Qui sont les lauréats des Trophées "Le Chef de l’Année" et "Les Rabelais des Jeunes Talents"
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Bonjour Anne Luzin.
- 1:31OuverteRéponse directe
RHF, ça veut dire quoi ?
- 1:59OuverteRéponse directe
Pourquoi le Parc des Princes ?
- 5:11OuverteRéponse directe
On plonge dans le palmarès : le prix de la transmission.
- 7:13OuverteRéponse directe
Vous aimez bien les jeunes chefs ?
- 7:38OuverteRéponse directe
Dans le Jura, c'est qui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:41InvitéFait
« On demande à la profession de voter, on fait parler ceux qui font la gastronomie. »
- 9:13InvitéFait
« Le président du jury était Hugo Rollinger, chef de l'année 2025. »
- 26:44InvitéChiffre
« 90% des consommateurs souhaitent aller dans leur commerce de proximité. »
Temps de parole
- Présentateur45 %
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- Invité 212 %
- ?5 %
- Invité 35 %
- Invité 44 %
- Invité 54 %
- Invité 63 %
- Locuteur 43 %
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Les
Halles Métro, premier fournisseur et livreur de produits frais et locaux aux restaurateurs partout en France, vous présente.
Sud Radio, 10h11, Fergnaud fait le marché. Bonjour les amis, bon dimanche à tous. Vous aimez la France qui gagne, je le sais, vous aimez la France qui gagne. Eh bien, vous n'allez pas être déçus, on a gagné. Oh là là, on a gagné, pas moi en l'occurrence. Mais il y en a qui ont gagné parce que c'est une émission entièrement de palmarès ce matin. Bien, parce que c'est la saison, qu'est-ce que vous voulez ? On a récompensé d'un côté la restauration, mais aussi les métiers de bouche, les anciens, les nouveaux, les futurs. Tout le monde en a eu pour son grade et c'était merveilleux. On va commencer immédiatement avec une grande cérémonie qui s'est déroulée en début de semaine.
C'était les trophées, le chef de l'année. Sud Radio, Fergnaud fait le marché. Pour en parler ce matin, une quasi-habituée de l'émission. Bonjour Anne Luzin. Bonjour Vincent. Anne Luzin, c'est la patronne,
c
'est la directrice de la RHF et surtout du magazine Le Chef. Magazine Le Chef qui fêtait un bel anniversaire.
Tout
à fait, 40 ans, plus de 40 ans auprès de la gastronomie et on a eu la chance de fêter cette 40e cérémonie au Parc des Princes et je dois dire que c'était un moment assez unique.
Alors, je dois dire également que vous n'étiez pas là il y a 40 ans.
C
'est votre père Francis Luzin qui avait lancé et le magazine et les éditions de la RHF parce qu'il y a
d
'autres, il y a Grande Cuisine.
Sur la restauration, beaucoup de magazines.
Oui, beaucoup de magazines. RHF d'ailleurs, ça veut dire quoi ?
Restauration hors foyer.
Absolument.
Oui, enfin cela dit, la restauration, c'est généralement pas au foyer. C'est un peu un pléonasme, restauration hors foyer. Très bien, je vais tout changer, Vincent,
pour toi.
Juste air, quoi, restauration. Alors, Anne Luzin, donc un magnifique anniversaire, un lieu assez emblématique puisque le Parc des Princes,
ce
n
'est
pas habituel de se retrouver sur la pelouse.
On avait dit que pour les
40 ans,
on voulait
marquer le coup, je crois. Il me semble qu'on a marqué le
coup. Ça a marqué le coup. Vous étiez sur scène aux côtés de l'ami Laurent Mariotte dans un duo qui pétait le feu. Non, vraiment, vraiment, vous avez fait une très, très belle cérémonie. Alors, je dirais à ceci près qu'il y avait dans le palmarès un, deux, trois Marseillais qui étaient un tout petit peu gênés d
'être au Parc des Princes.
Ah, ça les a attendus
d'être en parc, recevoir quelque chose, on sentait une petite tension.
Ah oui, le « ici c'est Paris » était un peu dur pour les Marseillais. En tout cas, c'était une belle cérémonie qui récompense, il faut le rappeler, les chefs, et c'est un vote, ce n'est pas, vous n'êtes pas un guide.
On ne donne
pas, nous, des notes, notre avis. Puis, nous, on demande à la profession de voter, on fait parler ceux qui font la gastronomie, et donc, effectivement, chacun vote pour le chef de l'année, le pâtissier de l'année, sommelier de l'année et le prix du service. C'est vraiment un vote sous huissier de justice.
Oui, parce que le magazine, le chef, c'est un magazine professionnel, c'est-à-dire c'est la famille des chefs qui parle de la famille des chefs.
C'est la revue des chefs pour les chefs, par les chefs, donc, effectivement, elle n'est pas en kiosque, mais avec le digital, on peut la trouver.
Oui, et en même temps, c'est bien aussi parce que, du coup, ils se sentent un petit peu libres d'ouvrir leur cœur, d'ouvrir leur maison d'une autre façon que
dans
les guides grand public.
Ça crée un lien, évidemment, de confiance et de bienveillance. Quand on a la chance d'exister depuis 40 ans, évidemment qu'on a un lien qui traverse les années. On suit les gens, on voit où ils vont, où ils ont été, où est-ce qu'ils iront demain, leurs équipes qui changent, les petits qui partent pour aller ouvrir leur restaurant. C'est une grande chance de les suivre.
Oui, c'est un baromètre un peu de la profession qui a un petit peu souffert cette année, notamment cet été.
Dur, dur. Effectivement, la conjoncture n'est pas avec eux.
La
météo n'a pas été avec eux. Il y a beaucoup de choses qui font que la restauration est tendue. Mais on a en France une grande diversité, une pluralité et une résilience qui est assez marquante. Donc, on leur souhaite de continuer le chemin qui est évidemment semé d'embûches.
Oui, parce qu'il faut le rappeler, la restauration, elle fait partie de notre culture à table, mais de la culture plus largement, la culture française. Ce n'est pas un bien de première nécessité.
C
'est-à-dire que souvent, dès que les revenus baissent ou son pouvoir d'achat baisse, on va faire un petit peu l'impasse sur le restaurant.
Exactement. On se frustre un peu, on se restreint et on sort moins. Ou en tout cas, on choisit de façon plus fine et moins souvent, peut-être mieux, mais moins souvent. Et ça, ça ne fait pas le bonheur des restaurants.
Alors, ce palmarès que l'on surnommait le chef de l'année, parce que c'est le
chef
cuisier historique et final, en fait, on devrait plutôt l'appeler les chefs de l'année. Parce que dans chaque secteur de la profession, vous décernez des trophées.
