Asthme: malgré près de 1000 de morts par an, pourquoi cette maladie reste encore sous-estimée
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Respirer, c'est le geste le plus naturel du monde. On le fait environ [musique] 20000 fois par jour sans y penser, mais parfois ça devient plus compliqué. Une poitrine [musique] qui se serre, un souffle qui siffle, une sensation d'étouffement parfois brutale, parfois silencieuse.
En France, plus de 4 millions [musique] de personnes vivent avec de l'asthme. Et malgré les traitements, cette maladie provoque encore près de 60000 [musique] hospitalisations et environ 1 millier de décès chaque année. Alors, peut-on vivre normalement avec un asstme ? [musique] Et comment ?
Pourquoi certaines crises deviennent-elles des urgences vitales ? Commenter asthme et sport ? Et bien, on va voir tout cela avec vos invités.
Je suis Margot DFRVille, chef du service santé [musique] de BFM TV. À ses côtés, Alain Ducardonis, médecin, consultant santé BFM TV. Vous écoutez le podcast santé, le podcast qui prend soin de vous.
Carline Dupin, bonjour. Bonjour, vous êtes pneumologue à l'hôpital Saint-Joseph à Paris et nous sommes également avec Pierre Pariante, fondateur de la fondation Grégory Pariante du nom de votre fils. Fin mars 2013, il venait d'avoir 14 ans lorsqu'il a été emporté en pleine nuit par une crise d'asthme aigu très brutale.
Et 3 ans plus tard, vous avez décidé de créer une association engagée dans la prévention. Exactement. En fait, quand vous connaissez ce drame, euh globalement, on est dévasté, il y a plus rien.
J'ai toujours l'habitude de dire lorsqu'on perd des parents, on est orphelin ou orpheline. Lorsqu'on perd un mari ou une femme, on est veuf. Lorsqu'on perd un enfant, il y a pas de mot.
C'est la la la triste réalité. Donc, soit on connaît l'effondrement, soit il faut trouver une réaction. Notre réaction, ça a été euh ce travail de fondation.
Elle s'est fait très vite tout l'ensemble de ma famille est médecin. Euh ça s'est fait très vite en demandant auprès des hospitaliers qu'est-ce qu'on pouvait faire. On nous a dit faire du lever de fond ne sert absolument à rien.
C'est pas quelque chose qui manque en France. En revanche, faire de l'information sur la maladie est très importante pour sensibiliser un un certain nombre d'intervenants comme tout simplement les parents, les enfants, les éducateurs sportifs, on va on reviendra derrière sur leur importance. euh le monde politique et le monde médiatique.
Vous êtes cette courroie de transmission de l'information vers l'ensemble de ces pour ça que je vous remercie de nous accueillir aujourd'hui. Et donc votre fils a été un asthmatique connu, j'imagine, suivi, traité et pour autant il a fait une crise mortelle. Ça paraît simple mais c'est pas comme ça.
C'est-à-dire que mon fils était asthmatique mais pour nous on avait pas la et encore une fois je vous répète on est milieu médical et personne n'avait vraiment la connaissance du risque qu'il prenait. En fait c'était un gros asthmatique un asthmatique sévère depuis la petite enfance. Depuis la naissance.
D'accord. Depuis la naissance, il avait une réaction forte aux allergies de tout type alimentaire, pollution. Je crois qu'on y reviendra un peu plus tard.
Donc il rentrait dans les cases, il avait toutes les cases pour être candidat à la crise d'asme sévère. Nous, on le sait pas et globalement personne ne nous avertit. ce pourquoi quand intervient sa sa disparition, ça nous paraît comme une évidence de faire ce qu'on a fait pour prévenir.
Il avait un traitement de fond. Non non, il avait donc il avait un traitement uniquement en cas de crise. Il avait Ouais. les les les comment on dit ?
Les aérosoles, c'est ça. Oui. Traitement inallé, traitement de secours inallés.
Voilà, les traitements de secours inallés et quelques mais qui étaient pas vraiment les traitements de fond. Il avait pas un suivi à proprement parler. chez les pneumologues.
C'est ce que l'on répète aujourd'hui à longueur d'aujourd'hui. Alors, on va justement on va revenir sur tout cela parce qu'on a employé plein de mots. En effet, les choses inallées, les crises et cetera.
