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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 28 juin 2022 21 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSantéRetraites

L'interview : Geoffroy Roux de Bézieux - 28/06

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:16OuverteRéponse partielle

    Merci de répondre à mes questions ce matin et répondre peut-être aussi aux inquiétudes de nombreux salariés qui nous écoutent sur la question des salaires.

  • 0:52FerméeÉludée

    Allez-vous augmenter nettement, clairement les salaires ?

  • 1:34RelanceRéponse directe

    Pour autant le contrat est toujours le même, et donc vous n'êtes pas mieux payé, plus payé, vous n'avez pas plus de marge.

  • 1:59FerméeRéponse directe

    3%, c'est ça que vous nous dites aujourd'hui ?

  • 2:13FerméeRéponse directe

    5,2%, mais ça pourrait finir à 7%.

  • 3:13RelanceRéponse directe

    On reste sur cette question de l'augmentation des salaires et du mot que vous avez dit.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:18InvitéFait
    « ceux qui ont réussi à passer le prix en aval, que ce soit au consommateur final ou à un client entreprise, ont augmenté leur salaire. »
  • 1:28InvitéFait
    « quand vous êtes dans le nettoyage et que vous nettoyez les bureaux de RMC-BFM, d'après moi un contrat sur un an, vos salaires augmentent, le SMIC, vos coûts d'énergie augmentent, mais pour autant vous... »
  • 1:48InvitéChiffre
    « ce qu'on appelle les NAO, négociations annuelles obligatoires, ont donné à peu près 3%. »
  • 2:07InvitéChiffre
    « l'inflation augmente, donc on est plutôt sur une tendance à 5%. »
  • 2:28InvitéChiffre
    « la masse salariale a augmenté de 11%. »
  • 3:52InvitéFait
    « Quand vous êtes restaurateur, 70% de vos coûts, c'est les salaires. »
  • 4:36InvitéChiffre
    « c'est à peu près 80% des Français qui prennent leur voiture le matin. »
  • 5:35InvitéChiffre
    « le FIARO dit ce matin, 50 milliards d'euros le coût total. »
  • 5:47InvitéChiffre
    « On va passer les 3 000 milliards de dettes. »
  • 7:09InvitéFait
    « depuis 2014, on a baissé les impôts sur les entreprises. C'est la fameuse politique de l'offre. Le fameux million d'emplois qu'il y avait à l'époque... »
  • 7:22InvitéChiffre
    « ce million d'emplois, il a été largement créé. Et plus que créé, on doit être à 1,5 million depuis 2014. »
  • 14:12InvitéChiffre
    « il y a eu une grande... 16%. »
  • 18:16InvitéFait
    « on est le pays qui prélève le plus d'impôts en Europe et dans l'OCDE »
  • 18:29InvitéChiffre
    « on voit qu'on bute sur ce seuil de 7% à peu près. »
  • 19:29InvitéChiffre
    « le taux d'impôt sur les sociétés qui est passé en 5 ans de 33% à 25% »

Temps de parole

  • Invité66 %
  • Présentateur34 %

9,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC.

0:04
Invité

RMC, l'interview à Pauline de Valherbe.

0:12
Présentateur

8h63 sur RMC, BFM TV. Bonjour Geoffroy Routte-Bézieux. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin et répondre peut-être aussi aux inquiétudes de nombreux salariés qui nous écoutent sur la question des salaires. Vous êtes le président du MEDEF, le patron des patrons. Vous dites redouté, et on va y revenir, que la France ne reste immobile trop longtemps dans la situation politique dans laquelle elle est. Mais on va voir ce que vous, patron, vous êtes prêt à faire si le gouvernement lui-même n'a pas forcément les moyens de bouger tout de suite. Problème de salaire d'abord, salaire partout, des grèves et des débrayages qui se multiplient dans différents secteurs.

Il y a eu les routiers hier, il y a les employés d'aéroport, il y a Total Energy il y a quelques jours, il y a Marionneau, il y a Ryanair. Et c'est vous peut-être les patrons qui avez la solution. Allez-vous augmenter nettement, clairement les salaires ?

