Gérald Darmanin annonce que le prélèvement à la source a rapporté deux milliards d'euros à l'État
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Avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9 le ministre du budget et des comptes publics. Question amis auditeurs dans 10 minutes au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Gérald Darmanin, bonjour. Bonjour. Et merci d'être au micro d'Inter ce matin avant d'en venir en détail aux grands équilibres du budget 2020. Un retour sur ces 72 dernières heures de zizanie à cause du projet de suppression de l'exonération fiscale dont bénéficient les seniors pour l'emploi d'une personne à domicile. Les réactions ont été unanimement critiques. Le gouvernement a été accusé de mener une politique anti-vieux.
Hier à l'Assemblée nationale, Edouard Philippe a donc reculé et martelé que ces mesures n'entreront pas en vigueur. Vous qui aviez défendu cette mesure Gérald Darmanin comme une mesure juste compensée par la création de nouveaux droits, pouvez-vous nous dire pourquoi elle est désormais enterrée ?
Le Premier ministre l'a dit. Il a dit que la ministre du Travail n'avait pas assez concerté, ni avec les acteurs du secteur, ni d'ailleurs pas présenté sa mesure comme il le fallait. Nous avons tous entendu le Premier ministre. On appliquera ce qu'il l'a dit. Permettez-moi de vous corriger à quelques instants. C'est une exonération sociale. C'est très important. Pourquoi ? Parce que dans les 12,27 milliards, 12 milliards à peu près, du ministère du Travail, on donne des plafonds. Quand on émise du budget, on dit voilà, voici le montant de dépenses que vous ne devez pas faire. Et dedans, il y a des économies qui sont faites par les ministres.
Donc la ministre du Travail, elle a proposé 300 millions d'euros d'économies, grosso modo sur ces 12 milliards, 2% à peu près de son budget. Ce n'est pas ce qui fait vivre le ministère du Travail, qui est compensé par la sécurité sociale. C'est 300 millions d'euros de moins pour Mme Pénicaud et c'était un petit peu plus, 250 millions de plus pour la sécurité sociale.
Et alors vous allez les trouver où maintenant, les 300 millions ?
C'est ce que je suis en train de vous expliquer, c'est que pour le ministre des Comptes, il n'y a pas d'économie perdue. C'était 300 millions d'euros de moins d'économies pour Mme Pénicaud, 150 millions d'euros de plus pour la sécurité sociale et on mettait le reste dans la dépendance. Donc quand j'entends, et j'ai entendu ce matin un éditorial sur votre radio, que c'est Bercy ou que ce serait le ministre du Budget qui a proposé ce sujet, ce n'est pas le cas. Ce qui est le cas, c'est que chaque ministre a un plafond et il le respecte et il fait des propositions. Ce qui est certain, c'est qu'à la fois il y a le fond et la forme.
Sur le fond, moi je considère que l'idée de donner plus aux personnes dépendantes, par rapport aux personnes qui ne sont pas dépendantes, reste une bonne idée. Et qu'il faut continuer à concerter sur ce point et que c'est un énorme enjeu qui est devant nous. Sur la forme, il faut prendre le point du Premier ministre, la concertation n'a manifestement pas eu l'effet escompté puisqu'elle n'a pas eu tellement lieu. Et donc nous n'allons pas la mettre dans cette mesure dans le PLF.
C'est quoi ? C'est de l'amateurisme comme a dit l'opposition ? C'est un manque de concertation ? C'est un erreur de communication ? Comment vous avez fait pour vous tirer une balle dans le pied tout seul ?
Sur 437 milliards de dépenses de l'État, qu'il y ait eu 300 millions de difficultés, c'est évidemment une faute. Il faut effectivement fermer un pas trop sa culpe, fermer un coup le pas. Mais ce n'est pas non plus de l'amateurisme, il ne faut pas dire n'importe quoi. Ce qui est certain, c'est qu'il vaut mieux concerter avant, surtout lorsqu'on a des nouvelles de transformation.
