"Émeutes": pourquoi Macron, Borne, Pécresse et Retailleau versent de l'huile sur le feu
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:28OuverteÉludée
Qui peut citer une seule décision ou un seul acte politique posé par Elisabeth Borne pour apaiser la situation ?
- 2:42RelanceRéponse directe
Quand vos députés rejettent tout appel au calme, vous sortez du champ républicain.
- 3:48OuverteRéponse partielle
Que reprochait Borne aux Insoumis ?
- 4:30RelanceRéponse directe
Qui autorise un acteur politique à décréter où s'arrête et où commence la République ?
- 5:34OuverteRéponse directe
Comment se met en route cette histoire de peine planchée ?
- 6:39OuverteRéponse directe
Quelles sont les causes des émeutes selon vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:54PrésentateurFait
« l'exécutif patauge dans un jeu politicien minable dont le but manifeste est de diaboliser l'opposition de gauche »
- 1:51Locuteur non identifiéFait
« Son objectif ? Isoler la France insoumise et tuer la NUPES et toute possibilité d'alternative à gauche. »
- 5:10PrésentateurFait
« sanctionner financièrement et facilement les parents en mettant en place une sorte de tarif minimum dès la première connerie commise par leur enfant. »
- 5:55Locuteur non identifiéChiffre
« Un an de prison ferme minimum. »
- 10:15PrésentateurChiffre
« 1,6 million d'euros ont été récoltés. »
- 11:20PrésentateurChiffre
« délits passibles de cinq ans de prison et de 375 000 euros d'amende. »
Temps de parole
- Présentateur70 %
- Locuteur non identifié7 %
- Locuteur non identifié 26 %
- Locuteur non identifié 35 %
- Locuteur non identifié 44 %
- Locuteur non identifié 54 %
- Locuteur non identifié 63 %
≈ 0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Nous sommes le mercredi 5 juillet 2023. C'est une date importante pour le Média, car notre dossier de conventionnement passe en collège plénier. L'ARCOM rendra donc sa décision dans quelques heures. C'est une étape déterminante pour que le Média devienne une chaîne télé. Dans cette dernière ligne droite, nous avons besoin de vous. Notre pétition a déjà recueilli environ 50 000 signatures. Alors, signez-la vous aussi et montrez à l'ARCOM et aux opérateurs internet que vous êtes nombreux à vouloir d'une autre télévision. Danse au-dessus d'un volcan.
Alors que la France traverse une crise inédite, née, on va finir par l'oublier, du choc causé par le meurtre d'un adolescent de 17 ans par un policier dont la vie n'était absolument pas en danger, l'exécutif patauge dans un jeu politicien minable dont le but manifeste est de diaboliser l'opposition de gauche et de retrouver une forme d'adhésion après une bataille des retraites qui lui a valu la réprobation d'une majorité écrasante de Français. Dernier épisode en date, les sorties douteuses d'Elisabeth Borne.
De ce sujet et plus généralement des dérapages politiques en série qui visent avec une violence inédite une partie de la communauté nationale, on parle dans ce nouvel épisode de notre bulletin d'info d'été. Qui peut citer une seule décision ou un seul acte politique posé par Elisabeth Borne pour apaiser la situation dans les villes et banlieues de France et par la même occasion cesser de tout faire reposer sur la police. Si vous avez des idées, mettez-les en commentaire, mais personnellement je n'en vois pas. En revanche, sur le front politicien, la première ministre ne s'économise pas. Son objectif ? Isoler la France insoumise et tuer la NUPES et toute possibilité d'alternative à gauche.
Hier, lors des questions au gouvernement, elle était tout feu, tout flamme. Tout est parti d'une mise en cause de Mathilde Panot.
À présent, pour justifier que connaît le pays, n'ont rien à voir avec la mort de Naël. Pire, vous voulez faire peser sur nous la responsabilité de la colère quand elle prend racine dans la jeunesse. Seule une réponse politique et de nature a apaisé durablement le pays. Le retour au calme...
Et bim, réponse du berger à la bergère.
Quand vos députés rejettent tout appel au calme, vous sortez du champ républicain. Vous sortez du champ républicain. De tuer pour les policiers, de peine de mort pour les jeunes des quartiers et nous traitent de chiens de garde. Vous sortez du champ républicain.
Ouh ! L'ambiance. En réalité, Elisabeth Borne ne fait que recycler un concept qu'elle avait déjà sorti de son armurerie lors de la bataille des retraites. Elle parlait alors d'axes républicains. Mais en réalité, elle-même ne savait pas trop ce que recouvrait ce concept si l'on en croit les explications confuses qu'elle avait alors données à l'émission quotidienne. En effet, que reprochait Borne aux Insoumis, par exemple ? Ambiguïté sur l'antisémitisme. Ah ouais ? L'antisémitisme ?