0:56
Invité

Je ne peux pas répondre à cette question par oui ou par non, parce que la situation de prise est finalement terriblement contrastée. Vous avez ceux qui ont réussi à augmenter leur prix, puisque le point de départ c'est quoi ? C'est une inflation qui vient en France par l'énergie, par les matières premières. Donc ceux qui ont réussi à passer le prix en aval, que ce soit au consommateur final ou à un client entreprise, ont augmenté leur salaire. Et puis il y a ceux qui n'y arrivent pas, parce que les contrats sont de longue durée.

Je vais prendre un exemple très simple, quand vous êtes dans le nettoyage et que vous nettoyez les bureaux de RMC-BFM, d'après moi un contrat sur un an, vos salaires augmentent, le SMIC, vos coûts d'énergie augmentent, mais pour autant vous...

1:34
Présentateur

Pour autant le contrat est toujours le même, et donc vous n'êtes pas mieux payé, plus payé, vous n'avez pas plus de marge.

1:39
Invité

C'est vrai entre parenthèses aussi quand on travaille pour l'État, parce que l'État est un peu schizophrène, c'est-à-dire qu'il dit augmenter les salaires, mais il n'augmente pas évidemment les prix des contrats. Donc ce qu'on sait aujourd'hui, c'est qu'en début d'année, ce qu'on appelle les NAO, négociations annuelles obligatoires, ont donné à peu près 3%.

1:56
Présentateur

3%, c'est ça que vous nous dites aujourd'hui ? Oui, c'est une moyenne. On a parlé de 3,6% d'augmentation en 2022. Est-ce que vous confirmez ce chiffre ?

2:02
Invité

Non, parce que je ne sais pas vous dire ce que ce sera à la fin de 2022, puisque, vous le savez bien, d'une part l'inflation augmente, donc on est plutôt sur une tendance à 5%.

2:11
Présentateur

5,2%, mais ça pourrait finir à 7%.

2:13
Invité

Ce qui donne lieu à des discussions, alors vous parlez des grèves, il y en a, mais il y a aussi beaucoup de discussions, et la grande majorité des entreprises, ça discute en réalité. Et puis, il y a un autre phénomène qui est plus difficile à lire, c'est que les gens changent d'emploi. Je citais le chiffre dans les écoutes ce matin, la masse salariale a augmenté de 11%. Évidemment, ça ne veut pas dire que les salaires individuels ont augmenté de 11%. Ça veut dire que vous avez d'abord des créations d'emploi, donc ça, ça fait de la masse salariale, donc des gens qui passent de chômeurs à salariés, évidemment, ils ont du pouvoir d'achat.

Et puis, il y a des gens qui changent d'emploi, beaucoup chez les cadres, et qui en profitent à juste titre pour augmenter leur salaire. Parce que ce qu'il faut comprendre, c'est qu'aujourd'hui, il n'y a pas un patron qui ne cherche pas à recruter et qui n'arrive pas à recruter.

2:54
Présentateur

Vous avez mis plein de choses sur la table, Geoffroy Roux de Bézieux. Il y a la question des salaires, il y a la question de l'emploi, il y a la question même de la démission, qu'on entend aussi un peu en sous-titre, je dirais, de ce que vous dites. On parle beaucoup de la grande démission aux États-Unis aujourd'hui, avec un phénomène post-Covid de gens qui décident de changer de carrière, de changer de rythme de vie. Mais quand même, je reste sur cette question de l'augmentation des salaires et du mot que vous avez dit. Vous avez dit que l'État est un peu schizophrène.

Alors, vous le disiez à propos du fait que l'État vous dit « augmenter les salaires, vous les patrons », mais pour autant, eux-mêmes, quand ils sont en train de payer ou d'avoir fait des devis, ils ne changent pas en cours de route. Est-ce que vous sous-entendez aussi que l'État serait schizophrène d'une autre manière, c'est-à-dire en vous demandant officiellement d'augmenter les salaires, mais en sous-main ? C'est un peu ce que vous dites dans les échos ce matin, et je voudrais comprendre ça. Est-ce que vous nous dites qu'en fait, l'État joue double jeu ?

