Condamnation de Marine Le Pen : quelles conséquences pour 2027 ?
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter, France Inter, le téléphone sonne, Christelle Rebière.
Ce 7 juillet devrait rester comme le top départ de la campagne présidentielle, mais avec qui pour représenter le premier parti de France, le mieux placé dans les sondages ? Marine Le Pen, condamnée à un an de prison ferme sous bracelet électronique, va-t-elle y aller quand même ? Alors qu'elle disait le contraire dans cette hypothèse il y a quelques jours, ce sont des heures cruciales pour l'ERN et pour les autres partis qui veulent savoir qui ils vont devoir combattre et comment. Les juges ont pris une décision d'entre deux, ils ne l'empêchent pas Marine Le Pen d'y aller, mais ils ne lui facilitent pas la campagne on va dire.
Alors peut-elle vraiment se présenter en sachant qu'elle a été reconnue coupable ? Ce serait une première pour un parti susceptible de remporter la présidentielle et c'est aussi une question de morale. Peut-elle laisser Jordan Bardella y aller ? Et quelles seraient ses chances ? Dans les sondages il est devant elle, mais le parti n'a jamais eu un candidat qui ne portait pas le nom de Le Pen. C'est aussi un test de la solidité du Rennes. Bref, toutes les questions que l'on se pose, que vous vous posez ce soir sur cette situation politique et judiciaire absolument inédite, c'est le téléphone sonne, soyez les bienvenus.
Le téléphone sonne, 01-45-24-7000.
Bonsoir Françoise. Bonsoir, merci de prendre mon appel. Nous vous écoutons.
Eh bien écoutez, je suis complètement scandalisée, parce qu'on aura peut-être le premier fonctionnaire français avec un dossier judiciaire. Alors moi, en scène enseignante, on m'a demandé mon casier judiciaire, il fallait qu'il soit vierge. Et elle, elle peut être élue avec une accusation, parce que Sarkozy, lui ça a été après. Fillon, il n'était pas encore accusé au moment, mais elle l'est, c'est des millions d'euros. Falco, moi qui habite Toulon, a eu cinq ans d'inigibilité. Elle, elle va pouvoir se présenter avec un bracelet à la cheville. Moi, là, je ne comprends pas. La justice dit qu'elle ne veut pas se mêler de politique, mais si.
Au final, elle s'emmêle quand même, parce qu'il y a une possibilité qu'elle puisse se présenter. Et je suis vraiment, mais, scandalisée. En plus, elle dit qu'elle ne savait pas qu'elle avait fait des erreurs, trompée. C'était sa défense.
Oui, c'était sa défense.
Mais, oui, sa défense, personne n'étant ignoré la loi, il me semble qu'elle est avocate de formation. Donc, elle est quand même bien placée pour connaître la loi. Donc, franchement, je ne sais pas, je suis vraiment scandalisée de ce qu'arrive à la France.
On entend votre courroux, Françoise. Pour en parler avec vous ce soir, Maxence Lambret, qui est toujours en studio avec Sikou, le chef du service politique de France Inter, qui s'incruste, décidément. Désolée, désolée. Quand on a vraiment besoin de vous, en face de vous, Benjamin Morel, constitutionnaliste et politologue. Bonsoir. Merci d'être avec nous. Adèle Zulfi-Karpazic, de l'Institut Ipsos. Merci beaucoup. Bonsoir. Et Charlotte Piré est restée aussi avec nous. Maxence est là, je reste. Voilà, du service police-justice de France Inter. Vous connaissez parfaitement le dossier. Françoise dit ce que nous disent aussi beaucoup d'auditeurs qui ont déjà réagi sur WhatsApp et au Standard.
Cette histoire de casier judiciaire, en fait, on peut se présenter à la présidentielle avec un casier judiciaire qui n'est pas vierge. Oui, effectivement, il y a très peu de conditions. Et Maxence l'a rappelé tout à l'heure. Pour pouvoir être candidat à la présidentielle, il y a celle d'avoir plus de 18 ans. Allez-y, aidez-moi parce que je ne le dis plus en tête.
La citoyenneté française le fait être électeur et donc elle est éligible. Et puis, les 500 parrainages.
Alors qu'on demande un casier judiciaire vierge, disait Françoise, au fonctionnaire, Benjamin Morel.
Oui, mais vous ne postulez pas pour devenir fonctionnaire. Quand vous voulez devenir président de la République, vous postulez pour un mandat électoral. Et donc, à partir de là, si vous voulez, il y a une forme de responsabilité de l'électeur. L'inigibilité a été pensée pour protéger l'électeur contre des erreurs qu'il pourrait faire au fond. Mais malgré tout, il y a une responsabilité de l'électeur dans les choix qu'il fait.
Et là, en l'occurrence, si des électeurs considèrent que Marine Le Pen, avec un bracelet électronique, Marine Le Pen, condamnée, si elle ne fait pas appel, si elle ne se pourvoit pas en cassation, ce ne sera a priori pas le cas, et bien condamnée définitivement n'est pas digne de la fonction présidentielle, libre à eux de ne pas les lire. En revanche, si jamais on devait dire, demain, toute personne condamnée ne peut pas se présenter, outre que ce serait une atteinte au droit qui serait importante pour les potentiels éligibles, ce serait également une atteinte portée au droit de l'électeur.
Si demain, vous voulez voter pour quelqu'un condamné, vous le savez, vous le faites, c'est un choix politique.
C'est un choix politique. Qu'est-ce que vous en dites, Adèle Zulfi-Karpasic ? Adélaïde, pardon.
Pardon, excusez-moi Adélaïde. En tout cas, je ne me prononce pas sur le fond. En revanche, effectivement, je trouve qu'il y a une ambivalence, parce que pendant assez longtemps, on l'a mesuré dans les enquêtes d'opinion, quand on questionnait les Français sur leur rapport à cette affaire, et sur le lien, justement, sur le rôle que jouait la justice.
Au moment du rendu du premier jugement, ils ont plutôt témoigné une forme d'indifférence, et globalement, quand même, ce qui prévalait, c'était, on a confiance dans la justice, la justice fait son travail, et quand l'entourage de Marine Le Pen, Marine Le Pen elle-même, ont essayé de jouer la victimisation, le procès en déni de démocratie, etc., les électeurs n'ont pas suivi.
Ils avaient toute confiance dans la justice, donc, aujourd'hui, je trouve qu'il faudrait que la logique de l'électeur aille jusqu'au bout, et qu'il continue d'avoir foi dans la justice, qui a fait ce choix, et effectivement, dans le communiqué qui a été rendu par la Cour, elle estime avoir pris en compte la liberté de candidature, comme l'a rappelé Magdalena Morel, et la liberté des électeurs.
Liberté de candidature et liberté de choix des électeurs, ce sont effectivement parmi les termes de l'arrêt rendu cet après-midi, qui ont prôné, en tout cas, dans ce choix d'une inéligibilité déjà purgée. Et ça, c'est quand même assez rarissime. Alors, le dossier est rarissime en soi, donc on n'a pas... C'est jamais arrivé, ce cas de figure, Benjamin Morel ?
Alors non, c'est pas arrivé comme tel, en effet. On a pu avoir des affaires qui se sont produites pendant les élections présidentielles. Je ne vous fais pas un dessin sur l'affaire Fillon. On a pu avoir des gens précédemment condamnés qui, eh bien, pouvaient se présenter aux élections présidentielles. En revanche, avoir une candidature potentiellement sous contrainte, non, en effet, là, il n'y a pas vraiment de précédent. Ça pose des questions pratiques, pragmatiques, et puis derrière, ça pose des questions d'articulation, évidemment, entre le temps judiciaire et l'action judiciaire, et de l'autre côté, l'organisation d'une campagne. Vous pouvez me poser des questions de droit ce soir.
Typiquement, si jamais elle a un bracelet électronique demain et qu'elle rentre à l'Elysée, quel poids de l'immunité présidentielle ? Je ne serais pas vraiment vous répondre. On a simplement des supputations, des théories, tout bêtement, parce qu'on n'a pas de précédent. Et à défaut de jurisprudence, à défaut de précédent, on est un peu désarmé.
Ça veut dire que ce serait une interprétation ?
Bien sûr, mais le droit, c'est de l'interprétation. Si vous voulez, le texte peut dire quelque chose, mais in fine, comment est-ce que vous mettez en musique ce texte ? Dans un cas très concret, forcément, il y a une marge d'appréciation. Si jamais demain, elle est candidate, l'une des personnes sur lesquelles reposera beaucoup cette élection, ça va être le juge d'application des peines. À quel moment et dans quel cadre l'application de la peine avec bracelet électronique pourra être menée ? De l'autre côté, à quel moment il pourra y avoir éventuellement une libération conditionnelle qui lui permettrait de se passer de cet instrument de joaillerie ?
