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Podcast / conversationRassemblement National (sur YouTube)· 5 octobre 2025 48 minComplaisantFond programmatiqueTravail & emploiInstitutions & électionsRetraitesSolidarités & famille

De syndiqué à député RN, il raconte ! (Avec Frédéric Weber)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 56 %Attaque 34 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Si demain tu te retrouvais dans une salle en tête-à-tête avec François Hollande, tu lui dirais quoi ?

  • 1:19OuverteRéponse directe

    Quel est le premier souvenir que tu garderais de ton engagement syndical ?

  • 2:42OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que tu faisais concrètement dans un syndicat ?

  • 4:39OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que tu penses de la réforme des CSE par Macron ?

  • 9:04OuverteRéponse directe

    Est-ce que les syndicats arrivent encore à porter la voix des travailleurs ?

  • 16:33OuverteRéponse directe

    Comment tu vois l'expertise des hommes politiques vis-à-vis du monde du travail ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:10Invité politiqueFait
    « Moi je suis député, moi je n'étais que l'émanation du peuple et d'essayer de trouver l'intérêt général et de trouver des poids d'équilibre. »
  • 1:50Invité politiqueFait
    « Pour moi ma mission était simple, c'était essayer d'être utile et de défendre les salariés qui pouvaient par exemple des fois subir de manière individuelle ou collective une injustice. »
  • 5:30Invité politiqueFait
    « Si vous voulez, si tu veux, la structuration même a changé, c'est-à-dire qu'avant, il y avait depuis des dizaines d'années, on va dire, pour moi, le cœur, c'était le CHSCT. »
  • 6:45Invité politiqueFait
    « L'objectif de Macron, c'était de professionnaliser. C'est-à-dire que, par exemple, une entreprise où il y avait 50 délégués avec des gens qui avaient des ordres de délégation à temps partiel et temps complet, on a réduit. »
  • 8:22Invité politiqueFait
    « Je pense que le fait d'avoir professionnalisé ça, ça a l'effet de peut-être de rendre un peu, on va dire, expère les gens dans le domaine, mais ça les coupe un petit peu du terrain. »
  • 10:07Invité politiqueFait
    « La situation, elle est complètement différente d'une entreprise à une autre. C'est pas le syndicat qui fait l'homme, c'est l'homme qui fait le syndicat. »
  • 12:15Invité politiqueFait
    « Pour moi, un syndicat, je ne faisais pas de politique, moi, parce que je considère que les gens qui ont la carte chez nous, ils votent, ils ont toute sensibilité. »
  • 17:07Invité politiqueFait
    « Non, mais il y a des hommes politiques qui connaissent le sujet, sur tous les bancs de l'Assemblée nationale. »
  • 18:35Invité politiqueFait
    « Je me rappelle juste de deux événements. J'avais une députée macroniste, une dame, qui avait 65 ans, assez élégante, qui se lève dans l'hémicycle et qui dit je ne comprends pas. Regardez, moi j'ai 65 ans, je ne suis pas en fait de santé. Je peux travailler jusqu'à 67 ans. »
  • 20:43Invité politiqueFait
    « Et là, j'ai un peu réagi quand même parce qu'à un moment, il disait à la gauche, vous savez, moi, je ne comprends pas. Vous n'arrêtez pas de dire qu'on veut repartir à 62 ans. Mais moi, dans ma circonscription, les personnes viennent me voir en disant tenez bon, monsieur le député. tenez bon, il ne faut pas céder. On veut bosser jusqu'à 64 ans. »
  • 22:56Invité politiqueFait
    « Il ne faut pas faire une généralité. Il y a des travailleurs qui méritent de gagner mieux, qui méritent d'être mieux pris en compte dans leurs difficultés et ça, c'est le rôle de l'accompagnement des syndicats. »
  • 26:50PrésentateurChiffre
    « La France, c'est le quatrième pays européen avec le plus de morts au travail. »
  • 27:38Invité politiqueFait
    « Pourquoi il y a un code pénal qui est énorme et on a tellement de difficultés aujourd'hui. Les gens ont le sentiment que la justice dysfonctionne et que la justice peut s'appliquer de manière différente. »
  • 29:21Invité politiqueChiffre
    « il n'y en a quasiment plus »
  • 29:24Invité politiqueChiffre
    « les médecins du travail aujourd'hui, il y en a très peu »
  • 30:24Invité politiqueFait
    « on a du mal aussi à trouver des conseils de prud'homme »
  • 32:04Invité politiqueFait
    « le conflit de Florange a bien aidé à son élection »
  • 32:06Invité politiqueFait
    « Il avait fait des promesses qu'il n'a pas tenues »
  • 37:03Invité politiqueFait
    « vous nous aviez promis vous avez mangé la merguez de l'amitié avec nous, de la fraternité »
  • 38:30Invité politiqueFait
    « il y a des familles qui ont perdu leur travail, ça a généré des angoisses, du stress, du mal-être »
  • 40:21Invité politiqueFait
    « le Rassemblement National est un parti qui représente le plus le monde des travailleurs »
  • 41:17Invité politiqueFait
    « on va mettre des drapeaux palestiniens à toutes les mairies de France »

Temps de parole

  • Frédéric Weber76 %
  • Présentateur24 %

0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Frédéric Weber

Pour moi je n'étais que l'émanation des salariés, moi je n'étais rien, c'est pas Frédéric Débert, c'est pas ça l'important. L'important c'est que moi j'étais la voix de ceux qui avaient des difficultés. Moi je suis député, moi je n'étais que l'émanation du peuple et d'essayer de trouver l'intérêt général et de trouver des poids d'équilibre.

0:15
Présentateur

Si demain tu te retrouvais dans une salle en tête-à-tête avec François Hollande, tu lui dirais quoi ? Eh bien bonjour à tous et bienvenue sur ce nouvel épisode du podcast du Rassemblement National. Merci encore pour vos retours sur les précédents épisodes. N'hésitez pas à vous abonner, à laisser des commentaires pour nous faire des suggestions pour des prochains invités, des prochains thèmes comme d'habitude. A nous dire aussi ce que vous pensez directement des sujets qui sont abordés dans ces épisodes. Et aujourd'hui avec nous on reçoit Frédéric Weber. Bonjour Frédéric. Bonjour Gaëtan. Comment tu vas ? Très bien. Ça va, ça va.

Alors pour ceux qui ne te connaissent pas encore, Frédéric Weber est député de Meurthe et Moselle. Tu nous as rejoint, si je ne dis pas de bêtises, en 2023. Tu as rejoint le Rassemblement National en 2023. Et tu as ce parcours qu'on peut dire un peu atypique, même si tu as suivi finalement les traces d'un Moselland cette fois-ci. C'était Fabien Angelman. D'être à la fois un ancien syndicaliste passé au Rassemblement National et aujourd'hui avec un mandat électif. Fabien Angelman qu'on salue est maire d'Aiange et donc toi je veux le rappeler député de Meurthe et Moselle.

Plusieurs sujets du coup que je voudrais voir avec toi d'abord, c'est quel est un peu le premier souvenir que tu garderais de ton engagement syndicat, de ton parcours syndicaliste ? Pourquoi en fait t'être engagé dans des syndicats au moment où tu travaillais, on le rappelle un, on en parlera certainement aussi, à ArcelorMittal sur le site de Florence ?

1:41
Frédéric Weber

Pour moi, déjà je suis affirmé de profession, donc je peux dire aider les autres c'est quelque chose que j'ai toujours eu depuis que je suis plus jeune pour moi. Donc pour moi ça me semblait naturel à l'époque lorsque j'ai intégré ArcelorMittal, on m'a proposé assez rapidement de m'engager au sein du syndicat, à l'époque c'était la CFDT. Et pour moi ma mission était simple, c'était essayer d'être utile et de défendre les salariés qui pouvaient par exemple des fois subir de manière individuelle ou collective une injustice. Parce que c'était vraiment ce combat contre la justice, c'est ça que j'ai toujours eu un peu au fond du cœur.