Exactement. Il y a cette partie élection avec les votes pour les catégories que je viens de nommer. Et nous aussi,
on
met en avant pas mal d'acteurs via la transmission, les tremplins pour les jeunes, l'espoir. Il y a un concours qui a lieu l'après-midi à
l'Institut Cordon Bleu. Un concours de cuisine. Donc,
c'est vrai qu'il se passe finalement beaucoup de choses, du plus jeune au moins jeune. Et sur tout ce qui compose un restaurant gastronomique aujourd'hui, le service bien sûr, la sommellerie, la pâtisserie et le chef, évidemment.
Alors,
on plonge un petit peu dans le palmarès. Avec joie. Moi, j'ai envie de parler de ce prix de la transmission. Bon, c'est de la transmission, mais c'est plus presque un Oscar pour l'ensemble d'une œuvre que vous accordez.
Effectivement, on aura rarement un prix de la transmission sur un jeune trentenaire.
On va pas se mentir.
Mais en même temps, on a des parcours à certains âges qui sont extraordinaires,
comme les... Alors, tu me laisses
la primeur de
dire qu'il y a eu
le prix de la transmission cette année. C'est Alain Passard qui, au-delà d'avoir formé beaucoup de chefs, et c'est évident, on pourrait citer le regretté Bertrand Grébeau, David Toutain. Enfin, il a eu vraiment beaucoup de gens dans ses cuisines.
Ils ont passé dans son... Mauro
Cola Gréco.
Ce
giron. Mais surtout, Alain Passard, c'est un passeur de tendance.
C
'est quelqu'un qui a très vite enlevé la viande dans les années 2000, qui aujourd'hui, depuis l'année dernière, est totalement végétal. Il intellectualise, pas facile à dire,
la cuisine.
C'est poétique. Il y a plein de choses autour du légume. C'est quelqu'un vraiment qui a marqué les esprits, qui continue à le faire. Encore, preuve en est, il garde ses trois étoiles avec un menu 100% végétal. C'est vraiment quelqu'un d'hors normes.
Moi, ce que j'aime bien avec Alain Passard, c'est d'abord que c'est un des fricheurs. Il a eu des idées avant tout le monde. C'est un très grand cuisinier également, qui a su mettre sa cuisine au service du légume et du fruit, comme vous le disiez. Pour autant, il n'a jamais revendiqué ça sur le plan politique. C'est-à-dire qu'il ne se revendique pas végane. Il dit cuisine végétale, mais ça reste une cuisine gourmande. Et pour autant, il n'est pas dogmatique.
Non,
mais c'est un amoureux de ses jardins, tout simplement. C'est un amoureux de la nature, des produits, et qu'il met en musique d'une façon assez incroyable. Il est assez unique en son genre, en tout cas en France. Nous, voilà, c'est ce qu'on a voulu saluer. En plus, cette année particulièrement, nous, c'était nos 40 ans. Lui, c'était les 40 ans de son restaurant Arpège. 30 ans qu'il a trois étoiles. Voilà, ça nous a semblé totalement cohérent de mettre Alain à l'honneur.
Alors, si on parle de transmission, on parle de jeunes. Vous, vous aimez bien les jeunes
et les jeunes chefs ?
On ne les oublie jamais, bien sûr. Ça fait plus de 30 ans. Alors, les trophées ont 40 ans, mais ça fait plus de 30 ans qu'on remet aussi les tremplins. Ce sont des jeunes qui ont fait leur première installation. Et quand je dis jeunes, pas toujours. La première installation, parfois, arrive à 40, 50
ans après une carrière. Oui, les
vocations tardives.
Donc ça, cette année, effectivement, il y en a eu six. On a traversé la France. On a été du Jura à la Drôme, dans le Gard, en Sarthe, en Savoie.
Dans
le Jura, c'est qui le Jura
?
C'est Mathias Marc
qui a ouvert sa Maison des Cimes. Alors, je vous signale quand même que Malbusson, c
'est
dans le Doubs et non pas dans le Jura.
C'est à la frontière. Non, non, parce que moi, je suis con toi. Vous faites bien de me corriger. Vous faites bien de me corriger. Non, parce que
j'ai noté quand même. Alors, c'est vrai que ce n
'est
pas loin de la limite du
département. C'est excusé, ça va ?
C'est excusé. Mais ceux du Haut-Doux ont eu quand même le frisson. Voilà. Donc, Mathias Marc, effectivement, la Maison des Cimes.
On s'est
bien baladé. On a été à Dinan, chez Marie-Léa Coulon.
Oui. On
a été dans la Sarthe, au Grenier à Selge, dans le Gard à Nîmes, Nicolas Fontaine Poésie. Voilà,
six personnes
mises en avant. Et on a également un concours, l'après-midi, de l'Espoir, qui a moins de 30 ans, qui est en brigade. Ça fait 39 ans qu'on fait ce concours. 39 ans qu'on met les jeunes trentenaires à l'honneur. Et cette année, le lauréat, c'est quelqu'un qui nous vient de Kaisersberg, chez Olivier Nasti.
Lou
Thérèseau, qui a fait un super concours avec un plat et un dessert.
Ah oui, Kaisersberg, où se prépare, justement, avec Éric Brifard, qui était à la manœuvre pour ce
concours. À l'Institut Cordon Bleu,
absolument. Il
se
prépare, entre Éric Brifard et Olivier Nasti, le championnat du monde de la tourte chaude de gibier.
Ça va être quelque chose, ça. C'était quelque chose. C'est la deuxième édition, et je crois qu'ils sont sur
les starting
blocks.
Évidemment, évidemment. Et en tout cas, un très beau concours qui permet de mettre en lumière quoi, exactement, chez ces jeunes ?
Simplement, les jeunes sont en brigade. Ils sont, évidemment, à des postes, qu'ils soient chefs de parti ou second, même. Et c'est vrai qu'ils ne sont pas forcément dans la lumière, déjà. Et ensuite, se confronter un petit peu au regard d'un jury, un jury qui est souvent assez exceptionnel. Le président du jury était Hugo Rollinger, chef de l'année 2025. Il y avait autour de la table Jean-François Piège, Nicolas Masse, Louis-Philippe Vigilant du relais Bernard Loiseau.
Il y avait
Eugénie Bézia du Ritz. Voilà, donc ça permet aussi de se confronter, de se mesurer un petit peu à ses confrères. Et puis de voir un petit peu où on en est. C'est pour eux un grand moment d'être avec leur père, avec des grands
chefs et de se
confronter sur une thématique.
Est-ce que c'est une façon aussi de rentrer dans le mercato, éventuellement, d'être observé et peut-être choisi par des chefs pour leur brigade ? Il y a du mouvement ?
Oui, il y en a toujours un petit
peu, un mouvement naturel.
Après, c'est vrai que ces jeunes, souvent, sont bien dans leur maison. S'ils participent à des concours, ça veut dire aussi qu'ils ont envie d'apprendre.
