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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 19 mars 2019 45 minFond programmatiqueTransportsÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieEurope & international

Conférence de presse conjointe avec M. Uhuru Kenyatta, Président de la République du Kenya

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 16:01OuverteRéponse directe

    Comment ces accords commerciaux seront signés pour que le Kenya puisse en bénéficier ?

  • 18:00OuverteRéponse partielle

    Qu'en est-il des enfants jihadistes et de la politique environnementale française ?

  • 21:00OuverteRéponse directe

    Quel est le rôle du secteur privé dans les infrastructures kenyanes ?

  • 24:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que la France offre aux autres pays que la Chine n'offre pas ?

  • 26:00OuverteRéponse directe

    Quelles conditions pour une extension du Brexit ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:30U. KenyattaChiffre
    « Nous avons d'ores et déjà investi des ressources conséquentes pour notamment la ligne entre Mombasa et l'ouest de notre pays. »
  • 3:30U. KenyattaChiffre
    « Notre gouvernement a déjà investi 10 milliards de shillings pour la réhabilitation de 4 lignes existantes. »
  • 4:30U. KenyattaPromesse
    « Le but, pour nous, est de passer 500 000 à 1 million de voyageurs au quotidien, et cela d'ici 5 ans. »
  • 7:00E. MacronChiffre
    « Ce projet économique d'envergure, qui est de l'ordre de 400 millions d'euros. »
  • 8:00E. MacronChiffre
    « Nous avons longuement discuté un projet important autoroutier avec le président, qui est un projet considérable de près d'1,5 milliard. »
  • 8:30E. MacronChiffre
    « Ce seront, au total, à peu près 3 milliards d'euros de contrats. »
  • 12:00E. MacronChiffre
    « Nous signons durant ce voyage 7 accords en matière de recherche et d'enseignement supérieur. »
  • 27:00E. MacronFait
    « L'accord de retrait n'est pas négociable. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... (Propos en anglais du président Uhuru Kenyatta) -U.

Kenyatta : Merci beaucoup. Encore une fois, au nom du peuple kenyan, permettez-moi de remercier le président et le peuple français pour le soutien, la confiance qu'ils expriment régulièrement envers notre pays, et pour les investissements au Kenya. Monsieur le Président, mon gouvernement a fixé pour priorité la transformation des infrastructures de transport dans notre pays.

L'objectif étant de nous assurer que le Kenya soit correctement connecté par un réseau moderne de routes, de connexions ferroviaires, de ports, afin de soutenir une économie compétitive en croissance. Nous avons d'ores et déjà investi des ressources conséquentes pour notamment la ligne entre Mombasa et l'ouest de notre pays. La 1re phase entre Mombasa et Nairobi a déjà été achevée.

Et dans ce contexte, nous nous employons également à développer d'autres corridors ferroviaires. Les transports quotidiens également. Nous travaillons à l'amélioration de notre système, également informatique.

Nous travaillons sur différents aspects. L'objectif étant de réduire les accidents, réduire également les embouteillages, et dans l'ensemble, de réduire également le coût du transport public pour le bénéfice de nos citoyens. Comme je le vous le disais plus tôt, monsieur le Président, Nairobi est une ville dont la population actuelle approche les 7 millions d'habitants, avec 4 millions de personnes qui y vivent et 3 millions qui y viennent au quotidien pour y travailler.

Il est en conséquence nécessaire pour nous de réaliser ces investissements. Par ailleurs, la modernisation de notre réseau de transports ouvrira également de nouveaux moyens de développement et permettra à des familles d'avoir accès au logement, notamment dans des zones qui étaient jusqu'à présent inaccessibles. Notre gouvernement a déjà investi 10 milliards de shillings pour la réhabilitation de 4 lignes existantes, qui ont le plus gros potentiel de transport de passagers.

Vous avez été témoin de l'une de ces lignes. Les investissements, jusqu'à présent, avaient également permis l'acquisition et la mise à niveau de nombreuses unités et la réhabilitation de notre réseau et le développement de nouvelles gares sur ce corridor. Et la création, également, d'un réseau public.

Et aujourd'hui, nous saluons la conclusion d'un accord avec un consortium français pour la construction d'une ligne qui partira de cette gare vers l'est, en particulier l'aéroport international Kenyatta. Une étude est en cours également et nous sommes convenus des étapes suivantes: un partenariat public/privé sera mis en oeuvre afin de soutenir les projets de notre gouvernement, afin de réduire les embouteillages grâce à la mise en place d'un système de transport rapide, en particulier pour le bénéfice de cette ville. Il s'agit véritablement de transformer la vie de plusieurs millions de personnes, et également de faire en sorte que Nairobi soit une ville plus agréable encore, à la fois pour ses habitants et pour nos visiteurs.