3:41
Invité

Non, je ne vais pas aller jusque-là, mais il y a une sorte de schizophrène. Pourquoi ? Parce qu'effectivement, si tout le monde augmente les salaires au niveau de l'inflation, on va nourrir l'inflation. Je vous donne un exemple très simple. Quand vous êtes restaurateur, 70% de vos coûts, c'est les salaires. Si vous augmentez le SMIC, enfin, va augmenter pendant 6% cette année, ça veut dire augmenter le prix à la carte, enfin, ou au menu, de 6%. Et ça nourrit l'inflation, c'est ce qu'on a appelé...

4:05
Présentateur

Mais c'est un peu la foule à poule, pardon.

4:06
Invité

Oui, c'est les deux, bien sûr.

4:07
Présentateur

Vous vous dites que c'est si on augmente les salaires que ça va augmenter l'inflation. On peut vous dire aussi que comme l'inflation augmente, si on n'augmente pas les salaires, ça sera bien.

4:14
Invité

Je sais bien, et c'est ce que nous disent nos salariés tous les matins, et en particulier ceux qui prennent la voiture pour aller travailler. Parce que là aussi, je pense que la situation contrastée, vous avez des gens qui sont plus impactés, c'est ceux qui prennent leur voiture pour aller travailler. Le chiffre varie, mais c'est à peu près 80% des Français qui prennent leur voiture le matin. Mais ceux qui font beaucoup de kilomètres, 50 par jour par exemple, commencent à voir la différence avec un plein à 2,13 euros.

4:41
Présentateur

Des pleins qui ont dépassé les 100 euros.

4:43
Invité

C'est pour ça d'ailleurs qu'on soutient une des mesures qui semble passer dans le paquet pouvoir d'achat.

4:49
Présentateur

Qui serait une des transports plus importants.

4:51
Invité

C'est-à-dire qu'il y a une prime défiscalisée que les personnes n'utilisent vraiment aujourd'hui, qui était plafonnée à 200 euros, qui avait des conditions très dures pour l'obtenir. Là, elles passeraient 400 euros, elles seraient à peu près libéralisées. Ça permet à un patron sans charge, sans impôts, de donner jusqu'à 400 euros par an à un salarié. Mais il peut le faire de manière individuelle en fonction du trajet. C'est-à-dire, quelqu'un qui habite à 60 km ou quelqu'un qui habite à 5, ce n'est pas la même chose.

5:16
Présentateur

Geoffroy Roux-de-Bézieux, est-ce que ce que vous nous dites ce matin, c'est qu'il y a certains des morceaux du paquet pouvoir d'achat, comme on dit, que vous soutiendrez ?

5:23
Invité

Oui, celle-là, surtout que ça ne coûte rien à l'État, si je puis me permettre. Là, pour le coup, c'est la balle et dans votre camp, à vous. L'entreprise qui... Par contre, notre inquiétude, c'est qu'il y a une sorte de surenchère très forte. Là, le FIARO dit ce matin, 50 milliards d'euros le coût total.

5:38
Présentateur

À un moment où Bruno Le Maire, à ce même micro hier, disait la cote d'alerte sur la dette est atteinte.

5:44
Invité

Je pense qu'elle est même dépassée, si je puis me permettre. On va passer les 3 000 milliards de dettes. Évidemment, ça ne dit rien en français, 3 000 milliards, ça paraît un peu abstrait. Mais d'une certaine manière, tout ça n'était pas très grave quand on avait des taux d'intérêt négatifs. Je rappelle quand même que c'est dur presque à comprendre pour les Français.

6:03
Présentateur

L'argent était non seulement gratuit, mais presque gagnant.

6:05
Invité

Mais on était payé. La France touchait des intérêts négatifs quand elle empruntait. C'était un peu un monde...

6:11
Présentateur

Dans un sens, on revient à quelque chose de plus normal, mais qui va être beaucoup plus lourd.

6:16
Invité

Mais ça veut dire que si on paye 2-3 % de taux d'intérêt à la fin de l'année pour la France, on est en dizaines de milliards d'euros de coûts supplémentaires.

