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interviewyoutube.com· 18 décembre 2024 19 min

L'interview en intégralité de Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Marine Tondelier, bonsoir.

0:01
Marine Tondelier

Bonsoir.

0:02
Présentateur

Merci d'être avec nous ce soir dans Tout le monde veut savoir. On lisait cette lettre.

0:06
Marine Tondelier

Moi aussi je veux savoir.

0:07
Présentateur

Écoutez, ça tombe bien dans ce cas-là. Convergence d'intérêts ce soir. Cette lettre qui a été envoyée par le Premier ministre au chef de parti, pas tous, on viendra dans un instant au périmètre, puisque cette lettre exclue et cette invitation exclut la France Insoumise et le Rassemblement National. D'abord une première question. François Bayrou qui vous invite donc à une réunion demain à 14h pour, je cite, vous éclairer et vous entendre sur les orientations que nous devrons suivre. Est-ce que vous irez ?

0:34
Marine Tondelier

Alors la première chose, c'est que je suis ravie de vous apprendre que je n'ai pas reçu ce courrier. Comme souvent, ce courrier est envoyé à la presse et connu de nous par Twitter et qu'au moment où je vous parle, ni les socialistes, ni les économistes, ni les écologistes n'ont officiellement reçu ce courrier.

Donc c'est comme souvent, c'est plutôt, moi ça m'évoque que c'est plutôt de la communication qu'une vraie recherche de solution, parce que quand vous voulez vraiment contacter des gens, vous les appelez avant qu'ils apprennent ça, par des journalistes qui disent, tu vas peut-être recevoir dans une heure un courrier, tu vas peut-être recevoir dans une demi-heure un courrier, le courrier est en ligne, tiens, tu peux le lire avant. Et puis j'arrive sur ce plateau sans l'avoir reçu, mais je dois répondre à une invitation que je n'ai pas encore reçue. C'est quand même un peu baroque.

La deuxième chose, j'ai lu ce courrier du coup sur les réseaux sociaux et allez le lire sur Blue Sky et sur Mastodon plutôt que sur Twitter d'ailleurs, parce que ce sont des réseaux plus sociaux au sens social du terme.

1:24
Présentateur

D'accord, mais alors est-ce que vous irez à cette réunion ?

1:26
Marine Tondelier

Mais quand je lis qu'il va nous éclairer sur la situation, j'ai un peu l'impression qu'il considère qu'on n'a pas la lumière à tous les étages, comme on dit dans le Pas-de-Calais, et donc on est ravis de pouvoir bénéficier de ces lumières pour qu'il nous explique comment on va s'en sortir, parce que là, je vous avoue que tous les heures passent moins en moins. Oui, mais en même temps, Marie-Condelier,

1:40
Présentateur

vous ne pouvez pas à la fois demander à ce qu'il y ait davantage de compromis qui soient noués, davantage d'écoute. Et là, quand on vous invite, effectivement, cette formule, elle peut t'interroger. Je repose ma question, est-ce que vous irez demain à 14h à Matignon à cette réunion ?

1:56
Marine Tondelier

Ce courrier interroge et pas que dans cette formule. Ce courrier fait un parallèle scabreux entre une catastrophe naturelle à Mayotte et des émeutes en Nouvelle-Calédonie, comme si c'était la section les Outre-mer, il y a des problèmes, tous dans le même panier, on ne voit pas trop le rapport en réalité. Il nous explique, nous sommes à la veille de Noël. Lisez le deuxième paragraphe, je l'ai déjà appris par cœur, vous avez vu. Nous sommes à la veille de Noël. – Attendez, juste Marie-Tondé, peut-être que ceux qui nous regardent n'ont pas lu. – C'est deux parigrafes juste à poser, on ne voit pas le rapport.

2:24
Présentateur

– Juste Marie-Tondé, peut-être que ceux qui nous regardent n'ont pas encore lu cette lettre. Quand il parle de la tragédie de Mayotte, qui est probablement la catastrophe naturelle la plus grave de l'histoire de France depuis plusieurs siècles, et qu'effectivement, quelques lignes après, il parle de la situation en Nouvelle-Calédonie.

2:37
Marine Tondelier

– On ne voit pas bien le rapport. – D'accord, vous pouvez nous dire qu'il n'y a pas de rapport. – C'est un parallèle, et par ailleurs, le deuxième paragraphe, je trouve, vraiment romanesque, c'est « nous sommes à la veille de Noël, nous n'avons toujours pas de budget ».

