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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 9 mars 2026 55 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesDéfenseEurope & internationalImmigration & asile

"L'alliance, ce n'est pas l'allégeance" aux États-Unis, pour Michel Barnier

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 55 %Attaque 27 %Défensif 18 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:37OuverteRéponse directe

    Cette guerre au Moyen-Orient, qu'est-ce qui peut l'arrêter maintenant ? Qui peut l'arrêter ?

  • 4:04RelanceRéponse partielle

    Est-ce que les frappes israélo-américaines, c'était une bonne chose ?

  • 4:56FerméeRéponse directe

    Donc vous souhaitez le changement de régime, vous-même Michel Barnier ?

  • 5:22RelanceÉludée

    On entend dans votre bouche, disons cela, une validation finalement des attaques, des frappes israélo-américaines.

  • 7:35RelanceRéponse directe

    Est-ce que Michel Barnier, vous qui avez été ministre des Affaires étrangères, Premier ministre, est-ce que vous dites, c'est tenable ?

  • 8:02FerméeRéponse directe

    Mais alors, ça veut dire des armes, ça veut dire des hommes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:18Invité politiqueFait
    « Ce régime, c'est un régime qui a la volonté d'exporter le terrorisme, y compris chez nous, et soyons vigilants. »
  • 4:30Invité politiqueFait
    « La sécurité d'Israël n'est pas négociable. »
  • 4:41Invité politiqueFait
    « Il y a quelques semaines, début janvier, ce régime a... c'est assez rare de voir un régime tuer ses propres enfants et son propre peuple. »
  • 5:17Invité politiqueFait
    « Ce régime a continuellement, jour et nuit, répété qu'il voulait détruire Israël. »
  • 8:55Invité politiqueChiffre
    « 20% du pétrole et du gaz passent par l'étroit d'Hormuz. »
  • 12:54Invité politiqueFait
    « Un jour ou l'autre, peut-être assez proche, il y aura une pénurie d'armement, d'armes, de munitions. »
  • 13:18Invité politiqueFait
    « Il n'y a pas de politique de défense des Européens. »
  • 13:40Invité politiqueFait
    « On a le sentiment que ça peut durer, en tout cas aussi longtemps que le régime de Téhéran reste ce qu'il est. »
  • 20:35Locuteur non identifiéChiffre
    « Vous savez, le grand gagnant dans cette affaire, c'est qui ? C'est l'État. Plus de 51% du prix que vous payez à la pompe part directement dans les poches de l'État. »
  • 22:25Invité politiqueChiffre
    « Nous payons 63 milliards par an. 63 milliards d'intérêts d'emprunt. »
  • 24:14Invité politiqueFait
    « Si ce conflit devait durer avec le blocage des détroits d'Ormouz pendant des semaines et des semaines ou des mois, oui, il y aura un problème notamment pour le gaz. »
  • 24:19Invité politiqueFait
    « Le ministre qatari disant hier ou avant-hier qu'il stoppait toutes les exportations de gaz. »
  • 28:00Invité politiqueFait
    « Tous les sondages le montrent. »
  • 37:26Invité politiqueFait
    « Emmanuel Macron aurait jugé devant des proches que vous avez été trop rigide »
  • 37:28Invité politiqueFait
    « vous vous êtes arc-bouté sur les 50 milliards d'économies »
  • 37:42Invité politiqueFait
    « je n'ai pas refusé de discuter avec le parti socialiste »
  • 37:51Invité politiqueFait
    « ils avaient un engagement formel avec M. Mélenchon »
  • 38:00Invité politiqueFait
    « donc votre tête devait tomber quoi qu'il arrive »
  • 40:11Invité politiquePromesse
    « retraite à 65 ans »
  • 40:13Invité politiquePromesse
    « super ministère de la sécurité »
  • 40:16Invité politiquePromesse
    « l'instauration d'un moratoire sur l'immigration de 3 à 5 ans »
  • 45:32Invité politiqueFait
    « Ça arrive très tard et ça ne suffit pas »
  • 46:06Invité politiqueFait
    « comme celle de Péchiné que je ne pardonnerai pas »
  • 46:25Invité politiqueFait
    « au rythme actuel des importations chinoises chez nous, une sorte de tsunami »
  • 53:40Invité politiqueFait
    « le président de la République a été très clair il y aura une souveraineté dans la décision dans la conduite »
  • 54:57Invité politiqueFait
    « j'ai regretté le Brexit qui est un non-sens du point de vue de l'intérêt national britannique »

Temps de parole

  • Michel Barnier69 %
  • Présentateur14 %
  • Michel Barnier 210 %
  • Invité6 %

2,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:10
Présentateur

Bonjour à tous, bienvenue dans Question Politique. Au neuvième jour de la guerre en Iran, Téhéran vient donc de choisir un successeur. Alayatollah Ramenei, éliminé dès le premier jour par des frappes israélo-américaines, son nom reste inconnu. Hier, le président iranien Massoud Pézeskihan a promis que son pays ne se rendrait jamais. De son côté, Donald Trump affirme qu'il n'y aura pas d'accord avec l'Iran, seulement une capitulation sans condition. Et au Liban, Israël continue d'attaquer le Hezbollah, la milice chiite armée par les Iraniens. Le théâtre des conflits, vous le savez, s'est élargi avec des missiles iraniens qui frappent les Émirats, l'Arabie saoudite, le Qatar.

La France, quant à elle, est déjà touchée économiquement. Dans certaines stations-service, le prix des carburants dépasse désormais les 2 euros le litre. Les Français, les Européens seront-ils aussi entraînés militairement dans une guerre qu'ils n'ont pas décidée ? Discussions géopolitiques ce midi, politiques également bien sûr, dans une semaine, ce sont les municipales. Avec notre invité, un ancien Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, vice-président de la Commission à Bruxelles. Il est aujourd'hui député Les Républicains de Paris. Michel Barnier est en direct sur France Inter. France Info, le canal 16 de la télévision. Une émission en partenariat avec le journal Le Monde.

Et nous sommes ensemble jusqu'à 13h.

1:28
Locuteur non identifié

France Inter. Question politique. Alexandra Ben Saïd.

1:34
Présentateur

Bonjour et bienvenue Michel Barnier.

1:37
Michel Barnier

Bonjour et merci pour votre invitation.

1:38
Présentateur

Merci de l'avoir accepté. A mes côtés, pour vous interviewer, je les salue, Alex Bouillaguet de France Télévisions. Bonjour Alex. Bonjour Alexandra, bonjour à tous. Tout à l'heure, évidemment, le portrait de Michel Barnier.

1:48
Michel Barnier

Oui Michel Barnier, lorsque vous entrez à Matignon, vous avez déjà été 4 fois ministre, 2 fois commissaire européen, député, sénateur. Derrière une image un peu lisse, les Français découvrent alors un style Barnier. Et elle vidence un homme qui nourrit de grandes ambitions.

2:02
Présentateur

Notre confrère du monde, Abel Mestre, est également avec nous en plateau. Bonjour Abel.

2:06
Invité

Bonjour Alexandra, bonjour à toutes et à tous.

2:08
Présentateur

Tout à l'heure, ça sera vers la fin de l'émission. Nous prendrons de l'avance sur 2027, les grands débats qui animeront la présidentielle. Ce dimanche, vous avez choisi de parler avec Michel Barnier de...

2:17
Invité

Réindustrialisation. Mercredi, la Commission européenne a présenté un texte qui met en place une préférence européenne pour lutter contre la désindustrialisation. J'y ai arrivé, merci, pardon. Mais on se demandera si c'est suffisant pour lutter contre le géant chinois.

2:32
Présentateur

Mais d'abord, Michel Barnier, 5 minutes entre 4 yeux avec évidemment la dernière actualité. On a appris il y a une heure que le nouveau guide suprême iranien venait d'être nommé. Le président iranien promet que son pays ne se rendra jamais. Donald Trump, le président américain, exige désormais une capitulation. Cette guerre au Moyen-Orient, qu'est-ce qui peut l'arrêter maintenant ? Qui peut l'arrêter ?

2:55
Michel Barnier

Est-ce que d'abord, vous me permettrez de dire un mot de la journée aujourd'hui internationale des droits des femmes ? Et des combats qui, depuis ceux de Simone Veil jusqu'à Gisèle Pellicot, font que dans notre société, on a beaucoup de raisons de redire toujours et encore qu'il faut respecter les femmes. Donc voilà, je voulais dire ça. Maintenant, ce conflit, et en parlant des femmes, naturellement, on doit, je viens à votre question, madame, parler du courage extraordinaire des femmes d'Iran et du peuple iranien. Quels sont les buts de guerre de M. Trump ? Ce n'est pas très clair. Quand on écoute son ministre des Affaires étrangères, M.

Roubio, le ministre de la Défense, le président lui-même, on ne sait pas très bien si c'était seulement de détruire l'ensemble des sites nucléaires cachés ou connus, de détruire les bases de lancement de missiles ou alors de changer le régime. On a l'impression depuis quelques jours, depuis quelques heures, qu'ils veulent changer le régime. On ne sait pas très bien. Donc en ce qui me concerne, je pense qu'il n'y a aucune sorte de complaisance à avoir à l'égard du régime des passes d'Aran et de Téhéran.