Comment est-ce qu'on pourrait définir Claireline du pain la maladie asthmatique ? Alors, la maladie asthmatique, la première notion, c'est que c'est une maladie chronique, c'est-à-dire elle dure toute la vie. À partir du moment où elle se déclenche, elle est là tout le temps.
Ça c'est une première notion super importante parce que ça va soutendre la façon dont on traite cette maladie. C'est une maladie chronique, donc il faut la traiter tout le temps. Et ensuite, c'est une maladie pulmonaire et plus précisément dans les poumons, ça touche les bronches, les tuyaux.
En fait, c'est une maladie, c'est un peu de la plomberie. Au lieu d'avoir des tuyaux respiratoires bien ouverts pour laisser passer l'air, ces tuyaux vont être rétrécis et donc l'air va passer de façon moins facile, va gêner une générer une gêne respiratoire, des sifflements, tout un tas de symptômes dont on pourra reparler. Mais c'est vraiment, il faut imaginer que l'air passe dans un tuyau trop étroit, soit uniquement pendant la crise, soit même en dehors des crises.
On peut s'habituer progressivement à respirer dans un tuyau plus étroit et en fait avoir des symptômes d'asthme au quotidien. Alors justement, vous dites c'est un essoufflement en quelque sorte mais c'est assez banal l'essoufflement. On est essoufflé dans la vie courante en permanence.
Qu'est-ce qui fait la distinction ? C'est très banal effectivement comme symptôme et ça participe au fait qu'on ait un retard diagnostique important dans l'asthme au-delà du fait que tout le monde imagine que c'est enfin une maladie qui est connu qui est qui est relativement banale, or ça ne l'est pas. Euh un asthmatique dans la majorité des cas n'est pas essoufflé tous les jours de la même façon.
La variabilité de l'essoufflement qui est un terme qu'on appelle médicalement la dispnée mais donc cet essoufflement chez un asthmatique qui va pouvoir être très intense un jour et le lendemain ou quelques heures après ne plus du tout exister. On est en pleine saison des pollennes. Je vais être très gêné pour respirer si je suis asthmatique.
À l'inverse, si on est en plein mois de décembre et que je n'ai pas d'allergie de cette saison là, je ne vais pas avoir de gène. Donc cette variabilité de l'essoufflement, c'est anormal. Et si cet essoufflement s'associe à des sifflements qu'on appelle les sibilans en en jargon médical, ces sifflements à la volontiers à l'expiration, ça c'est quelque chose d'anormal et qui doit alerter.
Il y a toujours ces sifflements ? Alors, pas toujours. Euh, parfois, on a ce qu'on appelle la tout équivalent d'asthme et donc on peut ne pas ressentir les sifflements où ils peuvent ne pas être audible au stéthoscope par le médecin, mais une tou sèche qui ne s'accompagne pas de crachat, qui évolue volontiers en crise et volontiers la nuit, hein, ça c'est aussi quelque chose qui est très typique dans l'asthme.
Un enfant qui se réveille au milieu de la nuit en toussçant de façon très sèche, il y a quelques diagnostics autres que l'asthme mais globalement par ord de fréquence et de l'asthme. Donc, on peut siffler et on peut tousser et on peut être essoufflé. Ça commence essentiellement dans l'enfance, dans l'adolescence ou ça peut être plus tardif ?
Ça peut apparaître à tout âge. On peut naître asthmatique quasiment en tout cas comme Grégorie avoir des symptômes depuis la toute petite enfance. C'est des enfants qui font des broncholites volontiers l'hiver quand on est exposé à des virus.
Mais on peut aussi devenir asthmatique à l'adolescence, à l'âge adulte, voir dans quand on a 60 70 ans. Donc c'est c'est le diagnostic de l'âge n'est pas quelque chose d'exclusion pour l'âge de diagnostic dans l'autre sens. Est- Est-ce qu'il faut toujours un terrain allergique ?
Non, pas systématiquement. Allergie et asthme sont deux maladies qui vont très très facilement ensemble. Mais on peut être asthmatique sans être allergique.
C'est un peu plus fréquent chez les adultes d'être asthmatique sans allergie. On peut être asthmatique parce qu'on a certains globules blancs dans le sang qui s'appelle les éosinophiles. Ça c'est aussi un autre euh mode d'explication de l'asthme.