Tout ça, ça va être des questions qui vont être posées et sur lesquelles l'articulation avec une campagne électorale qui répond évidemment à des impératifs de réactivité politique, d'action politique mise en scène, théoriquement, ça s'articule en effet assez mal. Et là, en effet, je vous confirme qu'on n'a pas vraiment de précédent et donc assez peu de réponses.
Maxence Lambert ? Elle laisse toujours une grande part à l'intuition politique et quand elle va à Whirlpool, à Amiens, elle improvise ce déplacement dans l'entre-deux-tours de la campagne présidentielle de 2017 et je ne la vois pas subir des contraintes tels qu'un juge d'application des peines pourrait les poser dans quelques jours. Donc c'est vrai que je m'avance peut-être un petit peu et je serai démenti dans 40 minutes, mais c'est vrai que Marine Le Pen candidate avec un bracelet, c'est assez difficile à imaginer. Après, elle fait peut-être aussi ce choix délibéré. Elle a installé Jordan Bardella consciemment depuis des années. Elle a voulu lui confier de plus en plus de responsabilités.
Elle a construit la marque Bardella. Cette marque fonctionne en apparence et elle peut tout à fait lui confier les rênes de la candidature à l'Elysée, sachant qu'ils sont montés ensemble dans la même voiture pour rejoindre les studios de TF1. Ils peuvent aussi être tous les deux sur le plateau du 20h ce soir et la passation de pouvoir, la passation de flambeau pourrait se faire en direct sur le plateau. En tout cas, ils ont quitté le siège ensemble à l'arrière d'une même berline.
Donc ce serait une mise en scène pour une séquence extra-ordinaire.
La mise en scène, de toute façon, elle est déjà prévue. Il y aura un déplacement du futur candidat potentiel Jordan Bardella cette semaine. Donc Jordan Bardella sera potentiellement candidat ce soir et sur le terrain demain ou après-demain. Ce scénario-là est quand même le plus crédible. C'est ce qui a été le travaillé le plus longtemps. La candidature Bardella, la direction de la communication est déjà prête. Enfin, je veux dire, c'est une...
En fait, le Rassemblement national est prêt à partir en campagne quel que soit son candidat. Il s'est préparé depuis des semaines.
Bien sûr, depuis le 31 mars 2025. Ça laisse quand même une bonne année de préparation pour ce scénario.
Et les Français l'ont parfaitement intégré, je pense, puisqu'on évoquait tout à l'heure dans votre introduction, vous parliez des sondages d'intention de vote qui aujourd'hui, quelle que soit la configuration, que ce soit Marine Le Pen ou Jordan Bardella, le candidat du RN, font la course en tête. Et vous avez aussi souligné que Jordan Bardella avait un léger avantage. C'est vrai qu'on le mesure les uns les autres autour de 33, 36. On la mesure, elle, autour de 31, 32. Je pense que ce décalage, il est simplement lié au fait que les Français ont intégré le fait qu'il serait le candidat parce qu'il y a un an, elle a été condamnée à 5 ans d'inigibilité.
Donc voilà, ce n'est pas un avantage idéologique ou de personnalité. C'est un avantage qui concrétise le fait que les gens se projettent dans une élection avec Jordan Bardella.
Et il est même devant elle dans certains sondages.
Oui, il est devant elle, ce que je dis, mais ce léger avantage, il est la traduction du fait que les gens se projettent plus avec lui qu'avec elle.
Et elle a détesté les sondages où elle n'était pas testée car il en a eu quelques mois après sa condamnation.
Bonsoir Christophe. Bonsoir. Soyez le bienvenu sur France Inter, nous vous écoutons.
Écoutez, je me demandais si la condamnation de Marine Le Pen n'était pas paradoxalement quelque chose qui pourrait renforcer le RN dans une posture en disant qu'ils sont victimes d'une décision influencée par le système.
Merci Christophe. Je pose la question à Benjamin Morel.
Alors, ça peut éventuellement mobiliser une partie de l'électorat, mais la réalité c'est que l'électorat est déjà très mobilisé. Il y avait, il y a encore quelques années, un problème de mobilisation de l'électorat RN. Je parle sous votre contrôle. Aujourd'hui, c'est beaucoup moins le cas. Et donc dans ce cadre-là, on voit qu'on a une mobilisation qui peut éventuellement s'étioler au cours de la campagne. Le RN part toujours très haut et finalement perd beaucoup de points durant la campagne, durant l'année de la campagne. Ça a été le cas en 2017, ça a été le cas en 2022.
Mais là, penser que tout d'un coup, il y aurait un mouvement de colère alors que l'électorat RN a lui-même enregistré potentiellement ce passage de flambeau, c'est quelque chose auquel je crois peu. En revanche, il y a des questions qui se posent sur le profil de Jordan Bardella. Il y a une très bonne étude qui est parue sous la plume de Raphaël Durca pour la Fondation Jean Jaurès qui montre que quand même dans l'électorat RN, il y a des doutes sur cette candidature Bardella dans ce cadre-là.
Il y a des doutes sur sa solidité.
Sur sa solidité, sur le profil de cette candidature. Elle a en effet travaillé depuis un an. Marine Le Pen, elle est travaillée depuis 20 ans. Et donc, on a quand même aujourd'hui un problème de solidité de la candidature. Et il y a cet aspect-là qui va être pris en compte ou qui a été pris en compte dans la réflexion des chefs à plume du parti tout à l'heure. Il y a un autre élément, c'est qu'il y a une question de ligne entre les deux. Mais il y a également une question d'entourage. Et donc, à partir de là, ce n'est pas tout à fait la même équipe qui va faire campagne. Et ce n'est pas tout à fait la même équipe qui sera aux commandes si c'est Marine Le Pen et si c'est Jordan Bardella.
Ce ne sera pas tout à fait la même équipe, mais il y a eu la semaine dernière des nominations, justement, pour préparer la campagne.
Montrer l'unité, montrer que elle, c'était lui et lui, c'était elle. Donc, oui, ils ont affiché une même direction de la communication, des mêmes porte-parole. Quatre porte-parole ont été nommées. Le directeur de campagne est déjà nommé. Donc, oui, il y a eu la volonté et le rassemblement à Liévin de samedi soir était aussi là pour ça. De montrer qu'il ne formait qu'un seul et même parti et une seule et même candidature. Ce qui est complètement faux, puisque la campagne présidentielle est l'élection la plus incarnée qui soit. Et on n'élit jamais un parti, on élit d'abord une personne. Et donc, imaginez que les deux vont fusionner dans une seule et même campagne. Ça n'existe pas.
Et vous avez raison de parler des entourages. Les entourages, déjà, craignent d'être mis sur la touche par l'équipe Bardella, qui est une petite équipe. Il y a très peu de fidèles, notamment à l'Assemblée nationale. Et ils se projettent difficilement sur une campagne ou bisounours, où tout le monde se retrouve dans une même équipe, autour d'une même table, tous les matins. Ce n'est pas ce qui est projeté, en tout cas, par les proches de Marine Le Pen.
Donc, ce serait une unité de façade.
En tout cas, ils ont besoin de montrer une unité. C'est pour ça aussi qu'ils arrivent ensemble dans la tour TF1 en ce moment même. Ils ont besoin de montrer ça pour leur électorat. Évidemment, le message sera martelé toute la semaine. Mais bien sûr que dans le concret et dans quelle réforme des retraites on propose et quel message à l'égard de Vladimir Poutine on a, bien sûr qu'il y a des différences.
Oui, à l'instant, cette dépêche qui nous apprend que la procureure générale prendra sa décision la semaine prochaine concernant un éventuel pourvoi en cassation. Qu'est-ce que ça pourrait changer, Charlotte ? Beaucoup de choses. Parce qu'un pourvoi en cassation, c'est suspensif de la peine. Donc, ça veut dire que, de nouveau, on revient au même état qu'on l'était en attendant l'appel. Et donc, on repousse le délai de l'exécution de sa peine définitive, si elle le devenait. Mais on a effectivement la Cour de cassation qui avait déjà anticipé cette possibilité-là, notamment venant de la défense.
