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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 16 mai 2025 7 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergie

Filière de l'œuf : "Il y a vraiment un enjeu d'installation de nouveaux éleveurs pour répondre à la demande", explique la directrice du CNPO

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 20 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:32Invité politiqueFait
    « Notre production en œuf reste stable. »
  • 0:48Invité politiqueChiffre
    « On a eu une hausse autour de 4% en 2023, du même ordre de grandeur en 2024. »
  • 3:54PrésentateurFait
    « C'est un produit fragile. »
  • 4:38Invité politiqueFait
    « C'est un virus qui est saisonnier, donc on sait que ça peut revenir tous les ans. »

Temps de parole

  • Invité politique72 %
  • Présentateur28 %

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0:01
Présentateur

France Info. Lise Richard, bonjour. Vous êtes directrice du CNPO, le Comité National pour la Promotion de l'œuf. Vous représentez donc la filière professionnelle de l'œuf. Aliments que les Français consomment de plus en plus, 4 par semaine. On voit d'ailleurs des ruptures de stock dans les rayons, alors partielles, mais tout de même des trous. Est-ce que ça pourrait s'aggraver ?

0:24
Invité politique

Alors non, on ne peut pas parler de pénurie en France aujourd'hui, parce que notre production en œuf reste stable. Alors certes, on a pu constater des rayons un petit peu clairsemés dans certains magasins. Il y a eu des tensions observées sur le marché de l'œuf. C'est lié à une hausse de la consommation qui est relativement importante. Cette hausse de la consommation, on la connaît depuis 2023. On a eu une hausse autour de 4% en 2023, du même ordre de grandeur en 2024. Et là, si on regarde simplement les premiers mois de 2025, on est déjà à plus 4,2% en consommation.

1:01
Présentateur

Parce que vous nous confirmez, ça s'est accentué quand les Français ont vu les rayons carrément vides aux États-Unis. Il y a eu une réaction d'inquiétude et des constitutions de stock. Aujourd'hui, ça s'est terminé. Qu'est-ce qui se passe au juste ?

1:15
Invité politique

Oui, c'est vrai qu'on a assisté à cet effet, enfin la pénurie, l'effet pénurique que crée la pénurie. Et donc, en voyant des images de rayons vides aux États-Unis, on a certains consommateurs en France qui ont, au lieu d'acheter une boîte, par exemple, on a acheté deux. Et ça suffit pour déstabiliser le marché et vider en partie les rayons. Mais voilà, c'est des tensions qui sont relativement ponctuelles. Et désormais, ça rentre dans l'ordre, même si on sait que ces tensions, on n'est pas à l'abri de les voir réapparaître ponctuellement à cause du manque de production.

1:47
Présentateur

Est-ce qu'on peut dire la même chose des prix ? Parce qu'aux États-Unis, l'envolée a été phénoménale. En France, où est-ce qu'on en est ?

1:54
Invité politique

Alors, en France, on a la chance de vraiment maîtriser notre production, maîtriser la sécurité de notre production grâce à la vaccination contre la grippe aviaire. On a développé la vaccination sur les canards, mais ça permet de protéger toutes les espèces, y compris la poule pondeuse. Et grâce à ça, en fait, on sécurise vraiment notre production. A l'inverse, aux États-Unis, on a vu que désormais, ils font face à une épidémie de grippe aviaire qui est vraiment sans précédent. Ils ont perdu quasiment 11% de leur cheptel en quelques mois et ça a créé un effet prix. Le prix a vraiment augmenté. On a pu voir jusqu'à 12 dollars une boîte de 12 œufs.

Donc voilà, c'est des prix qu'on n'a jamais vus auparavant. Et qu'on ne voit pas en France. Et qu'on ne voit pas du tout en France parce qu'aussi, on a la chance en France d'avoir une production qui est contractualisée. Donc, les volumes et les prix sont fixés entre le producteur et le distributeur sur plusieurs années. Et ça permet d'assurer un prix stable aux consommateurs, voire une baisse de prix. C'est ce qu'on a pu observer, nous, en rayon, sur 2024. On a une baisse sur tous les modes de production qu'on foutu d'environ 1%.

2:56
Présentateur

Alors, la France a beau être le premier producteur d'œufs en Europe, 15 milliards et demi d'œufs produits l'an dernier, ça ne suffit pas. Il faut importer. Et un pays l'a compris, l'Ukraine, nous a vendu 10 millions d'œufs en 2022, 50 millions en 2024. 60% de plus encore depuis le début de l'année 2025.

3:16
Invité politique

C'est un problème. C'est vrai que c'est une vraie inquiétude, nous, pour la filière. L'Ukraine, comme vous le disiez, est devenue vraiment en quelques mois le pays numéro 1 exportateur vers l'Union européenne. Et avec des normes de production qui ne sont pas du tout les mêmes normes que celles que l'on constate en Union européenne et que l'on oblige.