6:24
Présentateur

Geoffroy Routbezieu, quel est votre rôle là-dedans ? C'est-à-dire que moi, je voudrais comprendre une chose. Vous, patron des patrons, vous alertez, vous dites attention, le gouvernement, parce qu'il va avoir besoin de faire des compromis, risque de lâcher beaucoup de lest. De quoi vous vous mêlez au fond ? Quel est l'impact pour vous ? Pourquoi vous jouez ce rôle d'alerte ?

6:43
Invité

L'impact pour nous, il n'est pas immédiat. On pourrait dire, tant pis, ce n'est pas très grave, on dépense tous plus d'argent, et puis c'est les autres qui paieront plus tard. Mais les autres, c'est nous. Les autres, c'est les entreprises, donc l'emploi. À un moment ou à un autre, tout ça se traduira. Il n'y a pas 36 solutions. Soit c'est des impôts supplémentaires, et ces impôts seront payés par les Français, parce que de toute façon, on ne peut pas taper que sur les entreprises, ça ne suffira pas, et par les entreprises. Les impôts sur les entreprises d'aujourd'hui, c'est des emplois détruits demain. Dans l'autre sens, depuis 2014, on a baissé les impôts sur les entreprises.

C'est la fameuse politique de l'offre. Le fameux million d'emplois qu'il y avait à l'époque...

7:18
Présentateur

Je me souviens du fameux Pince, de votre prédécesseur.

7:20
Invité

N'empêche que ce million d'emplois, il a été largement créé. Et plus que créé, on doit être à 1,5 million depuis 2014. Et donc, si on veut continuer à créer de l'emploi, qui est la seule manière de créer de la richesse, et de faire baisser la dette, il faut qu'on soit raisonnable, sur les dépenses publiques. Geoffroy Roux-de-Bézieux, Bruno Le Maire,

7:39
Présentateur

et le président lui-même, ont dit, ça c'est un intouchable, nous n'augmenterons pas les impôts. Si je vous regarde un peu, vous rongez les ongles à l'instant, pour ceux qui ne regardent pas à la télévision, vous n'y croyez pas complètement, vous avez l'air assez dubitatif.

7:54
Invité

Enfin, en tout cas, ce qui me rend dubitatif, c'est qu'aujourd'hui, je vois énormément de promesses pouvoir d'achat, et je ne suis pas sûr que tout ça a mis bout à bout soit tenable dans la durée. Ce qui rend dubitatif aussi, vous l'avez évoqué tout au début de l'interview, c'est que comme il n'y a pas de majorité, en tout cas de majorité absolue, on peut craindre que le consensus se fasse sur des dépenses nouvelles. Et que, évidemment...

8:21
Présentateur

C'est toujours plus facile de se mettre d'accord si c'est pour l'achat du lait.

8:23
Invité

Voilà, exactement. C'est pour ça qu'on a une responsabilité, une responsabilité de, comment dire, de passionner l'alerte, de syndicats... Mais on a aussi une responsabilité avec les syndicats. Moi, je profite de cette matinée-là pour relancer un appel aux syndicats de Sarrières, puisqu'on voit bien qu'on va avoir du mal à trouver une majorité dans l'Assemblée nationale. Ça nous donne une responsabilité, ça nous oblige presque à trouver des consensus entre patronat et syndicats.

8:47
Présentateur

Ça veut dire qu'au fond, vous dites, si les politiques eux-mêmes ne sont pas capables de se mettre d'accord autour du table, faisons-le. C'est ce que vous dites ce matin. Vous l'appelez, vous appelez la CFDT, vous appelez la CGT...

8:57
Invité

J'appelle tous les syndicats qui sont prêts à discuter. Vous savez, depuis trois ans, ça ne s'est pas beaucoup vu dans les médias, mais on a signé cinq accords, le télétravail, la santé au travail, qui font progresser les choses dans l'entreprise. Alors, il y a des sujets sur lesquels on ne sera pas d'accord, les retraites. On sait qu'on a deux visions très différentes avec Laurent Berger. Bon, ne parlons pas de retraite, mais parlons d'autre chose. Par exemple, la formation professionnelle, vous savez que le fameux CPF, qui était plutôt une bonne chose comme le personnel de formation, il n'y a quand même un certain nombre d'abus. On a fait des propositions pour le casier.

