L’Interview Politique – Jean-Philippe Tanguy, député (RN) de la Somme, membre du Bureau National du RN, invité d’Adrien Gindre dans le 6/9
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8h30 sur LCI, l'interview ce matin c'est avec Jean-Philippe Tanguy, bonjour. Bonjour Adrien. Vous êtes député Rassemblement National de la Somme, on va parler du RN dans un instant avec le retour de votre parti au Sénat, trois élus. D'abord l'interview du Président de la République hier soir à la télévision, on l'a suivi notamment sur LCI. Le chef de l'État a annoncé le retour en France de notre ambassadeur au Niger, il a aussi annoncé le retrait prochain des troupes françaises du pays, est-ce qu'il a raison ?
Écoutez, il y a un moment où il faut prendre les mesures qui s'imposent, mais il n'a pas décidé grand chose, c'est en fait une situation de fait, cela fait maintenant plusieurs semaines que notre ambassadeur est quasiment retenu en étage, ou en tout cas retenu, incapable de bouger, d'exercer sa fonction en dehors de l'ambassade au Niger dans la capitale, que l'armée d'un autre côté elle aussi cantonnée dans ses positions, donc il y avait une situation de fait, et la réalité c'est que la France sous Emmanuel Macron a été sortie. Donc il a raison de tirer les conclusions de cette situation.
On est obligé, on ne va pas mettre notre ambassadeur dans une situation dangereuse, ou exposer nos soldats à une impopularité croissante du fait de la politique d'Emmanuel Macron. Mais vous considérez que nous les troupes devraient rester ? Vous, votre schéma souhaitable, ce seront des troupes françaises qui restent en Afrique ? On aurait souhaité que les troupes restent en Afrique parce qu'une politique africaine de la France, respectueuse, raisonnable, rationnelle, ait permis le maintien de cette coopération militaire comme ailleurs, ou le maintien de nos alliés quand ils sont démocratiquement élus.
Donc on se rend bien compte que la France sous Emmanuel Macron a été considérablement affaiblie en Afrique. On a l'impression que le souvenir d'une personne comme Jacques Chirac appartient vraiment à un autre siècle et que notre influence est sortie. Mais le monde a changé, vous avez raison, mais le monde avait déjà changé sous Jacques Chirac avec la fin de l'URSS par exemple, qui était un grand choc. Et la diplomatie française sous Jacques Chirac avait apprécié la situation pour garder des relations de popularité, de respect, de relations constructives avec l'Afrique.
On voit bien aujourd'hui que nous perdons notre influence, il faut bien le dire, au profit de la Chine malheureusement, et aussi au profit d'organisations qu'il faut bien qualifier de terroristes comme Wagner sur d'autres territoires.
Mais donc vous, au pouvoir en 2027, si ce scénario se produit, vous tenez compte des demandes des pays africains ? S'ils demandent le retrait, vous partez ?
Bien sûr, il faut toujours tenir compte des demandes des pays africains. Ce sont des pays souverains, ce sont des pays indépendants. Il n'y a pas de paternalisme à avoir envers nos partenaires africains. Par contre, Marine Le Pen recoudra, on utilise souvent ce terme, le fait de recoudre les relations entre la France et les différents pays africains pour refaire une relation utile, constructive, pour le contrôle, évidemment, de l'immigration, pour la lutte contre le terrorisme, mais aussi la valorisation économique de ces relations.
D'une part, payer par exemple au juste prix les ressources et les matières premières produites en Afrique et permettre le développement de ces pays, si vous voulez, que la population reste là-bas.
Alors Jean-Philippe Tocque, on va parler d'immigration dans un instant, parce que vous avez raison, c'est un sujet très important et d'ailleurs évoqué par le chef de l'État hier soir. D'abord, la question des carburants. Le Président a souligné qu'il adorait la bagnole, je cite, on l'a vu encore ce matin dans le système de Jean-Michel Boursier. Ça vous fait une belle jambe ?
Non mais ce genre de termes, si vous voulez, de fausse vulgarité du Président de la République, M. Bertrand aussi dans les Hauts-de-France a souvent ce genre de formule très méprisante, où il pense qu'en étant vulgaire, en étant trivial, il va être proche des Français.