Mais ça peut également venir du parquet général qui, aujourd'hui, on doit le dire, a quand même vu prononcer des peines nettement inférieures à celles qu'il avait réclamées lors de ses réquisitions et notamment sur la question de l'inéligibilité puisque le parquet général avait requis la même peine que celle prononcée en première instance de 5 ans. Dans ce cas-là, si pourvoi en cassation, la Cour de cassation avait d'ores et déjà annoncé qu'elle le ferait dans un délai accéléré, dans un calendrier accéléré, donc avant 2027.
Mais l'hypothèse où il y a rejet d'un pourvoi, par exemple, et que la peine devient définitive, ça veut dire que, dans ce cas-là, on serait au même stade qu'aujourd'hui, en janvier prochain. Et donc, ce qui, là, complique encore plus la donne pour une possible campagne. Donc, la question est de savoir si c'est favorable ou pas à Marine Le Pen et ça va aussi ce qui va se décider du côté du parquet général.
Reste un dernier point qu'il a et de la jurisprudence sur lequel tous les juristes ne sont pas d'accord mais il semblerait qu'en cas de pourvoi en cassation, on revienne, donc ça suspend la peine d'aujourd'hui, mais on revienne à l'exécution de la peine de première instance, à savoir les 5 ans d'inéligibilité.
Non mais c'est vertigineux cette affaire.
C'est vertigineux et extrêmement complexe.
Bien sûr, ça veut dire que potentiellement, en janvier 2027, la peine d'un an de prison ferme sous bracelet commence à s'appliquer. En janvier 2027. Donc, on rentre dans l'inédit, c'est évident. Dans l'inconnu. En tout cas, sachez que toute l'après-midi, cette hypothèse a été travaillée et toute l'après-midi, les avocats de Marine Le Pen étaient là et ont essayé de la conseiller. Et cette longue réunion, qui a duré près de 4 heures, a été en partie occupée par ce raisonnement juridique et ce raisonnement de calendrier tout simple, tout bête. Est-ce que c'est crédible, cette candidature ?
Bonsoir, Anne. Oui, bonsoir. Soyez la bienvenue.
Ah ben, je vous entends bien. Merci beaucoup, mais est-ce que j'entendais pas du tout le standardisme ?
Eh ben, on vous entend très bien, alors. On vous écoute, Anne.
Oui, mais écoutez, moi, je suis absolument ravie, enchantée. J'attendais avec grande impatience et j'espère qu'il ne va pas y avoir de pauvres en cassation parce que je suis vraiment très, très contente. Ça fait très longtemps que j'attends de pouvoir voter pour elle. Et vraiment, pour moi, c'est une excellente nouvelle. Et puis, je vous remercie aussi de faire un petit peu...
Vous voulez dire que vous pensez qu'elle va se présenter malgré le bracelet électronique ? Vous souhaitez qu'elle se présente quand même ?
Ah oui, absolument, absolument. Je crois qu'elle se présente parce que, je veux dire, bon, Jordan Bardella n'a tout de même pas la même expérience. Elle, elle a une très grande expérience. Bon, elle a des idées, enfin, ses idées, même si elle les transmet à Jordan Bardella, bon, c'est pas du tout la même chose. Je veux dire qu'elle, elle est vraiment... C'est une femme très intelligente et, bon, c'est son programme...
Et le bracelet électronique et cette condamnation à un an, ça ne vous dérange pas ?
Non, non, non. Je pense qu'il faut qu'elle aille au bout de vie. Maintenant que la justice a tranché, non, moi, personnellement, je pense qu'on a vraiment, vraiment besoin du RN pour redresser la France parce que je trouve qu'on va complètement à volo. Plus, ça va pire fait.
Et c'est elle qui portera le mieux cette candidature. Merci. Merci, Anne. Adélaïde Zulfi, car pas si de vous, vous êtes de l'Institut Ipsos. Est-ce que le témoignage d'Anne, il est assez représentatif des électeurs du Rassemblement National qui, comme elle, semble-t-il, ont toujours suivi Marine Le Pen ?
Il l'est en partie, en tout cas, il l'est si on gratte sous le papier. Pourquoi je dis ça ? Parce qu'on l'a rappelé tout à l'heure, dans les intentions de vote, pour l'instant, Jordan Bardella est mesuré un peu plus haut que Marine Le Pen. Et à la question aussi de savoir, une question qu'on pose régulièrement, qui est, pour chacune des personnalités suivantes, est-ce que vous seriez satisfait s'il était président de la République ou présidente ? On voit que les électeurs, les militants, les sympathisants Rennes nous répondent oui à 95% pour Jordan Bardella, oui à 92% pour Marine Le Pen. Donc il y a un très léger avantage à Jordan Bardella.
Mais, et c'est là que je dis quand on gratte sous le papier, quand on regarde notamment des enquêtes qui nous montrent un peu la perception de l'image détaillée de l'un et de l'autre, d'une part, ils sont quand même très proches dans l'esprit à la fois des Français en général, mais des électeurs Rennes en particulier, beaucoup de proximité, très peu d'écart de perception, sauf sur deux points, et qui, à mon avis, sont structurants pour une campagne présidentielle. Le premier, c'est que Jordan Bardella, on nous dit qu'il incarne davantage le renouvellement que Marine Le Pen.
À la question, par exemple, de savoir si on pense que l'un ou l'autre veut vraiment changer les choses, on nous dit un peu plus oui pour lui. Mais ça, ça peut se retourner contre lui, ce renouvellement, ce changement, cette modernité, ça peut aussi le traverser l'inexpérience potentielle. Et à contrario, Marine Le Pen, dans ses traits d'image spécifique, qui la distingue de Jordan Bardella, on a toute une série d'éléments qui ont trait à la stature institutionnelle. On nous dit davantage qu'elle a la stature pour être présidente. Oui, pour 42% des Français, 38% seulement pour Jordan Bardella.
Elle est perçue comme beaucoup plus solide sur les enjeux internationaux, 37% contre 31% seulement pour Jordan Bardella. Et ça, c'est important parce que, compte tenu du contexte géopolitique que l'on connaît actuellement, cette question des sujets internationaux, elle va être centrale. Et globalement, elle nous dit aussi qu'elle est mieux entourée pour gouverner et pour faire campagne. Donc je pense quand même que globalement, parce qu'elle a réussi à changer son image au fil du temps et au fil de ses trois premières candidatures, je pense que globalement, elle est plus solide et que les sympathisants RN seraient prêts à la suivre. Maxence ?
Non mais ce qu'Anne dit, on l'a entendu à Hénin-Beaumont, on l'a entendu à Perpignan, on l'a entendu à Marseille, on l'entendra à Montargis. Anne, elle est à coup sûr très représentative du moment. Ensuite, on est en juillet 2026. Et au fond, on ne sait pas vraiment quelle sera la campagne de Jordan Bardella et à quoi va ressembler cette première campagne présidentielle pour lui. Pour l'instant, c'est un candidat très prudent, prudent, très méfiant notamment, beaucoup moins instinctif qu'elle, beaucoup moins à l'aise finalement qu'elle.
Et aussi beaucoup plus jeune. La première fois qu'elle s'est présentée à une élection, il n'était pas né encore, Jordan Bardella.
Exactement, il a 30 ans et elle en aura 58 au mois d'août. Et donc, bien sûr que cet écart est énorme, mais je pense que ce n'est pas rien si tous les adversaires, tous les adversaires du RN préféraient Jordan Bardella. Aujourd'hui, dans tous les échanges qu'on a, il n'y a aucun doute, à chaque fois qu'on en parle, à un ministre, à un député, à un conseiller, à Jean-Luc Mélenchon, à François Hollande ou à Gabriel Attal, tous préfèrent voir Jordan Bardella en face d'eux en se disant qu'il ne tiendra pas le rythme et qu'il s'effondrera à un moment ou à un autre, que ce soit dans le débat d'entre-deux-tours ou avant, mais il n'arrivera pas à tenir aussi bien que Marine Le Pen l'a fait.
Benjamin Morel ? Oui, en effet, c'est aujourd'hui un peu ce qui court. C'est-à-dire que vous avez un Jordan Bardella qui manque tout de même d'une forme d'épaisseur politique. Il n'a pas construit ce rapport très particulier avec l'électorat. Marine Le Pen, eh bien, beaucoup de ses électeurs l'ont vu grandir, l'ont vu souffrir, souvenez-vous. Évidemment, quand elle exclut son père, quand son père décède, et même plus tôt, d'une certaine façon, eh bien, beaucoup ont grandi avec l'image de Marine Le Pen. Ce lien très particulier avec les Français, il n'est pas donné à tout le monde, ce qui fait son épaisseur dans l'opinion.
