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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 21 septembre 2022 25 min

Présidence du RN, violences faites aux femmes, référendums d'annexion en Ukraine, immigration... Le "8h30 franceinfo" de Jordan Bardella

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Jordan Bardella. Bonjour. La Russie veut annexer les territoires qu'elle contrôle en Ukraine. Elle va organiser des référendums dans les jours qui viennent. Est-ce que c'est, comme l'a dit cette nuit Emmanuel Macron depuis New York, une parodie de démocratie ?

0:11
Jordan Bardella

Oui, je pense qu'Emmanuel Macron a raison et je pense que la Russie cherche à instrumentaliser l'outil d'expression populaire par excellence qui est le référendum dans des territoires où la Russie a commis des agressions et a commis des attaques absolument inacceptables pour légitimer en réalité la violation de la souveraineté territoriale de l'Ukraine que nous dénonçons depuis le début. Vous avez changé d'avis sur cette question ?

0:31
Présentateur

Absolument pas. Après la Crimée en 2014, vous estimiez que les référendums organisés déjà par la Russie étaient légaux ? Non, d'abord parce que toute la communauté internationale est dénoncée.

0:40
Jordan Bardella

Excusez-moi, mais strictement rien à voir. La Crimée, le référendum n'a pas eu lieu en Crimée durant une période de guerre et de crimes de guerre qui étaient commis dans un pays, pardonnez-moi, la Crimée, je veux bien qu'on refasse l'histoire, mais la Crimée est russe. La Crimée a été cédée à l'Ukraine pendant à peu près un demi-siècle. La Crimée est historiquement russe, on n'est pas du tout dans le même contexte.

1:05
Présentateur

Donc vous considérez aujourd'hui encore qu'il n'y a pas eu d'invasion de la part de la Russie en Crimée ?

1:10
Jordan Bardella

Il n'y a pas eu, il y a eu un référendum à l'issue, qui a été voté, qui a été vu. On peut refaire l'histoire, mais vous le savez très bien, la Crimée est russe. La Crimée est un territoire qui, historiquement, culturellement, est russe. Il n'y a pas eu de maternités qui ont été bombardées, il n'y a pas eu de civils qui ont été tués dans les conditions dans lesquelles c'est en train de se dérouler aujourd'hui.

1:29
Invité

Jordan Bardella, l'histoire c'est aussi que la Crimée a été envahie par la Russie. Ça vous le confirmez ?

1:35
Jordan Bardella

Après avoir été cédée, oui, bien sûr, vous avez parfaitement raison. Donc il y a eu une invasion.

1:39
Invité

A la suite de cette invasion, il y a eu un référendum, qui a été désigné illégal par la communauté internationale,

1:46
Jordan Bardella

mais pas par vous. La Crimée est un territoire russe, qui a été cédé par Khrouchev à l'Ukraine, de mémoire, en 1954. Donc si vous voulez, la période ukrainienne en Crimée a été une parenthèse dans le cadre d'un accord politique qui avait été passé dans les années 1950. On n'est absolument pas dans le contexte dans lequel on est aujourd'hui. Donc je pense que ces référendums seraient parfaitement illégitimes, et que compte tenu des crimes de guerre qui sont aujourd'hui commis en Ukraine, il est parfaitement malvenu, que d'envahir un État et ensuite de réclamer un référendum pour faire en sorte que l'agression soit rendue légitime.

2:23
Invité

Jordan Marnella, ORN, vous ne cessez de répéter que les sanctions contre la Russie sont inappropriées, irréfléchies et inefficaces.

2:30
Jordan Bardella

Les sanctions énergétiques, oui.

2:31
Invité

Ça veut dire que si vous étiez à l'Élysée, il ne se serait rien passé ?

2:36
Jordan Bardella

Bon, d'abord, il faut peut-être être prudent sur la désinformation. Nous n'avons jamais été opposés aux sanctions. Nous avons toujours été opposés aux sanctions énergétiques, et le temps est aujourd'hui en train de nous donner raison, puisque les sanctions énergétiques qui ont été décidées par l'Union Européenne contre la Russie renforcent la Russie.

2:52
Invité

Alors, pour qu'on comprenne bien, pour qu'on informe bien les auditeurs, les dépectateurs, il n'y a pas de sanctions sur le gaz, par exemple. C'est la Russie qui ferme les robinets. Il y a un embargo sur le pétrole, mais qui prendra effet au début décembre.

