Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewINA Politique· 26 mars 2022 6 min

Anne Hidalgo : « Benoît Hamon à 6,4%, c’est le score du PS et des Verts, hein ! » | INA adn

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Locuteur non identifié

5, 4, 3, 2, 1, François Mitterrand est élu président de la République. 51,7%.

0:13
Présentateur

Voilà donc l'image de ce nouveau président de la République, François Mitterrand vient d'être réélu.

0:30
Locuteur non identifié

Vous voyez donc Jacques Chirac 19,9%, Jean-Marie Le Pen 17,9% et Lionel Jospin 16,1%. J'assume pleinement la responsabilité de cet échec et j'en tire les conclusions en me retirant de la vie politique après l'élection présidentielle. Nicolas Sarkozy donc élu président de la République, Ségolène Royal est donc battu, 53 donc pour Nicolas Sarkozy, 47 bien sûr pour Ségolène Royal. Troisième présidentielle perdue après 95 et l'absence au deuxième tour en 2002, ça fait beaucoup. C'est François Hollande qui est élu président de la République avec 51,9% des voix. On l'attendait depuis longtemps, depuis très longtemps et je suis content, Sarkozy s'en va, c'est génial.

1:27
Anne Hidalgo

6,4% pour Benoît Hamon, jamais candidat socialiste n'était tombé aussi bas. Là Benoît Hamon c'est le score du PS et des Verts, 6,4 à ce moment-là, puisqu'il y a une candidature commune. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Moi je pense d'abord la fidélité à son histoire, à ses valeurs, ce qui ne veut pas dire les solutions du passé. Mais quand même, la fidélité, ce que je porte dans cette élection présidentielle, cet héritage de cette gauche républicaine, européenne, sociale, socialiste, qui a fait sienne les questions d'écologie et qui veut gouverner et transformer le monde et améliorer la vie des Françaises et des Français.

Je pense qu'on est encore dans le tumulte, la difficulté, évidemment, on l'a vu, il n'a pas été possible de se rassembler avec la gauche. Les discussions ont eu lieu mais elles n'ont pas abouti. Je pense que cette élection-là est une élection qui s'inscrit dans quelque chose encore de très difficile et je porte cette campagne dans ce contexte avec beaucoup de lucidité. Mais je sais que ce que nous sommes en train de faire aujourd'hui va nous permettre de construire quelque chose. Parce que ce que nous portons, c'est la voix d'une gauche qui a toujours été présente dans la République.

Et quand elle n'est pas présente dans la République, elle a toujours été là pour les grandes conquêtes, les grandes avancées. Le monde politique et médiatique a beaucoup changé ces dernières années. Mais pour autant, je pense et je porte ce message-là, les classes moyennes, les catégories populaires qui aujourd'hui souffrent d'une injustice sociale terrible parce que nous sommes dans un pays où il y a beaucoup trop d'injustices où il risque d'y en avoir encore plus parce que les projets que je vois sur la retraite, les projets que je vois sur le démantèlement de l'école sont des choses qui vont encore affaiblir ce qui fait pour moi la force de la France, c'est-à-dire ces services publics.

3:27
Présentateur

– Il n'y a pas un risque de disparition du PS ?

3:29
Anne Hidalgo

– Je crois qu'il y aurait eu un risque de disparition si le PS n'avait pas été, enfin si cette gauche républicaine, sociale et européenne n'avait pas été présente dans cette élection. Elle est là. Beaucoup de femmes et d'hommes me disent bien sûr que c'est difficile. On est présent dans les territoires, très présent dans les territoires puisque si vous regardez la carte électorale dans les communes, les départements ou les régions, le PS pèse environ 15%. Mais c'est vrai que du local au national, on n'a pas encore réussi à faire complètement cette mutation.

Elle nécessitait et elle nécessite cette présence aujourd'hui dans cette élection très très difficile, très particulière de 2022 pour permettre justement d'ouvrir une nouvelle page. En tous les cas, de façon très lucide, très responsable, très consciente de la difficulté, de la tâche dans laquelle, avec d'autres, je me suis lancée, que cette difficulté de tâche que nous connaissons aujourd'hui est celle qui doit permettre d'ouvrir un nouvel espace à ce que j'appelle cette gauche républicaine, européenne, qui a intégré l'écologie. Et vous savez, la gauche dans notre pays ne gagne jamais par les extrêmes. Elle ne gagne jamais ni par le témoignage ou l'exclusive protestation.

Elle gagne lorsqu'elle a envie de gouverner, lorsqu'elle s'inscrit aussi dans l'histoire du pays, dans ce qui fait notre République. Je suis une républicaine vraiment absolue. Pour moi, la République, elle est aussi laïque. Elle est laïque et sociale. C'est l'un et l'autre. Ce n'est pas l'un sans l'autre. Et c'est ce que nous devons porter, ce que je porte dans cette campagne, mais ce que je vais porter.

Et vous verrez qu'au lendemain aussi de cette élection, quel qu'en soit le résultat, beaucoup, beaucoup d'initiatives vont se déployer sur le territoire, en France, en lien avec nos amis, les sociodémocrates qui gouvernent partout ailleurs, dans beaucoup de pays européens, pour reconstruire cette proposition absolument indispensable. Et dans les autres pays, je pense l'Espagne, je pense le Portugal ou d'autres, il a fallu parfois 10 ans, voire plus de 10 ans, pour pouvoir reconstruire cette offre politique-là. C'est le travail auquel je me suis attelée dès cette campagne présidentielle.