de candidat face à des Républicains et des Républicains sortants, c'est parce qu'ils savent que leurs candidats vont être balayés. Et là, la vérité. Les candidats, vous savez, des Républicains sortants, aujourd'hui, ils sont une soixantaine, ils ont été élus dans des conditions très difficiles. Ils le doivent avant tout et surtout à leur qualité, leur engagement personnel sur le terrain. Et on sait où ils habitent, on sait qui ils sont. Et si Renaissance dit cela aujourd'hui, c'est tout simplement parce qu'ils ne sont pas en mesure d'être portés au deuxième tour de cette élection législative.

Donc, ce n'est pas un cadeau qu'ils font, ce n'est pas une main tendue. C'est aussi un aveu de la situation et un aveu de faiblesse. C'est aussi si simple que ça.

10:24
Xavier Bertrand

Chez vous, dans les Hauts-de-France, Marine Le Pen va être candidate dans le Pas-de-Calais. Est-ce que vous, vous avez envie d'être candidat ?

10:29
Invité

Moi, je vais faire campagne surtout dans ma région, dans plusieurs dizaines de circonscriptions et certainement aussi dans l'ensemble de la France avec des candidats qui m'ont déjà sollicité. Je ne vais pas faire campagne dans une seule circonscription. et en plus, je dirige une région de 6 millions de personnes dans laquelle, aujourd'hui, j'ai besoin de continuer à donner de l'espoir et à répondre aux problèmes. Mais je ne vous cache pas...

10:50
Xavier Bertrand

Ça veut dire aussi soutenir, pardon, mais est-ce que ça veut dire aussi soutenir des candidats Renaissance comme le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui va être candidat à Tourcoing ?

10:57
Invité

Non mais attendez, soyons clairs. Il y a un changement de politique, oui ou non, des soutiens de M. Macron. Si c'est pour continuer la même politique, vous voyez bien que ce n'est pas possible. Vous avez un besoin de sécurité comme jamais, besoin de maîtriser l'immigration. Et depuis des années et des années, on fait semblant de prendre ces problèmes à bras-le-corps. C'est ça le problème de M. Macron. Et vous avez quelqu'un comme Gérald Darmanin qui fait le maximum, mais dans les orientations qui sont données par un président de la République. C'est ça qu'il faut changer.

11:23
Xavier Bertrand

Donc si je vous écoute, là, depuis ce matin, vous dites Emmanuel Macron va parler cet après-midi et on a besoin de savoir s'il change d'orientation dans sa politique. Si c'est le cas, s'il l'ouvre, est-ce que vous, les LR, parce qu'on a entendu pendant les élections européennes la possibilité d'un Gérard Larcher à Matignon ? Est-ce que ça, c'est mort ? Il ne faut pas du tout y penser ? Ou alors c'est envisageable en fonction de ce que va dire le président cet après-midi ?

11:45
Invité

La première des choses, le président de la République, bon sang qu'il se taise. Qu'il se taise. S'il n'a pas compris qu'il est avec M. Mélenchon le moteur de la progression du Rassemblement National, il n'a rien compris. Il est dans le déni le plus complet. Je vous l'ai dit, il a fait une campagne des Européennes à côté de la plaque. D'accord. Mais surtout, vous avez entendu dimanche soir ? Vous avez eu un mot d'empathie pour les Français qui souffrent ? Vous avez entendu un mot de reconnaissance de sa responsabilité ? Jamais. Le président, c'est jamais de sa faute.

Et là, il dissout l'Assemblée, c'est-à-dire que ceux qu'il sanctionne, ce sont ses députés qui, depuis des années et des années, font le boulot qu'il leur demande, qui ont été maltraités, 49-3 sur 49-3. Et là, aujourd'hui, il dit, vous, dehors, pour se protéger. Mais le président de la République, je vous l'ai dit, autant Mme Le Pen devrait se faire entendre pour qu'on voit ce qu'elle a à proposer, mais lui, qu'il se taise. D'ailleurs, je ne crois pas qu'il y aura énormément de députés sortant en Renaissance qui vont souhaiter son soutien dans ces élections législatives. Il est devenu, pour beaucoup de Français, un repoussoir. C'est le moteur de la progression du Réunion.