3:06
Jordan Bardella

Vous avez parfaitement raison, et c'est là l'hypocrisie d'ailleurs de l'Union Européenne qui consiste à dire que nous allons sanctionner le régime de Vladimir Poutine en arrêtant par exemple de lui acheter du pétrole, mais en rachetant ce pétrole russe, en le faisant transiter par l'Inde ou par l'Arabie Saoudite, parce qu'elle est là la réalité aujourd'hui. C'est-à-dire qu'on n'achète plus de pétrole, on ne prévoit de ne plus acheter de pétrole à la Russie. En revanche, quand le pétrole russe passe par l'Arabie Saoudite ou l'Inde, avec évidemment un bénéfice supplémentaire, nous l'achetons plus cher. Du pétrole transformé en carburant. Oui, mais nous l'achetons quand même.

Deuxièmement, la Russie, par rapport à 2021, a fait progresser ses hydrocarbures en termes de revenus qu'elle en tire de 41%. Ses excédents commerciaux ont été multipliés par deux. Donc quoi qu'on en dise aujourd'hui, l'inflation augmente en France et dans les pays de l'Union Européenne pendant que la Russie est noyée sous le cas. Cette expression n'est pas de moi, elle est de François Langlais qui est un économiste reconnu et tous les économistes accordent à dire aujourd'hui que les sanctions énergétiques ont renforcé parfaitement la Russie.

Deuxièmement, il y a des sanctions qui fonctionnent, les sanctions sur les semi-conducteurs, les sanctions bancaires, les sanctions sur les oligarques russes, nous ne les contestons pas. En revanche, nous avons été les premiers à dire que les sanctions énergétiques prises contre la Russie renforceraient la Russie et ne seraient d'aucune efficacité. Donc, je veux dire, si l'objectif de ces sanctions, c'est d'accumuler les revenus...

4:18
Invité

Mais vous parlez de quelles sanctions ? Pardon, je ne comprends toujours pas, parce que l'embargo sur le pétrole, il ne prend effet qu'à la fin de l'année.

4:22
Jordan Bardella

Non mais d'accord, mais il y a des effets d'anticipation en économie. Vous le savez très bien, la volonté de ne pas acheter de pétrole russe pour racheter ce même pétrole qui nous est revendu plus cher en passant par des pays tiers est d'une hypocrisie absolument totale. Pourquoi est-ce que le gaz n'est pas inclus dans ces sanctions ? Parce que l'Allemagne a besoin du gaz russe. Et permettez-moi de vous rappeler, moi j'entends l'accusation qui nous est faite sur les plateaux de télé, ce n'est pas le Rassemblement National qui a relié l'Europe à la Russie.

Ce n'est pas le Rassemblement National qui a mis en place le projet Nord Stream 1 et Nord Stream 2 et qui a relié par des gazoducs les territoires de l'Europe européenne avec la Russie. Vous voulez dire quoi ? Si vous étiez au pouvoir, vous ne l'auriez pas fait ?

4:57
Présentateur

Vu les liens de proximité qu'il y a depuis des années entre votre parti, ses responsables et Vladimir Poutine. Plus qu'avec Emmanuel Macron ? Il y en a un qui est chef d'État, qui a des obligations diplomatiques. Marie-Le Pen est allée quatre fois sur place ces dernières années. Elle est allée serrer, et l'un est président. Oui, mais l'autre doit être président de la République. Monsieur, je vous rappelle que le premier chef d'État... Marie-Le Pen a rencontré le chef de la Douma, a rencontré Vladimir Poutine,

5:20
Jordan Bardella

avec tous les honneurs, elle a dit son admiration pour lui. Elle a rencontré le Premier ministre ces derniers mois, le Premier ministre polonais, le Premier ministre hongrois. Elle a rencontré des ministres... Qui sont des alliés à chaque fois. ...italiens, bien sûr, qui étaient au pouvoir, qui étaient ministres de l'Intérieur, comme Matteo Salvini. Donc, si vous voulez, je veux dire, soit on fait la guerre à la Russie, soit on décide de faire preuve de liens diplomatiques. Et moi, je pense qu'Emmanuel Macron, en voulant maintenir la pression diplomatique sur la Russie... Mais Marine Le Pen ne dirige pas la diplomatie française. Juste, pardon. Oui, mais elle aspire à...

