Quelles leçons tirer des municipales en France ? L’analyse de Jérôme Fourquet, directeur de l’IFOP
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On va essayer de tirer les grandes leçons de ces municipales avec vous. Jérôme, voici derrière moi les maires de Paris, Marseille, Bordeaux, Roubet, Strasbourg, Nant, Le Havre, Nice et Lyon, c'est-à-dire Grégoire, Paillan, Casnav, Guiro, Trottman, Roland, Philippe, Sioti. Douet, un casting éclectique, difficile d'y voir une tendance générale.
On va recommencer, on va commencer par revoir les images. Celle du nouveau maire de Paris en vélo, que dis-je, en vélibe. Qu'est-ce que ça dit ?
Alors ça ça dit euh plusieurs choses. D'abord la spécificité quand même de de ces grandes villes où la la gauche est est très bien est très bien implanté, la droite est en en difficulté, le Rassemblement national quasiment [musique] inexistant. Ce que vous avez montré aussi dans votre reportage, c'est qu' il y a eu à la fois une dynamique autour d'Emmanuel Grégoire, mais aussi un rejet manifeste de la personnalité de quand il y a 10 points comme ça, c'est un rejet Oui. de Rachid Adati.
Alors, on avait préparé des des chiffres pour vous en regardant ce qu'on appelle nous les reports, c'està-dire comment les électeurs du premier tour se sont reportés au second tour. Vous souvenez que Rachid Adati avait fusionné avec la liste de monsieur Bournael et qu'il y a moins de la moitié des électeurs de Bournael qui ont voté Dati au second tour. Donc ça n'a pas fonctionné.
Ça n'a pas fonctionné. Un/3 ont voté pour Emmanuel Grégoire et à peu près 20 % se sont abstenus. Donc il y a eu un du pertes en ligne qui ont été qui ont été massives et inversement la liste Chikirou, elle s'était maintenue au second tour pour la France insoumise et on a près de 40 % de ces électeurs insoumis qui ont voté comme on appelle pratiqué le vote utile et qui ont voté pour Emmanuel Grégoire au second tour.
Et donc ces deux phénomènes expliquent l'ampleur du score. On rajoute aussi que la liste de Sarah Knafo qui s'était retiré et bien il y a que trois/4 de ces électeurs qui ont voté pour Rashid Adati. Les autres n'ont pas, rassurez-vous voté Emmanuel Grégoire, mais ils se sont abstenus.
Et donc, on voit bien que voilà, tout d'un coup, je vous avais perdu que on voit bien que Rachid Adati n'a pas été capable de rassembler son camp et donc c'est ça qui explique l'ampleur de la l'ampleur de la défaite. On peut peut-être dire que la droite a loupé une occasion historique parce que s'ils avaient investi quelqu'un d'autre que Rachelati, il y avait quand même beaucoup de mécontentement autour du bilan d'Annie Dalgo. Donc, il y avait un potentiel.
Mais mettre quelqu'un qui est concerné par autant d'affaires, qui a autant de difficultés avec les uns les autres, qui a un personnage qui fracture et qui ne rassemble pas, c'est quand même aussi une bêtise. Et si Rachi Alati a été désigné, c'est parce qu'Emmanuel Macron a tout fait pour qu'il en soit ici, hein. Donc c'est aussi une défaite pour Emmanuel Macron.
Si on mesure le pif politique d'Emmanuel Macron, c'est proche de zéro quand même. Erreur de casting. Alors, vous êtes d'accord avec Jean-Michel ?
C'était aussi elle qui s'imposait à Paris puisquelle est maire d'arrondissement et donc il y avait pas forcément d'autres d'autres figures et donc on pouvait dire peut-être que pour la droite c'est la moins mauvaise des des candidates. On voit aussi que l'alliance on l'a dit c'est a mal fonctionné. Pierry Vournael fusionne sa liste, mais il indique tout de suite que lui-même ne sera pas sur la la nouvelle liste.
Donc, on voyait bien que le le signal envoyé n'était pas le n'était pas le bon et on a ces scores très singlants à l'arrivée. Alors, on a le sentiment hier soir d'avoir assisté à l'illustration parfaite de tout le travail de Jérôme Fourquet depuis des années. Est-ce que vous êtes d'accord ?
