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interviewFrance Inter — Questions politiques· 2 avril 2023 55 min

Fabien Roussel : "J'ai été élu depuis moins d'un an, et j'ai été privé de mon vote 11 fois"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter Bonjour, bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous politique du dimanche midi à la radio sur France Inter, à la télévision sur France Info en partenariat avec le journal Le Monde. Crise climatique, crise sanitaire, guerre en Ukraine, intelligence artificielle qui pose des questions éthiques angoissantes. Malgré tout cela, pour notre invité, les jours heureux sont devant nous. Non, nous ne recevons pas le psychologue Émile Coué de la Châtaigne-Rey, bien connu pour sa méthode, la méthode Coué, mais bien le secrétaire national du Parti Communiste français et on a hâte de lui demander ce qui nourrit un tel optimisme.

Nous évoquerons avec lui également sa décision de ne pas se rendre à Matignon à l'invitation d'Elisabeth Borne dans quelques jours, mais aussi la stratégie de la NUPES dont semble tirer le plus grand parti, le Rassemblement National. Fin de vie, lois de programmation militaire sont également au programme de Questions Politiques dont l'invité, vous l'avez deviné, est le député du Nord et secrétaire national du Parti Communiste, Fabien Roussel. Fabien Roussel dans un instant jusqu'à 13h en direct avec nous, mais pour commencer l'émission comme chaque semaine, le tour de table de nos trois éditorialistes évidemment préférés comme chaque semaine, autour de la table Karine Bécart de France Inter.

Bonjour Karine. Salut tout le monde. Qui s'est levé très tôt pour la matinale de France Inter, mais qui est très en forme comme d'habitude. Françoise Fressos, du Monde, qui a bien dormi ce matin, bonsoir. Bonjour. Bonjour Thomas. Bonjour Françoise. Et Cyril Gradiani de France Télévisions. Bonjour Cyril. Bonjour. Qui a bravé le marathon de Paris, qui l'a peut-être couru d'ailleurs, non ? Oui, ça se voit. Qui l'a couru, très en forme tous les trois.

1:43
Invité

Il le fait en 2h15.

1:45
Présentateur

Allez, tous les trois, un petit tour de table, tour de tête, de tête. Une tête en une d'un magazine, une nouvelle tête dans notre paysage social et politique, et une tête pas si isolée. Je commence avec la tête en une d'un magazine. Cyril Gradiani, c'est avec vous.

2:01
Invité

Et on a tous cru un poisson d'avril vendredi 31 mars, quand on a eu cette information. Une ministre de la République en une de Playboy, pour la première fois, tambourine le cabinet de Marlène Schiappa, puisqu'il s'agit bien de Marlène Schiappa. Alors Playboy, ça rappelle Pierrette Le Pen. Vous vous souvenez, c'était il y a très longtemps. Les photos étaient certes plus crues. Alors là, il ne s'agit pas de poser nue, mais d'aborder des sujets importants dans un magazine qui n'est pas connu pour promouvoir ces sujets, criant cœur, la majorité renaissance, bien gênée aux entournures et qui se serait bien passée d'une telle polémique. Elisabeth Borne n'a visiblement guère apprécié.

Et cette sortie intervient quelques jours après la grande interview d'Emmanuel Macron sur France 2 et TF1. Non, dans Pif Gadget, dans laquelle on apprend qu'un président pourrait quitter le pouvoir en cas de grave crise qui pourrait l'empêcher. Moi qui étais abonné au Figaro, aux Parisiens, au Monde, chère Françoise, s'il faut maintenant que je m'habitue à la lecture de magazines, allez disons décalés, la semaine dernière déjà, on avait eu Olivier Dussopt qui avait donné cette interview à Têtu, interrogé sur la réforme des retraites, il en avait surtout profité pour faire son coming out. En soi, ça ne peut être que saluer.

Un ministre de premier plan qui annonce son homosexualité pour la jeunesse, pour ceux qui ont tant de mal à le dire, à le reconnaître, c'est une grande avancée. Ce qui ne l'est pas, c'est la temporalité. Comme pour tous les exemples cités avant, à contre-temps, vous abîmez la cause que vous prétendez défendre. En communication politique, on le sait, tout est question de timing. Et quand vous essayez de détourner le regard des gens pour leur faire oublier les sujets tendus du moment, ça ne marche jamais.

3:34
Présentateur

D'accord, c'est clair, ça ne marchera pas, donc ça ne marche jamais. Merci Marlène. Karine Becker avec vous, on découvre ensemble une nouvelle tête.

3:43
Invité

Oui, nouvelle tête pour diriger la CGT. Sophie Binet qui succède donc à Philippe Martinez. Sophie Binet qu'on ne connaît pas ou qu'on connaît peu et qui s'est imposée sur le fil à l'issue d'un congrès cette semaine particulièrement mouvementé. Alors pas de quoi bousculer l'autorité naturelle de Laurent Berger à la CFDT. C'est lui le personnage central de l'intersyndicale avec un discours clair, son côté raisonnable, ses propos modérés. Un style en tout cas qui séduit aujourd'hui 58% des Français. 6 Français sur 10, interrogés par Rodoxa.

Laurent Berger a gagné en quelques semaines 20 points de popularité alors que celle d'Emmanuel Macron continue de dégringoler de 10 points depuis le début du conflit sur la réforme des retraites avec désormais 23% seulement d'opinions qui lui sont favorables. Alors maintenant, que va-t-il se passer mercredi ? Mercredi, tous les syndicats ont accepté de se rendre à Matignon. En réalité, ils n'ont pas accepté la date de mercredi. Ils l'ont imposé à Elisabeth Borne qui leur avait plutôt suggéré de les rencontrer en début de semaine, lundi ou mardi.

Sauf que le mercredi, c'est la veille de la prochaine journée de manifestation et il n'y a qu'un jour, vous vous souvenez des explications d'Emmanuel Macron à 13h qui avaient suffi à agacer, à exciter, bref, à remobiliser fortement les opposants à la réforme des retraites. C'est évidemment ce que vont tenter de rejouer les syndicats dans une espèce de pièce de théâtre aux portes qui vont claquer quand la Première Ministre répétera une nouvelle fois qu'elle ne reviendra pas sur le paramètre de l'âge de départ à 64 ans. Le problème, c'est que tout cela est tellement lisible, c'est tellement visible qu'on en vient à se demander pourquoi Elisabeth Borne maintient-elle ce rendez-vous ?

Manifestement, elle tient à sa posture sacrificielle. Elle veut montrer qu'elle aura tout fait pour sauver cette réforme et que rien, ou presque, ne pourra lui être reproché.

5:32
Présentateur

Et on découvrera donc cette semaine la binette de Binet. C'est amusant.

5:36
Invité

Joli.

5:36
Présentateur

Et avec vous, Françoise, une tête pas si isolée, elle est à Matignon.

5:42
Invité

Alors, c'est pour prolonger ce que dit Karine sur cette rencontre de mercredi. Du côté de Matignon, la semaine dernière, c'était un isolement complet. On s'attendait à ce qu'Elisabeth Borne cesse ses fonctions très prochainement dans l'incapacité d'élargir la majorité et de présenter une nouvelle feuille de route. Cette semaine, elle a essayé de resserrer les rangs au sein du gouvernement. Elle a rencontré Édouard Philippe, elle a rencontré Yael Brun-Privé, la présidente de l'Assemblée nationale. Elle a dîné avec des fournées de ministres. Et au fond, autour de la table, elle a quand même découvert un certain nombre de soutiens.