Enfin, en tout cas, elle aspirait en 2017, en 2022, et je le souhaite encore en 2027, à le faire. Mais je dis juste une chose. Le premier chef d'État à avoir été reçu par Emmanuel Macron à l'Élysée quand il a été élu en 2017, c'était Vladimir Poutine. Il l'appelait d'ailleurs à une coopération importante avec la Russie. Je dis une chose, c'est que les choix qui ont été faits en France sur la politique énergétique, l'abandon du nucléaire, la fermeture de Fessenheim, nous ont mis dans une situation de dépendance aujourd'hui à l'égard de la Russie. Ce n'est pas de notre fait si nous sommes aujourd'hui dans une situation de dépendance.

Et si on va devoir rouvrir les centrales à charbon cet hiver, c'est la faute morale et le crime économique qui ont été commis à la fois par François Hollande et par Emmanuel Macron en organisant à la fois le sabotage de la filière nucléaire et le pillage d'EDF avec cette règle de l'ARED qui fait qu'aujourd'hui EDF est obligé de brader un quart de sa production à ses concurrents.

6:38
Présentateur

Un passage par le filet info puisqu'il est 8h40, Mathilde Romagnon et on poursuit avec vous dans un instant, Jordan Bardella.

6:44
Invité

La Russie est prête à utiliser tous ses moyens pour se protéger. Déclaration ce matin de Vladimir Poutine. Le président russe annonce la mobilisation des réservistes pour combattre en Ukraine. Lors d'une allocution télévisée ce matin, il accuse également l'Occident de détruire la Russie, je cite. Des mots prononcés au lendemain de l'annonce de la tenue ce vendredi d'un référendum d'annexion par la Russie dans quatre territoires ukrainiens occupés. Des parodies de référendum a dénoncé le président français Emmanuel Macron lors d'un discours hier soir à l'ONU contre l'impérialisme.

L'écologiste Julien Bayou se met en retrait de sa fonction de coprésident du groupe Europe Écologie Les Verts à l'Assemblée nationale. Cela fait suite à des accusations de violences psychologiques sur son ex-compagne. Il ne sera pas présent ce matin à la réunion avec Elisabeth Borne. La première ministre reçoit les patrons des groupes de la majorité à Matignon sur la réforme des retraites. Gratuité de la pilule du lendemain pour toutes les femmes, c'est ce que souhaite le ministre de la Santé François Braune. Jusqu'à présent, ce contrat sceptique d'urgence était uniquement gratuit pour les moins de 26 ans. France Info

7:56
Présentateur

Le 830 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel

8:01
Invité

Jordan Bardella, selon les renseignements américains, la Russie aurait discrètement distribué depuis 2014 au moins 300 millions de dollars à des partis politiques ou des candidats amis afin de tenter d'influencer les élections dans leur pays. Est-ce que le RN a directement ou indirectement touché de l'argent russe ?

8:17
Jordan Bardella

Non, pas du tout. Le RN a contracté un prêt en 2015. C'est une autorité publique auprès d'une banque tchéco-russe à un taux d'intérêt de 6% qui n'était pas un prix d'ami. Depuis, cette banque a fait faillite. Et permettez-moi de vous rappeler qu'en Russie, lorsqu'une banque fait faillite, on ne peut pas dire qu'elle soit directement reliée au Kremlin.

8:36
Invité

On vous pose la question parce qu'en 2014, Jean-Marie Le Pen a bénéficié lui-même d'un prêt de 2 millions d'euros venant d'un ancien du KGB. Et on sait qu'à cette époque, Jean-Marie Le Pen a aussi prêté de l'argent à sa fille. Il n'y aurait pas, selon vous, un seul rouble dans le prêt ?

8:51
Jordan Bardella

Non, non, pas du tout. Et je vais même vous dire autre chose. C'est que ce reproche en permanence qui nous est fait de quand même nous empêcher... Parce que je vous rappelle qu'en 2017, la seule candidate à l'élection présidentielle, d'ailleurs c'est très étanche, qui n'a pas trouvé de prêt auprès d'une banque française, c'était Marine Le Pen. Nous avions publié l'intégralité des lettres de refus, que ce soit vis-à-vis des banques françaises ou des banques européennes.

Donc on nous empêche d'un côté de nous fournir, puisqu'il y avait une promesse de banque de la démocratie qui avait été faite par Emmanuel Macron, dans un souci de transparence, de nous fournir auprès des banques françaises ou des banques européennes, et de nous reprocher ensuite d'aller chercher à l'étranger des gens qui acceptent de nous prêter de l'argent. Encore une fois, ces dettes sont remboursées.