2:49
Présentateur

– C'est vrai.

2:50
Marine Tondelier

– Oui, c'est vrai, mais je…

2:52
Présentateur

– Et c'est vrai d'ailleurs parce que vous avez censuré le précédent gouvernement.

2:56
Marine Tondelier

– Bien sûr, c'est de notre faute. Ce qui est vrai, M. Duhavel, c'est qu'Emmanuel Macron a perdu l'élection, refuse de le reconnaître, ne veut pas changer de politique, ne veut pas que quelqu'un le fasse pour lui ou malgré lui,

3:08
Présentateur

– Et donc pour la quatrième fois, Marine Tondelier, je repose la question, irez-vous demain à cette réunion à 14h ?

3:13
Marine Tondelier

– Je vais quand même finir, ma réponse, c'est que François Bayrou est en train de paver le chemin de sa propre censure et que comme il prend le même chemin que Michel Barnier, il risque fort qu'il en connaisse le même destin. Et donc je vois bien à quel point ces premières, je ne sais même plus combien de temps ça fait, 48, 76 heures, sont complètement ratées. C'est un fiasco, c'est la risée des Français qui avaient, je pense, sincèrement envie que ça marche parce qu'ils veulent une solution, mais qui ont compris depuis quelques temps maintenant que ça ne marcherait pas. – Je vous reposerai pour la cinquième fois la question de savoir si vous diriez,

3:41
Présentateur

mais quand vous dites la risée des Français, c'est très fort. Là encore, vous reprochez il y a un instant une détournure de phrase de ce courrier de François Bayrou,

3:50
Marine Tondelier

il est la risée des Français ? – Je pense que malheureusement, oui, c'est le cas. Je pense que cette histoire d'aller-retour en Falcon pour aller à Pau, dire je vais rester maire parce que vraiment j'ai un super plan pour la France, c'est le retour du cumul des mandats, c'est vraiment ça dont on a besoin dans la séquence. qui d'ailleurs, je le remercie, nous a permis à nous, qui combattons le cumul des mandats, de gagner cette bataille culturelle pour les 10 ans à venir. Il a plié le match, ceux qui n'étaient pas convaincus le sont maintenant. Il multiplie les faux pas, les fautes politiques, c'est pas crédible, personne ne se dit.

Et s'il y a un Français en France qui se dit, je suis rassuré que M. Bayrou soit Premier ministre, je pense qu'il va trouver la solution, qu'il m'appelle, il peut me faire un mail, qu'il m'explique son argument, j'ai envie d'être rassuré aussi. Marine Tondelier. Pour ce qui est de votre question, est-ce que j'irai demain ou pas ? Merci. Quand je recevrai le courrier, mais que... Que vous avez lu. Qu'on a déjà parcouru.

4:37
Présentateur

Vous l'avez même lu attentivement, puisque vous venez de citer un certain nombre d'extraits.

4:40
Marine Tondelier

Je suis tellement préoccupée en ce moment que j'imprime tout ce que je lis sur le sujet, ça me préoccupe énormément. Mais donc je vais convoquer mes instances internes. Je vais en discuter avec la direction du parti, je vais en discuter avec les chefs de groupe parlementaire et les parlementaires écologistes, parce que ce genre de décision se prend en famille et est importante.

4:59
Présentateur

Pourquoi est-ce que vous n'iriez pas ? Vous étiez allée à la réunion organisée par le président de la République.

5:04
Marine Tondelier

Je vais en discuter avec mon parti, je vais aussi en discuter avec mes partenaires politiques, à qui je pense ce courrier pose à peu près les mêmes questions. Et j'ai pu m'entretenir extrêmement rapidement dans les cinq minutes entre la fin du maquillage et ce plateau pour dire comment va-t-on faire, il faut qu'on prenne le temps d'en discuter. Donc on va en discuter aussi très tranquillement, on va prendre ce temps-là. – Mais juste, le périmètre de cette réunion, vous avez lu la phrase, et vous pouvez la relire si vous voulez, où il explique le périmètre de la réunion.

5:31
Présentateur

– Le périmètre de la réunion, c'est les forces politiques qui ont, je cite, « eu la responsabilité des affaires du pays à une période ou à une autre de la Vème République », ce qui exclut donc de fait la France insoumise et le Rassemblement national. C'est quoi ça ? C'est un motif pour ne pas aller à la réunion ?