Parce que c'est vulgaire d'adorer la bagnole ?
Non mais la façon dont il a dit « ouais, j'adore la bagnole, il faut s'en séparer », c'est vraiment, je pense, ce n'est déjà pas digne d'une intervention présidentielle. Ce n'est pas ce que les Français attendent de la part du Président de la République, alors qu'on traverse la plus grave crise du pouvoir d'achat et une longue crise énergétique.
Il ne fait pas que dire « j'adore la bagnole », il dit « je demande aux distributeurs de vendre à prix coûtant leur carburant, je vais mettre en place une indemnité pour les travailleurs », enfin prolonger un mécanisme qui avait été déjà activé. Ce ne sont pas des annonces que vous saluez, ce ne sont pas des annonces qui vont dans le bon sens ?
Moi, si vous voulez qu'il y ait 100 euros pour les personnes qui ont besoin de leur voiture, je prends, il n'y a pas de petits gestes. Mais ce n'est pas du tout à la mesure des erreurs structurelles que le gouvernement a fait sur l'essence. Pourquoi aujourd'hui le carburant est cher ? Je rappelle qu'Emmanuel Macron a fait deux hausses de taxes, la TICPE, une en 2017, une en 2018, ça avait provoqué les gilets jaunes. Les taxes n'ont jamais été supprimées, elles ont été suspendues. D'ailleurs, elles pourraient reprendre à tout moment, c'est la fameuse tasse carbone. Donc nous, on propose de structurellement baisser les taxes.
Vous avez entendu ce qu'il a dit hier, il a dit les taxes, on ne peut pas les baisser, la moitié de cet argent sert à financer la transition écologique. Et si on baisse, de toute façon, il faut couper ailleurs. D'ailleurs, il a lancé le défaut, vous citez Xavier Bertrand, il a lancé le défi au président de région en disant, si je baisse les taxes, dites-moi aussi, vous, vous baissez vos budgets. Donc, si on baisse les taxes, où est-ce que vous coupez ?
Dans les Hauts-de-France, on a fait des propositions pour baisser les budgets, pour rendre beaucoup de cette taxe aux habitants, notamment sur les dotations aux associations, aux crédits de fonctionnement qui ne fonctionnent pas. Mais dire aujourd'hui que les taxes sur l'énergie financent la transition énergétique, c'est un mensonge. Pourquoi ? Les taxes ne sont pas orientées, ne sont pas ciblées. D'ailleurs, c'est interdit en droit français, en dehors de quelques... Vous savez, quand on dit ça, on parle des montants, Jean-François. Exactement, donc tout le budget de l'État, on peut dire de ça de n'importe quoi.
On pourrait vous dire que l'impôt sur les sociétés qui a été réduit considérablement, la suppression de l'ISF, tout ça a altéré le financement de l'écologie, puisque en France, le budget est fongible et les recettes peuvent aller sur n'importe quelle dépense. Donc, c'est une manipulation, je le suis désolé, de nos concitoyens qui, de bonne foi, pourraient croire que quand ils font le plein, ça finance la transition écologique. C'est un mensonge. De la même façon, il a aussi réussi à dire que ça finançait l'hôpital. Écoutez, il faut arrêter de se moquer des gens.
Aujourd'hui, en fait, la Macronie, mais avant lui, il faut bien dire, les républicains et les socialistes, ont en fait transformé la fiscalité énergétique et, d'une manière générale, les taxes indirectes sur la consommation, y compris l'alimentation, comme le pilier du financement de notre système. Mais vous avez entendu aussi ce que dit le président hier, Jean-Philippe Tanguy.
Il vous dit aussi, le chef de l'État, allez, mettons de côté la question des taxes en tant que telles, il dit qu'il y a aussi une hausse des carburants, parce qu'il y a un contexte international, une politique de prix de l'Arabie Saoudite qui fait en sorte, en retenant ses ventes, de faire monter les prix, un contexte de guerre lié à la Russie qui fragilise le marché également. Tout cela, on ne peut pas en faire abstraction. Ça existe.