Je vous laisse juste. Non, ce qu'on ce qu'on voit c'est qu'on a quand même des différences qui sont très importantes. La France divisée, la France fracturée, les villes bobo à gauche, les banlieux LFI, la périphérie ORM.
Ce qu'on constate, c'est qu'effectivement on a des forces politiques qui ont chacun leur territoire ou leur écosystème. On le voit pour la la gauche socialiste qui est principalement dans les dans les grandes villes. On voit inversement la France insoumise qui réussit à s'implanter dans des villes de des villes de banlieu donc on a la carte ici.
Il y avait eu Saint-Denis à la au premier tour mais ensuite la Cour Neuve, Crille, Roubet, Voinvelin, Saint-Fonce ou ou Vénitieux dans la région lyonnaise. Donc à la fois des villes qui sont marquées par beaucoup de difficultés sociales et puis aussi par une présence importante de personnes issues de l'immigration. que dans la le vocabulaire de la France insoumise, on appelle la France la Nouvelle-Fance ou la France créolisée.
Donc ça c'est d'autres types de territoires qui se sont trouvés des candidats. Et puis il y a d'autres Frances encore, notamment cette France dite périphérique, cette France des petites villes, des villes moyennes dans le sud-est, mais pas seulement, qui ont voté très fortement pour le Rassemblement national qui aujourd'hui a plus d'une dizaine de villes. Oui, plusieurs dizaines de villes, excusez-moi, un peu partout en France avec des quand même des zones de force assez historiques dans le dans le sud-est du pays.
Sauf que le RN échoue dans les grandes villes. Est-ce comme Marseille par exemple, est-ce qu'il peut du coup gagner l'élection présidentielle alors qu'il arrive pas à gagner des grandes villes ? Mais c'est on parlait souvent du Fab, sachant que Sioti c'est un rallé et donc c'est un rallé RL et donc c'est intéressant justement de voir que la seule grande ville que le Rassemblement national arrive à conquérir c'est avec une alliance c'est pas Erenne c'est pas Erenne sinon il y a Perpignan à 150000 habitants.
Et donc effectivement on parlait historiquement d'un plafond de verre pour le Rassemblement national. Là, il y a un vrai sujet pour ce parti dans sa perspective éventuelle d'accession pouvoir, c'est comment être majoritaire quand dans toutes les grandes villes françaises, on est aussi fortement rejeté. On rappelle qu'à Paris, la liste du Rassemblement national fait moins de 2 % au premier tour.
Moins de 2 % pour un parti qui prétendre. Alors alors bien il y avait une concurrence mais elle a l'espace a été laissé vacant et qu'nafo s'est engouffré dans cette brèche et vous voyez que même dans le à part Nice même dans le sud-est de la France où le RN est historiquement très puissant, il n'arrivent pas à conquérir des villes et ils espéraient conquérir Nî, ils ont été battus à Nî. Ils espéraient conquérir Toulon, ils ont été battus à Toulon.
Et Marseille, on en avait parlé la semaine dernière, la défaite a été cinglante. Et en revanche, si vous prenez une ville comme Toulon, il y a les petites villes qui enfin les petite ville, c'est quand même plusieurs dizaines de milliers d'habitants. Si four les plages, la scène surmer ou la la valette du Var et bien là, c'est des villes qui votent pour le Rassemblement national et donc même dans des zones de force, on a encore ce décalage entre grande ville et petite ville.
Et du coup, est-ce qu'on peut gagner une présidentielle sans les grosses villes ? Et bah c'est c'est compliqué parce que c'est quand même plus de 40 % de la population. Alors si vous êtes devancé mais que vous êtes quand même pas trop mené au score, c'est possible.
Si vous êtes écrasé dans cette partie de la France qui représente 40 % de la population, c'est impossible. Donc succès en demi-te. Bah en demi-teinte avec quand même, il partait avec un stock d'une douzaine de villes dirigées, ils en ont plus de 50 aujourd'hui.