12:49
Xavier Bertrand

Ça veut dire que si demain, il vous appelle pour être Premier ministre, vous lui dites non ?

12:51
Invité

Je peux vous confirmer que je dis non et je ne suis pas à la recherche d'un emploi. Quand je dirige une région comme les Hauts-de-France aujourd'hui, c'est ça, aujourd'hui, ma mission. Alors ça, c'est important.

13:00
Locuteur non identifié

Ça veut dire que vous excluez complètement, si la donne politique, vous mettez à un moment ou à un autre en position d'être nommé à Matignon, aujourd'hui, vous dites non, ce ne sera pas moi.

13:09
Invité

Je suis en désaccord profond, à la fois avec la politique qui est menée et puis à la façon de gouverner. Emmanuel Macron préside pour lui, il ne préside pas pour les Français. Et c'est ça. Quand vous voyez la déconnexion qui est la sienne, quand vous voyez qu'il y a une politique qui n'est pas pour les plus fragiles, qui n'est pas pour les classes moyennes, quand vous voyez tout cela et quand vous voyez, alors je ne sais pas quels sont les oseaux qui l'entourent à l'Élysée pour lui conseiller cette dissolution, de donner la parole aux Français, ça a toujours du sens. Mais pourquoi dans ces cas-là, il n'y a pas eu la dissolution au moment du texte sur les retraites ?

Pourquoi il n'y a pas eu au moment du blocage qu'il y a eu sur le texte immigration ? Et puis vous pouviez aussi, dans ces conditions-là, la faire, mais en laissant aussi le temps qu'il y ait un véritable débat politique. Je suis moi pour qu'on donne la parole aux Français, je suis un partisan du référendum notamment. Mais là, vous voyez, ces gens-là sont complètement hors sol. Vous voulez dire que ce n'est pas le moment, que ça va trop vite, que début juillet, ce n'est pas une bonne date ? C'est un pari qu'il fait, c'est un coup politique. On ne dirige pas un pays comme la France en faisant des coups politiques.

On doit très clairement entendre les Français, mais vous savez, les Français, que ce soit les élections européennes, ils lui ont déjà adressé ce message. Il est réélu président de la République en 2022. Aux législatives, les Français refusent de lui donner une majorité. Et lui, il fait comme si de rien n'était. Les Français ont dit, on ne veut plus de la même politique, on ne veut plus de la même gouvernance. Et aux élections européennes, ce qui s'est passé, c'est la suite logique. Et au moment des législatives, je vais vous le dire, M. Macron n'aura pas de majorité absolue.

Et il sera là, et vous avez raison de le souligner, dans une cohabitation concrète, réelle, soit avec une autre majorité, soit avec le Rassemblement national. Elle est là, la vérité. Mais ce message-là, il a été adressé par les Français dès 2022. Pourquoi ce temps perdu ? Parce qu'il ne pense qu'à lui. D'ailleurs, cet après-midi, qu'est-ce que quelqu'un peut demander si M. Macron est prêt à se débarrasser de son égoïsme et à gouverner pour les Français ?

15:04
Xavier Bertrand

Xavier Bertrand, un mot de ce qu'il se dit ce matin, dans les matinales, puisque Jordan Bardella s'exprime au moment où on en parle là. Il dit que le RN va soutenir les candidats LR à ces législatives. On parlait du flou, de votre position des Républicains vis-à-vis du RN. Comment vous réagissez ?

15:20
Invité

Moi, en tout cas, je n'irais pas soutenir un candidat à les Républicains qui serait soutenu par le Rassemblement national. Mais alors, vous vous souviendrez qui ? Je viens de vous le dire. Ceux qui sont clairs sur leur valeur. Mais encore une fois, je vais vous répéter ce que j'ai dit tout à l'heure. Si certains ont envie d'aller avec le Rassemblement national, qu'ils le disent maintenant et qu'ils le fassent maintenant. Au moins, ce sera une clarification. Mais il y a une droite dans ce pays qui est toujours à 100% républicaine, une droite sociale que j'ai l'intention de porter dans les semaines qui viennent, dans les mois qui viennent et dans les années qui viennent.