Ça, c'est très
important. Et on sait que les chefs sont dans la transmission. On en parlait il
y
a quelques instants. Donc, c'est vrai que c'est une possibilité pour eux de se confronter, de continuer dans la maison où ils sont, ou peut-être d'avoir envie de partir. Ça, on a dans l'historique des exemples d'espoirs qui sont restés très longtemps dans leur maison et qui sont très heureux. Il y
a
un petit peu de tout. Mais en tout cas, voilà, c'est les jeunes trentenaires qui seront probablement des chefs demain.
Anne Luzin, évidemment, vous avez ouvert le palmarès il y a déjà quelques années aux pâtissiers, aux chefs pâtissiers des restaurants, qui est un métier différent de la pâtisserie boutique. D'ailleurs, c'est drôle, j'étais dans la file d'attente parce qu'il y avait du monde pour rentrer au Parc des Princes
avec
la sécurité. J'étais avec Nina Métayé, à qui on discutait de cela. Il y avait
eu ce prix
en 2016, absolument. La pâtisserie, on l'a mis à l'honneur en 2008. Ça fait 18 ans qu'on met les pâtissiers de restaurants étoilés
à l'honneur.
Effectivement, et tous les ans, sort une personnalité élue par les professionnels.
Là, c'est un
qui a bougé l'année dernière.
Exactement. En plus, un qui
a changé de maison.
Alors, c'est un
qu
'on connaissait bien, qui est
resté longtemps dans la même maison et qui est arrivé au Bristol il y
a
un an et demi. Et Maxence Barbeau a remporté cette année le vote de la profession pour être pâtissier de
l
'année.
Super pâtissier, passé d'une grande maison à une autre grande maison, avec une équipe incroyable d'ailleurs au Bristol qui se bat pour garder les étoiles.
L'excellence avec le chef Arnaud Fay, exactement. Bien sûr,
Arnaud Fay qui venait de la Côte d'Azur. Alors, on va se quitter une minute et on se retrouve pour continuer le palmarès. Avec
plaisir.
Léal Métro, premier fournisseur et livreur de produits frais et locaux aux restaurateurs partout en France, vous présente.
Sud
Radio, 10h11, Fergnot fait le marché. Septembre,
le
mois des palmarès et on est avec Anne Luzin, la patronne du magazine Le Chef pour les trophées Le Chef de l'année. On a commencé à dérouler un petit peu le programme, mais on va
continuer, Arnaud. Ah bah oui.
Alors, il y a quelque chose qui m'intéresse en particulier dans votre palmarès parce que beaucoup de concours ou simplement de reconnaissances sont portés vers les chefs et la cuisine. Mais vous, vous avez élargi évidemment à toute la restauration et notamment la salle.
Exactement. On parlait tout à
l
'heure des pâtissiers depuis 2008. La salle, elle, depuis 10 ans, avant de parler de la sommellerie, depuis 22 ans. Donc la salle, c'est le dixième cette
année. Ah, dixième anniversaire. Et c'est important parce que, trop souvent oublié, et notamment dans les guides où, évidemment, on passe sous silence le travail de tout ce qui se passe autour du chef
cuisinier.
La
gastronomie
est plurielle et il
faut parler de tous ces métiers. Bien sûr,
bien sûr. Alors, il y a quelqu'un qui a remporté cette année ce trophée du service en salle, métier du service. Eh bien, c'est le directeur du restaurant Alain Ducasse au Meurisse à Paris et il est avec nous au téléphone. Bonjour Olivier Bicao.
Bonjour
M. Farnieu. Bonjour Anne. Bonjour Olivier.
Allez, on
va dire Vincent. Ça
marche. On n'est pas au
Meurisse, on peut
tomber la cravate.
Olivier, on était très content de voir dans le public votre nomination parce que c'est la reconnaissance d'un travail bien fait. Alors, c'est la reconnaissance aussi d'une équipe. J'imagine, puisque vous l'avez évoqué dans votre discours, enfin, votre courte allocution, on
va dire.
Mais c'est surtout un parcours parce que vous êtes jeune et voir un jeune à la tête d'un restaurant aussi prestigieux, c'est extraordinaire.
Oui, c'est vrai que j'ai eu cette opportunité extraordinaire par le fruit du travail. Alain Ducasse me confie les rênes de ce restaurant à 32 ans. Et il ne
fait pas les choses à la
légère en général. Non.
Ce n'est pas genre un coup de tête. Il avait dû voir quelque chose quand même. Il avait dû sentir le potentiel, Olivier.
Oui, le chef est assez pointu et puis il a beaucoup de personnes autour de lui aussi qui regardent et qui observent. Donc, c'est que la candidature, c'est lui qui a décidé. Donc, il m'a dit je te donne les clés du Maurice. Donc, c'est lui qui a décidé. Je pense qu'il avait bien réfléchi. Et c'est vrai que ça a été assez une opportunité extraordinaire puisque c'est une maison emblématique. Et puis, d'avoir la chance de travailler pour le plus grand chef du monde. Et puis, on a la chance d'avoir un pâtissier à la même hauteur. Donc, c'est assez grandiose. C
'est ce
qu'on appelle une équipe de numéro 10 quand même.
Oui, c'est ça.
C'est aussi la première chanson qui me vient en tête.
En plus, au Parc
des Princes, il me semble que contrairement à certains Marseillais ou certaines personnes du Sud qui étaient un peu embêtées d'être sur scène au Parc, toi, c'est quelque chose qui était plutôt élu par la profession au Parc des Princes.
Oui, ça le faisait.
Ça a un peu résonné. Ça m'a coupé un peu les pattes.
C'est moins gênant pour
un directeur d'hôtel que pour un footballeur d'avoir les pattes
coupées.
Enfin, en tout
cas. Oui,
c'est ça.
Exactement. Donc, c
'est
vrai que c'était un peu la consécration ultime d'être couronné par mes pères au Parc des Princes. C'est assez grandiose.
Olivier Vicao, vous avez suivi certainement les palmarès du service pendant 10 ans. Puisque Anne Luzin nous le disait, c'est la 10e édition. Et ça vous fait quoi de succéder à tous ces grands hommes et ces grandes femmes
du service ? Oui, bien sûr.
C'est un grand honneur d'être associé à ces noms. En plus, dans cette liste,
il
y a quelques de mes mentors comme Denis Courtiade.
Oui, oui.
Voilà. Donc, 10 ans après pour cet anniversaire, pour être le 10e personnage de salle, de me dire que le petit Olivier Vicao qui a parcouru son chemin, c'est quelque chose de très gratifiant
et qui résonne
en soi. On peut dire le grand Olivier Vicao, ne soyez
pas
modeste. Avec un ballon d'or dans la salle des trophées, ça compte maintenant.
Alors,
moi qui suis le père de trois filles, il
y a
un truc qui m'impressionne encore plus, Olivier Vicao. À votre jeune âge, vous êtes déjà papa de 5 nanas.
