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speechyoutube.com· 6 avril 2025 49 min

Économie, éducation, RN: le discours en intégralité de Gabriel Attal au meeting de Renaissance

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Gabriel Attal

Chers amis, quelle émotion de vous retrouver si nombreux ce 6 avril ici à Saint-Denis. Vous venez de toute la France, de tous ces territoires. Vous venez d'outre-mer, vous venez même de l'étranger. Je salue les Français établis hors de France qui sont aussi parmi nous. Vous venez de toute la France et vous êtes très nombreux aujourd'hui. Quelle émotion de prendre la parole après Lyudmila. J'étais, il y a quelques semaines, pour la seconde fois à tes côtés, à Kif, à Zaporizhia, à Odessa. J'ai pu y mesurer ta force, ton courage.

Tu te bats non seulement pour la liberté, pour la souveraineté, pour la vie du peuple ukrainien, mais aussi pour nous, Européens, pour nos valeurs, pour nos intérêts, pour notre sécurité. Et quelle émotion, et quelle émotion d'entendre le témoignage de Salomé Zorabishvili. Vous savez mieux que personne combien nos institutions sont menacées par l'ingérence, la désinformation. Vous incarnez la démocratie et les libertés. Vous êtes le courage face à l'impérialisme. Alors mes chers amis, soyons à la hauteur de leur présence. Et levons-nous, applaudissons une nouvelle fois, à tout rompre, l'exemple de Salomé et de Lyudmila. Les visages de la résistance, c'est vous.

Les visages du courage, c'est vous. Les villages de notre humanité, c'est vous aussi. Mes chers amis, ce rassemblement, nous savions qu'il se tiendrait dans un moment grave. Un moment où jamais, depuis la fin de la guerre froide, les soubresauts du monde n'ont été aussi puissants. Un moment où une internationale réactionnaire avance, avec plus de force et plus de détermination que jamais. Oui, partout dans le monde, nous faisons face à une offensive sans précédent des réactionnaires. De ceux qui musèlent la liberté d'expression, remettent en cause la démocratie, rejettent la science, veulent enfermer les femmes, exclure les minorités.

Ce sont eux, eux, qui en Russie veulent asservir le peuple ukrainien, coupable de vouloir vivre en démocratie. Ce sont eux qui, aux Etats-Unis, veulent remettre en cause des libertés, mener la guerre à la diversité, jusqu'ici, en Europe. Ce sont eux qui, en Hongrie, s'en prennent aux droits des femmes, des personnes LGBT, veulent faire taire la liberté de la presse. Ce sont eux, ce sont eux qui, en Algérie, emprisonnent notre compatriote Boalem Sansal, coupable d'écrire, coupable d'être libre de penser, coupable d'être français. Et une nouvelle fois, en votre nom à tous, je demande solennellement au président algérien de lui rendre sa liberté en le graciant.

Ce sont eux qui, en Turquie, musèlent l'opposition. Eux qui estiment que le dérèglement climatique n'existe pas. Eux qui viennent menacer au Groenland la souveraineté d'un Etat libre. Oui, cette offensive mortifère avance, partout dans le monde. Et leurs visées sont claires. S'en prendre, partout où c'est possible, aux valeurs de liberté et de démocratie. Et depuis lundi, on a vu cette offensive se tourner vers la France. Oui, depuis lundi, on a vu Vladimir Poutine, Viktor Orban, Donald Trump, Elon Musk, J.D. Vence et bien d'autres, sans prendre de concert à la justice française, aux institutions françaises, au fondement de la démocratie française. Une ingérence sans précédent.

Une ingérence sans précédent au profit de qui ? Au profit d'un de leurs prestataires de services chez nous, le Rassemblement National, qui multiplie les outrances et cherche à incendier le débat public. Face à eux, chers amis, je vous le dis, ne cédons pas un centimètre de nos valeurs. Ne détournons pas le regard des véritables enjeux. En clair, ne tombons pas dans leur piège. Le piège, ce serait d'abord la politisation d'une décision de justice. Il ne nous appartient pas de dire si le jugement rendu est bon ou mauvais. Il nous appartient de nous en tenir toujours, toujours aux faits. Or, les faits sont clairs.

Marine Le Pen et le Rassemblement National ont été reconnus coupables, après dix ans d'enquête et de procédure, d'avoir détourné des millions d'euros de nos impôts. Pour politiser ce jugement, Mme Le Pen aimerait que l'on donne le sentiment de nous en réjouir. Je l'affirme ici, c'est tout le contraire. Que le Rassemblement National utilise les impôts des Français pour payer un majordome à Jean-Marie Le Pen, on ne s'en réjouit pas, on le déplore. Que le Rassemblement National utilise les impôts des Français pour salarier la famille de Mme Le Pen, on ne s'en réjouit pas, on le déplore.

Qu'il utilise les impôts des Français pour financer des mi-temps à 5 000 euros, des plaintants qui parfois n'avaient jamais même rencontré l'élu pour le... On le déplore parce que ces faits prouvés, établis, ils sont ravageurs pour la confiance déjà si fragile entre les Français et leurs responsables politiques. La seule chose, la seule chose dont nous devons nous réjouir, c'est de vivre dans un pays où la justice peut juger en toute indépendance ses responsables politiques, comme elle l'a fait par le passé avec d'autres partis politiques. Et je le réaffirme ici haut et fort, nous nous battrons toujours pour qu'elle puisse continuer à le faire.