5:43
Marine Tondelier

– Le périmètre qu'on demande depuis le début et qui a un vrai sens politique, qui est le sens du vote des Français, c'est le périmètre de celles et ceux qui ont participé au barrage républicain. – Pourquoi on demande ça ? Parce que le fait politique majeur de cet été, c'est que ce barrage républicain avait encore un sens, une consistance dans ce pays. Et donc, au point où nous en sommes, la solution parlementaire, je ne parle pas de la composition du gouvernement, mais la solution parlementaire ne peut se trouver que dans le cadre du Fonds républicain.

Et je vous le lis, je l'ai dit beaucoup ces derniers jours, mais je vais le redire jusqu'à ce que ce soit vraiment très officiel, j'ai un problème avec le fait qu'on déjà en mette un signe égal entre le Rassemblement national et la France insoumise. Quoi qu'on pense de l'un et de l'autre, ce n'est pas la même chose. Et deuxièmement, j'ai un problème avec le fait que les Républicains soient invités encore une fois à cette réunion, alors qu'ils jujoupent leur nom et qu'ils n'étaient pas non dans le Fonds républicain. On ne va pas aller discuter avec les copains de Retailleau de comment on apaise le pays.

6:37
Présentateur

Marine Tondelier, la France insoumise dit sur tous les plateaux de télévision, celles et ceux qu'on reçoit, qu'ils vont censurer immédiatement et qu'ils souhaitent la démission du président de la République. Visiblement, le cadre de cette réunion, c'est d'essayer de trouver les voies et les moyens de ce que d'ailleurs vous aviez vous-même évoqué, c'est-à-dire la possibilité de ne pas censurer un gouvernement. Difficile de discuter avec des partenaires politiques qui disent de toute façon, quoi que vous disiez, on vous censurera.

7:00
Marine Tondelier

Ils peuvent décider de ne pas venir, mais quand on pose le principe de travailler au sein du Fonds républicain, c'est pas pour rien. Ça a un sens, ça a une logique.

7:09
Présentateur

Si j'essaie de comprendre ce que vous dites, vous êtes plutôt parti pour ne pas y aller ?

7:12
Marine Tondelier

Mais vous voyez, c'est pas juste... On enlève la FI, on rajoute les Républicains. Si vous voulez, un point, c'est un point. Et quand on fait un point plus un point, ça commence à faire une ligne. La nomination de François Bayrou, plutôt que quelqu'un qui ait gagné les élections législatives et qui incarne vraiment l'alternance que les Français ont demandé. Parce que Macron nous parle de la longueur de semaine, la formation professionnelle, c'est très important, mais il a un problème avec la notion d'alternance quand même. Donc il nomme ce Premier ministre, premier signal très défavorable. Ensuite, on a très compris que Bruno Retailleau avait été conforté assez vite sur son poste.

7:43
Présentateur

Vous avez entendu Bruno Retailleau ce matin ?

7:45
Marine Tondelier

Non, mais il s'est battu quelques heures pour avoir la garantie d'être maintenu sur son poste. Et à la seconde où j'estime qu'il l'a été, maintenu sur son poste, il a dû avoir des garanties, il a commencé à dire « Ah non, mais moi je n'y vais pas à n'importe quelles conditions. » Alors Marine Tondoli, vous avez peut-être des informations sur Bruno Retailleau.

8:00
Présentateur

Le fait est que ce matin, en micro d'appel de Malherbe, il dit « Il n'y a pas encore suffisamment de garanties pour assurer notre participation au gouvernement. »

8:05
Marine Tondelier

Mais vous comprenez bien ce que ça veut dire, M. Duhamel. Vous n'êtes pas bête et vous connaissez très bien la politique. Il n'était pas sûr quand M. Bayrou est nommé plutôt que M. Lecornu ou des gens un peu plus à droite au sein de la famille macroniste, il n'était pas sûr de garder son poste. Dans les premières heures, il y a ce petit truc, tout le monde fait un peu son bing pour garder son poste. À la seconde où il a été garanti qu'il n'était pas sur un siège éjectable, où d'ailleurs il s'est rendu indispensable en allant à Mayotte pendant que M. Bayrou était au conseil municipal de Pau. Il est devenu indispensable dans le film. Et donc, qu'en fait-il ? Il use de son rapport de force.