L'autre élément, et lorsque vous élisez un président de la République, ça rentre en compte, est-ce que vraiment vous donnez le bouton nucléaire à la personne pour qui vous allez voter ? En l'occurrence, quand vous avez quelqu'un qui n'a pas eu de responsabilité politique, qui est relativement jeune, c'est moins évident que pour une personnalité qui s'est présentée déjà trois fois à une élection présidentielle. On peut dire que se présenter trois fois à une élection présidentielle et ne pas la gagner est une tare et un problème.
Eh bien, il faut le dire à François Mitterrand ou à Jacques Chirac parce que souvent, justement, c'est dans cette répétition que le lien se construit et ça, évidemment, ça ne se crée pas un an, non. Ce qui ne veut pas dire que Jordan Bardella perdra, ce qui ne veut pas dire que c'est également un mauvais candidat, mais en revanche, il est vrai que Marine Le Pen a là-dessus une épaisseur.
Elle a plus de solidité, elle a toute cette expérience.
Elle a un sens politique, un sens politique qui est évident et que tous ses adversaires lui reconnaissent. Lui n'a pas encore eu le temps de l'acquérir et donc, pour le RN, c'est évidemment une candidature qui n'est peut-être pas une mauvaise candidature, mais qui est une candidature beaucoup moins évidente et beaucoup moins sûre.
Vous dites, elle a le sens politique. Maxence Lambrecq, ce serait quand même la première fois que, depuis l'existence du FN puis du RN, qu'il y aurait un candidat à la présidentielle qui ne s'appellerait pas Le Pen.
C'est sûr, depuis 1972 et la création du parti par Jean-Marie Le Pen, évidemment, depuis 88, il y a toujours eu un Le Pen.
C'est quand même historique.
Oui, 88, c'est ma année de naissance. Donc, vous voyez, j'ai 37 ans, ça fait 37 ans, donc il y a toujours eu un Le Pen à la présidentielle. Ce qui est, bien sûr, un moment où on est en train, on se rapproche potentiellement d'un moment de l'histoire du FN, en tout cas, puisque si Marine Le Pen se soit renoncée à être candidate, peu de chances qu'elle le soit cinq ans plus tard. C'est possible. 2032, ce n'est pas si loin et la peine sera bel et bien purgée. Mais c'est vrai que c'est un moment de l'histoire du parti qui s'écrit. Beaucoup ont rejoint ce parti pour elle et avec elle et ont beaucoup de mal à s'imaginer avec lui, pour lui et dans sa roue.
Il a prouvé avec sa nouvelle relation avec Maria Carolina de Bourbon des deux Siciles qu'il n'était pas tout à fait du même bois qu'elle. Elle qui a toujours voulu garder sa vie privée bien cachée et a toujours fait très attention à éloigner ses enfants et son couple de la vie publique. Lui a voulu et a assumé dans Paris Match ses images et cette relation-là, eh bien, ça donne déjà un slogan Jordan Bardella de Monaco. C'était le cas en meeting ce week-end avec Edouard Philippe qui parle des petits fours de Monte Carlo. C'est un angle d'attaque qui continuera sans doute d'être brandi tout au long de la campagne là où Marine Le Pen sur ce terrain-là n'avait pas ou très peu d'accroche.
Adélaïde Zulfi-Karpazic, c'est quelque chose qui ressort du côté de vous ?
On ne mesure pas encore les effets de la relation affichée de Jordan Bardella ou de son apparition au Grand Prix de Formule 1 de Monaco puisque c'est de ça dont on parle. Mais effectivement, c'est à double tranchant. Peut-être qu'on en verra les effets si c'est un axe de campagne vraiment brandi par ses adversaires. Il y a deux façons de voir les choses. Soit, c'est au contraire, il incarne un peu le rêve notamment sa relation avec la princesse ça peut être un peu l'accès au comte de Disney qui fait rêver pour une partie de son électorat.
Pareil sur on en est nous aussi on a accès à ce monde-là pourquoi est-ce qu'il nous serait fermé et en même temps je pense effectivement qu'il y a aussi un risque et je pencherais plutôt vers ce risque-là d'un sentiment par rapport à Marine Le Pen qui donnait vraiment l'impression d'être en empathie réelle avec son électorat un sentiment potentiellement de légère déconnexion avec on lui a fait des reproches en bling bling gris si vous me passez l'expression et voilà donc il y a un risque potentiel et là il a ouvert une brèche pour la critique de ses adversaires.
Et ça se renforce avec les liens qu'il essaie aussi de nouer avec le MEDEF le grand patronat Jordan Bardella ?
Ah c'est sûr il cherche beaucoup plus que Marine Le Pen à être dans une campagne sarkoziste et il a Sarkozy et Nicolas Sarkozy pour modèle il a déjà été le voir plusieurs fois dans ses bureaux de rue Miroménil là où Marine Le Pen a vraiment combattu Nicolas Sarkozy tout au long de sa carrière et ne s'est jamais revendiqué de droite lui revendique un éthos de droite ce sont ses termes et c'est déjà une grande distinction entre les deux.
Bonsoir Yann
Bonsoir
Soyez le bienvenu sur France Inter nous vous écoutons
Oui nous faisons tous un peu de politique fiction dans cette affaire et donc j'aimerais que vos invités me disent ce qu'ils pensent de cette hypothèse si Jordan Bardella est candidat du RN et qu'il était élu en 2027 est-ce qu'il pourrait nommer Marine Le Pen première ministre ?
Ah bonne question je commence par qui ? Benjamin Morel ?
Alors juridiquement oui c'est-à-dire que l'inéligibilité de toute façon là elle n'écoperait pas mais quoi qu'il arrive eh bien ça ne vaut pas pour une fonction ministérielle donc théoriquement les fonctions ministérielles pour le coup le président a une grande grande capacité d'action dessus dès lors qu'il est d'accord avec son premier ministre donc oui elle peut le veut-elle ensuite elle a toujours exclu jusqu'à présent cette option-là ce serait pour elle pourtant un poste de pouvoir puisque celui qui tient le pouvoir sous la Ve République c'est pas le président c'est celui qui tient une majorité premièrement et juridiquement du point de vue de l'organisation de l'administration le pouvoir est bien plus à Matignon qu'à l'Elysée ça pourrait être une façon paradoxalement pour elle d'exercer effectivement le pouvoir jusqu'à présent Marine Le Pen a toujours considéré qu'un premier ministre c'était quelqu'un qui élargissait sa majorité que Jordan Bardella pouvait aller mordre dans la droite plus classique et que donc c'était un premier ministre crédible elle-même n'élargirait pas forcément une majorité pour Jordan Bardella donc pour l'instant c'est quelque chose qui est exclu mais peut-être tout à l'heure sera-t-elle candidate après avoir exclu de se présenter sous un bracelet électronique donc les exclusions en politique c'est quelque chose
qui est avec une date de péremption c'est ce que disait notre auditeur on fait de la politique fiction
elle a pour modèle pour contre-modèle son père son père qui n'a jamais lâché le parti qui est toujours resté là après son arrivée et sa prise de pouvoir en 2011 et elle en parle souvent comme une sorte de traumatisme parce qu'il allait se mêler de la moindre investiture au municipal et ce modèle-là d'espèce de président qui en fait a derrière lui derrière elle un mentor et un tuteur c'est pas du tout le modèle qu'elle souhaite voir se reproduire
elle en a beaucoup souffert avec son père
ah oui jusqu'à l'exclure en 2015 bien sûr mais donc je pense que en tout cas de manière spontanée elle n'ira pas s'accrocher à Jordan Bardella avec une promesse d'un poste avec une espèce de binôme qui serait créé je pense qu'elle le laisserait en partie libre de ses expressions et de ses nominations
et qu'est-ce qu'elle ferait alors ?