4:04
Présentateur

Mais disant cela, est-ce que vous dites que les États-Unis ont eu raison ? Est-ce que les frappes israélo-américaines, c'était une bonne chose ?

4:11
Michel Barnier

Je veux dire pourquoi il faut d'abord considérer que ce régime doit changer, doit disparaître tel qu'il est. Ce régime, c'est un régime qui a la volonté d'exporter le terrorisme, y compris chez nous, et soyons vigilants. Il a l'objectif de détruire l'État d'Israël. Et en ce qui me concerne, je dis ce que je disais lorsque j'étais Premier ministre, la sécurité d'Israël n'est pas négociable. Et troisièmement, il martyrisse son peuple au point qu'il y a quelques semaines, début janvier, ce régime a... c'est assez rare de voir un régime tuer ses propres enfants et son propre peuple.

C'est arrivé du temps de Pol Pot et d'autres, mais je ne parle pas d'Hitler, mais là on a tué 35 000 jeunes manifestants parce qu'ils manifestaient pour leur liberté.

4:56
Présentateur

Donc vous souhaitez le changement de régime, vous-même Michel Barnier ?

4:59
Michel Barnier

Tout le monde souhaite ce changement de régime, tout le monde le souhaite. Donc c'est trop tard pour dire si c'était bien ou pas bien que les Américains et Israël y interviennent. J'ai expliqué pourquoi Israël a des raisons de s'auto-défendre par rapport à une menace existentielle qui pèse sur elle. Ce régime a continuellement, jour et nuit, répété qu'il voulait détruire Israël. Et on peut comprendre qu'Israël se défende comme ils se sont défendus après les attentats terroristes du 7 octobre.

5:22
Présentateur

On entend dans votre bouche, disons cela, une validation finalement des attaques, des frappes israélo-américaines.

5:28
Michel Barnier

Non, il n'y a pas de validation ou d'invalidation. C'est un fait. Et M. Trump nous a habitués à ne pas demander la permission pour jouer les gendarmes du monde, contrairement d'ailleurs à ce qu'il avait promis quand il est redevenu président. On est loin de ce repli sur les frontières nationales américaines. On voit qu'il met de l'ordre ou qu'il essaye de remettre sa marque un peu partout. Cette intervention a eu lieu. Les Israéliens s'y sont associés. Il faut maintenant gérer les conséquences. Et que peut faire la France ? La France et l'Europe n'ont pas été informés de cette initiative. Et nous devons accompagner.

D'abord, vous me permettrez aussi, puisque je parle des hommes et des femmes, de dire un mot de solidarité et de soutien à tous ceux qui sont confrontés directement. Nos soldats sur le Charles de Gaulle et sur d'autres bateaux. Il vient d'arriver en Méditerranée, le Charles de Gaulle. Il vient d'arriver en Méditerranée. Il y a beaucoup de soldats français dans cette région et des bases militaires. Il y a aussi des diplomates qui sont courageux. Ceux qui s'occupent de Cécile Collère et Jacques Paris, retenus à Téhéran. Les diplomates et les entreprises aussi. C'est les salariés des entreprises qui sont sur place expatriés.

Vous savez qu'il y a 3 millions de Français qui vivent dans le monde, à l'extérieur de la France et notamment beaucoup dans cette région. Et puis les compagnies aériennes. Donc je pense à tous ces hommes et ces femmes, y compris les diplomates à Paris qui s'occupent de solidarité, pour leur dire notre solidarité et notre soutien.

6:51
Présentateur

Le chef de l'État se rend demain à Chypre qui a été frappé par des drones. On l'a dit, le porte-avions Charles de Gaulle est désormais en Méditerranée. On a un déploiement français avec des rafales, une frégate, des moyens de défense antiaérienne. Tout le monde se demande jusqu'où la France peut être entraînée dans ce conflit. Et je vous propose, avant d'entendre votre réponse, d'écouter la ministre des Armées. Catherine Vautrin.

7:12
Locuteur non identifié

La France est dans une position défensive, elle répond à une demande de pays attaqués. Voilà la position de la France, défensive, réponse à des pays attaqués avec lesquels nous avons des accords de défense. C'est quand on dit qu'on a un accord de défense, on nous demande de l'activer, nous l'activons. C'est cela la fiabilité de la parole française.

7:31
Présentateur

Alors, une position défensive, alors qu'on a des accords de défense. Est-ce que Michel Barnier, vous qui avez été ministre des Affaires étrangères, Premier ministre, est-ce que vous dites, c'est tenable ? Ça paraît difficile.

7:42
Michel Barnier

Oui, la frontière est toujours étroite entre ce qui est défensif et offensif. En tout cas, nous avons trois accords de solidarité militaire avec trois États de cette région, notamment les États arabes unis. Et il faut être à la hauteur de ces accords. Et ces pays nous demandent notre aide de leur apporter.

8:02
Présentateur

Mais alors, ça veut dire des armes, ça veut dire des hommes ? En fait, quand on est de l'autre côté des postes...

8:06
Michel Barnier

Ça peut vouloir dire jusqu'à, y compris avec nos propres armes, en accord avec notre solidarité avec ces pays, détruire des bases logistiques qui attaquent ces pays. Quand vous voyez qu'au Bahreïn, et dans d'autres cas, vous avez des missiles et surtout des drones iraniens qui tombent un peu n'importe où, y compris sur des usines de dessalement actuellement, des installations vitales, on peut imaginer que la France, en harmonie avec ces accords, aille détruire et contribue à détruire ces bases. D'où partent ces missiles et ces drones ? Et quand on pense que là... Il n'y a pas que ça. Il n'y a pas que ça en termes de solidarité.

Il y a ce que nous pouvons faire dans l'étroit d'Hormuz, avec d'autres forces européennes ou américaines, pour garantir la fluidité du trafic. Et ça, il en va de l'économie et de l'intérêt général de l'économie mondiale, puisque 20% du pétrole et du gaz passent par l'étroit d'Hormuz. Et puis, permettez-moi de dire un mot du Liban.

9:00
Présentateur

Où se trouve la finule, la force intérimaire des Nations Unies ? Il y a 700 Français. Est-ce qu'on peut dire que cette guerre n'est pas la nôtre, avec la finule qui a été visée ? Est-ce qu'on peut dire cela ?

9:14
Michel Barnier

Non, je ne dis pas que cette guerre n'est pas la nôtre. En tout cas, je dis que nous sommes solidaires du peuple libanais, qui est un peuple frère. Et donc, s'agissant du Liban, peut-être qu'il faudra un jour s'interroger et évaluer l'action et les résultats de la finule, qui est spectatrice et qui est attaquée. Mais il y a des raisons d'être solidaires du peuple libanais, à la fois sur le plan humanitaire, avec 400 000 personnes qui ont été obligées de rejoindre le nord du Liban et de Beyrouth.

Et puis, il y a sans doute à aider le gouvernement actuel du Liban, le président libanais, à consolider son armée pour aboutir réellement à ce qui était promis et engagé, ce qui n'a pas été fait complètement, la démilitarisation du Hezbollah. Parce que c'est ça la menace.

10:00
Présentateur

La milice chiite armée par les Iraniens. Michel Barnier, si vous voulez bien, on ouvre la conversation à Abel Mestre et Alex Bouillaguet. Question d'Abel.

10:08
Invité

Oui, justement, vous parliez du rôle de la France sur le plan militaire, mais aussi sur le plan politique. Est-ce que c'est à la France de prendre le leadership d'une voie diplomatique de l'après-conflit ? Est-ce que c'est le moment, est-ce que c'est comme ça que la France peut revenir dans le concert des nations sur ce sujet du Moyen-Orient ?

10:26
Michel Barnier

Notre pays, et comme d'ailleurs je le dis en passant, le Royaume-Uni a une longue histoire au Proche-Orient. Parfois des histoires d'ailleurs controversées et contradictoires, et parfois tragiques. Et donc j'ai toujours pensé que s'agissant d'Israël, du destin de la Palestine, de la stabilité de la région, le Royaume-Uni et la France auraient, je l'ai dit d'ailleurs un jour à Londres, à travailler ensemble, plus qu'ils ne l'ont fait dans le passé, et puis à entraîner les autres Européens. Ce n'est pas la première fois dans l'histoire qu'on voit les Américains mener leur propre politique avec notre argent, notamment quand il s'agit de reconstruire la bande de Gaza.

Donc oui, nous avons un rôle pour la diplomatie, et l'Europe a un rôle pour la diplomatie, pas seulement de reconstruire, mais d'aboutir à la peine. Nous avons des liens avec beaucoup de ces pays, mais le moment n'est pas là. Le conflit est en train de s'intensifier, il y a des bombardements dans tous les sens, donc il faut que ce conflit s'arrête. On ne peut pas engager en parallèle une voie diplomatique en même temps que... Avec qui et comment ? On ne va pas discuter avec le régime actuel qui tient debout et qui peut d'ailleurs tenir debout plus longtemps qu'on ne le croit ou qu'on ne l'espère à Téhéran.

