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AutreFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 9 août 2022 55 minContradictoireMixte

Mais où sont passés les tubes de l'été ?

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0:15
Présentateur

Bonjour à tous, bienvenue dans le débat de midi qui aujourd'hui va ambiancer ce rendez-vous en montant le son un peu plus fort. Alors nous sommes au cœur de l'été, peut-être en ce moment même êtes-vous balancé dans un hamac ou allongé dans une salle longue, les glaçons teintent dans un verre déjà vide et au loin, un petit grésillement sort d'un poste de radio, une musique aux accents latinaux qui malgré sa qualité discutable vous fait battre vos orteils en rythme, vous souriez, pas de doute, vous êtes en vacances.

Et oui cette musique c'est ce qu'on appelle un tube de l'été et ne faites pas celle ou celui qui fait l'amour en entendant cette appellation car on peut le dire nous avons tous fini un barbecue en chantant la socca dance ou alors j'ai des fréquentations bizarres je ne sais pas. En tout cas le tube de l'été, le titre populaire par excellence qui comme par magie disparaît lorsque le réveil sonne le jour de la rentrée. Il ne nous intéressera de nouveau qu'un soir dans un délant de nostalgie où on se dit que la plage est bien loin alors on pousse un peu le volume et le rêve estival revient. Le tube de l'été a sa diversité et son histoire. Tiens d'ailleurs c'est quoi le tube de l'été 2022 ?

Je ne sais pas, comme celui de l'année dernière ou celui de l'année d'avant ? On ne sait plus pourquoi intéresse-t-il moins comment la disparition du tube de l'été peut être une métaphore de l'évolution de l'industrie musicale. Sommes-nous devenus plus individualistes en choisissant nos propres tubes de l'été ? La chanson du bord des plages est un vrai phénomène sociologique. On en discute dans le débat de midi.

1:28
Invité

Jean-Mathieu Bernat, le débat de midi sur France Inter. Dans la ronde des étés, les souvenirs précis s'accrochent à une mélodie à titre de livre, les tubes. L'un des premiers tubes français qu'a pris, c'est fini, un million de disques vendus. En littérature, les éditeurs négligeaient le marché des vacances. Et puis, paru en juin 68, Où tu porteras mon deuil, gros succès. Depuis, maisons de disques et éditeurs s'affrontent sur les plages. Pour un investissement faible, 100 000 francs environ, les gains atteignent plusieurs millions.

2:01
Présentateur

Hervé Villard, et oui, tube de l'été, on peut le dire. Pas 2022, plutôt, des années 60. On va en parler d'ailleurs aussi d'Hervé Villard. On attend vos commentaires et réactions par mail pour parler tube de l'été. Et sur l'appli Inter, ainsi que sur Twitter, hashtag le débat de midi. Et ils ont pris place, eh bien, autour de la table du débat de midi. Sofian Fanen, bonjour à vous. Bonjour. Vous êtes journaliste musique, cofondateur du Média Les Jours. Vous avez publié en 2017 Boulevard du Stream, du MP3 à 10 heures. La musique libérée, c'est chez Castor Musique. Thierry Dupin, bonjour. Bonjour. Vous êtes programmeur musical à France Inter.

Vous adorez les tubes de l'été qui passent très souvent sur France Inter. Également, Olivier Keffer, bonjour. Bonjour. Vous êtes créateur de la RFM Partie 80, avec tous les grands tubes de l'été de ces années. Et agent de nombreux artistes des années 80. Aujourd'hui, vous êtes tourneur pour Totalement 80. Voilà, c'est un autre concept. Et puis, Philippe Jacot, bonjour à vous. Bonjour. Vous êtes musicien, compositeur, chef d'orchestre. Bonjour. Bonjour. Et membre fondateur du groupe Nomade, on s'en souvient, qui avait sorti un tube de l'été 98, et pas n'importe quel tube. C'était Yaka Léo. Et ça, on va revenir, bien sûr, pour en parler avec vous.

Alors, juste au départ, messieurs autour de cette table, est-ce que vous avez l'impression qu'il y a un tube de l'été en 2022 ?

3:19
Invité

J'ai cru. J'ai cru qu'il y en avait un. Avec Kong, je me suis dit, ah, voilà le tube de l'été. Et puis, c'est parti aussi vite que c'est arrivé. Je le voyais bien sur les plages, mais non. Il y a Suavemente de Soul King. Pour moi, c'est le tube de l'été. Je l'ai entendu au centre de loisirs hier. Donc, c'est que ça doit être le tube de l'été.

3:37
Présentateur

Est-ce qu'il y a un tube comme ça qui émerge aujourd'hui ?

3:39
Invité

Si je m'en tiens à ce qu'on passe sur France Inter, il y en a peut-être deux. C'est L'Izzo et peut-être Angèle aussi. Oui, un peu Angèle. Qui tient un peu ses promesses.

3:46
Présentateur

L'Izzo, on l'entendra d'ailleurs tout à l'heure. Philippe Jacot, pour vous, aujourd'hui, il y a un tube de l'été en 2022 ?

3:51
Invité

Oui, pour moi, il n'y en a plus en fait. Parce que, comme vous disiez, c'est vraiment une métaphore de l'industrie musicale. Tout a disparu. Tout a été noyé dans le flux Internet. Et même si c'était, comme vous disiez, des qualités douteuses, c'est vrai. Pas tous. Pas tous. Attendez, pas tous. Pas tous, mais bon, il y avait quand même... Ça prêtait à sourire. Moi, le premier, d'ailleurs. On va en parler. Moi, je n'ai pas fait ça pour... J'étais très conscient de ce que je faisais. Enfin bref, je fais de la musique de film aujourd'hui. Je n'ai plus rien à voir avec ça.

Mais en tout cas, pour moi, il n'y a plus de tube de l'été parce que tout a été noyé complètement dans ce grand, grand bassin de musique et d'informations qui est sur Internet. Donc, on n'a plus de leaders, en fait, qui marquaient la voix. Il y avait les maisons de disques. Il y avait aussi les directeurs artistiques qui choisissaient tout ça, qui étaient des filtres, en fait, par rapport au métier. Et puis, aujourd'hui, c'est pour ça qu'on ne sait plus. Il y avait quand même autre chose, si vous me permettez, Philippe. Il y avait aussi le sponsor.

4:59
Présentateur

Alors voilà, on va en parler de tout ça. Ne vous inquiétez pas. Mais juste avant. Pour rebondir sur ce que je viens de dire,

5:06
Invité

je ne dirais pas que le tube de l'été a complètement disparu. En fait, chacun a son tube d'été. Voilà. C'est-à-dire que l'écoute est tellement éclatée aujourd'hui, fragmentée, que chacun, vos enfants, ont leur tube de l'été. Il suffit de voir les streams que font les vues sur Internet, aussi bien sur les plateformes vidéos que sur les plateformes audio. Ça se compte quand même par millions. Comme vous voyez Alonso en ce moment, Lidzo, Harry Styles. On n'entend pas, mais il fait un carton lui aussi. Il a 120 ou 130 millions de vues. Donc, je dirais que le tube de l'été existe toujours, mais il est plus fragmenté aujourd'hui. C'est-à-dire que chacun a son tube d'été.