Non, mais gouverner, c'est prévoir. La politique de prix de l'Arabie Saoudite, elle n'est pas nouvelle. On sait que structurellement, l'Arabie Saoudite a besoin d'un baril, d'un prix du baril du pétrole à plus de 60 dollars, plutôt 80 pour être à l'équilibre et investir. Ça a été annoncé depuis très longtemps. La Russie est aussi dans cette politique-là. Et d'une manière générale, l'OPEP en général est sur une politique de prix cher. Je vous rappelle que la crise pétrolière, c'est les années 70. Donc, ça fait 50 ans qu'on sait qu'on est dans l'ère du pétrole cher. On n'est plus dans la même crise, on n'est plus dans le même contexte. C'est le même fonctionnement.
C'est que les pays producteurs de pétrole, et c'est une chaîne vraiment centrée sur l'international, c'est le pétrole cher. Ils le savaient. Ils n'ont rien fait structurellement. J'ai écrit par exemple cet été à Bruno Le Maire et à Elisabeth Borne pour leur dire, nous sommes dans un creux du prix du pétrole. Le plein des cuves à fiouls de toutes les collectivités territoriales, de faire une politique de protection sur les marchés, c'est ce qu'on appelle les futurs. Vous pouvez acheter du pétrole quand il est moins cher, pour les périodes où il va être... Et vous avez une réponse à ça ? Oui, M.
Le Maire m'a expliqué que tout ça n'était pas possible, que c'était très compliqué, que ça aurait un coût. Oui, ça a un coût, mais c'est moins cher. Mais il y a des choses qui parfois sont compliquées, Jean-Philippe Tanguy. La réalité n'est pas toujours simple. Il faut mettre les mains dans le cambouis, si je peux dire. Et le problème de ce gouvernement, c'est qu'en fait, il intervient toujours au dernier moment, avec une politique de chèques, et que structurellement, il ne fait rien pour baisser notre dépendance ou penser les taxes autrement que comme une cagnotte. Alors, vous dites qu'il ne fait rien pour baisser la dépendance.
Il se trouve qu'aujourd'hui, le chef de l'État va présenter sa feuille de route pour la planification écologique. Il a commencé déjà hier soir à dévoiler un certain nombre de décisions, notamment, par exemple, la sortie du charbon de manière définitive pour la France. Il y a encore deux centrales, on le rappelle, qui fonctionnent à charbon. Est-ce que vous, vous prolongeriez cette stratégie si vous étiez au pouvoir ?
Mais c'est assez ironique, vous savez, parce que M. Macron, ça doit faire la dixième fois qu'il annonce la fin des centrales à charbon en France et qu'il les prolongue sans cesse. C'est comme les usines à batterie, à chaque fois qu'il a besoin d'un exemple pour dire on réindustrialise, ça fait à peu près 232 fois qu'il cite les usines à batterie. Voilà, donc il fait toujours la même chose. C'est l'éternel retour d'annonces qui sont déjà faites. Et en fait, les centrales à charbon, aujourd'hui, elles sont nécessaires. Pourquoi ? Parce que M. Macron a fermé la centrale nucléaire de Fessenheim, où il n'a pas investi auparavant.
Je rappelle que ça fait dix ans qu'il s'occupe des affaires économiques communistes.
Donc vous, vous feriez quoi de ces centrales à charbon ?
Il faut ce qui va se passer là. C'est-à-dire qu'en fait, pour le moment, elles sont maintenues parce qu'on n'a pas le choix, mais elles auraient dû être fermées il y a très longtemps, en investissant sur le nucléaire, en investissant dans l'hydroélectricité, qui est la meilleure réserve d'énergie renouvelable disponible et pas chère, ou en investissant dans les centrales à gaz qui sont moins polluantes que des centrales à charbon.
Donc vous les maintiendriez également autant que des besoins ?
Ce n'est pas que je veux les maintenir, c'est qu'à cause des incapables qui se sont succédés à la tête de l'État sur les matières énergétiques, ce qui fait qu'aujourd'hui, on produit à peu près 20% de moins d'électricité nucléaire que ce que notre parc devrait faire. On est obligé au gouvernement de faire avec cela. C'est pour ça que M. Macron a menti sur les centrales à charbon. Ce n'est pas parce qu'il veut mentir, c'est parce qu'en fait, il est incapable, avec la politique qu'il a menée, de réaliser ses objectifs. Je rappelle que pendant la présidentielle, l'équipe de M.