Et c'est ce qui fait que je me suis engagé dans le syndicalisme. Maintenant ce que je garde vraiment, parce que le syndicalisme c'est pas facile, c'est pas facile tous les jours, mais ce que je garde vraiment comme côté positif, et c'est peut-être aussi parce que c'était un petit peu ce qui m'a emmené après à m'engager en politique, c'est ce côté de proximité avec les gens, d'être proche des gens, et puis d'essayer d'apporter un petit peu des réponses à leurs difficultés.

2:42
Présentateur

Qu'est-ce que tu faisais concrètement dans un syndicat, parce qu'en fait on parle beaucoup des syndicats, notamment dès qu'il y a une réforme sociale assez importante, la réforme des retraites, l'assurance chômage, on sollicite de plus en plus les partenaires sociaux par le biais du dialogue social ou de conclave, etc. Qu'est-ce que toi concrètement dans un syndicat, à quoi ressemblaient tes actions, que ce soit des actions individuelles ou actions collectives ?

3:09
Frédéric Weber

En fait, ça dépend à quel niveau on se place.

Si on se place d'un point de vue local, donc que ce soit délégué du personnel, ou un membre du CSE, aujourd'hui à l'avance des membres du CE, ou un membre du CSTT qui avant était le CHCT, on va dire la proximité, donc c'est la vie de l'entreprise, c'est accompagner les salariés par exemple lorsqu'il y a des soucis disciplinaires, on va essayer de trouver des points d'équilibre, c'est accompagner la vie de l'entreprise en termes d'hygiène et de sécurité pour les salariés, c'est par exemple participer à la vie économique, aussi de l'entreprise via le CSE, poursuivre un petit peu l'évolution, les carnets de commandes, les problématiques, essayer de trouver avec la direction de l'entreprise des points d'équilibre qui évitent en fait d'aller au conflit.

C'est ça un peu l'idée. Alors après, les points d'équilibre sont différents d'un syndicat à un autre, les visions politiques peuvent varier, mais on va dire, ça va des problèmes, je vais dire, si j'imagine, ça va des problèmes, il n'y a plus de papier toilette, jusqu'à des problèmes de vision économique, etc. Alors vous avez l'entreprise, locale on va dire, l'usine, où je pense que l'immense majorité des délégués font un travail formidable. Après tu as au niveau national, où tu as les négociations de branches, les négociations d'accords collectifs, etc.

Et puis maintenant on a aussi le côté européen, c'est là que j'avais aussi, donc moi j'avais les responsabilités locales, on va dire vraiment dans l'usine, et européen, j'avais un peu les deux côtés, les deux extrémités de la chaîne.

4:30
Présentateur

D'accord. Tu as parlé à un moment donné des CSE, qui ont d'ailleurs récupéré une large partie du panel des compétences et des obligations justement des structures internes à des entreprises, pour surveiller un peu à la fois le droit du travail et surtout le droit des travailleurs. Qu'est-ce que tu penses justement de cette grosse réforme qui a été faite par Emmanuel Macron, par le président de la République actuelle ? Je crois que c'était quelques mois d'ailleurs, juste après son élection, derrière les fameuses ordonnances travail, les ordonnances Macron, qui en fait ont fusionné toute une partie de compétences au sein de ces CSE.

Alors lui, il a défendu ça un peu comme un truc de simplification pour faciliter la vie et en même temps ne pas toucher au droit, mais aujourd'hui, cette espèce de fusion des compétences au sein de la CSE est quand même assez souvent remise en cause, parce que du coup on a l'impression que tous les sujets, particulièrement de santé au travail, parce que tu étais un infirmier, sont un peu passés au second rang, on va dire, des discussions ou de l'attention même au cœur des entreprises.

5:30
Frédéric Weber

Si vous voulez, si tu veux, la structuration même a changé, c'est-à-dire qu'avant, il y avait depuis des dizaines d'années, on va dire, pour moi, le cœur, c'était le CHSCT. Après, effectivement, ça dépend si on se positionne. Tu peux réexpliquer l'acronyme pour ceux qui ne connaissent pas. Il y a le comité d'hygiène et de sécurité, parce que dans la fonction publique, ça s'appelait le comité d'hygiène et de sécurité, et c'est HST, comité d'hygiène et de sécurité et du travail.

Il y avait une petite variance, ça, ça a été refondu dans les fameuses ordonnances de travail en CSTD, c'est-à-dire qu'avant, c'était, on va dire, une entité autonome qui avait des pouvoirs, des pouvoirs d'investigation, des pouvoirs de droit d'alerte, des pouvoirs, etc. Et après, ça a été réintégré maintenant comme une commission du CSE, donc la commission de santé et de travail. Donc, ça veut dire qu'elle a perdu un petit peu, on va dire, de son pouvoir. Alors, ça peut s'expliquer parce qu'il y a eu, on va dire, dans les entreprises moyennes, les ETI, ça a posé des difficultés.

Par contre, dans les grandes entreprises où les choses étaient bien rôdées, où ça fonctionnait très bien, je pense que la réforme a vraiment, en fait, desservi la mission qui était de la santé et sécurité parce que, parce que pour moi, le cœur, en fait, d'être délégué, c'est quand même prioritairement la santé et la sécurité des salariés. Après, il y a l'accompagnement social. Et en fait, on a professionnalisé, en fait. L'objectif de Macron, c'était de professionnaliser. C'est-à-dire que, par exemple, une entreprise où il y avait 50 délégués avec des gens qui avaient des ordres de délégation à temps partiel et temps complet, on a réduit. C'est vrai que c'était une simplification.

Sur le papier, au moins, c'est une simplification. Pour essayer de réduire le nombre de personnes et un peu professionnaliser en se disant, il y en aura moins, mais les gens seront éventuellement à temps complet ou presque temps complet et se consacreront essentiellement comme un métier, en fait. Donc, la personne, elle était au CSE. Elle s'occupait du CSTT. Elle peut avoir d'autres responsabilités. Alors, c'est vrai que d'un côté, ça améliore peut-être la qualité, on va dire, du travail parce que les gens ont une vision transversale des choses ou horizontale des choses. Mais quelque part, ça a un petit peu éloigné aussi les syndicats du terrain, de la base.

Parce que quelque part, avant, on avait des personnes qui s'investissaient quelques heures, 3-4 heures par semaine, mais qui permettaient d'avoir vraiment un contact avec le terrain. Je pense qu'il n'y a pas qu'avec les syndicats. C'est ce problème qu'on a une rupture avec ce que pensent les gens du terrain. Et je pense que quand on se déconnecte de la base, c'est là qu'on arrive vraiment après à être en décalage par rapport à des combats qu'on peut mener ou des choses qu'on peut décider. Parce que pour moi, ça a toujours été ma ligne de conduite. Pour moi, je n'étais que l'émanation des salariés. Moi, je n'étais rien. C'est pas Frédéric Débert. C'est pas ça l'important.

L'important, c'est que moi, j'étais la voix de ceux qui avaient des difficultés et j'essayais de les défendre mieux. Et malheureusement, je pense que le fait d'avoir professionnalisé ça, ça a l'effet de peut-être de rendre un peu, on va dire, expère les gens dans le domaine, mais ça les coupe un petit peu du terrain. Et ça, c'est quand même dangereux parce que, par exemple, lorsqu'on a négocié l'accord à ArcelorMittal, justement la transposition de l'accord, il y avait la possibilité de mettre ce qu'on appelait des délégués de proximité. C'était prévu dans la loi, mais ce n'était pas une obligation. Par exemple, ArcelorMittal a refusé d'en mettre. D'accord.

Et elle a refusé, notamment aussi, avant les suppléants avaient des heures, ils pouvaient participer. Les suppléants des élus, par exemple, ArcelorMittal n'avaient pas d'heures de délégation et ils ne pouvaient remplacer que le titulaire qu'en cas de longue maladie, etc. Donc, alors qu'avant, les suppléants, ils pouvaient être intégrés quelques heures par mois dans des réunions, dans des éléments, etc. Donc, quelque part, je pense que le travers, c'est ça, c'est la déconnexion avec le terrain et la perte, on va dire, d'autonomie et de puissance des CHCT qui, pour moi, est crucial au sein du monde du travail.