Moi je le fais dans mon ministère, c'est le cas notamment lorsqu'on supprime les effectifs, 10 000 pour ce qui est concernant mon ministère, lorsqu'on met en place ce prélèvement à la source, lorsqu'il y a l'enjeu du Brexit, lorsqu'il y a des enjeux avec Bruno Le Maire sur le GNR, le gazole non routier pour les professionnels du BTP, ce n'est pas une bonne nouvelle non plus pour eux a priori. Mais il y a beaucoup de concertation en amont et ce discours de la méthode du Premier ministre, il faut que chacun des ministres en fasse tienne.
Passons au budget, enfin on y était 2020, mais un autre aspect, ce budget qui concrétise la baisse de l'impôt de 5 milliards d'euros, baisse de l'impôt sur le revenu, ciblée sur les contribuables modestes et les classes moyennes. Diriez-vous Gérald Darmanin que c'est un budget gilet jaune ?
Non, je ne dirais pas ça, je dirais que c'est un budget de baisse d'impôt sans précédent. Même le gouvernement Jospin, qui pourtant avait été très aidé par la croissance économique, n'a pas baissé les impôts autant qu'on les a baissés aujourd'hui et qu'on les baissera demain. C'est vraiment sans précédent et d'ailleurs je crois que ça explique une bonne partie de la croissance qui reste forte en France et dans les pays autour de la France. Puisque le français qui paye des impôts cette année, il va connaître l'année prochaine la suppression de sa taxe d'habitation par deuxième tiers, c'est beaucoup d'argent, à peu près 3,7 milliards.
Il va connaître la baisse de l'impôt sur le revenu, la plus grande baisse d'impôt sur le revenu jamais faite et grâce au prélèvement à la source dès le mois de janvier, il verra cette baisse alors qu'il aurait dû attendre octobre. Il va connaître les heures supplémentaires défiscalisées, l'allègement de charges sur le salaire au SMIC quand on travaille au SMIC. Il va connaître aussi les cotisations qu'on a supprimées la première année du mandat, rappelez-vous. Et ça c'est une baisse d'impôt sans précédent. Alors que les gilets jaunes aient accéléré la baisse d'impôt, c'est un fait puisque le grand débat, le président de la République, a mis des choses qu'il n'y avait pas dans son programme.
Il n'y avait pas prévu la baisse d'impôt sur le revenu, il n'y avait pas prévu la défiscalisation des heures supplémentaires.
Donc tant mieux si ça a accéléré les choses ?
Tant mieux parce que le président de la République a fait le choix de la baisse d'impôt plutôt de l'augmentation des prestations et moi je préfère toujours les baisses d'impôt aux augmentations de dépenses.
Gérald Darmanin, vous assumez aussi que le déficit sera plus fort que prévu, il sera de 2,2%. Emmanuel Macron, pendant la campagne, visait 0,5% de déficit en 2022. Cet objectif est-il abandonné ?
Cet objectif ne sera pas tenu, on n'aura pas 0,5% de déficit en 2022, mais je ne suis pas sûr qu'il faille être le petit comptable comme il y avait le petit rapporteur de Pierre Dépaule. C'est un objectif et cet objectif il traduit des politiques publiques. À un moment où on pensait que la croissance était à 1,7, elle est à 1,3, 1,4, et dans un moment où il n'y avait pas eu manifestement les contestations fiscales extrêmement fortes, et je rappelle que notamment dans le grand calcul de tout ça, il y avait la taxe carbone qui rapportait 3 à 4 milliards d'euros à l'État chaque année. Chacun a bien compris que ce n'est pas par la fiscalité qu'on allait faire de la transformation écologique.
C'est fini la taxe carbone ? Oui, c'est fini la taxe carbone.
En 2021, en 2022, terminé ?
Il n'y aura pas d'ici la fin du quinquennat d'augmentation par la fiscalité du prix de l'essence et du diesel.
Sur le manque à gagner d'un mot sur les recettes sur le budget, vous vous êtes réjouis que la réforme de l'impôt à la source que vous avez menée, et qu'on peut dire que vous avez réussi, a rapporté 1 milliard d'euros supplémentaires à l'État. C'est bien le chiffre que vous nous confirmez ce matin ?
Alors d'abord, l'impôt à la source a été réussi par les agents du ministère des Finances publiques, et non, ce n'est pas 1 milliard, ce sera 2. Parce que vous nous annoncez ce matin. C'est une très bonne nouvelle.
Il y a 1 milliard de plus dans les cas de l'État.
