REPLAY - Le premier discours d'Anne Hidalgo, réélue maire de Paris
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Merci beaucoup, chère Thierry Léo, beaucoup chère Thierry pour tes mots, ton engagement, ton amitié. C'est un plaisir immense de recevoir à nouveau, ici, cette écharpe de tes mains. Merci pour celui qui parie et l'engagement d'une vie. D'ailleurs, cet engagement d'une vie, c'est aussi le mien. Je veux d'abord dire merci à toutes les Parisiens et aux Parisiens qui se sont déplacés pour participer à cette élection, et une élection à tout point de vue hors normes. Merci, chère Rémi Ferrault, d'être à mes côtés depuis toutes ces années pour porter notre projet pour cette ville que nous aimons tant.
Je veux aussi, bien sûr, remercier toutes celles et tous ceux qui ont contribué à nourrir ce projet et qui ont fait que cette élection s'est terminée comme elle s'est terminée aujourd'hui. Je pense, bien sûr, évidemment, à mon cher ami Jean-Louis Nistia. Je veux lui dire qu'il a su insuffier une vision ambitieuse à Paris en commun. Il a aujourd'hui décidé de laisser sa place, mais son héritage politique, son amitié aussi, continueront de nous inspirer. Merci à Emmanuel Grégoire, Emmanuel, qui a conduit avec un talent inouï ce collectif. Merci pour ta force, ta sérénité. Cette force et cette sérénité, d'ailleurs, que tu nous donnes à chacune et à chacun.
Je veux aussi remercier celles et ceux qui, venus de la société civile, nous ont soutenus, m'ont soutenus. Et je pense, bien sûr, en particulier à Jean-Jouzel, dont le regard scientifique nous est si précieux pour préparer l'avenir. Merci aussi à toutes les forces écologistes qui nous ont rejoints pour construire le Paris de demain. Et en particulier, merci à toi, cher David, la vie de Béliard. Je veux te saluer ici très chaleureusement et te dire que j'ai vraiment eu plaisir à mener aussi ce combat pour Paris avec toi. Je veux saluer les candidats Rachida Dati et Agnès Buzyn qui ont su mener cette campagne pour leurs idées.
Et bien sûr, je veux dire un immense merci à ma famille, à mes amis, à toute mon équipe. Vous savez, pour ceux qui me connaissent combien c'est important pour moi que d'avoir cette famille, ma vraie famille, mon mari, mes enfants, mes parents, mais aussi d'avoir cette famille, cette famille que nous constituons lorsque, ensemble, nous nous battons pour les mêmes idées et les mêmes projets. Merci pour votre soutien indéfectible au cours de ces six dernières années qui ont été intenses et parfois inattendues. C'est grâce à ces femmes, à ces hommes que je suis ici aujourd'hui.
Alors, mes chers collègues, merci de votre confiance et merci de l'honneur que vous me faites de m'élire pour la deuxième fois maire de Paris. Ces remerciements, je les adresse bien sûr à travers vous, aux Parisiennes et aux Parisiens qui se sont reconnus en vous lors de cette élection. Ce sont eux qui ont choisi, par leur vote, le projet qu'ils voulaient pour leur ville. Et cette confiance nous engage. Je vois ici beaucoup de nouveaux visages et je souhaite que ce renouvellement signe le renouveau de la démocratie parisienne. Vous êtes le visage de Paris.
Vous portez nos différences et nous devons ensemble en faire notre force pour bâtir avec dignité, avec honnêteté, cette ville que les Parisiennes et les Parisiens ont choisie, cette ville qu'ils veulent pour leurs enfants, cette ville qui nous rassemble aujourd'hui. Vous vous êtes engagés en vous présentant au suffrage des Parisiennes et des Parisiens. Et vous vous êtes engagés à agir en leur nom, à n'avoir d'autres ambitions que de les faire lire d'autres objectifs que le meilleur pour leur vie.
Mes chers collègues, cette mandature commence, nous le savons, vous l'avez dit avant moi, à cette tribune, avec l'urgence de la crise du Covid et ses conséquences sur l'économie parisienne et le quotidien des Parisiens. L'épidémie est toujours là. Cette crise a bouleversé nos vies, notre quotidien, notre rapport aux autres. Je souhaite que le premier Conseil de Paris de cette nouvelle mandature me permette d'exprimer tout le respect que nous devons à celles et ceux que la maladie a emportés, à leurs familles, à leurs proches, à celles et ceux qui sont tombés malades et qui mettront peut-être encore des semaines à s'en remettre.