Parmi les ministres qui la soutiennent fermement, Stanislas Guérini, fonction publique, Olivier Grégoire, PME, Clément Beaune, transport. Au fond, au cours de ces rencontres, tous ces ministres qui n'ont pas tellement envie que le quinquennat se déporte à droite. Et vous voyez les offensives en ce moment de Darmanin ou de Lecornu. Tous ces ministres lui disent « Joue ta carte, c'est celle du désintéressement, du dialogue social. » Et c'est dans ce contexte-là que la rencontre de l'intersyndicale mercredi a lieu. Alors évidemment, elle joue gros, là, Elisabeth Borne, parce que si les syndicats claquent la porte tout de suite après la rencontre, ça va pas. C'est mon pari, hein ?

Si, en revanche, il y a une écoute et un constat de désaccord, ça sera pas trop mauvais. Si, au-delà du constat de désaccord, il y a quand même peut-être des pistes de propositions, émanant d'ailleurs des partenaires sociaux, des syndicats, sur le travail, sur les carrières, sur les salaires, peut-être qu'il y a une possibilité de poursuite. Mais vous voyez, la situation est très compliquée et encore très tendue.

7:15
Présentateur

Et une semaine à haut risque qui s'annonce, si je vous ai bien écouté, tous les trois. Et on va accueillir notre invité du jour, Fabien Roussel, et l'invité de « Questions politiques ». Bonjour Fabien Roussel. Bonjour à toutes et à tous. Et bon dimanche. Merci d'avoir accepté, justement, de passer un bout de votre dimanche en notre compagnie, en compagnie aussi de nos auditeurs et de nos téléspectateurs, dont je crois votre grand-mère.

7:46
Fabien Roussel

Tout à fait. Qui ne me regarde qu'à 97 ans, dans le Pas-de-Calais, à Béthune.

7:50
Présentateur

Alors, je viens sur l'élément le plus chaud de l'actualité, peut-être. C'est cette Convention citoyenne sur la fin de vie qui vient d'achever ses travaux. Elle préconise une évolution de la loi, alors prudente, notamment avec un effort très important sur les soins palliatifs. Mais tout de même, elle se prononce majoritairement pour ce qu'on appelle une aide active à mourir. Quelle est votre position sur ce sujet ?

8:09
Fabien Roussel

D'abord, c'est un sujet qui transcende les partis politiques, extrêmement sensible, qui touche à l'intime, au rapport que chacun a avec la mort. Ce que je retiens de ce débat, et dans l'avis qui vient d'être rendu, c'est l'unanimité de tous pour dire qu'il y a besoin de garantir à chacun l'accès aux soins palliatifs. D'abord. Je le dis parce qu'on oriente beaucoup le débat sur suicide assisté ou euthanasie, qui est un débat, effectivement, qu'il faut avoir. Les soignants, eux, souhaitent et préfèrent le suicide assisté, parce qu'ils ne préfèrent pas donner la mort.

Mais en tout cas, on ne parle pas assez de l'accès aux soins palliatifs, qui est quand même la mesure, le moyen le plus utilisé pour accompagner la fin de vie des personnes en grande souffrance.

9:09
Invité

Est-ce que vous diriez que c'est un préalable avant de toucher à la loi, c'est-à-dire de développer fortement les soins palliatifs, et ensuite de réfléchir peut-être à une aide active, ou de faire les deux en parallèle ?

9:18
Présentateur

Sachant que dans des départements, il n'y a pas de soins palliatifs.

9:21
Fabien Roussel

Alors, effectivement, c'est ce que j'allais dire. Il y a une mission d'information qui a été menée à l'Assemblée nationale. Ma collègue Caroline Fiat en a été la rapporteure. Il y a aujourd'hui 26 départements sans unité de soins palliatifs. 26 départements, dont deux des Outre-mer, Mayotte et la Guyane. Et bien souvent, ça leur tombe dessus, ce qui montre aussi le respect, le non-respect qu'il y a envers les habitants de ces territoires-là. 26 départements sans unité de soins palliatifs.

Alors que les soins palliatifs, c'est quand même le lieu, l'endroit où les personnes qui ont le risque de mourir le plus grand, c'est là où ils se rendent le plus souvent, c'est là où ils finissent leurs jours le plus souvent. Il faut donner des moyens à nos hôpitaux de développer ces services. Ça coûte cher. Et donc, effectivement, moi, je préconiserais qu'en même temps que nous modifions la loi, en même temps, il faut un engagement ferme et financier de l'État pour qu'il y ait des unités de soins palliatifs partout, qu'il y ait au moins une unité pour 100 000 habitants. C'est ce qui est préconisé dans la loi Claes-Léonetti.

Et c'est d'abord ça qu'il faut faire, parce qu'accompagner, respecter le malade, respecter son choix, notamment de ne pas souffrir jusqu'à la fin, c'est d'abord ça qu'il faut mettre en place et c'est ce que garantissent et les soignants et ces services dans nos hôpitaux publics.

10:47
Présentateur

Alors, sur la forme, c'est 184 citoyens tirés au sort qui ont réussi à débattre dans la nuance, des gens qui ont même changé d'avis en fonction des avis des uns des autres. Est-ce que c'est une leçon pour l'Assemblée nationale ?

10:59
Fabien Roussel

C'est un plus. Une leçon.

11:02
Présentateur

Vous voyez pas ce que je veux dire. Quand on voit les débats à l'Assemblée nationale, on se dit que peut-être des citoyens tirés au sort arrivent davantage à discuter, à débattre et à trouver des positions communes, ou est-ce que c'est démago de le dire ? Ah non, c'est démago de dire ça.

11:13
Fabien Roussel

Ben, vous pensez que c'est démago, vous ? Ah non, mais enfin, c'est facile.

11:18
Invité

En tout cas, l'année dernière, sur la loi Falorni, vous aviez réussi à débattre tout à fait tranquillement de ce sujet-là.

11:23
Fabien Roussel

Mais bien sûr, il n'y a pas besoin de... Mais non, mais c'est facile de dire ça. Ce qui est terrible, c'est que le Parlement soit bafoué, humilié, mais j'espère qu'on va en parler. Non, mais l'image a été un peu habitée, quand même. C'est quand même ça. Mais enfin, dans l'Assemblée nationale, dans les hémicycles, il y a toujours eu des débats passionnés. Dans l'histoire, on ne va pas refaire ici le cinéma. Là, ce n'étaient pas des débats passionnants, justement. Mais d'accord. Mais interroger le gouvernement sur les raisons pour lesquelles il a choisi l'article 47-1 pour contraindre le temps du débat sur une réforme des retraites en 20 jours à l'Assemblée, etc.

C'est d'ailleurs ce que le Conseil constitutionnel risque de retenir comme raison pour juger ce texte de loi. Toujours est-il que je respecte profondément cette convention citoyenne. Je respecte profondément que des citoyens tirés au sort puissent aussi donner leur avis. Mais de dire que c'est mieux que le Parlement, il ne faut pas pousser non plus. Ça ne s'oppose pas. Ça ne doit pas s'opposer. Et je souhaite que le Parlement soit un lieu de débat, d'amendement, de contrôle de l'action du gouvernement puisque c'est aussi notre mission et que l'on puisse voter sur des textes et pouvoir décider. Ce qui n'a pas été le cas quand même onze fois depuis le début de cette théorie.

12:34
Invité

Sur cette thématique de fin de vie, comment vous voyez l'articulation entre ce que produit la Convention citoyenne et votre rôle à vous d'élu ? C'est-à-dire, est-ce que vous souhaitez un prolongement au Parlement ? Comment vous voyez les choses ? Est-ce que vous pensez qu'il faut encore une expertise parlementaire ? Ou bien que là, vous avez la matière ?

12:52
Fabien Roussel

Il y a d'abord la Convention citoyenne, il y a le comité bioéthique aussi qui a rendu un avis. Je pense que maintenant, nous sommes outillés pour pouvoir engager les débats.

13:05
Invité

Donc vous souhaitez un projet de loi qui soit soumis au Parlement ?