9:28
Invité

Alors ce n'est pas la même question, là. Ce n'est pas se financer hors d'Europe. Là, c'est est-ce que le Kremlin vous a donné de l'argent directement ou indirectement ?

9:34
Jordan Bardella

Non, non, le Kremlin ne nous a pas donné de l'argent. Je pense qu'il va falloir arrêter à un moment donné de faire de la désinformation. Et je peux vous dire que le Rassemblement National est peut-être, depuis sa création en 1972, le parti politique le plus surveillé par vous, les journalistes, et probablement par l'État. Donc s'il y avait des trucs assez louches, je peux vous assurer que ce serait déjà public.

9:52
Présentateur

Il y a une procédure judiciaire en cours. Ah bon ? Oui, les assistants des députés européens en cours. Mais quel rapport avec le... Le parti, votre parti, est soupçonné d'avoir utilisé l'argent des assistants européens ?

10:05
Jordan Bardella

Oui, attendez, rien à voir. Le Parlement européen nous reproche que nos assistants parlementaires fassent aussi de la politique. Le même reproche est fait... Oui, mais le même reproche est fait... Au Modem et à la France insoumise. Et à la majorité. Et ils sont questionnés à chaque fois qu'ils viennent sur ce plateau également. Il y a une différence, si vous voulez, d'appréciation entre les partis politiques et le Parlement européen sur le travail des assistants parlementaires. Mais dites-moi, en matière d'influence étrangère, parce que c'est bien joli de nous faire ce type de reproche, mais qui a vendu Alstom aux Américains de Général Electric ? C'est Emmanuel Macron. Vous voyez ?

Qui a bénéficié, qui a eu de l'aide d'un certain nombre de cabinets privés en 2017, qui ont ensuite bénéficié de marchés publics ? Je pense à McKinsey, c'est Emmanuel Macron. Donc le parti de l'étranger, vous voyez, je pense qu'il est beaucoup plus à l'Elysée que du côté de l'Ouest. Vous voulez dire qu'il a touché de l'argent ? Emmanuel Macron ? Je dis que McKinsey, dont on n'en parle plus d'ailleurs, a aidé Emmanuel Macron. Des cadres de McKinsey ont aidé bénévolement des cadres d'Emmanuel Macron dans sa campagne présidentielle en 2017.

Et subitement, cette même boîte, McKinsey, qui est un cabinet privé américain, ce qui pose d'ailleurs la question de la protection de nos données et des intérêts de l'État, a ensuite bénéficié d'importants marchés publics dans le cadre de la crise sanitaire et dans le cadre d'autres politiques publiques qui ont été menées par Emmanuel Macron depuis 5 ans.

Donc je pose simplement la question du conflit d'intérêts et je note qu'on est très très vite passé sur ces dossiers où on nous reproche à nous, je ne sais pas trop quoi d'ailleurs, mais j'ai entendu l'autre jour le président du groupe majoritaire d'Emmanuel Macron, Stéphane Séjourné, au Parlement européen réclamer une mission sur les ingérences étrangères. Donc moi je suis faveur parce qu'on a eu au bout de cette mission et vous verrez qu'il n'y a absolument rien à cacher de notre côté.

11:49
Invité

S'il y a une commission d'enquête à l'Assemblée nationale, vous êtes prêt à faire la transparence ?

11:52
Jordan Bardella

Ah ben je suis même prêt à faire toute la transparence, comme ça vous arrêterez de nous poser à chaque fois les questions sur ces plateaux. C'est notre rôle. Et vous avez parfaitement raison de le faire.

11:59
Présentateur

Et ça agace tout autant François Bayrou quand il est à votre micro, ou tout autant Jean-Luc Mélenchon quand il vient aussi.

12:02
Jordan Bardella

Ah ben je ne suis pas agacé, mais je dis juste qu'on peut aller au bout de cette commission, comme ça ça vous rassurera. Et pour ça on pourra peut-être parler, je ne sais pas, du pouvoir d'achat, la sécurité. On va parler des sujets qui intéressent en fait les gens qui nous écoutent ce bataille.

12:12
Présentateur

On va parler, si vous voulez bien, de la bataille en cours pour la présidence, bataille je ne sais pas si c'est le mot pour la présidence du RN. Dans deux mois les militants de votre parti devront trancher entre vous et Louis Alliot. Si je vous dis que vous êtes le chouchou de Marine Le Pen, est-ce que ça vous agace ?