9:04
Présentateur

D'accord. Petite question, d'ailleurs, ce n'est pas une question piège, mais comme toi, tu as vécu, pour le coup, un vrai engagement syndical, est-ce que tu trouves qu'aujourd'hui, les syndicats, tu as été dans deux syndicats, CNDT et ensuite FO, Force Ouvrière, est-ce que tu trouves qu'ils arrivent encore à porter la voix des travailleurs, à représenter la voix des travailleurs ?

On sait qu'il y a eu quand même un gros creux sur la syndicalisation, si on peut dire ça comme ça, des travailleurs, qui ensuite a repris un peu quand même de l'être de noblesse, parce qu'on a eu quand même plusieurs manifestations, pour le coup, notamment sur la réforme des retraites, parce que ce sont les syndicats qui ont quand même aussi apporté une belle contradiction par rapport aux différents projets de la Macronie. Donc, du coup, comment tu les vois aujourd'hui ? Quelle est un peu la santé, on va dire, des syndicats et leur capacité, finalement, à bien représenter le monde du travail, en particulier celui des travailleurs ?

10:02
Frédéric Weber

Alors, il ne faut pas faire des généralités. La situation, elle est complètement différente d'une entreprise à une autre. C'est pas le syndicat qui fait l'homme, c'est l'homme qui fait le syndicat. Donc, ça dépend des individualités. Il y a des gens, peu importe les tickets syndicales, qui sont passionnés, qui aiment ce qu'ils font, qui s'investissent. Et je parle des délégués de terrain, il y en a aussi, mais principalement, c'est les délégués de terrain. Donc, c'est ceux qu'on a dans les entreprises qui font le travail.

Ceux-là, ils essayent de faire au mieux avec les difficultés qu'ils ont par rapport à la problématique économique, par rapport à la difficulté de notre société qui change aussi. Et après, moi, je différencie ça, après, des fédérations et des confédérations. Pour moi, c'est deux sphères complètement différentes, en dehors du fait que des syndicats sont différents, avec des sensibilités différentes. Mais en plus, tu as le terrain, on va dire, des délégués, ceux qui portent la chasse du port dans les manifs, ceux qui sont, c'est ceux qui accompagnent les salariés. Et puis après, il y a les fédérations et les confédérations.

Je pense qu'il y a une vraie, parce que dès qu'on arrive au niveau fédérations et confédérations, et c'est ce qui m'a toujours un petit peu gêné, moins chez les fous, parce que c'était moins présent chez les fous. Mais c'était ce côté politique. C'est-à-dire qu'après, on arrive dans autre chose. C'est-à-dire qu'il faut être dedans, on ne le sait pas tout de suite.

11:08
Présentateur

D'où la critique un peu de syndicats rouges, systématiquement engagés, y compris dans des campagnes présidentielles, contre tel ou tel candidat au second tour, particulièrement Marine Le Pen. Donc, oui, avec les fameuses critiques. Et ça, c'est quelque chose, pour le coup, que toi, tu n'identifies, on va dire, qu'à une sphère, déjà, de fédérations et confédérations.

11:25
Frédéric Weber

Et après, moi, aujourd'hui, j'ai encore beaucoup de contacts avec le monde syndical, même dans tous les syndicats. Et je sais qu'aujourd'hui, dans le monde ouvrier, dans le monde travailleur, on a beaucoup d'électeurs. Et même dans les délégués de terrain, on a beaucoup d'électeurs. Malheureusement, certains syndicats, on pourrait parler principalement de la CFDT et de la CGT, il faut le dire clairement, les consignes d'en haut, c'est si quelqu'un qui a un tout petit mandat de CSE, etc., est en contact avec des gens du Rassemblement National, il risque purement et simplement son éviction de son mandat. Il faut être clair. Et moi, c'est quelque chose qui m'a toujours choqué.

Quand j'étais à l'époque à la CFDT, qui était un syndicat ou des gens très intelligents, c'est-à-dire, c'est des gens qui ont une conception du syndicat, ce qui est ancien, etc. Mais quand on arrivait sur le côté un peu politique, moi, je me rappelais toujours la charte d'Amiens. Pour moi, un syndicat, je ne faisais pas de politique, moi, parce que je considère que les gens qui ont la carte chez nous, ils votent, ils ont toute sensibilité. On ne peut pas savoir qu'un adhérent de la CFDT, s'ils votent Marine Le Pen à la présidentielle, ou s'ils votent socialiste, ou s'ils votent LR, on ne le sait pas. Donc, je ne considère pas respect par rapport aux adhérents, nous, on devait être neutre.

Faire notre travail, et éventuellement combattre des idées politiques par les gens qui sont au pouvoir, peu importe leur sensibilité politique, c'est-à-dire que ce soit la gauche ou la droite au pouvoir, s'ils prenaient une décision qu'on trouvait injuste, on combattait cette décision. Mais le but, ce n'était pas d'avoir du parti pris politique. Et malheureusement, j'ai découvert, quand j'étais à la CFDT, que quand les gens se présentaient pour être adjoint au maire parti socialiste, ça passait crème. Mais quand quelqu'un disait, même sans trop droit, ça posait problème. Donc ça, moi, je trouvais ça quand même pas correct.

Parce que soit on est dans le syndicalisme, soit on est dans la politique. Mais on ne peut pas faire les deux. Et moi, j'ai toujours, je veux dire, ma première carte, je l'ai pris au Rassemblement National, et moi, je me faisais violence à moi-même de dire, justement, par respect par les salariés que je défends, je ne prends pas de position politique, c'est leur choix personnel. Et moi, je ne suis pas sur la même mission. Ce n'est pas mon rôle. Et Force Ouvrière est beaucoup plus équilibrée sur le sujet. On a une liberté de ton, une liberté de parole à Force Ouvrière qui est beaucoup plus libre.

C'est-à-dire qu'au sein de mon bureau, moi, par exemple, on avait des gens qui votaient plutôt gauche, des gens qui votaient, à l'époque, c'était le Front National, et on était tous copains. Il n'y a jamais eu de conflit. Il y a des syndicats où ce n'est pas possible. À la CGT, c'est impossible. À la CGT, dès que vous êtes un adhérent de la CGT, il va au pouls de la section syndicale CGT, il dit, j'ai voté au Rassemblement National, le mec, il va être banni, quoi. Oui, d'accord. S'il n'est pas insulté. Donc ça, c'est des choses qui, moi, me blessent, enfin, me braquent profondément. Tu as encore des contacts avec des anciens camarades syndiqués ? Oui, oui.

Et quand j'ai été élu, même, je peux même te le dire, je ne donnerai pas de nom, mais quand j'ai été élu député de la nation, quand j'ai eu l'honneur d'être élu, j'ai même des délégués CGT qui m'ont contacté. Ils me disent, on ne pourra pas le dire officiellement. Qu'est-ce bien leur nom, on ne veut pas leur attirer les ennuis. Non, mais ce n'est pas une histoire de ça. C'est qu'il y a des gens qui savent l'engagement que j'ai toujours eu, la sincérité de l'engagement que j'ai. Moi, je n'ai pas la prétention de changer le monde, mais au moins d'essayer d'apporter ma pierre à l'édifice. Et à un moment, le syndicalisme, j'ai trouvé sa limite. Quand j'ai trouvé que...

D'ailleurs, j'avais échangé avec l'ancien secrétaire général de la Fédération Méteaux, c'est M. Homes qui est parti maintenant. Et à moi, je lui avais dit à la fin, je n'en pouvais plus, parce que j'avais l'impression d'être inutile, de devenir inutile. C'est-à-dire que je disais, écoute, nous, on mène des combats. Au niveau des directions, ça se crispe, parce qu'il y avait des équilibres, ça dépend des entreprises. Et je dis, mais la latitude... En fait, le pouvoir de négociation, c'était l'épaisseur d'une feuille de papier. Et après, on arrivait sur des choses. On organisait les manifs. Et moi, je dis, mais on fait les manifs. Mais est-ce qu'on ira jusqu'au bout ?