Oui, sans augmenter, c'est très important pour les Français qui nous écoutent, sans augmenter leur taux d'impôt par le recouvrement, c'est-à-dire faire payer les gens qui auraient dû payer l'impôt mais qui fraudaient, ou qui étaient phobiques, administratifs, ça peut arriver, on a récupéré 1 milliard de plus que ce qu'on avait prévu. C'est-à-dire 2 milliards d'euros supplémentaires, 0 à 1 point de produits intérieurs bruts, c'est beaucoup, beaucoup d'argent. Sans augmenter l'impôt des Français, on a fait une réforme qui fait rentrer plus d'argent dans les caisses de l'État.
Dans les échos ce matin, Gérald Darmanin, on lit qu'une baisse du taux de l'impôt sur les sociétés est prévue dans ce projet de loi de finances, baisse de l'ordre d'un milliard d'euros. Est-ce que vous pouvez nous confirmer cette information ?
Alors, vendredi, on présentera le projet de loi de finances avec le ministre des économies et des finances, mais Bruno Le Maire a déjà effectivement évoqué devant les professionnels qu'il y a une continuité de la baisse de l'impôt sur les sociétés et que l'objectif, c'est bien d'atteindre les 25% qui est aujourd'hui à peu près la moyenne européenne et ce que font nos partenaires allemands qui sont nos premiers partenaires.
Gérald Darmanin, beaucoup de questions encore à vous poser. Puisque vous étiez sur l'écologie et les suppressions de postes, vous nous parliez à l'instant des suppressions de postes dans votre ministère, le budget du ministère de la transition écologique va augmenter de 2,6% l'an prochain. C'est une bonne nouvelle pour les défenseurs de l'environnement. Mais en même temps, est-ce que vous confirmez la suppression de 1700 postes dans ce ministère ?
Alors, le budget va augmenter de 800 millions. En effet, plus de 2,5 milliards depuis que nous sommes arrivés en responsabilité. Il n'y a pas eu de précédent. Et par ailleurs, il y a des fonctions, notamment au ministère de l'écologie, qui, effectivement, vont être soit mutualisées avec le ministère de l'Intérieur. Donc, c'est pour ça qu'il n'y a pas de suppression de postes, comme j'ai pu le dire dans la presse nette, au point que vous l'évoquez. Mais il n'y a pas ailleurs.
Il y en a combien, soyons clairs.
D'abord, un, je ne suis pas le ministre de l'écologie. Et deux, le projet de loi de finances est présenté vendredi. Ce qui est certain, c'est qu'il y aura des suppressions de postes dans certains ministères. Le ministère de la transition écologique avec le ministère des Transports à l'Intérieur est concerné.
Elisabeth Borne a dit que 1700, c'est fantaisiste.
Et il y a un grand travail, mais je pense que c'est un point très important, il y a un grand travail de mettre des agents publics sous l'autorité du ministère de l'Intérieur. Parce que nous pensons que dans les préfectures, dans les départements, que chaque direction soit l'une à côté des autres n'est pas une bonne chose. Donc, n'ayons pas la démagogie facile et attendons le projet de loi de finances et la façon dont l'État est réorganisé.
En septembre dernier, Emmanuel Macron a formellement exclu, Gérald Darmanin, toute réforme des droits de succession. On n'y touchera pas tant que je serai là, avait-il dit. Et pourtant, vous, vous dites dans Le Parisien, il y a quelques jours, que vous souhaitez alléger la fiscalité des successions. Alors, est-ce que le président de la République a changé d'avis ?
Qu'en est-il au juste ? Alors, je vous rappelle que je n'ai pas dit un mot sur les successions. J'ai dit un mot sur les donations, ce qui est très différent. Il faut distinguer l'héritage du moment où, quand vous êtes encore vivant et que vous souhaitez donner à vos enfants, à vos petits-enfants, des donations. Il y a eu une défiscalisation qui avait été imaginée, notamment sous le gouvernement de Nicolas Sarkozy, qui avait été abandonnée sous François Hollande, mais dont les Français sont assez friands.
Est-ce que vous allez y revenir ?