C'est extraordinaire. Moi, j
'adore. Oui, oui. Ce qui est bien, c'est que toute la semaine, j'ai beaucoup de pression, il y a beaucoup d'attentes. Mais ce qui est bien, c'est qu'à la maison, c'est pareil.
Donc
comme ça,
au moins, on reste
actif et sous tension en permanence.
Vous êtes toujours sous le regard
de quelqu'un. Si ce n
'est
pas
les équipes d'Anna Ducasse,
c'est vos enfants.
C'est ça. Et elles sont
encore plus
pointilleuses.
Restez avec nous parce que je voudrais décliner ce trophée adressé au service vers une autre profession du service de la salle qui est la sommellerie à Nuzan.
Exactement. Autre point très important dans un restaurant, le vin et même aujourd'hui et plus généralement la boisson. Parce qu'aujourd'hui, il y
a aussi beaucoup de sans
-alcool dans les restaurants gastronomiques. Prix qu'on a créé il y a 22 ans, il y avait
moins de
boissons sans-alcool
à l'époque. Aujourd'hui, ça s'est
beaucoup développé.
Et les sommeliers de rappel, même l'eau, le thé, les infusions, tout fait partie de leur prérogative.
Ça en fait pas mal, effectivement. Et cette année,
on
part au bord
du lac d'Annecy.
Exactement. Celui qui a été élu est chez Johan Comte. C'est Bastien Debonneau.
Et il est avec nous au téléphone. Bonjour, Bastien. Coucou, tous les trois. Le réseau est moins bien. On sent que c'est coupé un peu par les montagnes.
Mais
enfin, ça va aller. Je suis sûr, Bastien.
Le Marseillais ne s'est pas remis du Parc
des Princes. Voilà.
Alors,
Bastien, tout à l'heure, on chambrait un petit peu. Enfin, je chambrais à Nuzan en disant que le seul point difficile, c'est les Marseillais qu'on a récompensés au Parc des Princes. Ça leur est resté un petit peu en travers de la gorge.
C
'est votre cas, non
?
Oui, bien sûr. Après,
c'était surtout l'occasion de tous se retrouver. Donc, voilà. Moi, j'adore le sport et j'étais quand même ému d'être sur cette pelouse. Bien sûr. Voilà. Puis, c'est vrai que ça fait longtemps qu'un Marseillais n'a rien remporté, en tout cas
au
Parc des
Princes.
Eh bien, vous, oui. Vous, oui. Ça y est. Vous êtes le premier depuis longtemps. Cela dit…
Je
me
suis
bien fait taquiner. Vous avez forcément pensé à Marseille qui gagne au Parc des Princes, quoi.
Voilà.
Exactement. Alors, je disais, l'accent est mis sur les métiers de la salle. Et la sommellerie, c'est un magnifique métier de la salle, puisque vous travaillez, je dirais, main dans la main avec, justement, les directeurs des restaurants, avec les maîtres d'hôtels, avec tout le service. Souvent, même, il y a des sommeliers qui deviennent directeurs de restaurants.
Il y a des ponts, en effet.
Il y a des ponts. C'est un peu la voie royale, également. Vous, comment ça se passe quand vous arrivez sur scène, après avoir succédé à tant de grands noms ? Comment est-ce que vous avez ressenti ce moment ?
C
'est vrai que c'est souvent le sommelier à vocation à devenir directeur de salle. Moi, ça fait quelques années que ça me poursuit un petit peu à la Maison Bleue.
Mais
c'est un métier qui demande tellement d'exigence, d'approfondissement, d'expérience que je ne me sentais pas prêt à relever la double casquette. Et je suis sans regret, puisqu'aujourd'hui, mon meilleur ami est rentré dans l'équipe et est quelqu'un de brillant. Et je trouve que chacun a sa spécialité, même si elles sont complémentaires. Et quand on voit le petit travail que fait Olivier, il est bien spécifique et il a une équipe entourée avec lui. Alors, pour monter sur scène, très ému. Déjà, le lieu grandiose,
l
'organisation fabuleuse. Et c'est vrai que je suis assez sensible aux magazines, évidemment, qui étaient créés pour les cuisiniers, mais aussi qui mettent en avant la salle depuis 10 ans pour la salle et 22 ans pour la sommellerie. Parce qu'on a des métiers aujourd'hui qui sont moins mis en avant que la cuisine et on sent qu'il
y a
moins de candidats qui postulent.
Ça intéresse
un petit peu moins. Et donc, on est un peu en pénurie de talent. Et je pense que c'est cette promotion-là que fait la famille Huisin permet vraiment de rendre un peu à l'honneur nos métiers de salle qui sont en souffrance et qui sont des super métiers. Et il ne
faut
pas oublier que les maîtres d'hôtel étaient les grandes stars il
y
a 40-50 ans et vice-versa. Mais
oui, bien
sûr. Et c'est vrai que la télé est un peu passée à côté. On essaie d'y penser, mais il y
a
les chefs,
il y
a la pâtisserie, évidemment, avec Cyril Lignac qui fait énormément d'émissions. Top chef, on n'en parle même plus. Et on se dit, mais à quand ? À
quand,
top salle ?
À quand, top salle ? Il faudrait qu'on fasse quelque chose. Vous en seriez des très bons ambassadeurs. En tout cas, si quelqu'un nous écoute qui est dans la télé, nous, on a un vivier
de gagnants, de champions.
N'hésitez pas, on saura vous guider.
Bah écoutez,
on en a plein. Il faut juste enlever le levier de la loi Huisin qui bloque en fait
la
partitionnalerie sur tout le
monde.
Oui, mais maintenant que vous pouvez servir du kombucha, du vin sans alcool,
des infusions, du café, il y a de quoi faire.
À côté
du vin. Très bon,
t'es bon maintenant. Olivier Bicao, vous êtes prêts vous aussi pour une grande émission de télé sur le service
? Ah,
il nous a quittés.
Ça, d'avoir une grande scène. Non,
non,
je suis
là. Ah, non, il est là. Oui, dites-moi.
Non,
non,
je pense qu'on est tous prêts à avoir cette grande scène et de pouvoir montrer toute la beauté de notre métier et toute la subtilité. On pourrait faire une grande pièce de théâtre parce qu'aussi la salle,
c
'est quand même, il se joue à chaque service quand même un ballet incroyable. Moi qui ai la chance d'aller quelques fois au restaurant, voire même très souvent, je vis ce moment
-là
comme un ballet, comme une représentation. Avec les acteurs que vous êtes, mais ce qui est touchant, c'est que vous n'êtes pas des acteurs, vous vivez avec une sincérité et une authenticité vos
services
qui rendent quand même quelque chose de l'ordre du frisson. Et ça, on aimerait quand même en parler un peu plus. En tout cas, nous, on le fait et n'hésitez pas à nous suivre.