Méfions-nous du système iranien, des Pazdaran, des Basidji, qui sont le deuxième étage de surveillance du peuple iranien, tous ces gens qui se baladent en pick-up ou en moto avec leur kalachnikov. Ce régime est très solide encore, donc il n'est pas tombé. On voit bien que le moment n'est pas celui de la diplomatie. Concernant cette intervention, on a eu le sentiment qu'Emmanuel Macron a fait un petit peu dué en même temps, c'est-à-dire ni condamnation franche de l'intervention américaine, ni assentiment. Est-ce que c'était, de votre point de vue, la bonne ligne ? Ou est-ce que finalement ne rien faire, c'est passer à côté de l'histoire, avec un peuple opprimé ?

Non, je pense que le président a eu la bonne attitude. On ne va pas faire de surenchère, il faut aussi pratiquer le réalisme en diplomatie. Et le réalisme, c'est de reconnaître que les Américains n'ont demandé la permission à personne pour intervenir avec et aux côtés d'Israël, qui défend sa propre sécurité, et qu'aujourd'hui, il faut gérer les conséquences de cette crise, à la fois sur le terrain. J'ai parlé du Liban, j'ai parlé de la solidarité avec des pays avec lesquels nous sommes liés. J'ai parlé du rôle que nous pouvons jouer, qui n'est pas un rôle seulement défensif, pour sécuriser le décroi d'Hormuz. Je voudrais aussi dire qu'il y a une leçon à tirer sur les stocks d'armement.

Un jour ou l'autre, peut-être assez proche, il y aura une pénurie d'armement, d'armes, de munitions. On le voit déjà sur certains pays, et peut-être aux Etats-Unis, y compris les outils qui coûtent très cher de défensif et d'interception des missiles. La leçon que je tire de ça, c'est qu'il ne faut pas être à court de munitions. Et donc il faut produire, produire, produire. C'est un message à l'Europe quand vous dites ça. C'est un message pour l'Europe, pour la politique de défense. Il n'y a pas de politique de défense des Européens. Et on voit bien que, si nous ne faisons pas pour l'Europe ce que nous devons faire nous-mêmes, personne ne viendra faire à notre place.

Et notamment, avoir des armements, des munitions, ça veut dire qu'il faut continuer à produire, et faire des stocks. Si on vous entend bien, vous êtes en train de nous dire ce matin que ça va durer. Vous pensez que ce conflit va durer ? Peut s'enliser même ? Je ne vais pas faire de spéculation, on a le sentiment que ça peut durer, en tout cas aussi longtemps que le régime de Téhéran reste ce qu'il est. Et aussi longtemps que M. Trump n'aura pas des considérations de politique intérieure, peut-être pour changer de position avec lui, les choses sont assez imprévisibles.

13:54
Présentateur

Vous pensez, quand vous dites considération de politique intérieure, qu'est-ce que c'est ? Les cordes de rappel, c'est quoi ? C'est le prix de...

13:59
Michel Barnier

Non, les cordes de rappel, c'est un...

14:00
Présentateur

Aux Etats-Unis ?

14:01
Michel Barnier

C'est un, le mécontentement ou l'incompréhension dans son propre camp, et on le voit bien, qui est assez fort, l'approche des élections de mid-terme, les mouvements sur les marchés financiers, auxquels M. Trump est toujours très sensible, parce qu'il est entouré des spéculateurs et de financiers. Et puis, le désordre que ce conflit va créer dans le monde, en termes d'énergie, notamment.

14:23
Invité

Justement, sur ce sujet, est-ce que l'ONU n'a pas un rôle à jouer ? On a l'impression qu'elle est aux abonnés absents. Est-ce que vous diriez, comme Gabriel Attal, sur ce plateau la semaine dernière, que l'ONU est devenue une ONG diplomatique, un simple guichet humanitaire, ou est-ce qu'elle a un rôle ?

14:36
Michel Barnier

Oui, moi, je n'ai pas bien compris cette condescendance de M. Attal à l'égard des Nations Unies. Je reste persuadé que nous avons besoin d'un droit international, d'outils multilatéraux, et qu'il faut continuer à soutenir les Nations Unies, même si actuellement, ils sont en circuit. Parce que vous avez dans ce monde, il faut bien en prendre conscience de manière réaliste, vous avez des empires qui se créent ou qui se consolident. L'Empire chinois, on pourra en parler tout à l'heure. Les Russes qui nous agressent et les Américains qui ne nous aiment pas. Pour la première fois depuis 65 ans, le président des États-Unis d'Amérique ne soutient pas le projet européen.

Donc ça, c'est une leçon aussi pour nous. Est-ce que ce sont encore... Je voudrais être persuadé qu'il faut des lieux multilatéraux de dialogue entre ces différents endroits du monde. Et si je puis me permettre de le rappeler, il n'y a pas que ces trois empires. Il y a des dizaines de pays avec lesquels nous pourrons discuter, l'Inde, le Brésil et d'autres.

15:24
Présentateur

Michel Barnier, Donald Trump, si les pays européens ne coopèrent pas, il les dénigre, n'est-ce pas ? Avec l'Espagne, on l'a entendu. Avec le Royaume-Uni qui est pourtant très proche. Trump a déclaré au sujet du Premier ministre que ce n'est pas un Winston Churchill qui est en face de nous. Est-ce que ce sont encore... Et puis là, vous venez de détailler la position de Washington et sa décision d'y aller tout seul. Est-ce que ce sont encore des alliés, les Américains ?

15:46
Michel Barnier

Oui, on pourrait dire que Trump, ce n'est pas Roosevelt ou ce n'est pas Obama. Tout ça, ce sont des mots et des polémiques qui n'ont pas beaucoup d'intérêt. C'est humiliant. Oui, je trouve qu'on ne va pas commenter les mauvais points ou les bons points que M. Trump distribue, y compris à ses propres amis quelquefois ou à son gouvernement. Ça n'a pas beaucoup d'intérêt. Ce qui est important, c'est de tirer des leçons. Mais est-ce que ce sont des alliés ?

On a parlé des stocks, on a parlé du Liban, on a parlé du détroit d'Hormuz, on doit parler de la politique de défense, de l'avenir politique de l'Europe, de notre capacité d'être autonome sur le plan de l'énergie et de faire pour nous-mêmes ce que plus personne, on le voit bien, y compris que les États-Unis, deviendra faire en notre place. C'est vrai pour la France et c'est vrai pour l'Europe aussi.

16:28
Présentateur

La question des alliés, la question des alliés, est-ce que ce sont des alliés ?

16:32
Michel Barnier

Oui, mais... La réponse n'est pas claire, Michel Barnier. Moi, je considère que les Américains sont toujours des alliés, mais l'alliance, ce n'est pas l'allégeance. L'alliance, ce n'est pas l'allégeance. Et on n'est pas des alliés. Moi, je suis gaulliste depuis que j'ai 15 ans. On pourra en parler à propos de la force de dissuasion. L'alliance, ce n'est pas l'allégeance, c'est le respect mutuel. Je me demande pour tout vous dire combien de temps il faudra pour que M. Trump, là où il est, comprenne qu'à force d'ignorer, de marginaliser, d'humilier quelquefois ses alliés, notamment les Européens, il se tire une balle dans le pied.

Il faudra pour se rendre compte qu'il est en train de désespérer ses plus proches amis et de faire des actions qui sont contre-productives pour les intérêts américains. Quand on regarde un petit peu ce qui se passe au niveau européen, est-ce que vous avez compris la réaction de l'Espagne qui dénonce une action militaire unilatérale, injustifiée et dangereuse, tourner le dos aux Américains, leur refuser par exemple l'utilisation de leur base militaire ? Est-ce que le Premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, a eu raison ? Non, je ne crois pas qu'il ait eu raison. D'abord de se désolidariser ainsi des Anglais, des Allemands ou des Français. Mais c'est sa position, on la respecte.

Ça me conduit d'ailleurs à une réflexion sur une des leçons à tirer pour l'Europe qui serait de changer le paradigme et de changer un peu le logiciel européen en matière de politique étrangère de défense puisqu'on voit bien que les responsabilités ne sont pas claires.

Madame van der Leyen qui essaye de tout faire et un peu trop, en dehors de même de ses compétences, je pense que le moment est venu de réfléchir à ce que pourrait être un Conseil européen de sécurité et de défense regroupant en dehors des institutions actuelles de manière intergouvernementale entre les États, entre les nations, tous ceux et toutes celles qui ont un engagement plus fort pour la défense, je pense à l'Allemagne, à la France, bien sûr à l'Italie, à la Pologne. En parallèle de l'OTAN, un machin en plus, si on voulait paraphraser de l'Ordre ?

Non, non, non, je ne parle pas d'un machin en plus, je parle d'une structure de travail, Conseil européen de sécurité et de défense, qui serait le lieu où les Européens volontaires, un peu dans l'esprit des coalitions du volontaire... Donc c'est à deux régimes, si je puis dire. Ça veut dire qu'il y a ceux qui veulent bien participer, ceux qui ne veulent pas, il y aurait des droits de veto, ça fonctionnerait comment ? Non, je ne sais pas comment ça fonctionnera, on verra bien.