Mais donc ça n'est pas parce queon n'est pas allergique qu'on est forcément pas asthmatique. Alors Pierre, ce qui nous avait quand même frappé tout à l'heure, c'est qu'en fin de compte, il paraissait bien équilibré, il avait pas d'élément de gravité et pourtant il a quand même fait quelque chose de gravissime. C'est quelque chose, alors je vous laisser répondre l'un et l'autre. d'abord la la connaissance de la maladie et ensuite se dire en fin de compte c'est pas parce qu'on a un ashme équilibré parce qu'on prend bien son traitement qu'il a été un traitement à la demande euh que pour autant on va pas faire une forme grave.
Exactement. En fait, on a pendant 1 à 2 ans cherché à comprendre qu'est-ce qui s'est passé, comment on en est arrivé à globalement qui rentre dans ce tunnel euh dans lequel il n'est pas sorti. Et on s'est posé les questions, il revenait d'un déplacement en Grande-Bretagne et Grande-Bretagne sont connues pour avoir des moquettes épaisses comme ça, des tissus muraux épais comme ça dans lequel beaucoup d'accariens peuvent être.
Donc il a probablement été soumis à énormément de de d'allergène et il est rentré, c'est 48 heures après qu'il a déclenché l'asme. Il y avait à priori pas d'aliment, il y a eu une piscine et les piscines, on sait très bien que le chlore peut-être bénéfique ou maléfique selon les cas. Donc tout ça c'est des choses des des zones inconnues.
On on c'est l'objet de notre fondation où on travaille point par point à essayer d'étudier grâce à l'aide de de de des médecins qui qui nous apportent énormément pour qu'on puisse avancer euh dans des explications données aux parents comme nous des explications qui soient crédibles pour qu'ils comprennent le besoin de consulter en permanence. Alors justement Clarline pourquoi est-ce qu'il y a des gens qui font des réactions graves comme ça paroxistiques, brutales parce qu'en fin de compte c'était pas prévu que là tout est déstabilisé. Qu'est-ce qui fait que ça se déstabilise brutalement ?
Alors Pierre, on en a parlé he il y a tout un tas de facteurs euh le le poumon. Les poumons, c'est les organes qui sont le plus exposés à notre environnement extérieur. Donc quel que soit ce qu'on respire, euh on est allergique effectivement, on respire dans un environnement avec des moquettes, on a des acariens, c'est la saison des des pollenes, on y est exposé, on a des moisissures chez soi, on a des de l'humidité, tout ça, ce sont des facteurs qui vont immédiatement avoir un effet un peu de clé dans une serrure qui va ouvrir la porte de la crise d'asthme.
Et derrière, c'est ce qu'on appelle la cascade de l'inflammation. Il y a une une sorte de de de ouais de cascade d'automatisme qui se déclenche qui va aboutir à cette branche qui se ferme. Euh ça peut se jouer en quelques quelques minutes il y a il y a des formes de crise d'asme.
C'est ce qui s'est passé. Le soir même il était pas il sifflait pas. On était au restaurant.
Alors ma femme me dit qu'il avait aussi ce mouvement de vague. On sent la difficulté respirante par mouvement de vague. Moi j'ai vraiment pas observé ça parce que je pas fait particulièrement attention.
On a été mangé dehors, pas de problème. Et quand il est rentré, il m'a dit "J'ai vraiment du mal." Donc à partir de là, immédiatement, on a décider d'aller à l'hôpital sauf qu'il y est pas arrivé.
On va y revenir après aussi. Ouais. C'est classiquement la crise d'asthme, c'est quelque chose qui est un phénomène brutal.
En tout cas, ça se joue pas sur des jours et des jours et des jours. C'est plutôt de l'ordre de plusieurs heures et dans certains cas, ça peut être vraiment de l'ordre de quelques minutes. Et donc, c'est important que nos patients et pour les enfants, leurs parents soient éduqués à comment réagir en cas de crise d'asthme.
Et une autre chose qui est importante, c'est que on s'y intéresse de de plus en plus à pourquoi est-ce que il y a encore 1000 personnes en France qui meurent d'asme chaque année. Pourquoi ? Dans un pays où on a un accès aux soins où il y a des traitements qui fonctionnent.
La grande majorité des gens, des enfants mais aussi des adultes qui décèdent d'asthme en France n'ont pas de traitement de fond. Et c'était le cas de Grégorie. Et ça c'est un sujet important sur lequel les pneumologues on doit se mobiliser de faire comprendre à tous nos confrères médecins qu'un patient asthmatique doit avoir un traitement de fond et à la population générale aussi qui a un réflexe.
