Sébastien Chenu : "Le RN est aujourd’hui le seul pôle de stabilité !" (France Inter)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:14OuverteRéponse partielle
Vous vous dites quoi ce matin Sébastien Chenu ? Mission accomplie, vive la crise ?
- 0:57RelanceÉludée
Vous n'aviez pas envoyé beaucoup de signaux consistant à démontrer que vous étiez éventuellement prêt à toper sur un sujet ?
- 1:29ComplaisanteRéponse directe
Et on va revenir dans ce grand entretien, notamment sur vos propositions, sur notamment les économies à faire.
- 1:54RelanceRéponse partielle
Vous avez une échéance vendredi soir, l'agence de notation Fitch qui pourrait dégrader la note de la France. Il y a quand même une sorte de paradoxe à vous voir ce matin donner l'impression que vous avez dormi du sommeil du juste après avoir remboursé François Bérou.
- 2:08OuverteRéponse partielle
Ou vous ne craignez pas les conséquences de cette chute du gouvernement ?
- 3:07RelanceRéponse directe
Et vous demandez donc, Sébastien Chenu, au RN, une dissolution.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Invité politiqueChiffre
« L'État, les 3200 milliards de dettes, l'État du pays, on fait ça quand on arrive aux manettes et éventuellement on demande la confiance, ce qu'il n'avait pas fait à l'époque. »
- 1:38Invité politiqueFait
« Tous les économistes le disent. Zéro réforme, zéro réforme et 20 milliards d'euros d'impôts. »
- 2:38Invité politiqueFait
« C'est les conséquences de la Macronie, de 8 ans de Macronie. »
- 3:42Invité politiqueChiffre
« Il y a 61% des Français, dans une étude qui est sortie ce matin, qui demandent la dissolution. »
- 7:25Invité politiqueFait
« Nous, on a pris conscience et on le dit contrairement à la gauche qu'une dette, ça se paye. »
- 9:19Locuteur non identifiéChiffre
« 250 000 personnes rapporteraient 3 milliards et demi d'euros. »
- 17:51Invité politiqueChiffre
« le parti socialiste c'est 1,7% »
- 18:32Invité politiqueFait
« le rassemblement national est arrivé largement en tête »
- 21:15Invité politiquePromesse
« on a toujours dit que cette loi elle n'avait pas de sens et on a toujours dit qu'on la ferait évoluer »
Temps de parole
- Sébastien Chenu60 %
- Locuteur non identifié23 %
- Présentateur8 %
- Présentateur 27 %
- Présentateur 32 %
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Hier soir, l'ERN a voté de concert avec notamment les socialistes, les insoumis, 364 voix contre le Premier ministre. C'est donc la deuxième chute du gouvernement en moins d'un an. Vous vous dites quoi ce matin Sébastien Chenu ? Mission accomplie, vive la crise ?
Non pas du tout, il y avait d'ailleurs aussi quelques LR, il faut le rappeler, qui ont voté, qui ont refusé de voter la confiance à François Béroud. Je dis fin du cirque. François Béroud s'est trompé d'abord dans la méthode, au-delà du fond de la préparation budgétaire. Je pense que sa méthode lui a coûté beaucoup. Il aurait dû d'ailleurs poser ce diagnostic que tout le monde partageait. L'État, les 3200 milliards de dettes, l'État du pays, on fait ça quand on arrive aux manettes et éventuellement on demande la confiance, ce qu'il n'avait pas fait à l'époque. Et puis ensuite, il aurait dû consulter.
Marine Le Pen lui a écrit fin juillet, elle attend toujours une réponse, avec des propositions précises.
Vous n'aviez pas Sébastien Chenu envoyé beaucoup de signaux consistant à démontrer que vous étiez éventuellement prêt à toper sur un sujet ?
On a fait des propositions, mais on est un parti d'opposition. Donc on ne va pas nous demander d'être les supplétifs comme les socialistes le sont de la Macronie. On est un parti d'opposition, mais ça ne nous a pas empêché de faire des propositions. François Bérou n'en a à aucun moment tenu compte, ça ne l'intéressait pas. Et puis ensuite, il est venu un peu comme un témoin de Jéhovah, à faire du porte-à-porte, taper à la rentrée, sur toutes les chaînes, auprès de tous les partis. S'il vous plaît, comme dans le métro, s'il vous plaît monsieur, voulez-vous bien voter mon budget ? Ben non.
