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AutreRassemblement National (sur YouTube)· 11 mars 2019 14 minAutoproduitMixte

Réunion publique à Richemont (76) : discours de Gilles Lebreton

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Présentateur

Je vous demande d'accueillir celui qui est chef de délégation au Parlement européen, qui conduit la délégation de nos élus au sein de l'hémicycle. Accueillons Gilles Le Breton ! Je suis heureux d'être ici parce que je suis l'un d'entre vous, je vis dans ce département depuis maintenant près de 30 ans, donc je suis doublement heureux d'être ici. L'enjeu des Européennes, mes chers compatriotes, c'est la défense de notre identité. Et la défense de notre identité, ça ne signifie pas simplement qu'il faut nous protéger contre l'immigration, contre la submersion migratoire, mais ça signifie aussi qu'il faut défendre les métiers qui ont forgé notre nation.

Je veux parler notamment de la pêche artisanale et de l'agriculture familiale. Ce sont deux domaines qui relèvent de la politique de l'Union européenne et ce sont deux domaines que l'Union européenne a saccagés. Il faut que ça cesse. Alors précisément, nous, pour que ça cesse, nous proposons une Europe des nations qui tiendrait compte de la singularité et des besoins de chaque peuple européen, donc à chaque peuple sa spécificité, peuple français, peuple italien, peuple autrichien, etc., et qui refuserait l'uniformisation qu'impose l'Union et qui est en réalité au service de la mondialisation ultralibérale.

Nous voulons que les Européens soient des citoyens et non pas des consommateurs qui seraient la proie des lobbies. Alors, je prends l'exemple de la pêche artisanale. Le bilan est assez dramatique. En 20 ans, nous avons perdu le tiers de nos bateaux de pêche. Et c'est d'autant plus stupéfiant que la France est à la deuxième zone maritime du monde. Et pourtant, nous avons chaque année 4 milliards d'euros de déficit commercial sur la pêche. Donc il y a quelque chose qui ne va plus. Pourquoi ? Il y a la première raison, c'est l'excès de bureaucratie.

Vous savez que l'Europe est chargée de gérer nos stocks de poissons, mais au lieu de faire des plans pluriannuels qui permettraient aux pêcheurs d'avoir une certaine visibilité, eh bien, pendant longtemps, on a fait des plans annuels qui étaient rediscutés chaque année, ce qui fait qu'on n'avait aucune vision à long terme de ce qu'on pouvait pêcher et donc des investissements qu'on pouvait réaliser.

Un autre exemple des dérives de l'Union, c'est l'obligation de débarquement qui a été instituée par un règlement de 2013 et qui représente un coût exorbitant pour nos pêcheurs puisque les pêcheurs, lorsqu'ils pêchent des poissons qui ne sont pas commercialisables, eh bien, ne peuvent plus les rejeter en mer. Ils doivent les débarquer maintenant au port. Et ça représente un coût supplémentaire exorbitant puisque ça signifie qu'il faut faire deux cales. Une cale pour le poisson comestible et puis une autre cale pour le poisson qu'on va donc débarquer.

Eh bien, il faudrait évidemment alléger, voire supprimer pour les pêcheurs artisanaux cette obligation et pour ceux pour lesquels on la maintiendrait, les indemniser, prévoir une indemnisation spécifique. Et puis, la deuxième raison de cette crise de la pêche, c'est la concurrence déloyale qu'organise l'Union européenne. L'Union européenne est incapable de pêcher, de lutter contre la pêche illégale. Il y a toute une procédure pourtant de carton jaune et de carton rouge qui est organisée, mais elle est trop rarement utilisée. Tout au plus, on l'a utilisée récemment contre l'État des Comores. C'est un tout petit État. Dès que l'État qu'on a face à nous est plus grand, on n'ose plus rien faire.