Macron avait envoyé un SMS aux Français sur leur portable pour expliquer qu'il ne fallait pas voter pour Marine Le Pen parce qu'elle allait rouvrir les centrales à charbon. C'est lui qui les a rouvertes. Donc, on est dans une manipulation de l'écologie depuis des années avec ce gouvernement, soit pour taxer les Français, soit pour diaboliser ses adversaires. Et en fait, comme l'avait dit d'ailleurs Marine Le Pen en entre deux jours, ce sont des climato-hypocrites. Ce sont des climato-hypocrites qui utilisent l'écologie comme un argument politique au lieu de traiter les problèmes. Vous disiez à l'instant, Jean-Philippe Tanguy,
gouverner, c'est prévoir, c'est anticiper, c'est avoir de la vision. On comprend en substance ce que vous dites. C'est aussi parfois s'adapter aux circonstances qui évoluent. Vous allez me dire qu'il a changé d'avis, mais sur les chaudières à gaz neufs, hier, le président de la République dit « je ne vais pas interdire l'installation des chaudières à gaz neufs ». C'est vrai que le contraire va être évoqué il y a quelques mois. Est-ce que ce n'est pas de bonne politique que de tenir compte de la difficulté dans laquelle sont les Français, donc de faire évoluer sa décision ?
Mais bien sûr, moi, je préfère ça. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, évidemment. Nous avions annoncé avec Marine Le Pen et Jordan Bardella que cette interdiction des chaudières ne fonctionnerait pas. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, malheureusement, il n'y a pas d'alternative technologique viable à ces chaudières pour un certain nombre de personnes ou d'installations. Le problème, d'une manière générale, dans la planification que nous avons proposée avec Marine Le Pen, on a un plan qui s'appelle Marie Curie. Il n'y a pas beaucoup de forces politiques qui ont un vrai plan de transition écologique sur la table. C'est qu'il faut des technologies disponibles.
Ça ne sert à rien de taxer les gens, de les punir, d'interdire ceci ou cela, si vous n'avez pas d'alternative technologique viable. On le voit une fois plus avec le carburant. J'ai interrogé Mme Borne, quand on a fait une commission d'enquête sur l'énergie, sur l'efficacité de sa taxation. Parce que vous savez qu'à la base, on avait dit qu'on allait taxer le carburant et les gens vont faire la transition, ils vont changer de véhicule. Vingt ans après, la consommation de carburant est toujours la même.
C'est-à-dire qu'on taxe les gens, mais comme il n'y a pas d'alternative technologique disponible ou abordable, puisqu'il faut aussi pouvoir se payer un nouveau véhicule, les gens ont toujours leur voiture, sont bloqués avec et doivent payer très cher leur carburant. Tout ça n'a pas de sens. Nous, on a une philosophie totalement inverse avec Marine Le Pen. C'est remettre un carburant à un prix abordable, entre 1,50€ et 1,60€, qui correspondent à un bien de première année.
Mais vous seriez capable, vous pensez-vous,
de tenir l'objectif de réduction de 55% de nos émissions de gaz à effet de serre en 2030 ? On inverserait la logique. C'est-à-dire que nous, on pense qu'il faut d'abord partir, de rendre viables des technologies, de partir au sujet... Et l'objectif, on verra. Non. Et c'est en suivant cette ligne A qu'on y arrivera. Nous, on suit la logique qu'on a faite avec le nucléaire dans les années 70. Qu'est-ce qu'on a fait ? Qu'est-ce qu'ont fait les gaullistes ? Ils ont dit, on met en place une technologie de manière massive et on cible cette technologie. Et grâce à ça, avec le nucléaire, on a produit 4 fois plus d'électricité en supprimant la production à charbon à 4...
J'ajuste une parenthèse en vous écoutant.
Quand vous dites, nous, c'est les gaullistes. Vous considérez comme être le représentant du gaullisme en France aujourd'hui ?