Le but, pour nous, est de passer 500 000 à 1 million de voyageurs au quotidien, et cela d'ici 5 ans. Ces objectifs que nous nous sommes fixés, non seulement vont transformer la vie des habitants de Nairobi, mais nous permettront également de satisfaire les objectifs auxquels nous avons souscrit dans le cadre des accords de Paris et de résoudre la pollution, notamment la pollution liée aux transports et les maladies dans la ville. Monsieur le Président, mesdames et messieurs, le système ferroviaire kenyan existe depuis le tout début du XXe siècle et a largement contribué au développement économique du Kenya et de la région Est de l'Afrique.

Ceci a également transformé une grande partie de notre pays dans des zones de développement urbain. En fournissant un mode de transport des passagers, également de fret, eh bien ce système est véritablement au coeur de notre transformation économique et sociale de notre pays pour transformer notre économie et en faire une économie moderne. Aujourd'hui, permettez-moi de remercier le gouvernement et le peuple de la République française d'avoir bien voulu établir des partenariats avec nous pour améliorer encore notre système de transport pour la région et particulièrement cette ville, qui est extrêmement vivante.

Nous allons ensemble contribuer à construire des infrastructures résilientes, modernes, pour la génération actuelle et les générations à venir. Et je me tourne, bien entendu, et je me réjouis du soutien de la France, et comme je l'ai dit, ceci encouragera également les représentants du gouvernement à travailler plus vite encore pour que ces négociations aboutissent, afin qu'ils fournissent leur soutien et que nous puissions fournir à nos citoyens les évolutions dont ils ont besoin. Il s'agit de ne pas perdre du temps en protocoles, en procédures administratives.

Avançons ensemble aussi rapidement que possible. (Applaudissements) Cher ami, vous avez maintenant l'occasion de leur dire, de leur faire la leçon, et de leur dire à eux aussi que ce n'est pas dans 10 ans que nous souhaitons des résultats, mais dans 2 ans, afin que les uns et les autres puissent profiter de cette expérience et utiliser ces transports. Merci, M. le président. (Applaudissements) (Propos en anglais du président Emmanuel Macron) -E.Macron: Merci de vos mots, merci d'avoir souhaité la bienvenue à notre délégation, et de venir célébrer ce projet.

Permettez-moi de dire quelques mots en français, si vous le voulez bien, afin de souligner avant tout l'intérêt de ce projet et de dire quelques mots de ce que nous ferons ensemble. (Propos en français) Je suis en effet très heureux, comme le président Kenyatta vient de le dire, que nous nous retrouvions ici, dans ce lieu historique, on le voit, cette gare de 1889 qui a permis à Nairobi de pleinement se développer, et qui a été, par le passé, le symbole de l'avenir de cette ville, et avec toutes les difficultés qui sont celles d'une ville contemporaine, c'est-à-dire celles du transport en commun que vous avez parfaitement rappelées, qui impactent à la fois le quotidien de vos citoyens et le quotidien, aussi, de la pollution de l'air, de l'engorgement des trafics et de tout ce qui, aujourd'hui, fait que le développement de Nairobi n'est pas aussi équilibré que ce que vous souhaiteriez. A ce titre, la perspective que nous ouvrons ensemble avec ce projet, c'est véritablement une nouvelle étape pour construire un projet inédit de réhabilitation et d'extension de cette fameuse ligne 4 de chemin de fer qui permettra donc de joindre la gare centrale à l'aéroport international Jomo-Kenyatta.

Et je suis, en effet, très fier que ce soit un consortium français, qui nous a été présenté il y a un instant, qui porte ce projet et a pu vous l'expliquer parce qu'il permet, d'une part, d'offrir à vos concitoyens le meilleur du savoir-faire industriel français et de le faire au service du quotidien de votre pays et de vos concitoyens. En effet, ce projet est unique, parce que ça n'est pas simplement des infrastructures, ce sont aussi des systèmes d'exploitation, de la billetterie, de l'exploitation de la ligne voyageurs. Donc c'est la gestion de la complexité entière de toutes ces mobilités qui sont ainsi offertes par une offre intégrée.

Et ce sera la 1re liaison ferroviaire moderne en Afrique de l'Est. Et une magnifique vitrine pour le Kenya et pour notre partenariat. Et donc, comme vous, monsieur le président, je suis impatient.

Et donc, comme vous, je pense que tous les délais nous sont donnés pour pouvoir être réduits. Tout le monde prend les précautions pour dire qu'il faut des études sur des études avant des études. Nos concitoyens ont besoin de perspectives.

Les perspectives sont données par le volontarisme. Moi, j'ai retenu qu'avant la fin de l'année 2021, cette nouvelle liaison ferroviaire fonctionnera. (Applaudissements) Ce projet économique d'envergure, qui est de l'ordre de 400 millions d'euros, est aussi symbolique de la politique à laquelle nous croyons, celle de la ville durable, je vous l'ai dit, qui sera le thème du prochain sommet Afrique/France qui se tiendra en 2020.

Parce que la problématique que nous avons à gérer ensemble, c'est précisément la problématique de toute l'Afrique qui est en train de se développer. 500 millions d'urbains en plus en 2025, c'est un défi immense. Et nous pouvons le relever ensemble.