Je veux dire, à un moment, il n'y a pas de confiance et il n'y a pas de volonté de valider une ligne politique qui aurait eu des effets récessifs. Tous les économistes le disent. Zéro réforme, zéro réforme et 20 milliards d'euros d'impôts.
Et on va revenir dans ce grand entretien, notamment sur vos propositions, sur notamment les économies à faire. Mais juste avant Sébastien Chenu, pour un parti qui ne cesse de parler de responsabilité, qui dit défendre la stabilité. Vous avez une échéance vendredi soir, l'agence de nos actions Fitch qui pourrait dégrader la note de la France en 20 semaines. Il y a quand même une sorte de paradoxe à vous voir ce matin, donner l'impression que vous avez dormi du sommeil du juste après avoir remboursé François Bérou. Ou vous ne craignez pas les conséquences de cette chute du gouvernement ?
Non mais ils ont créé l'instabilité et ils ont créé cette situation économique et sociale. Nous, au Rassemblement National, on n'a aucune responsabilité dans la situation économique, sociale, sécuritaire du pays. Nous ne sommes pas aux manettes, c'est leur travail. L'état du pays, c'est leur travail. Si demain, Fitch devait dégrader, évidemment, la note de la France, ce serait absolument dommageable. Mais ce sont les conséquences des politiques qui sont menées. Ça ne vient pas du ciel, ça ne vient pas de la planète Mars. C'est les conséquences de la Macronie, de 8 ans de Macronie. Et ensuite, ils ont créé l'instabilité politique avec cette dissolution, en appelant à voter.
Gabriel Attal appelait à voter pour LFI. LFI appelait à retirer ses candidats pour faire élire des macronistes comme Madame Borne ou Monsieur Darmanin. Les LR, Xavier Bertrand, Édouard Philippe faisaient élire des communistes. Enfin, je veux dire, tout ce petit monde-là s'est entendu pour rester le plus longtemps sur le cheval. Résultat, une Assemblée Nationale totalement ingouvernable. Ils ont créé les conditions de l'instabilité.
Et vous demandez donc, Sébastien Chenu, au RN, une dissolution. Ce n'est pas une option, mais une obligation, dit Marine Le Pen. Sauf que le Président de la République a d'ores et déjà répondu niette. Il nommera dans les tout prochains jours le successeur de François Bayrou. Donc, pas de dissolution, mais un nouveau Premier ministre.
On peut se demander pourquoi Emmanuel Macron est si obstiné. Pourquoi est-ce que pour lui, donner la parole aux Français, lui qui attend gouverner contre les Français, à coup de 49-3, avec un mépris régulièrement souligné, pourquoi est-ce qu'il a peur des Français ? Il y a 61% des Français, dans une étude qui est sortie ce matin, qui demandent la dissolution. Les gens, je crois, ont envie, dans un sens ou dans un autre, de revenir à de l'équilibre. Et nous, on est finalement ce pôle de stabilité. On est ceux qui incarnent l'équilibre. On peut probablement...
Donc, Sébastien Chenu, la stabilité, c'est la dissolution. Quand vous avez des patrons, des syndicalistes, qui expliquent au contraire qu'eux veulent que vous vous entendiez, vous les responsables politiques, pour éviter le chaos, le bazar que pourrait engendrer une nouvelle dissolution. C'est quand même un drôle de renversement dialectique de dire que la stabilité, c'est la dissolution.
Non, M. Duhamel, nous sommes dans l'instabilité. Vous êtes d'accord avec moi. L'instabilité, vous venez de le dire, la note de la France peut être dégradée. C'est une instabilité politique que nous n'avons jamais connue. Les premiers ministres durent quelques mois les uns les autres. Nous sommes dans l'instabilité. Il faut revenir à quelque chose de simple, c'est-à-dire dégager une majorité à l'Assemblée nationale. Donc, se retourner vers les Français et leur dire, donnez une majorité.
Alors, Sébastien Chenu, essayons de comprendre précisément la position du Rassemblement national. Si demain, un premier ministre issu de ce qu'on appelle le bloc central est appelé à Matignon, est-ce que vous le censureriez automatiquement, ce premier ministre issu du bloc central ?