13:08
Fabien Roussel

Bien sûr. Le temps de la loi est venu. De manière dépassionnée, sereine, libérée de toute pression religieuse, politique, dogmatique.

13:18
Présentateur

Ça pourrait être un référendum aussi.

13:19
Fabien Roussel

Ah oui. Vous savez que nous sommes fervents de redonner la parole au peuple à chaque fois que c'est possible sur des grands sujets de société. Et pourquoi pas ? Mais en tout cas, là, je dirais que le débat était quand même instruit. Il y a une attente de la part de nos concitoyens d'avancer là-dessus. Mais encore une fois...

13:37
Invité

Et en même temps, une grande prudence. Il y a beaucoup de diversité d'opinions.

13:41
Fabien Roussel

Mais tout à fait. Chez les soignants. Tout à fait. Y compris sur jusqu'où l'on va pour autoriser le suicide assisté ou l'euthanasie. Est-ce qu'il faut le faire pour des problèmes psychiatriques, par exemple ? Et on voit comment aux Pays-Bas, où ça a été mis en place depuis 20 ans, je crois, le nombre de personnes qui demandent l'euthanasie, il a été multiplié par 10 et ouvert aux malades psychiatriques. Ce qui pose débat aujourd'hui. Pour savoir, mais enfin, on ne se bat plus pour vivre, on permet de mourir. Et rapidement. Et ça, c'est un vrai sujet éthique. Et c'est pour ça qu'on doit avoir ce débat sereinement avec nos concitoyens.

14:15
Présentateur

Alors, en préparant l'émission pour intituler la partie qui s'ouvre sur les retraites, on a tranché pour la notion de grand flottement. Les syndicats vont être reçus à Matignon mercredi. On attend le Conseil constitutionnel dans 12 jours. Elisabeth Borne rappelle que la pause d'une loi, ça n'existe pas. Est-ce que la notion de grand flottement, elle vous semble coller à la réalité du moment ?

14:35
Fabien Roussel

Oui, encore. Je trouve ça gentil, même. Vous diriez quoi, vous ? Le chaos. C'est le grand chaos. Je l'ai annoncé, j'ai alerté sur le risque de chaos social dans notre pays si le président de la République et le gouvernement s'entêtait, restait inflexible, intransigeant par rapport au rejet des Français sur ce texte de loi. On y est. On est dans le gouvernement.

14:59
Invité

Un chaos social, il n'y a pas tant de manifestations. On sent qu'il y a une colère, mais il n'y a pas tant de démonstration de chaos. Ce n'est pas les barricades, là. Madame Présseuse,

15:09
Fabien Roussel

qu'est-ce qu'il vous faut ?

15:10
Invité

On n'a pas des manifestations tous les jours, quand même.

15:11
Fabien Roussel

Il y a des manifestations tous les jours. Vous en voulez plus, encore ? Vous pouvez me dire à quel niveau ? On n'est pas en 1995, par exemple. Vous pouvez me dire à partir de quand les salariés, le monde du travail est reconnu, devient légitime quand il s'exprime et quand il n'a pas d'autre choix pour s'exprimer que de se mobiliser. Ça l'a fait plus de 50 ans que l'on n'a pas vu un mouvement social de cette ampleur. Il y a eu 10 manifestations qui ont rassemblé plusieurs millions de manifestants. On peut partager avec la police, mais enfin, même les niveaux de la police, comparés à ceux d'il y a 10, 20, 30 ans, n'étaient pas à ce niveau-là. Donc, on n'a jamais vu ça.

On n'a jamais vu une unité syndicale, un front syndical aussi important. On n'a jamais vu dans les sondages d'opinion, je ne suis pas un fervent défenseur des sondages, mais enfin, quand même, un rejet dans tous les sondages, quels qu'ils soient, de 70% des Français, deux tiers des Français en moyenne, continuent aujourd'hui de rejeter cette retraite à 64 ans. Enfin, qu'est-ce qu'il faut de plus ? Mais de là, parler de chaos. Mais parce que le gouvernement, en refusant d'entendre ce rejet massif de la population, il crée une situation de blocage. Il se met lui-même dans une impasse et dans une situation totalement intenable. ça devient un problème démocratique profond.

Mais maintenant, tout le monde sait

16:32
Invité

qu'au fond, la porte de sortie, c'est le Conseil constitutionnel. Donc, ce flottement, c'est au fond la période qui nous sépare de la décision du Conseil qui est le... Tout le monde sait.

16:41
Fabien Roussel

Le Conseil constitutionnel va juger en droit. Il y a deux sujets. Il y a d'abord cette loi qui pourrait être jugée irrecevable parce qu'elle a utilisé un article, une loi de finances rectificative de la sécurité sociale alors qu'il n'y en avait pas d'urgence. Elle a utilisé une procédure d'urgence, le 47-1. Bref, le Conseil constitutionnel pourrait dire. Et ça, il juge en droit. Mais il ne va pas censurer des articles de la Constitution.

17:08
Présentateur

Il juge en droit. Ça n'enlèvera. Vous êtes bien sûr qu'il ne va juger qu'en droit parce que beaucoup s'inquiètent d'une décision qui pourrait être un peu politique aussi. Vous espérez

17:17
Invité

une décision politique ou pas ?

17:19
Fabien Roussel

Non, laissez-moi aller au bout. Oui. J'en prends de toute part. Mais non, mais je respecte constitutionnel et je dis que le rôle du Conseil constitutionnel est de juger en droit. Mais moi, je suis un responsable politique. Et nous, comme les syndicats, comme les Français, ce n'est pas parce que le Conseil constitutionnel validera ou invalidera et s'il dit ben non, tout va bien, que nous, pour le coup, on va dire bon ben, elle prie les gaules et c'est terminé.

Notre opposition à cette réforme que nous trouvons injuste, injuste socialement, injuste pour tous ces hommes et ces femmes qui ont une vie au travail difficile pour ces femmes qui, toujours avec leur carrière hachée, devront travailler jusqu'à 67 ans pour pouvoir bénéficier d'une pension sans décote. Bref, cette réforme, elle restera toujours injuste. Et donc, nous continuerons, bien sûr, de nous battre et de nous y opposer. Il y a un deuxième sujet qui est au Conseil constitutionnel, c'est la procédure de référendum, le référendum d'initiative partagée inscrit dans notre Constitution autant que le 49.3, pas plus, pas moins. Sauf que c'est beaucoup plus long.

18:24
Invité

La procédure est très longue.

18:25
Fabien Roussel

Bien sûr, enfin, ça existe. Alors, imaginez, imaginez que demain, il y ait cette possibilité d'obtenir un référendum et qu'il y ait une magnifique campagne citoyenne dans le pays pour obtenir ces 4 800 000 signatures pour obtenir un référendum au terme de ces 9 mois. D'abord, c'est une magnifique campagne citoyenne, démocratique, c'est le plus bel exercice. Ça n'empêchera pas le gouvernement si sa loi est validée de faire promulguer sa loi. Arrêtez d'être abat-joie de nous dire tout de suite que ça ne va pas possible, etc. Laissez-moi un petit peu d'espoir. Laissez-moi un petit peu d'espoir, s'il vous plaît. Laissez-moi un peu d'espoir. C'est votre principal espoir ?

Est-ce que le référendum, c'est votre principal espoir pour faire plier le gouvernement ? Laissez vivre et respirer la démocratie. Elle est tellement sous respiration, sous oxygène en ce moment, sous respiratoire artificiel. Le référendum, obtenir un référendum, c'est une sortie par le haut de cette crise démocratique dans laquelle nous sommes. C'est redonner la parole au peuple. C'est apaiser le pays. C'est une sortie pacifique et démocratique. Et donc, je dis, si vous pouvez me laisser finir, que permettre d'avoir ce référendum, et y compris de construire une campagne pour un référendum citoyen. On va faire campagne en disant aux gens prenez votre carte.