15:48
Xavier Bertrand

Mais elle représente quoi dans votre famille politique, cette droite, Xavier Bertrand ? Parce que c'est bien simple. Dans votre département, dans l'Aisne, le Rassemblement national fait son meilleur score. Le meilleur score dans toute la France, plus de 50%. On a regardé effectivement les résultats de votre liste, la liste de François-Xavier Bellamy au niveau national. C'est 7,25% des voix. C'est moins qu'en 2019. Et pourtant, dimanche soir, tous vos collègues l'ont félicité pour sa campagne.

16:17
Invité

Vous pouvez donner les résultats des élections régionales de 2015 et celles de 2021 dans le département de l'Aisne ? Vous allez nous les donner. Le Rassemblement national dans ce département, lors des élections régionales, a reculé de 17%. Pourquoi ? Je ne suis pas un magicien. Mais je me bats pour les gens. Et je pense que nous obtenons des résultats. L'Aisne est un condensé de l'ensemble des difficultés, de ces oubliés, de ces oubliés de la ruralité, de ces gens qui ont des difficultés pour se déplacer, pour aller travailler, pour avoir accès aux loisirs, pour avoir accès aux soins. Et ils ont le sentiment que de toute façon, M. Macron n'est pas un président pour eux.

Et c'est aussi pour ça qu'avec les élus locaux, on se bat pour trouver des solutions. Mais il faut bien comprendre que quand on est président, on est président pour tout le monde. Les gens qui vont bien et les gens qui ne vont pas bien. Ceux qui habitent dans les métropoles, mais aussi ceux qui habitent dans les villes moyennes et dans la ruralité. Moi, c'est ce que je fais. Et quand je suis candidat...

17:06
Xavier Bertrand

Mais les habitants de chez vous dans le département de l'Aisne, effectivement, pensent aussi la même chose de votre famille politique et de votre liste de François-Xavier Bellamy.

17:15
Invité

Mais c'est d'ailleurs la raison pour laquelle il va falloir encore une fois aussi clarifier la ligne politique. On a fait un résultat plus mauvais sous la présidence d'Éric Ciotti que celui qui a été fait sous la présidence de Laurent Wauquiez. Bien, on ne va pas continuer comme ça. On voit... Et Laurent Wauquiez avait démissionné. Ça veut dire que... La droite populaire a vocation à redevenir une force politique centrale de rassemblement et de pouvoir parler aux uns et aux autres et notamment à ceux aujourd'hui qui étaient des électeurs de gauche mais qui trouvent que l'accord misérable signé avec la France insoumise n'a plus aujourd'hui sa raison d'être une trahison.

Et ils ont osé s'appeler Front Populaire d'aller avec M. Mélenchon avec les relents antisémites de M. Mélenchon et de ses acolytes parler de Front Populaire où il y avait Léon Blum. Non mais... Et ils ne reculent devant rien. Plus c'est gros, plus ça passe. Ah non, ça passe pas.

18:03
Xavier Bertrand

Juste pardon, très rapidement parce que vous avez évoqué Laurent Wauquiez qui avait dû quitter la présidence de votre parti en 2019 vu le score catastrophique de 8%. Là, on est à 7,25. Éric Ciotti doit quitter

18:12
Invité

votre parti ? Ne inquiétez pas qu'il va rester. Il va être ouvert pour rester. Mais encore une fois, ça n'empêche rien à la clarification sur le RN tout de suite et la clarification sur la ligne politique. On n'a pas vocation à être abonné à faire moins de 5%, à faire 7%. Ce n'est pas l'histoire de ma famille politique. Ce n'est pas l'histoire de la droite républicaine. Et ça ne sera pas son avenir. Et je m'emploierai à ce qu'elle ait un autre avenir que celui qu'on est en train de nous faire devenir des supplétifs. Hors de question.