En tout cas, ce ne sera pas dans le projet de loi de finances, mais j'ai eu l'occasion de dire au Premier ministre, au président de la République, que je pensais que, personnellement, c'était une bonne idée. Pourquoi ? À la condition que ça ne touche pas les plus riches, que ça touche les cases populaires et moyennes, des gens qui ont envie de donner 5 000, 10 000, 15 000, 20 000 euros. Il y a des gens qui souhaitent le faire pour leurs enfants et leurs petits-enfants, parce qu'on hérite de plus en plus tard, puisque aujourd'hui, la moyenne de l'héritage est à peu près à 50 ans.
Et quand vous voulez acheter un appartement, une voiture, quand vous voulez avoir de l'argent pour vous marier ou pour rentrer dans la vie active, les classes populaires et moyennes ne sont pas la possibilité d'être aidées par leurs parents et grands-parents, parce que la fiscalité est très importante.
Mais là, c'est une idée de Gérald Darmanin, ministre du budget, ou c'est une volonté du Premier ministre et du président de la République de revenir sur... de réformer les donations vivantes.
C'est un point très important. C'est une idée que j'ai proposée au président de la République et au Premier ministre pour les prochains budgets. Ils vous ont répondu quoi ? Il a dit qu'on allait regarder. En tout cas, le Premier ministre a eu un échange avec ses conseillers et moi-même. On va regarder pour les prochaines années.
Je ne sais pas si vous avez reçu ou lu le livre de Thomas Piketty.
Alors, je l'ai acheté, mais je ne l'ai pas encore lu.
Alors, il dit que pour résorber les inégalités, il faut taxer beaucoup plus lourdement les très très riches, comme c'était le cas de Roosevelt à Reagan. aux Etats-Unis. Il dit notamment que les milliardaires ne servent pas l'intérêt général et qu'il faudrait taxer à 90%, 90% ceux qui gagnent plus de 2 milliards d'euros. Est-ce que pour vous, c'est une idée folle ou pourquoi pas ?
Bon, d'abord, moi, je me réjouis qu'il y a des économistes français, comme M. Blanchard, comme M. Piketty, qui font partie d'une école où il y a une controverse économique et qu'elle soit entendue dans le monde entier. Je suis très heureux que des livres économiques français se vendent. Deuxièmement, je lirai M. Piketty, comme j'ai lu ses ouvrages précédents. Je ne suis pas d'accord avec...
Vous allez lire les 1300 pages ?
Je vais essayer. Je vais essayer. En tout cas, ce qui est certain, c'est que moi, je m'intéresse aux controverses économiques. Ce que j'ai compris de M. Piketty, c'est que pour lui, les inégalités sont construites par la société, si je l'ai bien compris, et qu'elles sont en soi inacceptables, et qu'il faut notamment les résoudre par des actions publiques, notamment par l'expropriation. Pas simplement, je ne voudrais pas caricaturer, mais notamment... La propriété temporelle.
Moi, je peux partager l'idée que les très très très très riches à milliards d'euros, c'est quelque chose que j'ai du mal à m'imaginer, personnellement, de là où je viens, puissent être largement contribués à l'intérêt général par la taxation. Simplement, je ne veux pas rentrer dans la facilité de ce discours ce matin chez vous. Sous le gouvernement précédent, il y en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes, comme diraient les humoristes, de pouvoir faire un taxé à 75%. Je rappelle d'ailleurs que ça n'a pas été reconnu dans notre droit. Il faudrait changer la constitution, déjà, pour arriver à ce que souhaite M. Piketty. Moi, personnellement, je n'ai pas le sentiment de jalousie.
Je n'ai jamais eu le sentiment de jalousie. Il dit que les milliardaires ne servent à rien. Vous êtes d'accord avec ça ? Il ne sert pas à l'intérêt général. C'est un discours facile. Moi, je ne voudrais pas ici défendre les... Ah, il est chiffré, son discours. Je ne voudrais pas ici défendre les milliardaires par principe. Je n'en fais pas partie. Je ne suis même pas millionnaire. Mais ce que je voudrais vous dire, c'est que je crois qu'en soi, l'idée de la politique, ce n'est pas de rendre les gens riches plus pauvres. C'est de rendre les gens pauvres plus riches.
Et donc, je crois que l'idée de la confiscation et de l'expropriation, ça ne marche pas très bien sous les gouvernements qui l'ont mis en place. Il y a eu des histoires politiques et économiques où il a fallu priver les gens des droits de propriété. Ça s'appelle des régimes communistes. Ça n'a pas très bien marché dans l'histoire.