On a tous le réflexe de on peut la citer c'est dans le domaine public mais de la ventoline. Tout le monde imagine que si je suis asthmatique je dois avoir un traitement de secours. Ce serait bien que tout le monde imagine que si j'ai un asthme, il faut que j'ai un traitement de fond tous les jours.
Donc là vous nous dites la venteline n'est pas le traitement de l'asthme suffisant. Non, ça c'est le traitement de la crise, mais l'objectif du traitement, c'est qu'un patient asthmatique n'ait quasiment jamais besoin de sa ventoline et que s'il l'utilise, il connaît et son entourage connaît le nombre de doses au bout duquel il faut appeler à l'aide. Et donc ça c'est un message à faire passer à tous les médecins généralistes notamment parce qu'ils peuvent prescrire.
Absolument tout à fait. Les les la base du traitement de l'asthme, c'est les corticoïdes qui est un traitement anti-inflammatoire. La maladie asthmatique, c'est une inflammation.
Quand vous avez par exemple un gros coup de soleil, vous voyez votre peau qui est rouge et qui gonfle. Quand vous êtes asthmatique, c'est la même chose. Parce que vous avez respiré par exemple des virus ou des allergène et ben à l'intérieur votre peau qu'on appelle la muqueuse, elle va gonfler et sauf que quand on gonfle dans un tuyau et bien le tuyau se rétrécit.
Alors que quand on gonfle sur la peau, bon c'est c'est douloureux mais il y a pas de risque vital. Et donc comme c'est une maladie inflammatoire, on met des traitements anti-inflammatoires. Et la ventoline n'est pas un anti-inflammatoire.
La cortisone, les corticoïdes inhalés sont un traitement inflammatoire. anti-inflammatoire et on les prend par voie respiratoire de façon à ce que ce soit déposé partout dans nos branches et surtout que ce soit des traitements avec pas ou quasiment pas d'effets secondaires. Donc maladie chronique, traitement de fond exactement tous les jours.
Qu doit absolument Est-ce que n'avait pas en fait votre fils ? Alors il l'a eu hm hm plus jeune et mort à 14 ans. Donc vers les 8 9 ans, il l'a eu.
Puis il a eu un déménagement dans le sud de la France et là on a perdu le fil. C'est pas lui qui a perdu le fil hein. On va parler tout à l'heure de l'observance.
Mais lui, il était observant. Il y a pas un moment donné où il a pas pris ce qu'on lui a dit de prendre, mais il a pris que ce qu'on lui a dit de prendre. Euh [gémissement] Claireline insistait sur l'éducation également du monde médical qui est essentiel parce que le médecin parfois le pédiatre dans tout cas qui nous concerne ne sait pas la gravité de cette maladie-là jusqu'où ça peut aller et même certains pneumologues ne le savent pas non plus que à 12 13 ans on peut en mourir.
Là c'était vous avez monté la fondation il y a 10 ans, un peu plus même. Ouais. C'était en 2016, c'était 3 ans après sa mort.
C'est un temps de réaction. Et il s'est passé quoi en 10ant ? Est-ce que vous voyez les choses s'améliorer au niveau de la connaissance du Ah ben en tout cas, ce qu'on a fait, on a essayé de faire le maximum.
Encore une fois, le média est une courroie de transmission phénoménale, les réseaux sociaux aussi, qui a été de prévenir notre notre job, il est de prévenir de du risque et d'aller consulter les pneumologues, les spécialistes qui en faire un peu plus que qu'un peu moins. Et vous avez choisi d'anglais particulièrement sur la prévention auprès des adolescents. Est-ce que c'est une période plus à risque, docteur ?
Ouais, c'est une période très difficile dans toutes les maladies chroniques, hein. C'est c'est une période de transition où on passe de l'enfance où on est très entouré par notamment ses parents, mais pas que, à une période où on s'autonomise et où on est souvent en refus de ce qui nous arrive. On a envie de s'indépendre, je sais pas comment dans quel sens faut le dire mais voilà en tout cas on a envie de devenir une personne en tant que telle et donc par automatisme quelle que soit la maladie on a du mal à prendre ces traitements et ça c'est une période extrêmement compliquée parce que bon les chiffres sont catastrophiques dans les traitements inallés hein.
C'est à peu près 3/4 des des des patients adolescents mais aussi à l'âge adulte qui ont du mal à prendre leur traitement. Et puis l'adolescence, c'est aussi une période où on commence à fumer, où on commence à avoir aussi des rythmes de vie un peu différents et à se lever plus tard. Donc on vapotage aussi aujourd'hui.