Pas seulement au Parti communiste, mais prenez votre carte d'électeur. Parce qu'on va réouvrir les listes électorales. Les gens vont pouvoir s'inscrire sur les listes électorales pour pouvoir voter au référendum. On va avoir un débat instruit. Le gouvernement pourra dire voilà pourquoi cette réforme est bonne. Ils viendront avec leurs arguments et nous nous viendrons pour dire les nôtres. Et syndicats, forces politiques de gauche, nous serons unis ensemble pour dire pourquoi on veut ce référendum et pourquoi nous voulons voter contre cette réforme des retraites. Mais c'est magnifique, c'est beau. Et c'est pour ça qu'on va se battre pour ça.

20:14
Invité

C'est magnifique et beau, ça serait une très belle campagne. Mais peut-être que le gouvernement vous dira bah peut-être mais moi pendant ce temps je promulgue ma loi.

20:21
Fabien Roussel

Et bien le gouvernement, alors là, c'est plus dans l'impasse qu'il va se mettre mais c'est dans l'ornière. S'il décide de promulguer son texte de loi alors qu'il y a une procédure de référendum en cours, il va se mettre dans un chaos législatif sans nom puisque dans un an, s'il y a un référendum, 4 800 000 signatures sont réunies et il y a un référendum dans un an, dans un an et demi. Qu'est-ce qu'il fait alors que la loi a été promulguée ? Qu'est-ce qu'il va dire aux gens qui auront dû faire un trimestre de plus ? Il les rend comment le trimestre aux gens ? Enfin c'est pas possible. Il ne doit pas promulguer la loi. Et l'article 10 de la Constitution d'ailleurs le dit.

L'article 10 de la Constitution dit que le président de la République peut décider de ne pas promulguer la loi et de remettre en débat des articles.

21:07
Invité

S'il décide de la promulguer, vous faites des manifestations en plus ou bien votre procédure de protestation c'est uniquement...

21:13
Fabien Roussel

Il ne vous aura pas échappé que les manifestations ce n'est pas nous qui les décidons, c'est l'intersyndical et vous savez que nous au Parti Communiste français particulièrement, nous sommes très respectueux de cet intersyndical, de ses choix et donc ce sont eux qui décideront de la poursuite et s'il y aura d'autres manifestations. En tout cas en ce moment il y a encore des salariés en grève. Vous le souhaitez ? En tout cas en ce moment il y a encore des salariés en grève.

Il y a les raffineurs, il y a les énergéticiens EDF, il y a des verriers, il y a encore des professions qui ont des métiers difficiles, qui travaillent de nuit où la pénibilité n'est pas reconnue et qui se battent pour ne pas subir cette réforme des retraites. Je leur rends hommage et il faut les écouter et il nous faut sortir par le haut de cette crise profonde dans laquelle est le pays.

21:56
Invité

Mais sortir par le haut par exemple c'est ne pas passer par la case Matignon la semaine prochaine alors que vous y êtes invité ?

22:01
Fabien Roussel

Alors écoutez, je vais vous faire une révélation. il n'y a pas de volonté de notre part de ne pas respecter les institutions. Et j'ai eu l'occasion de le dire directement à la première ministre puisque j'ai échangé avec elle hier pendant une vingtaine de minutes au téléphone pour lui dire directement la raison pour laquelle nous parlementaires communistes nous déclinons son invitation. Non pas parce que nous ne voulons pas parler avec elle et d'ailleurs je lui ai dit regardez nous parlons. C'était à sa demande ? C'est elle qui m'a appelé et j'ai vu que c'était la première ministre je l'ai prise au téléphone bien sûr et nous avons parlé.

Et donc nous avons parlé du texte de loi nous avons parlé et je lui ai demandé je lui ai dit madame la première ministre est-ce que si on vient vous voir vous mettiez sur la table la réforme des retraites et donc la pause la non-promulgation la suspension etc. Non. Non. Elle m'a dit clairement que l'ordre du jour n'est pas de mettre sur pause la réforme des retraites.

23:01
Invité

Donc les syndicats ont tort d'il y avait ou pas ?

23:02
Fabien Roussel

Ah non non. Je respecte les syndicats ils vont y aller et ils vont entendre ce que moi j'ai entendu de la bouche de la première ministre il n'y a rien à discuter sur cette réforme des retraites. Oui mais il y a des... Et quand la première ministre me dit de toute façon il faut attendre le conseil constitutionnel il faut attendre le 14 avril alors qu'est-ce que ça va faire ? Pourquoi on se voit avant le 14 ?

23:22
Invité

Parce qu'il y a quand même

23:23
Fabien Roussel

tout à l'enfer attendez. Mais quand je lui dis mais si le conseil constitutionnel invalide quelques articles les articles que vous présentez comme étant les articles positifs etc qui est un petit peu la pommade pour une réforme très très dure et qui fait mal vous faites quoi ? Ah bah il dit on la maintient quand même alors je lui ai dit vous avez la peau dure vous êtes coriace et alors quel espace de discussion nous avons ? Zéro. C'est pas une porte qui s'ouvre dans laquelle on met le pied c'est une porte fermée que l'on a encore c'est pas possible.

23:52
Invité

Mais il y a quand même tout ce qu'on appelle involer sur la pénibilité l'emploi des seniors le partage de la valeur les salaires les bas salaires ça vous dit qu'il n'y a aucun grain on ne veut pas en entendre parler de ça.

24:05
Fabien Roussel

Mme François j'ai déposé à l'Assemblée Nationale un texte de loi demandant de rétablir l'échelle mobile des salaires et d'indexer l'ensemble des salaires sur l'inflation pour que tous les salaires évoluent et pas seulement le SMIC nada rien niète zéro aucune discussion de quoi voulez-vous qu'on parle ?

Enfin aujourd'hui les français demandent le retrait de cette réforme nous n'avons qu'une vie nous n'avons qu'une vie et cette vie eux ils nous demandent de la remettre encore au travail deux ans de plus quand les vies pour beaucoup elle est brisée justement sur l'atelier de travail sur les poubelles qu'on tire dans les usines sur les chaînes de montage de Renault de Peugeot et nous nous n'avons qu'une vie ils nous la brisent la seule chose que demandent les français c'est que l'on retire cette réforme et tous les darmanins du monde et tous les macrons du monde ne diront ne pourront pas faire taire un peuple qui exige de la justice sociale ils pourront faire tout ce qu'ils veulent nous continuerons de nous battre pour exiger ce respect ce respect du monde du travail et donc nous continuerons jusqu'au bout pour demander le retrait de cette réforme

25:12
Présentateur

France Inter Hashtag Question Paul Fabien Roussel l'invité de Question Politique jusqu'à 13h vous parliez justement de Gérald Darmanin on sent bien que le gouvernement est pressé un peu de passer à autre chose ce matin dans le journal du dimanche une charge très lourde du ministre de l'Intérieur évoquant le terrorisme intellectuel de l'extrême gauche ciblant en particulier les parlementaires de la NUPES et évoquant la naissance d'une section anti-ZAD comment est-ce que vous entendez tous ces propos du ministre de l'Intérieur ?

25:47
Fabien Roussel

D'abord je souhaiterais qu'il n'y ait pas d'amalgame entre ce qui s'est passé à Sainte-Sauline et les mobilisations puissantes et pacifiques qui se sont déroulées depuis plus de deux mois dans le pays contre cette réforme des retraites

26:00
Invité

C'est pas la même tension ? C'est pas la même atmosphère ?