Et on sait très bien que les meilleurs vous transmettent des choses extraordinaires de la science sans être compassés, sans être trop serrés, trop stricts. On aime bien qu'il y
ait
même des petits traits d'humour dans la conversation que l'on peut avoir autour de la table. C'est votre
grande force, c'est de vous adapter aussi aux personnes
que vous avez. Bien sûr, ils sont psychologues.
Exactement, c'est fabuleux.
Voilà, alors je rappelle donc Bastien de Bonneau au bord du lac d'Annecy chez Johan Comte et Olivier Bicao, directeur du restaurant Alain Ducasse au Meurice à Paris. Voilà, deux fois deux étoiles d'ailleurs. Vous avez ça en commun, messieurs.
C'est ça, exactement.
Absolument. Et on vous souhaite une longue carrière. Avant de terminer, Anne Luzin, on va peut-être révéler quand même qui était le chef de
l'année. On a quand même pas mal passé le palmarès en revue, la pâtisserie, la sommeillerie, le service,
les jeunes, la transmission. Sontout, mais qui était chef de
l'année
2026 ? C'est Mickaël Arnoux qui a le restaurant Les Morénières à Jongeux avec son épouse Ingrid qui y sont installés depuis plus de 20 ans, qui font un travail minutieux, d'excellence, extraordinaire.
C'est la Savoie d'en bas,
Jongeux. À Flanc-de-Coteau, dans un lieu
complètement improbable, un tout petit village. Et voilà, c'est une belle histoire, une belle humilité et un très beau
travail. Ils sont
aussi discrets que talentueux. Absolument. Et ce n'est que récompenser le savoir-faire, le talent incroyable de
Mickaël Arnoux et de sa femme. Et la
profession a effectivement reconnu ce talent et cette discrétion et cette excellence en le mettant en avant cette année et en l'élisant chef de l'année. Merci
beaucoup Anne Luzin d'être venue nous voir. Bonne journée messieurs, un bon dimanche. Vous allez faire le marché là ? Moi ?
Non, j'ai déjà fait le marché, j'essaie de la manger maintenant. Ah
bon d'accord, allez à table chez les Luzins. On se retrouve dans une minute pour parler d'un autre palmarès, déjeuner uniquement.
Léa Le Métro, premier fournisseur et livreur de produits frais et locaux aux restaurateurs partout en France, vous présente.
Sud Radio, 10h11, Ferniaud fait le marché. Je vous l'ai dit mes amis, ce matin l'émission est entièrement dédiée aux talents, aux talents autour des métiers de bouche, de la restauration, aux talents français. Ça fait du bien quand même de se dire qu'on n'est pas un vieux pays terminé et qu'il y a encore de la jeunesse notamment qui va relever le gant de tout ce talent. On a fêté cette semaine les rabelais des jeunes talents, c'est un magnifique palmarès, on en parle tout de suite.
Sud
Radio, Ferniaud fait le marché. Pour en parler de cette belle manifestation, j'ai ce matin au téléphone Dominique Enracht, le président de la CGAD. C'est les commerces de détail, pour faire simple. Bonjour Dominique Enracht.
Bonjour.
Dominique, on vous a connu, Sud Radio vous connaissez bien, vous êtes venu souvent dans différentes émissions et avec votre casquette de président de la Confédération de la Boulangerie et vous avez élargi à tous les commerces alors.
Oui
tout à fait, c'est la Confédération Générale de l'Alimentation en Détail, ce qui nous donne en fait les 18 métiers d'alimentation, en fait tous les commerces que vous trouvez finalement au centre-ville où on se fait du bien.
Oui c'est important parce que ce sont à la fois des commerçants mais surtout beaucoup d'artisans qui font des métiers de production et pas seulement d'ailleurs, on va le voir dans le palmarès.
Tout
à fait, c'est vraiment les commerces bouchers, boulangers, charcutiers, cabistes, brasseurs, pâtissiers, chocolatiers, vraiment tout ce qui fait les fromagers, etc. Tout ce qu'on
appelle le commerce de centre
-ville, oui c'est ça. Voilà,
tout
à
fait le commerce de centre-ville.
Dominique Horact, avant de parler du palmarès des Rabelais avec vous et puis on aura tout à l'heure deux des présidents des confédérations pour illustrer un petit peu cela. J'aimerais qu'on parle justement des commerces de détail. On sait bien que c'est assez tendu, le pouvoir d'achat est carrément en berne pour les Français, le prix du carburant, ça c'est un bien de première nécessité. Comment s'en sortent les commerces de détail depuis six mois ?
Écoutez, c'est évidemment compliqué, on ne va pas pleurer. On sait qu'on voit bien à la télé que tous ces problèmes de matières premières, d'énergie,
là
avant c'était électricité, maintenant aujourd'hui c'est le carburant. On a des problèmes d'habitalement de matières premières, de prix de matières premières et tout ça avec des choses qu'on ne peut pas toujours répercuter au niveau des prix parce qu'on n
'a
pas envie de perdre la clientèle avec des concurrences de GMS.
Alors
même si ce n
'est
pas les mêmes produits, si vous voulez, ce qui nous gêne quand même c'est le pouvoir d'achat. Alors évidemment que les gens sont résilients, ils travaillent, ils prennent aussi sur leur marge et ils continuent toujours à faire de la qualité mais c'est vrai que c'est parfois un peu plus compliqué.
Pour
autant, il y a une vraie affection des Français de cette culture gastronomique qui fait qu'on a envie d'aller chercher le produit mais aussi le conseil dans les commerces de proximité.
Oui
tout à fait, on a d'ailleurs eu le congrès CGAD hier qui précédait les Rabelais et on a eu le rendu d'une enquête CSA qui donnait qu'en fait 90% des consommateurs souhaitent aller dans leur commerce de proximité, ils souhaitent en avoir plus et ils venaient pour la qualité à 90% et à 90% aussi pour l'accueil et le lien social. Donc ça veut dire que quand même même s'ils n'ont pas toujours les moyens, ils aiment ces commerces de proximité.
Oui mais c'est aussi un peu de ce tissu de sociabilité rurale le plus souvent, les derniers pôles attraction des petits villages, c'est le commerce, c
'est
le boulanger, c'est le café, c'est l'épicerie.
Oui,
ça perdure ou est-ce qu'il y
en
a beaucoup qui disparaissent
?
Écoutez, il y a évidemment des commerces qui ferment parce que bien souvent c'est qu'on manque de repreneurs, même pas pour, bon quelquefois pour des côtés économiques mais souvent un manque de repreneurs, mais il y a quand même toute une jeunesse qui arrive qui se forme et qui reprend ces commerces et on le voit avec différentes bourses qu'on a pu mettre en place où des jeunes, quand ils viennent et qu
'ils
font bien, ils explosent. Et là on voit qu'il y
a
encore une réussite dans ces commerces. On voit que chaque consommateur veut aller chercher la qualité, veut aller chercher une bonne viande, une
bonne terrine,
un bon gâteau et ça on ne peut pas passer à côté.
Bien
sûr.