Mais c'est un défi qui consiste à apporter des solutions industrielles, technologiques, financières. Et vous l'avez dit, à travers, en particulier, ce partenariat public/privé, qui sera, là aussi, une innovation. A ce titre, ce projet fait partie d'une série d'autres projets que nous avons préparés ensemble avec le président et sur lequel nous voulons porter le même volontarisme.

En effet, en matière économique, la France accompagne depuis plusieurs années le Kenya sur des projets de développement en matière d'énergie, d'eau, mais nous ne sommes pas assez présents sur des projets économiques, industriels. Et je pense que c'est l'intérêt du Kenya et de la France qu'il y ait, par justement cette offre française, cette capacité aussi à apporter de l'innovation financière à travers ces partenariats public/privé, de nouvelles réponses apportées à vos défis. C'est pourquoi nous avons ensemble fait avancer plusieurs dossiers.

Nous avons longuement discuté un projet important autoroutier avec le président, qui est un projet considérable de près d'1,5 milliard. Et nous avons ce même volontarisme. Ce seront, au total, à peu près 3 milliards d'euros de contrats, qui, dans les domaines-clés, seront ainsi conclus dans l'infrastructure, l'énergie et l'eau.

Je tiens à ce tournant dans la relation. Parce qu'aujourd'hui, elle est trop faible sur le plan économique. Et le président Kenyatta, comme son pays, sont en train de mener avec beaucoup de force une stratégie de modernisation du pays, une stratégie très courageuse de lutte contre la corruption, une stratégie de diversification, aussi, de la production ici.

Et je pense que la France y a toute sa place. Par ce partenariat équilibré, transparent, qui assure en même temps la possibilité d'apporter un financement soutenable, en impliquant aussi nos acteurs privés et en prenant notre part du risque. Et donc, sur ce sujet, je veux ici vous dire combien, pour moi, la discussion que nous avons eues, et ce que nous allons conclure ce soir et demain matin, est extrêmement important.

Bien évidemment, la relation bilatérale, c'est aussi tout ce que nous avons évoqué tout à l'heure et nous pourrons répondre à vos questions sur ce sujet. L'agenda de stabilité régionale qui est le nôtre et que nous avons en commun. Nous avons parlé de Somalie, nous avons parlé de toute la sous-région, et je veux ici saluer l'engagement du président Kenyatta pour l'intégration régionale dans cette communauté, justement, d'Afrique de l'Est dans laquelle il croit beaucoup et que nous soutenons pleinement.

Et donc, nous accompagnerons avec beaucoup de force tous les projets d'intégration et les initiatives qu'il prendra en la matière. Puis, notre partenariat, c'est aussi celui que nous voulons conduire pour soutenir justement ce qui est fait par le président Kenyatta dans les domaines clés de votre développement. En matière de santé, nous souhaitons là aussi être un partenaire important avec plusieurs projets, et des coopérations.

Et je profite d'ailleurs de cette occasion pour dire que la France aura justement la responsabilité de la prochaine conférence de reconstitution du Fonds mondial de sida en octobre 2019 à Lyon. Et je sais aussi votre mobilisation sur ce sujet extrêmement important, en matière de diplomatie de santé. C'est aussi participer à votre ambition en matière éducative.

Nous signons durant ce voyage 7 accords en matière de recherche et d'enseignement supérieur. Parce que là aussi, nous pouvons et nous devons faire beaucoup plus. Aujourd'hui, c'est 150 étudiants simplement qui sont échangés.

Notre volonté est véritablement de développer des offres conjointes universitaires, ici, et de permettre et de faciliter la mobilité réciproque entre nos 2 pays. Et je crois que ça fait partie de votre stratégie. Le Kenya est l'un des pays-clés de l'Union africaine en matière, justement, de stratégie continentale universitaire.

Et nous avons décidé ensemble de développer à cet égard plusieurs formations conjointes qui sont ainsi conclues. Enfin, un dernier mot en matière d'environnement. Le Kenya, je le disais tout à l'heure, est un pays de référence dans le monde du fait de son mix énergétique exemplaire, puisque près de 75% de votre énergie produite l'est par le renouvelable.

L'hydroélectricité et la géothermie, qui est ici développée d'une des manières les plus remarquables au monde. Et je souhaite que nous puissions continuer à vous accompagner en la matière. L'Agence française de développement et les entreprises françaises sont des partenaires, vous l'avez rappelé, de 1er plan de cette dynamique, mais nous souhaitons aller plus loin.

Et donc, nous avons décidé, avec le président, d'accompagner ce développement en étant des partenaires du réseau, justement, électrique et de la fiabilité de ce réseau, à la fois sur le plan financier et sur le plan industriel. Enfin, demain, nous aurons ensemble 2 événements importants sur le plan multilatéral, qui sont d'ailleurs le fruit d'un engagement conjoint. Le One Planet Summit, où nous pourrons faire avancer des projets concrets, en particulier en matière de renouvelable.