26:02
Fabien Roussel

Je sens qu'il y a un glissement qui est en train d'être fait sur les deux sujets qui n'ont rien à voir rien à voir parce que la manière dont l'intersyndical a organisé ce mouvement a planifié ces manifestations les a déclarées les a déclarées avec les forces de police le ministère de l'Intérieur et elles se sont toutes sauf les dernières là mais on peut en parler pourquoi mais elles se sont toutes déroulées dans les plus belles manières dans 300 villes de France depuis deux mois il y a des manifestations qui se déroulent de la plus belle des manières alors je le dis tranquillement monsieur Darmanin pas d'amalgame entre ce qui s'est passé et la violence dure qui s'est déroulée à Sainte-Soline et le calme et la détermination des salariés qui s'opposent à cette réforme dans 300 villes de France depuis plus de deux mois vous avez le sentiment

26:49
Présentateur

que le gouvernement je ne sais pas si c'est le mot mais espère en tout cas cet amalgame dans la tête des français oui

26:56
Fabien Roussel

tout est fait aujourd'hui pour substituer aux images des manifestations des manifestants pacifiques bienveillants joyeux parfois en famille tout est fait pour substituer à ces images celles des black blocs et des affrontements avec les forces de l'ordre et et c'est terrible parce que je vois bien le jeu auquel joue le gouvernement de diviser les français de faire monter l'opinion contre les organisations syndicales contre le mouvement en utilisant les incidents en utilisant les incidents de Sainte-Soline

27:29
Invité

il cible Jean-Luc Mélenchon oui est-ce que vous trouvez que c'est excessif

27:33
Fabien Roussel

mais qu'il mais qu'il parle avec Jean-Luc Mélenchon je ne suis pas le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon loin de là non mais est-ce que c'est un homme éminent de la NUP Jean-Luc Mélenchon oui mais aujourd'hui j'en veux surtout à ces déclarations du gouvernement qui quelque part souhaitent transformer retourner l'opinion contre les organisations syndicales et contre ce mouvement pacifique qui est organisé en opposition à cette réforme des retraites et c'est terrible de faire ça ils souhaitent briser le mouvement et diviser les français nous ne tomberons pas dans ce jeu là et puis vous savez la répression syndicale parce que je peux parler aussi des syndicalistes qui sont arrêtés chez eux et emmenés et placés en garde à vue je pense à mes camarades d'EDF qui ont été placés en garde à vue parce qu'ils ont placé en heure creuse des familles qui étaient en heure pleine pour montrer qu'ils étaient les robins des bois je pourrais parler des réquisitions qui sont faites pour empêcher les éboueurs de poursuivre leur mouvement ça cette répression que le gouvernement joue pour éteindre le mouvement oui je la dénonce et je pense que monsieur Darmanin devrait plutôt s'interroger sur le respect de notre démocratie dans notre pays et je lui pose une question pourquoi après dix manifestations pacifiques puissantes comme jamais on a vu dans notre pays nous ne sommes toujours pas entendus peut-il imaginer un seul instant que cela ça ça peut provoquer de la colère

29:05
Invité

mais Fabien Roussel les images de Sainte-Soligne elles existent la montée de la violence elles existent mais on peut parler

29:12
Fabien Roussel

de Sainte-Soligne donc on change de sujet et on peut parler de Sainte-Soligne on vous a posé la question sur Sainte-Soligne moi sur Sainte-Soligne mais je l'ai dit je peux le redire ici il n'y a pas d'exclus il n'y a rien j'ai déjà dit que cette violence qui est utilisée par les black blocs pour faire passer des black blocs ou des groupes ultra violents non des groupes ultra violents cette violence faire passer un message par la violence je le condamne je ne le soutiens pas je ne suis pas d'accord je ne lui trouve aucune excuse à celles et ceux qui font ça je ne leur trouve aucune excuse

29:43
Invité

est-ce que ce n'est pas le meilleur moyen quand même de se faire entendre quand on a fait 10 manifestations pacifiques où effectivement vous n'avez rien obtenu

29:50
Fabien Roussel

je dis ce qui est terrible c'est qu'après vous faites le lien avec des manifestations pacifiques des retraites ce n'est pas le sujet on parle de Sainte-Soligne ce que je regrette c'est que dans notre société aujourd'hui on ne se parle plus on ne se parle plus nous sommes une société

30:07
Invité

il n'y a pas de responsabilité des deux côtés

30:08
Fabien Roussel

mais peut-être nous sommes dans une démocratie malade une démocratie malade en fin de vie et où je suis meurtri qu'à cause de cela il y ait des gueules cassées des gens amochés abîmés qu'ils soient manifestants ou qu'ils soient gendarmes ou policiers parce que je pense autant à l'un qu'à l'autre autant à leurs familles qui aujourd'hui sont à leur chevet et je regrette que dans ma France dans mon pays on en arrive à ce niveau d'affrontement et de violence parce que nous ne nous parlons plus c'est le dialogue qui doit primer la démocratie c'est pas seulement une constitution des règles un 49-3 et donc ça s'applique la démocratie c'est aussi un sens du dialogue que l'on doit avoir et notamment quand on est chef de l'état quand on est ministre de l'intérieur quand on est première ministre et quand on est un député communiste on défend ce sens du dialogue du respect du débat de l'apaisement d'abord et je n'appelle pas moi je n'appelle pas moi

31:11
Présentateur

à des manifestations violentes mais quand quand Elisabeth Barne veut prendre la parole et que des députés de votre bloc l'empêchent de s'exprimer est-ce que c'est pas empêcher aussi le fonctionnement quand Jean-Luc Mélenchon

31:21
Invité

c'est tout pour que la NUPES ne vote pas sur l'article 7 à l'Assemblée nationale est-ce que ce n'est pas de la violence est-ce que c'est pas une contestation

31:29
Fabien Roussel

j'ai eu l'occasion de m'exprimer là-dessus mon groupe a eu l'occasion André Chassaigne a eu l'occasion et moi je l'ai dit j'ai regretté nous avons regretté j'ai regretté le parti communiste français a regretté profondément que nous n'ayons pas eu le débat sur l'article 7 et même moi je le disais de voter comme nous le demandait l'intersyndicale car là nous aurions vu que le gouvernement était en difficulté et il aurait peut-être eu à utiliser le 49-3 bien avant je le regrette profondément l'hémicycle l'Assemblée Nationale doit être un lieu de débat

32:00
Invité

est-ce que certains ne jouent pas avec le feu et là je cite Jean-Luc Mélenchon est-ce qu'ils ne jouent pas avec le feu en contestant le rôle du Parlement peut-être le rôle du conseil constitutionnel plus tard est-ce qu'il n'y a pas une déstabilisation

32:13
Fabien Roussel

de la situation il y a certainement cette responsabilité là de la part de ceux qui veulent bordéliser l'Assemblée Nationale et en faire un lieu de foire je le dis vous êtes d'accord avec Germain je le redis aussi je redis aussi et d'ailleurs je l'ai dit à la première ministre hier quand elle me dit mais pourquoi vous ne voulez pas me parler je dis mais je ne veux pas je vous parle là mais entendez entendez notre colère de parlementaire je suis élu depuis moins d'un an j'ai été privé de mon vote onze fois et je l'ai été privé sur une réforme majeure qui est celle de la réforme des retraites comment voulez-vous nous ne nous sentons pas respectés comment voulez-vous qu'on vous respecte comment voulez-vous qu'il y ait un dialogue entre nous quand nous-mêmes nous sommes à ce point humiliés et bafoués quand je rentre dans ma circonscription comme là hier j'étais encore au repas d'une association sportive mais je fais ça tous les week-ends les gens m'interpellent les gens m'interpellent en me disant mais c'est un dictateur Macron ce gouvernement est autoritaire on n'est plus en démocratie alors moi je je ne veux pas dire que je modère mais je me prends ça moi on me dit monsieur Roussel mais vous ne servez à rien vous vous ne votez plus à quoi ça va servir de voter maintenant vous vous rendez compte à quel point le pays est abîmé la violence du 49-3 j'entends monsieur Darmanin qui parle de terrorisme intellectuel mais la violence du 49-3 et la violence pour ceux à qui on va demander de travailler deux ans de plus quand ils ont déjà le dos brisé les bras cassés cette violence-là la violence quand on n'écoute pas un mouvement social aussi puissant que l'on n'a pas vu depuis 50 ans mais vous imaginez un peu ce que ça peut représenter le problème quand même j'ai expliqué ça à la première ministre le problème quand même