Au bout, c'est-à-dire qu'il y a aussi ceux qui négocient à Paris, il faut taper dans le dur. Et je me suis aperçu à un moment qu'en fait, on nous faisait aérer les chasubles, quoi. C'est-à-dire qu'on faisait un tour, là. On a erré les chasubles. Et puis, en fait, tout était déjà décidé. Et ça, j'ai trouvé ça quand même un peu... beaucoup plus que cavalier. Donc, à un moment, je me suis dit, si c'est pas vertical, c'est-à-dire que ça vient pas d'en bas du peuple, les adhérents, les travailleurs qui votent aux élections présidentielles. Et ça remonte. Après, c'est sûr qu'il y a des corrections à faire, parce que la vie, elle n'est pas... C'est pas une pulsion.

Il faut trouver des points d'équilibre. Mais si, à un moment, c'est dans l'autre sens. Ça veut dire que, voilà, comme j'ai expliqué un jour, j'étais à un congrès, et j'ai dit, mais sans les adhérents, sans les travailleurs, vous n'éterez à qui vous. Les fédéraux, c'est pas les fédéraux qui font la base. C'est la base qui fait les fédéraux. Parce que le fédéraux, sa raison d'être, c'est quand même parlementaire. Moi, je suis député. Moi, je ne suis que l'émanation du peuple. Je suis que... Je suis représentant, bien sûr.

Je suis représentant, et d'essayer de trouver l'intérêt général et de trouver des points d'équilibre dans les valeurs pour lesquelles, sur le programme que j'ai défendu, celui de Jordan, de Bardella et de Marine Le Pen, le programme du Rassemblement National, sur nos valeurs et sur nos convictions. Donc, je pense que c'est très important de toujours rester en lien avec le terrain.

16:29
Présentateur

Deux petites questions, et après, on ne repart pas sur un autre sujet. Mais toi, justement, qui as eu cet engagement, pour le coup, au cœur de Saint-Lucat, et qui, maintenant, aujourd'hui, est député, qui est de Marcel Moselle, je le rappelle, comment tu vois l'expertise, la connaissance des hommes politiques vis-à-vis du monde du travail, vis-à-vis du code du travail, vis-à-vis du quotidien des gens qui bossent ? Est-ce que tu vois un véritable fossé, une nicotomie entre les deux ? Est-ce que c'est assez équilibré ? Est-ce que quand on parle de ces sujets-là, tu te dis, OK, les hommes politiques peuvent aussi connaître le sujet ?

17:06
Frédéric Weber

Non, mais il y a des hommes politiques qui connaissent le sujet, sur tous les bancs de l'Assemblée nationale. Mais il y en a, c'est vrai, qui sont des fois en décalage. Moi, ce que j'adore, depuis que je suis arrivé dans le groupe Assemblée nationale à l'Assemblée, c'est que je trouve qu'on est le groupe, je ne fais pas de... Ce n'est pas des flatteries, mais je le ressens comme ça. C'est vraiment... Je trouve qu'on est le groupe de députés qui représentons le mieux la diversité du monde du travail. On a des aides-soignants, on a des pompiers.

Moi, je suis infirmier, il y a des chefs d'entreprise, il y a des managers, il y a des gens qui viennent du public, il y a des gens qui viennent du privé, il y a des gens plus jeunes, il y a des gens plus âgés. Et je trouve vraiment qu'on est... Que l'ensemble, et c'est la force du groupe, c'est cette diversité qui fait la force du groupe. Et c'est... Et c'est, en fait, on est vraiment issus du monde réel. Parce que souvent, les gens reprochent aux politiques, c'est-à-dire qu'ils disent qu'il y a un décalage. Effectivement, moi, pendant les...

Il y a eu des débats, par exemple, quand il y a eu la niche parlementaire, où nous, on avait proposé le retour en arrière sur la réforme des retraites. Oui, tout à fait. Où, bien sûr, l'extrême-gauche, deux principes alors qu'elle ne voulait pas la voter. Et nous, quand ça arrive à leur niche à eux, et où on décide, nous, parce qu'on prend nos responsabilités en disant on tient notre... Même si c'est... C'est pas l'endroit... C'est nos adversaires qui défendent. Mais on fait passer l'intérêt des Français au-delà de nos différences avec nos adversaires. Parce que ce qui compte, c'est sur ce point-là, si les Français attendent on a pris un engagement. Donc on va voter.

Et là, c'est les macronistes qui ont fait du rel le propos pour dépasser les minuit une histoire que le texte n'aboutisse pas. Et dans les débats, c'est vrai que j'ai été un petit peu choqué. Je me rappelle juste de deux événements. J'avais une députée macroniste, une dame, qui avait 65 ans, assez élégante, qui se lève dans l'hémicycle et qui dit je ne comprends pas. Regardez, moi j'ai 65 ans, je ne suis pas en fait de santé. Je peux travailler jusqu'à 67 ans. Je me souviens très bien. Voilà.

C'était un peu moi qui viens du monde du travail en connaissant les gens qui ont des travaux pénibles, les carreleurs que leur vie sont à genoux, les gens dans la maçonnerie, dans le bâtiment, dans le travail public. Il n'y a quand même, on n'est pas tous égaux déjà physiquement et pas tous égaux dans le travail qu'on a fait.

19:09
Présentateur

Pour compléter cette anecdote, en effet, c'était une députée du bloc central, je crois qu'elle était macroniste. Pour moi, elle était macroniste ou elle a l'air, mais en tout cas, elle était bloc central. Et en effet, elle s'était levé en disant 65 ans, il y a des gens en 65 ans qui sont en bonne santé, qui peuvent très bien travailler, etc. Elle l'avait dit, en plus, avec une espèce de nonchalance, comme si c'est vrai, mais tout va bien. Pourquoi vous plaignez-vous ? C'est vraiment ça.

Et surtout, quand c'était rencardé, et si je ne dis pas de bêtises, je crois qu'elle était en effet retraitée, je ne sais plus si c'était de la Banque de France, mais d'un truc qui disposait en plus d'un régime spécial de retraite, mais ultra généreux et ultra bénéfique. Vraiment, c'était la déconnexion totale avec ce que vivent les gens. Oui,

19:48
Frédéric Weber

c'est ça. Quand on est un député de la nation, on ne représente pas qu'une sphère où les gens représentent l'ensemble. Donc, il ne faut oublier personne. Et je pense que là, c'était lunaire parce que j'avais l'impression qu'on n'était pas dans le même monde. C'est là que je me suis dit mais ce n'est pas possible. Elle n'a pas des gens dans son entourage, dans la famille, les gens qui ont travaillé dur. Je ne sais pas, tu es censé connaître des gens dans ton entourage. Il y a des gens qui travaillent dans des bureaux et des gens qui se peuvent être enseignants.

Il y a des gens qui travaillent dans le bâtiment, qui ont des métiers pays, des gens qui travaillent en poste, feu continu, qui font la nuit, etc. Les gens, quand ils arrivent à 55-60 ans, je veux dire, faire des nuits, c'est compliqué. Celui qui a plus de 50 ans, je peux vous dire, je connais que vous mettez un temps de poste. Ils aimaient ça mais dès qu'ils arrivent après 50 ans, ce n'est pas facile. Il ne faut pas dire que c'est facile. Et donc, ça, c'est quand même des éléments à prendre en compte. Et là, c'était balayé d'un revers de la main. Pour moi, c'était lunaire parce que je me dis, je n'ai pas tout compris. J'étais ailleurs.

Et puis pareil, il y avait un autre député aussi qui lui a... Ça m'a marqué quand même. C'était deux épisodes. Et là, j'ai un peu réagi quand même parce qu'à un moment, il disait à la gauche, vous savez, moi, je ne comprends pas. Vous n'arrêtez pas de dire qu'on veut repartir à 62 ans. Mais moi, dans ma circonscription, les personnes viennent me voir en disant tenez bon, monsieur le député. tenez bon, il ne faut pas céder. On veut bosser jusqu'à 64 ans. Ne cédez pas. Et moi, à un moment, j'ai survolté. J'ai dit, mais oui, mais pourquoi ? Ils viennent vous voir aussi pour demander de bester le SMIC. On gagne trop. Baisse le SMIC. Non, mais à un moment, c'était délirant.