Et nous avons beaucoup fait progresser ces derniers mois nos engagements, nos financements et nos projets concrets en matière d'énergie solaire, tout particulièrement en Afrique. Et nous parlerons aussi de forêt. C'est pour ça que le nouveau président de la République démocratique du Congo nous rejoindra dès ce soir pour être parmi nous.

Et nous aurons ensuite une séance et nous aurons à coeur, l'un et l'autre, de porter aussi l'ambition des Nations unies en matière climatique et en particulier le Pacte mondial pour l'environnement, que nous poussons avec beaucoup de force pour cet agenda international. Mais je veux dire combien, à la fois le projet que nous conduisons ensemble ici, et ce que je viens de rappeler en termes d'énergie, montre à mes yeux l'avenir de l'Afrique et l'avenir de ce que vous êtes en train de faire ici, au Kenya. Tous les schémas sont en train d'être repensés.

Et ceux qui pensent que l'avenir des pays africains, c'est de faire ce que les pays européens faisaient il y a 20 ou 30 ans se trompent. C'est de gagner 1 ou 2 générations et parfois d'être en avance sur ce que des pays occidentaux n'arrivent pas à faire. Et donc, en matière d'énergie, en matière de mobilité, en matière de gestion de la ville durable, ce que vous êtes en train de faire ici et ce que nous allons faire, c'est un formidable bond en avant et nous serons à vos côtés.

Voilà, Président, ce que je voulais dire, en redisant ici la confiance dans votre agenda de réformes, votre action. Et en effet, c'est la 1re visite officielle d'un président français dans votre pays, aujourd'hui. Aussi fou que cela puisse paraître.

Je peux vous garantir une chose, c'est que nous n'attendrons pas autant d'années pour faire la 2de. Je m'en porte garant. (Applaudissements) (...) (Propos en anglais) (...) (Propos en anglais du président Kenyatta) -U.

Kenyatta: Je ne sais pas s'il y a des questions auxquelles nous pouvons répondre. Donc c'est 2 questions du côté français et du côté kenyan. (Propos d'un journaliste en anglais) -Je m'appelle Brenda.

Quand je vois le volume des échanges commerciaux entre le Kenya et la France, c'est en faveur de la France. Comment est-ce que ces accords commerciaux seront signés pour que le Kenya puisse en bénéficier ? Ca, c'est la question au président kenyan.

La question à la France, c'est : comment cet accord commercial facilitera les Kenyans à faire des affaires à Paris et dans d'autres parties de la France? Parce qu'il y a beaucoup d'opérateurs économiques français qui sont au Kenya. Alors comment est-ce que les Kenyans peuvent aussi aller opérer en France? -U.

Kenyatta: Très bien. Je vais répondre à la 1re partie. Je crois que ce que vous demandez, c'est précisément ce que nous faisons.

Je suis sûr que vous savez que cet après-midi, le président Macron et moi, nous avons lancé l'usine de montage qui va être ici au Kenya. Donc tous ces investissements, c'est pour aider à renforcer nos propres capacités afin que nous puissions exporter, manufacturer les produits, pas seulement exporter les matières premières ou les produits agricoles. Et c'est ça, la direction dans laquelle nous sommes en train d'aller.

Donc c'est ce que nous appelons le nouveau partenariat économique. Le but n'est pas seulement d'avoir des relations de développement, mais c'est en fait le vrai partenariat économique qui pourrait attirer les technologies pour nous aider à développer le système de transports. Tout cela aura un effet multiplicateur.

Nous aurons des ingénieurs kenyans, nous aurons des usines qui fabriqueront des trains comme celui-ci et qui pourront aussi exporter. Donc nous cherchons à créer de nouvelles opportunités qui n'étaient pas disponibles au Kenya avant. Voilà le partenariat que nous recherchions.

Donc que le partenariat puisse repartir du partenariat de développement pour arriver au partenariat économique avec des résultats gagnant/gagnant pour nos 2 pays. Merci. (Propos en anglais du président Emmanuel Macron) -E.

Macron: Je dois dire que la relation, ce n'est pas uniquement une relation qui est déséquilibrée entre nos 2 pays. Elle est également trop pauvre. Alors à l'inverse de certains pays africains, il y a effectivement une balance très déséquilibrée.

Mais ce n'est pas tellement le cas avec le Kenya. Nous voulons développer cette coopération gagnant/gagnant en faisant en sorte que ces projets soient plus justes et bénéficient à tous. Tout d'abord, comment?

Eh bien, en nous assurant que lorsque l'on met au point de nouveaux projets, il y ait autant de réalisations que possible au Kenya. C'est le cas, par exemple, de PSA. Il y a quelques minutes, nous avons dévoilé ce nouveau véhicule et ce sont des véhicules qui vont être assemblés ici au Kenya, non seulement pour le marché kenyan mais également pour toute la région.