33:49
Invité

c'est que cette semaine en Espagne ils votent la retraite à 67 ans

33:53
Fabien Roussel

ah oui c'est incroyable ça comme d'autres pays européens mais bien sûr mais vous avez creusé un petit peu vous allez voir comment ça se passe vous avez vu un petit peu que dans ces pays où on met la retraite à 65 ou 67 ans on peut aussi partir dès qu'on a 40 ou 42 annuités vous avez vu qu'il y a deux manières de calculer vous avez vu aussi que dans ces pays où ils ont déjà mis en place la retraite à 65 et 67 ans le niveau de pauvreté chez les retraités et vous savez pourquoi parce que comme ils peuvent pas atteindre cet âge là pour partir ils partent plus tôt avec des décotes résultat des courses ils sont pauvres plus tôt et plus que chez nous et bien moi ce n'est pas ce que je veux pour mon pays je ne veux pas de retraités pauvres il y en a déjà beaucoup aujourd'hui moi ce que je veux c'est qu'après une vie au travail et nous nous proposons 37 années et demie de cotisation après une vie au travail que nous ayons droit à une vie de bonheur et nous disons qu'il y a suffisamment de richesses produites dans notre pays et en plus ces richesses c'est nous qui les produisons nous disons qu'il y a suffisamment de richesses produites dans notre pays pour garantir à chacun le progrès social une retraite juste dès 60 ans et nous disons même qu'on peut même produire plus de richesses dans notre pays si nous réindustrialisons la France si nous garantissons un emploi à chacun et à chacune si nous garantissons l'égalité salariale entre les femmes et les hommes enfin mais pourquoi tous ces pans-là de notre société nous ne l'abordons pas

35:16
Invité

le Macron vous prenez les trois objectifs de Macron Macron plein emploi

35:21
Fabien Roussel

égalité hommes-femmes bonjour parlons-en c'est peut-être pas la même le plein emploi le plein emploi il est où ? il est loin la industrialisation

35:32
Invité

elle s'amorce

35:33
Fabien Roussel

mais vous rigolez quoi non mais vous voulez que je vous emmène avec moi dans mon tour de France madame Fresseuse avec plaisir voir celles et ceux qui le perdent leur emploi en coulisses sans rien dire parce que par exemple à Peugeot on supprime 1200 emplois en départ volontaire parce que à Michelin on supprime 1700 emplois en trois ans en départ volontaire là 300 cette année est-ce que cette crise il y a eu un million on m'a dit on me dit c'est énorme celle-là non je la fais parce que celle-là je l'adore il y a eu un million de créations d'entreprises c'est énorme on est champion du monde 652 000 auto-entrepreneurs ont été créés en fait c'est plus des entreprises qui se créent c'est des auto-entreprises les gens se créent des micro-entreprises enfin c'est pas l'industrialisation du pays ça quand Renault et Peugeot continuent de délocaliser la production de leurs véhicules en Chine après on peut alors faire la guerre enfin toujours est-il qu'on continue d'envoyer nos productions de voitures là-bas donc franchement il faut arrêter hier j'étais avec les salariés de Bénédicta à Seclin ils me disent on est en lutte pour la retraite ben non pour les salaires et parce qu'on vient d'apprendre que le groupe vient d'investir en Espagne pour faire la même chose qu'on produit ici mais c'est Bridgestone qui va se passer c'est ça la réindustrialisation du pays

36:51
Présentateur

avec l'argent public est-ce que ces électeurs ces travailleurs de Bénédicta ou d'autres vous craignez qu'ils tombent dans les bras du rassemblement national non

36:59
Invité

pourtant c'est ce qui se passe depuis quelques années et ce qui pourrait se passer dans les prochaines années vous craignez pas ça veut dire deux choses non non

37:08
Fabien Roussel

mais parce que je circule beaucoup je dirais j'écoute beaucoup là je viens de finir un tour de France où je suis allé dans toutes les régions de France dans les sous-préfectures justement rencontrer des salariés et des français qu'est-ce que je constate sur ces deux mois de lutte dans laquelle nous sommes encore c'est que beaucoup de gens qui ont manifesté sont pas tous de gauche dedans il y a des gens qui votent plus dégoûtés de la politique et il y a même des gens d'extrême droite ces personnes ces salariés ces hommes et ces femmes qui manifestent écoutent ils découvrent à travers la lutte le débat qui existe dans le pays entre le capital et le travail ils ont entendu les arguments des syndicats ils ont entendu les arguments des syndicats disant qu'il y a d'autres moyens de financer la réforme des retraites et le progrès social les richesses les milliardaires les bénéfices le capital ils ont entendu les forces de gauche nous avons fait plus de presque 100 meetings ensemble et nous avons expliqué aussi comment on a défendu des amendements pour financer autrement une réforme des retraites etc et donc ils vont devenir

38:10
Invité

de gauche ?

38:10
Fabien Roussel

non je pense que les consciences ont bougé je pense que les consciences ont bougé entre les deux projets qu'il y a défendus par le capital qui fait du travail une source de profit et nous la gauche et les syndicats qui font du travail une source de richesse d'émancipation pour répondre aux besoins du pays et Marine Le Pen là-dedans c'est quoi son projet ? parce que les gens on en débat dans les manifestations c'est quoi le projet de Marine Le Pen ? c'est je supprime les cotisations sociales pour augmenter les salaires ah bon ? que devient la sécurité sociale ?

nada rien elle va transformer la sécurité sociale en une grande assurance privée parce qu'il n'y aura plus rien pour la financer et donc nous le disons partout aux salariés le Front National c'est le meilleur allié du capital avec elle finit la sécurité sociale parce qu'il n'y aura plus de cotisation et donc je leur pose la question à chaque fois à ceux qui pensent au Front National c'est quoi le programme Marine Le Pen de l'extrême droite comment aller financer la sécurité sociale ?

pour la retraite zéro vous n'allez pas faire une fake news vous aussi c'est ce qu'elle dit non mais soyez précise c'est la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler à 17 ans entre 17 et 20 ans sinon c'est 62 ans et 42 annuités mais enfin c'est quoi cette réforme c'est quasi ce qu'on a aujourd'hui c'est rien du tout donc elle tue la sécu elle n'arrange rien pour les salariés pour les ouvriers pour l'égalité salariale entre les femmes et les hommes pour les carrières hachées elle ne revient pas sur cette date de 67 ans donc vous nous dites

39:37
Invité

que c'est la gauche qui est la gagnante sur la séquence

39:40
Fabien Roussel

et sa proposition pour financer les retraites faites des mômes elle transforme les femmes en utérus mais enfin c'est travail famille patrie l'extrême droite n'a pas changé c'est le retour de Pétain mais il faut le dire en français et ce combat là ça nous le disons nous l'expliquons français et je pense que les consciences ont évolué alors peut-être que Marine Le Pen surfe en tête des sondages mais on peut regarder aussi qui il y a derrière et derrière il y a les responsables syndicaux qui ont montré leurs grandes responsabilités et je leur rends hommage il y a derrière des responsables politiques de gauche dont je fais partie humblement avec d'autres il y a les parlementaires de gauche du Sénat de l'Assemblée nationale et bien je dis qu'il y a une équipe aujourd'hui il y a une coalition et nous sommes prêts nous sommes nous le visage de ceux qui pourraient demain gouverner et enfin mettre des réformes de progrès social les réformes des jours heureux pour notre pays c'est tout mon combat

40:40
Invité

elle est fragile quand même encore l'équipe de 2027 que vous dessinez là non ?