Marine Le Pen, aujourd'hui, est dans la continuité du gaullisme. Elle a une politique gaullienne. Que ce soit sur la politique internationale, on en a parlé, sur la hauteur de vue sur la politique fiscale ou de la transition technologique, la réindustrialisation, oui, Marine Le Pen, aujourd'hui, incarne cet idéal.
Les Républicains auront certainement des commentaires à faire sur cette phrase, eux, qui considèrent être aujourd'hui les héritiers du parti gaulliste.
Et les Républicains ont trahi tous les fondamentaux du gaullisme, que ce soit sur la politique internationale, que ce soit sur la fiscalité, que ce soit sur, comment dire, la vision même de la France. Je rappelle que LR est responsable de la trahison du référendum de 2005. On n'a pas beaucoup de doctrines gaullistes inattaquables.
Sur le traité sur la Constitution européenne.
Mais il y a une chose qui est sûre, c'est que le général de Gaulle, quand il perdait un référendum, il s'en allait et il l'appliquait.
Bon, je mets de côté le gaullisme un instant pour revenir au pouvoir d'achat. Le président hier a aussi demandé que la première ministre réunisse les 60 plus gros industriels de l'agroalimentaire pour leur demander, je cite, un accord sur la modération des marges. Est-ce que vous aussi vous demandez un effort aux industriels ? Est-ce que ce sont à eux de faire en sorte que les prix de l'alimentation baissent dans les supermarchés ?
Non, c'est à l'État d'assurer une justice dans l'ordre économique. L'État doit tout faire. L'État doit tout dépenser, prendre dans ses poches. Malheureusement, quand vous avez des mauvais comportements comme ceux qu'on assiste avec l'agroalimentaire, oui, l'État doit prendre ses responsabilités. Il y aurait cette proposition en novembre ou décembre 2021, au début de la crise de l'inflation, quand l'inflation alimentaire était déjà entre 7 et 8%. Je vous aurais dit, pourquoi pas ? Là, maintenant, ça fait presque deux ans qu'on est dans cette crise d'hyperinflation alimentaire. Ça doit faire la dixième réunion, que soit Bruno Le Maire, soit Grégo.
Mais quand vous voulez prendre ses responsabilités,
l'État doit payer ? Eh bien, il faut taxer les marges. À partir du moment où l'INSEE, parce que c'est l'INSEE qui l'a constaté, constate que les marges dans l'agroalimentaire sont aujourd'hui à entre 40 et 50% de marge. Enfin, un boulanger qui nous écoute aujourd'hui qui tente de survivre avec le prix de l'électricité absurde que nous impose l'Union Européenne qui doit faire une marge sur ses croissants ou sa baguette de 4 à 5%, qui en tant que Nestlé ou des géants de l'agroalimentaire font entre 40 et 50% de marge, ils s'arrachent les cheveux. Ils voient bien que... Donc, c'est quoi une marge acceptable pour vous ? Et injuste. Une marge acceptable, vous prenez...
Ce n'est pas une baguette magique. Vous prenez les marges moyennes sur 50 ans, vous constatez qu'une marge... Sur 50 ans ? Oui, parce que c'est la longue durée. Une marge normale, c'est quand vous extrayez des contingences. Voilà. Donc, si vous prenez sur 50 ans... C'est les publics, d'ailleurs, vous avez les deux courbes. On arrive à une marge entre 20 et 30%. Ça me paraît tout à fait raisonnable. Et le reste, il faut taxer jusqu'à ce que les industriels rentrent dans le droit chemin. Mais quand même, on a encore... Une fois plus, c'est les chadocs. C'est-à-dire, ils font le contraire. M. Macron aujourd'hui fait le contraire de M. Macron hier.
Le Rassemblement National a été le seul groupe politique au Parlement à s'opposer à ce qu'ils avaient appelé la loi de Creusail. C'était quoi, la loi de Creusail ?
C'était donner le pouvoir de négociation aux industriels.
Non, mais la loi de Creusail donnait le pouvoir de négociation aux industriels. Et on l'a dénoncée à l'époque. On s'est fait traiter tous les noms. Et on avait raison. Il ne faut pas donner le pouvoir de négociation aux industriels.