Et puis, autre exemple de concurrence déloyale, c'est la pêche électrique. La pêche électrique qui est pratiquée par les Pays-Bas depuis 2006 avec l'autorisation de l'Union européenne est un véritable scandale. Tous les rapports scientifiques montrent que c'est une pêche dévastatrice qui tue absolument tout. Et bien, malgré ces rapports, l'Union, qui est la proie de lobby, l'a autorisé. Les Pays-Bas en ont profité pour abuser puisque 14 bateaux étaient autorisés. Il y en a 84 qui la pratiquent. Et le résultat, c'est qu'il a fallu se battre âprement pour enfin remporter la victoire puisque nous avons réussi en 2019 à faire interdire cette pêche électrique mais simplement à partir de 2021.

Donc encore deux ans à subir cette pêche mais ensuite, nous aurons gagné. Donc de temps en temps, on a quand même, même en étant très minoritaire comme nous le sommes, de belles victoires. Et puis, dernier exemple de mauvaises décisions politiques qui compromettent le sort de nos pêcheurs, c'est la création de gigantesques champs d'éoliennes en mer. Et je vous en parle parce que vous allez malheureusement en avoir un pas très loin d'ici à Diaple-Tréport, 62 éoliennes sont prévues. Et sachez que vos pêcheurs sont très inquiets. Je les ai reçus il y a quelques semaines à Bruxelles et ils sont venus me demander de faire ce que je pouvais mais pour l'instant, nous sommes très minoritaires.

Pourquoi ? Eh bien parce que, sur le plan écologique, c'est une catastrophe. Tous les fonds marins vont être abîmés par ces blocs de béton qu'on va immerger. Ça va changer tous les courants marins. Donc c'était des eaux très poissonneuses. Ils pensent que les poissons vont se déplacer, vont partir. Et puis, bien sûr, c'est un risque pour eux puisque lorsqu'ils pêcheront la nuit, évidemment, ça multiplie les risques d'accident. Donc ils m'ont demandé d'intervenir. J'ai posé trois questions écrites comme j'en ai le droit à la commission pour l'interpeller et essayer de la sensibiliser à ces questions.

Si nous revenons suffisamment en force le 26 mai, évidemment, on aura d'autant plus de poids pour faire une pression encore supérieure. Le deuxième point que je voulais aborder aujourd'hui avec vous pour illustrer la défense de notre identité, c'est la défense de l'agriculture familiale. Alors là, la situation est carrément dramatique. J'ai encore pu le constater ce matin puisque j'ai visité une ferme, la ferme de M. Patrice Martin. Un suicide tous les deux jours pour nos agriculteurs. Un agriculteur sur trois qui gagne moins de 350 euros par mois. Alors que pourtant, c'est un dur labeur qu'il y a en face. Alors pourquoi ?

C'est évidemment à cause de la politique agricole commune qui a pris le parti de favoriser les grosses exploitations au détriment des petites. En réalité, c'est le modèle américain qu'on a suivi. C'est le modèle des fermes géantes, les fermes de mille vaches. Et nous, nous voulons l'inverse, bien sûr. Nous voulons utiliser cet argent pour aider l'agriculture familiale puisque c'est une question d'identité. C'est nos paysages aussi. Ce n'est pas seulement notre économie. C'est nos paysages. C'est notre mode de vie qui en dépendent.

Alors malheureusement, comme vous le savez, la renégociation en cours de la PAC est extrêmement inquiétante puisque l'Union envisage de faire tout l'inverse que ce que nous voudrions, c'est-à-dire de baisser de 10 à 15 % le montant des aides versées aux agriculteurs. Alors je vous laisse imaginer quels drames sociaux vont naître à la clé de cette funeste décision. Alors ce n'est pas du tout normal qu'on nous prive comme ça de cet argent de la PAC puisque c'est notre argent. Je vous rappelle que l'argent de la PAC qu'on récupère, c'est 9 milliards d'euros par an. Mais nous, nous versons à l'Union européenne un solde net de 10 milliards.

