Européennes 2024 : discours de Raphaël Glucksmann, troisième des élections • FRANCE 24
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Chers amis, j'aimerais d'abord remercier les milliers et les milliers de Françaises et de Français qui ont permis à cette élection de se tenir une fois de plus dans notre pays, à tous ces bénévoles qui font vivre notre démocratie. J'aimerais remercier les millions et les millions de Françaises et de Français qui ont été exprimés leur vision dans ces élections, quelles qu'elles soient. J'aimerais remercier les millions de Françaises et de Français qui ont porté leur suffrage sur notre liste pour une puissance.
J'aimerais remercier tous les bénévoles qui ont participé à cette campagne fondée sur l'optimisme, la joie, la ferveur, l'amour de l'Europe, de la démocratie, de la solidarité, de l'écologie, de la justice. J'aimerais leur dire que nous serons dignes de leur confiance, que nous serons des combattants, des combattants de l'Europe démocratique, de l'Europe souveraine, de l'Europe féministe, de l'Europe humaniste, de l'Europe écologiste et de l'Europe sociale. Je suis fier de ce que nous avons fait ensemble, mais je n'ai pas l'âme à la fête. Aujourd'hui, l'extrême droite représente 40% en France.
Aujourd'hui, partout en Europe, nous assistons à une vague qui ébranle profondément nos démocraties. Nous vivons un moment de bascule, un moment historique. La guerre a fait son retour sur notre continent. L'extrême droite est en tête dans de nombreux pays européens. Dans les institutions, des ennemis de l'Europe œuvreront à la déconstruction de ce trésor commun qui est la construction européenne et la démocratie. Eh bien nous, nous leur tiendrons tête. Nous leur tiendrons tête en Europe, avec nous. Il n'y aura pas de tergiversation. Il n'y aura pas de courbettes. Il n'y aura pas de loi immigration votée avec le Rassemblement national.
L'extrême droite, nous ne jouons pas avec à chaque scrutin. Nous la combattons jour après jour. Notre responsabilité est désormais immense en Europe et en France. Notre responsabilité, c'est de combattre ce sentiment qui se diffuse de plus en plus. Le sentiment de l'inexorabilité de la prise du pouvoir par l'extrême droite. Nous, nous ne nous résignerons jamais à cela. Aujourd'hui, nous sommes à un niveau que personne, personne n'attendait au début de la campagne. Nous sommes aujourd'hui à un niveau qui nous oblige, chacune et chacun d'entre nous, qui nous oblige face à l'histoire, qui nous oblige et qui nous condamne à un combat inlassable. Alors, nous ne ferons pas la fête.
Ce que nous ferons, c'est que nous nous préparerons à la suite. Nous allons ensemble travailler, travailler et travailler, parce qu'il n'y a rien d'autre. Émerger, faire émerger ce que ce pouvoir de communicant n'a pas su faire émerger, c'est-à-dire une alternative cohérente, puissante, ferme et enthousiasmante au repli nationaliste. Ce que nous allons faire émerger, c'est un nouvel espace politique et en Europe, fondé sur l'attachement viscéral à la démocratie, à la liberté, à l'écologie. C'est un espace politique qui empêchera l'extrême droite de prendre le pouvoir.
C'est un espace politique, les amis, c'est aussi une nouvelle manière de faire de la politique, fondée sur la clarté et sur la sincérité, sur le refus des outrances, le refus des calomnies. Ce soir, nous avons tracé un début de chemin et nous devons appeler toutes les citoyennes et tous les citoyens épris de justice et de solidarité, amoureux de la démocratie, conscients de l'impératif écologique et viscéralement attachés à la construction européenne. Nous devons les appeler toutes et tous à nous rejoindre et à travailler ensemble, à la fois à l'échelle européenne et ici en France. Nous devons continuer à cultiver cette espérance qui est née pendant cette campagne.
C'est notre devoir et c'est aussi notre bouée de sauvetage. Alors considérez ce jour comme une étape, comme une étape dans un combat qui nous dépasse et qui doit nous transcender. En tout cas, vous pouvez compter sur moi. Pas une seconde de répit, pas une minute de pause. La démocratie est notre bien le plus cher et la démocratie s'affaisse et s'érode quand on ne la cultive pas, quand on ne la défend pas, quand on ne la fait pas vivre. Les élites européennes ont vécu pendant des décennies comme des démocrates d'héritage, des démocrates de confort. Et bien désormais, l'Europe et la France ont besoin de démocrates de combat.
L'Europe et la France ont besoin de démocrates d'héritage, des démocrates d'héritage, des démocrates d'héritage, des démocrates d'héritage.
Raphaël Glucksmann