Elle peut tout très bien s'occuper de ses chats et de ses fleurs elle m'en a déjà parlé après la campagne de 2017 je veux dire c'est une hypothèse qu'elle a toujours eu en tête et d'ailleurs au moment où la présidentielle de 2022 arrivait quand on lui posait la question mais avez-vous envie ? Mais non j'ai pas envie je n'ai pas envie d'être candidate et elle l'avait dit publiquement donc Marine Le Pen n'est pas non plus dans une relation complètement je ne sais pas quel est le bon adjectif mais mais en tout cas ce n'est pas ce n'est pas une obsession d'être candidate à l'Elysée et c'est ce qui renforce mon intuition qu'elle ne le sera pas
alors que ce serait sa quatrième candidature
oui et peut-être que son échec de 2017 dans le débat c'est aussi une sorte de refus d'obstacle tellement l'Elysée l'impressionne et au fond je ne suis pas complètement sûr qu'elle soit triste d'aller sur une autre vie une autre carrière elle a 57 ans elle peut s'imaginer autre chose
en revanche pour reprendre l'hypothèse formulée par votre auditeur moi la question que je me pose c'est par rapport à ce qu'on a évoqué précédemment et notamment des fragilités potentielles de Jordan Bardella est-ce qu'elle n'aura pas un moment un enjeu de responsabilité qui fait qu'elle va devoir peut-être s'arrimer quand même à lui pour faire gagner le RN c'est une hypothèse que je pose sur la table mais je pense que c'est une possibilité c'est tout à fait juste
il faut garder les électeurs de Nimbomont non mais c'est vrai et pas seulement les électeurs populaires
effectivement parce que lui en allant du côté du MEDEF du patronat etc peut perdre une partie de l'électorat qui rappelons d'où vient l'électorat de Marine Le Pen c'est un électorat qui pendant un temps classe populaire a plutôt voté à gauche qui pourrait retourner vers Jean-Luc Mélenchon pour partir d'entre eux donc il y a quand même un enjeu à mon avis de réassurance et peut-être qu'elle va devoir à un moment faire un ticket avec lui pour ces raisons-là pour vraiment un enjeu de responsabilité par rapport à ses électeurs et à l'histoire du parti
et au fond ça ne changerait pas tellement la routine qui est le cas depuis 2024 ils montent sur scène tous les deux toujours et c'est l'un puis l'autre l'un avec l'autre et les discours s'enchaînent et Jordan Bardella et Marine Le Pen ont fait déjà campagne ensemble lors des européennes de 2019 de 2024 et lors des élections législatives
Mais au fond au dat de la façade est-ce que c'est pas un test grandeur nature de la solidité du Rassemblement National cette affaire ce qui se joue là Maxence ?
Oui évidemment que c'est un moment assez vertigineux et bien sûr que c'est un test il va falloir garder cette ligne garder cette unité essayer de porter un seul et même discours dans les jours à venir et bien sûr qu'ils ne s'attendaient pas à un tel calendrier et quand la peine du 31 mars 2025 est tombée ça a été un choc ils ont essayé de préparer ce moment et donc là en ce moment dans les minutes à venir ils vont devoir dévoiler leur carte
Oui c'est un test grandeur nature effectivement sur la solidité du parti Benjamin Morel qu'est-ce que vous en dites ?
Oui c'est un test grandeur nature avec malgré tout une limite c'est qu'il n'y a pas vraiment de candidature alternative ni de possibilité de dissidence c'est-à-dire qu'il peut y avoir des gens entre guillemets purgés il peut y avoir des gens qui quittent la maison il peut y avoir des gens mis de côté on évoquait concernant les entourages notamment la position d'une Marine Le Pen qui d'une certaine façon en n'y allant pas sacrifierait politiquement ses proches néanmoins c'est des gens qu'on mettrait de côté c'est pas des gens qui formeraient un autre parti alternatif les partis alternatifs qui se sont construits à côté du RN que vous preniez les patriotes de Florian Philippot ou les MNR de Bruno Maigret tout ça a en vérité une portée relativement faible parce que derrière vous avez un clan vous avez une structure extrêmement disciplinée et donc à partir de là les dissidences quand elles existent en fait se marginalisent d'elles-mêmes
si bien disciplinées qu'on ne connait pas sa décision c'est quand même assez remarquable puisqu'ils ont été une bonne vingtaine au siège du RN à se réunir pendant plusieurs heures tous connaissent bien sûr la décision et il est à 19h53 et rien n'est sorti donc le parti est tenu
voilà et nous on attend on attend de savoir ce que Marine Le Pen va dire un peu après 20h on a une note vocale de Stéphanie justement sur l'inéligibilité oui bonsoir le téléphone sonne moi il y a quand même quelque chose qui m'interpelle comment les juges ont pu considérer qu'elle avait purgé sa peine d'inéligibilité alors que en fait elle n'a jamais été inéligible depuis sa condamnation en première instance je ne comprends pas merci beaucoup ça c'est une question pour vous Charlotte Piré en fait elle l'a été parce qu'elle a perdu l'un de ses mandats elle a perdu son mandat de conseillère départementale elle n'a en revanche pas perdu son mandat de député parce que la jurisprudence est ainsi faite et notamment l'interprétation du conseil d'état que même en cas d'exécution provisoire ce qui était le cas de la décision de première instance on ne suspend pas on ne démet pas de ses fonctions de parlementaire ou de redéputé également un parlementaire qui est condamné à une inéligibilité donc ça n'a pas été le cas pour son mandat de député mais ça l'a été pour son mandat de conseillère départementale on a Adrien sur Whatsapp qui nous dit je trouve cette décision honorable pour la justice elle renvoie Marine Le Pen à ses responsabilités à son éthique ainsi qu'à la nôtre qu'est-ce que vous en pensez Maxence Lambrec ?
Adrien dit que c'est une décision honorable pour la justice parce que finalement elle renvoie Marine Le Pen à ses responsabilités à son éthique et à nous les électeurs en fait
et c'est cette espèce de juste milieu qui a été cherché par la cour d'appel cette séquence judiciaire est quand même la preuve que l'état de droit fonctionne bien en France puisqu'il y a eu un jugement de première instance en toute indépendance il y en a eu un deuxième aujourd'hui en toute indépendance que oui il laisse la possibilité à Marine Le Pen d'être candidate l'inéligibilité est tenue la peine est tout pile calculée pour qu'elle soit déjà purgée mais c'est vrai que ce jugement pour l'instant est très peu remis en cause par la classe politique par le monde politique et ce qui est déjà un signe et bien sûr que les magistrats avaient en tête le climat du moment et toutes les attaques dont ont été victimes les jugent
Oui clairement Charlotte Piré la cour d'appel n'a pas voulu interférer sur cette élection présidentielle c'est vraiment une décision très particulière qui a été prise ce soir en tout cas elle n'a pas voulu interférer effectivement avec cette question de l'inéligibilité puisqu'il y a quand même une peine de prison qui a été prononcée et d'ailleurs c'est assez curieux dans ce dossier-là parce qu'en général les peines de prison c'est quand même ce qui a le plus d'importance dans une condamnation et une peine d'inéligibilité d'ailleurs c'est une peine accessoire elle ne peut pas aller en peine principale mais ici ça a été inversé et effectivement la cour d'appel a précisé dans les quelques motivations qu'elle a j'allais dire qu'elle a dénié transmettre lors du rendu de cette décision sur le fait qu'il était important que soit garantie la liberté de candidature la liberté de choix des électeurs et donc c'est effectivement sur ces éléments-là qu'on peut interpréter aujourd'hui ce choix d'une peine d'inéligibilité à une durée qui fait qu'elle est déjà purgée puisque la cour a estimé également en ces termes que l'atteinte à la probité dont s'est rendu coupable Marine Le Pen a déjà été purgée par son exécution provisoire de la peine de première instance et la probité c'est vraiment ce qui agite ce soir particulièrement la gauche qui en fait un angle d'attaque contre le Rassemblement National
bien sûr parce que la campagne présidentielle commence et commence avec cette condamnation à une peine de prison ferme aussi pour le parti on l'oublie peut-être un peu mais le parti le Front National à l'époque le Rassemblement National est condamné c'était le douzième des prévenus aujourd'hui et donc et donc
et tous les prévenus ont été condamnés on le rappelle