5:39
Présentateur

C'est-à-dire qu'aujourd'hui, en gros, si on fait un peu d'analyse, ça veut dire qu'on partage moins. En fait, finalement, c'est plus éclaté. Et quand on voyait ces tubes, finalement, on se souvient surtout. Il y a toute une génération qui, à chaque fois, se souvient des tubes de sa génération. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y en a beaucoup de tubes, mais chacun a le sien.

5:55
Invité

Oui, en fait. Moi, je ne considérais pas que c'était forcément mieux avant, dans le sens où on n'avait pas le choix. On n'avait pas le choix. Et en fait, on écoutait la Soccadence parce qu'on n'avait pas le choix. Et franchement, moi, j'en ai un peu souffert. Je me souviens, c'était quand même un peu dur. Ce qui est bien aujourd'hui, enfin, ce qui est intéressant, disons, c'est qu'effectivement, le monde de la musique est une agglomération de niches. Et on fait chacun, chacune partie de plusieurs niches. On a les musiques qu'on aime bien pour aller faire du sport, les musiques un peu romantiques, les musiques en français, les musiques pas en français, les musiques un peu latino, etc. Voilà.

On va aller s'attacher à plusieurs aspects, plus ou moins rap, etc. Et chaque niche va générer son tube du moment, d'ailleurs. Pendant l'été comme pendant l'hiver, chaque niche va générer son tube de moment. Et après, parfois, il y a des tubes qui vont traverser des niches. Je parlais de Suavementé, de Soul King. Je pense que cet été, c'est une chanson qui traverse plusieurs niches. On l'entend un peu partout. Quand les voitures passent dans la rue, ça veut dire que c'est un morceau qui a un impact grand public. Mais effectivement, en fait, on a perdu le côté mass-média, on va dire, dans les années 90 qui sont la grande décennie du tube de l'été fabriqué industriellement. On va en parler.

On était encore à une époque de la rareté, de la rareté de la musique dans les magasins, la rareté de la musique à la télévision, même s'il y avait MTV, les clips, etc. Ça a généré aussi ces tubes-là. Mais tout le monde écoutait la même chose. Tout le monde regardait les mêmes films, tout le monde regardait les mêmes émissions de télévision, tout le monde écoutait les mêmes disques. Aujourd'hui, on a une diversité et je pense que la diversité est plutôt bonne pour tout le monde. On disposait de moins de canaux de diffusion, ce qui fait qu'on subissait même la plupart des choses. Les titres étaient beaucoup, les musiques étaient beaucoup plus fédératrices qu'aujourd'hui.

7:37
Présentateur

C'est ça, Olivier Kieffer ? Oui. Sur cette disparition, on peut dire, finalement, on se rend compte, on a intitulé à sa disparition, mais en fait, c'est une disparition, on voit, qui a amené de multiples choses. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, en effet, il y en a énormément.

7:48
Invité

Il y a énormément de tubes, c'est vrai, qui circulent sur vos radios, que ce soit sur Inter. On n'écoute pas la même chose que sur une autre radio périphérique ou voire même un réseau. Et puis, il y a les radios spécialisées. Il y a une radio de rap, il y a une radio rétro, il y a une radio moderne. Tout ça, chacun fabrique son tube de l'été. Mais aujourd'hui, on fabrique surtout son tube de l'été avec son téléphone parce qu'on se fait soi-même ses playlists. C'est là où c'est dangereux pour vous, les radios. C'est que la radio est en train de s'abîmer avec les playlists que l'on fait sur nos téléphones. Mais chacun doit choisir son tube de l'été.

C'est vrai qu'à l'époque, moi je me souviens puisque en 89, je me suis occupé de Kaoma et de la Lambada, c'était tout à fait formaté par TF1, par la marque de soda qui gérait. On n'avait rien de droit de faire.

8:36
Présentateur

On va en parler, ne vous inquiétez pas, j'ai réservé une petite chose pour la Lambada, forcément Thierry.

8:39
Invité

Il y a un tube qui est apparu, une nouveauté quand même cet été, c'est quand même Kate Bush, qui prend 7 ans. C'est le retour des vieux tubes. Les vieux tubes par la grâce d'une série télé. Je vais juste expliquer

8:51
Présentateur

en effet que Kate Bush est revenu grâce à Stranger Things succès international sur Netflix et en effet, ils ont utilisé et ça a été le cas aussi d'un autre groupe un peu moins fort mais Metallica également puisque un des personnages dans la série joue Masters of Puppets de Metallica et d'un coup, le groupe a même dû faire une vidéo avec l'acteur de Stranger Things pour montrer à quel point il trouvait ça super.

9:14
Invité

Et Kate Bush qui ne dit plus rien depuis 30 ans tout d'un coup. Elle a donné une interview parce qu'elle est fan de Stranger Things. Tout s'aligne parfaitement.

9:21
Présentateur

Ça, ça vaut bien. On va faire un petit peu d'histoire justement sur ces tubes de l'été. On va commencer, on va voir un peu l'évolution à quoi ça ressemblait les tubes de l'été. On va commencer par celui-ci. On part en 1965.

9:32
Invité

Alors Thierry Dupin,

9:47
Présentateur

si on ne sait pas officiellement le premier tube de l'été, celui-là en fait partie en tout cas.

9:51
Invité

C'est vrai que l'année 65, l'été 65 est un gros marqueur même s'il y en a eu avant parce qu'on date d'après les historiens de la musique, on daterait le premier tube de l'été en 1960 avec Dalida, les enfants du Perret. Mais c'est vrai que c'est un gros marqueur. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu trois tubes énormes qui ont un peu passé le temps à savoir Aline de Christophe, il y a eu Hervé Villard avec Caprice et Fini et aussi François de Guelte avec Le Ciel, Le Soleil et la Mer. Et c'est trois tubes, trois slow puisqu'à l'époque, les tubes de l'été, il ne faut jamais l'oublier, durant les années 60-70, c'était les slow. D'accord.

10:21
Présentateur

Et alors, pour les maisons de disques, Sophie, on est dans quoi ? On est vraiment dans quelque chose à l'époque des années 60 marquetté pour l'été. On a déjà cette idée de vendre un titre pour la saison estivale ?

10:32
Invité

Oui, oui. C'est vraiment, ça s'installe. On est vraiment dans les années 60 qui sont des années très particulières de la musique. on est dans l'invention de la jeunesse. C'est comme ça qu'on l'a appelé. Les yéyés, c'est-à-dire la jeunesse de l'après-guerre. Tout d'un coup, on découvre qu'il y a des jeunes partout. Ils représentent la majeure partie de la population. On leur vend des 45 tours qui sont un nouveau format, pas cher, mobile, même si c'est un disque vinyle. Et ils ont leurs propres émissions de radio également. Salut les copains, etc. Ils ont leur poste transistor.