Alors ce qui est extraordinaire c'est qu
'en
même temps, vous, les Rabelais des Jeunes Talents, comme son nom l'indique, ça récompense les jeunes. Beaucoup de ces jeunes sont en apprentissage et beaucoup sont déjà meilleurs apprentis de France dans le palmarès parce que je crois qu'il y avait 37 jeunes qui étaient célébrés cette semaine.
Oui tout à fait. Alors ce qu'il faut savoir c'est qu'on fait 80 000 apprentis chaque année à la CJAD. Donc dans tous ces commerces, ces jeunes font des concours, arrivent à s'illustrer dans différents concours, examens et en fait les meilleurs, les trois meilleurs de chaque catégorie, chaque famille, viennent et récompensent cette soirée des Rabelais des Jeunes Talents et de la Gastronomie.
Qui décide de ça ? Qui les note ? Qui les identifie comme étant Rabelais ?
En
fait c'est chaque fédération qui organise des concours comme Meilleur apprenti de France ou Meilleur jeune Boulanger ou Meilleur jeune Boucher etc. Et donc ils sélectionnent les trois meilleurs, alors parfois dans des catégories hommes-femmes, parfois au général. D'accord. En
plus
ces trois sont vraiment la crème, ceux qui ont tout gagné, parfois plusieurs concours et en sortant d'apprentissage. C'est-à-dire que ce sont des tout jeunes apprentis, ils arrivent,
ils
sont tous
jeunes.
Bah
oui, oui. Et encore à l'école évidemment par définition, ce sont des apprentis.
Tout
à fait, vous
sortez.
Par exemple le MAF se fait durant l'école et il y a d'autres concours qui se font en sortant d'apprentissage. Mais d'une manière générale, ce sont des jeunes talents.
Moi ce que j'aime bien, au moment où on voit un petit, enfin bon je ne
veux
pas jeter la pierre, mais un peu l'échec des filières générales avec ce classement PISA qui est dramatique pour la France, c'est un petit peu un coup de boost pour les filières pro ?
Tout à fait, ça montre qu'en fait on regarde par exemple dans des pays étrangers comme l'Allemagne ou la Suisse où ils forcent vraiment sur l'apprentissage, où ce n
'est
pas un lieu de perdition, d'échec scolaire. C'est vraiment le Graal. Et en fait en France,
il
faut absolument que, et je pense que l'IA, beaucoup de postes vont disparaître. Et en voyant ce genre de cérémonie,
ils
montrent que ce sont des métiers tout à fait honorables et sur lesquels les jeunes ont vraiment des carrières superbes à faire. Puisque généralement ces jeunes arrivent parfois jusqu'au meilleur endroit de France à s'installer, à partir dans le monde entier. Donc ils ont vraiment des carrières à faire chez eux.
13
métiers étaient récompensés, enfin 13 catégories. Donc ceux qu'on connaît bien, ceux de nos commerçants de centre-ville, que sont les bouchers, les charcutiers traiteurs, les boulangers, les pâtissiers, les chocolatiers. Évidemment, j'ai noté également les épiciers. J'ai noté les brasseurs, enfin les micro-brasseries en tout cas, le travail. Les cavistes et tous avec vraiment
les
glaciers. Tous une ferveur incroyable. Vraiment, il y a du talent et de l'envie. C'est ça qui est extraordinaire parce qu'on se lamente beaucoup sur le manque de motivation des jeunes. Eux, ils en ont de la motivation.
Là, je peux vous dire que ce soir, enfin hier soir, c'était vraiment une soirée incroyable. On a en plus fait revenir les anciens jeunes rabelais qui étaient là il y a une dizaine d'années dans les premiers et qui ont montré ce qu'ils avaient réussi. Certains se sont installés, certains sont partis partout en province, à l'étranger. Et c'est que des réussites.
C
'est
-à
-dire que c'est des gens qui encouragent aussi les jeunes à faire ça, à continuer. Ça reste une famille aussi de jeunes motivés. Et là, on s'aperçoit que la jeunesse, en fait, elle a une pêche d'enfer. Il faut juste les motiver, juste leur expliquer. Et qu'il y ait vraiment un dialogue au niveau des parents en disant « Écoutez, ce n
'est
pas parce qu
'on
va faire un métier manuel que vous n'aurez pas la cote. » On peut tout à fait réussir. Il faut changer cette image de métier manuel.
Vous, président de la CGAD, est-ce que vous rêvez à d'autres catégories qui n'ont pas encore trouvé leur voie dans ce concours des Rabelais des jeunes talents ? Est-ce qu'on peut imaginer dans l'avenir d'autres formes d'artisanat des métiers de bouche ou de commerce qui peuvent rejoindre ce concours ?
Écoutez, c'est vrai qu'on a quand même englobé beaucoup de métiers de
l'analympation. Mais c'est quelque
chose qui pourrait se faire dans tout l'artisanat. Et il y a déjà des concours, notamment, je pense, aux WorldSkills, qui se passent en ce moment à Shanghai, les finales nationales. D'ailleurs, on a des candidats dans différents métiers. Et là, on s'aperçoit qu'il
y a
le bâtiment, il
y
a l'informatique. Et c'est vraiment les WorldSkills.
Il y
a aussi une très grosse organisation mondiale et qui met en valeur tous ces métiers de l'intelligence de la main. Donc ça, on voit que ça avance, ça prend. Et je veux dire, on a maintenant déjà d'une part des jeunes qui ne sont pas là par erreur ou par échec scolaire, mais qui le veulent même parfois après le bac. Et on a aussi 15% de reconversion. C'est
-à
-dire, ce sont des gens qui avaient fait des études, pas que 5, et qui, à un moment donné, reviennent fromager, boucher, boulanger, qui reviennent en fait en reconversion et qui s'installent et avec lesquels ça marche bien. Donc ça veut dire que parfois, ils n'ont pas chopé le métier au passage parce que pour des histoires de famille, parce qu'il marchait bien à l'école. Et d'un seul coup, ils se disent, écoute, le vieux rêve que j'avais, je prends le temps, je le fais. En plus, on a beaucoup de passerelles de formation. Donc, on récupère beaucoup de gens comme ça.
Bon, et on est très heureux que vous soyez, avec votre passé boulanger, ce président de la CGAD qui réunit tout le monde. Et c'est vrai que la boulangerie, c'est un peu le symbole du commerce quotidien et de proximité dans nos villes et nos villages. Merci, Dominique Enract. On va passer un coup de fil à des présidents heureux qui étaient justement là à la soirée d'Erablet. Merci beaucoup.
Les
Halles Métro, premier fournisseur et livreur de produits frais et locaux aux restaurateurs partout en France, vous présente.