Alors souvent des villes de taille modeste, mais ça montre l'implantation progressive et leur capacité aussi à sortir de leur leurs deux bastions qui étaient le nord-est de la France et le sud-est. Vous voyez par exemple une petite ville comme la Flèche sous préfecture de la Sart Virzon. On est loin des des zones historiques de de force du du Rassemblement national.
Ser quand même un peu sans être en désaccord mais Marseille si on regarde Marseille au tout début de la campagne on n'imagine pas que la droite va disparaître. Martine Vassal la droite marseillaise qui a été forte fait 5 % des suffrages. Le RN a tout sié à Marseille.
Alors, son candidat n'est pas élu, mais il est à un niveau qu'on imaginait pas il y a 6 mois. Euh, à la fois parce que il tue la droite et parce que il est quand même à 44 %. Donc euh c'est quand même un résultat qui euh qui est assez appréciable je trouve.
Et Toulon, c'est peut-être le le seul vrai échec du Rassemblement national parce que Laur La Valallette avait un impact personnel très fort très fort à Toulon. Mais après, ils doublent le nombre de leurs conseillers municipaux. Ça on fait des relais très importants pour la campagne présidentielle.
Ils en avaient à peu près un peu moins de 1400, ils en ont plus de 3000. Et déjà, on va voir peut-être aussi lors des des sénatoriales des effets de de ces élections municipales là. Ce sont quand même plutôt, il y a toujours des points de faiblesse, des bonnes élections municipales pour le Rassembl national.
Peut-être et peut-être pour revenir sur le le cas de Marseille, on rappelle c'était la ville de monsieur Godin, ville de droite et donc la liste de droite au premier tour, droite et macroniste he quand même c'est tout tout fusionné fait 12 %. 12% c'est très dès le premier tour il y a déjà un siphonage par le Rassemblement national au deè la liste vasale tombe à 5 % c'estàd qu'il y a toute une partie de l'électorat de droite dans ce sud-est de la France qui aujourd'hui est passé avec armé bagage du côté du est-ce que vous prenez aussi en compte le fait que les les les campagnes aient pu être nules aussi parce que travail famille patrie ça d avoir un impact alors nous on parle pas comme ça on parle de l'équation personnelle he c'est plus l'équation personnelle des des candidats des candidates l'équation personnelle des candidates sortira euh et donc effectivement c'était pas forcément le meilleur casting. Donc du coup ils se sont reportés là où il était déjà candidate en 2020 non ?
Ouais, avec un score qui était nettement plus fort. Mais inversement, si on reste sur le le casting, Franck Alisio qui était le candidat du Rassemblement national, lui venait de la droite historiquement. Et donc pour beaucoup d'électeurs de droite du sud de la France, c'est pas une transgression de voter pour le Rassemblement national puisqu'il est aujourd'hui représenté par des gens qui ont fait partie à un moment donné de leur famille politique et le brouillage était totalement accompli à Nice où c'était l'ancien patron des Républicains, excusez du peu Eric Sioti qui était tête de liste UDR soutenu par le Rassemblement national.
Vous êtes électeur de droite NISOis vous le voyez pas. Il y a pas de transgression à voter pour monsieur Estros. Ouais.
On va [grognement] à Nice quand on Tu voulais rajouter un truc Jean-Mich ? Non, on se projette sur la présidentielle. Il y a un autre facteur notable en ces municipales, c'est que les maires sortant du RN ont été tous réélélu et au premier tour.
Donc il y a quand même aussi quelque chose qui se passe quoi. Ça il y a un approfondissement, il y a un enracinement quand même. Après, je sais pas si si est-ce que ce sera suffisant ou pas, j'en sais rien mais c'est quand même assez neuf tout ça.
Question : Dati a été une mauvaise candidate pendant cette campagne ou Paris est devenu ingagnable pour la gauche ? Alors, je pense un peu les deuxite pour la droite, pardon. Je pense un peu les deux.
Effectivement, sociologiquement, les choses ont ont bien euh ont bien changé. Euh on a on a on a appris aujourd'hui la mort de de Lionel Jospin. C'est en 2001 sous la direction du à Matignon de de Lionel Jospin que la gauche avait remporté pour la première fois euh Paris.