12:25
Jordan Bardella

Ah tiens, non ? J'avais qu'elle une relation de très très grande confiance. Et moi je m'inscris de toute manière dans sa continuité. Elle m'a confié la présidence par intérim, après m'avoir confié la tête de liste aux élections européennes. Moi je veux continuer ce qu'elle a commencé à faire. Et je pense que dans cinq ans nous arriverons aux responsabilités. Et donc le rôle du nouveau président du RN est de faire de notre mouvement le plus conquérant de tous.

12:51
Invité

Mais est-ce que ça veut dire que du coup les dés sont pipés ? Et face à vous il y a Louis Alliot qui est maire de Perpignan, une ville de plus de 100 000 habitants. Vous vous le dites, vous êtes président par intérim, elle vous a confié le rôle de chef de file européenne. Bon même si elle dit officiellement qu'elle n'a pas choisi, en fait elle a choisi.

13:03
Jordan Bardella

Je pense qu'avec Louis, d'abord on partage la même ligne politique. Et ça je pense que c'est une grande force dans ce débat interne. Moi je pense être aujourd'hui celui qui a peut-être le socle le plus solide pour l'emporter. Puisque trois quarts des élus m'ont emporté leur parrainage et leur soutien. Et je pense peut-être compte tenu de mon parcours être celui qui peut le plus. Ça ne veut pas dire que Louis ne le peut pas. Mais à un moment donné dans une compétition chacun à sa plus-value. ouvrir notre mouvement à un électorat nouveau. C'est-à-dire à des gens qui ne votent pas encore pour le Rassemblement National. Et d'ailleurs pour être élu, moi j'ai besoin du vote de nos adhérents.

Et les français qui nous écoutent ce matin doivent savoir qu'ils peuvent adhérer jusqu'à lundi prochain. Qu'il leur reste cinq jours pour adhérer. Pour pouvoir me soutenir et me permettre de poursuivre le travail de Marine Le Pen. Donc je les appelle à aller sur le site rassemblementnational.fr. à adhérer avant lundi pour pouvoir voter pour moi et me soutenir. Et je leur dis que j'ai besoin d'eux pour remporter cette élection.

13:50
Présentateur

Les soutiens de Louis Alliot expliquent que votre ligne est ou a été trop identitaire. On vous reproche notamment la main tendue pendant la campagne présidentielle à Éric Zemmour et à ses partisans. Est-ce que vous considérez aujourd'hui que c'était une erreur de vous voir la refaire la paix des droites ? Et est-ce que vous le referez à l'avenir ?

14:07
Jordan Bardella

Non mais moi je ne fais pas la paix des droites si vous voulez. Ce n'est pas le sujet. Le sujet c'est que moi je suis né, j'ai grandi en Seine-Saint-Denis. Et que j'ai vu et j'ai ressenti dans ma chair ce sentiment qui est aujourd'hui partagé par des millions de français. De se sentir parfois étranger dans son propre pays. Et j'ai grandi dans un département. Ça c'est ce que dit Éric Zemmour par exemple. Mais ce n'est pas... Éric Zemmour n'a rien inventé. Ça fait 50 ans qu'on a mis la question de l'immigration sur la table. Donc je veux dire la montée de l'insécurité, la montée du communautarisme, la conquête aujourd'hui de l'islamisme dans beaucoup de territoires.

Ça fait des années que nous nous battons contre cela. Et moi je ne souhaite pas que toute la France ressemble au département de la Seine-Saint-Denis que moi j'ai rencontré. Mais Éric Zemmour était prisonnier de ses excès. Il a fait un choix qui, à mon sens, et les résultats l'ont montré, est une impasse politique. Maintenant moi je veux m'adresser à ces électeurs. Comme je veux m'adresser au déçu de LR, comme à tous les patriotes dans notre pays. Je leur dis ce que nous sommes en train de construire, cette grande force populaire nationale que nous sommes en train de construire autour de Marine Le Pen, au Rassemblement National, est la seule qui peut permettre de mettre vos idées au pouvoir.

Donc moi je les appelle à nous rejoindre et à travailler avec nous.

15:17
Invité

Pour qu'on comprenne bien, vous, à la tête du RN, pas de main tendue à Éric Zemmour ?