Il va en matinale dire « Ah mais moi je n'ai pas assez de garanties, moi maintenant je veux une loi immigration, je veux durcir, durcir, durcir. » Non, non, non, non, c'est pas ce qu'il dit. Mais bien sûr que c'est ça.

8:42
Présentateur

Non, il dit « Je ne suis pas fétichiste de la loi immigration. » Après… Pardon, pour être très précis sur ce qu'il a dit.

8:46
Marine Tondelier

Il y a le « on » et le « off ». Il a réuni les députés républicains.

8:48
Présentateur

Mais visiblement, vous avez des discussions avec Bruno Retailleau qui nous échappent.

8:51
Marine Tondelier

La réuni des sénateurs républicains. Vous pensez que les sénateurs républicains lui ont dit « Oui, la loi immigration est inquiétant. » Mais donc, Marine Tondelier, je reviens à cette réunion.

8:58
Présentateur

Là, je pense à ceux qui nous regardent depuis un peu plus de 10 minutes.

9:00
Marine Tondelier

Le préfère est en train de se jouer, il a commencé, et est en train de basculer à droite.

9:03
Présentateur

Je pense à ceux qui nous regardent depuis un peu plus de 10 minutes. Et on parle de cette réunion qui est importante, puisque c'est une réunion qui pourrait préfigurer accélération de composition du gouvernement et éventuellement accord de non-censure. Là, vous êtes plutôt parti pour ne pas y aller. Vous dites « C'est la risée des Français. On a un sujet sur le périmètre. » Donc, vous êtes plutôt parti pour ne pas aller à cette réunion.

9:19
Marine Tondelier

En discutant en famille, ça pose beaucoup de questions. Et donc, on va y répondre collectivement et avec méthode, contrairement à l'absence de méthode de l'envoi de ce courrier.

9:27
Présentateur

Et la famille, c'est quoi ?

9:29
Marine Tondelier

J'ai ma famille resserrée qui s'appelle les écologistes. Et j'ai une famille élargie, avec des oncles et des tantes plus proches que les autres. On a plusieurs cercles familiales.

9:38
Présentateur

Et vous pensez vraiment que tout le monde va être d'accord entre les insoumis, les communistes, les socialistes et vous ?

9:43
Marine Tondelier

Ah, mais vous savez, la démocratie délibérative, c'est très intéressant. C'est-à-dire qu'on discute, on se convainc les uns les autres, on converge et à la fin, on décide quelque chose. Mais Marine Tondelier... On n'a plus compris pourquoi. Mais pas dans les précipitations sur un courrier que je n'ai pas encore reçu par ailleurs.

9:56
Présentateur

Mais à l'Élysée, vous y étiez allée alors que la France insoumise n'était pas conviée ?

9:59
Marine Tondelier

Ce n'était pas la même chose. Nous avions demandé une réunion du Front républicain. Ils avaient eux-mêmes dit qu'ils ne voulaient pas venir. C'est comme ça que ça s'était passé. Et puis, à ce moment-là, je pense qu'on était dans un moment où on a tout fait pour peser et nous avons raison de le faire parce qu'on le doit à nos électeurs. On a tout fait pour peser, pour tenter l'infime chance qu'il y avait d'avoir un Premier ministre du Front populaire.

Je vous rappelle que nous sommes allés à l'Élysée avec les socialistes et les communistes pour demander, pour s'engager devant tout le monde, dont le Président de la République, s'ils nous nommaient, s'ils nommaient quelqu'un du Nouveau Front populaire, nous nous engagions à ne pas utiliser le 49-3. Parce que les Françaises et les Français, ils ne savent personne... Enfin, ce n'est pas vrai que la France, elle veut un truc précis. On voit bien le résultat des élections, on veut des choses différentes. OK. Mais cette histoire de 49-3, regardez les sondages qui sont sortis ensuite, ça a été compris par les Français.

Les Français, ils ont retenu que le 49-3, c'est quand le Président ne veut pas un truc que veulent les Français ou même les députés, et du coup, paf, il passe en force. Et ça, nous n'en voulons plus. Les Français, ils ont besoin de changement, de signal fort que ça ne va plus être comme avant. Un mot encore, Marine Tondelier. Quand vous mettez François Bayrou, vous n'avez pas le signal fort que ça ne va plus être comme avant. Voyez-vous ? Quand vous maintenez Bruno Retailleau à l'intérieur, vous n'enviez pas le signal fort que ça ne va plus être comme avant.