18:38
Locuteur non identifié

On vous retrouve dans une minute. Xavier Bertrand. Il est 8h51. Le fil info, Mathilde Romagnon. Cinq syndicats appellent à manifester ce week-end contre l'extrême droite. Ils réclament un sursaut démocratique et social pour empêcher l'arrivée du RN au pouvoir. Hier soir, des milliers de personnes étaient rassemblées dans plusieurs grandes villes de France pour les mêmes raisons. À Paris par exemple, mais aussi à Marseille, à Nantes, à Rennes ou encore à Bordeaux. Emmanuel Macron doit tenir une conférence de presse cet après-midi, deux jours après la dissolution de l'Assemblée nationale. La campagne pour ces législatives anticipées commence.

Les candidats ont jusqu'à dimanche pour se déclarer. La campagne durera 19 jours avant le premier tour le 30 juin prochain. Le chef de la diplomatie américaine Anthony Blinken est en ce moment en Israël. Il doit s'entretenir aujourd'hui avec les élus de l'opposition dont Benny Gantz, ministre démissionnaire. Le conseil de sécurité de l'ONU a adopté hier un projet de résolution pour un cessez-le-feu dans la bande de Gaza. La phase d'admission complémentaire de Parcoursup ouvre cet après-midi à partir de 14h. Élèves de terminale et étudiants en réorientation pourront formuler 10 nouveaux voeux dans les formations ayant encore des places. France Info

19:52
Présentateur

Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Salia Braclia

19:57
Xavier Bertrand

Xavier Bertrand vous connaissez la théorie qui circule depuis deux jours là maintenant. Pour contrer l'extrême droite en fait Emmanuel Macron aurait donc pris le parti de dissoudre l'Assemblée Nationale avec un double objectif dire aux électeurs qu'ils sont maintenant libres de confirmer ou non de mettre le RN au pouvoir en espérant aussi démontrer l'incompétence du parti à la flamme. Vous en pensez quoi ?

20:20
Invité

Si c'est ça c'est totalement irresponsable. On confie pas les clés d'un grand pays comme le nôtre avec de tels atouts avec de tels enjeux en disant écoutez on va donner les clés aux incompétents comme ça tout le monde verra qu'ils sont incompétents.

20:33
Xavier Bertrand

Et vous l'entendez aussi les électeurs dans votre circonscription sûrement qui disent on a essayé la droite on a essayé la gauche et finalement on est toujours la situation est de pire en pire bon bah voilà essayons le Rassemblement National.

20:43
Invité

Parce que les Français sont déboussolés bien sûr qu'ils disent ça ils disent on a essayé les uns et les autres en se souvenant pas parce qu'il faut aussi reconnaître les choses il y a eu des moments où les difficultés n'étaient pas les mêmes.

J'ai été ministre de Nicolas Sarkozy honnêtement il faut voir aussi ce que l'on avait fait notamment sur la sécurité les peines planchées ça fonctionnait il y avait moins de récidive on a aussi mis en place les heures supplémentaires pour notamment ceux qui travaillaient on a été au rendez-vous du travail pour récompenser le travail aujourd'hui il faudra de nouvelles idées parce qu'il faudra de la créativité j'y travaille moi avec Nous France ce sont des idées que je mettrai clairement dans le débat je vous l'ai dit sur la sécurité sur le travail sur les services publics dès maintenant au service de nos candidats les républicains et aux ciliotes mais très clairement derrière il y aura besoin de se renouveler en profondeur c'est ça bien évidemment vous pouvez pas faire de la politique aujourd'hui par rapport aux défis climatiques aux défis démographiques aux défis notamment digital aux défis de l'approche du travail de ce que c'est aujourd'hui avec les recettes d'hier il faut aussi penser à nos jeunes le vraie question c'est que une élection présidentielle ne se gagne pas sans qu'il y ait de l'espoir et c'est ça justement le sujet mais en revanche dans ce que vous dites aujourd'hui non moi j'ai un grand principe je me bats parce que je pense je vois bien ce qui se passe aujourd'hui c'est le président qui a donné la fièvre au pays et il espère quoi ?