La question c'est, est-ce qu'il faut ne pas créer un cadre où ces pays, y compris le Royaume-Uni et la Norvège, et peut-être un jour l'Ukraine, se retrouveraient pour parler politique étrangère, défense, coopération en matière d'intelligence, et peut-être aller plus loin dans des sujets stratégiques comme l'intelligence artificielle ou les technologies quantiques, où il va falloir beaucoup d'investissement. Sur la base, dans l'esprit de la coalition des volontaires, réunir un Conseil européen qui n'aurait pas les lourdeurs et la bureaucratie de la Commission européenne ou des institutions actuelles.

19:13
Présentateur

Michel Barnier, le chancelier allemand Friedrich Merz, met en garde contre un effondrement de l'Iran et une vague migratoire incontrôlée. Est-ce que ça fait partie de vos angoisses ? Tout à l'heure, vous avez cité le terrorisme, j'ai bien noté. Michel Barnier, lui, Michel Barnier, pardon, Friedrich Merz, parle d'une vague migratoire incontrôlée potentielle.

19:29
Michel Barnier

Oui, mais il parle d'ailleurs d'expérience puisqu'on a vu de telles vagues se produire le passé à la suite du conflit en Irak, en Syrie, en Libye. On a accueilli beaucoup de personnes qui n'étaient d'ailleurs pas toutes réfugiées. Et nous avons dû gérer ça. Je pense que c'est le chancelier Merz, que je connais assez bien, à raison d'anticiper.

Parce que toutes ces crises qu'on subit depuis une quinzaine d'années, ça a été la crise financière en 2008, le Brexit, on pourrait en parler, et qui comporte des leçons pour nous d'ailleurs, les crises migratoires que vous évoquez, madame, mais aussi le Covid, et puis la guerre en Ukraine, toutes ces crises, on les a abordées en défensive, le dos au mur. Alors, on s'en est plutôt bien sortis en tant qu'Européens. Quelquefois, il m'arrive d'être plus optimiste pour l'Europe que pour la France. Ce que dit le chancelier Merz, c'est juste parce que ça pourrait dire qu'il faut essayer d'anticiper et de réfléchir à l'avance pour ne pas être le dos au mur et en défensive.

20:23
Présentateur

Et puis, Michel Barnier, il y a aussi les conséquences économiques. Est-ce que l'État est le grand gagnant de la hausse des prix à la pompe ? C'est en tout cas ce que dit le patron des supermarchés U, Dominique Schellcher.

20:35
Locuteur non identifié

Vous savez, le grand gagnant dans cette affaire, c'est qui ? C'est l'État. Plus de 51% du prix que vous payez à la pompe part directement dans les poches de l'État et qui en a besoin en plus actuellement. L'essentiel du prix du carburant, ce n'est pas la marge du distributeur comme on peut l'imaginer et comme on l'entend de temps en temps actuellement, ce sont les taxes.

20:56
Présentateur

D'où le débat politique national.

20:58
Michel Barnier

Oui, c'est toujours facile de renvoyer à l'État. C'est sûr que l'État touche beaucoup de taxes. La moitié ? Il l'a dit lui-même. C'est l'État, c'est nous. Ce sont nos impôts. Si l'État réduit ses taxes sur le carburant... C'est la proposition du Rassemblement national. Ce n'est pas une bonne idée ? Non, je ne trouve pas qu'en ce moment, ce soit responsable que de dire qu'on va encore distribuer de l'argent qu'on n'a pas. Je ne vais pas revenir sur le combat que j'ai mené comme Premier ministre pour réduire le déficit. L'autre jour, quelqu'un me disait quelle serait votre politique de jeunesse pour la jeunesse française ?

Je dis la première politique pour la jeunesse, c'est de ne pas augmenter le déficit, de ne pas augmenter les dettes, de tirer des chèques en bois ou en blanc sur les générations futures. On n'a pas le droit, on n'a plus le droit de faire ça. Donc, nous sommes dans un moment d'instabilité, de très grande gravité et d'instabilité dans le monde. Il faudra bien qu'on assume les conséquences de cette instabilité plutôt que de vouloir les masquer ou les faire oublier. Donc, on n'a pas d'argent actuellement. Très franchement, il faut dire la vérité à ceux qui nous écoutent. Donc, il faut que chacun fasse un effort.

Ça n'exclut pas d'ailleurs, pour les Français les plus défavorisés, ils sont plusieurs millions... Qui ont besoin de leur voiture pour aller au boulot. Oui, ça n'exclut pas des dispositifs exceptionnels ou transitoires de soutien. Par exemple, un bouclier énergétique, comme on l'a vu au moment de la crise énergétique... Je ne crois pas qu'on puisse reprendre les mêmes formules qu'avant. Ça a coûté très cher. Qui coûtent très cher. Nous n'avons pas d'argent, madame. Donc, pas de bouclier énergétique, en revanche, par exemple ? On emprunte à un point tel qu'aujourd'hui, nous payons 63 milliards par an. 63 milliards d'intérêts d'emprunt.

Je préfère qu'on mette cet argent dans la jeunesse, dans l'éducation, dans la sécurité publique et peut-être dans certains dispositifs transitoires exceptionnels pour aider les plus démunis. Transitoires exceptionnels. Donc, ça ne serait pas un bouclier. En revanche, bloquer les prix comme le souhaitent notamment LFI, ce serait une bonne idée, ça ? Oui, mais LFI et le Rassemblement National n'ont pas un discours responsable. Ce n'est pas la première fois que je le constate. C'est pour ça que je pense qu'ils ne sont pas prêts pour gouverner. Donc, un transitoire, excusez-moi, ça veut dire quoi, là, votre mécanisme ? Ce serait quoi, concrètement ?

Ça veut dire un soutien temporaire aux personnes les plus fragiles pour les aider à avoir cet essence dont ils ont besoin. Un chèque ? Ça peut être un chèque. Je ne sais pas ce que c'est. Ne me faites pas dire les choses. Pour l'instant...

23:08
Présentateur

Vous avez été Premier ministre. Vous, vous connaissez bien les outils possibles. Si ce n'est pas une case des taxes.

23:11
Michel Barnier

avec un budget qui explose, des déficits qui explosent et des partis politiques comme ceux que vous avez cités, LFI ou le Rassemblement National qui ne sont pas à la hauteur des difficultés de la France d'aujourd'hui.

23:22
Invité

Est-ce que la France et l'Europe doivent se préparer à un retour de l'inflation ?

23:26
Michel Barnier

Je pense que l'inflation est bien maîtrisée grâce notamment au rôle de la Banque Centrale Européenne et je crois que ce n'est pas le risque principal que nous avons. Le risque principal, il est dans la désindustrialisation dont nous devons parler, dans la riposte ou la résistance nous devons marquer à l'égard de la Chine et de ses exportations massives et puis aussi dans la capacité d'exister par nous-mêmes autrement que comme un grand marché. Nous ne sommes pas seulement un supermarché, nous devons être un acteur global et politique. Est-ce que vous redoutez une pénurie ? On sait que tout passe, carburant et gaz, par le fameux détroit d'Ormouz, 20% de la production.

Est-ce que vous dites qu'il ne faut pas que ça dure longtemps parce que ce serait une pénurie pour les Français ? Si ce conflit devait durer avec le blocage des détroits d'Ormouz pendant des semaines et des semaines ou des mois, oui, il y aura un problème notamment pour le gaz. J'entendais le ministre Qatari disant hier ou avant-hier qu'il stoppait toutes les exportations de gaz. Nous aurions un problème. Mais pour l'instant, nous avons des réserves plus importantes pour le pétrole que pour le gaz.

Et ça nous conduit aussi, si je puis me permettre, à un travail que nous avons commencé, heureusement, forcé le dos au mur en raison de la guerre en Ukraine, à diversifier nos sources d'approvisionnement, à économiser notre énergie. Justement, est-ce qu'il faut revenir sur le blocus ? Et si je puis me permettre à consolider le choix que la France a fait et heureusement fait depuis le général de Gaulle et Pompidou en face à l'heure du nucléaire.

24:48
Invité

Est-ce qu'il faut revenir sur le blocus du gaz russe ?

24:50
Michel Barnier

Non, je ne crois pas qu'il faille revenir...

24:51
Invité

On peut s'en passer ?

24:52
Michel Barnier

Je ne crois pas qu'il faille revenir sur les mesures que nous avons prises à l'égard de la Russie et de M. Poutine. Il n'y a que le langage de la force et le rapport de force que M. Poutine comprend et comprendra. Et le blocage des exportations russes de gaz ou de pétrole font partie de ce rapport de force. On ne va pas lever le pied maintenant là-dessus. Ça renforcerait trop... Moi, je pense qu'il faut diversifier, consommer moins, être plus sobre et produire davantage, y compris des énergies renouvelables et surtout consolider la filière du nucléaire comme nous l'avons fait en France malgré certaines périodes où on a levé le pied malheureusement.

25:27
Présentateur

Michel Barnier, l'actualité internationale est très présente mais dans une semaine les Français y seront aux urnes et vous êtes engagé dans cette campagne des municipales. Vous avez fait un tour de France. Alors, vous êtes député de Paris. On va commencer par parler de la capitale. Ce dimanche, un sondage de l'Institut Elab pour la tribune. Emmanuel Grégoire fait la course en tête avec 32% au premier tour. C'est le candidat socialiste. Sa rival LR, Rachida Dati, 26,5%. Les intentions de vote, on comprend bien que tout va se jouer au second tour. Je donne les intentions de vote pour Sarah Knafo, la candidate reconquête, 13,5%.