Chez nous, il n'y a jamais rien d'automatique parce qu'on attend toujours de connaître les directives et les directions que prend un premier ministre. On a foi, j'allais dire, dans l'humanité. On pourrait penser qu'un premier ministre différent se dirait, il faut attaquer les dépenses toxiques de l'État, il faut faire baisser la contribution de la France et l'Union européenne, il faut ouvrir le dossier de l'immigration dont personne ne parle jamais, cette espèce d'éléphant au milieu du débat budgétaire. Et on peut en parler. Et si un premier ministre avait ce courage-là, on regarderait ça avec attention.
Mais si c'est la continuité de l'œuvre macroniste, c'est-à-dire si c'est une déclinaison supplémentaire de l'œuvre macroniste, alors, effectivement, nous le censurerons.
Mais parmi les profils qui sont cités, vous avez Sébastien Lecornu, il est de notoriété publique, cela avait été révélé qu'il avait, par exemple, dîné avec des responsables du Rassemblement national, notamment Marine Le Pen. Vous avez aussi Yael Broun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, qui, il y a quelques instants, disait « Je ne suis pas candidate, mais je suis disponible ». Est-ce que parmi ces profils, vous avez une préférence, Sébastien Chelue ?
D'abord, moi, je m'étonne toujours que, enfin, quand j'entends Yael Broun-Pivet, je ne suis pas candidate, mais je suis disponible. Mais pourquoi pas être sincère ? Pourquoi pas dire « J'ai une ambition pour le pays, j'ai un projet, j'ai une envie, j'ai une méthode ». C'est ces périphrases, enfin, plus personne n'en peut, ces gens qui se cachent derrière leurs petits doigts, la situation est suffisamment grave. La réalité, ce n'est pas parce qu'on a des relations courtoises et républicaines avec les gens qu'on va les soutenir. Nous, ce qui nous intéresse, c'est la ligne politique.
Mais il n'y a pas de censure, comme vous dites, pavlovienne ?
Mais jamais, chez nous, jamais. Mais on le redit, la ligne politique, que ce soit M. Lecornu, Mme Broun-Pivet, Pierre-Paul-Jacques ou Tartampion, qui l'apportent, si c'est la même, ils auront le même résultat, ils auront des députés Rassemblement National qui censureront.
Et sur le fond, quelles sont les mesures qui pourraient vous faire dire qu'on est prêts à ne pas censurer le budget ?
Je vous les ai soulignés, finalement, en début de conversation, s'attaquer à la vraie réforme de l'État. Quand on parle de la dépense toxique, c'est vraiment réformer l'État. On pourrait parler du rôle des régions, du millefeuille, etc., des agences d'État. Il y a de quoi aller chercher. Et je pense que c'était d'ailleurs une vraie faiblesse du budget de François Béroux. C'est que l'année prochaine, on serait revenu à la case départ puisqu'il n'y avait pas de réforme. S'attaquer à la contribution à l'Union Européenne, dont on a vu qu'elle pouvait baisser, et puis le coût de l'immigration. À un moment, est-ce qu'on débat sereinement dans une démocratie du coût de l'immigration
dans notre pays ? Alors Sébastien Chenu, c'est intéressant ce que vous dites et essayons là encore de déplier ces propositions. D'abord, pour fixer le cadre sur la trajectoire de baisse de dépense. François Béroux, il souhaitait un effort de 44 milliards, les socialistes environ 22. Vous, au RN, vous dites carrément, je l'ai lu dans la lettre envoyée par Jordan Bardella au patron, 100 milliards d'euros. Est-ce que c'est 100 milliards en un an ?
Est-ce que c'est 100 milliards étalés ? Bien sûr que non, ce n'est pas 100 milliards en un an. Mais ce que je veux dire, c'est que nous, on a pris conscience et on le dit contrairement à la gauche qu'une dette, ça se paye. Si vous ne payez pas votre dette, non seulement, évidemment, elle grossit, mais elle vous empêchera d'avoir des investisseurs qui, évidemment, qui prêteront à la France. Donc, une dette, ça se paye. Il faut des économies et des réformes.
Donc, combien l'année prochaine ?
Non, mais on était d'accord sur 40 milliards. D'accord, donc sur le cadre, 40 milliards, vous partagez ? Sur le cadre, on ne l'a jamais discuté. D'ailleurs, c'est une raison pour laquelle François Béroud n'était absolument pas un lanceur d'alerte, quelqu'un qui venait révéler quelque chose d'inconnu. Tout le monde, en tous les cas, nous, on était d'accord sur le cadre. On sait qu'il faut faire des économies. On sait qu'il faut, d'urgence, stopper la dette.