Ils peuvent, pour la première fois, c'est la première fois où les jeunes peuvent écouter une autre musique que celle de leurs parents. Ils vont choisir leur musique. Et en fait, ils vont choisir leur musique et ils vont choisir la musique des yéyés mais que les maisons de disques fabriquent, en tout cas, marketent et on va marketer aussi l'été parce que c'est aussi l'été des congés payés, c'est aussi l'été d'une certaine insouciance même si on est en pleine guerre froide, etc. Il y a une certaine insouciance après la Seconde Guerre mondiale, il y a une richesse dans la population, une richesse économique. Donc il y a une insouciance qui s'installe.

C'est aussi les années des Beach Boys aux Etats-Unis. On est vraiment dans les années Six, Sex and Sun. C'est vraiment ça. C'est lié aussi à une révolution technologique, c'est l'arrivée du transistor à la fin des années 50. C'est-à-dire qu'avant, la radio s'écoutait dans le salon de papa et maman sur un meuble qui pesait 50 kg. On n'avait pas trop le choix des écoutes. On écoutait plutôt André Clavo et Jacqueline François. Arrive le transistor, la radio se transporte et est devenue nomade. Et en plus, les baby boomers ont 15-20 ans. Donc ça rejoint ce que vous venez de dire, à savoir qu'on a une nouvelle clientèle, une nouvelle musique qui arrive.

Les jeunes peuvent enfin écouter leur musique de leur côté avec leur émission, leur radio. C'est lié à tout ça aussi.

12:12
Présentateur

Et donc ça se lance comme ça, un tube de l'été véritablement. Et puis alors donc, ça va continuer. Vous allez voir l'évolution musicale. On est en 75. Fancy, not in love. Donc toujours dans l'idée du slow, Olivier Keffer. Mais là, on voit en effet l'évolution musicale petit à petit. Mais on est tout de même aussi là. C'est véritablement pour l'été. Là, on s'imagine forcément sur la plage. C'est le soleil qui se couche sur la mer et on écoute Tensissi.

12:39
Invité

Oui, et puis surtout, il y a un truc qui est tout neuf. Ce sont les dansings. Les endroits où on peut se retrouver pour aller danser. Parce qu'à l'époque, on allait au bal avec l'orchestre du coin. Là, aujourd'hui, on a la disco mobile, l'endroit qui fait qu'on peut aller draguer sans que les parents puissent nous voir. Tout ça, ça commence à évoluer dans les années 70 et dans les années 80, c'est l'explosion de la discothèque. En plus, on arrive à la fin des slows quasiment. Parce qu'on est en 75, c'est le début du disco. Tous les tubes de l'été vont être discos après. C'est un peu dommage que les slows aient disparu.

Juste que les tubes de l'été, c'est les slows de l'été qui ont disparu et ça, quelque part, c'est dommage.

13:15
Présentateur

Et les slows en général, c'est vrai. Maintenant, avec le Covid, ce n'est pas forcément la danse la plus appréciable, mais en effet, c'était ça. Et puis, vous l'avez dit, en effet, l'apogée de la discothèque, ça va arriver. Et notamment, dans les années 80, on est à la frontière et Fanen, là, on est vraiment dans l'idée qu'on se fait maintenant du tube de l'été. C'est-à-dire que c'est dansant, c'est près de la plage. Elle est en maillot, elle est dans une piscine, le cocktail, etc. Là, on est vraiment dedans.

13:55
Invité

Oui, on est en plein dedans. Mais il y a un journaliste américain qui a défini le tube de l'été. J'aime plutôt bien sa définition. Il dit, il faut que la chanson soit disponible en été, évidemment. Il faut qu'elle soit un peu débile et il faut que la musique vous reste dans la tête instantanément. Boys, boys, boys, c'est imparable. dans la jeunesse de la fin des années 80, début des années 90. Et on est vraiment aussi d'ailleurs dans le monotube parce que Sabrina, elle ne va faire que ça. Et pendant toutes les années, la fin des années 80, les années 90, on va avoir énormément d'artistes qui ne feront qu'un seul succès et souvent un succès de l'été. Oui, c'est ça. Thierry, on est...

Je disais qu'on est passé tous les heures on parlait des slows. Là, on est passé du sensuel au sexuel. Avec l'image. Ça cogne un peu, effectivement. Il y a quand même une période qui a été transitoire, c'est le disco. un tube comme Band To Be Alive de Patrick Hernandez a été un succès de l'été, de l'hiver et il l'est toujours aujourd'hui. C'est le mec en France qui a vendu le plus de 45 tours, 25 millions quand même.

14:52
Présentateur

Philippe Jaco, vous, justement, cette petite évolution qu'on a essayé de faire, là, on le voit des années 60 jusqu'aux années 80, on est vraiment là-dedans. Ça veut dire, en effet, la disparition peut-être de la balade pour assumer totalement le côté festif de l'été, en gros.

15:07
Invité

Oui, oui, mais ce que... Comment... Vous faites... Vous parlez des tubes en général mondialement, alors que moi, je croyais que vous parliez des tubes franco-français. Ah non, non, non. Je crois qu'il y a vraiment une différence parce que, par exemple, on parle de l'été 65, mais Satisfaction des Rolling Stones c'était un tube aussi. Exactement. Donc, je crois qu'en France, il y a vraiment un truc particulier socialement qui était toujours quelque chose d'assez exotique. Il fallait que ça fasse rêver, la plage, comme vous dites, etc.

Donc, oui, dans les années 90, c'est vrai que c'est la décennie du commerce du tube de l'été et comme disait Olivier Keffer avec la première La Lambada et on a été dans un... Depuis le disco, c'est vrai, on a perdu les slows et on est devenu dans des choses très dansantes où il fallait pouvoir faire bouger les foules et les faire danser sur la plage.

15:56
Présentateur

C'était vraiment dans l'idée qu'en fait, on allait vivre un été permanent comme vous disiez, Stéphane Henn, c'est-à-dire aux Etats-Unis, il y avait les Beach Boys et nous, ensuite, on continuait avec le tube de l'été. C'était comme aussi un rendez-vous véritablement fixé par une maison de disques.

16:11
Invité

C'était un rendez-vous et d'ailleurs, c'est ce qu'il faut noter que c'est un rendez-vous dans une industrie de la musique qui est occidentale. C'est-à-dire que l'été, c'est juillet-août mais pour nous. Et donc, en fait, les tubes n'étaient que des tubes de l'été occidentaux parce que le monde de la musique n'était qu'un monde de la musique occidentale à l'époque en termes commerciales. Et aujourd'hui, on a des tubes de l'été qui viennent de partout dans le monde et d'ailleurs, des tubes de l'été qui arrivent à différents moments de l'année qui pourraient être considérés comme des tubes de l'été d'Espacito. Alors, on va en parler tout à l'heure mais c'est un morceau qui est sorti en février.

16:38
Présentateur

Est-ce qu'on peut dire justement ce que disait, c'était assez intéressant, justement ce que disait Philippe Jacot, est-ce qu'il y a aussi il y a des tubes de l'été par pays ou alors il y en a qui ont connu véritablement un été international on va dire sur tous les continents on dansait et on chantait sur le même ?