Certains font parfois mine de s'interroger, de demander ou de se demander ce qui nous distingue d'autres partis, notamment des LR. Ils en ont eu un exemple cette semaine. Nous, on ne jette pas le discrédit sur la justice en remettant en cause ces décisions ou en affirmant qu'il y aurait des juges rouges, surtout dans un moment pareil. Parce que nous, on défend notre état de droit, tout notre état de droit, rien que notre état de droit. Et je suis fier, je suis fier que nous ayons été le parti totalement clair sur cette question.

Je remercie ceux qui se sont exprimés courageusement, Prisca Thévenot, Olivia Grégoire, David Amiel, Pierre-Alexandre Anglade, Pierre Cazelman, la seule ligne qui vaut quand on défend notre état de droit. Vous avez été parfois bien seul, mais vous avez tenu. Parce que même dans le brouillard actuel, nos valeurs, à nous, elles sont claires. Le second piège, ce serait de se laisser embarquer dans ce réflexe de caste politique qui se protège elle-même. Ce piège qui consisterait à faire passer pour des victimes ceux qui ont agi en coupable. On le savait, souvent, RN varie. Et il est devenu le parti du deux poids, deux mesures. C'est le parti qui demande de la fermeté pour tous, sauf pour lui.

C'est le parti qui demande l'inéligibilité. Le parti qui considère qu'il ne faut d'immunité pour personne, sauf pour Mme Le Pen. Je le dis sincèrement. Notre combat pour l'autorité, c'est un combat pour l'autorité de la règle. Comment être crédible face à un mineur délinquant si les politiques n'ont pas à respecter les règles ? On se bat chez Renaissance pour en revenir à des choses simples. Tu l'as dit, Ambroise. Tu casses, tu répares, tu salis, tu nettoies. On dit aussi, tu souffres, on s'occupe de toi. Mais ça ne peut pas tenir si l'exemplarité n'est pas partout. Alors je le dis, tu voles, tu payes. Nous ne voterons pas la proposition de loi de M.

Ciotti pour alléger les sanctions visant les dirigeants politiques. Il y a d'autres... Le troisième piège, le troisième piège, ce serait d'accepter la banalisation des outrances. Elles ont été nombreuses depuis lundi, les outrances. Dénonçons-les, toujours. Car si on ne le fait pas, personne ne le fera. Quand Jordan Bardella affirme que la justice est l'ennemi de la démocratie, c'est notre démocratie qui en sort abîmée si nous ne disons rien. Quand un cadre du RN compare le verdict de la justice française à la Shoah, c'est la mémoire des victimes de l'Holocauste qui en est salie si nous ne disons rien. Et que dire ?

Que dire quand Marine Le Pen ose se comparer à Alexei Navalny, cet opposant russe à Vladimir Poutine, assassiné par le régime. Que dire ? Que dire alors même que les liens de son parti avec le Kremlin sont établis, alors même que ses élus ont voté contre le soutien à Navalny au Parlement européen. Je le dis ici, Madame Le Pen, vous n'êtes pas Alexei Navalny, vous êtes l'un des pions de son bourreau. Vous n'avez ni son courage, ni ses idéaux. Nous, la résistance face à l'oppression, nous savons à quoi elle ressemble. Elle n'a pas le visage de Marine Le Pen, place Vauban. Elle a le visage de Salomé Zourabichvili, de Ludmilla du ministère, ici, à Saint-Denis.

Le quatrième et dernier piège, chers amis, ce serait de ne pas voir ce qui se joue derrière tout cela. Ce qui se joue, c'est l'intimidation de nos institutions par le Rassemblement national qui imite ce qu'on voit outre-Atlantique. C'est ça qui se joue aujourd'hui. Certains pensaient que ça n'arriverait jamais chez nous. Mais pour nous, ça n'est pas une surprise. Nous nous souvenons qu'au moment de l'élection de Donald Trump, les premiers à s'en réjouir, c'était le Rassemblement national et Marine Le Pen. Nous nous souvenons que Steve Bannon, le mauvais génie de Donald Trump, fut l'invité d'honneur du Rassemblement national en 2018 à Lille.

Nous nous souvenons que Jordan Bardella s'est précipité au rassemblement des amis politiques de Donald Trump il y a quelques semaines aux Etats-Unis, comme pour rappeler que l'allégeance était toujours là. Mais que les Français ne s'y trompent pas. avec le RN au pouvoir, vous n'auriez pas la moindre crédibilité pour négocier avec eux, pour négocier avec Trump. D'ailleurs, le Rassemblement national, il est en réalité méprisé par la nouvelle administration américaine. Souvenez-vous, il y a quelques années, Marine Le Pen s'était précipitée à New York pour essayer de rencontrer Donald Trump.

