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interviewFrançois Ruffin· 23 avril 2025 6 min

Adresse aux Guadeloupéens et aux Martiniquais

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

que pendant cette semaine, on m'a évoqué la question de la canne à sucre, de la bâne, du pleur d'écon du maréchalge, du Rome, de l'eau, de l'accès à l'eau et à une eau potable, de la vie chère, des cadis plus remplis, de la population qui vieillit, des jeunes qui partent loin, des résurions des salaires et l'érosion des falaises et ainsi de suite. Vous dire que sur tous ces sujets, vous le mesurez peut-être pas, c'est pour ça que je vous le dis. J'ai rencontré des des interlocuteurs passionnés et passionnants, interlocuteurs politiques, interlocuteurs associatifs, interlocuteur économique et des gens qui même quand ils disent des choses avec lesquelles je suis en désaccord sont portés par quelque chose.

Il faut que vous mesuriez cette richesse là parce que vous êtes l'équivalent ici en Martinique de la moitié de mon département, la somme si je mets avec la Guadeloupe en terme de population, c'est juste mon département et vous avez à mon sens une richesse culturelle, intellectuelle politique d'engagement qui est très élevé comparé au reste du pays. Et ça n'est pas à mon sens par hasard, c'est par un sentiment d'identité parce que il y a quelque chose qui est de l'ordre d'une nation, qui est de l'ordre du pays, parce qu'il y a évidemment quand on est une île une géographie commune et parce qu'il y a aussi à l'évidence une histoire commune et une histoire très particulière. J'aurais commencé sur cette histoire.

Un cinéaste que j'aime beaucoup, René Votier, a réalisé un film qui s'appelle Afrique 50 dans lequel il parcourt le Cameroun de l'époque et il voit des gens qui ont été tués et dit "Ils ont été tués par des balles françaises en notre nom à nous gens de France." Je me suis essayé à un texte qui est un peu cette nature. En 1848, l'esclavage est aboli mais les maîtres sont indemnisés. 400 francs par tête ici en Martinique, 469 en Guadeloupe, l'équivalent, nous dit-on, de milliards d'euros d'aujourd'hui et les mères des maîtres conservent toutes les terres sant notre nom à nous genre de France.

Les anciens esclaves qui eux ne reçoivent rien, aucune indemnité, aucun pécule pour démarrer une nouvelle vie. C'est notre en notre nom à nous aussi gens de France. La troupe qui tire qui tire des balles françaises en 1900 au Robert sur les ouvriers de la canne à sucre.

Et pourquoi ? Parce qu'on avait allongé leur journée de travail. parce qu'on avait diminué leur salaire, parce qu'on les payait en monnaie du patron et que eux réclamaient juste le droit de vivre de vivre de leur travail.

Ils n'auront que le droit de mourir 10 morts au moins, 10 ouvriers exécutés en notre nom à nous gens de France sont des balles françaises à point à pitre en 1967 en notre entre nom à nous gens de France. Ce sont des balles françaises à basse pointe en février 1974 en notre nom à nous Jean de France. André Alicer, le gérant, le rédacteur du journal communiste justice qui révèle ici à Fort de France en 1934 un scandale politique au juste mélan béqué administration magistrat aud qu'on retrouve noyé ligoté un assassinat que le pouvoir veut déguiser en suicide c'est notre en notre nom à nous Jean de France mais il faut dire aussi les honnêtes gens il faut dire le juge d'instruction qui refuse cette version et que le pouvoir d'aimer que le pouvoir déplace le procès se déroule finalement au loin à Lyon et abouti qui a une relaxe générale, un assassinat sans coupable, sans commanditaire, la justice qui n'est pas rendue pour l'homme de justice.

C'est en notre nom à nous genre de France le clore d'écon répandu durant des décennies alors qu'il est interdit aux États-Unis et interdit en hexagone. Et les lobbyes, les lobby de la banale, les lobby des béquers qui font pression à Paris à Bruxelles pour obtenir des dérogations et qui l'obtiennent. C'est en notre nom à nous genre de France. les milliers de cancers de la prostate, de l'utérus, du sein, les lieuxémies, les ners troublés, c'est notre en notre nom à nous Jean de France.

La justice qui pour ses milliers d'empoisonnement délivre un non lieu pour cause de prescription, c'est en notre nom à nous Jean de France et l'État qui aujourd'hui encore refuse de mener une enquête, une simple enquête épidémiologique, scientifique pour savoir pour savoir parmi les ouvriers, parmi les habitants combien sont touchés, combien sont malades. L'État qui refuse cette simple enquête, c'est toujours en notre nom à nous genre de France. Je veux dire que ce que j'énonce là, je le dis en patriote, je le dis en français fier de son pays malgré tout, mais justement parce que un grand pays doit connaître sa honte et soutenir sa gloire.

Notre histoire, nous devons la regarder en face, même dans ces pages sombres, non pour nous complè en autoflagélation, mais pour comprendre, pour comprendre les ressorts, pour ne pas répéter cette histoire, ses fautes, ses crimes, pour en changer le cours. Cette histoire, nous devons en changer au présent. Maintenant, le pouvoir, l'État ne doit pas ne doit plus être au côté de quelques-uns, confondre l'intérêt des Martiniquers avec l'intérêt d'une poignée et sa puissance à l'État, son point dans la balance, il doit le mettre pour rééquilibrer entre les forts et les faibles, non pour appuyer les forts contre les faibles, non pour appuyer les riches contre les pauvres.

C'est vrai dans l'hexagone, mais c'est encore pire ici. Plus exagéré, plus outrancié. Cela dit aussi pour moi, un éternel combat entre deux Frances. la France officielle en uniforme en costume et l'Etre la belle et la rebelle celle qui a fait la révolution qui a refait la révolution qui a refait la révolution et notre jeu c'est de faire coïncider les deux c'est que la notre France devienne la France officielle même si ça dure pe même si ça n'est qu'une poignée d'année un éclair dans la nuit mais un éclair qui marque les esprits et qui pose aussi des jalons pour l'avenir.

L'État, le pouvoir Paris doit aussi avec les élus, avec les collectivités ici sortir la Martinique, sortir la Guadeloupe de la dépendance, d'une mise sous perfusion des importations, d'une économie post-coloniale avec des monocultures d'exportation, la canne à sucre et la banane et les entiers vu comme un les Antilles vu comme un grand hôtel pour touristes. On doit sortir euh de cette vidélà.