16:53
Invité

C'est difficile à dire ça. Je pense qu'il y a eu des succès. Après, plus on avance vers les années 80-90 plus le monde de la musique est quand même internationalisé. Et effectivement, les tubes disco, Sabrina, ça a été un tube européen, Aminima, Vamos a la Playa dans les années 80 ça a été un tube mondial ça a été un tube mondial et d'ailleurs c'était une chanson sur la bombe atomique disons-le en passant c'est un tube de l'été sombre, bizarrement.

Oui, plus on avance dans les années 80-90 plus les tubes sont internationaux mais auparavant les Beach Boys n'ont pas été un tube en France exactement au même moment qu'aux Etats-Unis parce que ils étaient marketés différemment aux Etats-Unis après ils sont arrivés après en France et ils ont eu leur succès l'année d'après.

17:37
Présentateur

Alors on va voir que dans le débat de midi on va suivre dans un instant comment justement le tube de l'été est devenu véritablement un commerce et marketé avec un titre en particulier bien sûr c'est celui de la Lambada on revient dans un instant d'ailleurs dans le débat de midi c'est juste après un ancien tube de l'été justement que vous allez entendre tout de suite.

17:57
Invité

La Lambada

18:13
Présentateur

forcément celui-là je pense que vous le connaissez un petit peu voilà la Lambada ça a été donc l'invention véritablement du concept marketing et bien il y a eu près d'un million 735 000 exemplaires vendus de la Lambada alors ça on peut dire véritablement Olivier Keffer on est passé à un autre niveau c'est-à-dire que là on a entendu Sabrina c'est très connu c'est très bien mais alors là avec la Lambada tout a été pensé comme un tube de l'été

18:41
Invité

ah mais ça a été pensé comme un produit marketing entièrement c'est-à-dire que le groupe a été fabriqué parce que c'est pas un groupe original la chanteuse était brésilienne mais les danseurs étaient français c'était c'était vraiment fabriqué ça a été fabriqué par Dominique Cancien c'est elle la papesse du tube de l'été qui était Dominique Cancien ?

Dominique Cancien était la directrice des variétés de TF1 à l'époque elle avait révolutionné TF1 parce que comme tous les animateurs de la chaîne partaient sur l'A5 elle a été nommée là pour récupérer des gens et elle s'est décidée le 21 juin 89 c'était au Champ de Mars j'y étais je m'en souviens c'était la grande nuit des tubes de l'été et on a découvert la Lambada ça a été un carton immédiat immédiat

19:26
Présentateur

mais Thierry vous me disiez tout à l'heure en effet que à l'époque même les médias découvrent ça notamment la presse écrite

19:33
Invité

la presse écrite oui je me suis repenché un peu sur l'histoire à l'époque j'ai retrouvé les dossiers mais j'ai retrouvé une page dans le canard enchaîné deux pages dans Libération la première page du monde un phénomène de société pareil je l'ai retrouvé seulement avec le Love Story quelques années plus tard ça avait quand même surpris tout le monde c'est ça

19:51
Présentateur

et à l'époque on en faisait même bien sûr des reportages à la télévision et vous allez l'entendre justement le sentiment ce pourquoi aussi on appréciait la Lambada c'était avant tout une musique mais aussi une chorégraphie

20:03
Invité

invasion brésilienne dans les nuits de l'été le groupe Kaoma importe le rythme remet au goût du jour la danse collée serrée une histoire musicale à succès presque un phénomène social c'est la réconciliation du couple ça fait 25 ans qu'on danse comme des cons tout seul à gesticuler narcissique bêtement dans les boîtes c'est la première fois qu'on danse ensemble et qu'on se touche et qu'on se frotte et qu'on se caresse

20:33
Présentateur

voilà donc ça c'était un reportage du journal oui

20:37
Invité

en fait ça rejoint ce que je disais c'est à dire que non seulement ils ont bénéficié de cette puissance de feu incroyable avec les 242 spots de TF1 qui représentait n'oublions pas l'époque 40% de parts de marché la TNT n'était pas encore arrivée la boisson etc et surtout un énorme éditorial inattendu donc ils ont bénéficié vraiment d'un coup de pub encore plus gros que ce qu'ils s'attendaient à avoir

20:58
Présentateur

c'est vraiment aujourd'hui dans l'industrie musical on peut en plaisanter c'est vrai aujourd'hui de cette chanson et de ce titre mais pourtant ça a marqué véritablement dans l'industrie musicale

21:09
Invité

c'est un totem c'est un totem il y a un avant et un après effectivement comme le Love Story ou au début des années 2000 toutes les musiques du comédie musicale Notre Dame de Paris c'est le modèle qui sera le modèle de toutes les années 90 je parlais de la Soca Dance Tic Tac etc il y en a eu des milliards la Macarena c'est celle-là que je cherchais ou la SketchUp souvenez-vous de la SketchUp et c'est effectivement un clip très fort très très très très fort très graphique et d'ailleurs le clip était la même chose que la publicité pour la marque de Soda c'était la même chose en fait c'était quand on voyait des clips on pensait à la marque de Soda quand on voyait la publicité on pensait au clip et il y avait la chanson par-dessus et donc ça a été effectivement le modèle alors un modèle pas très propre parce qu'il y a eu un procès sur la Lambada en fait la musique avait été volée à un groupe bolivien sans leur demander il y a eu un procès ils ont récupéré leurs droits plus tard et la danse elle-même venait d'une danse brésilienne qui s'appelait la Lambada c'est une fabrication complète d'un objet d'ailleurs exotisant mais qui n'existe pas en vrai c'est fabriqué c'est de l'exotisme brésilien vaguement brésilien fabriqué pour le public français ou le public européen parce qu'il y a eu un succès au-delà de la France mais on est vraiment dans quelque chose qui n'existe pas vous montrez ça un brésilien il dit mais c'est quoi ce truc c'est quoi cette Lambada

22:25
Présentateur

et d'après vous est-ce que c'est je voudrais réagir ah oui alors je vous en prie allez-y je vous en prie Philippe Jacob vous m'entendez oui

22:33
Invité

c'est pas tout à fait parce que moi je me souviens qu'en 1990 j'étais à New York et la Lambada passait partout dans les clubs et dans les clubs où il y avait des Brésiliens j'avais des amis brésiliens et c'était un gros gros tube et il me disait que oui effectivement c'était une mélodie traditionnelle qui avait été un peu pompée changée arrangée de manière européenne mais ça marchait beaucoup plus loin que la France et l'Europe ça venait vraiment de l'Amérique du Sud et des Etats-Unis

23:02
Présentateur

c'est ça aussi qui est assez intéressant aussi Thierry Dupin la question qu'on peut se poser c'est comment on est arrivé finalement à des maisons de disques qui se disent bon bah voilà on va sortir un titre pour l'été un autre pour l'hiver à une idée complètement marketée est-ce que ça suit justement l'évolution aussi de la musique industrielle ça veut dire que d'un coup et bien l'économie prend le dessus