Il l'a fait attendre pendant toute une journée sur le tabouret d'un Starbucks sans jamais qu'elle puisse avoir son selfie. Souvenez-vous, il y a quelques semaines, il y a quelques semaines, Steve Bannon, à qui le RN avait déroulé le tapis rouge en France, a qualifié Jordan Bardella de fillette devant les médias du monde entier. La réalité, elle est là. Le RN, ça n'est pas l'allié de Donald Trump, c'est la groupie du trumpisme. Oui, voilà. Voilà pourquoi Marine Le Pen a applaudi encore cette semaine la guerre commerciale lancée par Trump. Une guerre qui va pénaliser les travailleurs, pénaliser les agriculteurs.

Alors oui, après avoir accepté d'être un pion du poutinisme, le RN se vit maintenant comme un prestataire de service du trumpisme en France. Alors nous, mes amis, nous n'allons pas nous laisser impressionner cette extrême droite comme l'extrême gauche de LFI. Nous la combattons. Nous la combattons de toutes nos forces. Et je suis fier, je suis fier l'été dernier, avec vous toutes et tous, d'avoir vigoureusement empêché LFI de gagner au premier tour, puis d'avoir empêché le RN de gagner au second tour. Alors que tout le monde donnait sa victoire pour acquise, nous l'avons empêché.

Alors c'est fini, fini de s'excuser, fini de s'excuser d'être des démocrates, fini de s'excuser de défendre nos valeurs. Et c'est toujours que nous allons nous battre pour la France. Mes amis, nous sommes lucides. Nous avons empêché LFI et le RN de sortir vainqueurs de l'élection l'été dernier, mais nous n'avons pas pour autant gagné une majorité. Nous nous sommes battus contre les extrêmes. C'est essentiel, mais ça ne fait pas un projet politique. Alors je veux qu'ensemble, à nouveau, nous nous battions pour, pour défendre un projet, pour devenir une force d'attraction dans la vie politique française, pour donner envie de s'engager pour l'intérêt général.

Je crois profondément que nous avons les atouts pour le faire. D'abord parce que nous avons la juste lecture du moment que traverse le monde. C'est vrai au niveau européen et ça ne date pas d'aujourd'hui. Souvenez-vous, il y a neuf ans, jour pour jour, nous étions bien seuls autour du président de la République à alerter sur le fait que notre continent s'était désarmé, désarmé militairement, désarmé politiquement. désarmé industriellement. À faire le constat que l'Europe avait sous-traité sa puissance. Puissance militaire à l'Amérique, puissance industrielle à l'Asie. Nous étions bien seuls à affirmer que cette naïveté pouvait tout emporter et que l'Europe devait se réarmer.

Nous étions seuls, mais nous étions des pionniers. Et nous avons convaincu par deux fois une majorité de Français de nous faire confiance. Oui, nous étions pionniers lorsqu'il y a neuf ans, jour pour jour, avec Emmanuel Macron, nous avons osé quitter nos familles politiques pour faire ce choix de l'intérêt général. Et aujourd'hui, nous sommes là, vous êtes là, toujours là, toujours nombreux, toujours fiers. Nous savons ce que nous devons au président de la République et je veux lui rendre hommage. Oui, oui, sur les questions internationales, la crédibilité de notre parti est établie.

Quel autre parti a su prendre une initiative comme la nôtre, tu le rappelais, cher Valéry, en réunissant 60 leaders européens ici, à Paris, pour jeter les bases d'une alliance des démocraties libérales ? Quel autre parti a su imposer dans le débat public la question de la saisie des avoirs russes ou la présence de députés ukrainiens au Parlement européen dès 2026 ? Quel autre parti a su organiser 80 réunions publiques partout en France sur une semaine pour défendre l'Ukraine et parler des questions internationales avec nos concitoyens ? C'est nous. Cette crédibilité, nous la mettons et nous la mettrons au service du pays. Car nous sommes à un moment de bascule. Nous le voyons.

Un nouvel ordre mondial est en train de naître, fondé sur la loi de la jungle. Alors, le renforcement de notre défense en Europe devient une urgence. Tout le monde dit qu'il faut se réarmer, mais personne ne dit jamais vraiment comment. Alors, ensemble, proposons quelque chose de nouveau et de concret. La création d'une zone eurodéfense sur le modèle de la zone euro. Une zone eurodéfense pour mener à bien des projets industriels communs, notamment dans le secteur des drones, pour intervenir en commun, pour décupler la puissance de nos services de renseignement.

Comme la zone euro, cette zone eurodéfense n'intégrerait pas tous les pays de l'Union, mais elle pourrait associer des pays non membres de l'Union. Je pense évidemment au Royaume-Uni. Leur place est avec nous, à nos côtés, et nous le voyons en ce moment. Comme la zone euro, cette zone eurodéfense nécessiterait des critères d'intégration, par exemple, le niveau des dépenses militaires. Et comme pour la zone euro, fixons le cadre de cette zone eurodéfense par un traité pour une défense commune que nous pourrions prendre l'initiative en France de rédiger. Voilà une proposition concrète pour résister, pour armer les démocraties, pour prendre notre destin en main et ne plus dépendre de personne.

Il y a urgence. Il y a urgence à apaiser le monde. Apaiser le monde, voilà un objectif à la hauteur de notre ambition. Apaiser le monde alors que depuis deux jours, le monde est entré dans une nouvelle ère, celle d'une guerre commerciale sans précédent déclenchée par Donald Trump. Ces décisions destructrices avec des droits de douane qu'on n'avait pas vues depuis près d'un siècle font déjà s'effondrer la croissance américaine, mais elles pourraient faire éclater l'Europe. Ne nous trompons pas. Que veut Donald Trump ? Pas simplement régler un différent commercial. Il veut que l'on déroule le tapis rouge à ses proches.

