Voix de droite : "Dette, passez-moi la tronçonneuse !" - 29/06
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
C'est lundi, c'est la Voix de Droite, c'est Louis Sarkozy. Bonjour Louis, nous sommes assis sur un baril de poudre. Voilà ce que dit le ministre des Comptes Publics à propos des finances publiques. Il annonce déjà des nouvelles économies. La Cour des Comptes a assuré la semaine dernière que tous les signaux sont au rouge. Pour vous, il faut agir vite.
Le problème avec le socialisme, Apolline, c'est qu'on finit toujours par manquer de l'argent des autres. C'est Margaret Thatcher qui dit ça. En 76, 50 ans plus tard, l'argent des autres, je veux dire l'argent des Français, commence à manquer. La dette publique va dépasser 3 620 milliards d'euros cette année. C'est 118% du PIB. Le service de la dette à lui seul, c'est-à-dire l'argent qu'on paye aux banques pour avoir le droit de continuer à emprunter, va coûter 77 milliards en 2026. C'est plus que le budget de l'éducation nationale. Nous ne sommes pas en danger de faillite, Apolline. Nous sommes complètement en faillite.
Alors, Louis Sarkozy, président de la République, ça donnerait quoi au niveau économie ?
Écoutez, déjà, merci pour la promotion. J'accepte immédiatement.
Bien sûr, je le vois bien. Mais enfin, il faut se faire élire.
Même si je ne suis pas rasé, premier décret, première minute du premier jour. Je divise par deux le maquis des plus de 1200 comités, commissions et hauts conseils inutiles et illisibles que compte notre magnifique pays. Le Conseil économique, social et environnemental coûte, chers amis, 34 millions d'euros à produire des rapports que personne ne lit. On a un haut-commissaire au plan inventé uniquement pour caser François Bayrou. Tout ça, c'est fini. C'est 5 à 7 milliards d'économies par an et c'est la première semaine. Deuxièmement, nous avons 41 ministres.
41, vous êtes compté ?
41. Ce matin, à 6h30 d'ailleurs. Il y a de meilleurs réveils. L'Allemagne en a 15. Je passe à 20 portefeuilles. 300 à 500 millions d'économies et un gouvernement, enfin, lisible. Troisièmement, 300 000 postes en moins dans la fonction publique administrative sur 5 ans, par la règle simple du non-replacement d'un fonctionnaire sur deux. Quatrièmement, privatisation de tout ce que l'État n'a aucune raison d'opérer. France Télévision, Radio France, La Poste, SNCF, Voyageurs et ouverture du capital sur EDF, Angy, Orange, ADP, 80 à 100 milliards de recettes pour le budget et cinquièmement pour les symboles. Les symboles sont très importants, qui comptent autant d'ailleurs que les chiffres.
577 députés ramenés à 400, 348 sénateurs à 250, moins de politique, mais bien mieux payé. Ça prend quelques semaines et accessoirement, ça sauve la France.
Vous parlez beaucoup d'économies. Autre solution dans ces cas-là pour un gouvernement, augmenter les impôts ?
Il faut faire exactement, il faut faire totalement, il faut faire précisément l'inverse. L'inverse ? C'est-à-dire un choc d'économie, je viens de le dire, mais un choc fiscal en retour. Concrètement, c'est supprimer l'impôt sur le revenu.
Supprimer l'impôt sur le revenu ?
Oui, alors 95 milliards d'euros rendus en français en un trait de plume. Rendez-vous compte de la puissance d'une telle mesure. Et tenez-vous bien, c'est mathématiquement possible, c'est parfaitement possible. Si vous économisez 200 milliards de dépenses publiques sur le quinquennat, ce que je propose, vous pouvez baisser les impôts de 100 milliards et désendetter en même temps. La suppression de l'impôt sur le revenu, c'est le symbole. C'est dire aux Français, vous n'êtes plus les vaches à lait de l'État, vous redevenez les patrons de votre propre travail. Non, absolument pas. Le démagogue, ce n'est pas moi.
C'est celui qui explique aux Français que tout va bien, que les choses vont continuer ainsi, que notre système tiendra, que la dette, on s'en occupera plus tard. Moi, je dis l'inverse. Voilà l'effort, c'est vrai. Mais voilà aussi la récompense. On taille 200 milliards dans la dépense. On rend 100 milliards aux Français et on désendette en même temps. Et la note sous-vaine remonte à A+, soit 8 à 12 milliards d'économies par an, rien que sur la charge d'intérêt. Ce n'est pas de la démagogie, Apolline. C'est de la comptabilité.
Mais si on supprime tous ces postes, mais si on supprime tous ces ministères, est-ce que l'économie ne va pas devenir un univers d'une très grande brutalité ?
Alors très bien. Regardons un pays qui l'a fait. Le Canada, dans les années 90, sous Jean Chrétien et Paul Martin, gouvernement libéral, pas du tout conservateur, a coupé la dépense de 20% en 4 ans. Le résultat ? Retour à l'équilibre, baisse des taux, 10 ans de croissance soutenue, aucun effoudrement. La brutalité, ce n'est pas la réforme. C'est la dette qui explose. C'est les taux d'intérêt qui montent. C'est la note qui dégringole. Et un beau matin, l'État qui ne peut plus payer ses fonctionnaires. Ça, c'est brutal. Et c'est précisément ce qui nous attend si on ne fait rien.