Interview exclusive - Marine Le Pen invitée de Darius Rochebin|LCI
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Marine Le Pen, bonjour. Bonjour. C'est ici le premier entretien télévisé depuis la mort de votre père. Chacune ou chacun qui connaît un jour cette épreuve peut mesurer ce que ça signifie. En plus, pour vous, avec une dimension politique, comment l'avez-vous traversée ?
Vous savez, quand on a des parents qui sont âgés, on pense toujours être préparé en quelque sorte. Et en réalité, on ne l'est pas. Donc on est un peu fauché par le chagrin et puis on gère le vide que crée la disparition de votre père ou de votre mère. Moi, ce qui m'a plutôt agréablement surprise dans cette séquence, c'est que j'ai trouvé qu'à part l'extrême gauche, mais ça c'est toujours l'exception de la vie politique française, l'ensemble de la classe politique s'était comporté de manière digne. Et c'est plutôt rassurant qu'au-delà du fait d'être des adversaires politiques, il y a des moments qui sont considérés comme sacrés et où on baisse un peu les armes de l'adversité.
J'ai trouvé ça rassurant sur l'état de notre classe politique pour finir.
On a revu beaucoup d'archives. L'attentat contre domicile en 1976, vous êtes enfant. Les coups reçus, les coups donnés, ce chaudron politique d'un demi-siècle, est-ce que ça vous a durci ?
Oui, certainement. Enfin, je veux dire, ça a contribué à faire de moi qui je suis, à façonner mon caractère. Au moins qu'on puisse dire, c'est qu'il s'est façonné dans une adversité qui était beaucoup plus importante il y a quelques décennies qu'elle ne l'est aujourd'hui.
Est-ce que ça rend méfiante ?
Non, je ne crois pas. Je ne crois pas être quelqu'un de méfiant. Mais ça apprend à encaisser. Or, en politique, c'est important d'être capable d'encaisser les coups, les coups durs, de s'en relever et de se rappeler toujours qu'on ne se bat pas pour soi-même, mais qu'on se bat pour des millions de gens qui attendent et espèrent après les solutions que vous portez.
Lieu commun des commentateurs, dans un sens ou dans l'autre, ça vous a rediabolisé ou dédiabolisé ? Qu'est-ce que vous en dites vous-même ?
Rien, ni l'un ni l'autre. Enfin, ça n'a aucune influence sur tout ça. On cherche toujours à tirer des conséquences ou des conclusions d'un événement comme celui-là, je crois. Rien du tout, en fait.
Est-ce que ça vous a changé ?
C'est un peu tôt pour vous le dire. Il est un peu tôt pour vous le dire. Vous savez que j'avais, non pas affectivement, mais politiquement pris mes distances et que je n'ai jamais caché les désaccords que je pouvais avoir avec mon père. Donc, je veux dire, cette construction de la femme politique que je suis, non pas contre lui, non pas sous sa coupe, mais vraiment de manière différenciée, ne date pas d'hier en réalité. Elle s'est construite au fur et à mesure du temps. Et en fait, j'ai cet avantage que les Français me connaissent depuis très longtemps. Je pense que la première fois où ils m'ont vu à la télévision, je dois avoir cinq ans.
Donc, ils m'ont vu évoluer, ils m'ont vu grandir politiquement. Je pense qu'ils me connaissent plutôt bien par rapport à d'autres responsables politiques.
Marine Le Pen, si vous le voulez bien, on reviendra à la fin sur un aspect personnel. Évidemment, on a un peu de temps et je vous en remercie. L'actualité immédiate, la déclaration du Premier ministre, c'était sur notre antenne, dans cette même émission, mardi, quand il parle, je cite, « d'un sentiment de submersion migratoire ». Comment est-ce que vous avez compris ces mots dans sa bouche ?
Je vais être assez sévère, Chirangevin, parce que ça fait des années qu'en réalité, les responsables politiques pensent que leur parole soigne. Voilà. Et la parole ne soigne pas. Ce sont les actes qui soignent. Or, il ne cesse d'utiliser des termes, il y a une sorte de concours de fermeté dans l'expression.
Ce mot-là, c'était un peu inédit. Est-ce que c'est vos mots ? Est-ce qu'il a repris vos mots ?
Oui, on a utilisé ce mot très souvent. Des millions de Français utilisent ce mot parce que ça n'est pas un sentiment, c'est une réalité à un certain nombre d'endroits de notre pays. Et pour le coup, puisque je reviens de Mayotte, on ne peut pas dire qu'il n'y a pas de submersion migratoire. Puisque la réalité est que plus de la moitié, contrairement à ce que dit Lincey, plus de la moitié des personnes qui sont sur l'île sont des clandestins. Donc si ça, ce n'est pas une submersion migratoire, on ne sait pas ce que c'est.
Madame, vous êtes sévère sur François Bayrou. En réalité, on a l'impression qu'il a été plutôt avec vous respectueux, de manière assez constante et assez ancienne.
Oui, mais j'ai envie de dire, je ne veux pas lui retirer cette qualité, bien au contraire. Mais ce qui est dramatique, c'est que ça devienne une exception dans la vie politique française. Enfin, je veux dire, faire de la politique n'empêche pas d'être courtois, d'être respectueux, d'être poli. C'est un peu l'influence de l'extrême gauche qui fait qu'avec leur théorie de la conflictualisation, il faut considérer les adversaires comme des ennemis.
L'extrême droite a bien tapé.