À la lumière de ce que vous venez de dire, Gérald Darmanin, sur la réforme de l'assurance chômage, on connaît désormais l'impact établi par l'UNEDIC. La moitié des demandeurs d'emploi, 46%, va être touchée par les nouvelles modalités d'indemnisation. En clair, l'entrée dans le système est plus dure et l'allocation sera plus faible. Laurent Berger de la CFDT parle d'une tuerie, le mot est quand même exceptionnellement fort, motivée uniquement par des raisons budgétaires.
Que lui répondez-vous ? Non mais moi, je ne partage pas du tout cette opinion. La tuerie, c'est le chômage. La tuerie, c'est à Tourcoing, des chômeurs qui ont connu eux-mêmes leurs parents chômeurs et des enfants qui vont à l'école qui ne voient pas leurs parents aller au travail. La tuerie, c'est pas s'occuper des vrais problèmes de ceux qui n'ont pas trouvé de formation et qu'on considère à tort ou à raison que le système organise malheureusement le chômage. Et je vois tous les jours des chefs d'entreprise qui me disent « moi je n'arrive pas à recruter » et des chômeurs qui me disent « je ne trouve pas du travail » ou « on m'a refusé du travail ». Et il y a plein de raisons à ça.
Des familles monoparentales qui ne peuvent pas garder leurs enfants, des gens qui sont éloignés de l'emploi.
Mais si le chômage est terrible,
pourquoi rendre ces règles encore plus dures ? Mais il y a un certain nombre d'abus dans ce système. Chacun les connaît. Elles sont minimes. Non, chacun les connaît. Et notamment je prends la question du chômage des cadres. C'est un point très important parce qu'il fait partie de l'essentiel des économies que vous évoquez. Le président de la République a été très courageux parce qu'on peut considérer qu'a priori les cadres votent plutôt pour lui. Mais c'est tout ce que, notamment en Ile-de-France, si je prends cet exemple très précis, on est quasiment à zéro chômage des cadres. Et tous les patrons d'entreprises Ile-de-France ont dit « nous on cherche des cadres ».
Et on connaît tous, certains de nos amis qu'on apprécie par ailleurs, qui peut-être se disent « ben voilà, moi je suis au chômage, je vais prendre un petit peu de temps pour bénéficier de l'allocation chômage avant de reprendre un travail ». Alors que le chômage des cadres est quasiment à zéro. C'est quand même votre impôt. Non mais vous diriez que cette réforme est juste d'un point de vue social. Elle est juste. Mais cette réforme, elle est juste, d'autant que le chômage baisse depuis deux ans.
Vous savez ce qui est très étonnant dans la situation politique que l'on vit, sans doute est-ce la faute du gouvernement, c'est que nous baissons les impôts, comme jamais personne les a baissés depuis qu'Emmanuel Macron est président de la République. Et nous baissons le chômage de façon, bien sûr, c'est ce que j'évoque avec vous, depuis deux ans et demi. C'est-à-dire que les deux choses qui m'ont marqué depuis que je fais de la politique, depuis quinze ans, que je regarde la télévision et que j'écoute France Inter, c'est la baisse des impôts et la baisse du chômage. Emmanuel Macron réussit ce que n'ont pas fait ses prédécesseurs. Alors quoi, les Français sont injustes ?
Non, je ne dis pas ça, mais je réponds à la question que vous me posiez. Non, mais si vous vous interrogez,
les Français sont injustes, pourquoi est-ce que le climat social n'est pas bon ?
D'abord, les Français sont injustes, on le voit aux élections ou pas. Donc, attendons, vous savez, on a tous décrit la défaite aux Européennes qui allait venir et finalement, ce n'était pas une victoire parce que le Front National était devant, mais enfin, ce n'était pas non plus la Bérezina. Ce qui est certain, c'est que la politique économique du président de la République fonctionne, les impôts baissent comme jamais et le chômage baisse.
Avant les auditeurs, deux, trois petites questions encore. Gérald Darmanin, l'aide médicale d'État, l'AME, est-ce qu'elle coûte trop cher ?