L'administration Trump exige que l'on démantèle les règles européennes qui régulent le numérique X d'Elon Musk et d'autres. L'administration américaine veut que l'on renonce à faire payer aux entreprises américaines leur juste part fiscale, qu'on oublie la lutte contre les discriminations et pour l'inclusion. Tout cela au profit de quelques grands groupes américains et de quelques idéologues américains. C'est à se demander si, avec cette administration, les États-Unis ne sont pas passés d'un pays ayant beaucoup de milliardaires, ce qui n'est pas un mal en soi, à un petit groupe de milliardaires ayant pris les commandes d'un pays pour eux-mêmes.

Alors, pour notre industrie, pour les emplois des Français, pour notre liberté, nous devons répliquer. Je sais que vous y travaillez, cher Stéphane, à la Commission européenne, comme ministre des Affaires européennes, cher Benjamin, comme président de la Commission parlementaire, cher Pierre-Alexandre, au Parlement européen, cher Valérie, à l'Assemblée nationale, cher David. Je pense que nous devons, nous, Renaissance, demander solennellement à l'Europe de déclencher pour la première fois de notre histoire l'instrument anti-coercition.

Cet instrument, il donne des pouvoirs étendus pour riposter avec des frappes chirurgicales qui cibleront en profondeur les intérêts de la nouvelle oligarchie américaine, c'est-à-dire le numérique et la finance, sans pénaliser davantage notre économie, nos entreprises et nos agriculteurs. Nous devons de financer nous-mêmes la politique de Donald Trump. Vous savez que chaque année, 300 milliards d'euros d'épargne des Européens partent hors d'Europe aux Etats-Unis. Aujourd'hui, c'est donc l'épargne des Européens, l'épargne des Français qui financent les déficits américains et les promesses américaines de baisse d'impôt. Si l'administration Trump persiste, ripostons.

Nous ne financerons pas nos agresseurs. On ne peut pas vouloir détruire notre industrie et nos emplois et nous demander notre argent. Tant que les attaques commerciales américaines ne cessent pas, limitons leur capacité à lever de l'argent en Europe et restreignons la capacité des banques européennes à opérer sur notre sol. Et surtout, surtout, donnons-nous des alternatives. Créons un Nasdaq européen pour financer l'innovation en Europe plutôt qu'aux Etats-Unis. Lançons un grand emprunt pour permettre aux Européens, aux épargnants européens de financer notre défense, notre technologie plutôt que celle d'ailleurs.

L'autre risque, l'autre risque sur lequel j'alerte et dont on parle aujourd'hui trop peu, c'est le risque que la Chine ne déverse sur le marché européen toutes les marchandises qu'elle ne pourra plus écouler vers les Etats-Unis. Ce serait dramatique pour nos entreprises. Alors, créons un vrai bouclier industriel pour nos protégés avec une règle simple. Un pays qui ne respecte pas les mêmes règles environnementales que nous doit payer très, très, très cher pour entrer en Europe. Certains diront que ça ne respecte pas les règles actuelles de l'Organisation mondiale du commerce. Mais je crois que plus grand monde ne respecte les règles de l'OMC.

Et donc, je préfère suivre l'accord de Paris sur le climat plutôt que les règles actuelles de l'OMC. Mes amis, il est temps de montrer ce que les démocraties ont dans le ventre. Il est temps enfin d'assumer notre propre puissance. Et nous, chez Renaissance, nous allons y aider. Nous, nous agissons, nous proposons. Nous ne passons pas notre temps comme d'autres familles politiques à nous déchirer, nous embourber dans des luttes intestines. Les partis avant le pays, voilà le virus mortel de la politique. La politique française est malade. et depuis l'été dernier, elle est un véritable champ de ruines. Au milieu de ce champ de ruines, je vous propose une chose.

Soyons ceux qui allument une lumière. Une lumière modeste, humble au départ, mais bien déterminée à grandir pour redevenir un point de repère pour les Français. Oui, au milieu de cette folie, au milieu de l'hystérie collective qui semble s'emparer de tout, au milieu des outrances, au milieu des insultes, au milieu des menaces, au milieu des haines, notre ambition est claire, être un point de repère. Le repère de ceux qui disent la vérité, le repère de ceux qui rassurent, le repère de ceux qui se remettent en question, le repère de ceux qui réfléchissent à l'avenir, qui prennent le temps pour proposer un chemin aux Français, de ceux qui sont lucides.

Oui, les extrêmes surfent sur des colères, mais s'il y a des colères, c'est qu'il y a des injustices. Des Français à qui l'on a dit tout passe par l'école, mais qui voient l'éducation publique se dégrader et ceux qui peuvent envoyer leurs enfants dans le privé ou à l'étranger. Des Français à qui on a dit tout passe par le travail, mais qui ne parviennent plus à boucler les fins de mois et qui voient l'héritage devenir la seule manière de s'enrichir. Des Français à qui on a dit respectent la loi et qui voient l'autorité être partout défiée, en haut comme en bas, par la fraude fiscale, par la fraude sociale, par l'incivilité et par la délinquance.