15:20
Jordan Bardella

Non, il n'y a pas de main tendue. En revanche, je pense que, et ça sera peut-être notre mission, que nous devons convaincre ces électeurs que nous sommes les seuls à pouvoir porter leurs idées et cette conviction que la France doit rester la France au pouvoir dans quelques années. Est-ce que Marine Le Pen doit être candidate en 2027 ? Moi je pense qu'elle est la plus légitime pour l'être. Je ne parle pas à sa place. Elle dira ce qu'elle souhaite faire. Elle continue aujourd'hui de manière de faire le combat comme chef de l'opposition à l'Assemblée Nationale. Je pense qu'elle a acquis une notoriété, une légitimité, une popularité auprès des Français qui n'a absolument aucun égal.

Donc moi je souhaite qu'elle soit candidate. Sa candidature relève pour moi de l'évidence. Et je vous rappelle que, écoutez, on ne cesse de progresser. On a encore pris 10 points par rapport à la dernière fois. On a 89 députés, ce qui n'est jamais arrivé. On ne cesse de progresser. Donc moi je dis aux Français, venez avec nous, adhérez et aidez-nous justement à construire cette victoire.

16:10
Présentateur

Si jamais pour une raison ou une autre, elle n'était pas candidate, est-ce que vous êtes prêts à reprendre le flambeau ? Est-ce que vous vous préparez à cette hypothèse ?

16:17
Jordan Bardella

Mais écoutez, ça n'est pas le sujet. D'abord, excusez-moi, ça n'est pas le sujet. On sort de l'élection présidentielle. Je pense aujourd'hui qu'elle est la mieux placée. Moi je pense qu'elle est prête. Et je pense qu'elle est la mieux placée pour le faire. Elle dira précisément dans les prochains mois ce qu'elle souhaite faire, si elle souhaite être candidate ou non à l'élection présidentielle. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que moi je sais ce que je lui dois. Et je l'accompagnerai, quel que soit l'engagement qu'elle décidera de prendre pour le pays.

16:44
Présentateur

8h50, le fil info, Mathilde Romagnon et on poursuit cet entretien avec Jordan Bardella dans un instant.

16:49
Invité

Alors que les dirigeants du monde entier sont réunis en ce moment à New York pour l'Assemblée Générale des Nations Unies, Vladimir Poutine s'est adressé ce matin à la nation russe. Il annonce une mobilisation de 300 000 réservistes dans le conflit en Ukraine. Le président russe a aussi accusé l'Occident de vouloir, je cite, détruire la Russie. La pilule du lendemain va devenir gratuite pour toutes les femmes, quel que soit leur âge. Le ministre de la Santé, François Braun, l'a annoncé hier. Ainsi que la gratuité du dépistage des infections sexuellement transmissibles pour les moins de 26 ans. Trois nouveaux vaccins contre le Covid-19 arrivent en France.

Ils ont eu hier le feu vert de la Haute Autorité de Santé, des vaccins bivalents adaptés pour lutter contre le variant Omicron. Ils seront intégrés à la prochaine campagne de rappel prévue cet automne, en même temps que celle contre la grippe. Est-ce bientôt la fin de la carte verte ? La carte qui atteste l'assurance d'un véhicule. Le ministre de l'économie souhaite la supprimer. Bruno Le Maire répondait à une demande de longue date des assureurs. France Info

17:57
Présentateur

Le 8.30 France Info, Salia Brachia, Marc Fauvel.

18:02
Invité

Toujours avec Jordan Bardella, le président du Rassemblement National par intérim. Emmanuel Macron a annoncé un projet de loi sur l'asile et l'immigration pour début 2023. Une immigration choisie pour le travail, accélération des procédures d'asile, expulsion des étrangers condamnés. Est-ce qu'il est clairement en train de vous couper de l'herbe sous le pied ?

18:18
Jordan Bardella

Non, non, mais plus il y a de loi sur l'immigration avec Emmanuel Macron, plus il y a d'immigration. Donc nous n'avons absolument aucune confiance dans la capacité d'Emmanuel Macron à maîtriser les flux. Il est le président qui a battu absolument tous les records d'immigration. Il y a 450 000 personnes qui rentrent chaque année dans notre pays de manière légale. 900 000 clandestins. Donc une partie repart, puisqu'il y a les étudiants. Oui, les titres de séjour légaux, les mineurs étrangers non accompagnés, les demandes d'asile dont on sait qu'ils ont explosé sous Emmanuel Macron. 900 000 clandestins, d'après Patrick Stéphanini qui est spécialiste des questions d'immigration.