Donc ça fait maintenant 25 ans et la la ville de Paris comme Lyon ont été euh très fortement transformés sociologiquement par les politiques qui ont été menées. Euh et tout ça a donné euh un écosystème si on peut dire qui aujourd'hui est beaucoup plus difficilement gagnable pour la droite. Une fois qu'on a dit ça, si on veut essayer de conquérir ou reconquérir ces villes quand on est de droite, il faut pas forcément envoyer un candidat au profil qui soit trop marqué, trop droitier et il faut trop clivant et il faut essayer coûte que coûte de faire l'alliance avec ce qui reste du bloc central.
Et donc c'était une très mauvaise nouvelle pour elle que Périve Bournazel se se porte se porte candidat et on a vu les on a vu les dégâts que tout ça a provoqué hier soir. Est-ce qu'on peut parler du Havre ? Est-ce qu'Edouard Philippe a déjà gagné 2027 ?
Alors, c'est un peu allé vite en en besogne. En tout cas, il a franchi une étape qui lui donne le droit de concour de concourir à cette à cette élection. Et ce qui était évident, c'est que s'il était battu dans sa propre ville, tous ces espoirs pour la présidentielle disparaissaient.
Alors, on parle de sa personnalité, mais il faut savoir aussi qu'il a la tête d'une formation politique qui s'appelle Horizon et qui fédère quand même euh plusieurs dizaines de maires de villes grandes et moyennes. Je pense notamment à Christophe Béchu, à Anger, euh à euh le au maire de au maire de Reince par exemple, au maire de Vanne, au maire d'Angoulemè. Donc c'est tout un maillage d'élu qu'il va mettre à son à son service pour essayer de de de l'emporter lors de la prochaine présidentielle. un peu comme Rachid Adati, il y aura fatalement s'ils veulent emporter, je pense une stratégie d'union entre la droite et le centre pour faire en sorte d'être qualifié pour la finale puisque la qualification pour le deuxème tour, soyons prudents, mais de du candidat du rassemblement ou de la candidate du rassemblement national semble à l'heure où on se parle relativement inquise.
Donc il y a plus qu'une place en finale et il faut être suffisamment large et puissant pour pouvoir se se qualifier. Il est il est de droite ou du centre Édouard Philippe pour vous ? Alors, je crois qu'il s'était lui-même défini comme un un mec de droite.
Quelqu'un qui le un ami qui le connaissait bien avait tourné un film qui s'appelait Mon pote de droite, je crois. Donc je pense que c'est un c'est un homme a longtemps. Oui, c'était il y a il y a quelques années.
Mais je pense que les convictions ont pas forcément euh changé. Jean-Michel, moi je crois qu'Edouard Philippe c'est le petit gagnant de cette de ces élections municipales. Le petit parce qu'on va pas non plus en faire des caisses mais il a [grognement] gagné le Havre.
Donc ça lui permet s'il avait perdu l'aventure politique s'arrête là. Il l'a gagné, il peut la continuer et pour la présidentielle c'est le seul, me semble-t-il dans le magma centriste macroniste droite qui a une stratégie et une stratégie toute simple. Je suis candidat, je suis décidé [rires] à aller jusqu'au bout et vos questions de primaire de vous débrouillez sans moi.
Et donc c'est la c'est la seule stratégie puisqu'il a des sondages qui ne sont pas trop mauvais qui peut éventuellement faire en sorte que tous ceux qui veulent lui mettre des pots de banane Gabriel Atal, Bruno Retaillot Ororberge la liste est interminable tous ceux qui ont des pots de banane sous les pieds et ben ils auront un petit problème parce que si c'est le seul qui peut accéder au second tour et si lui ne joue pas le jeu de la primaire que veulent organiser les autres ben ça va être compliqué de l'arrêter. J'ai noté hier soir cette proposition totalement artificielle et de mauvaise foi de Laurent Voquier. Laurent Vauquier sur le plateau de France 2 a dit il ne faut qu'un seul candidat dans notre camp, les centristes, les macronistes et la droite.
Un seul. Donc il faut organiser une primaire. Il parle de lui non ?