Je ne sais pas ce que ça veut dire coûter trop cher. Ça coûte un petit peu moins d'un milliard d'euros. En tout cas, dans le budget que je vais présenter vendredi, il n'y aura pas d'économie faite sur l'aide médicale d'État. Donc, il n'y a pas prévu, il n'y a pas de prévision d'économie sur l'aide médicale d'État. Donc, vous ne touchez pas à ça,
contrairement à ce qui a été avancé puisque la porte-parole du gouvernement avait l'excitement...
Je crois que nous respectons ce que souhaite le Premier ministre dans la concertation. Nous avons mis le montant exact de l'année dernière, c'est-à-dire pas de baisse de l'aide médicale d'État. Et je crois que la ministre de la Santé et des Solidarités a commandé un rapport qui permettra de travailler avec le Parlement. Et le 37 ans, il y a un débat. Donc, moi, je n'anticipe pas cette décision. Et je laisse le même montant qu'un dernier dans le budget.
Est-ce qu'il y a des abus de l'AME ?
Il y a sans doute des abus. Il y a sans doute des abus dans beaucoup de choses. Maintenant, je considère que c'est une question très compliquée. Elle touche à l'humanité. Il y a à peu près un peu plus de 300 000 bénéficiaires. Il y a une distinction entre ceux qui touchent l'aide médicale d'État lorsqu'ils sont sur le territoire national en situation irrégulière. Puis, il y a ceux qui vont dans ce qu'on appelle la Puma. C'est émussé lorsqu'on est en situation de demandeur d'asile. Donc, il y a beaucoup de dispositifs très compliqués. Donc, il faut sans doute simplifier tout ça. Mais pour le bien aussi des gens qui viennent sur notre territoire.
Gérald Darmanin, lundi prochain à l'Assemblée nationale, il y aura le grand débat sur l'immigration voulu par Emmanuel Macron qui vient de dire à l'instant que la France ne peut pas accueillir tout le monde si elle veut bien accueillir bien. Les quotas migratoires, parce que tout est sur la table, vous y êtes favorable, vous, à titre personnel ?
Je ne sais pas répondre à cette question parce que c'est une question compliquée. En revanche...
C'est bizarre de dire ça.
Oui, je peux avoir des questions. Je peux me poser des questions. Ça me paraît normal d'ailleurs en tant que responsable politique. Mais à la fin, il faut bien prendre des décisions et il y a un débat pour ça. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a un dévoiement du droit d'asile. Ça, c'est indiscutable. Dans les cinq pays où les gens viennent le plus, il y a notamment la Géorgie et l'Albanie. C'est deux pays qui ne sont pas des dictatures. C'est une augmentation de plus de 100%, je crois, d'Albanie et plus de 500% de Géorgien depuis trois ans. 500%. Dans des pays qui sont démocratiques et qui ne sont pas...
où les gens ne peuvent pas demander le droit d'asile si on est effectivement dans une relation sérieuse avec le droit d'asile. Et donc, si on veut bien accueillir les gens qui sont vraiment persécutés dans leur pays et pas accepter l'étournement du droit d'asile, il faut peut-être qu'on se pose quelques questions. Donc, je ne sais pas si je suis pour les quotas ou pas. En tout cas, je suis pour qu'on revoie nos relations avec certains pays qui ne sont manifestement pas des dictatures.
La parole aux auditeurs de France Inter. Au Standard nous attend Marie. Bonjour Marie, bienvenue.
Oui, bonjour. Bonjour M. Darmanin. Bonjour madame. Oui. Alors, j'ai juste une question. J'habite Tourcoing. On peut souvent vous y rencontrer. Et voilà, j'ai appris que la librairie, enfin par la presse comme vous en doutent, que la librairie menaçait de fermer. Donc, j'y verrai souvent. J'ai pu parler avec la dame. Elle m'a dit qu'elle souhaitait vous rencontrer pour discuter. C'était très compliqué. Je voudrais savoir ce que vous en pensez.
Les commerces meurent à Tourcoing. C'est ça Marie ? Ah bah c'est sympa.
Surtout, oui, les commerces meurent. Mais c'est la question
que je pose. Alors, la librairie, Livre en Or.
La librairie, c'est la seule de Tourcoing.
Merci Marie pour cette question. Gérald Darmanin vous répond.