Quand on vous dit que c'est l'Union qui aide les agriculteurs français, en réalité, c'est notre argent. Il ne faut jamais l'oublier. À côté de ça, l'Union s'est mise en tête de multiplier les traités de libre-échange et c'est absolument dramatique. On est en train de passer des traités de libre-échange avec des géants de l'agriculture comme la Nouvelle-Zélande, l'Australie, le Brésil. Si ces processus de négociation vont jusqu'au bout, notre agriculture est perdue parce que là-bas, les agriculteurs ne connaissent pas nos normes sociales, environnementales et sanitaires.

Si on laisse entrer leurs produits sans aucune précaution, sans droit de douane, ils vont évidemment concurrencer les nôtres et nous perdrons. C'est une concurrence déloyale, absolument folle, que l'Union est en train d'organiser. Donc nous nous battons comme des fous. Sachez qu'on a déjà obtenu quelques succès. Vous savez qu'il y avait un projet terrible de traité de libre-échange avec les Etats-Unis il y a quelques années. Eh bien, sachez qu'on se donnait beaucoup de mal au Rassemblement national. Moi-même, j'ai été rencontrer les négociateurs américains de ce traité à Washington en 2015. Je leur ai posé des questions. Ils m'ont répondu franchement qu'ils voulaient en effet nous détruire.

Comme ça, au moins, on était au courant. Et on a pu faire monter la pression grâce à des conférences de presse qui ont été relayées par Marine à mon retour. Et finalement, on a gagné du temps. Et vous connaissez la suite. Trump a été élu et a enterré le projet. Je pense très sincèrement que s'il n'y avait pas eu d'eurodéputés du Rassemblement national en 2015, ils auraient réussi à tout signer avant l'élection de Trump. Donc il faut en avoir conscience. Plus nous serons nombreux, plus nous pourrons multiplier ces succès. Et puis, dernier exemple de cet ultralibéralisme qui pèse sur notre agriculture, c'est la fin des quotas laitiers et des quotas sucriers.

Fin des quotas laitiers en 2015, fin des quotas sucriers en 2017. Ce sont des folies. On a tout fait pour s'opposer à ces décisions, sachez-le, car on savait ce qui allait se produire. Ces quotas, quel était leur objet ? C'était de stabiliser les cours du prix du lait et du sucre. En les supprimant, on a livré nos producteurs à la libre concurrence mondiale. Et là encore, ils luttent évidemment à armes très inégales. Ils ne peuvent pas gagner. Le résultat très concret qui vous concerne très directement, c'est que l'entreprise allemande Sud Suclair, qui commercialise le sucre sous la marque Saint-Louis, vient de décider de fermer deux sucreries.

L'une est à Hebbville, pas tellement loin d'ici dans la Somme, l'autre à Cagny, dans le Calvados. Alors c'est très choquant parce que cette entreprise avait touché près de 9 millions d'euros de crédit d'impôt pour maintenir l'emploi. Vous voyez que l'entreprise allemande a empêché l'argent et maintenant les emplois terminaient, circulaient. Eh bien moi, je dis qu'il ne faut pas cesser faire. Et l'Union Européenne est responsable aussi. C'est ce que j'ai été dire aux salariés d'Hebbville et aux Bétraviers. 1268 Bétraviers qui vivent uniquement en vendant leur production à la cicrurie d'Hebbville et qui n'auront plus de main de débouchés. Que vont-ils devenir ?

Eh bien je leur ai dit qu'il ne faut pas se tromper de cible. Ce n'est pas seulement Sud Suclair qui est responsable, c'est aussi l'Union Européenne. Si elle n'avait pas supprimé les quotas sucriers, on n'en serait sans doute pas là. Alors sachez que je suis allé les voir le 1er mars. Je leur ai promis de faire tout ce que je pouvais en attendant les élections européennes. J'ai tenu parole. Le 5 mars, j'ai saisi la commission. Je l'ai interpellée par écrit comme j'en ai le droit. Et demain, je me suis engagé à prendre la parole à la tribune du Parlement pour dénoncer cette situation et mettre l'Union devant ses responsabilités. Et si on me coupe le micro, je recommencerai le lendemain.