Et c'est bon dans la mesure où cela va créer des emplois pour votre pays, des opportunités, également une chance pour le Kenya d'exporter dans d'autres pays grâce à PSA. Deuxièmement, la meilleure façon d'avoir de bons investissements et une bonne relation commerciale avec 2 pays est de respecter ce pays, respecter sa souveraineté et de fournir des financements durables. C'est la raison pour laquelle ce que nous souhaitons faire, c'est développer ce type de financement par des partenariats public/privé.

Quand on regarde la situation, ce qui n'est pas bon, ce sont de grands projets exclusivement financés sur des financements publics et des prêts à long terme. Pourquoi? Parce qu'on fait une trop grande dépendance envers d'autres pays, d'autres Etats.

Ce n'est pas bon pour les Kenyans à moyen et à long termes. La bonne solution pour les Kenyans, si vous voulez une approche juste de projets commerciaux, c'est de diversifier les partenaires et, précisément, d'avoir des partenaires privés qui prennent une part au risque. C'est l'approche du PPP et c'est exactement ce que nous faisons dans le cadre de ces projets pour réduire l'exposition publique à ce type de financement, car ce n'est pas bon du tout pour votre pays.

Et, finalement, cela ne ferait que réduire vos opportunités. Troisièmement, il y a quelques mois, nous avons lancé une grande plate-forme intitulé Afrique numérique, "Digital Africa", pour que les partenaires africains numériques aient accès aux marchés africains et européens. Ce que nous souhaitons faire avec le président Kenyatta, c'est précisément faciliter l'accès de vos entrepreneurs, de vos start-up à cette plate-forme Afrique numérique.

C'est fait avec de nombreux Africains. Le président Kagame était en France en mai. Nous en avons parlé.

Il a mis au point de nombreux partenariats et de mises en place avec ces entreprises et c'est exactement ce que nous souhaitons faire encore. Et, quatrièmement, demain se tiendra le 1er événement intitulé Choose Africa, qui sera organisé demain après-midi. L'objectif, c'est de faire en sorte qu'il y ait 1 milliard de financement pour le développement d'investissements communs dans des PME, des 2 côtés.

C'est la façon de procéder pour développer des partenariats. Il ne s'agit pas d'avoir de grandes entreprises européennes, américaines, chinoises, qui arrivent avec d'immenses projets sans créer aucun emploi. Non.

La question est de savoir comment créer de l'emploi ici, comment aider à développer des projets concrets entre les PME au Kenya, les PME en France, en Europe et en Afrique. Le projet Choose Africa sera un programme gagnant/gagnant que nous lancerons demain avec un financement d'un milliard d'euros. C'est cet objectif d'un partenariat équilibré auquel je crois pour nos 2 pays. (Applaudissements) (...) (Question en anglais traduite) -Une question du côté français ? -Bonjour.

Anne Bourse, France Télévisions. La question de la lutte contre le terrorisme est présente tout au long de ce déplacement. Vous vous êtes déjà exprimé à plusieurs reprises sur le retour des jihadistes, qu'en est-il de la question au sujet des enfants, sachant que la majorité, la plupart, ont moins de 5 ans ?

Et, vous l'avez dit, vous êtes aussi ici pour le One Planet Summit. Sur la scène internationale, vous êtes souvent reconnu sur ces sujets. Or, en France, certains trouvent vous n'allez pas assez vite, assez loin sur cette question.

Est-ce qu'il n'y a pas là une contradiction? L'environnement fait partie des sujets importants dans le grand débat, qui touche à sa fin. Est-ce que ce n'est pas l'occasion, justement, d'aller beaucoup plus loin sur cette question? -E.

Macron : Sur le 1er sujet, je l'ai dit, nous avons une politique claire. Dans le contexte qui est celui du Levant, toutes celles et ceux qui sont faits prisonniers, eh bien, répondent sur place de la justice, en particulier des théâtres d'opérations où ils ont commis ces faits. J'ai eu l'occasion, d'ailleurs, de le redire en lien avec le président de la République d'Irak lorsqu'il s'est rendu à Paris.

Et donc, ils sont progressivement judiciarisés. Et la France est évidemment en lien avec ces puissances, ces pays, ces systèmes judiciaires pour aussi simplement s'assurer, comme d'autres Etats européens ont pu le faire, qu'il n'y ait pas des peines qui soient non conformes à notre droit qui soient prononcées. L'Allemagne, par exemple, avait eu une ressortissante qui était condamnée à mort, peine qui a été commuée en détention à perpétuité.

Pour ce qui est des enfants, c'est une approche au cas par cas qui est menée, comme l'a dit à plusieurs reprises le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, en particulier en lien avec la Croix-Rouge internationale. Et donc, c'est une approche humanitaire qui est suivie au cas par cas. Et avec beaucoup de vigilance en lien avec tous les acteurs qui sont sur le terrain.

Sur le climat, vous l'avez dit, il y a parfois beaucoup de postures sur ces sujets. Moi, je crois aux faits et à la réalité. La priorité de notre lutte en matière environnementale, c'est la réduction des émissions.