Pierre-Yves Bournazel, le candidat Horizon, également soutenu par Renaissance et lui à 12%. On l'écoute.

26:09
Locuteur non identifié

Je mène campagne pour convaincre, je mène campagne pour gagner. Donc les choses sont très claires. Au second tour, je ne rejoindrai ni Grégoire ni Dati. Je mène campagne pour gagner et je pense que ce match n'est pas du tout joué.

26:20
Présentateur

Une question d'Abel Mestre.

26:21
Invité

Pierre-Yves Bournazel disait il y a encore deux semaines qu'il ne s'allérait pas avec Rachida Dati au second tour. Pourquoi l'alliance ne s'est pas faite avec Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel ? C'est un problème de fond, de personne ? Le souci, c'est le casting de départ avec Rachida Dati ?

26:35
Michel Barnier

Il y a des personnalités différentes, peut-être des ambitions différentes. Moi, je regrette beaucoup qu'il n'y ait pas eu une entente dès le début. Maintenant, la question que vous posez pour Paris et pour d'autres villes qui sont actuellement gérées par le Parti Socialiste et ces alliés reconnus publics ou souterrains comme LFI qui s'apprêtent à soutenir y compris à Paris d'ailleurs les candidats socialistes

26:58
Invité

sur la droite, M. Barnier.

26:59
Michel Barnier

Ces villes ne sont pas bien gérées. Excusez-moi de revenir sur le fond. C'est ça qui, si on veut respecter... Non, non, parce que vous n'avez pas répondu

27:05
Invité

pourquoi l'alliance ne se fait pas entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel ? Vous parliez des personnes

27:10
Michel Barnier

qui ne se sont pas entendus. Je le regrette et je souhaite qu'ils se retrouvent le soir du premier tour. C'est ça que vous voulez dire. Mais ça veut dire quoi concrètement ? Est-ce que vous demandez ce matin à Pierre-Yves Bournazel, candidat donc Horizon Renaissance, de se retirer si jamais il était qualifié au second tour ? Je termine. Est-ce que vous demandez aussi à Edouard Philippe qui est le patron d'Horizon de faire pression sur lui ? Non, mais je partage la conviction exprimée publiquement par Edouard Philippe d'ailleurs dont je souhaite très clairement une élection franche au Havre. Il a dit lui-même qu'au soir du premier tour il faudrait que tout le monde se rassemble.

Je suis exactement sur cette ligne. Je regrette la division. Il y a une chose qui est claire mesdames et messieurs pour ceux qui nous écoutent c'est un que la ville de Paris n'est pas bien gérée et que les Parisiens en ont assez qui a besoin d'alternance. Il y a besoin d'un changement à Paris pour la propreté pour les logements pour le commerce pour la mobilité il y a besoin d'un changement. Et Pierre-Yves Bournazel c'est pas le changement ? Le changement c'est Dati. Voilà ce que je pense. Tous les sondages le montrent. Vous l'avez dit vous-même tout à l'heure dans votre question. Le deuxième tour sera clairement entre le candidat du Parti Socialiste et ses alliés et Rachida Dati.

Le changement à Paris c'est Dati.

28:11
Invité

Et si le changement passe par une alliance ou un accord avec Sarah Knafo qu'est-ce que vous diriez ?

28:16
Michel Barnier

Vous avez interrogé les uns et les autres Madame Dati sur cette question. Elle a été extrêmement claire permanente dans ses réponses. Il n'y aura pas d'accord avec Madame Knafo. Quitte à perdre Paris plutôt que de t'aupar avec l'extrême droite. On ne perdra pas Paris et les Parisiens veulent changer. J'aime bien la manière dont vous dites perdre Paris. On ne va pas perdre Paris. On va changer la majorité de gauche qui gère mal Paris.

28:39
Invité

Si la gauche passe parce qu'il n'y a pas d'accord entre Madame Knafo et Madame Dati c'est que vous parlez de Paris ?

28:42
Michel Barnier

La question c'est comment dès dimanche prochain tous les Parisiens et les Parisiennes qui veulent changer et je pense qu'ils sont une grande majorité à Paris y compris des gens de gauche qui voient les insuffisances et des promesses non tenues de la municipalité actuelle sociale ou communiste je pense qu'il faut que dès le premier tour Rachida Dati fasse le meilleur score possible pour entraîner l'Union et gagner Paris. Vous pensez que

29:05
Présentateur

Yari Vournazel peut être convaincu vous croyez à ce rassemblement ?

29:09
Michel Barnier

Je souhaite et j'ai entendu la personnalité qui l'accompagne dans sa vie politique et Edouard Philippe dire qu'il fallait le rassemblement et donc je pense que c'est ça qu'il faut faire au deuxième tour. Rachida Dati qui va être jugé en septembre prochain pour corruption passive trafic d'influence passif et recèle d'abus de pouvoir et d'abus de confiance dans l'affaire Renault-Nissan que se passe-t-il si par exemple Rachida Dati était condamnée dans cette affaire ? Je rappelle c'est à l'automne elle va être jugée. Vous ne pensez pas qu'il y a suffisamment de questions qui se posent pour qu'on puisse les traiter ? Non mais c'est un élément aussi important pour ceux qui vont voter à Paris.

J'ai entendu Rachida Dati dire que cette affaire était claire qu'elle avait de quoi se défendre elle n'est pas condamnée elle a droit comme tout le monde et comme tout citoyen ni plus ni moins à la présomption d'innocence voilà ce que je veux dire à ce sujet.

29:59
Présentateur

On passe à Marseille autre grande ville évidemment la candidature de la LR Martine Vassal ne prend pas pourtant elle est implantée depuis longtemps Martine Vassal qu'est-ce qui se passe ?

30:09
Michel Barnier

Une focalisation pour l'instant qu'on voit mais je vous recommande de ne pas écrire le résultat du premier tour avant que les citoyens ne se prononcent. Et vous avez raison

30:18
Présentateur

mais sa citation du maréchal Pétain ne l'a pas servi.

30:21
Michel Barnier

Oui je pense qu'en effet c'était maladroit mais elle s'en est expliquée très bien et on ne va pas faire trop d'histoire là-dessus parce que je connais bien Martine Vassal et je suis convaincu de ses convictions qui sont des convictions républicaines il n'y a aucun doute là-dessus.

30:33
Invité

Est-ce que le parti justement sur cette question-là l'a rappelé à l'ordre ? Est-ce qu'il y a eu une explication entre le parti et sa candidata ?

30:39
Michel Barnier

Non il n'a pas eu besoin de rappel à l'ordre elle a dit elle-même qu'elle avait fait une erreur mais je connais ses convictions c'est une très bonne élue elle a fait ses preuves dans la gestion locale et départementale et il n'y a pas de polémique sérieuse à avoir là-dessus sauf à faire du mauvais esprit. Vous évoquiez tout à l'heure Edouard Philippe il joue aussi lui aussi gros au Havre face aux communistes la partie à l'évidence ne semble pas gagner ça veut dire quoi ? S'il n'est pas élu il ne sera pas candidat à la présidentielle ?

Vous êtes marrant à me poser des questions qui ne se posent pas aujourd'hui Vous êtes l'invité de questions politiques Michel Barnier on pose toutes les questions politiques Mais elles sont légitimes vos questions mais mes réponses le sont aussi elles sont en tout cas sincères moi je pense qu'Edouard Philippe va être élu au Havre et je le souhaite et les Havrets auraient beaucoup de raisons de lui faire confiance à nouveau parce qu'il a bien géré cette ville et il l'a modernisé dans le prolongement de l'action d'Antoine Ruffenac

31:28
Présentateur

Allez on passe à la présidentielle parce qu'il y aura des leçons des municipales qui sont peut-être intéressantes aussi pour la présidentielle

31:33
Michel Barnier

Oui je pense en effet excusez-moi je pense en effet que je vais vous dire un mot de ça là où on est unis et c'est le cas à Lyon et dans beaucoup de villes on peut gagner ou on va gagner là où on est désunis on va perdre donc la leçon la première leçon des municipales c'est grandeur nature un appel à l'unité pour qu'il y ait un seul candidat de la droite et du centre aux élections présidentielles Alors justement vous faites un appel à l'unité sauf qu'il y a quand même déjà une inflation de candidats ou de candidats potentiels au sein du bloc central Edouard Philippe est déjà déclaré candidat Gabriel Attal pourrait l'être après le municipal On ne fait pas la liste elle est très longue Gérald Darmanin Bruno Retailleau est lui déjà candidat à droite donc qui va les départager est-ce que vous dites finalement ça va être les sondages on va voir ce qui se passe à l'automne ou est-ce qu'il faut une primaire ?