Or on sait que ce gouvernement a le record au niveau européen de la faiblesse en matière d'expulsion. Il y a seulement 10% des exécutions de quitter le territoire français.

18:56
Invité

Il veut changer les procédures pour aller plus vite justement.

18:58
Jordan Bardella

Au bout, mais il ne s'agit pas de changer les procédures, il faut d'abord appliquer les lois. Nous on est favorables à ce que l'asile soit traité dans les ambassades et les pays de départ. Pourquoi il n'y ait plus de demande d'asile qui soit traitée en France ? Parce que c'est absolument ingérable. Et surtout, moi ce qui m'inquiète, c'est la déclaration qu'il a tenue dans sa conférence de presse vendredi dernier, dans laquelle il dit, je souhaite accélérer, les Français qui m'écoutent doivent le savoir, la répartition des migrants dans les campagnes françaises. Là où on manque de main d'oeuvre, c'est ce qu'il dit. Oui, mais il ne faut pas répartir les clandestins, il faut les faire repartir.

19:28
Invité

Mais ce n'est pas une intervention des clandestins.

19:29
Jordan Bardella

Il parlait de ceux à qui on vient d'attribuer un titre de séjour sur ses propos. Eh bien moi je pense qu'il veut punir la ruralité, parce que répartir l'immigration dans les campagnes et dans les villages français, c'est aussi en répartir les problèmes qui en découlent. Les problèmes d'insécurité, les problèmes de communautarisme, les problèmes de changement de nos modes de vie. Et moi je n'ai pas envie que les villages français ressemblent à la Seine-Saint-Denis ou à la Porte de la Chapelle.

19:52
Invité

Les étrangers à qui on accorde la nationalité française ne sont pas forcément des délinquants.

19:56
Jordan Bardella

Non d'accord, mais je veux dire, à un moment donné, il faut entendre ce que disent les Français. Or aujourd'hui, les Français, dans toutes les études d'opinion, ne veulent pas accueillir une immigration supplémentaire. Donc moi je lui propose d'organiser un référendum sur la question de l'immigration et de demander aux Français si oui ou non ils souhaitent intensifier les flux dans les villages et dans les campagnes françaises. Je pense que les Français ne le souhaitent pas. Et je pense que nous serons d'ailleurs à l'Assemblée nationale les seuls à nous y opposer. Et encore une fois, je veux dire, quel est le point commun entre un Soudanais et un habitant d'un village de la Creuse ?

Donc à moi il faut poser la question aux Français. Est-ce que oui ou non vous voulez accueillir cette immigration supplémentaire dans nos campagnes ?

20:32
Présentateur

Vous savez, Jordan Bardella, que ça existe déjà en France aujourd'hui pour les demandeurs d'asile. Il y a 2000 demandeurs d'asile qu'on envoie chaque mois dans des territoires peu peuplés. Ça existe depuis 2015. Il n'y a eu aucun incident relevé depuis 2015.

20:48
Jordan Bardella

Il y a beaucoup d'incidents, monsieur. Par exemple, il y a ce qu'on appelle les mineurs étrangers non accompagnés qui sont responsables dans les villes d'une grande partie de l'explosion de la délinquance.

20:59
Présentateur

Mais là vous me parlez des villes, moi je vous parle des campagnes.

21:00
Jordan Bardella

Je vous parle de quelque chose qui existe déjà dans les campagnes. Vous voyez ce qui se passe à la porte de la chapelle, où vous avez des clandestins qui déambulent, qui bien souvent...

21:07
Invité

Ce n'est pas du tout ce que propose Emmanuel Macron sur les campagnes. Ce n'est pas ce qui est déjà en France.

21:10
Jordan Bardella

Oui, mais ça sera la réalité. Et donc les Français qui nous écoutent ce matin savent très bien qu'intensifier les flux migratoires dans les campagnes, c'est intensifier l'insécurité, le communautarisme et le changement d'un village.

21:22
Invité

Je suis part là, mais la réalité c'est ce qu'a dit Marc. Aucun incident déclaré depuis 2015.