Sud
Radio 10h11h, Fergnaud fait le marché. Cette semaine à Paris se tenait, ça avait lieu, la cérémonie de remise des prix des Rabelais, des jeunes talents qui s'adressent aux commerçants et artisans de métier de bouche. Et des jeunes, des jeunes en apprentissage. Donc, c'est merveilleux. C'est vraiment l'avenir de la profession, de ces professions. 13 professions des métiers de bouche qui étaient récompensées. Et on est en téléphone avec des présidents heureux. Ah oui, j'en ai un, par exemple, Bruno M., qui est le président de la Confédération des Glaciers de France. Bonjour, Bruno. Bonjour, Vincent. Bonjour, les éditeurs. Merci d'être avec nous ce matin.
Je vous ai vu le soir de la cérémonie tellement content parce qu'il y
a
une particularité. Alors, je ne peux pas avoir les 13 présidents des 13 catégories, en tout cas des 13 professions qui étaient récompensées. Mais il m'a semblé que les deux que j'ai choisis, les Glaciers et les Épiciers, qu'on verra dans une seconde, ne sont pas souvent sur le devant de la scène. Et moi, j'avais envie de donner un petit coup de projot. Vous aviez en plus la chance, Bruno, d'avoir trois candidats qui étaient des candidates. Pour ne pas paraphraser ce que faisait Coluche dans le schmilblick. Les candidats étaient des candidates. Donc, trois jeunes femmes récompensées pour la profession de Glacier. C'est merveilleux, ça
?
Ah, c'est vraiment merveilleux. C'est la première fois qu'on a trois jeunes femmes, trois grandes professionnelles, qui ont fait un travail remarquable. Et c'est pour ça, d'ailleurs, que mercredi, nous avons récompensé de ce magnifique trophée.
Alors, je ne veux pas être accusé de machisme. Je parle de Glacier, parce que si on parle de Glacier, on pense plutôt à des caisses de polystyrène qu'à des jeunes femmes.
Absolument. On est toujours habitué de dire des Glaciers. Mais même ici, ce sont des femmes.
Les
Glacier, c
'est...
Oui, une Glacier, c'est un peu... Ça fait un... Voilà, il y a, je vous dis, ce côté isotherme, là, qui me gêne un tout petit peu. En tout cas, voilà. Bruno M., ces jeunes femmes qui sont tellement jeunes, enfin, comme tous ceux qui étaient récompensés lors de cette cérémonie, elles ont déjà l'esprit bien installé, une personnalité bien plantée dans ce métier, qui pourtant, alors, je dirais, n'est pas émergent. Ça fait très longtemps qu'on fait des Glaciers et qu'il y a de très beaux artisans glaciers. Mais c'est toujours une lutte contre l'industrie, l'artisan glacier.
Tout à fait. Alors, c'est pour ça qu'on innove tous les ans, tous les jours,
on
innove dans nos laboratoires avec des nouveaux produits. Et puis, on s'est aperçu que ces trois jeunes femmes ont vraiment perçu le métier de Glacier et elles sont à la recherche déjà dès leur plus jeune âge. Elles ont 17 ans jusqu'à 23 ans et elles recherchent déjà la perfection.
Oui, il y
en a
une qui travaille, je crois, chez le nôtre,
en
tout cas. Absolument. L'autre qui est dans une affaire familiale dans le Nord, me semble-t-il. C
'est ça.
Et la troisième dans le midi ?
Dans les
roues
?
Dans les
roues,
oui.
Absolument, elles travaillent chez un pâtissier glacier. Oui. Et on voit quand elles parlent de glace, elles ont les yeux qui pétillent.
Ah,
oui. Elle a fait
des toiles dans les yeux. C'est pas facile de faire des glaces avec des bulles dedans. Mais bon, c'est la technique, qu'est-ce que vous voulez. Bruno, qu'est-ce que ça vous inspire pour l'avenir de cette profession ? D'ailleurs, est-ce qu'il y a une demande des jeunes vers votre profession de glaciers ?
Est-ce
qu'on sait que les Français consomment pas mal de glace, loin des Anglo-Saxons ? Comment se porte le marché et la profession, justement
?
Alors, la production, elle va plutôt, elle va même très très bien. Malheureusement, avec l'échauffement de la planète, on consomme de plus en plus de glace, effectivement.
On
consomme de la glace. Et il n
'y a
pas si longtemps, on était à 6 litres par an et par Français. Et on est à 7 litres. Alors, c'est pas beaucoup par rapport aux Américains qui sont à 20 ou 22 litres. Mais
c'est de la bonne glace,
surtout.
Et les gens
sont aperçus
que... Oui,
je vous écoute. Et les gens sont aperçus que les artisans glaciers, il y avait vraiment une différence avec la glace industrielle.
Oui, vous, vous êtes obligés de faire un peu la police tout le temps. Parce que beaucoup se prétendent artisans glaciers dans nos rues, dans les rues notamment des stations balnéaires ou des lieux de tourisme pendant l'été. Or, pour être artisan, il faut produire vraiment, quoi.
Il
faut produire avec des matières premières respectables. Absolument. Déjà,
il
faut
minimum
avoir un sapé de glaceier, être inscrit à la chaîne de métier et puis avoir une recherche et ne pas prendre la simplicité d'acheter des poudres et de mettre de l'eau ou du lait et faire de la glace. Mais le glacier, c'est un vrai métier. On a des fruits, il faut les éplucher, il faut les nettoyer. La glace, il y
a
du lait, des œufs, de la crème. Il n
'y a
quand même que des produits nobles.
Alors, puisqu'on parle de noblesse du métier, j'ai un autre président de la Fédération des épisées de France qui est avec nous.
C
'est Alexis Roude-Bizieux. Bonjour, Alexis.
Bonjour, Vincent.
Alors, j'ai ce sentiment que l'épicier,
il
y a un quiproquo sur le nom. L'épicier,
c
'est trop souvent rattaché à la petite épicerie du coin, la supérette, alors que l'épicier est un noble métier.
Alors,
c'est un métier qui est très ancien. C'est un métier de sélection. C'est un métier qui avait le monopole des poids et mesures. Et aujourd'hui, il s'effectue de manière très, très diverse sur tout le territoire. Il y a ceux qui sélectionnent véritablement des épices et uniquement des épices. Et puis, il
y
a ceux qui ont des gammes de produits beaucoup plus larges et qui font voyager le client dans le monde entier.
Donc, c'est un grand cabal, l'épicerie, aujourd'hui, parce qu'on y trouve beaucoup de types d'épiceries. Il n'y
en
a pas une qui ressemble à l'autre.
Alors, nous,
on a défini qu'il y
avait
trois catégories, quelque part. Il y a les hédonistes, qui créent du lien, qui sélectionnent des produits. Il y a les pratiques, qui rendent un multiservice, un service de proximité. Et puis, il y a les ethniques, qui servent une communauté d'origine. Des épiciers lusitaniens, là où la communauté portugaise est importante. Des épiciers italiens, des épiciers des Balkans, sur tout le territoire national, en fonction des implantations des communautés et de leur origine géographique. Il y
a
des épiciers qui pratiquent le métier de manière très différente, avec beaucoup, beaucoup de spécificités. Il
y a
à chaque fois un rapport avec le client et un vrai rapport de proximité
et
de sélection et de curation, on pourrait dire, pour un client donné.