Des Français qui voient la méritocratie, la plus grande promesse de la République, parfois partir en fumée. Pour ces Français, nous devons être un chemin d'espoir, car c'est bien de cela qu'il s'agit. C'est bien pour ça qu'on doit se battre, pour l'espoir, l'espoir, l'espoir d'une France apaisée, l'espoir de vivre au mieux, l'espoir d'une vie où chacun pourrait garder la maîtrise de son destin, décider pour lui-même, garantir un avenir meilleur pour ses enfants, vivre en sécurité, vivre libre, vivre en paix. L'espoir d'une nation plus unie qui rompe avec ses doutes et retrouve confiance en sa propre puissance.

L'espoir d'un pays plus prospère où le travail serait à la fois une valeur et une promesse et où le rêve de s'élever socialement redeviendrait totalement réalité. Il est long le chemin de l'espoir mais je crois qu'ensemble, aujourd'hui, nous enfranchissons le premier pas. Le premier pas de la course de fonds qui nous mènera jusqu'au municipal l'année prochaine puis jusqu'à l'élection présidentielle de 2027 et aux législatives qui suivront. Avec Renaissance, j'ai lancé des groupes de travail sur l'économie, sur le retour de l'autorité, sur l'environnement. Des centaines d'experts, de militants, d'élus travaillent d'arracheter depuis le début de l'année.

Dès la fin avril et jusqu'à fin mai, nous tiendrons des conventions thématiques pour dévoiler nos propositions. Et nous recommencerons avec trois autres priorités d'ici à l'été sur les services publics, notamment l'école et la santé, sur la réforme de l'État et sur les relations internationales. Et nous allons continuer, continuer de travailler d'arrache-pied durant toute l'année 2025 pour être prêts l'an prochain à présenter un projet complet pour le pays aux Français. Je veux affirmer ici, je veux affirmer, je veux, je veux affirmer ici devant vous une conviction profonde, une conviction absolue. Ce projet, il devra être celui d'un changement profond.

Cela peut paraître paradoxal pour un parti qui a gouverné le pays jusqu'à l'été dernier. Mais le changement profond, ça n'est pas relié notre bilan. C'est avoir le courage de se réinventer sans se renier, de reconnaître nos succès comme nos échecs. Le changement profond, c'est celui que nous impose désormais le rythme du monde. Parce que le monde de 2017 n'a rien à voir et même celui de 2022 n'a rien à voir avec celui d'aujourd'hui. En 2017, l'intelligence artificielle, on en entendait surtout parler dans les films de science-fiction et à la présidentielle de 2022, personne n'avait jamais encore entendu parler de Tchad-GPT. En 2017, il y avait évidemment eu la Crimée.

Mais un conflit de haute intensité sur le sol européen relevait encore pour beaucoup des séries d'anticipation. Les Etats-Unis n'étaient pas encore une force de déstabilisation massive et une telle guerre commerciale n'était pas à l'ordre du jour. il y a encore un an. En 2017, la bascule démographique que l'on observe dans tous les pays occidentaux n'en était encore qu'à ses prémices. Chaque mois, chaque jour des dernières années, les manifestations du dérèglement climatique se sont multipliées dans la vie des Français. Je l'ai vu auprès des sinistrés des inondations dans le Pas-de-Calais ou auprès de nos agriculteurs qui subissent la sécheresse, le gel, les feux.

Oui, depuis dix ans, le monde a changé. Alors, si nous voulons que dans les dix, vingt, trente prochaines années, les Français vivent mieux, nous devons changer profondément. Changer profondément l'école, chère Élisabeth. Et vous savez combien ce sujet me tient à cœur. Une quatrième révolution industrielle est à l'œuvre, celle de l'intelligence artificielle. Si nous voulons être pionniers plutôt que larguer, nous devons nous concentrer sur le seul objectif qui vaille, élever le niveau. Et pour cela, assumer d'être exigeant, accompagner ceux qui sont en difficulté, améliorer le climat scolaire en luttant implacablement contre le harcèlement à l'école.

Le choc des savoirs doit advenir vraiment, profondément, maintenant. Et le choc des savoirs, il ne doit pas se limiter à l'école. Il faut un choc des savoirs dans le supérieur, un choc des savoirs dans la formation continue tout au long de la vie. Car c'est la condition pour que nos enfants d'aujourd'hui puissent avoir demain un métier qualifié, bien rémunéré, pour lequel ils sont formés. Pour eux, nous avons le devoir de bâtir une nation de scientifiques et d'ingénieurs. Tout doit être organisé dans cet objectif. Notre éducation, notre économie, notre manière de travailler, notre manière de produire.

Alors, nous aurons besoin d'un changement profond aussi dans notre économie pour favoriser vraiment l'entrepreneuriat, donner plus d'air à nos entreprises en levant les normes, en encourageant la prise de risque. Je le dis ici, nos entreprises font notre fierté. Elles créent des emplois, elles investissent. Notre responsabilité, ce n'est pas de les entraver, c'est de les aider à affronter la compétition internationale. Nous y arriverons aussi en ayant une vraie politique de recherche et d'innovation. Et nous avons à très court terme une opportunité. Les Etats-Unis font la guerre aux chercheurs, ils vont les traquer jusque dans leur propre université.