qu'en trois semaines la fièvre va tomber alors que c'est lui qui est aujourd'hui c'est lui qui est aujourd'hui on est non seulement le responsable et il ne comprend pas qu'il continue lui-même à faire monter la fièvre je suis certain que c'est son implication dans la campagne des européennes qui a apporté aussi le rassemblement national à ce niveau là j'en suis convaincu et s'il fait la même chose dans ses élections législatives il rapprochera encore plus le rassemblement national il va s'engager c'est ce qu'il a dit on peut l'éviter et on doit l'éviter

22:31
Locuteur non identifié

six jours pour déposer des candidatures deux semaines et demie pour faire campagne est-ce que les conditions d'un débat serein sont réunies

22:38
Invité

non non bien évidemment bien évidemment c'est pour ça que je vous disais moi je suis pour donner la parole aux français vous imaginez quand même qu'à part les les grandes échéances prévues c'est depuis 2005 qu'il n'y a pas eu un référendum où on a donné la parole aux français depuis 2005 parce que les gouvernants aujourd'hui ont peur des français se méfient du peuple parce qu'ils ont toujours aussi en tête quoi la réélection donc la dissolution c'est quand même

23:03
Xavier Bertrand

quelque part une bonne idée c'est ce que vous dites

23:04
Invité

vous livrez une conviction personnelle je pense que quand on a fait le quinquennat c'était une fausse bonne idée on s'est dit on va voter beaucoup plus souvent mais vous étiez pour un certénat non renouvelable parce que je pense qu'on est dans le système à l'américaine celui ou celle qui est élu n'a qu'une envie de se faire réélire en oubliant et l'intérêt général et la capacité à faire des réformes on est dans une situation où le président ne peut pas se faire réélire justement oui mais enfin le vrai sujet c'est qu'il a le droit aussi le devoir d'écouter les français ce qui n'a pas été le cas et vous savez ce qui manque profondément au pouvoir en place ce qui manque à celles et ceux qui ont été dans la majorité ces sept dernières années c'est la justice c'est l'esprit de justice les français savent bien qu'il y a des changements qui sont nécessaires ils savent bien que parfois des efforts sont nécessaires mais pas les efforts toujours pour les mêmes et c'est cet esprit de justice qui doit conduire aussi la droite républicaine et sociale à laquelle je crois

23:51
Xavier Bertrand

juste un dernier mot sur ce qui se passe en ce moment même depuis dimanche soir l'inquiétude qui monte notamment dans les milieux économiques par peur de l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite quelle est votre réaction qu'est-ce que vous en pensez est-ce que cette inquiétude vous la comprenez

24:06
Invité

oui je comprends cette inquiétude mais il ne faut pas croire que ça aura des conséquences sur le climat politique français parce que les français eux aujourd'hui ils veulent très clairement savoir quelles sont les solutions à leurs problèmes c'est ça aujourd'hui qu'ils attendent les français ne demandent rien d'autre que ils ont des problèmes est-ce qu'on a des solutions vous pouvez faire tous les discours du monde au 1er juillet et je l'avais dénoncé ici le gaz va augmenter de 11,7% et le gouvernement dit non non c'est pas une augmentation de taxes on les remet au niveau initial mais on se moque de qui et vous croyez que les français sont dupes de quoi que ce soit là Bruno Le Maire vient de s'engager à faire baisser de 10 à 15% la facture d'électricité oui mais non parce qu'on est à quelques jours et qu'ils vont se prendre une claque monumentale il faut être sérieux c'est lui qui a sauvé l'économie française et il sait dire ça sans rire il faut arrêter de se moquer les français il faut respecter les français et ça cette leçon là j'aimerais bien que celui qui va parler cet après-midi il est bien en tête enfin

24:58
Locuteur non identifié

on vous a entendu Xavier Bertrand on a entendu votre colère on a entendu aussi votre appel à Éric Ciotti à dire avec clarté que son parti ne fera jamais d'accord avec le Rassemblement National on verra si le président de LR vous répond dans les prochaines heures merci d'avoir été l'invité du 8.30 France Info ce matin merci d'avoir regardé cette vidéo

Demande de clarification à Éric Ciotti, conférence de presse d'Emmanuel Macron... Le "8h30 franceinfo" de Xavier Bertrand — Xavier Bertrand · Pourquijevote