C'est ce que nous menons sur le plan français, européen, international. Sur le plan français, si nous voulons réussir cette bataille, nous devons d'abord réduire dans le mix électrique la part produite par nos centrales à charbon. C'est pourquoi nous passerons dans le texte de loi à venir la fermeture des 4 centrales à charbon qui restent en France.

Je veux bien que beaucoup ne veulent pas considérer cet effort, c'est inédit. Et, surtout, ce sont des emplois que nous décidons de changer, de muter. C'est des changements très profonds pour beaucoup de nos concitoyens, mais c'est la mesure la plus efficace en termes de production de l'électricité que nous pouvons faire pour réduire nos émissions.

Ensuite, il y a la stratégie de réduction des émissions en matière de mobilité. Et, là, oui, nous devons avoir une politique qui est plus ambitieuse, plus claire. Nous avons mis en place des primes à la conversion, qui permettent d'accompagner ce changement des choix individuels.

Je pense qu'il faut simplifier le dispositif, le rendre encore plus volontariste, et nous avons bien vu qu'en tout cas, les éléments de taxation qui, un moment, avaient accompagné cette stratégie ne sont pas acceptables dans un contexte de prix du pétrole élevé. Et donc, l'une des sorties du grand débat sur le plan de la stratégie nationale, c'est d'avoir une approche sociale et environnementale qui permette d'avoir un vrai volontarisme en termes de réduction de nos émissions en matière de mobilité, et je souhaite qu'on aille plus loin. On ne peut pas aller en retrait.

Ca veut dire plus d'innovations en termes de mobilité collective, ça veut dire plus de volontarisme, sans doute, en termes de stratégies et de transports collectifs. Et ça veut dire réussir à trouver le bon mix et la bonne stratégie d'accompagnement, en particulier sociale pour nos concitoyens, pour réduire ces émissions. Il y a ensuite la réduction d'émissions de nos industriels.

Et, là aussi, c'est une série de décisions que nous devrons prendre, mais, pour être très concret sur ce sujet, je pense que le grand débat ne peut sortir qu'avec plus d'ambition en la matière parce que c'est notre devoir. Sur le plan européen, nous continuerons à porter aussi ce volontarisme avec la Banque du climat, proposition faite par plusieurs responsables politiques, scientifiques, à laquelle j'adhère et que je souhaite développer. Avec aussi, enfin, la conclusion d'un prix minimum du CO2 au niveau européen.

Trop de nos partenaires rechignent. Il faut maintenant que nous ayons un prix du CO2 minimum pour véritablement obliger l'ensemble des investisseurs et industriels à accélérer la mutation, ce qui veut dire aussi un prix commun aux frontières, c'est-à-dire une taxe CO2 aux frontières pour éviter aussi qu'il n'y ait, en quelque sorte, de l'importation de produits venant de pays qui ne jouent pas du tout le jeu de cette réduction d'émissions. Et puis, sur le plan international, c'est avoir une stratégie volontariste en termes de réduction des émissions comme ce que nous avons poussé dans le cadre de One Planet Summit et que nous redévelopperons demain.

Et l'exemple du Kenya est un formidable exemple à cet égard, que nous avons accompagné, cofinancé, développé avec nos entreprises. C'est d'avoir des stratégies de financement, justement, très volontaristes en la matière. C'est pour ça que la France a pris le leadership avec la Jamaïque, justement, du projet de financement durable, et, là aussi, l'environnement va avec la justice sociale.

Comment les pays développés doivent aider les pays en développement ou les pays les plus pauvres à réussir cette transition. Et nous en rendrons compte au mois de septembre. Et puis, il faut pas oublier que notre lutte en matière environnementale, et je conclurai sur ce point, ce n'est pas que la lutte contre les émissions, ce n'est pas que la lutte pour une finance verte, c'est aussi la lutte en faveur de la biodiversité, en faveur, justement, d'un agenda pour la nature et la biodiversité.

Nous aurons l'occasion de le développer demain au sujet, justement, de la stratégie forêt, que nous devons avoir tout particulièrement en Afrique et en zone amazonienne aussi. Nous sommes directement concernés. C'est la stratégie que nous allons poursuivre en accueillant à Marseille un sommet important l'année prochaine et en poussant aussi cet agenda biodiversité avec nos amis chinois, qui auront la COP biodiversité à accueillir en 2020.

Voilà cet agenda qui est national, européen, international, que nous continuerons à poursuivre. (Applaudissements) (Propos traduits de l'anglais) -Une question de la télévision kenyane. 1re question.

Nous parlons des infrastructures. Quel est le rôle du secteur privé ? Quel est l'apport de l'économie kenyane?

Question adressée au président Macron. La France dispose d'un grand réseau de transport. Vous avez notamment des connexions express.

Nairobi a un potentiel énorme. Quelles sont les leçons que nous pouvons apprendre alors que nous sommes à l'aube de la réorganisation de notre système ici ? (Propos traduits de l'anglais) -U.

