Claire Kowalewski, colonelle sapeur-pompier: «Le feu ne réagit pas forcément comme nous l'attendrions»
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- 0:26OuverteRéponse directe
Que pouvez-vous nous dire sur l'état du combat contre l'incendie en Gironde à 7h-6 ce matin ?
- 1:25OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça change dans la façon d'y répondre pour les pompiers ?
- 2:17OuverteRéponse directe
Que fait-on en premier face à un feu de cette nature ? Quelle est la priorité face à un incendie aussi difficile à contrôler ?
- 3:46OuverteRéponse directe
On ne peut toujours exclure aucun scénario, Claire Kowalewski ?
- 5:05OuverteÉludée
Est-ce que vous partagez ces critiques, Claire Kowalewski ? Est-ce que nous sommes en train d'atteindre les limites des moyens français aujourd'hui ?
- 6:07OuverteRéponse directe
Comment fonctionne-t-il concrètement en cas d'incendie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45InvitéFait
« il y a énormément de moyens engagés. Tout le monde, en tout cas je peux vous assurer en étant sur les lieux, que tout le monde met tout en œuvre pour arriver à contrôler ce feu »
- 1:30InvitéFait
« ce sont des comportements de feu qui sont observés dans quelques pays depuis quelques années »
- 1:50InvitéChiffre
« Nous sommes à la troisième, nous avons déjà eu trois canicules en France, donc évidemment la sécheresse est un gros stress hydrique »
- 2:31InvitéFait
« Il est évident que la protection des populations est la priorité, ça c'est quel que soit le type d'événement, les forêts, les inondations »
- 3:10InvitéFait
« le comportement du feu fait qu'il ne réagit pas forcément comme nous l'attendrions »
- 4:03InvitéChiffre
« quand on sait que demain, les températures vont remonter à 38-39 degrés, tout est possible »
- 5:22InvitéFait
« la France me paraît très bien préparée dans ce cadre-là, comme beaucoup de partenaires européens »
- 6:41InvitéChiffre
« nous avons en fait 37 pays, les 27 pays de l'Union Européenne, plus 10 pays participants qui participent »
- 7:00InvitéFait
« la France a fait une demande de support de moyens aériens »
- 7:09InvitéFait
« 7 avions hélicoptères qui sont venus de Portugal, de Suède, de Slovaquie, de République Tchèque, de Croatie »
- 8:03InvitéChiffre
« c'est quelque chose qui nous est déjà arrivé en 2017 »
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En ligne ce matin avec Julien Coquelroëm, Claire Kowalewski, colonel de sapeurs-pompiers détaché à la Direction Générale de la Protection Civile et des Opérations d'Aide Humanitaire de la Commission Européenne. Bonjour Claire Kowalewski. Bonjour. Et merci de prendre le temps d'être avec nous. Vous êtes actuellement en Gironde, à Bordeaux, au centre de crise et de coordination européen. J'aimerais d'abord interroger la colonel de sapeurs-pompiers que vous êtes. Que pouvez-vous nous dire sur l'état du combat contre l'incendie en Gironde à 7h-6 ce matin ? La situation est restée stable dans la nuit selon la préfecture.
Mais hier le porte-parole de la Fédération Nationale des sapeurs-pompiers disait tout simplement « On ne peut pas lutter ». C'est toujours le cas aujourd'hui ?
Écoutez, il y a énormément de moyens engagés. Tout le monde, en tout cas je peux vous assurer en étant sur les lieux, que tout le monde met tout en œuvre pour arriver à contrôler ce feu qui est quand même exceptionnel dans son intensité, dans sa superficie, dans sa localisation, à proximité d'une grande métropole française. C'est une première. Donc tout le monde est quand même complètement engagé à 100% pour faire de son mieux, ça c'est sûr.
On parle depuis quelques jours de ce phénomène jamais vu en France d'orage, de feu, à savoir un incendie qui génère sa propre météo, ses propres vents, ses propres nuages, ses propres éclairs qui contribuent à le propager. Qu'est-ce que ça change dans la façon d'y répondre pour les pompiers ?