Parce que quand vous commencez à faire Bruno Retailleau, ça veut dire que vous ne faites pas avec la gauche, ça veut dire que vous dépendrez de l'extrême droite qui continueront de vous faire sauter à l'accord jusqu'à vous faire tomber au puir moment, et les mêmes causes entraîneront les mêmes conséquences.

11:15
Présentateur

Marine Tondelier, à quel moment vous allez vous parler et vous mettre d'accord ? Il y a une réunion qui est prévue ce soir ?

11:19
Marine Tondelier

Dès que je suis sortie de ce plateau, monsieur Duhamel.

11:20
Présentateur

D'accord. Si vous voulez que je parte tout de suite pour un peu plus vite, vous avez la réponse. J'ai encore quelques questions à vous poser. D'abord, sur ce que vous dites, et là encore, on voit la phrase s'afficher en bas de l'écran, François Bayrou est sur le chemin de la censure. Effectivement, vous évoquez des signaux.

11:35
Marine Tondelier

J'ai même dit qu'il pavait le chemin de sa propre censure. Voilà.

11:39
Présentateur

Vous évoquez un certain nombre de signaux, ce qui s'est passé sur sa présence au conseil municipal à Pau, la séance de questions au gouvernement qu'il a pu tenir. L'émission de France 2, je peux tout vous faire. Mais sur le fond, Marine Tondelier, quel est l'élément programmatique de François Bayrou qui vous a fait passer de « pas de censure a priori » à « il va sur le chemin de la censure ». En fait, l'idée que vous étiez prête à des compromis, c'était juste du marketing en fait.

12:05
Marine Tondelier

Non, je voulais discuter. Depuis le début, vous vouliez le faire tomber ? Non, je voulais comprendre. C'est sûr que la nomination de François Bayrou était déjà un mauvais signal. Il y a trois éléments possibles. Dans la foulée, vous avez dit « pas de censure a priori ». J'y ai Premier ministre pour mener quelle politique ? Et avec quelle méthode ? C'est-à-dire 49-3 ou pas ? La première réponse est répondue, et la réponse ne nous plaît pas. On passe à la deuxième, 49-3. Il nous répond « je ne veux bien pas utiliser sauf sur le budget ». Il se trouve que le premier thèse qu'on va examiner, c'est le budget. Troisième chose, si on veut vraiment essayer de trouver un argument…

François Hollande dit pareil.

12:35
Présentateur

François Hollande à votre place dimanche soir, sur le budget, il vaut mieux éviter de s'engager à ne pas utiliser 49-3.

12:39
Marine Tondelier

Oui, je ne suis pas un soutien de François Hollande. Ça ne nous aura pas échappé. Et donc, dernier argument, c'est sur le fond, est-ce qu'il y a même un truc, un début de commencement de truc qui peut dire qu'il convaincrait quelqu'un de chez nous éventuellement de ne pas voter la censure ? Quand on lui pose cette question dans son bureau, il n'est pas capable d'y répondre. Il dit qu'il veut bien faire des compromis, mais pas qu'il y ait des impacts budgétaires. Pour se mettre d'accord sur le budget, ça ne va pas être pratique quand même. Sur la retraite, il veut nous proposer une démarche. On dit « c'est quoi la démarche ? » « Ah, ça vous verrez le 14 janvier. »

13:07
Présentateur

Mais donc si c'était demain, Marine Tourdelier, s'il y avait un vote de confiance et s'il y avait un vote sur une motion de censure demain, les députés écologistes censureraient ?

13:14
Marine Tondelier

C'est eux qui décident. « Mais moi aujourd'hui, je n'ai pas confiance en François Bayrou. » Et il se trouve que ce vote de confiance va plutôt arriver au lendemain de son discours de politique générale. Donc on verra, mais au moment où il prononcera son discours de politique générale, si tout va bien, on aura déjà un gouvernement. Toute l'histoire aura déjà été écrite. On va voir la proposition du gouvernement quelle histoire ça raconte.