Encore un point à clarifier, toujours sur ce qui pourrait être fait, votre vision sur la fiscalité, Sébastien Chenu. Est-ce que oui ou non, comme je l'ai entendu dans la bouche de Jordan Bardella, vous faites d'une hausse de la fiscalité une ligne rouge ?
En fait, on a une autre organisation de la fiscalité. C'est-à-dire que nous, on ne veut pas que ce soit les Français qui, dans leur fiscalité, soient mis à contribution. Les ménages, les entreprises avec les impôts de production, on considère qu'il y a un périmètre qu'il faut faire évoluer parce qu'en fait, on ne réforme pas la France à périmètre constant. Si l'idée, c'est de dire deux jours fériés, une année blanche, la TVA sociale, ça, c'est de la fiscalité qui touche les Français et les ménages.
Sébastien Chenu,
vous dites aucune hausse d'impôt qui ne fasse payer les Français ? Aucune hausse d'impôt qui fasse payer les Français. En revanche, une fiscalité revisitée, par exemple, et c'est ce qu'on a regardé, avec la taxe sur les rachats d'actions dont on pourrait imaginer qu'elle puisse se rapporter à peu près 9 milliards d'euros, peut-être pas autant, mais en tous les cas, il y a une contribution, une taxe sur les super dividendes, on avait parlé d'une taxe GAFA. Vous voyez, il y a des capacités à faire bouger les lignes de la fiscalité française sans aller chercher
dans la poche des Français. Là encore, pardon Sébastien Chenu, quand vous proposez un impôt sur la fortune financière pour remplacer ce qui est aujourd'hui en place, l'IFI, l'impôt sur la fortune immobilière, il toucherait, c'était le chiffrage que vous faisiez en 2022, 250 000 personnes rapporteraient 3 milliards et demi d'euros. Ça, c'est bien une hausse d'impôt sur les Français.
Non, c'est un changement d'impôt. C'est-à-dire que nous, on ne taxe pas le patrimoine et la transmission de ce patrimoine, on taxe l'argent qui dort. Et donc, par conséquent, on change de périmètre. C'est exactement ce que je viens de vous expliquer.
Oui, mais juste, pardon Sébastien Chenu, mais 250 000 personnes taxées sur notamment tout ce qui est patrimoine mobilier et des actions, c'est bien des hausses d'impôt.
Oui, mais on n'a plus l'IFI, on n'a plus l'impôt sur la fortune immobilière. On change d'impôt. Donc, on change le périmètre. Et qui rapporte davantage que ce que rapporte l'IFI aujourd'hui. Donc, c'est une hausse d'impôt. Non, ce n'est pas une hausse d'impôt, c'est un transfert d'impôt, c'est un autre impôt et il y en a un autre qui meurt. Il y en a un qui meurt.
Parlons de la journée de demain, mercredi 10 septembre et de cette mobilisation, Sébastien Chenu, dont le mot d'ordre est « bloquons tout », 80 000 policiers et gendarmes mobilisés. Est-ce que vous les soutenez, ces Français qui, demain, sont susceptibles de vouloir bloquer des axes routiers, des raffineries ? Ou est-ce que vous dites « on ne cautionne pas cette mobilisation » ?
Bon, moi je dis à chaque fois, on n'est pas une centrale syndicale. Ce n'est pas nous qui organisons, qui soutenons ou pas les manifestations. Moi, je comprends les Français qui ont envie de manifester, qui ont envie de faire part de leur mécontentement, qui ont envie de dire qu'ils n'en peuvent plus. Est-ce que pour ça, il faut bloquer le pays ? Je n'en suis pas sûr. Je ne suis pas sûr que la finalité, ce soit de devoir bloquer le pays. Le pays, il est déjà quelque part bloqué institutionnellement. Donc, je ne suis pas sûr qu'il faille le bloquer au quotidien. Mais comprendre ce que les Français disent demain, évidemment qu'on comprend.