Et d'ailleurs, le gouvernement en a pris conscience puisqu'il y a une nouvelle loi qui va permettre de mettre tout ça sur la table. L'immigration, vous en parliez tout à l'heure. Le chef de l'État, hier, a, d'une certaine manière, indirecte répondu au pape en disant « Nous, nous faisons notre part. » Mais en disant aussi « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde. » C'est une ligne de crête avec laquelle vous êtes en accord, j'imagine.
Oui, bien sûr, oui. Dans les paroles, M. Macron est toujours raisonnable sur l'immigration. Et après, quand la caméra se coupe, on a le record de titres de séjour accordés à des étrangers en France.
Vous avez entendu ce qu'il dit sur les titres de séjour, mettiez en tension. Il dit quand même qu'il faut d'abord essayer de faire en sorte que ce soit nos compatriotes qui occupent les postes vacants.
J'ai entendu, parce que quand nous disions cela avec Jordan Bardella, notamment, nous étions traités une fois de plus de tous les noms. Donc, il y a ce qu'ils appellent un bouger maintenant en Macronie. Sur ce sujet-là, il est évident que quand vous avez encore 7% de chômeurs en France sur nos territoires, il faut former les personnes, il faut augmenter les salaires quand c'est nécessaire. Je voyais que dans la convention du ménage, il y avait encore la convention des hommes et des femmes de ménage était encore inférieure au SMIC sur les minimas et que la hausse de salaire...
Et il y aura une conférence salariale sur les minimas de branches bientôt.
Oui, mais vous savez, je pense que beaucoup de Français, moi je l'ai vu sur mon territoire, ont été très choqués en fait d'apprendre qu'en France, les branches avaient souvent des minimums inférieurs au SMIC. Je pense que peu de gens le savaient et donc dire, annoncer comme un grand progrès social le fait qu'il va être interdit que des grilles salariales soient inférieures au SMIC, je ne vois pas où est le progrès. C'est juste retablir les choses dans la norme. La norme, ce serait que les salaires augmentent dans notre pays, y compris quand ce sont des métiers difficiles. Dans la convention du ménage, cette année, les salaires vont augmenter deux fois moins que l'inflation.
Donc comment voulez-vous motiver des gens à aller travailler dans des métiers difficiles où le corps est souvent mis à rude épreuve ? On commence à des horaires 6h du matin, on finit très tard. Je suis désolé, on ne peut pas payer les gens au SMIC quand on leur demande de commencer à travailler à 6h du matin ou à finir à 1h.
C'est aussi ce que disait Bruno Le Maire
il y a quelques jours sur ce plateau.
Il disait,
le salaire, le salaire. Très bien, moi je suis dans l'opposition, M. Le Maire, ça fait 7 ans qu'il est ministre de l'État.
Et parfois vous avez aussi des points d'accord.
Ça peut nous arriver mais moi j'aimerais bien qu'il y ait des actes.
La loi immigration, Jean-Philippe Tanguy justement, elle sera soumise dans quelques semaines au Sénat. Hier, il y avait des élections sénatorielles. Il se trouve que le RN fait son retour dans la Chambre haute comme on l'appelle. Vous avez des élus dans le Nord-Pas-de-Calais, dans le Nord, dans le Pas-de-Calais, dans la Seine-et-Marne, en Seine-et-Marne désormais. Quelle sera l'attitude de vos élus ? Quel est le mot d'ordre ? Qu'est-ce que sera un sénateur, RN ?
Ce sera le même mot d'ordre que le mot d'ordre de Marine Le Pen à l'Assemblée nationale, c'est-à-dire une opposition frontale quand c'est nécessaire, constructive, quand cela s'impose. Quand vous êtes parlementaire, quand vous aspirez à gouverner la France, vous ne devez pas raconter n'importe quoi ou mettre l'incendie dans le Parlement comme le fait la NUPES. Vous devez vous opposer et l'expliquer quand c'est nécessaire et une fois de plus, parfois on peut avoir à voter des mesures qui sont soit moins pires, soit qui vont dans le bon sens, au pouvoir, nous voterons des mesures encore meilleures, je le pense.
