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interviewC dans l'air· 26 août 2025 9 min

Bayrou demandera un vote de confiance le 8 septembre - reportage #cdanslair 25.08.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

et appeler les citoyens à soutenir l'effort. Ses adversaires ont lancé la seule charge et menacé de censurer le gouvernement, dans un débat qu'ils jugent dévoyé. Le Premier ministre espère une clarification avec un vote de confiance le 8 septembre. - F.Bayrou au pied du mur.

A la une de la presse, ce matin, un Premier ministre sous pression, impopulaire et sans majorité, pour faire adopter son plan budgétaire. 44 milliards d'euros à trouver. Cet après-midi, en conférence de presse, F.Bayrou joue son va-tout. - F.Bayrou: J'ai demandé au président de la République, qui l'a accepté, de convoquer le Parlement en session extraordinaire le lundi 8 septembre, dans 15 jours.

J'engagerai ce jour-là la responsabilité du gouvernement. Cette déclaration de politique générale aura pour objet de poser explicitement la question centrale: savoir s'il y a bien gravité du danger pour la nation, s'il y a urgence ou pas. - Le Premier ministre joue sa survie, quelques semaines après avoir présenté ses pistes pour le budget 2026: suppression de 2 jours fériés, nouvelle réforme de l'assurance-chômage ou gel des retraites des fonctionnaires.

F.Bayrou tente la pédagogie. Sept vidéos en 2 semaines sur sa nouvelle chaîne YouTube.

Une communication directe et des promesses: tout le monde devra faire des efforts, même les représentants politiques. ... - Alors, que vont faire les oppositions?

La gauche a déjà promis la censure. - M.Tondelier: Si j'étais dans une pièce toute seule avec un député et qu'on me demandait de le convaincre de ne pas voter la censure de Bayrou, je n'aurais aucun argument à lui présenter.

Que voulez-vous que je vous dise? On va censurer, pas par plaisir, mais parce qu'on n'a pas le choix. - Le RN non plus ne votera pas la confiance. - J.Odoul: Si F.Bayrou persiste et signe dans ses orientations désastreuses, s'il ne souhaite pas la rupture avec le macronisme, la chute est inévitable. - Mais la pression viendra aussi de la rue.

Les syndicats sont vent debout. La CGT refuse même de participer aux négociations. - S.Binet: Il n'y a rien à négocier.

Le gouvernement nous dit qu'on supprime les 2 jours fériés et que l'on peut juste choisir de quels jours il s'agit. Ce n'est pas ça, la négociation. Nous voulons négocier pour augmenter les salaires.

C'est le sujet de préoccupation numéro 1. Ces annonces sont indécentes. La réalité, c'est que 40 % des Françaises et des Français ne sont pas partis en vacances cette année. - Surtout, il y a "Bloquons tout", ces appels sur les réseaux sociaux à bloquer le pays le 10 septembre.

J.-L.Mélenchon soutient, encourage, même. - J.-L.Mélenchon: Il faut que le 10 septembre convergent dans un même effort nos forces politiques rassemblées au côté de ceux qui sont dans l'action, le peuple lui-même et la classe salariale.

Que le 10 septembre soit un jour de blocage général, c'est-à-dire, en ce qui concerne le salariat, la grève générale. - F.Bayrou demandera aux partis politiques de se positionner le 8 septembre, 2 jours seulement avant le mouvement de blocage annoncé. - C.Roux: Nous allons revenir sur ce mouvement du 10 septembre pour savoir qui se cache derrière l'organisation de ce que certains qualifient de nébuleuse, et qui a le soutien de J.-L.Mélenchon.

Question. Le scénario: le Premier ministre engage sa confiance le 8. A priori, les écologistes, le RN et LFI ne voteront pas la confiance.

On s'achemine vers la chute du gouvernement Bayrou. Qu'est-ce qui suit? Une incertitude économique et budgétaire? - P.Dessertine: Du point de vue technique, on aura un scénario proche de l'année dernière.

Il faut très vite se lancer dans la discussion budgétaire. On peut à nouveau se retrouver comme l'année dernière, où la censure est arrivée en décembre. On avait déjà commencé les discussions budgétaires.

Là, ce n'est même pas commencé. Vous avez tout l'appareil d'Etat français, dans lequel on doit proposer un budget pour la Sécurité sociale, pour la santé, tout cela avec un certain nombre de délais pendant lesquels des institutions doivent examiner obligatoirement, comme le Conseil des Finances Publiques. Vous devez avoir le budget.

Normalement, ils sont déjà réunis pour regarder le budget. Là, vous n'avez plus rien. Ils sont dans le vide total.

Il n'y a plus de gouvernement, plus de projet de budget et une échéance en fin d'année. - C.Roux: C'est la 2e fois que ça se produirait pour la France à court terme.

Ca ajoute à l'incertitude sur les marchés? C'est ça que tout le monde redoute. Le money time, où on dira que l'instabilité est devenue un problème pour les créanciers. - P.Dessertine: Bon jeu de mots.

La seule chose, c'est que la conjoncture est plutôt plus favorable que l'an dernier. Les taux ont plutôt tendance à baisser. Les taux et l'inflation reculent à cause de l'effondrement des prix du pétrole.

Ca veut dire du pouvoir d'achat pour tout le monde. On est plus que jamais dépendants du pétrole et de l'énergie fossile. Ca pourrait être une chance, mais c'est aussi une chance pour les politiques.

Ils peuvent dire qu'ils ont moins de risque de catastrophe totale, et que si on n'est pas dans une envolée des taux, qui commencent à avoisiner les taux italiens...

On avait 400 points de différence. On n'en a plus que 10. On est considérés quasiment comme la dette italienne.

Il y a longtemps qu'on ne nous compare plus à la dette allemande. On n'est pas à la catastrophe qu'a connue l'Italie, avec 6 % de taux d'intérêt. - C.Roux: On a un Premier ministre qui a fait 20 minutes d'introduction en disant que la France est au pied du mur, que l'heure est grave, qu'on est en danger d'endettement.

Avec quelques calculs, ça ressemble à une démission, considèrent déjà certains. Le 8 septembre, on repart à zéro. Cette instabilité politique ajoute-t-elle à nos difficultés? - T.Porcher: L'instabilité politique n'est jamais bonne.

Nous l'avons connue l'année dernière. On s'en est bien sorti. Il n'y a pas eu la catastrophe que beaucoup avaient annoncée.

Les taux ont légèrement augmenté, au-dessus de la Grèce, mais ils sont revenus à des taux parfaitement acceptables. Les comparaisons que l'on fait dans la zone euro sont des comparaisons entre pays que nous qualifions de sûrs. La Grèce, aujourd'hui, est qualifiée comme un pays sûr.

Ce n'est pas la Grèce et 2015, avec des taux à 30 %. - C.Roux: A partir du 9 septembre, il faudra reprendre à zéro avec une nouvelle équipe? - T.Porcher: Ce qui est prévu chez nous, contrairement aux Etats-Unis, c'est que quand il n'y a pas de budget, on reprend le précédent.

Ce n'est pas idéal, mais ça ne veut pas dire qu'il y aura ce qu'avait annoncé madame Borne, que la carte Vitale ne fonctionnerait pas, etc. Mais il y aura une instabilité politique qui n'est pas bonne, y compris pour les acteurs économiques qui ne peuvent pas voir l'avenir. Ils ne peuvent pas investir sans savoir quelle sera la fiscalité. - C.Michel-Aguirre: Je repensais à l'un des premiers termes employés par F.Bayrou.

Il a parlé du moment d'une clarification. C'était les mots d'E.Macron le soir de la dissolution.