Moi, ce que je ne comprends pas, c'est la volonté, ce que je refuse, c'est la récupération que la LFI essaye de faire avec ses gros sabots de cette manifestation et avec ce qu'elle comporte aussi comme danger de black bloc, de type d'extrême gauche qui viendrait pourrir évidemment la démarche sincère
de plein de Français. Mais à ceux de vos sympathisants, Sébastien Chenu, qui demain pourraient être tentés de participer à des blocages de raffinerie, d'axes autoroutiers, de lycées, d'universités, qu'est-ce que vous leur dites ? Vous leur dites « Allez-y, vous avez notre bénédiction » ou « Ne le faites pas ».
Mais je n'ai pas à bénir une démarche de citoyen qui est spontanée, qui visiblement est née d'une façon spontanée. Je dis « Le blocage du pays n'est pas une solution » mais j'entends qu'on puisse utiliser diverses formes de contestation de ce qui se passe et jamais je condamnerai des Français qui ont envie de se faire entendre. Mais le blocage du pays n'est pas la solution. Non mais donc,
c'est important, sur les méthodes qui pourraient être utilisées demain, il n'y a pas de condamnation par avance de ce qui pourrait
aboutir à des blocages. Non mais je pense que, je viens de vous dire qu'il ne faut pas bloquer le pays. Je pense que, par exemple, utiliser des outils de travail pour bloquer le pays, je pense que ça, ce n'est pas possible. On a suffisamment de difficultés. On va voir comment tout ça évolue. Moi, j'espère que ça se fera surtout dans le calme parce qu'il y a beaucoup de gens sincères, moi j'en ai rencontré ce week-end dans la circonscription, qui veulent dire leur mécontentement. Ils n'ont pas envie que le pays bascule. C'est toute la différence avec l'EFI qui se sert de mobilisation sincère et populaire pour essayer de faire basculer le pays dans une sorte de violence.
Sébastien Chenu, on a appris hier que le procès en appel de Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires du Front National se tiendra du 13 janvier au 12 février prochain, c'est-à-dire pendant la campagne des municipales. Est-ce une mauvaise nouvelle pour vous ?
On voit bien qu'il y a la volonté de parasiter les élections municipales après avoir parasité les élections présidentielles parce que ce débat, finalement, ce rendu de procès, il aurait pu se faire après les élections municipales. Le délibéré, il est beaucoup plus loin, donc ça n'aurait rien changé. Il y a la volonté, évidemment, je pense, de mettre en lumière le procès de Marine Le Pen pendant les élections municipales pour essayer de nous atteindre. Donc c'est quoi ? C'est une volonté délibérée de la part de la Cour d'appel de vous mettre des bâtons dans les roues ? Il y a probablement, en tous les cas, une volonté de parasiter le débat public avec ça, probablement.
Et en même temps, là encore, paradoxe Sébastien Chenu, vous étiez les premiers au moment du jugement en première instance à dire qu'il faut que l'appel se fasse suffisamment rapidement pour nous permettre de nous organiser en vue de l'élection présidentielle de 2027. Là, ça arrive encore plus tôt.
Je viens de vous le dire, le délibéré, il est en juin, donc on aurait pu très bien voir ces débats-là juste après les municipales. Sauf que l'argument
qui est donné notamment par la Cour d'appel est de dire que si ça avait eu lieu après les municipales, eh bien, il y avait le délai pour que le délibéré soit rendu avant l'été était trop serré. C'est vraiment,
c'est encore une preuve de... Il fallait peut-être un peu travailler davantage dans l'été peut-être aussi. Enfin, je pense que ça n'avait pas... Tout ça a été faisable. En réalité, le choix de cette date, il a aussi une petite coloration politique probablement.
On va passer au standard. On nous attend Michel. Bonjour Michel, bienvenue. Bonjour messieurs. Bonjour, merci de prendre ma question. Je vous en prie. Voilà, ma réflexion est toute simple. Est-ce que les hommes politiques en général se rendent compte de l'exaspération du français moyen qui constate que les politiques de tous bords s'intéressent d'abord à leur parti, à leur boutique au lieu de s'intéresser à l'intérêt supérieur de l'État ? Parce qu'aujourd'hui, ce qui compte, c'est la bonne gestion de l'État et non la politique politicienne des hommes de tous bords et ça, vraiment, les Français en général et moi en particulier, nous en avons marre. Merci. Merci à vous Michel.
Sébastien Chenu vous répond.