Oui bien sûr qu'il parle de lui mais il l'a pas dit comme ça. C'est pour ça qu'il a été d'une mauvaise foi totale. Écoutez justement sur le plateau de France I comment Laurent Voquier présente son projet.
Moi ce que je veux c'est rassembler la droite, toute la droite, celle qui va d'édouard Philippe à Sarah Cnafo parce que je pense queon a des points communs et avec un candidat unique. Celle qui va dédouir Philippe à Sarah Knafo il connaît la politique le renvoquer. On peut mettre sur le même plan.
Édouard Philippe qui est maire depuis 15 ans qui a été 3 ans premier ministre et Sarah Knafo qui a fait un mois de campagne présidentielle. Ça tient pas debout. Vra, il le sait.
Donc c'est la primaire, c'est un piège, c'est un magma pour essayer de faire sombrer Édouard Philippe. Et s'il a dessous de bon sens, dessous de courage, il y en a beaucoup qui sont le courage dans ce métier. Donc il faut voir et ben Édouard Philippe dira à tous la primaire vous faire voir.
Je suis candidat et je vais aller jusqu'au bout. Et donc il peut aller assez loin me semble-t-il dans la compétition. La question des alliances avec les fill va-t-elle plomber la gauche ?
On la voit totalement tirailler sur la question et surtout on voit qu'il n'y a aucune vérité. On on a vu donc Johanna Roland réélu grâce à l'alliance avec LFI à Nant et de la fausse réélu contre Lfi à Montpellier effectivement et dans d'autres cas que vous avez montré sur la carte des listes d'unions à gauche qui sont battues parce que LFI était dans était dans la dans l'atelage et notamment à Toulouse où LFI était même tête de liste. Et donc là, quand vous regardez euh les score, c'est assez spectaculaire.
Euh il y avait 50 % des voix pour la liste socialiste et insoumise au premier tour et ils sont très largement battus au 2e tour. Ils perdent 3000 voix dans dans l'entre de tour quand euh Jean-Luc Moud, le maire, lui gagne 34000 voix. Et donc là aussi, on vous avait préparé des statistiques sur les reports qui se sont opérés et on voit c'était toute la stratégie du maire de Toulouse que l'électorat socialiste modéré a manqué à l'appel et n'a pas souhaité voter pour cette liste d'un conduite par le candidat le candidat insoumis.
Il y a simplement 70 % des électeurs socialistes du premier tour qui ont voté pour la liste rassemblée au 2è tour. Une partie a voté pour le maire et l'autre s'est s'est abstenu. Et donc à l'arrivée, c'est une défaite tout à fait singlante qui relance le débat qui est pas du tout tranché à gauche sur comment fait-on ?
Est-ce qu'on fait des alliances, on fait pas d'alliance. La meilleure solution, ce serait dans la perspective de la présidentielle pour le Parti socialiste d'être devant Jean-Luc Mélenchon. Comme ça l'affaire est réglée parce que les maires qui ont pu se passer d'une alliance avec et les filles dans leur ville, c'est parce qu'ils étaient très loin devant au premier tour.
Regardez ce qui s'est passé à Paris. Regardez ce qui s'est passé à Marseille, ce qui se passe à qui qui serait devant Mélenchon ? Bah, ça c'est le c'est le même sujet euh que pour la droite, c'est-à-dire que et le Parti socialiste et la droite finalement s'en sortent pas si mal parce que là, on se concentre quand même sur les grandes villes, mais quand vous regardez, c'est des centaines et des centaines de maires socialistes ou républicains qui sont rééléus et donc ils sont encore très présents.
Ils ont beaucoup plus d'élus que le Rassemblement national ou que la France insoumise mais ils ont pas d'incarnation au niveau national. C'est-à-dire qu'on voit bien mais la droite a quelqu'un les droitard Philippe la gauche il n'ont pas la gauche nom et les filles n'a pas quelqu'un qui s'impose. Alors on on verra déjà pour Édouard Philippe s'il arrive à à s'imposer dans moi je je le déduis de des études que vous publiez.
Oui. Oui. Alors qui pour l'instant et puis la la victoire Avre effectivement à gauche c'est à la fois une question de d'incarnation aussi une question de stratégie.