21:25
Jordan Bardella

Mais ça n'est pas vrai, madame. Tous les jours, il y a dans notre pays, dans les villes et dans les villages français, une montée de l'insécurité qui est liée directement à l'explosion de l'immigration. 95% de la délinquance de rue dans le pays est liée directement à l'immigration. A Paris, 75% des mineurs qui sont déférés devant le parquet de Paris sont des mineurs étrangers. Dans la ville de Bordeaux, sur l'année 2020, 45% des faits délictuels qui ont été commis sont le fait de mineurs étrangers. Donc vous avez le droit de défendre une position. Je ne défends pas la même et c'est la raison pour laquelle...

21:54
Invité

On ne défend pas de position, on rappelle les faits.

21:56
Jordan Bardella

Je pense qu'il y a, je pourrais vous rappeler, les innombrables faits qui dans les villes et les villages français mettent en cause des gens qui sont en situation irrégulière ou même des demandeurs d'asile dans les agressions, dans les vols, dans les cambriolages. Moi je pense que les Français ne souhaitent pas de cette politique et c'est la raison pour laquelle j'invite le gouvernement à organiser, dès le début de l'année 2023, un référendum sur la question de l'immigration avant ce projet de loi.

22:19
Présentateur

Deux parties de gauche, la France insoumise, l'Europe et le Gilet vert sont secoués par des affaires de violences sexuelles présumées qui impliquent Adrien Catenins et Julien Bayou. Que se passe-t-il chez vous, au RN, quand une femme ou un homme dénonce des faits semblables ?

22:33
Jordan Bardella

Eh bien on l'incite à porter plainte devant la justice. Oui, oui, ce qui m'étonne chez ces parties de gauche, d'abord c'est un peu le naufrage moral de la gauche, c'est la gauche « faites ce que je dis mais faites pas ce que je fais » qui passe son temps à s'ériger en modèle de vertu, en redresseur de torts, à donner des leçons à la terre entière et qui se retrouve aujourd'hui prise dans de telles affaires. Je pense, un, que ce n'est pas aux partis politiques de s'auto-gérer, de se faire justice eux-mêmes. Les partis politiques ne sont pas des astres à part, qui se gouvernent selon des lois différentes.

23:01
Présentateur

Ça veut dire pas de cellule d'écoute, par exemple, au RN ?

23:03
Jordan Bardella

Et il n'y en aura pas ? Je pense que, moi, en tout cas en tant que président du mouvement, si j'ai connaissance d'un tel témoignage, mais j'inciterai avec la plus grande force à ce que ce témoignage soit porté dans la justice et que la justice de notre pays fasse son travail. Parce que ce n'est pas aux partis politiques, à des commissions qui sont organisées par des gens généralement proches des uns et des autres, puisque tout le monde se connaît, de se faire justice. Et d'ailleurs, ce qui est très gras, c'est la dissimulation de la France insoumise.

Parce que, si vous voulez, quand une femme est agressée et que Jean-Luc Mélenchon apporte immédiatement son soutien à l'agresseur avec les mots dignité, confiance, courage, affection, c'est absolument hallucinant. Et donc, ces gens-là passent leur temps, si vous voulez, à défendre, peu importe le dossier, les agresseurs.

23:49
Présentateur

Et du coup, vous considérez que, par exemple, Julien Bayou contre qui il n'y a pas de procédure judiciaire aujourd'hui n'aurait pas dû se mettre en retrait ? Mais c'est extrêmement intéressant.

23:56
Jordan Bardella

Parce que tous ces gens à gauche passent leur temps à partir du moment où il y a la moindre suspicion. C'était le cas, et ce n'est pas des amis politiques avec M. Abad ou avec M. Darmanin, à dire qu'il faut qu'il y ait démission avant même qu'il y ait une enquête. Premièrement. Deuxièmement, quand on voit que ça les concerne à gauche, là, il n'y a pas de problème. Les gens doivent rester en poste. Ils peuvent rester qu'au président du groupe. C'est quoi la mise en retrait ? Ça veut dire que, donc, M. Quatennens, par exemple, à l'Assemblée nationale, va continuer de bénéficier de son indemnité d'élu, mais n'est pas contraint, lui, d'aller travailler à l'Assemblée nationale.

Donc, vous voyez bien que tout cela est d'une hypocrisie absolument totale. Et la gauche est en train, aujourd'hui, de se prendre les pieds dans le tapis. S'il y a des violences conjugales, elles doivent être combattues, elles doivent être portées dans la justice. Et c'est, en tout cas, la philosophie qui est la nôtre au Rassemblement national.

24:40
Présentateur

Merci, Jordan Bardella.

24:41
Jordan Bardella

Merci à vous. Et bonne journée à vous.