Je sais pas, moi j'ai pu voir Jérémy Corbyn, vous voyez, qui tient des propos antisémites, qui est venu en soutien d'une des candidates. Je vois que vous n'êtes pas d'accord.
Un travailliste anglais. Et puis, face à l'incrédulité générale, elle sortait son argument ultime. Ils n'ont pas du tout été dans la co-construction, dans le débat. En gros, ils sont vilains avec moi, donc ils ne sont pas républicains, non. Forcément, un de ces interlocuteurs lui pose la question qui tue. Qui autorise un acteur politique, un responsable politique tel que vous, à décréter où s'arrête et où commence la République ?
Je ne suis pas autorisé à, effectivement, qualifier peut-être France Insoumise ?
Euh, si, si. Quelques secondes plus tôt, Madame la Première Ministre. De toute façon, ces derniers jours, c'est la foire au dérapage complètement insensé et à la stigmatisation d'une partie de la communauté nationale. La dernière trouvaille du Président de la République, qui en a réservé la primeur aux policiers, rappelons une fois de plus que c'est par un policier que le scandale est arrivé, c'est, et je cite, sanctionner financièrement et facilement les parents en mettant en place une sorte de tarif minimum dès la première connerie commise par leur enfant. L'idée du siècle. Chez les Républicains, on se surpasse littéralement.
Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, se rébelle contre l'individualisation des peines et réclame une justice politique qui envoie des signaux plutôt que de juger.
Comment fait-on ? Comment ça se met en route, cette histoire ? C'est très simple. Ça s'appelle une peine planchée, une peine minimale. Et ensuite, évidemment, les juges peuvent individualiser la peine. Si c'est particulièrement grave, ils peuvent prononcer des peines plus graves encore. Mais il faut une peine planchée. De la même façon, vous savez que la moyenne d'âge...
Excusez-moi, vous l'évaluez, à quelle hauteur cette planchée ?
J'ai dit, j'ai dit, un an de prison ferme minimum. Un an de prison ferme minimum. Et comme ça, on donne le signal que toutes les personnes qui ont autorité aujourd'hui, elles seront spécialement protégées. Parce qu'aujourd'hui, c'est elles les remparts de la République.
On va finir par oublier que c'est le geste fatal d'une personne ayant autorité qui nous a plongés dans la crise où nous sommes. Et puis finalement, nous explique Valérie Pécresse, pourquoi juger les mineurs différemment des majeurs ?
Nous avons une justice des mineurs qui n'est pas en capacité de juger, en comparaison immédiate, très rapidement, des mineurs. On n'est pas non plus en mesure de les mettre hors d'état d'union, c'est-à-dire de les enfermer dans des endroits où ils ne peuvent plus troubler l'ordre public, de les éloigner de leur quartier. Moi, je pense qu'il faut leur pourrir leurs vacances.
Encore plus loin dans l'agilité. Bruno Retailleau, sénateur LR, sort l'artillerie lourde de la stigmatisation raciste.
On connaît les causes et je veux les rappeler. Et malheureusement, je crains que le gouvernement soit tenté par la politique du chèque, une fois de plus, que les Français, que la majorité silencieuse ne comprend pas. Il y a une colère froide qui monte dans le pays parce que les gens, c'est la double peine pour les Français. Parce qu'ils ont payé dans des quartiers et maintenant, il va falloir reconstruire parce que des ensauvagers ont brûlé. On les connaît les causes. C'est l'école, l'autorité à l'école. La réponse pénale qui est totalement faible, inadaptée, notamment pour les mineurs.
L'immigration, quand j'entends Gérald Darmanin, hier à l'Assemblée nationale, dire qu'il n'y a pas de lien entre ces événements et l'immigration, bien sûr que si. Mais 90% des émissions français. Mais ce n'est pas la question. Questionnez, et j'ai questionné de nombreux maires, tous vous disent que c'est dans les quartiers, justement, où il y a des ghettos migratoires. Certes, ce sont des Français. Mais ce sont des Français par leur identité. Et malheureusement, pour la deuxième, la troisième génération, il y a comme une sorte de régression vers les origines, vers les origines ethniques.
J'ai envie de poser une question à Elisabeth Borne. Est-ce que cet homme est dans le champ républicain ? Est-ce que son parti est dans le champ républicain ? Plus généralement, n'est-ce pas là une manière de mettre des barils d'essence sur un feu déjà hors de contrôle ? Mais dans quelle France vivons-nous ? On ne peut pas dire que l'effort de transparence a été grand et que l'info a été communiquée sur le champ par le gouvernement. On a appris hier qu'un homme était décédé dans la nuit du samedi 1er juillet au dimanche 2 juillet suite à un tir de LBD.