Non je pense qu'il faut mettre les choses dans l'ordre d'abord les municipales test grandeur nature et vous allez le voir un appel de la base venant du terrain de toutes les communes de France où on est capable de s'entendre et d'ailleurs après des élections on travaille ensemble malgré les différences donc un appel à l'unité qui va monter et auquel je pense que tous les leaders que vous avez cités et d'autres qui ne sont pas encore candidats peut-être seraient bien inspirés de faire attention Deuxièmement le travail en commun moi avec d'autres nous travaillons à ce que pourrait être le tronc commun d'un programme rassemblant les hommes et les femmes de la droite républicaine et des différents mouvements centrites enfin ceux-là même Ça va de vous à où ça ?

Oui et puis je ne comprends pas trop ce que vous dites c'est une forme de décantation on met des... Oui oui mais il faut apprendre On attend ce qui se passe dans les sondages On attend ce qui se passe dans les sondages ?

On s'apprend à être patient c'est à garder votre sang-froid votre calme comme j'essaie de le garder devant vous et prendre les choses dans l'ordre c'est compliqué je ne vais pas vous dire que c'est simple s'il y avait un seul candidat comme ça a été le cas de temps en temps à gauche ou à droite pas tout le temps d'ailleurs il y a parfois eu des divisions on le saurait Donc vous n'êtes pas pour une primaire en fait vous dites on attend de voir d'abord ne perturbons pas ce moment de démocratie du quotidien deuxièmement un travail sur le fond parce que pour respecter les français qui nous écoutent c'est bien de parler des ambitions des uns et des autres c'est mieux de parler de ce qu'on veut faire pour l'autorité républicaine la liberté d'entreprendre maîtriser l'immigration assurer l'influence de la France des sujets de fond sur lesquels il faut travailler ensemble et enfin on verra les sondages qui vont jouer un rôle pour amener de la lucidité là où elle n'est pas spontanée si je puis dire parmi ces sept candidats et sans doute peut-être si comme l'a proposé Gérard Larcher peut-être à la fin de l'août à l'automne au début de l'automne un système de primaire mais qui est compliqué d'organiser techniquement et surtout entre plusieurs familles politiques qui ne sont pas les mêmes parce que de qui à qui de Dattal jusqu'à Retailleau je pense que les primaires entre des gens qui ont les mêmes valeurs et qui ont travaillé ensemble dans le passé notamment quand j'étais premier ministre moi j'étais très fier d'animer ça n'a pas été spontané il a fallu cultiver cette unité ce que j'ai appelé le socle commun c'est-à-dire les mouvements centristes et les républicains jusqu'à Sarah Knafow non je vous ai dit républicains il n'est pas question pour moi de faire une quelconque alliance avec l'extrême droite c'est ce que Laurent Wauquiez souhaite pourtant peut-être mais ce n'est pas ce que je souhaite

34:32
Invité

vous parlez des attentes de terrain qu'il fallait écouter les attentes de terrain qui vont s'exprimer pendant les élections municipales si ces attentes de terrain c'est l'union de la droite républicaine et l'extrême droite qu'est-ce que vous faites ? est-ce que vous dites ben non on ne l'écoute pas cette fois-ci ?

34:44
Michel Barnier

non je ne crois pas nous sommes candidats c'est qu'il n'y aura pas d'alliance avec l'extrême droite et que les candidats ou les élus de la droite républicaine dont je fais partie il m'est arrivé d'être le libre dans mon parti mais je suis resté loyal jusque aux différents mouvements centristes et peut-être d'autres qui nous ont quittés des électeurs je n'ai pas de problème pour parler aux électeurs qui votent Nafo, Zemmour ou Bardella ou même Ciotti je n'ai pas de problème pour parler essayer de les convaincre de revenir à des positions sérieuses et raisonnables plutôt que de les laisser aller à des positions démagogiques et nationalistes je n'ai pas de problème pas plus que j'ai de problème pour parler à des gens du centre-gauche et surtout des électeurs qui ne croient plus dans la politique c'est ça qui est important c'est de convaincre qu'il y a au centre-droite à la droite et au centre des hommes et des femmes qui méritent à nouveau le respect et l'attention et le soutien

35:36
Présentateur

Michel Barnier vous êtes l'invité de questions politiques on va tenter de mieux vous connaître aujourd'hui

35:42
Locuteur non identifié

France Inter Alexandra Ben Saïd question politique

35:50
Présentateur

et voici l'archive qu'Alix Bouillaguet nous a fait remonter

35:53
Michel Barnier

j'ai bien aimé la manière dont vous m'avez donné des non pas des leçons enfin les enseignements même si ça n'a duré que huit mois que l'on apprend quand on est premier ministre ça va me très très utile on vient de vous entendre vous êtes sur le perron de Matignon lors de la passation de pouvoir avec Gabriel Attal nous sommes le 5 septembre 2024 les français découvrent un style un style barnier pain sans rire une dose de flègue mais d'ironie mordante qu'est-ce que vous avez voulu dire ce jour-là à Gabriel Attal qu'il fallait rester modeste en politique ?

il faut toujours être modeste mais c'était pas ça du tout c'était d'ailleurs une rencontre assez improvisée et publique il a parlé très longtemps il m'a dit que tout était prêt trop longtemps très longtemps il m'a dit que tout était prêt sur le bureau et j'avais rien vu sur le bureau et que j'avais plus qu'à signer je lui ai demandé si je pourrais avoir une petite valeur ajoutée comme premier ministre voilà donc je c'est pas que c'est devenu collector cette cette cette passation de pouvoir mais bon mais c'était j'ai l'estime pour Gabriel Attal et on a bien travaillé ensemble vous avez passé 99 jours à Matignon le 4 décembre 2024 vous chutez sur une motion de censure d'après un indiscret dans la tribune dimanche Emmanuel Macron aurait jugé devant des proches que vous avez été trop rigide vous vous êtes arc-bouté sur les 50 milliards d'économies vous n'avez pas voulu pactiser avec les socialistes comme Sébastien Lecornu l'a fait est-ce que vous n'avez pas échoué dans votre mission de doter la France d'un budget ?

Madame Bouillaguet permettez-moi de vous dire que vous vous trompez au moins dans ce que vous venez de dire je n'ai pas refusé de discuter avec le parti socialiste c'est lui qui a refusé discuté avec moi 10 jours après ma nomination de Premier ministre et qui m'a expliqué qu'ils avaient un engagement formel avec M.

Mélenchon toujours lui que le Premier ministre après la dissolution devait être un Premier ministre de gauche et comme je n'étais pas de gauche il voterait la censure donc votre tête devait tomber quoi qu'il arrive j'ai été prévenu 10 jours après je n'avais pas ouvert la bouche je n'avais pas de programme je n'avais pas encore de gouvernement 10 jours après ma nomination et je l'ai dit à M. Vallaud le dernier jour le jour où je suis tombé grâce à lui et grâce oui M. Boris Vallaud grâce à lui et grâce à la conjonction des votes je ne l'oublie pas je n'ai pas de rancune mais j'ai de la mémoire entre Mme Le Pen et M. Mélenchon qui ont voté la même chose contre nous M.

Vallaud était de ceux-là aussi je lui ai dit cela vous m'avez fermé la porte dès 10 jours après et tout le reste c'est du cinéma ils avaient un engagement dont ils se sont déliés sans doute maintenant avec M.

Mélenchon quant au Rassemblement National son vote n'est pas non plus lié vous le savez bien au budget mais il est plutôt lié à la situation personne de Mme Le Pen à ce moment-là fin novembre donc votre sort était scellé en quelque sorte j'avais un chemin très étroit et je le savais j'ai accepté d'être Premier ministre parce que je pense qu'il faut servir son pays quand on vous le propose et à ce poste-là je ne regrette pas d'avoir accepté j'ai fait de mon mieux pour être digne pour dire la vérité aux Français et pour essayer de relever la ligne d'horizon et je vais continuer et vous n'auriez pas pu faire autrement vous n'avez pas un regret en vous disant tiens si j'avais joué cette corde-là plutôt qu'une autre pour les deux raisons que je viens de vous dire des raisons liées à la situation de Mme Le Pen d'un côté et la décision partisane comment dirais-je totalement liée à l'actualité du parti soisiste et de son alliance avec M.

Mélenchon je ne crois pas que j'aurais pu obtenir un accord à la fin avec des gens qui n'ont pas été à la hauteur de la situation quand vous êtes Premier ministre vous n'avez que des problèmes à gérer et je n'avais que de mauvaises nouvelles sauf pour quelques secteurs que je voulais protéger comme la santé mentale ou les soins palliatifs mais je n'avais que de mauvaises nouvelles pour faire des économies pour réduire la dette pour réduire la dette qu'on laisse peser sur la tête de nos enfants et ça suffit donc il fallait que l'on soit responsable et j'espérais que je trouverais un chemin je ne l'ai pas trouvé mais je n'en suis pas davantage moins résolu à traiter les problèmes de mon pays alors traiter les problèmes du pays comment à droite c'est vrai qu'on vous a longtemps cru ou vu comme un homme modéré et en fait on vous découvre un petit peu radical pendant la primaire de la droite en 2021 avec des propositions chocs retraite à 65 ans super ministère de la sécurité puis surtout l'instauration d'un moratoire sur l'immigration de 3 à 5 ans alors à l'époque ça fait vraiment polémique finalement vous êtes où ?