Est-ce que ça je dans le tabagisme ? J'inclus le vapotage. Alors il y a une étude de la fondation du souffle qui est un organisme national qui s'intéresse à la prévention notamment des maladies respiratoires qui a montré qu'il y avait beaucoup plus deux fois plus d'asthmatique chez les consommateurs de cigarettes de vapotage que chez les non consommateurs de vapotage.
Quel est le lien exact ? On connaît pas aujourd'hui mais il y a probablement une un effet néfaste du vapotage. Vapoter c'est mieux que fumer mais vapoter c'est moins bien que rien consommer du tout.
Alors on a beaucoup parlé de choses négatives en fin de compte dans tout cela, mais la vie d'un asthmatique peut aussi être normal et en particulier il y a un lien qu'on évoque toujours, c'est le lien avec l'activité physique. Votre fils faisait de l'activité physique ? Oui, dans la mesure du possible.
Il y avait des sports, il pouvait pas faire. C'était trop trop contraignant au niveau de sa respiration pour le faire. Le tennis par exemple, mais il faisait de la natation, il faisait les sport d'activité comme tous les gosses à l'école.
Pas de problème. Cline, c'est un un bon élément, ça favorise, ça ferait presque partie du traitement. Oui, ça fait partie du traitement.
Très longtemps, on a interdit aux asthmatiques de faire du sport. à l'école, on les mettait de côté et par peur du risque. Et en réalité, la l'activité physique régulière, elle va permettre d'améliorer la capacité respiratoire.
Alors, elle travaillera pas sous sur l'ouverture des bronches, mais elle tr travaillera sur les muscles notamment intercostaux, sur notre diaphragme qui est le gros muscle qu'on a sur les poumons. Et donc, plus on fait de l'activité physique régulière, euh meilleur est notre contrôle évidemment en continuant le traitement de fond, hein. Ça ne remplace pas le traitement de fond, mais il n'y a plus de contre-indication formelle, sauf quelques exceptions à faire du sport quand on est asthmatique.
Donc aujourd'hui, vous auriez dit à Grégorie le tennis OK. Le tennis OK. Et pourquoi est-ce que tu n'y arrives pas à faire du tennis ?
Quels sont les symptômes que tu ressens ? Qu'est-ce qu'il faut qu'on va modifier comme traitement ? Aujourd'hui, comme on autorise les enfants et les adultes à faire du sport, on est aussi vigilant sur leurs symptômes dans ces moments-là et éventuellement on modifie les traitements et on on dans la majorité des cas, sauf quelques exceptions, un asthmatique doit avoir une vie normale.
On dit classiquement qu'il faut faire un petit pup shoot justement avant de faire l'activité physique. Est-ce que c'est vrai ? Ça aussi ça ne remplace pas le traitement de fond.
Mais oui, avant une activité physique et notamment avant les sports d'endurance, on conseille la prise de traitement là de ventoline, donc de broncodilator. On va ouvrir notre branche avant de faire cette activité physique et éventuellement on va pouvoir le reprendre pendant l'effort. Tout un travail a été fait auprès des éducateurs sportifs pour les enfants jeunes de ne pas les laisser faire du sport sans leur dispositif à côté.
Ça c'est ça paraît simple, c'est indispensable. On a fait des vidéos, ça a été la première vidéo qu'on a fait de la fondation. Elle avait ce double effet de parler de l'enfant qui suit pas bien son traitement et dont le l'éducateur, l'entraîneur de tennis lui a dit "Bah, je suis obligé de te déclarer forfait parce que tu respires mal." Et le deuxième chose, c'était on a appelé ce clip la chaise vide parce que elle rendait hommage à tous ses enfants de 13 14 ans.
Moi, le mien est parti et les autres, ils sont restés et ils sont restés avec une chaise vide à côté. Vous voyez le tr ? Moi, je les continué à les voir ses copains.
Il y en a un qui s'est marié la semaine dernière. J'ai été au mariage la semaine dernière et à la mairie, il rendent hommage à Grégori. On est 11, 12, 13 ans plus tard.
Et la devise de la fondation d'ailleurs, c'est pour que mes potes respirent à à plein poumon. Bravo. Ça a été c'est une le la fondation a été créée en 22 mars, date anniversaire de sa mort à la préfecture qui est à la porte d'à côté de chez vous, juste à 30 m.