Là, on peut trouver un accord. L'accès à l'emploi, un des problèmes numéro un des Français aujourd'hui, c'est le logement. Nous, on n'arrive pas à recruter.

9:36
Présentateur

C'est notamment le problème pour les saisonniers. Il y a un très grand nombre

9:39
Invité

de jobs. Mais il n'y a pas que les saisonniers. Il y a beaucoup de gens qui ne prennent pas un emploi parce que c'est trop loin de chez eux où il faut déménager et que la perte de leur logement actuel les conduirait à une situation financière compliquée. Ça veut dire,

9:52
Présentateur

Geoffroy Roux de Bézieux, que ce matin, vous dites que nous pourrions, nous-mêmes, trouver une solution à cette question du logement, frein à l'emploi, sans attendre que le gouvernement se mette d'accord.

10:02
Invité

Vous savez, mais bien sûr. Vous pourriez faire quoi ? On n'a pas une solution magique. Mais je pense qu'il y a des propositions à faire. Quelle proposition vous faites ? Sur logement, très clairement. Et là, il faudrait que les élus soient avec nous. On a un problème de permis de construire et d'autorisation. On ne construit pas assez. Mais autre exemple...

10:17
Présentateur

Comme vous lancez un appel non seulement au syndicat,

10:19
Invité

mais aussi aux élus locaux. Mais autre exemple, la mobilité du quotidien. Puisque, évidemment, avec un super A2-13, ça coûte cher d'aller travailler. Et il y a des gens qui renoncent à travailler parce que...

10:31
Présentateur

Parce que ça va leur coûter d'aller bosser.

10:32
Invité

Ça va leur coûter d'aller bosser. Là, il y a une solution aussi sur les transports en commun. Or, aujourd'hui, on paye le versement mobilité, qui est un impôt qui est payé par les entreprises. Mais on n'a pas le transport en commun qui va sur les lieux dans les zones industrielles, sur les zones artisanales. Donc là aussi, il y a des choses à faire avec les élus locaux. En tout cas, on ne peut pas rester partenaires sociaux, qui avaient été un peu ignorés dans le quinquennat précédent, doivent aussi former des majorités. Alors, des majorités de circonstances. De la même manière qu'on dit qu'on va voter sur un texte, nous, on doit pouvoir se mettre d'accord et faire des propositions.

Et j'espère que l'Assemblée nationale, si vous avez des syndicats de salariés et des organisations patronales qui viennent avec un texte sur lequel ils sont d'accord...

11:12
Présentateur

Si vous-même, vous avez réussi à créer le compromis, ils ont eu du mal, vous voulez dire, les politiques face à cela ?

11:17
Invité

Je ne vais pas leur dire que c'est un ultimatum, mais ça me paraît quand même dans un souci du bien commun et de l'intérêt général, ça me paraît assez légitime.

11:24
Présentateur

Donc, vous pourriez montrer l'exemple en quelque sorte. Je reviens quand même sur ce que vous venez de dire par rapport au coût de l'essence, au coût des trajets. Bruno Le Maire, ici même, hier, s'apprêtait à rencontrer le patron de Total et il disait qu'il allait lui mettre la pression, si je peux me permettre, pour que Total partage les coûts, c'est-à-dire partage aussi le fardeau de ses coûts pour les particuliers, que l'aide ne soit pas uniquement une ristourne de l'État, mais aussi des vrais ristournes de la part des entreprises. Est-ce que ça, vous y êtes favorable ? Est-ce que vous aussi, vous dites Total et les autres ? Allez-y, quoi.

11:55
Invité

Les autres, il n'y en a pas beaucoup. Non, mais c'est Total et l'exemple, évidemment, le plus évident parce qu'ils ont fait cette ristourne, je crois, de 10 centimes, il me semble. Exactement,

12:03
Présentateur

qui complète les 18 centimes de l'État.