13:31
Présentateur

Un mot sur le fond, vous venez d'évoquer la réforme des retraites. Vos camarades socialistes, votre famille, puisque vous évoquez la famille élargie, dit « nous on est prêts à regarder s'il y a une conférence de financement. » Ça concrètement, c'est une...

13:42
Marine Tondelier

Avec une suspension de la réforme avant cette conférence de financement.

13:46
Présentateur

Non, pas tout à fait, non. Non, non, non. Écoutez, vous écouterez attentivement ce que dit Boris Vallaud, Olivier Faure, François Hollande. Ils disent à peu près, pas toujours en les mêmes termes. C'est pas très clair, mais en tout cas, ils avancent cette possibilité d'une conférence de financement. Est-ce que ça suffirait pour vous

13:58
Marine Tondelier

pour vous convaincre sur la question de la réforme des retraites ? Les gens, comme le dirait M. Bayrou, nous sommes à la veille de Noël. Bon, les gens vont se retrouver en repas de famille. Ils vont discuter politique. C'est quoi la chose qu'ils auront à dire de positif sur ce que M. Bayrou aura annoncé donc avant le 14 janvier ? Il peut prendre des décrets en tant que Premier ministre. Il doit faire un geste fort, concret pour le quotidien des Français. Si nous, nous avions été nommés Premier ministre le 8 juillet dernier, ou le 23 décembre, nous aurions pris un décret immédiat d'abrogation de la réforme des retraites. Et vous savez quoi ?

C'est exactement la raison pour laquelle le président de la République ne nous a pas nommés. Parce qu'il savait que peut-être nous tomberions au budget, mais il ne voulait pas qu'on puisse agir.

14:34
Présentateur

Marine Tondelier, est-ce que si François Bayrou dit « Moi, je suis prêt à une conférence de financement pour qu'on puisse regarder tel ou tel aménagement qu'on peut faire sur la réforme des retraites ? »

14:40
Marine Tondelier

Est-ce que ça pourrait être acceptable ? Si vous pensez que votre tata Gilbert au repas de Noël va dire « Je suis vraiment rassurée parce que François Bayrou a réuni une conférence de financement qui peut-être dans trois mois, etc. » Vous l'avez dit à vos amis socialistes ? Ah oui, on se parle avec beaucoup de franchises. Je pense que les Français ont besoin de concrets. Pas de promesses. Dans trois mois, François Bayrou sera sûrement plus là. Donc c'est toujours de votre côté

15:00
Présentateur

tout le programme avec le programme, pas la moindre possibilité d'évoluer

15:06
Marine Tondelier

Je n'ai absolument pas dit ça.

15:06
Présentateur

Je lui ai demandé non. Est-ce que tata Gilbert va se satisfaire d'une conférence de financement ? La seule chose qui compte, c'est l'abrogation.

15:12
Marine Tondelier

Donc votre tata Gilbert, elle a peut-être une nuance entre ça.

15:14
Présentateur

C'est votre tata Gilbert. Je n'ai pas de tata Gilbert. Mais moi non plus.

15:17
Marine Tondelier

Mais peut-être que quelqu'un dans vos téléspectateurs en a une. Mais il y a une différence entre ce que je vous dis et ce que vous me dites. Moi, je vous dis est-ce qu'il est capable dans la semaine qui vient d'annoncer un truc, un, où les Français disent « Ah bah, merci. »

15:30
Présentateur

Pour l'instant, non. Vincent Alexis Cuvillé du service politique nous donnait des informations. François Rebsamen. Ah oui, j'ai entendu. Vous avez dit

15:41
Marine Tondelier

qu'il y a un ministre de gauche comme Rebsamen. Certains évoquent Pierre Moscovici. Mais ils ont été dans les premiers soutiens des macronistes.

15:48
Présentateur

Ce sont des hommes de gauche, Pierre Moscovici, François Rebsamen.

15:50
Marine Tondelier

Et puis Gabriel Attal avait sa carte au MJS il y a 10 ans. Donc c'était un premier ministre de la NUPES.

15:54
Présentateur

Je ne suis pas sûr qu'on puisse mettre exactement sur un même axe gauche-droite Gabriel Attal, François Rebsamen et Pierre Moscovici.

15:58
Marine Tondelier

Ils étaient au Parti Socialiste en même temps qu'eux. Ils ne sont pas de gauche

16:01
Présentateur

François Rebsamen et Pierre Moscovici ?