Moi, je me suis dit, mais est-ce que ces personnes-là, ils se rendent compte du message qu'ils envoient et est-ce qu'ils prennent en compte l'ensemble de la population qui sont censés représenter ? Moi, je pense aux plus faibles. Je pense à ceux qui bossent, ce qui travaille dur et je pense que notre rôle, c'est aussi d'avoir une vision claire sur l'ensemble des gens qu'on représente.

21:29
Présentateur

Est-ce que dans le monde du travail, il y a deux camps ? Est-ce que d'une certaine manière, parce que très souvent, quand on regarde un peu l'action syndicale, le travail a un peu été vu comme un acte de souffrance, certes, dans lequel on peut révéler une partie de son humanité, etc., de ses compétences, de son esprit collectif, etc., avec notamment la haute valeur du sens au travail. Mais il y a quand même la souffrance d'un temps qui est entièrement consacré à cela, d'une dimension complètement altruiste, parfois avec des pénibilités, parfois avec des postures difficiles, avec des charges lourdes, etc.

Et est-ce que finalement, les partenaires sociaux, d'une certaine manière, sont partis sur le principe que le travail est quelque chose de douloureux et donc en fait, tout ce qui doit être négocié, ce n'est pas la priorité à l'amélioration, on va dire, du travail, à un mieux travail, si on peut dire, mais plus des compensations par le biais de revalorisation salariale, par le biais d'aménagement du temps horaire.

Est-ce que finalement, on n'a pas, pendant longtemps, même si on est en train de rattraper un peu ça, je trouve, sur ces dernières années, mais on ne s'est pas trop focalisé sur les compensations, finalement, de la dureté du travail, plutôt que sur l'amélioration, on va dire, du travail en tant que temps ?

22:43
Frédéric Weber

Vous avez trois heures, non, je ne sais pas. Mais déjà, moi, je n'oppose pas. Je n'oppose pas parce que j'ai pu échanger avec des chefs d'entreprise qui étaient socialement responsables et qui étaient... Il ne faut pas faire une généralité. Il y a des travailleurs qui méritent de gagner mieux, qui méritent d'être mieux pris en compte dans leurs difficultés et ça, c'est le rôle de l'accompagnement des syndicats. Il y a des chefs d'entreprise qui sont... qui essaient aussi de donner le meilleur d'eux-mêmes.

Moi, je n'oppose pas parce que j'ai rencontré des patrons, des chefs de département, des patrons, des gens très bien et qui étaient très à l'écoute avec aussi les contraintes parce que chacun a ses contraintes. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, aussi, moi, je trouve que c'est un vrai problème c'est qu'on a... Et c'est le paradoxe que quand moi, j'étais à l'usine, par exemple, c'était les départements où le travail était le plus pénible et le plus dur où il y avait le plus de cohésion et il y avait le plus l'amour de leur travail. Comme quoi, ce n'est pas le... Vous voyez ? Il y avait la coquerie, les coquiers, par exemple, qui étaient un métier hyper dur.

Les mecs, ils mangeaient vraiment des trucs, des produits, c'était compliqué. Il y avait le packaging aussi, c'est tout ce qui est produit pour emballage. Donc, c'est des lignes où ils sont exposés à des... Il y avait les 3-8, ils travaillent les matins, les nuits, les week-ends. Ils ont des produits qui sont assez nocifs, donc il y a des règles de sécurité qui sont vachement améliorées, heureusement. Et il y a des risques d'accident de travail qui sont importants. Les gens peuvent... Malheureusement, ils peuvent avoir un accident grave. Donc, tout ça fait qu'il y a une rigueur dans les modus operandi en termes de protocoles de sécurité, etc. Donc, il y a une lourdeur.

Les gens doivent être vigilants. Mais les gens, malgré qu'ils travaillent avec de la graisse et tout, les mecs... Ce n'est pas germinal, mais il y a encore des emplois qui sont quand même accrocheurs de wagons, par exemple, sur les bois ferrés, etc. Ce sont des métiers qui sont durs. Mais les gens, justement, ils avaient la fierté de leur travail. Et je pense qu'il faudrait qu'on retrouve... On est un peu perdu. Pour moi, ce n'est pas une souffrance, le travail. Le travail devient une souffrance quand il y a deux possibilités qui deviennent une souffrance. Soit la personne, elle n'est pas au bon poste, soit la personne, elle n'est pas où elle doit être.

On a tous des qualités, on a tous des défauts. Mais à un moment, il faut trouver l'endroit où ça match, l'endroit où on est bien. Et souvent, il y a peut-être des personnes qui prennent un emploi peut-être par obligation, par dépit, mais qui ne sont peut-être pas dans l'endroit le mieux adapté à leurs envies, etc. Donc ça, ça peut créer des problèmes pour tout le monde, pour le salarié et pour l'employeur.

Et après, il y aura une souffrance due aussi à une situation à des situations managériales qui peuvent être aussi compliquées parce que tu as aussi des chefs qui ne sont pas non plus peut-être au niveau il y a l'immense majorité qui vient sur le travail, mais il y a aussi des fois des gens qui ne sont pas les plus humains. Donc ça n'aide pas. Et après, il y a des situations particulières des entreprises qui vivent par exemple des plans sociaux, qui vivent des situations qui n'ont pas de perspective économique.

Donc ça crée quand même de l'angoisse parce que les gens qui ont pris un crédit sur 25 ans pour acheter une maison, qui ont deux enfants qui sont au lycée, etc., ils ont toujours peur en disant est-ce qu'à la maison, moi j'aimerais quand même me projeter, ce n'est pas facile tout ça. Donc, mais je pense que il faut vraiment qu'on...

Et je pense que quand tu parlais France Travail, France Travail, c'est Pôle emploi, France Travail, mais ce qu'il faut je pense aujourd'hui c'est vraiment essayer dans la formation professionnelle, dans les stages, que les gens, dès qu'ils arrivent, après tu peux changer d'avis, dans la vie, mais qu'on puisse quand même les orienter, les accompagner vers des métiers où ils ont des impétences, où ils ont des... on va dire une attirance et qui après c'est confirmé ou pas, mais qui permet après à chacun de trouver sa place, c'est une place équilibrée juste dans la société. Je pense que c'est vraiment un travail qu'il faut qu'on fasse pour les générations futures.

26:14
Présentateur

Alors, je t'ai ramené parce que je voulais le montrer à la caméra que tout le monde le voit bien.

26:19
Frédéric Weber

Elle est gros.

26:20
Présentateur

El Famoso, Code du Travail. Une des dernières versions pour le coup. Vous m'excuserez le prix étudiant, mais en effet, c'est un ouvrage qui coûte cher. Interrogation surprise. Non, je plaisante. Non, en fait, je voulais te ramener ça parce que quand j'ai commandé le Code du Travail, etc., parce que moi, je suis membre de la commission d'affaires sociales, je travaille actuellement sur le rapport de l'ATMP, c'est une branche de sécurité sociale, accident de travail, maladie professionnelle. Et la première réflexion que je me faisais, même si évidemment on le sait pertinemment, c'est de se dire purée, qu'est-ce qu'il y a comme chose ?

Et pour autant, et on a beau avoir quelque chose qui est aussi gigantesque, pour autant, la France, c'est le quatrième pays européen avec le plus de morts au travail. Pour autant, il y a toujours des problèmes de reconnaissance d'un certain nombre de critères de pénibilité. Pour autant, il y a des maladies qui ne sont pas reconnues encore aujourd'hui comme maladies professionnelles.

Donc du coup, la question, c'est de se dire comment on arrive à cette espèce de contradiction d'avoir finalement un truc énorme comme ça, qui fait peut-être parfois le triple, le double, voire même la puissance 10 de l'équivalent dans d'autres pays et pour autant des problèmes qui sont parfois même plus importants que dans d'autres pays.