Respect et reconnaissance à tous ceux qui les ont soignés, qui les ont accompagnés, qui les ont aidés, les personnels soignants, les hôpitaux publics, les cliniques privées, les médecins infirmiers, les infirmières, les personnels des EHPAD, mais aussi aux services publics municipaux parisiens et à toutes les Parisiennes et à tous les Parisiens qui se sont mobilisés pendant cette crise. Ils ont reçu les applaudissements de nos concitoyens chaque soir. Ils méritent une nouvelle fois les applaudissements de notre Assemblée. Les premiers à FUVI nous ont permis de s'éteindre notre tour. Ils nous interpellent. Ils nous disent de changer nos manières de voir et de faire.
Ils nous disent que le service public n'est pas un tout, mais une ressource, une richesse, le seul patrimoine de celles et ceux qui n'en ont pas. Pour eux, la ville de Paris prendra sa part, car un service public transformé, renforcé est le garant d'abord d'une ville plus juste, unie et prospère. Je souhaite donc créer au plus vite une direction de la santé publique à Paris pour veiller sur ce que nos concitoyens ont de plus précieux et qui est si fragile, à savoir notre santé. Mais au-delà de la crise sanitaire, c'est une crise bien plus profonde qui nous touche aujourd'hui. Ce que nous avons vécu est sans précédent. Pendant près de deux mois, le temps s'est arrêté.
Face à nous-mêmes, nous avons questionné tout ce que nous prenions pour acquis. Nous avons pris conscience de la valeur de la vie. Nous avons pris la mesure de l'importance de ces femmes, de ces hommes qui accompagnent notre quotidien sans que nous ne prenions toujours le temps de leur dire simplement merci. Nous nous sommes rendus compte de la fragilité de notre équilibre, mais aussi que la solidarité nous permet de tenir bon quelles que soient les circonstances. Oui, nous avons besoin les uns des autres et l'essentiel se trouve dans ce que nous avons en commun. Les Parisiennes et les Parisiens l'ont compris et ils ont choisi de nous faire confiance.
Et cette prise de conscience d'ailleurs ne s'arrête pas aux frontières de notre capitale car dans la France entière, les électeurs ont choisi de mettre l'écologie au cœur du projet pour leur ville et pour leur vie. Et c'est rassemblé aujourd'hui autour de valeurs communes, dans une véritable alliance des villes pour l'écologie et la solidarité, que nous pourrons proposer des solutions pour changer le quotidien de nos concitoyens. Ces femmes et ces hommes le veulent. A Paris, dans le Grand Paris, je veux ici saluer mes collègues et amis qui sont présents, qui représentent les grandes collectivités qui composent ce beau Grand Paris.
Dans la France aussi bien sûr, mais partout à travers le monde. Je continuerai d'ailleurs le chemin ouvert durant le mandat précédent pour renforcer l'alliance des villes du monde, pour défendre le climat, pour améliorer nos conditions de vie, pour donner à chacune et à chacun sa place, quel que soit son parcours ou ses moyens. Nous serons là. Nous serons là auprès des commerçants, des artisans, des hôteliers, des restaurateurs, de toutes celles et ceux qui ont tant perdu et qu'il faudra accompagner pour transformer notre économie. Nous serons là auprès de celles et ceux qui sont confrontés à des difficultés financières afin de ne laisser personne sur le bord de la route.
Nous serons là pour celles et ceux qui ont du mal à se loger. Nous serons là pour nos aînés les plus isolés et toutes celles et ceux qui les aident au quotidien, qui ont besoin d'une attention particulière, d'une valorisation de leur métier et de leur engagement. Nous serons là auprès des artistes, des intermittents du spectacle qui font vibrer notre ville, des libraires et de toutes celles et ceux qui travaillent dans les cinémas, dans les salles de spectacle, dans les musées, tout ce que le monde d'ailleurs nous envie. Dès les prochains jours, nous ferons cet été de la culture qui donnera à la ville un véritable souffle retrouvé.
Nous serons là auprès des jeunes qui sont durement touchés par la crise économique en leur proposant des services civiques, des stages, des apprentissages afin qu'ils puissent mettre un premier pied dans l'emploi, dans la vie, dans leur autonomie. Nous aiderons les étudiants qui, faute de job d'été, auront du mal à boucler leur fin de mois. Nous serons là auprès des enfants et des familles en proposant des activités, des activités pédagogiques, ludiques, sportives, dès cet été et toute l'année après l'école. Nous serons là. Nous serons là en gardant toujours à l'esprit ce que cette crise a mis en lumière.