16:02
Marine Tondelier

Ce n'est pas un concours, ce n'est pas un brevet. Mais si vous pensez que si vous mettez François Rebsamen dans un gouvernement, ça veut dire que le NFP est représenté dans ce gouvernement et que les Français vont dire mais quel virage à gauche, vraiment, j'ai le tournis tellement c'est un virage. Non. Et même Tata Gilbert

16:15
Présentateur

vous le dira. Dernière question, Marine Tondelier. Est-ce qu'il y aura une candidature écologiste à la prochaine présidentielle ?

16:21
Marine Tondelier

Alors ça, c'est une question qui n'a rien à voir.

16:23
Présentateur

Non, mais je la pose quand même.

16:24
Marine Tondelier

Si vous voulez, on n'en est pas là. Je pense que le sujet aujourd'hui c'est de s'assurer qu'il y ait une candidature commune.

16:30
Présentateur

Ah oui ? Mais vous êtes sûr qu'on n'en est pas là ? Parce que Jean-Luc Mélenchon dimanche soir, Marine Tondelier, dit qu'il y aura une candidature insoumise.

16:36
Marine Tondelier

J'étais en train de me dire qu'on avait fait toute une interview ensemble sans parler de Jean-Luc Mélenchon. Je me demandais si vous étiez en forme ou malade.

16:41
Présentateur

Pourquoi vous n'avez pas envie de parler de Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier ?

16:43
Marine Tondelier

Non, ça me fatigue en général.

16:45
Présentateur

Pourquoi ?

16:45
Marine Tondelier

J'aurais préféré vous parler de Mayotte pour tout vous dire. J'avais cru qu'on aurait le temps d'en dire un petit mot.

16:49
Présentateur

Et on en a parlé quant à ce qui a été dit par François Bayrou dans sa lettre. Très très rapidement.

16:54
Marine Tondelier

Donc j'aimerais faire penser à tous les habitants de Mayotte qui nous regardent et qui nous regardent. Et Marine Tondelier ?

16:58
Présentateur

Absolument. On a traité très largement la situation. Je suis étonné quand je parle de Jean-Luc Mélenchon très souvent et d'ailleurs c'était le cas dans une émission qu'on avait faite au moment des législatives alors très souvent il y a une sorte de manœuvre dilatoire pour ne pas répondre. Jean-Luc Mélenchon il dit dimanche soir il y aura une candidature insoumise à la prochaine présidentielle. Pardon, ça veut dire que votre candidature commune elle est tombée à l'eau ?

17:18
Marine Tondelier

Ça veut dire non. Ça veut dire qu'il n'y aura peut-être pas de candidature unique mais qu'il peut quand même y avoir une candidature commune de plusieurs personnes et par ailleurs je pense qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.

17:27
Présentateur

Donc vous demandez à Jean-Luc Mélenchon de changer d'avis ?

17:29
Marine Tondelier

Je ne demande rien du tout. Je pense qu'on n'en est pas à faire des joutes verbales sur les plateaux sur le sujet et qu'il faut boire frais dans ces cas-là. Je pense que mon obsession pour l'instant n'est pas de savoir si la candidature ultime et suprême sera écologiste à la fin. Nous n'en faisons pas un préalable mais nous ne l'excluons pas non plus. C'est ce que nous avons toujours dit. Mais l'urgence aujourd'hui pour l'obsession... Mais vous ne dites pas la même chose que Jean-Luc Mélenchon.

Ah non, je vous confirme et merci de le souligner mais mon obsession aujourd'hui c'est qu'on puisse avec toutes celles et ceux qui le souhaitent c'est ce qu'on a proposé avec Lucie Casté comment on désigne ce candidat et sur un travail surtout de bataille culturelle de mobilisation sur le territoire où toutes celles et ceux qui le souhaitent peuvent s'y investir et cette grande maison où on travaillera une candidature commune doit être très ouverte à toutes celles et ceux qui le souhaitent et celles et ceux qui ne le souhaitent pas et bien ils viendront quand ils auront changé d'avis.

18:18
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon recevra le message. Merci Marine Tordelé secrétaire nationale des écologistes et pour ceux qui ont rejoint cet entretien en cours de route pas sûr d'aller à cette réunion à laquelle vous convient François Bayrou demain à 14h vos partenaires et vous nous direz donc si vous irez ou pas. Merci Marine Tordelier.