27:32
Frédéric Weber

Je pourrais renvoyer la même interrogation sur le code pénal. Pourquoi il y a un code pénal qui est énorme et on a tellement de difficultés aujourd'hui. Les gens ont le sentiment que la justice dysfonctionne et que la justice peut s'appliquer de manière différente. Le code du travail, effectivement, en fait, avec les années, les choses s'amoncèlent et encore, ça, c'est que le code du travail. Après, dans les entreprises, les entreprises, en plus de ça, on va dire des chartes éthiques, par exemple, des entreprises qui se rajoutent au code du travail, des accords de branches, des accords interprofessionnels, des accords d'entreprise qui viennent en...

Le code du travail, c'est le minimum légal. Après, il y a d'autres choses qui se discutent. Mais effectivement, un amoncellement de normes où plus personne... Moi, je me rappelle, j'avais un collègue, des fois, on avait des jeunes RH qui arrivaient et nous, en tant que délégué, on allait voir les RH pour un problème et c'est tellement dense que même des fois, eux ne s'y retrouvent plus. Moi, une fois, je lui parle tout dans le code. Je dis, oui, ça doit vous faire ça, mais c'est comme ça. Ah non, c'est pas vrai. Je dis, si, je vous invite à aller au recours de travail.

Mais ça veut dire que c'est tellement devenu énorme qu'il faut que les gens soient beaucoup qui bossent ou alors qu'ils aient une grande expérience parce qu'autrement, il y a beaucoup de choses, même pour une entreprise, la gestion RH, la gestion juridique de tout ça, ça quand même, ça prend du temps. Et puis après, il y a des prudents parce qu'il y a un deuxième temps. Alors moi, je pense qu'il y a quand même aussi une différence entre la théorie et la pratique. En théorie, on a un livre, il est bien fait, tout est marqué. En fait, il est indiqué où est-ce qu'il faut brancher la prise dans toutes les difficultés et tous les types de prises.

Mais bon, le problème, c'est qu'après, dans la vraie vie, c'est un peu différent. On prend trois exemples. Premier exemple, la santé au travail, les médecins du travail, il n'y en a quasiment plus. Il faut être honnête, les médecins du travail aujourd'hui, il y en a très peu. Donc après, il faut faire vivre le code, il faut faire vivre les choses. Si, je veux dire, on peut avoir toutes les meilleures incantations du monde, les meilleures volontés du monde, mais si derrière, vous n'avez pas les gens, c'est comme un général, s'il n'a pas de soldats derrière lui, il ne fera pas la guerre, il n'aura pas d'armée. Après, il peut dire ce qu'il veut, on peut se faire plaisir.

Mais malheureusement, il faut, on a, je pense, désarmé, on crée des textes, mais on a désarmé les choses qui permettent au texte de vivre. Alors exemple, la santé au travail, plus de médecins du travail, donc les gens, les médecins, ils sont moins réactifs, etc. Donc ça crée, ça crée dans la, quand tu parlais des maladies professionnelles, le suivi des maladies professionnelles, des difficultés en termes de temps, on n'est pas dans les mêmes délais. Et encore, pour ceux qui ont des médecins du travail, ce qu'il y a même, ils n'ont même pas de médecins du travail. Et après, tu as la partie, la partie prud'homme qui est complètement saturée aussi.

Et là aussi, il faudrait se poser un moment de ces interrogations, parce que c'est un peu, c'est paritaire, employeur salarié, ça tourne pour la présidence. Et aujourd'hui, on a du mal aussi à trouver des conseils de prud'homme. Et puis surtout, des gens, c'est quand même comme les conseils du salarié qui accompagnent les entreprises où il n'y a pas de représentance. Il y a beaucoup d'entreprises en France où il n'y a pas de représentance à l'entreprise. Donc là, c'est les unions départementales qui nomment des gens pour accompagner les salariés. Et donc, je pense que la grande difficulté, pour être simple, c'est la théorie et la pratique.

Nous, on le voit à l'Assemblée, on vote beaucoup de textes de loi, je pense qu'il faudrait, même si ça n'enlève pas à la richesse du texte ou à la complexité parce que les choses demandent à être, on va dire, à être construites avec différentes sensibilités, etc. C'est ce qui fait, en fait, notre démocratie, c'est ce qui fait notre République. Mais, il faut qu'on reste quand même un petit peu les pieds sur terre. Parce que le problème, c'est qu'après, on peut faire des choses qui donnent une espérance et après, quelques années après, les gens sont frustrés parce qu'on leur a vendu quelque chose qu'ils ne fonctionnent pas.

Donc, je pense qu'il faut qu'on soit plus en adéquation entre ce qu'il est possible de faire. Il faut peut-être en faire un peu moins, mais le faire bien.

31:25
Présentateur

On va parler d'un, je ne sais pas si on me parlait, un collègue, on est déjà en courtois et polis. Donc, on va parler d'un autre collègue parlementaire qui s'appelle François Hollande, que tu as connu d'une certaine manière, de façon indirecte sur le dossier ArcelorMittal et du site et du site de Florange. Si demain, tu te retrouvais dans une salle en tête-à-tête avec François Hollande, tu lui dirais quoi ?

31:49
Frédéric Weber

Rien ?

31:49
Présentateur

Oui. Tu n'as pas

31:52
Frédéric Weber

quelques explications ? Non, je n'ai pas, j'ai déjà eu en 100 ans, j'ai eu l'occasion de lui dire ce que je pensais en 2014. Parce que, donc, je ne vais pas refaire l'histoire, mais bon, en gros, on fait simple, le conflit de Florange a bien aidé à son élection. Il avait fait des promesses qu'il n'a pas tenues. Pour nous, il a trahi ce qui était l'essence même de ce qu'on appelait la gauche. Pour moi, la gauche a toujours été la défense des travailleurs. Moi, je n'ai jamais eu ma carte dans un parti politique, mais on va dire, j'étais pendant de nombreuses années quand même de sensibilité plutôt de centre-gauche. Pourquoi ?

Parce que pour moi, c'était la défense des plus faibles, la défense des travailleurs, voilà. Après, on peut opposer les... on va dire toujours républicains, mais c'était ça. Et aujourd'hui, j'ai vu un glissement, c'est-à-dire qu'on est passé en fait de la défense des travailleurs à plus trop la défense des travailleurs et on a glissé vers autre chose. Alors, la défense d'identité, la défense de communautés, la défense de certaines valeurs, mais pour moi, qui étaient des choses, qui pouvaient être des choses que les gens peuvent penser importantes, mais qui pour moi n'étaient pas l'essence même, le sel même des choses.

Parce qu'avant de parler du papier-pâne, il faut déjà mettre le toit et les fenêtres. Donc, il faut quand même qu'on revienne à l'essentiel. Et moi, je trouvais que le Parti Socialiste, avec l'épisode de Florent, a été en dessous de tout. Parce que il était quand même un petit peu tordu, notre François. Parce que après, avec le recul, quand il est monté sur la camionnette et il nous dit je vais faire une loi, je vous la dois, voilà, voilà. En fait, il savait très bien, parce que c'est ce qu'on nous a dit au bout du bout, que la loi, de toute façon, elle serait retouquée par le Conseil constitutionnel et elle ne passerait pas. Donc, je...

33:34
Présentateur

Tu penses qu'il le savait ou qu'il se disait qu'il y avait peut-être une faim de tir minime ? François Hollande,

33:39
Frédéric Weber

François Hollande, ce n'est pas quand même un amateur de la politique. Il a fait des grands écoles, il a une expérience, il a pu, sa compagne, ses goliens royales, je vais te dire, voilà, il n'était pas serveuse au KFC. Je veux dire, c'est une âme de la politique, il vit dans un milieu politique. Donc, il savait très bien ce qu'il faisait. Après, il a utilisé le conflit. Nous, éventuellement, on n'était pas contre. Si nous, il nous sauvait l'usine, c'est normal. Après, quelqu'un est candidat et moi, je suis candidat, je veux faire des choses, je veux sauver vos emplois, je veux sauver votre usine. Ça suffit pour qu'on le suive.