23:19
Invité

tout à fait après moi j'étais pas j'étais pas dans les coulisses de l'époque mais c'est vrai que c'était une opportunité incroyable pour l'époque enfin je pense que c'est surtout dû aux producteurs qui ont eu le nez fin très fin et qui ont bénéficié d'opportunités incroyables entre comme vous le disiez tout à l'heure une directrice artistique sur TF1 qui était en recherche de succès une maison de disques qui a dit oui d'ailleurs je crois savoir qu'ils ont fait le tour des maisons de disques qui n'étaient pas tout à fait il n'y a que CBS en fait ce n'est maintenant Henri de Baudina qui a dit Banco et puis en fait il y a eu un alignement de planètes enfin quand on regarde l'époque on se dit mais c'est incroyable plus jamais on revivra ça mais il y a un truc quand même qu'il faut préciser c'est que tout ça n'a rien coûté ni aux producteurs ni à la maison de disques ni à la chaîne à la boisson pulpose quand même c'est eux qui ont payé c'était une boisson qui était totalement ringardisée c'était la boisson des mémés et des pépés et qui est devenue aujourd'hui une boisson super chic la marque que je ne citerai pas et TF1 avaient le même but en fait ils cherchaient à rajeunir leur public parce que TF1 à l'époque voyait tout le public partir sur M6 ils avaient besoin justement de rajeunir de rajeunir

24:34
Présentateur

Sofiane Fallen c'est ça alors quand je disais sur l'industrie musicale là on est passé dans une autre ère ça veut dire qu'on n'est plus seulement là pour vendre de la musique on est aussi là pour vendre un ensemble

24:44
Invité

oui enfin on vend on vend un état d'esprit on vend un mode de vie c'est le depuis les billois ils ont vend en fait depuis l'après-guerre on vend un mode de vie notamment dans les tubes de l'été mais cette accélération à la fin des années 80 début des années 90 elle est aussi liée au fait que la musique obtient le droit de faire la publicité en fait auparavant et la Lombada puis toutes les autres chansons sont aussi portées par ce nouveau médium et les télévisions en fait la vraie révolution de la Lombada c'est ça et aussi le fait que les télévisions deviennent elles-mêmes des productrices de musique en fait on citait CBS, Sony etc mais c'était pour fabriquer les disques les amener dans les magasins et tout mais la production de la musique et le tout ça a été généré par une chaîne de télévision et aujourd'hui encore les chaînes de télévision sont des actrices puissantes de la musique elles produisent de la musique qu'elles en diffusent et ça commence notamment là

25:34
Présentateur

vous l'avez dit associé à une marque de boissons pourquoi ça s'est arrêté ? finalement aujourd'hui est-ce que ça a continué en effet avec d'autres tubes de l'été pourquoi c'est ça ? il y a eu une interdiction ou c'est parce que les chaînes en ont eu assez ?

25:46
Invité

parce que je pense les gens en ont eu assez au bout d'un moment en fait les gens en avaient assez je pense tous les étés de se faire imposer un truc c'est-à-dire que moi j'ai souvenir j'étais collégien dans les années 90 collégien lycéen et je me souviens à la fin du mois de juin début du mois de juillet il y avait des reportages quel sera le tube de l'été ? le tube de l'été de France le tube de l'été de TF1 le tube de l'été d'M6 etc.

en fait chaque chaîne avait son tube de l'été et il y avait des concurrences de tubes de l'été donc au bout d'un moment c'est un peu lassant pour le monde de la musique parce que tout ça est fabriqué ça se voit pour les auditeurs eux-mêmes et en plus à la fin des années 90 on a une nouvelle musique qui arrive il y a Britney Spears qui arrive il y a Rihanna qui va arriver assez rapidement d'autres musiques autre époque

26:26
Présentateur

oui c'est ça Olivier Kiffin

26:27
Invité

oui c'est aussi que c'était de la publicité clandestine il ne faut pas oublier que quand on montrait même qu'une couleur ou la petite bouteille ronde qui représentait ce soda c'était de la pub clandestine aujourd'hui ce n'est plus possible le CSA a mis le haut là justement oui oui mais vous ne trouvez pas qu'aujourd'hui ce qui a remplacé la recherche du tube de l'été c'est la recherche du tube de l'Eurovision on vit la même chose

26:51
Présentateur

oui oui alors peut-être pas avec le même goût je ne sais pas mais on vit la même chose on vit la même chose on va continuer en Paris dans un instant on continue à parler du déclin du tube de l'été et si tout simplement il n'avait pas accompagné la transformation de l'industrie musicale c'est peut-être ça justement la suite du tube de l'été c'est à suivre dans le débat de midi je suis sûr que vous reconnaissez d'ailleurs cette petite chanson et ce début d'intro

27:12
Invité

tube de l'été

30:07
Présentateur

involontaire on va voir pourquoi mais bien sûr on apprécie toujours danser dessus et surtout l'été l'hérité à Mitsuko avec Marcia Bala sur Inter

30:15
Invité

On parle des tubes

30:24
Présentateur

de l'été ont-ils disparu ? Juste un mot Thierry Dupin c'est vrai que ça existe les tubes de l'été involontaires Marcia Bala qu'on entendait

30:30
Invité

Oui ça fait partie des tubes qui n'ont pas été pensés comme des tubes d'été qui sont sortis comme ça après chacun chaque maison disque avait quand même son album à l'époque on raisonnait en termes d'album mais pas pensé en termes de tubes d'été

30:43
Présentateur

Alors on parle des tubes de l'été vous pouvez bien sûr réagir sur l'appli Inter par mail sur Twitter d'ailleurs un petit mot de Quentin alors Quentin qui nous dit une chose que lui a beaucoup dansé dessus dans les années 80 des soirées lorsque ses tubes passaient tout le monde se retrouvait sur la piste de danse et lui il parlait en fait de tubes des années 80 c'est universel c'est des moments de partage il parlait de tubes fédérateurs c'est ce qu'on disait tout à l'heure Sophia Fanen aujourd'hui chacun y trouve son compte mais est-ce que le fait aujourd'hui d'avoir une multitude de choses ça fait qu'il y a moins de choses qu'on partage vous pensez

31:16
Invité

est-ce que voilà peut-être oui oui peut-être peut-être après aussi bien les maisons de disques que les plateformes ont cette préoccupation justement enfin ils ont conscience d'avoir aujourd'hui un public qui est extrêmement haché qui est extrêmement dispersé etc et il y a des stratégies pour quand même rassembler les gens il y a des stratégies pour pousser des titres très massivement qui vont être dans plein de playlists différentes de plein de styles de playlists différentes mais avec le même morceau etc on va quand même chercher cela et il reste des artistes rassembleurs Beyonce c'est une artiste rassembleuse de cet été d'ailleurs The Weeknd Camilla Cabello qui fait un succès cet été aussi c'est des artistes qui traversent comme ça mais oui on est sortis de cette époque masse médiale cette époque de la rareté où on écoutait tous la même chose alors certes c'était fédérateur mais aujourd'hui on peut se fédérer sur plusieurs chansons et finalement quand on va dans une fête dans un mariage etc ça fait longtemps que je n'ai pas fait un mariage malheureusement mais voilà les gens se retrouvent quand même sur des chansons qu'ils entendent dans les magasins quand même malgré tout encore et on se retrouve aussi beaucoup je l'ai vu encore cet été sur les anciens tubes de l'été qui continuent à fédérer c'est ça les anciens c'est ça