Alors évidemment, ce sont des comportements de feu qui sont observés dans quelques pays depuis quelques années. Alors c'est vrai que c'était jusqu'à présent plus observé un peu plus bas, un peu plus dans l'Europe du Sud, en Espagne, au Portugal, où on a commencé à détecter il y a quelques années ces phénomènes avec la sécheresse accumulée, la végétation. Nous sommes à la troisième, nous avons déjà eu trois canicules en France, donc évidemment la sécheresse est un gros stress hydrique. Donc évidemment, toute cette gestion du feu de forêt est vraiment prise dans un plan global.
Là, on est vraiment focalisé sur la lutte, mais c'est vrai que c'est une action stratégique globale qui doit être faite pour la lutte sur le feu de forêt, que ce soit la prévention, la préparation, la réponse, la réhabitation.
Alors concrètement, que fait-on en premier face à un feu de cette nature ? Est-ce qu'on protège d'abord les habitations ? Est-ce qu'on essaye de le diriger vers un certain point ? Quelle est la priorité face à un incendie aussi difficile à contrôler ?
Il est évident que la protection des populations est la priorité, ça c'est quel que soit le type d'événement, les forêts, les inondations. Là, c'est vraiment la priorité vraiment première, il n'y a aucune ambiguïté là-dessus. Et ensuite, en effet, il faut souvent essayer de canaliser le feu pour essayer de le contenir le plus possible. Mais c'est vrai que là, justement, avec ces phénomènes, avec cette sécheresse, avec le comportement du feu, c'est un petit peu plus difficile à faire, car le feu n'est pas très établi, les vents changent de direction. Et justement, avec ces comportements de feu, le feu crée son propre vent.
Donc malgré peut-être des prévisions météo qui orientent des vents dans une direction qui permettraient de mettre en place une stratégie de lutte, le comportement du feu fait qu'il ne réagit pas forcément comme nous l'attendrions. Et c'est ce qui rend très difficile cette lutte.
La préfète de Gironde évoque ce matin, on le disait, une situation globalement stable au cours de la nuit. Pas d'évolution majeure ces dernières heures. Mais elle avertit sur le risque d'aggravation avec la nouvelle canicule qui s'annonce pour demain. On le sait, le feu reste très proche de Bordeaux. Il s'en est beaucoup rapproché ces derniers jours. On ne peut toujours exclure aucun scénario, Claire Kowalewski ?
Ah oui, ben non, je pense qu'il faut, comme je vous l'ai dit, il y a beaucoup d'enjeux sur ce feu, qui est pour l'instant sur une évolution stable depuis cette nuit. Mais en effet, quand on sait que demain, les températures vont remonter à 38-39 degrés, tout est possible. Ça, c'est évident.
C'est-à-dire que des zones qu'on a réussi à protéger jusqu'ici, par exemple, pourraient être atteintes ?
Ah ben ça, je n'espère pas, je n'espère pas. Mais après, on a vu le développement des feux dans les conditions de la semaine dernière. Donc évidemment, tout le monde est très vigilant sur l'évolution de la situation.
Alors on va parler dans un instant des moyens européens déployés face à ce feu, parce que ça vous concerne. Mais j'aimerais d'abord qu'on s'arrête une minute sur la question des moyens dont dispose la France à elle seule. On a vu les critiques se multiplier ces derniers jours dans la classe politique, parmi les professionnels aussi, sur le manque de canadaires ou d'avions, sur le manque de disponibilité des appareils existants. On voit aussi la question des moyens humains qui émergent, celle des effectifs, avec des pompiers qui décrivent leur épuisement, leur manque de protection aussi. Est-ce que vous partagez ces critiques, Claire Kovalewski ?
Est-ce que nous sommes en train d'atteindre les limites des moyens français aujourd'hui ?