Alors, je lance un appel aux chercheurs du monde entier. Venez en France, venez en Europe, venez écrire l'avenir de notre pays. L'avion bas carbone, il peut être français, il sera français si on le décide. Le cargo spatial, il peut être français, il sera français si on le décide. Un changement profond aussi pour le travail. Avec Emmanuel Macron, nous avons mis fin à la préférence française pour le chômage de masse. Mais demain, demain, nous devrons vraiment bâtir une préférence française pour le travail. En répondant à cette colère des Français qui bossent et pourtant pour qui le travail paye mal.

Cette colère face au travail qui paye mal, à l'inactivité qui paye mieux, à l'accession à la propriété devenue quasiment impossible quand on n'hérite pas. Alors avant de demander aux Français qui triment de travailler plus, nous devons faire en sorte qu'il y ait plus de Français qui travaillent. La vraie justice sociale, ce n'est pas de demander toujours des efforts aux mêmes. N'ayons jamais peur, jamais peur des réformes. Alors pour le travail qui paye, je veux que nous renversions la table. Un changement profond sur le travail, c'est un changement concret sur les feuilles de paye.

Nous proposerons un référendum pour détaxer massivement le travail en revoyant de fond en comble les impôts et les charges que nous faisons payer sur le travail des Français. Et donc, certains pans de notre modèle social, notamment notre système par répartition, qui si on n'y touche pas, étant donné la démographie, demandera toujours plus à ceux qui travaillent. Un changement profond pour le travail, c'est aussi tenir compte d'une société qui a évolué. Il y a de nouvelles inégalités entre ceux qui peuvent télétravailler et ceux dont le métier ne leur permet pas de le faire. Ceux-là doivent pouvoir bénéficier de flexibilité, comme la semaine en quatre jours sans réduction du temps de travail.

Oui, je veux me battre pour un nouveau management qui donne de l'autonomie, me battre pour les travailleurs de première ligne que l'on a applaudis pendant le Covid mais trop souvent abandonnés depuis et qui exigent des conditions de travail, de transport et de logement dignes. Me battre, me battre pour les mères célibataires qui, comme celle qui m'a élevée, doivent souvent jongler entre leur travail et leur travail de mère et qui sont trop souvent l'angle mort des politiques sociales. Un changement profond, nous en proposerons un aussi à notre jeunesse. Une jeunesse qui regarde, elle aussi, de plus en plus vers les extrêmes car elle perd confiance en son avenir.

Il y a cinq ans, lorsque nous lui avons demandé de se confiner, elle l'a fait, au prix, trop souvent, de sa santé mentale. Ne la laissons pas seule. Ne la laissons pas seule dans l'octogone numérique, seule face aux radicaux, seule face à la désinformation, seule face au contenu haineux. Battons-nous pour elle. Battons-nous contre les discriminations. Rappelons haut et fort qu'on n'acceptera jamais qu'en France, en 2025, on puisse encore se voir refuser un logement, un boulot, une entrée en boîte de nuit en raison de sa couleur de peau. Qu'on n'acceptera jamais, jamais, qu'à travail égal, entre hommes et femmes, il n'y ait pas salaire égal entre femmes et hommes.

Rappelons-le, rappelons-le, qu'on n'acceptera jamais que deux hommes qui se tiennent la main dans la rue puissent se faire tabasser pour ça, en France, en 2025. Rappelons-le, rappelons-le, qu'on n'acceptera jamais qu'une personne en situation de handicap soit toujours privée des mêmes services que les autres, en 2025, en France. Rappelons-le, rappelons-le, qu'on n'acceptera jamais que l'on puisse craindre pour sa vie quand on est juif en 2025, en France. Nous avons trop laissé, trop laissé le monopole de ce sujet aux partis de gauche et à l'extrême gauche. LFI trahit ceux pour qui ils disent lutter. Ils prétendent lutter contre le racisme alors qu'ils propagent l'antisémitisme.

Ils prétendent lutter pour le féminisme, mais ils déroulent le tapis rouge à l'islamisme. Ils prétendent se battre contre les discriminations en imposant en réalité le communautarisme. Nous, nous luttons contre les discriminations mais par universalisme. Parce que c'est l'universalisme qui fera reculer le racisme et l'antisémitisme, qui fera progresser le féminisme, qui permettra à chacun d'être reconnu pour ce qu'il fait, de trouver sa place en France, pays des lumières. Je veux le dire aussi, ne laissons pas non plus notre jeunesse seule face à l'angoisse climatique. Alors, ce n'est plus la mode.

Je le sais et tu le sais, chère Agnès, il est bon ton aujourd'hui de dire qu'on en ferait trop pour l'écologie et de faire passer le climat pour une question subalterne. Là aussi, ne baissons pas la tête, ne cédons rien aux effets de mode à l'air du temps parce que je vous le dis, il peut vite se retourner. A l'extrême droite, on voit déjà éclater leurs contradictions. Comment prétendre lutter contre l'islamisme en continuant à dépendre des hydrocarbures du Moyen-Orient ? Comment vouloir assurer notre souveraineté en mendiant notre gaz à la Russie et aux Etats-Unis ?