32:26
Présentateur

justement Olivier Caffaire alors ça c'est votre concept à vous

32:29
Invité

absolument on est en plein dedans je suis actuellement pas en vacances je suis en tournée d'été comme on dit et je suis très heureux de voir qu'à chaque concert on réunit alors attention ce n'est pas de la billetterie c'est du concert gratuit c'est à dire que les gens viennent sur le stade la place de la mairie enfin voilà c'est du spectacle où on réunit minimum 7 à 8 000 personnes on est allé jusqu'à 13 000 14 000 personnes dans le nord le 13 juillet là ce matin je parlais avec des clients puisque nous allons faire des concerts encore tout le mois d'août je vous donnerai des dates tout à l'heure si vous êtes dans le coin bien sûr mais c'est pareil nous sommes encore on attend encore 7 à 8 000 personnes dans les jauges et les gens ont besoin encore de nostalgie et les tubes de l'été de la nostalgie c'est toujours très important dans la mémoire collective et on a réuni des anciens des chanteurs qui ont fait le tour de France et puis ma force cette année c'est d'avoir été rechercher ceux qui ne voulaient plus style David et Jonathan ah oui Valie qui a été une des animatrices de chez vous qui revient chanter chacun fait ce qui lui plaît qui a remixé son tube voilà beaucoup d'artistes qui ne voulaient plus ont vu quand même en se disant et si c'était nous et là ce matin j'ai eu un mail d'un artiste des années 80 que vous connaissez qui est Trax qui chantait Long Train Learning qui veut revenir

33:59
Présentateur

les Weather Girls qui veulent revenir voilà on est vraiment là dessus c'est à dire qu'aujourd'hui on peut parler aussi un peu du marché de nostalgie

34:06
Invité

ah mais on est en plein dans le marché de nostalgie la tournée que j'ai créée en 2007 existe toujours et les gens viennent toujours alors certes depuis la Covid les billetteries marchent moins il faut être logique les madeleines ont toujours marché en même temps mais il y a toujours du monde et ils sont très demandeurs

34:23
Présentateur

alors nous avons la chance tout de même d'avoir parmi nous un homme qui a fait un tube de l'été puisque je crois qu'autour de nous aucun n'en a fait je crois que personne ici non je vais chercher partout pour qu'il revienne chanter avec nous il ne m'a pas répondu exactement et il a fait surtout ce tube qui va véritablement vous rappeler quelque chose Yaka Lello en 1998 et oui Thierry ça passe sur France Inter aussi Yaka Lello Philippe Jaco c'est vous qui avez signé ce titre avec le groupe Nomade comment on vit un tube de l'été justement ça veut dire qu'on est accaparé par l'été

35:03
Invité

oui en fait j'ai co-signé cette chanson en fait j'ai co-écrit la chanson avec un ami qui s'appelle Laurent Daffurio et en fait on était deux copains en fait on faisait de la musique ensemble moi j'étais étudiant au conservatoire supérieur de Lyon à l'IRCAM j'avais des cours avec Pierre Boulez Philippe Manouri des compositeurs contemporains mais j'aimais bien la pop musique ça me faisait marrer et mon avenir de compositeur financièrement n'était pas super précis au niveau de la musique contemporaine ou de la musique instrumentale on va dire orchestrale, symphonique donc j'ai eu cette opportunité de faire cette chanson ça nous amusait et on a fait ça on a eu de la chance ça a cartonné voilà donc comment ça s'est passé c'était tout simplement parce que j'avais conscience justement de cet attrait commercial qu'avaient les français les maisons de disques les diffuseurs dans les années 90 j'avais vécu ça moi toutes mes mais depuis mon adolescence c'est un cas hommage je devais avoir 17 ans donc l'idée pour vous

36:08
Présentateur

c'était de signer un tube de l'été pardon l'idée pour vous c'était vraiment de signer un tube de l'été

36:13
Invité

oui voilà et on avait on avait fait un projet de world music qui était la grande tendance à l'époque on s'était dit tiens on va peut-être réussir à gagner un petit peu de sous avec ça et puis on pensait pas faire un tube de l'été et finalement c'est la maison de disques de TF1 une musique qui nous a repéré et qui nous ont dit ben voilà vous avez des chansons efficaces il y a celle-ci il y a quelle est l'autre donc on en a fait une version un peu vraiment formatée pour TF1 en fait j'étais le réalisateur de l'album donc on a fait cette version et puis et puis voilà ça a marché donc par contre on était bien conscient et pas dupe du tout on savait que ça allait s'arrêter que c'était vraiment un truc éphémère et on on a tout fait pour que ce soit que tous les enfin moi j'ai tout fait en tant que compositeur de mettre tous les ingrédients qu'il fallait donc un refrain répété qu'on n'oublie jamais plus après la première écoute un peu d'exotisme un mélange africain rap un peu oriental et voilà la sauce a pris

37:18
Présentateur

mais c'est vrai Thierry qu'on est vraiment dans cette ambiance là à l'époque il faut le rappeler

37:21
Invité

si je ne m'abuse votre clip a été chorégraphié par Mia Fry oui évidemment c'était pas qu'il y a à l'époque ironie de l'histoire on vous a perdu ironie de l'histoire Mia Fry est la fille de quelqu'un qui a participé à un autre tube d'été quelques décennies avant c'était Radia qui accompagnait le sud de Nino Ferrer

37:43
Présentateur

ah c'est ça d'accord c'est étonnant en effet c'est vrai que ce qu'explique Philippe Jacot c'est étonnant le processus on le voit que la plupart du temps ce genre de titres qui ont très très bien marché n'est pas forcément pris au sérieux tout de même il faut le fabriquer quand même ce titre mais il y a conscience c'est beaucoup qu'ils ne sont pas au niveau des grands groupes de musique qui vont marquer l'histoire

38:05
Invité

ah oui dans le tube des années 90 qui est vraiment une décennie spécifique sur le tube de l'été parce que c'est les tubes qui sont fabriqués pour l'été il y a une sorte de cahier des charges il faut qu'il y ait une danse il faut qu'il y ait une danse on bouge les mains etc et il faut qu'il y ait cette couleur exotique alors on a une évolution de la couleur exotique on était Brésil-Caraïbe après on a évolué un peu Afrique de l'Ouest Maghreb Orient on se promenait un peu dans tout ça c'était une sorte de une sorte de vision du monde un peu fantasmée parce que rien de tout ça n'était très rigoureux on va dire dans le pure style même s'il y a eu des tubes de rail aussi Raled etc à l'époque à peu près à la même époque donc il fallait comme ça être un peu exotique avoir une danse la chorégraphie avoir mais on a une évolution musicale en même temps entre Yacalelo et la Lambada il y a à peu près 10 ans entre les deux et on a une vraie évolution musicale on est sur quelque chose de plus dense à la fin des années 90 mais on est complètement oui on est complètement dans des tubes industrialisés et les artistes qui étaient peut-être les plus authentiques à l'époque c'était peut-être Magic System qui restaient eux-mêmes qui avaient apporté leurs propres tubes légèrement occidentalisés mais qui apportaient leur répertoire qui n'était pas du tout fabriqué pour être des tubes d'été mais qui a été exploité après par des producteurs français