Moi j'entends ça et je comprends ce que vous dites parce qu'effectivement, il y a le sentiment d'hommes politiques qui cherchent à se maintenir un peu comme l'édition Marine Le Pen comme au rodeo se maintenir sur la bête coûte que coûte. On ne sait plus où la bête va, on ne sait pas dans quelle direction elle va mais il faut se maintenir dessus. Nous, on prend le risque en demandant la dissolution, Marine Le Pen n'étant pas forcément à ce jour éligible s'il y avait une dissolution, de faire passer nos intérêts, en tous les cas celui de Marine Le Pen après celui qu'on estime être celui du pays, c'est-à-dire la dissolution, ça nous semble être l'intérêt du pays.
Donc nous, on fait passer l'intérêt du pays avant nos intérêts particuliers mais c'est vrai qu'on a le sentiment de ces gouvernements qui cherchent à se maintenir coûte que coûte alors que les Français
les ont désavoués. Sur la tonalité qui est la vôtre Sébastien Chenu, je vous écoutais à la radio hier matin dire les Français ne peuvent plus blairer Emmanuel Macron, c'était l'expression que vous utilisiez. Vous êtes redevenu un parti populiste, dégagiste à utiliser ce genre de formule, à vouloir à tout prix une dissolution, voire une élection présidentielle anticipée ?
Non, c'est un mot français que j'ai utilisé mais qui dit ce que j'ai entendu tout le week-end les Français sont exaspérés si ça vous plaît davantage de la situation politique et rejettent en masse la personnalité du président et je pense qu'il aurait tort de ne pas donner la parole aux Français et de ne pas dissoudre parce que ce qui va finir par se passer c'est un fort mouvement dans le pays de contestation de la personne même du président donc je pense que avant que cela ne l'amène en tous les cas dans une situation qui serait beaucoup plus difficile à gérer il devrait donner la parole aux Français.
Question sur la dissolution précisément au standard Bonjour Dominique bienvenue Oui bonjour Nicolas bonjour à toute l'équipe bonjour M. Chenu Bonjour Moi je souhaitais intervenir parce que j'entends alors vous M.
Chenu et votre parti vous réclamer la dissolution d'autres réclament le pouvoir je pense aux socialistes à Olivier Faure qui voudrait être Premier ministre mais je crois que vous oubliez une chose les Français ont voté deux fois en 2022 et en 2024 on a maintenant une Assemblée nationale qui même si son reflet ne me convient pas représente majoritairement l'opinion des Français donc je ne comprends pas comment tous les responsables politiques de quelques partis qu'ils soient je parle bien de tous les partis démocratiques ne se décident pas à travailler ensemble à l'Allemande à l'Espagnol ou comme dans beaucoup d'autres pays européens à former des coalitions et pour une fois à penser à l'intérêt du pays et non pas à l'intérêt de leur propre parti parce qu'aujourd'hui c'est ce qu'il me semble qui se passe chacun veut prendre le pouvoir chacun a des solutions au miracle et puis qu'est-ce qui va se passer on va nommer un Premier ministre il n'aura pas de majorité et on va retourner en rond il n'y aura pas de mesures il n'y aura pas de budget la conscience de la dette je l'ai parfaitement vous savez comme moi que les pays ne remboursent pas leurs dettes ils remboursent le poids de la dette mais en général ils ne remboursent pas la dette qu'il faille faire des économies et réduire les déficits tout le monde en est conscient mais travailler ensemble bon sang pour être poli vous êtes poli là vous êtes poli merci merci Dominique pour votre intervention Sébastien Chenu vous répond
oui j'entends c'est vrai que imaginez Olivier Faure qui était l'invité d'Inter juste avant moi Premier ministre enfin ce parti représente 1,7% à la présidentielle et malgré l'aide de Thomas Legrand et de Patrick Cohen ce n'est que 1,7% c'est juste 60 députés donc par conséquent ça n'a pas de sens ce sont des gens qui ne sont pas majoritaires dans le pays vous avez entendu Sébastien Chenu
que toutes les questions ont été posées à Olivier Faure tout à l'heure le patron du parti socialiste non mais probablement
mais ce que je veux dire c'est que non non certainement mais ce que je veux dire c'est qu'on ne peut pas être un pays dans lequel ceux qui perdent les élections finissent par gouverner le parti socialiste c'est 1,7% la Macronie a été désavouée vous avez dit on a voté deux fois et européenne et législative en 24 par deux fois le rassemblement national est arrivé largement en tête donc s'il n'y avait pas eu cette clé de bras qui visait à faire élire des adversaires idéologiques des uns et des autres pour empêcher le rassemblement national aujourd'hui il y aurait une majorité stable dans le pays donc revenons à quelque chose de simple parce que nous n'avons pas les mêmes solutions que la Macronie que la gauche etc.