40:43
Fabien Roussel

moi j'ai confiance parce que je suis

40:45
Présentateur

communiste donc optimiste ah justement tiens votre livre j'avais envie d'y lire quand même les jours heureux sont devant nous c'est une posture cet optimisme c'est une façon de se présenter au monde ou c'est une chose que vous avez vraiment chevillé au corps ?

40:58
Fabien Roussel

parce que j'ai l'air d'une posture

40:59
Invité

on essaie de ne pas répondre aux questions qu'on nous pose nous mais enfin

41:05
Fabien Roussel

mais enfin mais ce serait terrible et mortifère si on ne portait pas l'espoir d'un changement pas d'une alternance mais d'une alternative à notre pays de répondre à ce besoin d'humanité on a besoin de retrouver le goût de l'être humain d'aimer les gens de se mettre au service de la communauté nationale et pas au service d'une minorité c'est ce projet que nous portons ensemble quelle minorité ? une minorité d'actionnaires une minorité de financiers c'est ceux pour qui travaille monsieur Macron et les autres d'ailleurs Macron lui qu'est-ce qu'il fait ?

il soigne son CV parce qu'il a fini le job dans trois ans et il veut être pris c'est le président LinkedIn que je l'appelle donc c'est tout mais nous nous portons un projet d'émancipation humaine de fraternité de réconciliation de la France c'est pour ça que je parle de jours heureux parce qu'on en a besoin je mets à chaque fois une petite note de bas de page nous c'est qui ?

d'abord nous le parti communiste français parce que nous sommes porteurs de ça ça va être au coeur de notre congrès qui se tient dans dix jours à Marseille je présenterai à l'issue de nos travaux le projet que nous portons pour la France une France libre forte et heureuse comme ça je vous donne déjà la structure et ensuite et ensuite et ensuite comment peut-on rêver d'une France heureuse dans ce moment ? c'est d'abord les communistes et le nous c'est nous et ensuite nous nous voulons avec les autres forces de gauche progressistes républicaines de notre pays

42:36
Invité

donc pas les insoumis donc pas les insoumis construire une alternative vous mettez l'accent sur les républicaines et nous le disons

42:40
Présentateur

alors là les gens ne le voient pas la téléptate mais moi j'ai vu un petit sourire pas du tout quand vous avez dit nous voulons construire

42:52
Fabien Roussel

une union des forces de gauche et écologistes pour pouvoir ensemble dire que nous sommes prêts à gouverner et je rajoute et c'est très important et nous souhaitons le faire ça c'est la parole communiste mais je pense qu'elle est plutôt partagée nous souhaitons le faire en accord en phase en lien avec les organisations syndicales c'est une grande différence avec monsieur Macron et avec madame Le Pen qui n'aime pas les syndicats oui mais moi c'est la réponse que je vous fais c'est à dire

43:22
Invité

quand vous parlez de républicaines est-ce que vous considérez que certaines composantes de la NUP aujourd'hui ne sont pas républicaines et que vous ne pourriez pas gouverner

43:29
Fabien Roussel

je pense qu'on a des ajustements des éclaircissements à faire sur la manière dont nous devons et respecter les institutions et en même temps exprimer notre volonté de les transformer ce qui est notre cas moi nous nous respectons les institutions nous souhaitons aussi les transformer et le faire de manière démocratique et sans sans violence sans insurrection

43:50
Invité

soyons clairs vous visez Jean-Luc Mélenchon dans ce que vous dites

43:54
Fabien Roussel

est-ce que j'ai parlé de Jean-Luc Mélenchon c'est vous qui m'en parle moi j'en parle on sent que ça vous agace quand on en parle mais pas du tout mais c'est parce qu'en fait pour tout vous dire c'est que la manière dont nous concevons le rassemblement c'est d'abord avec les français c'est ensuite avec les forces de gauche et de progrès disponibles et pour nous il n'y a pas d'homme providentiel et pour nous il n'y a pas d'homme providentiel quel qu'il soit y compris je ne me l'applique à moi ni homme ni femme d'ailleurs il n'y a pas d'homme providentiel vous imaginez que derrière ce puissant mouvement

44:25
Invité

c'est un peu le principe d'un cinquième république quand même l'homme providentiel

44:27
Fabien Roussel

excusez-nous mais cette cinquième république qui tourne autour d'un homme on voit quel mal elle nous fait aujourd'hui quand cet homme s'arroge tous les pouvoirs il s'enferme il se confine dans son palais à l'Elysée et qu'il vit hors sol monsieur Macron et donc il faut revenir là-dessus et c'est pour ça

44:42
Invité

vous êtes d'accord avec Jean-Luc Mélenchon

44:43
Fabien Roussel

bien sûr mais c'est pour ça que je vous dis qu'on trouvera avec les collègues de gauche avec qui je siège à l'Assemblée Nationale le moyen de converger sur cette république que nous voulons construire mais l'exigence démocratique qui s'affirme aujourd'hui le rejet de monsieur Macron l'homme isolé seul dans son palais son mépris et bien ça fait naître un autre désir que nous souhaitons porter nous c'est le désir d'avoir le respect des français mais porté par une équipe c'est pas un homme ou une femme qui doit représenter le changement non on veut nous moi ce que je souhaite c'est que nous soyons représentés par une équipe par des visages et quand je vois ces deux mois de meeting en commun que j'ai fait avec mes collègues insoumis écologistes socialistes mais aussi de la gauche républicaine et citoyenne de génération avec des syndicalistes mais je me dis mais quelle force nous avons en France le progrès social le changement il est là c'est nous tous et nous autres comme on dit dans le nord nous sommes là et ce sont tous ces visages que je souhaite présenter aux français pour dire regardez l'alternative il est là le changement il est à portée de main

45:53
Invité

mais les syndicats vont pas si bien si on observe ce qui s'est passé notamment cette semaine congrès de la CGT on a un syndicat qui apparaît en miettes donc comment est-ce qu'il va réussir à se relever

46:02
Fabien Roussel

je n'ai pas cette même lecture je trouve que les syndicats vont plutôt bien Laurent Berger Philippe Martinez Frédéric Souillot François Omry Benoît Thèse de la FSU cette inter-syndicale avec ces organisations de jeunesse ont montré justement comment ils ont été merveilleux d'entente d'unité et aujourd'hui encore et Sophie Binet qui arrive à la tête de la CGT c'est une très bonne nouvelle c'est quelqu'un que je connais que j'ai déjà rencontré et à l'issue de ce congrès il y a une CGT soudée avec un bureau confédéral solide avec beaucoup de personnalités à l'intérieur de gros syndicats c'est une chance pour notre pays d'avoir une CGT unie et toujours présente au sein de cette inter-syndicale Sophie Binet sera demain matin à 8h20 sur l'antenne mais vous savez que ce mouvement des retraites pendant deux mois on n'a jamais autant travaillé ensemble nous en tout cas les communistes les parlementaires communistes je pense à Eliane Assassi André Chassaigne Pierre Daréville nous avons quasiment parlé tous les jours aux responsables syndicaux ça a noué des liens c'est ça que je veux faire passer comme message ça a noué des liens entre nous tellement forts entre responsables politiques on se connait on se parle tous les jours mais le jeu a bougé au sein des syndicats

47:15
Invité

on n'a plus de syndicats réformistes

47:16
Fabien Roussel

est-ce que c'est un problème

47:17
Invité

ou pas ça par exemple

47:18
Fabien Roussel

c'est quoi un syndicat réformiste mais c'est quoi ça il y a des syndicats pourquoi il y a des je ne sais pas la CFDT était réputée

47:27
Invité

pour être un syndicat réformiste c'est-à-dire capable de discuter de négocier avec un gouvernement parce que vous connaissez un syndicat