Comment affirmer défendre les catégories populaires en ne voyant pas ceux qui perdent tout leur temps dans les transports quotidiens ou ceux qui perdent leur maison face aux inondations ? Non, nous ne renoncerons jamais à l'ambition climatique. Nous ne laisserons pas ce péril à notre jeunesse sans rien faire. Nous serons les défenseurs d'une écologie, de la science, de l'industrie, du progrès qui ne se fait jamais contre les Français mais avec eux. Le changement profond, nous le proposerons aussi pour établir l'autorité partout, pour mettre fin à une situation où nos lois, nos frontières ne sont pas suffisamment respectées. Cela passe par l'école, bien sûr.

Cela passe aussi par la politique pénale. Et sur ce point, nous n'attendons pas 2027 pour agir. Nous le faisons dès aujourd'hui avec la loi que nous portons contre la délinquance des mineurs à l'Assemblée nationale. Ne cédons jamais, jamais un centimètre de terrain. Quand je vois qu'à quelques kilomètres d'ici, à Saint-Ouen, une école est obligée de déménager à cause des dealers installés à côté, je me dis que c'est notre échec à tous. Quelle honte pour la République ! Quelle honte qu'elle ait faillie à un tel point que les familles n'aient pas d'autre choix pour protéger leurs enfants.

Évidemment que nous devons sécuriser davantage nos établissements scolaires comme j'avais commencé à le faire avec Gérald Darmanin lorsque j'étais ministre de l'Éducation nationale. Nous ne laisserons jamais, jamais la République reculer. Chers amis, oui, nous allons poursuivre. Nous allons poursuivre parce que nous croyons profondément à notre projet. Nous allons poursuivre parce que la République, c'est nous qui la défendons. Nous proposerons aussi, évidemment, un changement profond pour l'immigration, pour sortir de l'ambiguïté des faux débats qui pourrissent tout. Face à ceux qui nient tout problème en la matière, évidemment, assumons la fermeté.

adoptons la préférence travail en définissant nos besoins en partant des acteurs économiques qui établiraient un système de points comme cela m'a été présenté par le Premier ministre Trudeau lors de ma visite au Canada l'an dernier. Et face à ceux qui veulent faire croire aux Français que c'est possible l'immigration zéro, que c'est souhaitable l'immigration zéro, assumons, même si ce n'est pas à la mode, même si pour certains ça n'est pas porteur. Assumons que ça n'est pas vrai, que ça n'est pas vrai, que la France n'irait pas mieux avec une immigration zéro, que la France n'irait pas mieux en fermant toutes ses frontières.

Tout cela, nous assumerons de le porter avec respect, car les Français n'en peuvent plus des sacrifices présentés comme incontournables, des leçons de morale qui touchent toujours les mêmes. Nous les porterons avec force aussi. Ce que j'ai appris dans mes différentes fonctions, c'est aussi que gouverner se doit toujours être rendre possible ce dont on vous dit qu'il ne l'est pas. Ce qui tue aujourd'hui la confiance des Français, c'est ce sentiment d'impuissance publique. Et pourtant, pourtant on nous avait dit que c'était impossible de faire respecter la laïcité à l'école en interdisant la baïa, qu'on n'arriverait jamais à prendre une décision claire et à la faire appliquer.

Et pourtant, nous l'avons fait. On nous avait dit le chômage des jeunes, c'est comme ça, depuis 40 ans, il faut s'habituer. Et pourtant, avec Bruno, nous l'avons fait baisser ce chômage des jeunes à un niveau jamais observé depuis 40 ans. On nous avait dit qu'il n'était pas possible de reconduire à la frontière les personnes en situation irrégulière. Et pourtant, l'année dernière, sous mon gouvernement, avec Gérald, nous avons augmenté de 25% le nombre d'éloignements. Agir vraiment, renverser la table, c'est possible. Car le problème, ce ne sont pas les Français, c'est leur classe politique.

Une classe politique qui voit les Français comme des parts de marché, qui s'adressent à eux comme des clientèles et non comme à des citoyens. Regardez. Regardez les débats. Beaucoup disent qu'il faudrait augmenter les salaires, réduire l'écart entre le brut et le net. Mais à l'automne, on a été les seuls, nous, au Renaissance, au Parlement, à nous opposer à une nouvelle hausse des charges. Pourquoi ? Parce que les LR disaient notre priorité, c'est d'augmenter les retraites et que la gauche disait notre priorité, c'est de remettre la retraite à 62 ans. On a été les seuls à s'opposer à une hausse des charges en France.

Parce que nous, quand on parle de rémunération du travail, on le défend jusqu'au bout. Oui, les politiques n'ont jamais non plus véritablement réformé l'action publique, à commencer par le millefeuille territorial. Parce qu'il y a trop d'intérêts personnels en jeu. On a laissé notre démocratie, parfois se transformer en vétocratie, où partout, à tous les étages, les projets peuvent être bloqués et les responsabilités peuvent être diluées. Chers amis, il y a, vous le voyez, tant de choses dont je voudrais encore vous parler. Nous pourrions en parler longuement et vous l'avez fait tout au long de cette journée lors des ateliers.