c'est aussi pour ça qu'une coalition n'est pas possible on ne souhaite pas faire la même politique que ces gens là
et j'insiste en disant que tout à l'heure j'ai interrogé Olivier Faure sur son projet d'économie comme j'ai pu le faire il y a un instant sur vos propositions notamment en termes de fiscalité Sébastien Chenu un mot toujours sur la dissolution pour prolonger ce qui était dit par cet auditeur si c'était le cas est-ce que cette fois vous seriez vraiment au point il y a un an Sébastien Chenu vous vous étiez emmêlé les pinceaux sur le plateau de Cyril Hanouna en évoquant la suppression de la binationalité ce qui ne figurait plus en réalité au programme du rassemblement national est-ce que cette fois vous avez révisé
le programme du RN ?
Non mais vous avez raison je pense que la dernière fois il y avait 5 jours pour se préparer et qu'il y avait forcément des casques qui n'étaient pas cochés et donc par conséquent aujourd'hui nous avons travaillé nous sommes davantage prêts et puis on a eu cette année de débat pendant laquelle on a je crois fait preuve de sérieux nos députés sont vus comme des gens qui proposent des choses on a dans nos niches défendu des choses très précises au bénéfice des français vous savez les français je crois qu'ils voient très bien ce qu'on veut ils voient très bien ce que c'est que lorsqu'ils votent pour le RN ils voient à peu près bien quelle est la différence avec les partis du système
il y a un an vous ventiez les mérites de ce plan matignon en expliquant que tout était prêt qu'il suffisait d'appuyer sur un bouton pour que 577 candidats du RN émergent dans chacune des circonscriptions à la fin on a vu le résultat avec des candidats qui pour certains avaient fait des saillies racistes antisémites pourquoi est-ce que cette fois ça marcherait là où il y a un an vous avez montré ces défaillances monsieur
quand il y a des gens qui ne correspondent pas à la ligne du mouvement nous on ne les présente plus aux élections et vous ne les retrouverez pas aux élections la gauche quand il y a des gens qui ont des propos antisémites quand il y a des dealers des fichesses ils les font élire ils siègent aujourd'hui à l'Assemblée Nationale vous savez tout le monde peut faire des erreurs en politique mais il faut savoir les corriger et bien nous si on a fait des erreurs de choix de candidats nous les corrigeons et nous y sommes très attentifs on ne fait pas élire des dealers des fichesses des antisémites nous faisons en sorte de faire élire des hommes et des femmes qui ont des convictions et ces convictions elles sont portées par le programme que présente Jordan Bardella
Encore un point précis Sébastien Chenu votre collègue députée Edwige Diaz elle a confirmé à nos confrères de Sud-Ouest qu'en cas de dissolution et donc de victoire du Rassemblement National vous voudriez voter une loi pour revenir sur le principe de l'exécution provisoire de l'inéligibilité c'est-à-dire ce qui en l'état empêche Marine Le Pen de concourir soit aux élections législatives soit à l'élection présidentielle est-ce que vous nous le confirmez ?
Mais bien sûr mais vous savez on a toujours dit que cette loi elle n'avait pas de sens et on a toujours dit qu'on la ferait évoluer on ne se cache pas derrière notre petit doigt nous vous savez à partir du moment où on considère que cette loi a des effets qui sont nocifs pour la démocratie et bien on corrigera parce que cette loi elle sera valable aussi pour les autres donc cette nouvelle loi Donc si vous arrivez au pouvoir une loi pour supprimer l'exécution provisoire ?
Dans un certain nombre de cas très précis évidemment par exemple c'était le cas pour le maire de Toulon dont on pouvait penser qu'il était ridicule qu'il soit déchu de son mandat à ce moment-là vous voyez cette loi elle peut toucher nos adversaires politiques c'est à cela qu'on voit que les gens qui ont des principes ils sont aussi valables pour leurs adversaires
Sébastien Chenu