39:19
Présentateur

et ce qui est important c'est ce que disait à l'instant Sofiane Fallen c'est cette chorégraphie ça va avec même quand on voit la Lambada je regardais tout à l'heure sur l'INA on peut à l'époque acheter des cassettes vidéo pour avoir la chorégraphie chez soi

39:31
Invité

il y avait même des chorégraphes qui étaient à côté qui faisaient des flashmob pour montrer comment ça se passait petite anecdote nous venons de tourner une émission de télévision qui sera diffusée en septembre pour M6 on a fait venir L'Ela Sketchup qui est pour moi le dernier tube de l'été j'ai vu 10 000 personnes à Montpellier devant la scène en train de danser la chorégraphie de L'Ela Sketchup oui pareil c'est pas la chorégraphie la plus dure en même temps non mais les gens les physiques vous mettez la Macarena tout le monde va faire la danse de la Macarena

40:04
Présentateur

Philippe Jaco avec Yacaleo combien de titres avez-vous vendu combien de singles avez-vous vendu

40:10
Invité

ça a été exporté à l'étranger après parce qu'il y avait l'été français puis après toute l'année d'après c'était d'export à l'étranger donc on a été numéro 1 en Pologne numéro 5 en Hollande on a été numéro 5 du ID Club en Angleterre on était sur MTV Europe enfin bref on a vendu 1 500 000 singles et 200 000 albums je crois ce qui est parce que ça n'existe plus c'est pour ça que je disais tout à l'heure c'est qu'aujourd'hui tout est noyé tout est fragmenté donc vous très positivement vous trouvez que chacun a son tube de l'été en faisant sa playlist c'est vrai mais comme disait l'auditeur qui a réagi il n'y a plus de fédération enfin de fédération on ne fédère plus comme avant et c'est ça qui créait le souvenir aussi je trouve que c'est ça sociologiquement l'intérêt de la musique populaire c'est de créer un souvenir de créer une émotion qui permet de se raccrocher à des choses qu'on a vécues ou d'une espèce de madeleine de Proust et c'est l'intérêt de la musique populaire sinon c'est vrai que c'est autrement ça peut être pris pour de la soupe

41:24
Présentateur

sauf si on fait 1 500 000 singles comme on dit c'est beaucoup

41:28
Invité

c'est beaucoup dans les années 90 c'était abordable mais c'est un gros succès des années 90 aujourd'hui on ne peut pas tellement comparer avec aujourd'hui d'ailleurs parce qu'on compte tout à fait différemment et en plus 99 c'est un peu le début de la fin parce que c'est l'apparition de Napster du MP3 la musique se transforme en ligne c'est le début de 20 ans de chaos on va dire avant de retrouver une économie et des nouveaux succès même en termes purement économiques aujourd'hui donc oui c'est énorme c'est un énorme succès

41:57
Présentateur

allez on va voir justement si le tube de l'été pourrait faire son grand retour vous allez comprendre pourquoi dans un instant le tube de l'été is not dead c'est la suite dans le débat de midi

42:06
Invité

about damn time

45:12
Présentateur

Liso et son body positiviste considérés comme un des tubes de l'été et oui il faut bien le dire ça y est on en a trouvé un sur Inter

45:18
Invité

Jean-Mathieu Bernin

45:30
Présentateur

et on parle des tubes de l'été dans le débat de midi est-ce un retour ou au contraire est-ce un adieu alors Sophie Faden c'est assez intéressant parce qu'on a beaucoup de mails et des messages sur l'application France Inter autour de la notion de tube c'est assez intéressant parce que par exemple il y a Serge qui nous dit ne trouvez-vous pas que le tube est la représentation d'un grand vide culturel la marchandisation de l'art je prends l'émission en cours littéralement la définition de tube c'est quelque chose de long et creux est-ce qu'il n'y a pas un côté négatif quand on dit tube ?

45:58
Invité

je pense que j'espère qu'on a dépassé cette notion là le tube c'est une chanson que tout le monde connait et justement qui rassemble c'est sa qualité après on a souvent considéré comme de mauvaise qualité des tubes qui finalement 20 ans après sont reconnus pour leur qualité on parle d'Aba beaucoup en ce moment Abba à l'époque était vilipendé dans la presse c'était d'une violence complètement dingue aujourd'hui vous parlez d'Aba The Winner Tuxedo on dit c'est tellement bien fait tellement bien produit etc donc oui le tube est fait pour être consommé le tube est fait enfin il est fait s'il y a une fenêtre qui s'ouvre la maison de disque va foncer l'artiste va foncer et on va vraiment vous le servir à toutes les sauces pendant des mois et des mois et des mois et c'est ça qui est un peu épuisant dans ce sens là mais il faut séparer le succès commercial de la musique elle-même et se poser la question est-ce que la chanson est bien après qu'elle ait eu du succès ou pas finalement c'est une notion différente et il y a des tubes de qualité et il y a des chansons qui n'ont pas de succès mais qui sont merveilleuses aussi donc ça fonctionne dans tous les sens on va juste écouter pour compléter ce qu'il dit c'est toute la différence qu'il y a entre la danse des canards et Billie Jean c'est bien de savoir synthétiser

47:11
Présentateur

en effet comme ça Philippe Jacot vous vouliez réagir

47:14
Invité

oui je voulais juste te dire à propos de la qualité et de la fragmentation d'aujourd'hui je trouve que malgré le fait que c'était des chansons faciles légères très très voilà dont on peut se moquer etc il y avait quand même une certaine qualité de production dans le sens où il y avait quand même d'argent et qu'aujourd'hui j'ai l'impression dans la fragmentation de tout ce qui s'est fait sur internet on a de moins en moins de qualité toutes les choses sont faites à la va-vite dans des home studios la plupart du temps avec des textes parfois qui frôlent l'illettrisme donc je ne sais pas si on peut appeler ça des tubes aujourd'hui enfin pour moi Philippe Jacot ça a toujours été le cas

48:01
Présentateur

quand on parle par exemple des Beatles qui ont marqué quand on fait une chanson qui s'appelle She Love You Yeah Yeah Yeah on ne peut pas dire que ce soit le prix Nobel non plus littérature

48:10
Invité

oui je suis d'accord mais il y avait quand même une mélodie absolument imparable il y avait ça jouait sur scène je veux dire c'était des musiciens live qui avaient appris à jouer moi j'ai entendu un mec de la SACEM poster un truc sur internet il n'y a pas très longtemps il disait Jules c'est l'artiste qui joue de tous les instruments à la souris alors moi je n'ai rien contre Jules bien sûr il a du succès tant mieux c'est super on le prend pour un musicien qui joue à la souris moi je ne compare pas ça avec Paul McCartney je suis désolé

48:45
Présentateur

il y a quand même

48:47
Invité

une différence

48:49
Présentateur

en effet

48:49
Invité

tout a été fragmenté je crois qu'on y perd un petit peu de cette notion de chansons qui nous faisait vibrer quelle qu'elle soit que ce soit Jules ou quelle que ce soit en effet d'autres c'est juste pour compléter ce qui vient d'être dit effectivement à l'époque il y avait un savoir-faire dans chaque domaine d'élaboration d'une oeuvre d'une musique il y avait un directeur artistique qui connaissait bien son métier il y avait un ingénieur du son il y avait un studio c'est vrai qu'on y mettait quand même des gros moyens de qualité alors c'est vrai que ça se perd un peu avec le temps après il y a des génies qui savent aussi tout faire mais ce n'est pas la généralité c'est vrai