Voyez, François Hollande qui était passé pour celui qui était le plus hostile à la France insoumise et un de ses bons amis maire de Tul à Tu euh décide de faire l'alliance. Il il est battu et il dit que il en il en a parlé avec François Hollande et que François Hollande l'a l'a encouragé dans cette stratégie. Donc en fonction des résultats, chacun modifie son discours.
Vous avez passé tout à l'heure des sonores ou des visuels avec les différentes personnalités du Parti socialiste, monsieur Valallot, monsieur Fort et on voit que tous ces gens-là en fait, on est retour à la case départ, rien n'est réglé, sauf que le chrono tourne et qu'on est maintenant à 1 an du premier tour de la présidentielle et que aucune question stratégique n'a été réglée au regard des résultats. Si c'est France Hollande, ce serait une promesse de renouveau, ce serait pas mal. [rires] Bruno, c'est à ces parties là une culture du chef qui aurait à l'extrême gauche ou à l'extrême droite ?
Alors, il il y a peut-être une peut-être ce déficit de culture du chef et puis aussi vous savez un un chef souvent ça s'impose hein, vous l'avez vous l'avez rappelé tout à l'heure même si euh Lionel Jospin était pas forcément euh taillé pour une présidentielle euh comme vous l'avez comme vous l'avez rappelé, tous les gens qui ont rendu hommage, qui ont pu travailler avec lui disaient voilà, il savait diriger une équipe, il savait mener une équipe et il s'était imposé après un après une période difficile he pour la gauche la la fin du mitérandisme et personne ne contestait son autorité légitime. Euh donc c'est souvent ça un chef, c'est pourquoi il est chef ? Parce que tout le monde tout le monde dit que c'est lui le chef quoi.
C'est c'est imposé. Et donc on voit que dans ces famille politique là aujourd'hui personne n'est capable de faire ça. Pourquoi on se écharpe sur les modèles ou les modalités de désignation qu'on importe les primaires des États-Unis et cetera, c'est que historiquement on disait la constitution c'est le rencontre d'un homme et avec le peuple.
Et donc chez l'égauliste, chez les socialistes, il y avait un candidat naturel. On parle de ça candidat naturel. Aujourd'hui, ces familles politiques n'ont plus de candidats naturels.
Vous a demandé Jérôme une archive de Lionel Jospin. Vous avez choisi l'annonce de son retrait de la vie politique. C'était le 21 avril 2002.
Voir l'extrême droite représenter 20 % des voix dans notre pays est un signe très inquiétant pour la France et pour notre démocratie. J'assume pleinement la responsabilité de cet échec et j'en tire les conclusions en me retirant de la vie politique après [acclamation] la fin après la fin de l'élection présidentielle. Pourquoi ça alors ?
Pourquoi ça ? Ben c'est il [raclement de gorge] y a 24 ans et c'est perçu à l'époque comme un accident. Je sais pas si c'était industriel, mais il y a 200000 voix d'écart entre Lionel Jospin et Jean-Marie Le Pen.
Et donc, c'est le coup de tonner du 21 avril et 25 ans plus tard, on est maintenant habitué à ce qu'un représentant de la famille Le Pen accède assez régulièrement euh à la à la présidentielle et on voit en fait toutes les évolutions qui se sont produites dans le pays depuis depuis 25 ans pour arriver à cette situation politique là. Et puis peut-être deuxème dimension, Lionel Jospin qui a ses mots très très forts, on parlait de sa rectitude. Euh, il prend acte de sa du verdict des d'autres auraient pu dire il y a eu un accident, j'ai perdu à 200000 voix et cetera et cetera. ses copains lui ont reproché d'ailleurs et on voit on voit la le désarroi des militants parce que personne a a rien prévu et il n'est quasiment jamais ensuite revenu sur cette décision euh contrairement à d'autres personnalités politiques françaises de premier plan résister qui euh régulièrement essayent et sont tentés par un comeback et c'est peut-être aussi pour ça vous pensez à quelqu'un je pense que vous avez plus de mémoire que moi que Lionel Jospin va rester aussi par cette comme une grande figure de la vie politique française.
Merci Jérôme Four pour votre éclat.
Emmanuel Macron