Nous aurons d'autres occasions d'avancer et je vous donne rendez-vous dès la fin avril pour la deuxième étape de notre reconstruction idéologique. Aujourd'hui, nous avons fixé le cap assumé des changements profonds pour vivre mieux et garder la maîtrise de notre destin. Nous ne nous demanderons jamais si nos solutions plaisent à la droite, à la gauche ou plaisent aux commissaires politiques de la pensée unique. Non, notre boussole, ce sera seulement de dire si les idées, elles sont bonnes ou mauvaises, utiles ou inutiles et si elles répondent aux défis de l'avenir ou si elles sont embastillées dans les carcans du passé.

N'en déplaise aux commentateurs, nous sommes libres, profondément libres. Ce que nous voulons, c'est simple, répondre aux doutes, répondre aux colères pour que chacun puisse vivre au mieux et que nous gardions le contrôle de notre avenir. car, mes chers amis, la France n'est pas une nation qui subit. Nous ne sommes pas n'importe quel pays. La France, c'est la patrie des droits de l'homme. C'est le pays de la royauté et de Valmy. C'est le pays qui, au drapeau blanc, a préféré le drapeau tricolore. C'est le pays de la fierté et du doute, de l'ambition et de l'humilité. La France, c'est ce pays qui jamais, jamais ne se résignera à être reléguée au second rang des nations.

C'est ce pays dont le destin s'est toujours, toujours confondu avec la grandeur, avec l'indépendance. Ce pays qui n'acceptera jamais qu'on décide pour lui et qui toujours voudra rester maître de son destin. Rester maître de notre destin, c'est refuser que les deux années qui nous séparent de 2027 soient deux années pour rien. Donald Trump agit dans tous les sens. La Chine injecte des dizaines de milliards d'euros dans son économie pour tenter de la relancer. Le nouveau chancelier allemand abat tous les dogmes qui entravaient les réformes nécessaires pour relancer son pays.

Et nous, la France, dans l'océan tumultueux du monde, nous devrions nous résigner à faire la planche, rester spectateurs, rester immobiles pendant deux ans, alors que tout bouge ailleurs, ce serait condamner la France à la relégation. Perdre deux ans aujourd'hui, ce serait en mettre 50 à nous en relever. Et cela, nous ne pouvons pas nous y résigner. C'est contraire à tout ce pour quoi nous nous battons. Alors, mes amis, je vous propose qu'aujourd'hui soit le premier jour d'un nouveau temps politique. Un temps politique qui nous conduira jusqu'en 2027. Ce temps politique, je vous propose de l'appeler deux ans pour la France. Deux ans d'action pour aujourd'hui et de préparation pour demain.

Deux ans pour la France, ce sera notre leitmotiv d'ici 2027. Deux ans pour agir au Parlement et pour soutenir nos gouvernements, car nous ne pouvons pas nous payer le luxe de deux ans d'immobilisme. Deux ans pour travailler, pour proposer et pour préparer l'avenir. Mes chers amis, je fais cela car je crois en nous. Parce que je crois dans ce que nous avons fait ces huit dernières années, en sortant la France du chômage de masse, de la désindustrialisation et du déclassement géopolitique. Parce que je crois dans notre idéal, la République. Parce que je crois dans la force de notre devise liberté, égalité, fraternité.

Parce que je crois dans nos valeurs, le travail, l'autorité, l'écologie, l'humanisme, la laïcité. Parce que je crois que l'avenir de notre nation est lié à l'Europe. Parce que je crois dans notre cap, vivre mieux, rester maître de notre destin, fortifier la démocratie. Parce que je crois dans notre objectif, faire de la France un pays prospère, libre et sûr. Mes chers amis, nous avons deux ans. Deux ans pour la France, deux ans pour agir, deux ans pour faire, deux ans pour soutenir les gouvernements qui permettront la stabilité, deux ans pour déjouer tous les pronostics de comptoir. Oui, nous allons prendre notre destin en main. Nous allons faire le pari de la liberté.

Nous allons prendre le chemin de l'espoir. Car la France est beaucoup plus unie qu'elle ne le croit. La France est beaucoup plus forte qu'elle ne le croit. La France, c'est cette grande nation qui a toujours su montrer la voie des Lumières. La France, c'est ce grand peuple qui n'a jamais cessé d'étonner, d'innover, d'oser. Ce peuple qui sait s'unir dans les crises et saura encore et toujours s'unir à l'avenir. Alors ensemble, soyons les visages divers de la France unie. Soyons les visages optimistes d'une France libre. Soyons les visages déterminés d'une France qui croit en l'Europe et qui ne renonce à rien. D'une France qui croit à sa grandeur et n'a jamais abandonné son désir de puissance.

Mes chers amis, il y a une voie entre le statu quo et le chaos, entre le vide et l'outrance. Cette voie, c'est nous, c'est vous. Alors ensemble, battons-nous, battons-nous pour la France, battons-nous pour la démocratie, battons-nous pour la République et écrivons-la, ne pas n'importe quel pays parce que nous sommes la France et que rien ne résiste au peuple français. Vive la République et vive la France !

Économie, éducation, RN: le discours en intégralité de Gabriel Attal au meeting de Renaissance — Gabriel Attal · Pourquijevote