C'est d'autant plus vrai. Merci Marie de parler de Tourcoing. C'est d'autant plus vrai que c'est grâce à la municipalité qu'elle s'est installée puisque si vous vous rappelez, majuscule à l'est fermée, c'est grâce à l'aide au loyer. En Amérique, Livre en Or, que vous évoquez, a ouvert. Il se trouve que cette personne fait beaucoup plus de chiffre d'affaires, c'est ce qu'elle m'a expliqué, en vente à distance puisqu'elle a notamment des contrats avec des écoles qu'en vente à la librairie. Donc, elle se pose la question de savoir si elle reste ou pas.
Mais vous savez, il y a un grand bâtiment qui s'appelle le site de Vianne sur la Grand Place et nous travaillons avec une grande enseigne de librairie, d'ailleurs, très connue dans le Nord, je pense que vous la trouverez, pour qu'elle puisse s'installer, donc une librairie plus grande. Donc, on va essayer d'accompagner cette petite PME qu'on avait sauvée voilà six ans, notamment si elle veut continuer sur la Grand Place. N'hésitez pas, effectivement, à nous aider à consommer en centre-ville. Mais merci de ce quart d'heure tourquennoir. Je vais vous dire, Gérald Armanin,
voilà, vive Tourquen, vous vous en parlez avec des mots tendres de Tourquen. Vous avez dit que vous réserviez votre déclaration de candidature à la mairie de Tourquen le jour de la Saint-Valentin. N'est-ce pas un tulle-amour que de prévoir les rendez-vous à l'avance ?
C'est peut-être pour ça que ça ne marche pas très bien, alors oui, d'accord.
Donc, vous n'êtes pas... C'était pas une question personnelle, Gérald Armanin, manifestement, vous avez envie de me confier ce matin.
C'était une façon de vous dire que moi, je suis très concentré dans ma vie de ministre. J'ai un budget à faire adopter par le Parlement. Est-ce que c'est votre dernier budget ? Le Brexit à réussir. Et par ailleurs, je ne conçois pas la vie politique sans le terreau, sans l'humus sous les semelles, comme dirait Jacques Chirac, sans la rencontre avec madame qui peut effectivement m'interpeller et me dire c'est bien ou c'est pas bien ce que vous avez fait.
Vous lui dites quoi ce matin, madame ? Vous lui dites je serai votre prochain maire ?
Non, je lui dis que moi j'habite toujours Tourcoing. Je lui dis que je suis très heureux de me faire engueuler par mes électeurs le week-end parce que ça me change effectivement des gens que je rencontre dans les couloirs de Bercy et je pense que je rencontre non pas le pays réel, ce serait insultant, mais en tout cas, il me semble qu'un homme politique devrait passer devant les électeurs validiquement.
Vous avez compris Nicolas, non ? Oui, j'ai tout compris. La déclaration de candidature, il vous semble que
on va répéter ? Non mais on peut très bien être candidat sans être tête de liste ou sans être maire. Je suis encore premier adjoint de ma commune mais je crois encore une fois qu'un homme politique qui ne passe pas devant les électeurs il lui manque quelque chose et moi je crois que c'est très important de passer devant les électeurs.
Une question de Bruno sur l'application de France Inter. Pourriez-vous dire à M. Darmanin que chaque parent peut aujourd'hui donner 100 000 euros tous les 15 ans sans fiscalité ce qui concerne tout le monde donc aucun intérêt pour les classes populaires d'avoir une nouvelle fiscalité sur la donation à part pour aider les plus riches ?
Merci. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai. 15 ans tous les 15 ans c'est beaucoup. Écoutez moi je connais plein de gens qui gagnent 1500 2000 euros par mois je ne les considère pas comme riches qui sont des petits propriétaires à Tourcoing des petits commerçants qui ont envie d'aider leurs enfants et leurs petits-enfants et je ne vois pas pourquoi on n'essaierait pas de les aider surtout qu'on vieillit de plus en plus tard et c'est tant mieux et donc on hérite de plus en plus tard chacun voit qu'aujourd'hui si on n'a pas des parents qui les aident pour acheter un appartement ou une maison c'est compliqué.