12:04
Invité

Voilà, et il faut que Patrick Poyané discute avec Bonhoeffer s'il peut faire plus. Oui, je ne peux que l'encourager à faire plus. Mais les autres, si vous voulez, j'entends cet argument de dire qu'il y a eu des super profits pendant la crise, il y a quelques entreprises qui, effectivement, j'allais dire presque malgré elles, ont bénéficié de cette flambée du prix de l'énergie. Je ne vais pas me faire pleurer. Non, non, mais ce n'est pas eux qui ont fait monter le prix de l'énergie. Bien sûr, c'est juste. C'est mécanique, disons. C'est mécanique, c'est-à-dire qu'elles prennent le même taux de marge sur un prix qui monte. Mais, à part ça...

12:34
Présentateur

Une taxation sur ces super profits, est-ce que vous pourriez l'entendre ? Je pense que ce n'est pas

12:37
Invité

la bonne solution. Non, ce n'est pas la bonne solution parce que quand ces mêmes entreprises ou d'autres perdent énormément d'argent, il n'y a pas de ristourne sur les impôts aussi. Donc, je ne crois pas qu'il faille faire varier le taux d'impôt en fonction du taux de profit. En plus, je ne suis pas sûr que ce soit constitutionnellement facile à écrire. Comment est-ce que vous décidissez un super profit par rapport à un profit normal ?

12:56
Présentateur

Oui, mais à la limite, si c'était constitutionnellement possible de le faire, est-ce que vous y seriez favorable ?

12:59
Invité

Je pense que ce n'est pas une bonne idée.

13:00
Présentateur

Voilà. Que ce soit faisable ou pas, vous trouvez que ce n'est pas une bonne idée. Je pense que ce n'est pas une bonne idée. Au moins, disons les choses clairement. Je crois que vous devez et vous le dites clairement. Vous avez parlé de ces barrières au plein emploi. Vous avez parlé de la question du logement, de la mobilité géographique. Est-ce qu'il n'y a pas aussi tout simplement une question non seulement de salaire, on en a parlé également, mais aussi de rythme ?

C'est-à-dire que quand on voit qu'un certain nombre de jobs, notamment dans la restauration, ne trouvent pas preneur que des restaurants, des hôtels sont obligés de fermer plusieurs jours par semaine parce qu'ils n'ont pas les mains pour travailler. Quelle est la solution aujourd'hui quand on est obligé d'aller chercher en Tunisie

13:34
Invité

les travailleurs ?

13:35
Présentateur

Qu'est-ce qui se passe ?

13:37
Invité

Oui, il y a effectivement...

13:39
Présentateur

Est-ce que vous redoutez une grande démission pour reprendre l'expression américaine ?

13:43
Invité

Juste pour dézoomer un tout petit peu, on va vers une pénurie de main-d'oeuvre en Europe pour des raisons très simples qui sont démographiques. Et d'une certaine manière, la France un peu moins que les autres parce qu'on a la chance d'avoir une démographie un tout petit peu plus forte. Mais on est un pays qui vieillit, enfin un continent qui vieillit plus exactement. Et il y a un certain nombre d'emplois de services où effectivement, il y a des gens qui disent que les contraintes horaires, les contraintes qui sont mises et le salaire ne sont pas assez suffisantes. Il y a deux solutions. Il y en a une qui est d'augmenter les salaires.

Ça a eu lieu dans la restauration puisque vous avez vu qu'il y a eu une grande... 16%. Voilà, une grande négociation collective. Mais ça ne suffit pas. Et puis, il y a autre chose, c'est de travailler sur les conditions de travail. Je vais vous donner un exemple très concret. Dans la propreté, vous avez des gens, souvent des femmes d'ailleurs, qui sont obligées de faire des horaires coupés en deux, c'est-à-dire tôt le matin et tard le soir. Donc, la Fédération de la Propreté a lancé un label employeur qui est, on accepte de faire le ménage pendant les heures de bureau. Nous, on l'a fait au MEDEF. Donc, effectivement, vous êtes en réunion, il y a une femme d'âge qui vient.

Au début, on est un peu surpris. Et ça, moi, j'ai lancé un appel.

14:43
Présentateur

Et ça lui permet à elle de ne pas avoir à rentrer ses ailes et à repartir et à avoir une vie écovantable.