Alors là, je ne permettrai pas de commenter ce genre de remarques. Par rapport à ce que je peux vous dire, c'est que moi j'ai une vision globale européenne, et la France me paraît très bien préparée dans ce cadre-là, comme beaucoup de partenaires européens. Et malgré tout, nous sommes, ce qu'il faut rappeler, c'est que nous sommes dans une situation exceptionnelle. On l'a tous vu, donc il faut aussi prendre ça en référence par rapport à la réponse. C'est pour ça qu'il y a justement cette réponse européenne qui est là, pour justement venir renforcer un pays qui se trouve dans une difficulté particulière, telle que la France actuellement.
Vous êtes, on le disait, pour venir à la question européenne, détaché à la Direction Générale de la Protection Civile et des opérations d'aide humanitaire de la Commission Européenne. On parle beaucoup de ce mécanisme de protection civile de l'UE, dont Emmanuel Macron a demandé l'activation vendredi. Comment fonctionne-t-il concrètement en cas d'incendie ?
Alors, c'est un phénomène, un mécanisme qui existe depuis 2001, donc 25 ans déjà, donc qui commence, j'ai envie de dire, presque malheureusement à être rodé. C'est un mécanisme qui n'est pas dédié aux feux de forêt. En fait, quand un pays européen ou extérieur à l'Union Européenne fait face à une difficulté particulière, que ce soit des feux de forêt comme c'est le cas actuellement, des inondations, des tremblements de terre comme au Venezuela il y a peu de temps, on peut demander de l'aide internationale. Tout est coordonné à Bruxelles et nous avons en fait 37 pays, les 27 pays de l'Union Européenne, plus 10 pays participants qui participent.
et donc nous pouvons coordonner et envoyer des renforts à la demande.
Alors, quels sont les moyens européens déployés aujourd'hui en France pour prendre cet exemple ?
Alors, dans ce qu'elle est précis de la France, la France a fait une demande de support de moyens aériens. Donc, pour l'instant, nous avons sur le terrain, ou dans les airs plutôt, c'est plus adapté, 7 avions hélicoptères qui sont venus de Portugal, de Suède, de Slovaquie, de République Tchèque, de Croatie. Nous avons deux hélicoptères qui vont joindre le dispositif cet après-midi. Donc, nous serons à neuf moyens aériens. Et demain, nous avons également deux avions turcs qui viendront renforcer les effectifs. Donc voilà, le pays fait, la France a fait une expression de besoin.
Et au sein de l'Union Européenne, au sein du centre de crise, du centre de coordination de la réaction d'urgence, nous mettons les moyens en adéquation avec les autres pays, les moyens disponibles dans les autres pays, qui sont aussi, pour une partie, financés par l'Union Européenne. Et nous coordonnons tout ça.
Que fera-t-on, Claire Kowalewski, le jour où la solidarité européenne sera limitée par la réalité ? Quand il y aura, pour le dire simplement, trop d'incendies à éteindre dans trop d'endroits différents, en même temps sur le continent ?
Alors, malheureusement, c'est quelque chose qui nous est déjà arrivé en 2017. Au Portugal, je ne sais pas si vous vous rappelez, c'était une année tragique, car en effet, la saison feu de forêt 2017 a été terrible, avec des feux de forêt dans tout le sud de l'Europe, toute la saison. Et donc, plus de 100 à un moment, sur deux feux différents, plus de 100 personnes sont décédées au Portugal, parce que cette solidarité avait atteint ses limites. C'est pour ça que nous avons mis en place, en 2019, les budgets adaptés et les outils politiques nécessaires pour l'acquisition de moyens complémentaires. Merci. Le Premier européen va se doter de...
Va se doter de moyens supplémentaires, on l'imagine.
Exactement. Merci beaucoup. 12 canadaires, 5 hélicoptères qui seront disponibles.
Merci beaucoup, Claire Kowalewski. Pardon, le temps nous manque. Très bonne journée. Un entretien avec Julien Coquelran et M1.
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