Selon les premiers éléments de l'enquête communiqués par le parquet de Marseille hier, il semble probable que ce décès a été causé par un choc violent au niveau du thorax causé par le tir d'un projectile de type flashball. Cet impact a entraîné un arrêt cardiaque et donc la mort dans un temps proche, ajoute le parquet, qui ignore si la victime, âgée de 27 ans, participait aux révoltes qui ont explosé après le meurtre policier du jeune Naël ou pas.
Une information judiciaire du chef de coup mortel avec usage ou menace d'une arme a été ouverte tandis que la police judiciaire et l'inspection générale de la police nationale, la police des polices, ont été co-saisies selon une source preuve de l'enquête. Avant Marseille, c'est à Mont-Saint-Martin, en Meurthe-et-Moselle, qu'un homme âgé de 25 ans avait été grièvement blessé à la tête par un beanbag, sac à poids, une munition tirée par le RAID. Son pronostic vital est engagé.
C'est la première fois que cette arme et ses munitions, utilisées notamment pendant le mouvement Black Lives Matter, sont déployées dans le cadre du maintien de l'ordre en France, indique le média militant cerveau non disponible. On se souvient que l'ONU, au lendemain du meurtre de Naël, demandait à la France de veiller à ce que sa police respecte toujours les principes de légalité, de nécessité, de proportionnalité, de non-discrimination, de précaution et de responsabilité. On se souvient aussi de ce fameux communiqué des syndicats de police qui avait prévenu « Aujourd'hui, les policiers sont au combat car nous sommes en guerre », disait-il. Ça y est, c'est tombé.
Hier soir, dans la nuit de mardi à mercredi, le soutien d'Éric Zemmour, Jean Messia, a clôturé sa cagnotte en faveur de la famille du policier qui a tué le jeune Naël. 1,6 million d'euros ont été récoltés. 1,6 million. À l'heure où la France est en fracture profonde, cette cagnotte, dite de la honte, a suscité une très grande indignation à travers le pays. Une pétition a même été lancée pour la fermeture de cette cagnotte, une pétition qui a recueilli plus de 40 000 signatures sans bien évidemment que le gouvernement agisse. L'exécutif préfère s'en remettre à la justice en écoute.
Alors d'abord, ce n'est pas le gouvernement qui peut décider ou non de l'existence d'une cagnotte. C'est à la justice le cas échéant de se prononcer sur la légalité de cette cagnotte. Le fait qu'effectivement ce soit une personne proche de l'extrême droite qui ait lancé cette cagnotte ne contribue pas sans doute à apporter de l'apaisement.
Hier, sur ses réseaux sociaux, maître Yacine Bouzerou, l'avocat de la famille de Naël, annonçait dans un communiqué qu'il avait porté plainte contre Jean Messia pour trois délits, l'escroquerie en bande organisée, le détournement de fichiers de police et le recel de délits passibles de cinq ans de prison et de 375 000 euros d'amende. L'avocat estime que pour inciter les contributeurs à donner des fonds, le chroniqueur de CNews aurait utilisé des manœuvres frauduleuses, notamment l'utilisation illégale des antécédents judiciaires de Naël pour le criminaliser et créer ce mouvement de soutien.
Une nouvelle pas très bien accueillie, on l'imagine, par ce dernier qui, à son tour, envisage de porter plainte pour diffamation. Pan sur le bec, c'est par un mea culpa de France 2 que s'achève le feuilleton qui opposait la chaîne de télévision à l'ONG indépendante de journalisme d'investigation index, à qui elle avait fait dire ce qu'elle n'avait jamais dit, ce qui revenait en résumé à venir à l'appui d'une version des faits provenant supposément de l'IGPN. Anne-Sophie Lapix a reconnu l'erreur et mangé son chapeau hier au journal de 20h. On écoute.
Hier, nous évoquions l'enquête sur la mort de Naël. Nous avons pour cela utilisé le travail de l'ONG index qui a tenté de rendre le son de la vidéo plus audible mais sans parvenir à une conclusion. Les sous-titres que nous avons utilisés donnaient eux une version de l'IGPN. Nous nous excusons pour cette erreur auprès de l'ONG et de tous nos téléspectateurs.
Tout est bien qui finit bien mais souvenons-nous l'excès de version policière nuit gravement à l'information. Avant de terminer souhaitons une bonne fête de l'indépendance à celles et ceux qui nous regardent depuis l'Algérie et qui représentent 3,6% de notre audience. Et voilà c'est la fin de ce bulletin d'info quotidien qui entre dans notre programmation d'été. Nous réduisons quelque peu la voilure en effet avec la fin de l'émission Toujours debout en direct mais l'actu ne s'arrête pas et nous continuons à vous fournir dans ces moments importants nos reportages enquêtes entretiens plateaux d'analyse et de décryptage au quotidien.
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