Par exemple, nous avons voté des lois de programmation budgétaire pour l'armée, pour notre police, pour notre gendarmerie, pour la justice. Et sur l'immigration, on en parlait à l'instant, il y aura un vote au Sénat à l'automne ? Écoutez, s'il y a des dispositions qui permettent d'expulser plus facilement les personnes qui n'ont rien à faire sur notre territoire ou les clandestins, on peut les voter, mais d'une manière globale, la loi qui s'annonce, c'est une loi de régularisation massive des clandestins qui seront même remplacées par d'autres clandestins puisque c'est un puits sans fond. Donc, nous ne pouvons pas le voter.
Nous ferons des propositions alternatives, notamment, Jordan Bardella l'a rappelé encore hier, nous voulons un référendum sur l'immigration le jour des européennes qui seront des élections de mandat. C'est vrai que ce n'est pas possible en l'état de la Constitution. Non, mais ça, c'est tous ceux qui sont contre la Constitution. Il faut bien quand même
faire les choses dans les règles. Les choses sont très faciles,
parfois elles sont complexes. Le général de Gaulle, elle l'a dit très clairement, on peut faire un référendum sur tous les sujets qui intéressent les Français. Je rappelle que le passage, l'élection du président au suffrage universel, de Gaulle l'a imposé à l'époque déjà au Sénat d'ailleurs. Et vous vous souvenez, ça a été contesté. Oui, ça a été contesté, mais enfin, le président de la République est bien élu au suffrage universel. Bon, et personne ne veut le remettre en cause.
Une petite question qui ne vous concerne pas directement, elle concerne le Sénat. Sonia Baquez, secrétaire d'État, a été battue. Est-ce qu'elle doit quitter le gouvernement ?
Je ne sais pas ce qu'elle veut, mais la traîtrise ne paie pas parce que vous savez que Mme Baquez appartenait à l'aile droite des Républicains. Elle s'est retrouvée en Macronie sans doute par ambition personnelle. Les électeurs lui ont expliqué que la vie était moins simple que quelques combines d'appareils.
Un mot qui vous concerne plus directement quand je dis vous, c'est vous en tant que député Rassemblement National. La présidente Yael Brunpivet réunit demain les présidents de groupe à l'Assemblée, notamment sur la question du renouvellement du bureau. Pour dire la chose très clairement, la question qui se pose, c'est y aura-t-il toujours ou pas des vice-présidents RN de l'Assemblée Nationale ? On sait que certains députés de la majorité Renaissance veulent revoir ce point. Est-ce que vous avez reçu des garanties ? Est-ce que vous serez soutenu pour que vos vice-présidents soient maintenus ?
Ces garanties, elles sont publiques. La présidente Mme Brunpivet a dit publiquement à nombreuses reprises qu'elle voulait que le bureau soit maintenu comme tel. Écoutez, depuis un an, que ce soit Sébastien Chenu ou Hélène Laporte, nos deux vice-présidents, on a eu plutôt des éloges, en tout cas des marques de respect pour leur travail. Donc le fait qu'ils soient remis en cause sur des considérations d'étiquettes politiques est lamentable. Et je pense que les Français sont très hostiles à ce genre de manœuvres de coulisses très hostiles et qu'ils ne comprennent pas en fait, de manière générale, le sectarisme envers le Rassemblement National. On va aussi proposer des lois.
On va défendre une loi, par exemple, pour protéger les femmes victimes d'endométriose. On nous fait plein de reproches qui n'ont pas grand intérêt. Ce qu'il faut, c'est est-ce que le travail est reconnu ? Est-ce qu'on propose des bons ou des mauvais textes ? Est-ce qu'ils sont des bons ou des mauvais vice-présidents ? Et Yael Brunpivet, sa parole, le rassure. Oui, mais d'autres. Moi, j'ai discuté avec d'autres forces politiques. Visiblement, ça ne va pas changer. Je touche du bois. On n'est jamais à l'abri d'une mauvaise surprise.
Merci beaucoup, Jean-Philippe Tanguil, d'avoir été l'invité de LCI ce matin.
Jean-Philippe Tanguy