Kenyatta : Nous voulons que Nairobi soit vivable. Nous n'allons pas faire cela si nous n'investissons pas dans les infrastructures. Cependant, tout ne peut pas se faire et être dirigé avec les financements du gouvernement.

Il y a des limites, bien sûr. Egalement, il y a des opportunités qui s'offrent. Des opportunités d'investissement comme les routes, les chemins de fer, dont nous parlons.

Et le secteur privé peut participer à cela parce que ça va générer des revenus. Et ça va libérer le gouvernement pour qu'il focalise ses ressources à d'autres priorités comme la santé, l'éducation, l'eau, l'assainissement, qui ne sont pas dans le secteur privé. A propos du transport et à propos de l'énergie, ce sont là les domaines où les secteurs privés peuvent investir et gagner.

C'est ce que nous encourageons. Donc nous encourageons les sociétés privées qui devraient travailler ensemble avec le secteur privé pour livrer des services. Et là, il y a des bénéfices.

Et en même temps, cela va créer un environnement propice dans ce cas pour les Nairobiens et ça va faciliter le transport, ça va réduire les coûts, ça va réduire la pollution, etc. Ce que nous voulons, c'est que nous encourageons les sociétés privées à travailler avec le gouvernement pour assurer les services qui auront un profit. C'est ça, la voie que nous suivons. (Propos traduits de l'anglais) -E.

Macron : S'agissant de votre question, que la France peut-elle apporter ici, compte tenu de son expérience ? Eh bien, tout d'abord, nous avons un grand nombre d'entreprises de tout 1er rang en termes de transport. Mais je dirais plus important encore, la question, maintenant, ce ne sont pas uniquement les infrastructures et le transport.

Mais il s'agit de savoir comment fournir des solutions de mobilité. Voilà quelle est la grande question. Et si vous avez quelqu'un qui vous offre simplement des infrastructures qui ne correspondent pas à vos problèmes de mobilité, ce n'est qu'un quart de la réponse.

Ce n'est pas la solution. Ce dont vous avez besoin, ce sont différents partenaires, différents acteurs en situation de vous apporter une solution de mobilité. C'est exactement, je crois, ce que le consortium français apporte ici dans la situation actuelle.

Ce qui signifie qu'on apporte des infrastructures, qu'on apporte tous les équipements, tout ce qui est nécessaire à cette infrastructure, mais également des logiciels et une solution d'ensemble pour traiter de cette mobilité. Des tickets. Et on a vu une courte vidéo qui nous montrait comment suivre ces solutions de mobilité par différents outils, des applications, notamment.

Voilà comment traiter toute la complexité des questions de mobilité. Et la France dispose d'entreprises dans ces différents secteurs. Des entreprises spécialisées dans les logiciels, des entreprises d'infrastructure, de transport.

Et dans le cadre de ces PPP, nous pouvons construire et apporter des financements de long terme par le secteur privé. C'est donc pour moi la solution d'ensemble qui apporte une solution de mobilité et ce sont les meilleurs actifs français qui puissent contribuer à résoudre les difficultés de transport de Nairobi. Et les villes intelligentes font partie de l'avenir de l'Afrique parce qu'il s'agit de traiter des questions complexes liées à la forte population rassemblée dans les villes de ce continent.

Il faut traiter de la mobilité, de l'énergie, des différents services de vos villes. Et il faut également fournir des solutions à adopter, des solutions d'ensemble pour tous ces sujets. (Propos en anglais dans la salle) -Une dernière question? (Propos en anglais d'un journaliste) -Président Kenyatta, qu'est-ce que la France offre aux autres pays, c'est ce que la Chine n'offre pas ? -Président Macron, 2 questions : alors que vous êtes ici, l'Europe est face à la déstabilisation du Brexit.

La France, comme ses partenaires européens, a dit que toute extension devrait être demandée par le Royaume-Uni, mais cela semble maintenant inévitable. Vous avez dit qu'il y aurait des conditions pour cette extension de l'article 50. Pouvez-vous nous dire quelles sont ces conditions ?

Vous avez voulu montrer aussi pendant ce voyage qu'il y avait une alternative à la puissance chinoise... excusez-moi... mais en Europe, la Chine est de plus en plus présente.

Lors de la tournée de Xi Jinping, qui va également venir en France, il s'arrêtera en Italie. Et ce pays sera, semble-t-il, le 1er pays du G7 à signer un accord "Belt and Road" avec la Chine. Avec ce MoU entre autres, est-ce que ce pays ami de la France se détourne peu à peu, lentement, de l'Europe selon vous?

Par ailleurs, est-ce que la France elle-même signera quelque chose lié au "Belt and Road" avec la Chine lors de la venue du président Xi ? Merci. (Propos en anglais du président Kenyatta) -Je vais répondre à votre question rapidement.

Comme vous le savez, chaque pays est différent. Chaque pays offre différents ingrédients. Vous ne pouvez pas comparer la pomme à l'orange.

La pomme, c'est une pomme. L'orange, c'est l'orange. Mais les deux fruits sont bons pour vous. (Applaudissements) (...) Nous voulons profiter du meilleur que le monde peut offrir.