Et la la dame de la préfecture a dit "Je vous la date à aujourd'hui." Bien qu' on doiv étudier le dossier dans son intégralité, mais on la on la datera du 22 mars. Son ouverture a été faite 3 ans jour pour jour après son décès et toutes nos opérations ont toujours lieu le 22 mars.
Est-ce qu'on peut considérer en fin de compte qu'avec un traitement bien suivi, avec une observance, avec une qualité de vie tout à fait correcte, en fin de compte, il y a une sorte de rémission de cette maladie ou est-ce que simplement elle est équilibrée et toujours prête à se déséquilibrer ? Alors oui, la rémission c'est un c'est un terme qui est connu de très longues dates dans l'AShme. On s'y réintéresse récemment parce qu'il y a eu des nouveaux traitements, mais euh depuis euh aussi loin qu'on fait des la recherche médicale, on est capable de démontrer que dans une population d'asthmatique, un certain pourcentage est capable de rentrer en rémission, c'est-à-dire que la maladie est dormante.
Alors, elle ne disparaît pas complètement. La rémission ne veut pas dire la guérison, mais ça veut dire une maladie qui est complètement asymptomatique. Chez l'enfant, un pourcentage important d'enfants vont avoir une maladie qui va devenir dormante à l'âge adulte et qui ne feront peut-être plus jamais de crise.
Chez l'adulte, ça arrive aussi. Parfois, on a besoin de traitement lourd et donc on est en rémission mais avec des traitements. Et si on lève les traitements, la maladie va se réveiller mais on est quand même en rémission avec une maladie dormante et une vie normale.
Sur les traitements, il y a des nouveautés. [raclement de gorge] Alors, il y a eu beaucoup de nouveautés. Ouais, il y a eu beaucoup de nouveautés récemment mais qui concernent une frange assez étroite de la population des asthmatiques puisque ce sont des traitements qu'on appelle les biothérapie, des traitements en piqû qui vont être donnés pour les formes d'asthme sévère.
D'accord. Euh [grognement] là, on fait juste un petit aparté, un assthme sévère n'est pas un assthme qui fait des crises sévères, c'est très différent. On peut avoir un assthme très léger et faire une crise extrêmement grave.
Donc attention à ne pas se sentir non concerné par ce dont on est en train de parler parce qu'on fait une crise une fois de temps en temps. Donc on peut faire des crismes très sévères quand on a un asthme léger. Un asthme sévère c'est plutôt un asthme qui va faire des crises modérées mais régulières très fréquentes, avoir besoin de beaucoup de traitement.
Et pour ces gens-là qui sont très souvent à l'hôpital, qui ont du mal à travailler, où il y a un absentisme scolaire également, ont été développé ces biothérapies, traitement parpicure qui vont calmer l'asthme. Euh dans la majorité des cas, on en a pas besoin et les traitements inhalés euh par corticoïde dont on parlait tout à l'heure suffisent. Et là, il y a eu beaucoup d'innovation ces dernières années, mais plutôt sur la technique de prise, on a développé des dispositifs qui sont plus simples d'utilisation que le spray ou qui ne peuvent être pris qu'une seule fois par jour au lieu de deux.
Donc c'est là-dessus qu'il y a eu beaucoup de progrès. On termine avec quelques idées reçues rapides si vous permettez. On va presque arriver à répondre nous-même grâce à nos deux invités.
Exactement Maison. On va voir si vous avez bien écouté tous. Allez, question rapide.
Vrai ou faux ? La ventoline suffit à traiter l'asthme ? Dois-je répondre ?
Non. Clairement. Le stress peut-il déclencher une crise ?
Oui. Oui. Un asthmatique ne doit pas faire de sport.
Non. Quand on a pardon doit faire et peut et doit faire du sport. Quand on ne fait plus de crise, on n'est plus asthmatique.
Faux. Et on guérit souvent l'asthme de l'enfant. Je dirais parfois ça disparaît pas la puberté.
Voilà, on peut rentrer en rémission mais ça peut mais pas toujours. C'est pas une c'est pas systématique. Carline Dupin, merci beaucoup.
On rappelle que vous êtes pneumologue à l'hôpital Saint-Joseph à Paris. Merci beaucoup père Pariante. On rappelle le nom de votre association, la fondation Grégory Pariante.
Merci [musique] beaucoup et nous on se retrouve la semaine prochaine et d'ici là prenez soin de vous.
Else Joseph