49:27
Présentateur

Olivier Keffer juste un mot quand même sur cette notion de tube vous-même vous vous en servez dans les titres de vos spectacles il peut y avoir en effet comme on le disait avec Sophie Enfamène un côté négatif est-ce que c'est peut-être en France parce que ce n'est pas forcément le cas dans le monde anglo-saxon

49:41
Invité

qu'est-ce que vous appelez un tube

49:43
Présentateur

le côté tube est-ce que ça peut être aujourd'hui considéré comme en effet on l'a vu sur quelque chose de périssable de facile de creux

49:50
Invité

non je ne suis pas d'accord avec vous parce que le tube a fonctionné d'ailleurs quand j'étais jeune jeune homme dans les maisons de disques on me disait si t'es choisi pour faire une pub c'est que t'as fait un tube et il y en a beaucoup aujourd'hui qui sont choisis des titres des années 80 pour faire des pubs ça plane pour moi confidence pour confidence etc donc c'est pas si creux que ça mais les gens attendent la chanson qu'ils ont aimée et si c'était si creux ce serait déjà dans les oubliettes totales alors qu'on nous les demande et puis je pense que les gens ne veulent pas se prendre la tête tout simplement ils sont derrière la barrière ils chantent et tu chantes chantes chantes et tu tap tap tap ils ne se posent pas la question de savoir s'ils y creux ou pas eux c'est ce qui a animé leur vie c'est ce qui a animé leur vie c'est ça oui Thierry d'ailleurs dans tous les tubes d'été que l'on cite depuis tout à l'heure je crois que personne de tous ceux qui ont entre guillemets consommé ces tubes d'été personne n'est capable de citer les paroles en dehors des refrains c'est vrai

50:49
Présentateur

c'est vrai même moi qui les ai entend tous les jours on parlait depuis le début en effet ça a été la première phrase prononcée dans cette émission sur internet comment aussi internet a changé le monde de la musique et a changé le monde des tubes de l'été alors est-ce que justement les nouveaux tubes de l'été se trouvent sur internet et bien en tout cas lui on peut dire à casser internet c'est vrai que quand on parlait d'uniformisation bon là on l'entend un petit peu Despacito Louis Sponzi avec à l'époque pourquoi je dis casser internet 7 milliards de vues sur Youtube c'est vrai là on est rentré dans un autre monde parce que ça a été un tube de l'été aussi mais c'est un tube qui continue encore à prospérer et là le fait d'avoir fait 7 milliards de vues il reste aujourd'hui dans l'histoire de la musique

51:38
Invité

oui oui avec le Gangnam Style de Psy c'est le moment où Youtube a dû revoir son compteur enfin où on est rentré dans une sorte de méga monde de la musique où pour le coup un tube d'Espacito ça a été un tube dans le monde entier la même année et c'est c'est ce qui est intéressant et c'est ce qui est intéressant dans le monde dans lequel on vit aujourd'hui c'est que on a pu le filtre de la world music enfin ce qu'on appelait à l'époque la world music c'est à dire globalement des maisons de disques du nord des artistes du nord qui vont aller faire travailler ou imiter des artistes du sud pour vendre une sorte d'exotisme on a des artistes comme Louis Fanzi qui fait d'Espacito ou Rosalia ou etc et qui nous arrivent en fait en direct on a des artistes nigérians Burnaboy on a des artistes béninois avec Rema qui fait un tube cet été il n'y a plus le filtre

52:27
Présentateur

de la maison de disques qui peuvent directement arriver sur Youtube

52:29
Invité

il y a un filtre de maison de disques parce que à un moment c'est des métiers aussi pour faire des succès à un moment il faut des gens qui savent vraiment il y a des mécaniques mais on peut toucher le public directement par Youtube par les plateformes de streaming par les réseaux sociaux comme TikTok aujourd'hui et on a des artistes qui surgissent du monde entier et des succès qui surgissent du monde entier avec beaucoup moins de filtres et finalement c'est assez réjouissant alors après la qualité est bonne ou pas on en a marre de Despacito ou pas mais ça c'est un autre problème

52:58
Présentateur

un petit peu en effet alors il y a un message de Daniel qui nous dit en fait nous sommes moins en moins exigeants vis-à-vis de la qualité musicale Thierry vous qui travaillez toute la journée dans les 10 programmateurs musicals de France Inter nous c'est tout l'inverse oui justement c'est ça c'est compliqué est-ce que vous avez l'impression aujourd'hui par rapport à votre travail de voir séduire davantage

53:19
Invité

je dirais surtout quand la qualité effectivement n'est pas forcément toujours au rendez-vous dans ce qu'on reçoit c'est vrai qu'il y a beaucoup de recettes nous on aime bien à France Inter les singularités on aime bien les aspérités on aime bien aussi ce qui sort un peu de l'ordinaire et c'est vrai qu'on a tendance à nous envoyer à nous proposer des choses un peu de tout non mais surtout à la manière d'eux c'est surtout à la manière d'eux ce qui convient parfois à d'autres radios mais pas à nous c'est ça ça tient sur la qualité pour vous dire l'un des premiers tubes de l'été j'ai regardé c'est un morceau qui date de 1923 qui s'appelait Yes We Have No Bananas et je vous propose de l'écouter sur internet parce que c'est pas génial mais c'est 1923 on se dit

54:04
Présentateur

ou aussi aimer les tubes de l'été comme celui-ci bien sûr

54:06
Invité

La Funk

54:15
Présentateur

Get Lucky forcément aussi Sophie la Funk a deux tubes de l'été en fait il y a Around the World et celui-ci donc comme quoi finalement il peut y avoir aussi des petites choses qui se glissent au milieu de l'été bien sûr

54:25
Invité

à n'importe quelle époque de l'année il y a des tubes de qualité et des tubes de moins bonne qualité on peut parler de Noël aussi c'est pas toujours de Noël

54:33
Présentateur

on me rephrase en décembre

54:35
Invité

c'est vrai que les Daft Punk c'est une chanson qui est née un peu qui est née du travail en studio en fait et ils l'ont magistralement exploité pendant l'été

54:43
Présentateur

allez en tout cas on prend plaisir toujours à écouter Daft Punk merci beaucoup à vous Sophia Fanon également à Olivier Keffer à Philippe Jacot et Thierry Dupin d'avoir participé à cette émission

54:53
Invité

vous me laissez donner

54:54
Présentateur

trois rendez-vous non ça va être trop court je suis désolé préparé par Victorien Thomas cette émission Pénélope Tricard la technique Laurent Baudoin Théo Raison pour la réalisation programmation musicale Juliette Lorphelin tout de même qui a dû adorer cette émission nous on se retrouve demain on verra comment la fiction s'empare des affaires criminelles c'est dans le débat de midi