47:34
Fabien Roussel

qui n'est pas capable de discuter

47:35
Invité

je connais des syndicats plus radicalisés plus radicaux

47:39
Fabien Roussel

et donc aujourd'hui on a une CGT je pense qu'en fonction des sujets ils décident de signer ou de ne pas signer un accord c'est tout mais ils sont tous dans la discussion ils participent à toutes les discussions à toutes les invitations sauf que là ils sont comme nous parlementaires humiliés bafoués mais c'est la rupture qu'il y a avec ce gouvernement comment un gouvernement peut-il encore gouverner quand il a rompu tous les liens avec les organisations syndicales

48:05
Présentateur

alors vous vous sentez humilié bafoué vous n'irez pas voir Elisabeth Borne martyrisé mais je serai libéré martyrisé libéré tout à fait Paris en revanche vous irai devant l'Elysée manifester

48:15
Fabien Roussel

c'est quoi non c'est pas une manifestation je voudrais rassurer toutes celles et ceux qui s'inquiètent je l'ai dit à la première ministre nos stress tout va bien se passer

48:22
Invité

elle était inquiète

48:23
Fabien Roussel

vous citez même du Gérald Darman oui je lui dis tout va bien se passer pas de problème respectez nous respectez la démocratie et tout va bien se passer les parlementaires sains de leurs écharpes seront devant l'Elysée pour remettre une lettre de manière solennelle au président de la république lui demandant enfin de prendre la main et de retirer cette réforme des retraites nous le ferons dans le respect des institutions il ne s'agit pas de manifester vers l'Elysée mais nous allons nous retrouver devant l'Elysée à 11h pour remettre cette lettre et une délégation sera reçue voilà de la manière la plus correcte et républicaine qui soit et c'est tout ce que nous faisons

49:10
Invité

vous allez être reçu une délégation sera reçue nous en avons fait la demande

49:15
Fabien Roussel

et ça se construit oui

49:16
Présentateur

oui allez quelques questions pour terminer l'émission votre regard sur la loi de programmation militaire Sébastien Lecornu sera discuté mardi mais Sébastien Lecornu a défini les grandes lignes ce matin dans le parisien on évoque un nouveau porte-avions qui remplacera le Charles de Gaulle on évoque aussi un doublement du budget militaire vous évoquez tout à l'heure une France libre est-ce que pour vous ça correspond à cette idée de la liberté de la France que vous faites ?

49:39
Fabien Roussel

vous savez qu'une France libre c'est l'honneur du parti communiste français ça a toujours été de dire que nous avions besoin d'une défense nous avons besoin de préserver les intérêts du pays de protéger nos ressortissants qui sont à l'étranger pour ça nous avons besoin d'une armée d'une armée qui soit modernisée formée et nous étions nous plutôt favorables au service national plutôt qu'à une armée de professionnels ça a contact c'est passé voilà aujourd'hui on en est là en tout cas aujourd'hui je siège à la commission défense de l'Assemblée nationale et donc j'ai eu l'occasion d'en parler avec le ministre Lecornu oui il y a besoin de moderniser notre armée qui a été sous dotée pendant de nombreuses années mais mais en revanche quand on passe de 32 milliards d'euros par an en 2017 à 69 milliards d'euros en 2030 c'est plus que du doublé je dis stop c'est trop enfin on demande aux français de faire des efforts on est en train ils sont en train de mettre le pays à feu et à sang pour 12 milliards d'euros de déficit dans notre système de retraite attention en 2030 là pour 12 milliards d'euros ils mettent le pays à feu et à sang et on va faire passer le budget des armées de 32 milliards par an à 69 milliards d'euros par an je dis c'est trop s'il y a de l'argent pour les dépenses

50:57
Invité

s'il y a de l'argent

50:59
Fabien Roussel

pour les dépenses militaires à ce niveau il y en a pour le progrès social pour nos services publics pour nos hôpitaux pour nos écoles pour notre système de retraite et c'est ce que j'ai dit au ministre de la défense les français ne comprendront pas ne comprendront pas qu'il y ait un tel niveau d'engagement des dépenses militaires donc que le budget augmente oui à ce niveau là non

51:22
Invité

mais les français savent qu'il y a une guerre en ce moment aux portes de l'Europe

51:25
Fabien Roussel

oui bien sûr mais je serais curieux de savoir si les français sont d'accord qu'on fasse plus que doubler le budget des armées c'est ça que je dis je ne dis pas qu'il ne faut pas l'augmenter mais je dis plus que doubler et on ne parle pas de millions ni de centaines de millions on parle de dizaines de milliards par an

51:38
Invité

est-ce qu'on peut raisonner comme si on n'était pas dans un monde où la tension internationale monte la guerre est à nos portes et on a quand même des remises en cause des démocraties un peu partout dans le monde et vous vous êtes en train de rêver d'une France heureuse mais madame Frisso c'est ce que je dis

51:54
Fabien Roussel

mais écoutez-moi plus souvent je le dis tous les jours comment peut-on aujourd'hui imposer une réforme des retraites pour 12 milliards d'euros en faisant comme s'il n'y avait pas de guerre aux portes de l'Europe comme s'il n'y avait pas une inflation qui frappait durement le porte-monnaie de nos français comme s'il n'y avait pas une facture énergétique qui était multipliée par 10 pour des boulangers des artisans et pour les français ceux qui habitent dans les logements sociaux de nos HLM comment peut-on mettre le pays à feu à sang alors qu'il y a tous ces problèmes-là à nos portes c'est grave c'est extrêmement grave vous savez je suis tout à fait d'accord avec vous et donc aujourd'hui l'heure l'heure est à l'apaisement à traiter ces sujets et s'il y a de l'argent à mettre il faut en mettre pour moderniser notre mais il en faut il en faut aussi pour nos écoles pour nos hôpitaux pour nos enfants et pour nos soignants

52:43
Invité

on parlait du conflit ukrainien pourquoi vos députés cette semaine n'ont pas voté la résolution qualifiant de génocide l'extermination de millions d'Ukrainien par Staline

52:54
Fabien Roussel

d'abord parce que bon d'abord je veux c'est l'holo de mort c'est l'holo de mort qui s'est passé donc c'est 2 à 4 millions de personnes mortes par la fin en 1930 suite à une famine l'extermination par la fin qui a touché des ukrainiens de la république d'ukraine soviétique de l'époque des russes des kazakhs ça a touché des millions de personnes et pas seulement ceux de la république soviétique d'ukraine

53:21
Invité

donc c'est un génocide pour le PCF ou pas ?

53:24
Fabien Roussel

ces morts personne ne les conteste et je voudrais dire avant pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté les crimes de Staline les goulags la répression nous les condamnons je les condamne je l'ai déjà dit des millions de fois il n'y a aucun état d'âme pour condamner les crimes de Staline mais ce n'est pas un génocide en tout cas pour ce qui concerne cela la raison qui a motivé le vote de mes collègues c'est qu'il y a un débat il y a un débat chez les historiens sur est-ce que ça a été intentionnel de la part de Staline de provoquer une famine pour qu'il y ait la raison d'un génocide qui est juridiquement traité par le traité de Rome et c'est la Cour pénale internationale qui juge là-dessus comme il y a un débat chez les historiens nous disons nous qu'il n'y a pas lieu de trancher ce débat il existe ce débat il est fort et donc nous avons préféré ne pas donner suite en plus il y a une opportunité politique qui est saisie par le gouvernement oui on a voté contre oui bien sûr parce que nous ne voulons pas trancher ce débat fait par les historiens merci beaucoup Fabien Roussel

54:26
Présentateur

merci à vous notre invitant on se retrouve dimanche prochain pour un nouveau numéro 2 question politique

54:30
Locuteur

merci à vous merci à vous merci à vous