Mais malheureusement, il a été un petit peu, un petit peu, même plus qu'un petit peu, faux. Parce que, après, avec le recul, il savait très bien que quand il montait, ce qu'il nous proposait, pour une grande partie, peut-être que maintenant, le Parti Socialiste, en fait, c'est un peu des marchands de rêve. Donc, les pauvres gens, ils sont là, ils souffrent, on va leur montrer que nous, on aime les gens. On va sur une camionnette, on dit, je vous ai compris, mon ennemi, c'est la finance. Voilà. L'eau, ça mouille, le feu, ça brûle. Et puis, au final, je vous ai compris, je vous aime.

Et puis, après, quand ils sont en responsabilité, qu'ils ont tous les pouvoirs, parce qu'en 2012, la gauche avait tous les pouvoirs. Ils avaient le Sénat,

34:52
Présentateur

l'Assemblée nationale, ils avaient les régions, ils avaient les départements, ils avaient tout.

34:55
Frédéric Weber

Et là, ils n'ont eu que ce qu'ils méritaient. Et on ne peut pas comme ça, devant les gens, leur promettre, mon zémerveille, il est trahi. Je trouve que c'est ce qui, d'ailleurs, a créé cet éloignement avec la politique, qui a créé cette structure.

35:11
Présentateur

Est-ce que tu penses, au fond de toi, que finalement, François Hollande, peut-être qu'il avait vraiment envie de faire, peut-être qu'il pensait pouvoir faire, et qu'il s'est retrouvé face, en fait, à un mur d'incapacité, du fait de la réalité du marché économique, du fait de la mondialisation, aussi, des échanges, de la mondialisation des capitaux, des textes supranationaux. Est-ce que tu penses qu'il y a aussi un principe de réalité de, finalement, aujourd'hui, la politique ne pourrait quasiment plus rien faire ?

35:45
Frédéric Weber

Moi, j'étais un petit peu dans les coulisses de ce qui s'est passé. Donc, je sais qu'il y avait une branche qui était quand même pour aller au bout. Alors, on parlait de nationalisation, même temporaire ou transitoire. Après, c'est simple, c'est sûr que ça posait des problèmes de brevets. Ce n'était pas si simple. On ne va pas faire toujours miroiter des choses aux gens qui ne sont pas si simples. Mais disons qu'il y avait des marges de manœuvre avec l'Ital qui permettaient au moins de prévenir, d'engager des investissements, de garder les emplois. On aurait pu sortir un peu plus par le haut. Il y avait le projet ULCO, c'est à l'époque des captages de CO2.

Il y avait des choses quand même sur la table qui aujourd'hui redeviennent vertueuses. Mais bon, il s'est passé quand même 13 ans entre les deux. Mais moi, ce n'est pas ça que j'ai reposé. C'est le manque de courage. C'est-à-dire qu'à un moment, il ne s'est pas vraiment expliqué avec les gens. Lui, il a dit, je m'en suis expliqué en 2014. Après, il est revenu plusieurs fois à Florange. À l'époque, j'ai quitté CFDT à l'issue du conflit de Florange. J'ai arrêté le syndicat, je suis retourné travailler. Et j'ai rejoint après Force Ouvrière qui m'a dit qu'il y a de militer avec nous. Donc, j'ai pu le revoir après sous la casquette Force Ouvrière. Il est venu trois ou quatre fois à Florange.

Et nous, on n'y est allé qu'une fois. Après, on a refusé. Il est revenu trois fois. On a refusé. On n'a pas envie de délégation. On n'y est pas allé. Parce que nous, on est invidiste qu'on aimait à lui dire. Et je me rappellerai toujours quand je lui ai dit en 2013 ou 2014. Et nous, on lui a dit, voilà, je dis, M. Hollande, vous nous aviez promis vous avez mangé la merguez de l'amitié avec nous, de la fraternité. Eh bien, la merguez, elle reste à travers la gorge. Et j'ai dit, aujourd'hui, concrètement, lié au fourneau, la filière liquide, elle n'existe plus. On n'a plus de capacité.

Ensuite, je lui ai dit, nous, nous lui avons dit, c'est pas un peu plus bien, qu'il nous avait promis des choses qu'il n'a pas tenues et que les emplois avaient été supprimés. Donc, on est quand même à 666, plus les co-traitants. On va faire simple. Eh bien, la société SGPOR, il y a 1 000 emplois qu'on disparaît. Donc, j'ai dit, si pour vous, 1 000 emplois de moins, c'est une réussite. Mais après, ils l'ont tourné en disant, on a sauvé les 2 000. On était 3 000, on est passé à 2 000. Il dit, on a toujours 2 000. Donc, j'ai sauvé. Après, ça dépend comment on voit les choses. Mais là, on était vraiment rentrés dans la politique politicienne.

Et quand j'ai bien assisté, je l'ai bien attaqué à un moment dans la Réunion et il a dit, j'assume. Ce n'est pas Jean-Marc Ayrault, c'est moi, j'assume. J'assume, c'est moi. Et c'est pour ça que quand j'ai eu l'occasion de poser la QAG cette année, c'est passé parmi quelques années, bon, déjà, de voir un ancien président député, bon, moi, personnellement, j'ai trouvé ça un peu surprenant. Et donc, il est dans les pratiques parce qu'il n'est pas tout le temps dans les visibles. Elle était là. Et quand j'ai posé la QAG où j'ai rappelé, où je lui dis, un ancien président siège tranquillement sur ses bancs, ça ne l'a pas traumatisé.

Il revient, il sort par la fenêtre, il sort par la porte, il revient par la fenêtre. Et j'ai vu la vidéo après et il en rit, quoi. Il en rit. Il n'y a pas à en rire. Parce qu'il y a des familles qui ont perdu leur travail, ça a généré des angoisses, du stress, du mal-être, un bassin d'emploi, un bassin de population, ça a laissé des traces énormes. Mais ils l'ont payé aux élections suivantes. C'était que justice parce que tu n'as pas le droit de prendre les gens pour des imbéciles, tu n'as pas le droit tu peux dire, j'ai un projet, je ne réussirai peut-être pas tout, on va essayer de faire les choses, on n'est pas parfait.

Mais les gens ne nous en voudront jamais de pouvoir, on peut se tromper. Mais par contre, mentir sciemment aux gens en promettant des choses qu'on peut penser quand même qu'aujourd'hui, c'était quand même des choses qui étaient plus dans, on va dire, dans de la promesse de trahison garantie, ça, ce n'est pas possible.

39:14
Présentateur

Tu dis qu'ils l'ont payé électoralement et pourtant, c'est un peu son... son fils, son héritier spirituel qui a repris la suite derrière, Emmanuel Macron, qui était son conseiller au cabinet présidentiel, qui était son ministre de l'économie, le grand faiseur des lois, des lois, des lois, des lois, des lois, des lois travail, etc. Et même, d'une certaine manière, la réforme touraine, il avait déjà aussi un peu impulsé cette chose-là. Comment t'expliques-toi que les Français ont pu, comme ça en 2017 et encore plus en 2022, retomber deux fois finalement dans le piège ? de celui de la Macronie ?

39:52
Frédéric Weber

Je ne sais pas, parce que les gens... Je pense qu'il y a une peur. Il y a une peur qui est alimentée aussi par des mensonges, par des mythes. C'est vrai que pendant de nombreuses années, on a dit le Front National qui est devenu le Rassemblement National, les choses... Il y a le parti à agrandir, le parti à évoluer, etc. Et aujourd'hui, je pense que le Rassemblement National est un parti qui représente le plus le monde des travailleurs, qui a l'ambition de vouloir donner une espérance au pays et qui veut revenir en fait à un chemin vertu. Pour moi, je considère qu'on est parti dans 30-40 ans de politique qui nous emmenait dans des travers vicieux.