Ce que nous voulons, c'est un patriotisme agricole qui protège nos agriculteurs, qui protège notre identité. Ça passe notamment par l'exclusion de l'agriculture, de tous les traités de libre-échange. Ça passe aussi par la priorité nationale qu'il faut instaurer dans toutes les commandes publiques, les cantines, les administrations, etc. Il faut commander nos produits agricoles et pas les autres. Et puis, mes chers compatriotes, au fond, c'est une bataille idéologique qui s'ouvre à nous et que nous devons gagner. Ce qui se passe à travers ces exemples de la pêche et de l'agriculture, c'est qu'il y a deux camps qui se font face à face maintenant, très clairement.

Il y a le camp du patriotisme qui est incarné par Marine Le Pen et par le Rassemblement National et il y a le camp du mondialisme qui a à sa tête Emmanuel Macron et son sinistre parti En Marche. En Marche vers la servitude, plutôt. Quand Macron est venu au Parlement, j'ai eu l'occasion de déjeuner avec son conseiller pour l'Europe. Vous savez qui c'est son conseiller pour l'Europe ? C'est un jeune type de moins de 30 ans qui ne connaît rien à la vie. Un énarque ! Alors, rien à voir avec Jordan qui, lui, a connu la vie dans le 9-3.

Non, non, lui, c'est les beaux salons dorés, c'est l'ENA, c'est les grandes écoles et quand je lui ai dit mais ouvrez les yeux, chers amis, l'Union européenne que vous défendez, la souveraineté européenne que vous voulez, c'est une Union européenne dominée par l'Allemagne de Mme Merkel. Tous les principaux fonctionnaires du Parlement et de la Commission de Bruxelles sont allemands. C'est ça la vérité. Ah ben, tombé des nus ! Eh bien, nous, nous, on ouvre les yeux. Je dénonce cette situation. Je dénonce le fait que le parti européen auquel va se rallier M.

Macron qui s'appelle l'ALDE est financé par des entreprises, un parti politique financé par des multinationales, notamment par l'entreprise allemande Bayer. Bayer qui fait le malheur de notre agriculture avec ses semences OGM. Bayer qui a acheté des femmes déportées à Auschwitz pendant la Deuxième Guerre mondiale pour faire des expérimentations. Bayer qui, chaque année, consacre 2 millions d'euros pour faire du lobbying à Bruxelles et qui salarie à temps plein 13 salariés uniquement pour faire pression sur les instances de Bruxelles. C'est ça, notre ennemi. Est-ce que c'est l'avenir dont on veut ? Non ! Est-ce qu'on va se laisser faire ? Non !

Mes chers compatriotes, dans tous les pires moments de notre histoire, il y a toujours eu un homme ou une femme qui s'est levé pour sonner la révolte. Rappelez-vous Napoléon Bonaparte à la bataille d'Elo en 1807. L'armée ennemie était sur le point de remporter la bataille. Et à ce moment-là, Napoléon s'est tourné vers le maréchal Murat et lui a dit « Murat, nous laisseras-tu dévorer par ces gens-là ? » Et à la suite de ça, Murat a lancé une charge de cavalerie qui est la plus grande charge de cavalerie de toute l'histoire de France et il a gagné. Et bien aujourd'hui, la guerre n'est plus militaire, elle est idéologique.

Mais Marine Le Pen se doit de jouer le rôle de Napoléon, Jordan Bardella le rôle de Murat et nous tous citoyens français le rôle de la cavalerie. Est-ce qu'on va se laisser dévorer par ces gens-là ? Non ! Nous allons sonner la charge et le 26 mai, nous allons gagner ! Sous-titrage Société Radio-Canada