Dans ce cas précis, la France a beaucoup à offrir. Pas seulement en termes de son expérience, mais comme le président Macron l'a dit, même quand il s'agit de trains de banlieue, mais nous voulons tout un programme. Un programme pas seulement pour le matériel, mais aussi les logiciels et aussi voir les... (Propos inaudibles) qui viennent de la France.

Nous voulons en profiter pour apprendre. C'est comme je l'ai dit. Chaque personne est unique, chaque personne est différente.

Le président Macron, c'est mon meilleur ami. Mais également le président Kagame. Donc nous offrons des choses différentes.

Donc nous sommes des peuples différents. Dieu nous a créés différemment. Mais ce qui est important, c'est que nous puissions apprendre et tirer le meilleur de tout ce qu'offrent nos amis. (Applaudissements) -E.Macron: Je ne pourrais être plus d'accord.

Je ne sais pas si je suis une pomme ou une orange...

Pour ce qui est du Brexit, nous avons pris note du vote britannique d'hier soir qui, malgré les assurances additionnelles qui avaient été données par l'Union européenne, a confirmé qu'il n'y avait pas de majorité au Parlement pour soutenir ce que, pendant plusieurs mois, Theresa May avait négocié avec l'Union européenne. Je le regrette. Maintenant, nous sommes face à une situation qui est, au fond, simple.

C'est que l'accord de retrait n'est pas négociable. Et donc, si les Britanniques demandent un nouveau délai, cela peut être un délai technique pour mettre en oeuvre une sortie. A ce moment-là, il appartiendra d'observer cette demande et notre négociateur aura à s'exprimer.

Mais si un délai additionnel était demandé, il faudrait alors qu'on nous explique pourquoi en faire, et en particulier qu'il apporte quelque chose. Et donc, que ce ne soit pas pour renégocier un accord que nous avons déjà négocié pendant de nombreux mois, dont nous avons dit qu'il n'était plus négociable et dont nous avons constaté à de multiples reprises qu'il ne donnait pas lieu à une majorité positive au Parlement britannique. Voilà ce que je peux vous dire.

La solution à l'impasse actuelle, elle est à Londres. L'Europe doit continuer à avancer. Les citoyens européens dans les 27 autres pays, eux, ont décidé de rester dans l'Europe, d'avancer et de faire.

Et donc, nous ne devons pas perdre de temps parce que le monde, lui, ne nous attend pas. Et justement, vous m'avez parlé de la Chine. La Chine est une grande puissance économique, géopolitique, avec laquelle nous avons, et tout particulièrement la France, une relation ancienne et respectueuse.

Mutuellement respectueuse. Et donc, dans ce contexte, je pense que c'est une bonne chose que la Chine participe au développement de nombreux pays, aux projets de développement économique de nombreux pays. Mais moi, je crois à l'esprit, justement, d'équilibre, de réciprocité, diraient certains, de capacité à avoir des allers et retours.

Comme je l'avais dit à Xi'an lors du discours que j'ai fait en janvier 2018, les routes de la soie sont des routes ouvertes par Marco Polo et qui ont fonctionné dans les 2 sens. Et je crois qu'en général, le multilatéralisme, pour être durable, a besoin d'équilibre. Et les équilibres supposent le respect des souverainetés des peuples, et donc des justes pondérations.

Je sais que c'est dans cet esprit que la Chine compte avancer. C'est dans cet esprit que nous avons toujours eu nos échanges avec le président Xi. Pour moi, les nouvelles routes de la soie doivent s'inscrire dans cette esprit d'équilibre, de réciprocité, dans un esprit qui est aussi conforme à notre ambition climatique.

La Chine est un grand partenaire de notre ambition climatique. Et donc les nouvelles routes de la soie se doivent d'être conformes à cette ambition. Ensuite, il appartient à chaque Etat d'avoir la politique qu'il souhaite à l'égard de la Chine et il ne m'appartient pas de la commenter, surtout avant même qu'on ne sache exactement de quoi il retourne.

Je pense simplement que nous avons besoin, au niveau de l'Union européenne, d'avoir une approche coordonnée de notre stratégie à l'égard de la Chine comme du multilatéralisme. En tout cas, c'est ce que j'ai proposé à mes partenaires et aux institutions européennes. C'est aussi dans cet esprit-là que je compte procéder pour la visite que le président Xi rendra à Paris dans quelques jours.

Voilà. Je crois dans la souveraineté des peuples, entièrement, entièrement. Et je pense que d'ailleurs, c'est au coeur de la philosophie que la Chine a développée durant ces dernières décennies, et je sais aussi que, nous en avons longuement parlé, c'est ce à quoi croit le président Kenyatta.

Donc c'est dans cet esprit-là que nous continuerons d'avancer. Je vous remercie. (Applaudissements)

Conférence de presse conjointe avec M. Uhuru Kenyatta, Président de la République du Kenya — Emmanuel Macron · Pourquijevote