3:36
Présentateur

Du coup, qu'est-ce que vous demandez ?

3:37
Invité politique

Du coup, nous, ce qu'on demande, c'est déjà que tous les œufs qui transitent vers l'Union européenne depuis des pays tiers puissent subir les mêmes contrôles que les œufs sur le territoire. Donc, des contrôles notamment sanitaires. Parce qu'il peut y avoir toutes les problématiques liées aux salmonelles, notamment. On a une réglementation très stricte en France sur la gestion des salmonelles.

3:54
Présentateur

Parce que c'est un produit fragile.

3:56
Invité politique

Voilà, c'est un produit fragile, sensible d'un point de vue sanitaire. Et donc, il y a déjà un enjeu sanitaire, mais sur les normes de production, c'est vrai qu'il n'y a rien de comparable entre la France, où les modes de production sont largement tournés vers l'alternatif, et l'Ukraine, où on est surtout quand même sur des poules élevées en cage.

4:16
Présentateur

Alors, pour être autosuffisant, c'est ça évidemment la recherche du Graal, il manque 300 millions d'eux chaque année. Est-ce que les éleveurs français peuvent y arriver ? Et notamment, vous le disiez avec le vaccin, est-ce que la grippe aviaire, finalement, c'est vraiment derrière nous ?

4:33
Invité politique

Alors, c'est un virus qui est saisonnier, donc on sait que ça peut revenir tous les ans. Il y a un vrai enjeu pour nous de maintenir l'efficacité de la vaccination. Ce n'est pas lié qu'à la vaccination, c'est aussi les bonnes pratiques des éleveurs d'un point de vue sanitaire, la mise à l'abri ponctuelle des volailles quand c'est nécessaire et que le virus circule trop en hiver.

4:52
Présentateur

Y compris, et notamment celles qui sont élevées, évidemment, à l'extérieur.

4:56
Invité politique

Voilà, complètement. Et donc, on n'est pas à l'abri que ça revienne. Il y a plein de mesures à maintenir, la vaccination a encouragé. Et dans ces conditions-là, nous, on sait qu'on pourra maintenir une production. Après, tout l'enjeu, c'est de la développer. Et là, il y a vraiment, pour nous, un enjeu pour installer des nouveaux éleveurs et répondre à cette demande.

5:20
Présentateur

Eh bien, justement, vous envisagez de construire 300 nouveaux poulaillers d'ici 2030. Un poulailler, c'est beaucoup de normes. En moyenne, deux ans de démarche. Alors, la filière, la vôtre, en appelle aux autorités pour accélérer les procédures d'installation. En clair, est-ce que vous voulez vous débarrasser de quelques contraintes environnementales ?

5:40
Invité politique

Alors, nous, ce qu'on demande, c'est que les éleveurs puissent être en mesure de s'installer plus rapidement pour pouvoir, justement, en fait, c'est vraiment un enjeu de souveraineté alimentaire, pour pouvoir répondre à cette demande. Et donc, assouplir les règles d'installation et les normes qui peuvent peser. Comme vous le disiez, c'est deux ans entre le début d'un projet et sa finalisation. Et dans ces deux ans, on estime qu'il y a un an qui est consacré uniquement aux démarches administratives. Donc, nous, on essaye de pouvoir améliorer ces conditions d'installation et les rendre plus faciles pour les éleveurs.

6:11
Présentateur

Et donc, les normes environnementales, c'est celle-là que vous visez ?

6:14
Invité politique

On vise certaines normes environnementales, en effet, dans le projet de loi du plan qui est examiné en ce moment à l'Assemblée. En fait, pour nous, c'est aussi adapter une réglementation à des exploitations familiales et agricoles qui sont de toute petite taille et sur lesquelles, en fait, on a plaqué des réglementations plutôt liées à l'industrie qui ne sont pas du tout adaptées à une exploitation où il y a une personne salariée qui travaille toute seule et qui n'a pas les mêmes moyens qu'une entreprise de grande taille.

6:46
Présentateur

Et au passage, à quoi ressembleront ces nouveaux poulaillers ? Ce seront des poules en cage, en plein air, bio, la belle rouge ?

6:51
Invité politique

On s'y perd un petit peu, d'ailleurs. On a pris un autre engagement dans notre plan de filière, c'est d'atteindre à horizon 2030 90% des poules pondeuses élevées en élevage alternatif. Il faut savoir qu'en France, à date, c'est interdit de construire un nouvel élevage en cage. Donc, nous, on encourage largement la construction de bâtiments en sol. Donc, c'est ce qu'on appelle le code 2. ou ensuite, en plein air, la belle rouge et bio pour tous les élevages qui vont pour les poules pondeuses à l'extérieur.

7:19
Présentateur

Donc, des poules à l'extérieur.

7:20
Invité politique

C'est ça.

7:21
Présentateur

Alice Richard, directrice du Comité national pour la promotion de l'œuf, invitée éco de France Info. Merci à vous. Merci.