Car si elle changera durablement notre manière de vivre, elle nous impose aussi de changer drastiquement notre façon de faire. Ce que j'ai vu durant ces semaines me marquera toute ma vie. J'ai vu l'énergie, l'imagination, le sens du service public de milliers d'agents qui sont les forces vives de notre ville. Je ne laisserai pas cette énergie se perdre, je ne laisserai pas cette imagination s'éteindre, je ne laisserai pas ce sens du service public disparaître. Il faudra dépasser les pesanteurs de la bureaucratie qui trop souvent rangent les gens et les idées dans les cases.
Il faudra dépasser les lenteurs pour agir plus vite, résoudre les problèmes tout de suite, avant que les situations ne se dégradent. C'est pourquoi je donnerai plus de pouvoir et de responsabilité aux maires d'arrondissement, afin que les décisions soient prises au plus près des attentes de nos concitoyens et au plus près de la ville du quart d'heure. Les Parisiennes et les Parisiens nous ont montré que l'impossible était à notre portée, nous leur ferons confiance. Car chaque fois que nous leur faisons confiance, ils s'engagent, ils ont le courage de s'emparer des sujets en trouvant des solutions concrètes, locales, adaptées.
Lorsque nous faisons confiance aux restaurateurs pour étendre leur terrasse, et bien ils rendent la vie plus belle et ils entretiennent la rue qu'ils occupent. Lorsque nous réalisons des dizaines de kilomètres de nouvelles pistes cyclables, les Parisiennes et les Parisiens, les habitants de la métropole du Grand Paris, sont au rendez-vous. Lorsque nous transformons la ville, ils s'en emparent et ils nous disent d'aller plus loin. Alors oui, nous irons plus loin.
Les Parisiennes et les Parisiens nous ont donné dimanche dernier le mandat d'aller plus loin, d'aller plus loin ensemble, avec toutes les énergies disposées à se mettre à leur service, pour faire une ville plus juste, plus agréable à vivre. C'est notre rôle de donner conscience à celles et ceux qui ont voté pour nous, mais aussi à celles et ceux qui n'ont pas voté du tout, ou qui n'ont pas voté pour nous, pour leur montrer que la politique peut changer les choses, que la politique peut changer la vie. Cette démocratie doit s'exercer au quotidien. Nous donnerons aux citoyens les moyens de proposer, de décider, de faire.
Et nous innoverons au cours de ce mandat, afin de donner aussi le goût de l'engagement à toutes celles et à tous ceux qui aiment leur ville et qui souhaitent se rendre utiles. Les Parisiennes et les Parisiens sont prêts. Notre jeunesse en est le plus beau symbole. Cette jeunesse parisienne attend que nous soyons à la hauteur de sa confiance, que nous lui donnions les clés pour agir. Les jeunes sont l'intelligence, la créativité, l'imagination, le moteur du Paris de demain. Et nous construirons la belle aventure olympique et paralympique avec eux et pour eux. Je suis fière de cette majorité que je vois aujourd'hui réunie.
Je sais que nous aurons la force de faire ce pari en commun que nous avons porté ensemble, avec les forces écologistes. Mes chers collègues, je suis particulièrement émue aujourd'hui, émue de la confiance des Parisiennes et des Parisiens, et consciente de la responsabilité que vous me confiez. Nous sommes à un moment si particulier de notre histoire. Si nous sommes la dernière génération à pouvoir agir avant qu'il ne soit trop tard, alors dimanche, les Parisiennes et les Parisiens nous ont donné le mandat pour agir, pour transformer leur ville et leur vie.
Ils nous ont dit, à toutes et à tous, quels que soient nos engagements politiques ou nos opinions, que nous devions travailler ensemble pour l'avenir de notre ville. Une ville adaptée aux changements climatiques. Une ville qui lutte contre le bruit et la pollution. Une ville dans laquelle nous avons envie de voir grandir nos enfants. Ensemble, nous avons de grandes et belles choses à accomplir, des défis à relever, de belles batailles à mener, à mener encore. Je vous cède prête, j'y suis prête, car pour moi, il n'y a pas de plus bel engagement que Paris. Je vous remercie. Merci.
Anne Hidalgo