oui tout à fait de Nicolas B à Bruno Golnisch et à Louis Alliot et donc cet angle existe aujourd'hui est-ce qu'il existera dans 6 mois ou dans 8 mois ou dans 10 mois avec un Jordan Bardella candidat peut-être pas et au fond c'est sans doute la meilleure manière de tourner la page que de le mettre lui en avant pour éviter que ce soit le poison lent le sparadrap de Marine Le Pen mais vous avez un bracelet mais vous avez un bracelet mais comment imaginez-vous être à l'Elysée avec votre bracelet etc c'est évidemment ça a participé de la décision de cet après-midi Jordan Bardella pour le coup n'était pas dans cette affaire alors il en aura peut-être une autre car une enquête est en cours il y a eu des perquisitions encore la semaine dernière dans plusieurs lieux et chez des prestataires du Rassemblement National à l'échelle européenne donc l'histoire n'est peut-être pas finie mais bien sûr que Jordan Bardella part avec un casier vierge
et ça ça compte chez les électeurs ou les sympathisants du Rassemblement National Adelaïd, Zulfi, Karpazic ils en parlent de ça du fait que Jordan Bardella est blanc comme neige si j'ose dire
ils n'en parlent pas forcément en fait c'est vraiment ils ont confiance dans la justice donc à partir du moment où la justice ouvre une brèche pour que Marine Le Pen se présente ils suivent la justice on parlait d'éthique et de probité il y a un instant moi la question que je me pose c'est est-ce que si Marine Le Pen décidait d'y aller puisqu'elle a la possibilité d'y aller est-ce que commencer sa campagne sur un acte qui est se dédire par rapport à la parole donnée est-ce que ce ne serait pas un peu une erreur donc c'est vraiment une question que je me pose son éthique à elle par rapport à ses déclarations il y a quelque temps du fait qu'elle ne ferait pas une campagne sous bracelet électronique
on a Jean-Louis sur Whatsapp qui nous dit pensez-vous puisqu'on parlait justement on faisait allusion à ce qui arrive à cette plainte qui a été déposée par Anticor contre Jordan Bardella Jean-Louis nous dit vous semblez oublier qu'il y a des soupçons de fraude et de détournement de fonds européens aussi sur Jordan Bardella pensez-vous que Marine Le Pen pourrait prendre le risque de lui laisser la main alors que cette nouvelle affaire pourrait venir percuter sa campagne mais au niveau du calendrier on n'en est pas là Charlotte Piré on n'est pas dans des délais qui vont perturber la campagne à ce stade ce sont des enquêtes qui sont en cours qui pour certaines ont débuté il y a peu effectivement Maxence Lambrec mentionnait des percusitions mais on n'est pas du tout au stade où on est renvoyé devant une juridiction de jugement où il y a un procès en première instance on appelle enfin bref il y a encore beaucoup d'eau qui peut couler sous les ponts avant qu'on en arrive là donc en termes de calendrier on n'est pas du tout dans cette temporalité là voilà merci Charlotte Piré merci à vous tous qui nous écoutez cette émission n'est pas terminée puisqu'on attend toujours de savoir quel va être le choix de Marine Le Pen qui va s'exprimer dans les prochaines minutes sur TF1 et bien sûr on reste avec vous jusqu'à 20h30 sur France Inter mais pour l'instant il est 20h
France Inter édition spéciale Christelle Rebière
voilà et on prolonge ce soir on joue les prolongations sur France Inter parce que Marine Le Pen doit dire dans les prochaines secondes sur TF1 si elle est candidate ou pas à la présidentielle un choix sans doute cornélien pour elle après sa condamnation réduite en appel mais qui lui vaudra un an sous bracelet électronique nous sommes ensemble jusqu'à 20h30 voilà et à l'instant on apprend que Marine Le Pen saisit la cour de cassation Ilana Remock c'est vous qui suivez son interview et qui nous faites un compte-rendu ce qu'on appelle un petit peu un verbatim au fur et à mesure
Oui à la question de Gilles Boulot comment Marine Le Pen a réagi face à cette décision elle dit j'ai été heureuse qu'on rende aux français leur liberté de vote et que la cour me rende mon inéligibilité je suis en désaccord avec l'application de l'article 132.15 du code pénal et je vais soumettre ce sujet de droit à la cour de cassation
Alors elle se pourvoie merci Ilana elle se pourvoie en cassation ça c'est quelque chose à laquelle on pouvait un scénario auquel on pouvait s'attendre Charlotte Piré ou pas tellement finalement qu'est-ce qu'elle a à gagner et qu'est-ce qu'elle a à perdre on pense surtout en termes de calendrier par rapport à une décision de la cour de cassation En fait c'est difficile de répondre ce soir à cette question parce que la jurisprudence n'est pas tranchée sur cette question évidemment avec ce pourvoi en cassation elle achète du temps c'est une certitude sa peine est de nouveau suspendue et donc elle n'est pas à ce titre aujourd'hui considérée comme définitivement condamnée ça c'est le premier point la question est de savoir si on revient ou pas à la peine de première instance et là-dessus il y a un débat parmi les juristes qui ne sont pas tous d'accord pour savoir si effectivement s'applique désormais la peine de première instance qui signifie dès lors si la réponse est oui qu'elle purgerait cette peine de 5 ans d'inéligibilité qu'elle n'a pas fini de purger c'est une des possibilités mais en fait la jurisprudence qui va dans ce sens et qui s'est déjà appliquée s'était appliquée pour un cas totalement différent de celui de Marine Le Pen et donc c'est pour ça que les juristes ne sont pas sûrs de l'interprétation donc il y a un peu un flou juridique sur cette question la cour de cassation va devoir se prononcer elle va se prononcer à quel moment parce que c'est ça alors ça elle avait déjà effectivement indiqué avant même le délibéré d'aujourd'hui qu'elle se prononcerait dans un calendrier accéléré à savoir avant 2027 pour permettre de nouveau de laisser le champ libre pour la candidature potentielle de Marine Le Pen à la présidentielle Marine Le Pen
est bien candidate à l'élection présidentielle elle annonce en ce moment sur TF1 puisqu'elle considère que son pourvoi en cassation en effet met fin à cette peine qui vient d'être prononcée aujourd'hui et donc Marine Le Pen annonce à l'instant sur l'antenne de TF1 qu'elle sera candidate à l'élection présidentielle
et Victoria Koussa nous a rejoint aux journalistes aux services politiques de France Inter aussi et elle estime d'ailleurs que ce pourvoi en cassation lui permettra de faire campagne sans bracelet électronique c'est ce qu'elle dit sur TF1 ce soir ce qui veut dire qu'elle honorerait cette promesse répétée en tout cas ces derniers jours de ne pas aller dans cette campagne ne pas se lancer dans cette campagne avec un bracelet Charlotte Piré effectivement parce que le pourvoi en cassation suspend la peine d'aujourd'hui ça c'est une certitude donc pas de bracelet électronique comme ça a été décidé aujourd'hui enfin pas en tout cas de peine à exécuter sous bracelet électronique et pas non plus de peine d'inéligibilité d'aujourd'hui mais toute la question est de savoir si on revient à la décision de mars dernier et donc cette peine d'inéligibilité de 5 ans et là dessus effectivement les juristes ne sont pas d'accord donc je suis bien en peine de vous donner une réponse ferme et définitive donc on ne sait pas donc il y a encore un suspense assez insoutenable pour la suite
la cour de cassation s'est engagée à répondre avant janvier 2027 donc en janvier 2027 au plus tard la cour de cassation devra rendre sa décision et donc soit rejeter ce pourvoi et donc la peine d'inéligibilité s'appliquera et cette peine de prison d'un an ferme s'appliquera et on rentrera dans un moment complètement inédit soit le pourvoi qui n'est que sur la forme et non sur le fond sera bien prise en compte Marine Le Pen sortira victorieuse puisque sa condamnation peut tomber grâce à ce pourvoi en cassation
oui mais alors dans cette hypothèse-là ça veut dire qu'on revient à un nouveau procès et qu'effectivement alors on est de nouveau dans un nouveau calendrier mais en cas de rejet par la cour de cassation de ce pourvoi je note également que Louis Alliot est dans la même veine ce soir en cas de rejet on arrive et c'est ce qu'on expliquait un petit peu tout à l'heure on arriverait imaginons un calendrier début 2027 à la décision d'aujourd'hui et donc ça veut dire que concrètement imaginons début janvier 2027 elle est en campagne et elle doit finir sa campagne avec un bracelet électronique dans ce cas oui parce que ça voudrait dire que le bracelet électronique lui serait imaginons le scénario d'un pourvoi en cassation de la cour de cassation qui se prononce sur ce pourvoi d'ici le début de l'année 2027 ce qu'elle a annoncé en tout cas vouloir faire en cas de de de rejet effectivement on revient à la situation d'aujourd'hui et donc ça veut dire qu'on est dans le scénario où Marine Le Pen est convoquée dans un délai de 20 jours devant un juge d'application des peines pour se faire passer se placer son bracelet électronique et donc potentiellement une campagne sous bracelet électronique quand même Maxence pardon dans la dernière ligne droite la favorite du scrutin peut-être le sera-t-elle encore dans les sondages à ce moment-là ferait campagne avec un bracelet électronique qui pourrait potentiellement arriver à l'Elysée avec un bracelet électronique