14:47
Invité

C'est-à-dire qu'elle a un horaire à 9h-17h. Donc, là aussi, je lance un appel aux employeurs cette fois, enfin, aux donneurs d'ordre plus exactement, y compris les donneurs d'ordre étatiques. C'est ce que j'allais dire. Oui, mais bien sûr. Et y compris RMC, BFM. Faites en sorte que... Changeons nos habitudes,

15:06
Présentateur

en quelque sorte, acceptons...

15:07
Invité

Et là, c'est assez facile. Ça ne coûte rien à personne. Il n'y a pas de surcoût. Et ça change la vie des gens qui travaillent.

15:13
Présentateur

Quand vous dites je fais cet appel également à l'État, est-ce qu'au moment où on se parle, vous avez connaissance de changement dans les habitudes ?

15:21
Invité

Je ne sais pas. Mais bon, c'est tout nouveau. Donc, on ne va pas reprocher à l'État. Non, mais c'est un point général. C'est que souvent, l'État dit faites ce que je dis, mais pas faites ce que je fais. Le plus grand employeur en CDD répétitif de ce pays, ce ne sont pas les employés privés. Ce ne sont pas les entreprises privées.

15:35
Présentateur

C'est souvent les entreprises publiques. Autre question d'ailleurs sur la vertu, c'est la question de la sobriété énergétique. On est évidemment dans ce moment où vous l'avez vu, il y a eu cet appel des trois producteurs d'énergie, des trois fournisseurs d'énergie qui lancent un appel à l'urgence. Ils disent, il y a une urgence, il faut changer nos habitudes, il faut consommer moins d'énergie. L'Allemagne a mis en place un scénario où il pourrait devoir couper le robinet de l'énergie aux entreprises en priorité. Ça pourrait être le cas aussi.

En France, est-ce que vous vous dites, ok, là aussi, il faut qu'on montre l'exemple, on va vraiment changer nos habitudes, on va éteindre la lumière dans les bureaux le soir, on va éteindre la lumière dans les vitrines, dans les zones industrielles ? Est-ce que vous êtes prêts à faire ce geste ? Est-ce qu'il y aura des exemples ?

16:16
Invité

Oui, en fait, on avait lancé, bien avant la guerre en Ukraine, une négociation, là aussi, avec les partis sociaux, il y a une réunion le 8 juillet, je crois, sur ce sujet de transformation énergétique et climatique dans l'entreprise, dans le comportement, y compris la mobilité, etc. La guerre en Ukraine, le risque de pénurie de gaz en fin d'année, nous oblige à accélérer, il y a des choses faciles à faire, par exemple, la loi de 1974, le premier choc pétrolier, nous oblige à avoir une température maximum de 19 degrés dans les bureaux et ce qu'on appelle les ERP, les établissements recevants du public. Je crois que personne

16:51
Présentateur

ne connaît cette loi.

16:53
Invité

Comme il y a beaucoup de lois en France, je ne sais pas combien il fait dans les bureaux aujourd'hui. Il fait frais, j'ai un peu ça. Oui, oui. Il y a des choses faciles à faire et puis il y a des choses plus compliquées parce que je reviens sur la mobilité.

17:06
Présentateur

Est-ce qu'il faut que les entreprises ferment les vitrines et les zones industrielles qui sont deux exemples qui sont souvent montrées ?

17:10
Invité

Les zones industrielles, il ne faut pas les fermer.

17:12
Présentateur

Les éteignent ?

17:13
Invité

Oui, la lumière, par exemple, est un sujet. Il y a des choses plus compliquées. Je vais parler de la mobilité. Tout le monde dit que le covoiturage est formidable. Oui, mais quand on regarde bien les plans de mobilité dans l'entreprise, les gens habitent. Oui, ils n'habitent pas

17:27
Présentateur

tous au même endroit et ils ne font pas tous le trajet à la même heure et ils doivent parfois passer à une fin ou chercher les enfants à l'école. Il y a des choses

17:32
Invité

qu'on peut mettre en place rapidement, peut-être d'ailleurs de manière temporaire et puis il y a des choses plus structurelles de changement d'habitude qui sont absolument nécessaires parce qu'au-delà de la guerre en Ukraine, du problème du gaz, il faut qu'on devienne sobre en énergie, c'est une évidence.