Est-ce que vous êtes vous assumez d'être de cette manière ce qu'on appelle la droite dure ? Non, je suis d'une droite qui est soucieuse de l'autorité de l'Etat qui est populaire qui est sociale aussi je viens du gaullisme social et j'entends d'ailleurs le ministre actuel de la justice M. Darmanin dire à propos de l'immigration exactement ce que j'ai dit il y a 3 ans lui-même a parlé d'un moratoire vous vous en souvenez puisque vous êtes une bonne journaliste M.

Darmanin a dit la même chose que moi mais il l'a dit 3 ans après donc la question n'est pas d'être dur ou pas dur la question est de traiter les problèmes qu'affrontent les français et si on ne traite pas nous-mêmes les problèmes avec notre méthode qui est une méthode rigoureuse, respectueuse et humaniste ce seront d'autres qui la traiteront permettez-moi de vous le dire parce que l'hypothèse de l'élection d'un candidat d'extrême droite à la prison de la République n'est pas une hypothèse farfelue donc si on ne veut pas que ça se produise il faut qu'on traite les problèmes en matière d'immigration en matière de travail de mérite en matière de liberté d'entreprendre de réduction des normes c'est un quasi-programme présidentiel et justement dans votre récent livre ce que j'ai appris de vous vous racontez une petite anecdote à propos de Donald Trump que vous rencontrez au moment de la réouverture de Notre-Dame de Paris qu'est-ce qu'il vous dit le président américain il vous dit vous êtes grand vous êtes solide vous tenez droit il faut continuer est-ce que ce n'est pas une manière de dire vous aussi vous êtes taillé pour la présidentielle on dit que vous avez une ambition muette et ancienne muette et ancienne je n'ai pas l'habitude d'être muet même si j'ai quelquefois le souci de la discrétion de la sobriété comme les montagnards je ne suis pas toujours d'accord avec Trump mais là il m'a dit des choses intéressantes il vous a dit quoi ?

il vous a dit quoi ? allez-y lancez-vous 2027 vous êtes taillé pour ? il a dit je lui ai dit j'ai un certain âge monsieur le président il me dit mais moi aussi j'ai 78 ans donc il est plus âgé que moi à l'époque continuez ça veut dire quoi ? être candidat en 2027 Michel Barnier ? continuer à être utile madame Bouillaguet ?

ah non mais utile tout le monde dit vous êtes utile non je n'ai pas dit vous êtes utile j'ai dit contraigné ce qui me concerne c'est pour ça que après avoir quitté Matignon avec mes équipes nous avons réfléchi à savoir si je devais continuer ou ne pas rester dans l'action politique on a décidé choisir ensemble que je resterais voilà pourquoi j'ai sollicité la confiance des parisiens dans la deuxième circonscription ça veut dire quand même que vous êtes là en embuscade au cas où si la décantation de l'automne vous fait émerger vous irez est-ce que vous avez le sentiment que je suis en embuscade là devant vous ?

pas du tout je suis clair bien dans mes bottes et prêt à être utile et à affirmer l'exigence d'unité de la droite et du centre unité c'est pour moi la clé un seul candidat au premier tour pour être présent au deuxième sinon nous ne serons pas présents au deuxième tour et puis un programme sérieux de redressement de rassemblement du pays pour éviter les extrêmes et enfin un président qui devra être compétent tenace et courageux y compris avoir le courage d'être impopulaire

43:16
Présentateur

et une des compétences aux mains du président Michel Barnier c'est évidemment la dissuasion nucléaire c'est votre carte blanche

43:22
Michel Barnier

ma carte blanche n'est pas seulement celle de la dissuasion ou pas d'abord celle c'est le sentiment que j'ai éprouvé comme beaucoup de français après le discours du président de la République qui a été à la hauteur de sa responsabilité l'autre jour à l'île longue d'entendre venant des rangs des soldats cette marseillaise et j'ai éprouvé un moment de fierté comme beaucoup de français fierté d'être français je me dis que on vient de parler 40 minutes de ce qui se passe dans le monde et en France beaucoup de drames de tragédies beaucoup de raisons d'être pessimiste et moi je pense que dans notre pays on a des raisons d'être optimiste d'être fier d'être français j'écoutais cette marseillaise mais on a eu le même moment de fierté au moment des Jeux Olympiques et pas seulement avec les sportifs ceux d'aujourd'hui d'ailleurs je passe aux Jeux Paroles Olympiques à Cortina qui font des exploits c'est pas seulement c'est la capacité d'organiser un grand événement la fierté aussi qu'on éprouve quand on visite des usines j'étais l'autre jour à Lille dans une entreprise de textile où je voyais des difficultés mais aussi un espoir une volonté de travailler ensemble je vois des exploitations agricoles où malgré les normes les impôts des gens qui se battent des jeunes qui veulent continuer à produire je vois nous sommes aujourd'hui c'est la journée des restos du cœur des bénévoles par centaines de milliers qui font vivre la République dans ce pays et qui donnent une belle image de la République de l'unité nationale moi je veux dire qu'il y a parfois des raisons de pessimisme mais il y a aussi des raisons d'être fier d'être français et de penser que notre pays vaut la peine qu'on se batte pour lui et c'est ce que je veux faire en me battant pour lui à la place où je suis

44:56
Présentateur

Vous parliez d'usines il y a une seconde alors ça nous emmène à 2027 les questions qui seront au cœur de la présidentielle c'est le débat à Belmestre sur la réindustrialisation comment on fait pour arrêter l'hémorragie industrielle en Europe

45:09
Invité

Exactement les fermetures d'usines se multiplient en Europe tout comme les destructions d'emplois rien qu'en Allemagne 10 000 emplois industriels sont détruits tous les mois pour lutter contre cela la Commission européenne a présenté mercredi un texte qui assume enfin le Madin Europe et une forme de préférence européenne dans l'attribution des marchés publics ainsi que dans le déploiement des aides est-ce que ça n'arrive pas un peu trop tard ?

45:32
Michel Barnier

Ça arrive très tard et ça ne suffit pas et ça ne suffit pas Pourquoi ?

Je pense que le prochain président de la République enfin le principal combat qu'il devra amener au-delà de la sécurité publique de maîtriser l'immigration ce sera de faire que notre pays redevienne une terre de production qu'on soit fier de produire dans l'agriculture pour notre alimentation et pour l'industrie qu'on a abandonné depuis 35 ans tout politique confondue comme les Anglais l'ont fait de leur côté et je peux dire que c'est une des raisons du Brexit d'ailleurs que la désindustrialisation et moi il y a des affaires comme celle de Péchiné que je ne pardonnerai pas donc il faut retrouver cette ambition de produire et les réponses à ça elles sont nationales elles sont aussi européennes je visitais l'autre jour à Laval une entreprise qui est le numéro 1 en France de la machine outils GIS dont le responsable très dynamique me disait au rythme actuel des importations chinoises chez nous une sorte de tsunami venant des PME PMI chinoises qui exportent tout et n'importe quoi avec le soutien de leur gouvernement nous serons les seuls à rester dans 3 ans et demi en Europe dans la machine outils toute industrie allemande aura disparu il faut bloquer donc voilà pourquoi cette initiative que vient de prendre la commission est utile je la trouve très compliquée il y a plein d'incertitudes il y a beaucoup d'exceptions qui sont prévues notamment avec des pays avec lesquels nous avons des accords commerciaux

46:54
Invité

parler du Made in Europe qui pourrait profiter aux pays qui ont des accords de libre-échange avec les pays des états membres de l'Union Européenne

47:00
Michel Barnier

donc il faut voir aussi comment lutter c'est ce qu'on appelle les règles d'origine à Bruxelles contre le risque d'assemblage de produits qui viennent de l'extérieur qu'on assemble

47:07
Invité

et qu'on exploite c'est une des fois

47:09
Michel Barnier

que j'avais quand j'ai négocié le Brexit que d'éviter que le Royaume-Uni devienne un pays d'assemblage mais il faut aussi des taxes il faut des tarifs à l'importation ça se fait au niveau du pays

47:19
Invité

par exemple est-ce que vous êtes d'accord avec une partie de la gauche qui dit il faut rehausser les droits de douane il faut un protectionnisme économique au niveau de l'Europe

47:28
Michel Barnier

non il n'y a pas de droits de douane en France seulement les droits de douane ils sont européens les droits de douane nous avons une petite commerciale et c'est l'Europe qui doit réagir avec un peu plus de vitalité et de courage que l'on a eu madame Van der Leyen l'autre jour quand elle est allée un peu humiliante humiliée en Écosse négocier avec monsieur Trump il faut utiliser mieux que nous ne l'avons fait dans les quelques mois passés la force notre seule force actuelle qui est celle du marché unique et qui est bien davantage qu'une zone de libre-échange c'est un écosystème complet de 450 millions de consommateurs et de 22 millions d'entreprises ça c'est notre force et il faut la mettre en face des Chinois très clairement qui d'ailleurs sont très surpris qu'on ne défende pas mieux nos intérêts stratégiques comme ils le font eux-mêmes et face à l'agressivité américaine

48:11
Invité

mais ça peut les braquer encore plus or l'industrie européenne elle est dépendante encore des terres rares chinoises je ne crois pas que les Chinois seront braqués et ça pourrait aussi entraîner des effets contre-productifs

48:20
Michel Barnier

je ne crois pas écoutez l'effet contre-productif c'est qu'actuellement l'industrie de l'automobile de la chimie de la machine autiste sont actuellement méthodiquement détruits par les exportations chinoises je ne crois pas que ça braquera davantage les Chinois si nous faisons nous-mêmes en défendant nos intérêts avec clarté et sans complexe comme ils le font eux-mêmes pour leurs intérêts

48:39
Invité

il n'y a pas de consensus au sein de l'Union Européenne entre les États-Unis

48:42
Michel Barnier

non il n'y a pour l'instant pas de consensus et je me demande

48:44
Invité

notamment entre la France et l'Allemagne comment faire sans ce consensus ?