quoi qu'il en coûte quoi qu'il en coûte elle est candidate quoi qu'il en coûte elle s'imagine continuer cette dynastie Le Pen et elle ne veut pas renoncer ce soir elle ne veut pas appliquer ce jugement et se retrouver avec son bracelet dans quelques semaines elle refuse cette hypothèse elle ne veut pas d'un Jordan Bardella seul en piste et en totale liberté elle préfère cette contrainte très forte et elle préfère attendre une nouvelle échéance judiciaire sachant qu'il y a eu 45 recours sur cette procédure elle s'est toujours battue contre cette procédure et bien elle continue de le faire ce soir et elle s'imagine peut-être gagner en janvier 27
Et ce qui a été aussi peut-être décisif dans cette prise de position qui a peut-être évolué par rapport à tout ce que disait Maxence sur le vertige sur cette non-envie d'y aller de Marine Le Pen
ces dernières années c'est effectivement les légères modifications de la ligne par Jordan Bardella ne serait-ce que sur les retraites
il y a eu une grande émotion en interne au RN par les propos de Jordan Bardella sur l'âge légal de départ à la retraite
qui selon lui ne veut rien dire c'est une ligne rouge aussi pour l'électorat populaire ça Marine Le Pen en a bien conscience ses lieutenants ses fidèles lieutenants ont dû peser dans cette prise de décision qu'elle annonce là sur TF1 il faut rappeler qu'au siège du RN tout l'après-midi ses lieutenants ses fidèles ses proches ses avocats aussi ont travaillé ont épluché le délibéré pour essayer de trouver comment rebondir ce temps passé à huis clos pouvait aussi vouloir dire justement cette position de ce soir d'essayer de trouver des arguments solides pour justifier
d'aller en campagne malgré tout peu importe le coût aussi de l'image la symbolique de l'image politique oui Adélaïde Zulfik-Karpazid
puisque vous êtes restée avec nous de l'institut Ipsos sur le coût de l'image je pense que justement le fait qu'elle puisse démarrer une campagne du coup sans race électronique ça lui permet de ne pas se dédire par rapport à ce qu'elle avait annoncé
c'était la question que j'allais vous poser parce que là on a l'impression qu'elle est en train de se dédire quand même
puisqu'on a de ce que j'ai compris des intervenants autour de la table pour l'instant jusqu'au on ne lui pose pas elle court le risque de l'avoir elle court le risque mais du coup moi je pense que ces électeurs je me trompe peut-être mais de ce que je se perçois d'eux dans les enquêtes je pense qu'ils vont saluer deux choses ils vont saluer la persévérance puisqu'elle dit je veux aller au bout des voies de recours donc elle a cette persévérance qui se manifeste aussi à travers le fait qu'elle a été candidate une fois, deux fois, trois fois elle s'accroche pour eux je pense qu'il y a un peu de ça je pense que ça va être perçu comme ça et pas juste dans une logique électoraliste personnelle et par ailleurs il y a aussi le fait de s'en remettre à la justice jusqu'au bout et là aussi c'est faire confiance à la justice et je pense qu'en termes de messages passés je trouve ça plutôt malin en fait finalement je m'étais demandé comment est-ce qu'elle allait s'en sortir si elle allait se lancer dans cette campagne avec un bracelet en prenant le risque de ses désirs et donc d'avoir comme premier acte symbolique d'une campagne quelque chose qui est le contraire de ce qu'ils font la confiance et je trouve que en faisant ce choix-là quelque part c'est peut-être assez malin et ça peut lui réussir
Victoria Cossa et peut-être que ce pourvoi en cassation peut aussi lui permettre d'anesthésier entre guillemets les attaques des oppositions puisque la procédure serait encore en cours et du coup peut permettre aussi justement parce qu'on entend beaucoup de politiques de figures politiques qui disent voilà on peut pas encore
se prononcer Emmanuel Macron notamment dit moi je veux pas réagir aux décisions de justice
etc. Il a refusé de réagir voilà il a refusé de réagir ça pourrait aussi anesthésier une partie des attaques et pouvoir avancer un peu plus sereinement dans cette campagne Oui mais il peut y avoir aussi des attaques dans la dernière ligne droite Maxence Lambrec
Ah bah il y a une prise de risque évidente Elle est énorme très importante bien sûr mais Marine Le Pen ne s'imagine pas autrement que candidate à la présidentielle dans cette séquence et en gros là ce qu'elle est en train de dire à l'antenne de TF1 c'est les français sont grands les français choisiront les français ils savent très bien ils connaissent tout ça
Elle s'en remet à l'électeur
et c'est un peuple majeur et c'est un peuple qui choisira et ils savent tout ils savent tout de moi et c'est en connaissance de cause qu'ils pourront voter en avril 2027
Ilana Rémog vous vous suivez l'interview que Marine Le Pen accorde en ce moment à TF1 alors faites-nous un résumé
Oui alors Marine Le Pen déclare qu'elle n'a aucun doute sur le fait de faire campagne sans bracelet elle martèle elle fera campagne sans bracelet électronique je considère que nous sommes innocents des faits qui nous sont reprochés et elle s'imagine aux côtés de Jordan Bardella elle comme présidente de la République lui comme Premier Ministre nous sommes un binôme un binôme gagnant c'est un ticket gagnant ce couple politique et elle le martèle nous nous sommes préparés nous pouvons créer un nouveau souffle sur le pays et puis elle vient de le redire elle a les mains propres puisqu'elle fera un pourvoi en cassation pour le démontrer
A noter toutefois qu'un pourvoi en cassation et effectivement Maxence le soulignait tout à l'heure un pourvoi en cassation la cour de cassation va se pencher sur un point de droit et non pas sur le fond c'est-à-dire qu'il n'est pas question pour la cour de cassation Il faut toujours le rappeler ça C'est toujours mieux en tout cas ça permet de comprendre les choses la cour de cassation elle ne va pas du tout se pencher sur la question de savoir si Marine Le Pen est coupable ou pas de détournement de fonds publics Ça c'est acté aujourd'hui par la cour d'appel La cour de cassation va se pencher sur la question de droit qui lui sera soumise par les avocats de Marine Le Pen et peut-être une autre par ceux de Louis Alliot puisqu'il a annoncé également son intention d'un tel pourvoi Elle va statuer sur ce point de droit Si elle estime que le droit n'a pas été respecté ou qu'il y a un problème juridique sur l'arrêt qui a été rendu aujourd'hui Dans ce cas-là elle peut casser cet arrêt et renvoyer devant une nouvelle juridiction c'est-à-dire un nouveau procès Si elle estime que le droit a été respecté que l'arrêt des 341 pages qui a été rendu aujourd'hui est conforme à nos règles de droit elle rejettera ce pourvoi et dans ce cas-là on arrivera en janvier probablement à la situation où on est aujourd'hui de manière totalement définitive cette fois Et la faille
qu'elle pense avoir trouvé avec ses avocats c'est l'article 432.15 qui s'applique aux députés du Parlement national donc aux députés de l'Assemblée nationale et non aux eurodéputés et donc sur cette interprétation est-ce que le droit va jusqu'à condamner des députés européens qui ont détourné de l'argent du Parlement européen c'est là-dessus et elle vient d'en parler c'est sur cet article-là qu'elle base sa défense et qu'elle base son pourvoi en cassation qui sera effectif dans les jours à venir
Donc ce sera elle devant et lui à côté elle qui se porte candidate à la présidentielle et qui propose un ticket gagnant avec Jordan Bardella c'est drôle parce que tout à l'heure Maxence vous nous disiez j'arrive pas à imaginer l'inverse
Non mais c'est vrai que j'avais du mal à imaginer Marine Le Pen candidate avec cette énorme épée au-dessus de sa tête du bracelet au dernier moment de la campagne et là elle le répète encore une fois elle sera candidate il n'y a pas de scénario où elle ne pourra pas être candidate et aller jusqu'au bout de fait le Conseil constitutionnel n'impose pas l'absence de bracelet elle pourra recueillir 500 parrainages et être éligible comme n'importe quel autre candidat
Victoria Koussa Et puis ce ticket c'est aussi un élément de langage au sein du RN pour tenter de montrer qu'ils sont sur un pied d'égalité Marine Le Pen Jordan Bardella or ce n'est pas le cas c'est Marine Le Pen la chef c'est Marine Le Pen qui dicte la ligne elle le rappelle et elle a souvent d'ailleurs rappelé à l'ordre ces derniers temps ces derniers mois Jordan Bardella son premier ministre qui d'ailleurs à la sortie du siège du RN tout à l'heure bon là c'est un peu facile de faire la lecture après avoir appris cette décision mais à regarder le visage de Jordan Bardella je pense qu'on avait déjà un peu compris