Alors,
vous, vous êtes épicier à Paris, avec les épiceries Causse, et on va dire avec une forte teneur régionaliste, en tout cas, de terroir. Voilà, vous êtes un peu un épicier de terroir, on est d'accord
? Alors,
épicier de terroir, épicier du quotidien. Donc, on essaie de couvrir l'ensemble des unités de besoin, dont a besoin un client pour vivre, sans avoir de marque nationale, sans jouer la contre-saison sur les fruits et légumes, et en ayant du personnel sur la surface de vente pour recréer un lien et un service, j'ai envie de dire presque, un service public de proximité. Oui, c'est ça,
personnalisé, quasi. C'est le cas chez
beaucoup d'épiciers indépendants.
Et ça tombe bien parce qu'hier était, pardon, hier, cette semaine, était récompensé un garçon qui travaille chez vous. C'est Ancelin Emery, qui a été donc Rabelais, jeune talent, dans la catégorie épicier. Bonjour, Ancelin.
Bonjour.
Ancelin, j'ai aimé dans votre discours, parce qu'il y avait une présentation de tous les jeunes, une petite vidéo, et j'ai aimé la façon dont vous présentiez votre vocation un peu, non pas tardive, parce que vous êtes jeune, mais en tout cas, vous avez été happé par le métier d'épicier.
Alors, plus que happé, c'est que je me suis rendu compte que c'est
un
des métiers qui me rendrait le plus heureux dans la vie.
Ah, c'est
important.
Moi, j'étais vraiment dans un cursus qui ne me rendait pas heureux.
Et
je suis un peu revenu aux sources, parce que mes parents sont dans ce monde-là. Et je me suis questionné, je me suis dit, mais qu'est-ce qui me rend vraiment heureux ? Et c'était ce dont a parlé Alexis,
c
'est créer du lien social, m'intéresser aux produits qu'on va vendre pour à la fois ma culture personnelle, mais aussi pour renseigner aux clients au mieux. Donc, c'est tous ces éléments qui
m
'ont, comme vous dites, happé vers ce métier.
Il y
a
un truc qui est intéressant dans ce que vous disiez, là encore, et c'est pour ça que je vous ai demandé d'être avec nous, même si le temps passe vite et qu'on s'approche de la fin de l'émission. J'ai aimé le fait qu'il y
ait
une distinction entre ces artisans, commerçants qui produisent, qui fabriquent, type les charcutés traiteurs, les boulangers, etc., et ceux qui ne font que distribuer les produits fabriqués par d'autres. Ce qui vous impose, vous, pour vous différencier, d'avoir une connaissance pléthorique, de savoir le communiquer, de vous passer votre temps à raconter, en fait, les produits
?
Oui, c'est ça. C'est une grosse partie du métier. Et personnellement, moi, c'est quelque chose que j'adore. Parce que ça, en fait, ça nous permet de passer un moment privilégié avec un ou plusieurs clients. Moi, je me rappelle certains souvenirs en boutique où on passait vraiment des minutes et des dizaines de minutes à parler d'un seul sujet, d'un sujet à un autre. Et comme vous dites, il faut avoir des connaissances sur, à la fois, ça va être les fruits et légumes, les épices, les produits pour l'apéritif. Voilà, ça va couvrir un ensemble de domaines
sur
lesquels on va être plus ou moins bien renseignés. Mais à force de se renseigner, de parler avec les gens, on va avoir de plus en plus de connaissances. Et à mon avis, c'est aussi une de nos missions de transmettre ces connaissances-là pour informer le consommateur au mieux.
Alexis Routbezu, un dernier mot, l'élocution aussi. Je crois que c'est le critère qui est déterminant pour tous ces jeunes qui étaient récompensés lors de la cérémonie. Une élocution parce qu'ils savent tous parler de leur métier et de leur passion.
Oui,
alors
en fait, dans l'élocution, il y a la maîtrise du langage et la connaissance, en effet. Et il y a surtout un point, c'est que l'ensemble, qu'ils soient artisans ou pas, ils étaient commerçants, ils n'étaient pas distributeurs. Bien sûr. Et tout à
l
'heure, vous avez employé le terme de distributeur. Un distributeur, il met en rayon et c'est le client qui fait le travail, entre guillemets,
pousser son cadenier à
chercher le produit, limite le scanner en caisse. Le commerçant, c'est lui qui sélectionne et c
'est
lui qui conseille. Et ça, c'est une vraie différence. Et l'élocution fait bien évidemment partie de ça. C'est-à-dire qu'il y a une phrase, par exemple, chez nous qui est bannie, c'est la phrase « personne suivante
».
On entend souvent dans la caisse des sujets en marché. Ah
oui,
on entend ça souvent ? Oui,
on entend à la fois
le bip, le bip et puis le « personne suivante ». Je ne
sais
pas si vous avez jamais entendu ça. Comme quand dans un supermarché, on vous dit « est-ce que vous avez la carte de fidélité ? » Vous répondez non, on ne
vous
la propose pas. Et on vous voit dix fois dans la même semaine et on vous propose dix fois de prendre la carte de fidélité. Oui, je comprends ce que vous dites. C'est une approche mécaniste du commerce. Donc c'est de la distribution. Et nous,
on
a une approche qui n
'est
pas du tout mécaniste, mais qui est plutôt centrée sur l'humain.
Voilà,
et je vous invite à vous intéresser, à vos commerçants. N'y allez pas seulement pour acheter, parlez-leur. Vous voyez bien qu'ils aiment ça. Merci Bruno et Hime de la Confédération des glaciers. Merci Alexis Roux de Bézieux, de la Confédération des épiciers de France. Et merci Ancelin et bravo au nom de tous vos camarades, les 37 qui étaient récompensés ce soir-là. Voilà, c'est vous qui représentiez, avec votre beau métier de l'épicerie et le futur qui vous attend, tous ces métiers merveilleux et tous ces jeunes bourrés de talent et d'envie. Voilà, mes amis, l'émission se termine en souhaitant un avenir radieux à tous ces jeunes talents et à leurs camarades.
Dans quelques minutes, vous retrouvez un autre encore jeune talent, Jean-Marie Bordry, qui vous régalera juste après les infos de 11h, qui se profile à l'horizon. Bon dimanche à tous et si ce n'est pas jour de marché pour vous, pensez à aller acheter votre déjeuner chez vos petits commerçants qui en ont bien besoin. Ils ont besoin de vous et vous, vous avez besoin d'eux.
Léal Métro, premier fournisseur et livreur de produits frais et locaux aux restaurateurs partout en France, vous a présenté
Sud Radio, Fergnaud fait le marché.