Et nous, on essaie de redresser le chemin pour revenir dans le vertu. Vous savez quoi dans le vertu ? Retrouver le respect, retrouver le respect entre les gens. On a des différences, mais on se respecte. Être républicain, pour nous, c'est quelque chose d'essentiel. Aimer la France, aimer notre pays, avoir toujours au cœur de valoriser, on va dire, la recherche, le développement français qui a été pendant 200 ans, ce qui a été le fer de lance de la France. La France, c'est un petit pays, mais qui a quand même fait des inventions formidables. Donc, aujourd'hui, il y a ce côté-là. Alors que la gauche, elle est rentrée un petit peu dans des idées purement, je trouve, démagogiques.

Moi, quand j'entends hier, on va mettre des drapeaux palestiniens à toutes les mairies de France. Ce n'est pas le problème du drapeau palestinien ou du Kenya. Il y a une guerre en Palestine. Il y a différents éléments et personne n'est pour la guerre. Il y a des souffrances des deux côtés et c'est quelque chose d'horrible. Le problème, c'est d'apporter des conflits qui opposent les citoyens français. Moi, c'est ça qui me pose problème. Parce que moi, en tant que député, je dois représenter les gens. Que les gens soient athées, de religion juive, de religion chrétienne, de religion musulmane, c'est tous des citoyens. Et moi, je dois tous les respecter, tous les représenter.

Mais ce que je ne veux pas, c'est que ça oppose les gens. Quand moi, j'ai des citoyens de certaines religions et qui s'insultent ou s'invectent, voire plus à cause d'un conflit qui se passe à 5-7 000 km de la France, moi, ça ne me convient pas. Moi, je trouve qu'on doit être... Et c'est là qu'il faut qu'on fasse nation. C'est-à-dire qu'il faut que ce qui nous rassemble soit toujours supérieur à ce qui nous divise. Et je pense que c'est ça aussi qu'on essaie de faire un rassemblement national.

C'est d'essayer de reprendre le chemin de notre communauté nationale et d'en faire une communauté soudée qui avancent ensemble dans le même sens pour faire progresser la France et pour donner un avenir des perspectives à nos enfants.

42:21
Présentateur

D'ailleurs, là où tu as parfaitement raison, c'est que quand tu regardes un peu la totalité des interventions, particulièrement sur la séquence la plus médiatique de l'Assemblée nationale qui est la QSG du mardi à la question au gouvernement, tu vois systématiquement 90% des questions posées notamment par les députés de la France insoumise concernent les conflits internationaux plutôt que de parler des vagues de licenciements, de ce grand plan social qui est celui de la culture française, etc.

Petite dernière question, qu'est-ce que tu penses de certains profils à gauche comme des François Ruffin, des Fabien Roussel qui un peu dans l'imaginaire collectif ou du moins médiatique, je ne sais pas si c'est très partagé, représentent très encore potentiellement, je mets énormément de conditionnels et de guillemets, on va dire, cette gauche un peu plus soucieuse du sort des travailleurs que des minorités ou du communautarisme ou que des clandestins et autres comme tu me l'as rappelé à Justitut. Qu'est-ce que tu penses de ces gens ? Ils sont sincères ? Ils ne sont pas sincères ?

43:27
Frédéric Weber

Il y en a qui doivent être sincères, il y en a qui ne le sont sûrement pas. Ruffin, c'est quelqu'un que je trouve qui a certaine qualité. Je ne partage pas ces idées politiques. Parce que le problème, ce n'est pas ça, c'est qu'après, on est dans un collectif. Quand tu as des gens qui, même si individuellement, peuvent être des gens qui sont bien, qui s'investissent et qui peuvent avoir des idées d'opinion avec des idées que je peux avoir ou que tu peux avoir, mais à partir du moment où ils intègrent un collectif avec des gens extrêmes et sectaires qui vendent un discours. Moi, quand je suis à l'Assemblée, je veux dire, je suis un jeune député, j'en apprends tous les jours.

Quand j'ai vu dans des débats des écologistes tenir certains propos extrêmes, exagérés, complètement heurtants, frappants, on peut parler de la loi du plomb, on peut parler des propos qui, pour moi, entraînent plus à la discorde qu'à la concorde, entraînent plus à une réaction, on va dire, de rejet, une réaction de défense parce qu'ils sont agressifs, donc il y a une réaction de défense. Ce n'est pas constructif. Donc, le problème, c'est que même s'il y avait deux ou trois individualités à gauche qui sont des gens de valeurs, je n'en doute pas, il y a des gens de valeurs, mais ils ont fait le choix de faire partie d'une équipe parce qu'un parti politique, c'est une équipe.

Et quand on est dans une équipe, les personnes apportent peu, c'est le message politique qu'on porte. Donc, soit on essaie de porter un message politique pour être constructif, pour donner des perspectives qui peuvent être différentes. Je veux dire, c'est programme contre programme, c'est idée contre idée, les Français tranchent. La démocratie, c'est ça, c'est la puissance de la démocratie, c'est des seuls qui ont le pouvoir de décision, c'est au vote, ils décident. Et on n'a pas à les juger après à post-élection pour dire, ouais, ils ont mal voté, ils ont bien voté, etc. Les gens, ils choisissent.

Et je trouve que nous, rassemblement national, on est très respectueux, moi je suis respectueux de tous les hommes politiques, peu importe leur parti politique. Malheureusement, la politesse n'est pas la même tout le temps. C'est pas réciproque. C'est pas réciproque. Donc ça veut dire que des fois, les gens, ils nous cataloguent, donc vous voyez, ça me fait rien, parce qu'ils prêchent la tolérance, ils prêchent l'inclusion. Mais bon, quand on dit qu'on est du rassemblement national ou même d'autres partis, voilà, on subit une sorte de racisme quelque part. Parce que c'est ça, on vous rejette pas pour ce que vous êtes. C'est pas de liberté pour les ennemis de la liberté. Voilà.

Donc moi, je veux dire, moi, je respecte les gens, je respecte tout le monde. Mais aujourd'hui, je me suis engagé au rassemblement national parce que je considère qu'il est grand temps de redonner, si on veut que la France reste la France, il faut qu'on se bouge et rapidement. Parce que si là, dans les prochaines années, on n'arrive pas à reprendre un chemin vertueux en termes de sécurité, en termes de vision économique, en termes de, après aussi, de valeur de société et de vivre ensemble, j'ai peur pour l'avenir de mon pays. J'ai peur pour les fractures à venir, la division.

Et moi, je préfère que les gens aient des débats d'idées et s'affrontent dans les urnes que les gens s'affrontent dans la rue. Donc je pense que c'est là vraiment qui est mon engagement et d'être dans un groupe qui est solide, qui est fort et qui veut ensemble avec nos différences. Mais on fait passer l'intérêt, les attirés suprêmes des Français avant notre petit problème personnel. Et moi, ce que je pense, ce n'est pas l'individualité, mais c'est le groupe, comme j'ai dit tout à l'heure, ce n'est pas le syndicat qui fait l'homme, c'est l'homme qui fait le syndicat. Mais c'est pareil en politique.

C'est l'homme, c'est les hommes, les individualités qui font la force du rassemblement national. Et plus de gens nous rejoignent et plus en plus de gens partagent nos idées. On voit les électeurs, nos électeurs et de gens nous rejoignent. Et je pense que ça va faire boule de neige et je pense que c'est cette dynamique-là, cette force-là qui peut donner demain

47:15
Présentateur

l'espérance à la France. Merci pour cette intention parce qu'en plus comme ça, la boucle est bouclée. Vous avez entendu Frédéric Weber, député de Meurthe-et-Moselle. Rendez-vous sur le site adhésion.rassemblementnational.fr pour prendre votre carte et participer de ce rassemblement. On a besoin de vous. Merci encore Frédéric d'être intervenu. Et puis on se retrouve très bientôt pour un prochain épisode. N'hésitez pas à vous abonner, à partager le contenu, à commenter. On compte sur vous. A bientôt.

De syndiqué à député RN, il raconte ! (Avec Frédéric Weber) — Frédéric Weber · Pourquijevote