cette décision il y avait comme une forme il était comme un peu déçu un peu fragilisé par ce qui venait de se passer c'est en tout cas
mon analyse que j'ai eue à ce moment là c'était un peu c'est vraiment facile c'est du ressenti c'est du ressenti mais on sentait quand même qu'il s'était passé quelque chose dans ce huis clos au sein du siège du RN pendant toutes ces heures de discussion on sentait cette décision de Marine Le Pen d'aller au bout alors elle aurait pu accepter le bracelet faire la dernière ligne droite sans elle a fait un autre choix Charlotte Piré c'est un choix qui paraît extrêmement risque quand même c'est un choix qui est assez étonnant on peut le dire il y a une forme de cohérence à dire que dès lors qu'elle clame son innocence elle va jusqu'au bout de tout ce que la procédure pénale permet en France effectivement il y a une cohérence là-dessus après d'un point de vue purement de calcul en termes de calendrier ce choix peut sembler étonnant parce qu'un pourvoi en cassation on le disait non seulement ça ne juge qu'en droit et non pas en fond mais les pourvois en cassation qui aboutissent ils sont quand même beaucoup moins fréquents que ceux qui sont rejetés également et donc il y a aussi un effet statistique là je ne suis pas magistrate à la cour de cassation donc je serais bien en peine de vous dire si effectivement il y a un loup dans l'arrêt qui a été rendu aujourd'hui mais malgré tout on parle de magistrats de la cour d'appel qui ont travaillé très sérieusement lors des libérés et qui ont donc tout fait pour éviter que ce pourvoi aboutisse qu'un tel pourvoi aboutisse en tout cas donc oui il y a une forme de pari qui est fait de la part de Marine Le Pen la réponse sera certainement connue en janvier pour savoir si elle a eu raison de le faire ou pas Elle aime bien les paris Maxence Lambrecht mais de toute façon il fallait qu'elle y aille sinon quelque part c'était un peu le début de la fin pour elle si elle ne faisait pas cette quatrième campagne et qu'elle passait la main à Jordan Bardella
Bien sûr il n'y avait pas de en effet ça bouleversait complètement l'équilibre de ce parti qui a toujours eu un Le Pen à sa tête et bien sûr que s'imaginer un retour en 2032 était une lointaine hypothèse très peu crédible donc oui il y a eu un moment décisif cet après-midi de prise de décision je ne suis pas sûr d'ailleurs que la décision ait été prise ce matin mais plutôt cet après-midi avec les avocats avec peut-être la crédibilité de ce pourvoi en cassation est-ce que est-ce que vraiment il a des chances d'aboutir et devant cette page blanche qu'aurait été une Marine Le Pen non candidate et bien elle a décidé de garder la plume de garder le fil avec les français de garder aussi ce lien d'apparaître comme une combattante d'apparaître comme quelqu'un qui ne renonce jamais et qui va au bout et elle précise dans son interview que Jordan Bardella sera bien son premier ministre si elle est élue le 2 mai 2027
et donc tout sera dans le bon ordre si j'ose dire Victoria Koussa et d'ailleurs ce qui accrédite ce que dit Maxence sur cette prise de décision très certainement dans les dernières heures c'est tout ce qui s'est passé au palais de justice quand on a vu les amis de Marine Le Pen arriver juste avant l'audience on sentait quand même une gravité l'une d'elles me disait j'ai la boule au ventre j'arrive pas à manger depuis ce matin elle n'ira pas si elle doit purger une peine sous bracelet électronique et à la sortie pareil sur les visages des proches des députés qui étaient à ses côtés Jean-Philippe Tanguy Laure Lavalette Renaud Labaye on sentait vraiment un sentiment de vertige ils se demandaient vraiment ce qu'allait décider Marine Le Pen je pense que personne ne le savait avant cette discussion à huis clos et encore une fois ils y ont passé des heures à éplucher un peu tous ces détails avec ces conseils avec les plus hauts cadres du RN regroupés
au sein du siège donc une prise de décision tardive qui a été peut-être aussi au feeling parce que Marine Le Pen est aussi réputée en interne pour agir en fonction de ce qu'elle ressent de ce qu'elle vit du moment et peut-être que cette audience elle ne s'y attendait pas à ce scénario-là et peut-être que tout a bougé aussi en elle
ces dernières heures en début d'après-midi au palais de justice Maxence Landrec
le visuel est déjà fait c'est la renaissance pour la France voilà le slogan qui a été choisi par le RN la renaissance
pour la France déjà
déjà publié sur les réseaux sociaux pour la France la renaissance qui est aussi le nom du parti présidentiel mais c'est audacieux mais c'est ainsi la renaissance comme si cette décision d'une condamnation à une peine de prison ferme signait le début d'une nouvelle histoire et d'une nouvelle aventure alors que ça aurait pu en être la fin
donc là c'est vraiment le top départ de la campagne ce soir pour le rassemblement national
et pour tous les autres partis bien sûr et puis dans son interview elle a essayé de ne pas se cantonner à cette affaire judiciaire mais a parlé aussi des français de la vie quotidienne des français qu'elle comptait changer de ce géant qu'était la France qu'elle imaginait relever et reprendre en main en 2027
justement vous nous faites un petit résumé puisque son interview est désormais terminée il en a rémoque oui il reste quand même
un petit point d'interrogation sur sa candidature si la cour de cassation ne va pas dans son sens si la justice la rend complètement coupable qu'est-ce que la candidate ferait et Marine Le Pen le dit nous verrons nous verrons répète-t-elle et les français seront les juges Charlotte Piré qu'est-ce que ça signifie
tout est ouvert je ne peux en déduire que ce qui est dit là effectivement c'est ce qu'on disait sur le pari qui est pris c'est-à-dire que la cour de cassation a déjà signalé qu'elle allait se prononcer dans un calendrier accéléré donc ce qui permettrait d'y voir un peu plus clair en janvier mais janvier c'est très tard dans le calendrier électoral nous verrons et donc effectivement on se pose la question de si rejette son pourvoi et qu'effectivement elle se retrouve alors avec un bracelet électronique posé voilà le nous verrons visiblement c'est extrêmement énigmatique quand même Maxence Lambret comment vous l'interprétez ce nous verrons
c'est bien le parti de Jean-Marie Le Pen je veux dire c'est un parti qui a toujours été assez assez comment épicurien au fond et Jean-Marie Le Pen est un épicurien et Marine Le Pen aussi et la vie la vie avance et on verra bien ce qui arrivera demain c'est vraiment un état d'esprit familial et donc là oui il y a une prise de risque évidente mais elle le sent comme ça et donc on verra bien ce qu'il adviendra ça colle assez bien avec sa personnalité
Adéla et Zulfi Karpazic est-ce que vous diriez la même chose ça colle avec sa personnalité ça colle aussi avec la perception qu'on a d'elle
oui je pense que c'est en adéquation mais surtout moi ce qui m'a frappée c'est dans le slogan qui a été annoncé sur la renaissance pour la France je trouve qu'on parle d'elle on parle un peu du phénix qui renaît de ses cendres mais je trouve qu'elle lance vraiment la campagne parce qu'elle se positionne complètement en résonance avec les préoccupations profondes des français parce qu'il y a quelque chose qu'on note de manière très claire dans les enquêtes c'est un sentiment très fréquent très répandu de déclassement de la France une nostalgie la France était mieux avant c'est quelque chose qui irie complètement la société française et là en se positionnant sur cette thématique de la renaissance je trouve ça intéressant on a eu il y a quelques jours Édouard Philippe qui lui a parlé de croire en nous donc je dirais qu'effectivement ce soir le paysage politique commence à se clarifier en tout cas la campagne commence à se dessiner un peu et elle démarre véritablement c'est donc le début de cette campagne
Victoria Coussa la renaissance pour la France la renaissance avec deux ennemis envisées par ce slogan à la fois le parti d'Emmanuel Macron certes mais également la nouvelle France de Jean-Luc Mélenchon dans l'entourage de Marine Le Pen on cherchait vraiment une réponse aussi à ce slogan qui fait tant parler la nouvelle France et bien pour l'URN c'est la renaissance de la France une façon de répondre à ses deux adversaires politiques voilà merci merci à vous tous autour de cette table qui avait participé à cette édition spéciale donc Marine Le Pen est candidate à la présidentielle merci à tous ceux qui m'ont aidé à préparer cette émission merci aussi à ceux qui l'ont fabriqué et qui sont en face Loïc Frapsence Gaspard Guy Bourget Julien Dumont
Marine Le Pen