48:48
Michel Barnier

eh bien il faudra le construire en rétablissant un dialogue un peu confiant vous savez le dialogue franco-allemand sauf du temps de Giscard et Schmitt quand on remonte à De Gaulle et à Denner ce dialogue allemand il n'a jamais été franco-allemand spontané il a toujours été construit par la relation entre les deux responsables et je pense aussi pour tout vous dire que ce dialogue franco-allemand il est de plus en plus nécessaire et de moins en moins suffisant il y a d'autres grands pays en Europe et plus petits qui comptent notamment la Pologne ou l'Italie

49:15
Présentateur

il en est où en ce moment le dialogue franco-allemand à votre avis ?

49:18
Michel Barnier

il ne va pas bien il ne va pas bien on le voit pas seulement sur la question de l'avion de chasse mais aussi sur le tank il y a beaucoup d'incompréhension et je pense qu'il est temps que le président français celui d'aujourd'hui et celui de demain et que le chancelier allemand Freddy Schmers se retrouve et coopère parce que quand il n'y a pas de dialogue franco-allemand tout se bloque quand il y a un dialogue franco-allemand ça ne suffit pas je vous l'ai dit de moins en moins suffisant il ne faut pas penser aux autres et quelle que soit leur taille moi je pense que chaque pays européen a une valeur ajoutée du plus petit au plus grand et l'Allemagne qui se réarme qui met beaucoup d'argent désormais dans sa défense c'est une bonne ou une mauvaise chose est-ce que ça peut vous redouter quelque chose ?

non je ne redoute pas je pense que c'est bien parce que l'état de l'armée allemande était très mauvais et mal entretenu donc ils avaient du temps à rattraper mais comme l'Allemagne était mieux gérée que la France sur le plan budgétaire ils ont de l'argent que nous n'avons pas donc ça veut dire aussi qu'il faut une politique de bonne gestion des finances publiques en France

50:13
Invité

mais est-ce que ce dialogue franco-allemand il ne pourrait pas se reconstruire justement contre l'acier chinois qui n'est pas concerné par le texte de la commission européenne est-ce que ça pourrait être quelque chose qui...

50:23
Michel Barnier

comme pour les élections moi je rêve du jour où les français voteront pour plutôt que voter contre donc on doit reconstruire le dialogue franco-allemand non pas contre l'acier chinois à coup sûr il faut marquer un coup d'arrêt sur certaines exportations chinoises qui sont massivement subventionnées de manière ou d'une autre par les autorités chinoises et qui détruisent nos emplois et je pense que on doit reconstruire le dialogue franco-allemand non pas contre les chinois seulement ou pas d'abord mais pour l'Europe justement

50:46
Invité

une certaine idée de l'Europe l'idée du Made in Europe ne convainc pas tous les politiques en France notamment à gauche et à l'extrême droite et ils disent en gros ça ne sert à rien parce qu'il y a du dumping au sein même de l'Union Européenne comment on peut lutter contre ce dumping au sein des états

51:01
Michel Barnier

vous avez à l'extrême droite ou à l'extrême gauche c'est le moment de le dire et je le répéterai d'ici 2027 des hommes et des femmes qui sont nationalistes et moi je pense comme Mitterrand l'avait dit un jour que le nationalisme c'est la guerre donc il faut défendre notre nation on doit défendre notre patrie je pense même qu'on a besoin des nations pour combattre le nationalisme voilà pourquoi je ne suis pas fédéraliste au niveau européen mais on a besoin de travailler ensemble et de respecter le cadre européen donc que ces responsables d'extrême droite ou d'extrême gauche disent qu'ils sont contre le Made in Europe ils ont tort

51:34
Présentateur

mais quand même Michel Barnier il faut bien reconnaître que le Made in Europe si on le favorise les usines ne s'ouvrent pas en France les usines automobiles elles s'ouvrent en Europe de l'Est par exemple ils n'ont pas totalement tort

51:43
Michel Barnier

vous avez de grandes usines automobiles en France et vous avez bien d'autres raisons vous devriez aller entre deux émissions visiter le salon Made in France qui s'est tenu il y a quelques semaines à Paris et qui était formidable vous avez des centaines et des centaines de petites et de grandes moyennes entreprises qui fabriquent français et qui sont fiers voilà pourquoi je vous dis que ce pays mérite qu'on se batte pour lui

52:03
Invité

vous aviez proposé un plan d'épargne en 2024 pour la réindustrialisation qu'en est-il ?

52:08
Michel Barnier

oui je pense pour ça qu'il ne suffit pas d'être en défensive il faut être moins naïf dans nos négociations commerciales y compris au Mercosur il faut protéger nos temporairement peut-être par des tarifs contre les exportations massives des chinois il faut résister aux américains y compris par la guerre des tarifs s'ils l'amènent contre nous mais ça ne suffit pas il faut pouvoir investir au niveau européen j'étais très heureux que l'Europe soit capable au lendemain du Covid d'emprunter 750 milliards pour investir dans la redressement du pays et de nos pays après le Covid je pense qu'il faut être capable d'emprunter ensemble pour investir ensemble et s'agissant de la France de mobiliser l'épargne qui est très abondante d'autant plus que les gens sont inquiets et je continue à penser qu'il faut je l'ai dit au gouvernement actuel livrer d'épargne industrielle qui mobilise une partie des fonds qui n'est pas un des français qui les encourage fiscalement à investir dans la production agricole et industrielle

53:06
Présentateur

Michel Barnier voici les deux dernières minutes de l'émission on finit la séquence comme d'habitude

53:10
Michel Barnier

ça passe vite votre émission

53:11
Présentateur

je vous remercie ça doit être intéressant allez le vrai faux n'est pas moins intéressant vous avez le droit de me dire vrai ou faux éventuellement une phrase d'explication c'est parti la question 8 mars aux grands hommes la patrie reconnaissante il est temps de dégenrer la devise au froton du panthéon vrai ou faux ?

53:29
Michel Barnier

c'est une proposition vraie qui a été faite mais je ne la crois pas opportune

53:32
Présentateur

ouvrir le parapluie nucléaire français aux européens c'est se préparer à perdre notre pleine souveraineté vrai ou faux ?

53:39
Michel Barnier

c'est faux c'est faux le président de la République a été très clair il y aura une souveraineté dans la décision dans la conduite il y aura un dialogue avec les européens pour définir ce que sont nos intérêts stratégiques

53:48
Présentateur

une question à l'homme d'Alberville s'attend fort en ce moment à la direction du comité d'organisation des JO 2030 même le numéro 2 a donné sa démission le président des JO 2030 du COJOP Edouard Gros-Piron devrait maintenant songer aussi à démissionner vrai ou faux ?

54:03
Michel Barnier

c'est faux je pense qu'on a des raisons de lui faire confiance nous l'avons choisi et de l'aider de l'accompagner à trouver la bonne gouvernance de ce comité c'est toujours compliqué été je d'été je d'hiver d'organiser des JO olympiques je le dis d'expérience

54:16
Présentateur

vendredi soir l'ouverture des JO paralympiques de Milan-Cortina les athlètes russes qui défilent avec leur drapeau ça vous a choqué vrai ou faux ?

54:23
Michel Barnier

oui oui je pense qu'on n'aurait pas dû accepter que pour les raisons liées à l'actualité et à l'agression russe les biélorusses les biélorusses aussi les russes défilent avec leur drapeau

54:33
Présentateur

il nous reste 30 secondes on va essayer de faire avec du vrai du faux seulement un peu de poétique fiction 2027 deuxième tour Mélenchon Bardella vous vous abstenez vrai ou faux ?

54:42
Michel Barnier

vrai

54:42
Présentateur

vous avez été le négociateur du Brexit un jour le Royaume-Uni demandera à l'Union Européenne l'annulation du divorce vrai ou faux ?

54:50
Michel Barnier

ça je j'ai toujours regretté vous calez non non je ne cale pas du tout vous le souhaitez ? bien sûr j'ai regretté le Brexit qui est un non-sens du point de vue de l'intérêt national britannique le jour où les Britanniques mais c'est leur choix c'est pas le nôtre le choix ils seront là et nous discuterons avec eux

55:09
Présentateur

Michel Barnier merci d'avoir répondu à nos questions politiques auditeurs téléspectateurs nous vous retrouvons la semaine prochaine un excellent dimanche à vous