Autre question d'André c'est bien de supprimer des fonctionnaires est-ce que M. Darmanin a déjà essayé de récupérer sa carte grise
ou son permis ? Tout à fait j'ai récupéré mon permis la semaine dernière et je l'ai commandé sur internet et en 15 jours ça a très bien fonctionné.
Franck Riester le ministre de la Culture présente ce matin la réforme de l'audiovisuel public l'entité France Média Monde regroupera donc toutes les entreprises du secteur comme France Télévisions comme Radio France. Franck Riester dit qu'en 2022 avec la disparition de la taxe d'habitation la redevance sera remplacée par un nouveau mode de financement est-ce que vous pouvez nous dire lequel ?
Je crois que Franck Riester est dans les locaux de France Info C'est bien vous faites la pub pour les concurrents Au moment où j'en parle je ne vais pas être malpoli avec le ministre de la Culture qui fait un très gros travail je ne sais pas ce qui se passera en 2022 le ministre de la Culture y travaille on y travaille d'ailleurs à deux ce qui est sûr c'est que la suppression de la taxe d'habitation on a pour l'instant trouvé une solution puisqu'aujourd'hui la redevance elle est adossée à votre taxe d'habitation on va l'adosser à votre impôt sur le revenu
Ah donc elle ne disparaît pas la redevance ?
En tout cas nous avons trouvé un moyen technique pour que nous puissions adresser aux français la redevance télé Moi je me suis déjà exprimé sur la redevance plusieurs fois Vous vous souhaitez la supprimer ?
Moi je me suis j'ai la même position de Franck Riester je considère qu'effectivement le monde du média change et que la redevance est un impôt qui correspondait à un ancien monde des médias et en même temps il faut faire attention à ne pas tuer notamment la consommation par la jeunesse de nouveaux outils donc tout ça est un petit peu compliqué Donc le ministre de la Culture travaille à une nouvelle fiscalité qui remplace celle-là qui ne doit pas augmenter en tout cas c'est le but que l'on s'est donné et je laisserai au ministre de la Culture le soin de mettre en place cette fiscalité
Xavier Bertrand dit que votre réforme des retraites est injuste hypocrite et dangereuse Vous lui répondez quoi votre ami Xavier Bertrand ?
Que j'aime beaucoup Xavier Bertrand que je trouve que c'est un très bon président de région et que je ne partage pas son opinion sur la réforme des retraites La réforme des retraites c'est une réforme très importante parce que ma génération pardon de le dire se pose des questions de savoir si elle va vraiment avoir la retraite de ses parents et de ses grands-parents Puis deuxièmement nous faisons quelque chose de très courageux en tout cas Jean-Paul Levoix fait quelque chose de très courageux qui est la fin des régimes spéciaux et qu'il y a beaucoup de gouvernements auxquels ont déjà appartenu Xavier notamment qui n'ont pas mis fin aux régimes spéciaux Ils ont fait d'autres choses très courageuses notamment l'allongement du travail sous deux gouvernements différents mais la fin des régimes spéciaux je pense que c'est quelque chose qui attendent les français depuis très longtemps
Xavier Bertrand qui n'a pas caché qui a avoué et pensé à l'élection présidentielle vous rêviez vous secrètement que Xavier Bertrand soutienne Emmanuel Macron vous lui dites quoi ce matin ?
Penser c'est pas l'annoncer donc moi j'ai surtout entendu qu'il était candidat à la présidence de la région qu'il pensait apporter sa pierre à l'édifice de son pays je le reconnais bien là moi je souhaite la réélection du président de la république je souhaite la réélection du président de la république parce que je pense que sa politique économique et fiscale est la bonne qu'il est l'homme qui peut le plus battre ce qui manifestement qu'on le veuille ou qu'on ne le veuille pas est un grand danger pour la république la montée des extrêmes et singulièrement du Front National et puis troisièmement je crois que le président de la république il n'a pas fini de démontrer qu'il va réussir à transformer le pays et ça c'est un point très important dans la concurrence mondiale dans laquelle nous sommes
Il est candidat à sa réélection ?
Je ne sais pas je ne lui ai pas posé la question et je ne suis pas sûr qu'il me répondrait Merci Gérald Darmanin
d'avoir été au micro d'Inter ce matin ministre du budget et des comptes publics et des comptes publics
et des comptes publics
Gérald Darmanin