17:45
Présentateur

Geoffroy Roudebeziu, pourquoi vous vous battez pour la réforme des retraites et le départ à 64 ou 65 ans ?

17:52
Invité

En quoi est-ce que vous,

17:53
Présentateur

ça vous concerne ?

17:54
Invité

Ça nous concerne, bon, parce que c'est bien le monde du travail mais au-delà de ça, on revient au point de départ. Si on veut investir dans l'hôpital, la santé, si on veut investir dans l'éducation qui est le problème numéro un de ce pays, si on veut investir dans la défense, la guerre en Ukraine nous a réveillés, il y a un moment ou un autre, soit on augmente les impôts et on est au niveau de prélèvement où il n'est plus possible d'augmenter les impôts, on est le pays qui prélève le plus d'impôts en Europe et dans l'OCDE, soit on crée plus de richesses et pour créer plus de richesses, moi je ne connais qu'une solution, c'est travailler plus.

Alors travailler plus, ce n'est pas forcément de travailler plus longtemps. Si le chômage était à 3% en France, la question se poserait différemment et malheureusement, on voit qu'on bute sur ce seuil de 7% à peu près. Et pour revenir sur l'âge légal, 64 ou 65 ans, n'oubliez pas que cet âge légal ne s'adresse pas à tout le monde. Aujourd'hui, l'âge légal est à 62 ans et vous avez une très grande partie des gens, heureusement d'ailleurs qui partent plus tôt parce qu'ils ont commencé à travailler plus tôt. Voilà, exactement. Et c'est vrai que le débat s'est focalisé sur cette tâche légale mais ça n'est qu'une partie de l'équation d'une possible réforme

18:58
Présentateur

des retraites.

18:59
Invité

Deux mots encore, Geoffroy Roux de Bézieux. Autant de mots que vous voulez.

19:01
Présentateur

Non mais, d'abord sur la baisse des impôts, vous dites je ne crois pas qu'à un moment ou à un autre il faudra les augmenter. Pour autant, je ne dis pas ça. Si on continue à dépenser, pour autant le gouvernement continue à évoquer une baisse des impôts de production, est-ce que vous y croyez encore ?

19:17
Invité

Ce n'est pas une question de croyance. Je pense que c'est nécessaire parce que ça a fonctionné. Cette baie des impôts au fond, elle est auto-payante. On a bien vu qu'en baissant par exemple le taux d'impôt sur les sociétés qui est passé en 5 ans de 33% à 25%, les recettes cette année en 2022 vont être supérieures à celles qu'elles étaient je crois en 2018 ou 2017. Donc ça serait une erreur

19:38
Présentateur

d'y renoncer ?

19:39
Invité

Je pense que ça serait une erreur d'y renoncer. Ça crée de la richesse et ça crée de l'emploi.

19:42
Présentateur

Et encore un mot, vous avez dit à l'instant 7%. Vous avez dit on bute autour de 7% sur la question du chômage. Est-ce que ça veut dire que vous ne croyez pas à la possibilité d'un plein emploi qui est l'une des promesses de ce second quinquennat d'Emmanuel Macron ?

19:57
Invité

Moi aussi, je n'ai pas envie d'en faire une croyance. Il y a des obstacles pour passer de 7 à 4. 4, c'est le taux qu'on a en Allemagne, qu'on a en Hollande. Ces obstacles, on les a un peu numérés. Logement, mobilité, mais aussi sa nombre d'aides sociales qui quelquefois ne fonctionne pas bien entre le rapport travail et aide sociale. Donc, mettons-nous autour de la table parce que l'objectif de 4%, il peut être relativement consensuel, en tout cas entre syndicat et patronat.

20:21
Présentateur

Et il pourrait être atteignable si tous ces points sont levés.

20:24
Invité

Mais il n'y a aucune raison que la France fonctionne différemment de l'Allemagne, de l'Allemagne, de l'économie qu'on parle. Je ne me compare pas avec les Etats-Unis ou autres.

20:32
Présentateur

Geoffroy Roux de Bézieux, président du MEDEF, merci d'avoir répondu à mes questions ce matin sur RMC et BFTV. Il est 8h53.