Il faut user de l'insulte, de l'injure, de l'indécence même parfois. Moi, je veux dire, M. Bayrou a un côté très français, en ce sens qu'il est un homme courtois, il est un homme poli, et il mène sa vie politique. Et le moins qu'on peut lui dire, c'est que ses idées politiques ne sont pas les miennes, et que nous nous sommes combattus d'ailleurs plusieurs fois sur des plateaux de télévision pendant des années, et nous ne nous sommes pas rapprochés sur le plan politique.
Maintenant, il se rapproche de notre constat. Il est allé quand même très loin, il vous a donné son parrainage à la présidentielle, quand vous paraissiez en danger, sans épouser vos idées, mais enfin quand même, c'est assez rare de faire ce type d'actes. Qu'est-ce que ça dit à vos yeux ? C'est-à-dire que c'est plus que des rapports courtois ?
C'est un homme de principe. Je crois que c'est un homme qui a des principes. Or, le principe du principe, c'est qu'il s'applique y compris aux bénéfices de votre adversaire. C'est là où, encore une fois, pardon d'y revenir, mais c'est là où la gauche, contaminée par l'extrême gauche, a perdu toute notion de cela. C'est-à-dire qu'ils défendent des principes, mais en réalité, ils refusent d'en faire bénéficier leurs adversaires. Ils ne les défendent que quand ces principes sont à leur propre bénéfice. M.
Bayrou, que ce soit dans l'affaire du procès, que ce soit dans l'affaire des parrainages, il a des principes, et ça ne le choque pas qu'en défendant ces principes, ces principes puissent bénéficier à ses adversaires. Je partage ces principes et je m'applique cette règle. Donc elle ne me paraît pas ahurissante, mais c'est vrai qu'elle finit par devenir un peu exceptionnelle dans la vie politique française.
M. Bayrou, un peu saugrenu en politique, mais on a le droit d'avoir des sympathies ou des antipathies. Est-ce que vous l'aimez bien ?
M. Bayrou, je n'ai pas d'antipathie pour François Bayrou. Encore une fois, je l'ai croisé sur des plateaux de télévision à de multiples reprises, depuis 2002. Donc ça commence à dater. Et j'ai toujours vu un homme qui, encore une fois, avait une manière courtoise de défendre, et parfois cache un peu d'ailleurs. Il n'est pas incapable d'être cache, François Bayrou. Mais le problème, c'est qu'au-delà des mots, et c'est évidemment le reproche majeur que je lui fais, il y a zéro acte. Enfin, on le voit dans le budget. On y reviendra. On va reparler du budget. Je veux dire, il ne se passe rien, en fait.
Si on reste à ses déclarations, il va aussi très loin en prenant votre défense. Maintenant qu'il est Premier ministre, ça change quand même pas mal. Il dit, dans l'affaire des assistants parlementaires européens, en gros, il prend clairement votre parti contre le réquisitoire. Est-ce que vous lui en êtes reconnaissante ?
Non, mais je n'ai pas, encore une fois, de reconnaissance personnelle à avoir à son égard. Je suis reconnaissante aux responsables politiques qui défendent les principes. Or, il y a des principes qui, je crois, ont été bafoués dans cette affaire des assistants parlementaires.
Il n'y en a pas beaucoup comme lui qui vont jusqu'à aller à votre secours en étant, en plus, cette fois, aux affaires.
Oui, c'est vrai. Vous avez raison. Vous avez raison. C'est une de ses qualités. Il est capable de prendre des positions, de ne pas en changer, et de ne pas en changer en fonction des responsabilités qu'il occupe. Mais il faut aller au bout de cela.
Cette affaire, le 31 mars, il y a ce réquisitoire où vous risquez beaucoup, c'est-à-dire en particulier l'inéligibilité. Est-ce que vous vivez avec cette idée que peut-être la candidature 2027 peut vous être barrée ?
Non. Non, je ne vis pas avec cette idée.
Elle existe. Le réquisitoire peut amener à ça.
Oui, elle existe. C'est un peu plus concret. J'ai souvent l'objet de dire, je peux passer sous un camion demain. Non, le Marine Le Pen, c'est un peu plus concret que ça. La décision de justice peut avoir lieu. Écoutez, moi, je n'imagine pas, je n'imagine pas, peut-être est-ce tard d'ailleurs, mais je n'imagine pas que, en réalité, pour une affaire sur laquelle il y aurait beaucoup à dire, mais où il n'y a pas eu, encore une fois, d'enrichissement personnel, ou le fond est très contestable, etc., je n'imagine pas que des magistrats décident de priver le peuple français de se choisir leur candidat à la présidentielle. Je ne l'imagine pas. Qu'est-ce que ça représenterait, selon vous ?
Ah, ça représenterait une atteinte très grave à la démocratie, bien sûr. Parce que je voudrais que ceux qui nous écoutent comprennent, c'est un peu compliqué, ces histoires juridiques, mais l'inéligibilité avec exécution provisoire, en réalité, empêche de se présenter avant même de pouvoir faire appel. C'est-à-dire que dans tous nos principes de droit pénal, y compris maintenant en matière criminelle, quand on est condamné, on peut faire appel. Et cela suspend, en réalité, la condamnation qui est intervenue. Et là, ce serait le seul cas...
C'est l'application de la loi. Ce serait le seul cas... Mais pour ou contre, mais c'est l'application de la loi.
Non, mais ce serait le seul cas où, en réalité, la condamnation, l'appel de cette condamnation, n'entraînerait pas la suspension de cette condamnation, avec des conséquences qui ne touchent pas seulement à la personne qui est condamnée, mais qui touchent des millions de Français, et un principe supérieur qui est celui de notre fonctionnement démocratique.
Mais Mme Le Pen, si ça arrive, est-ce que vous faites appel ?
Mais oui, mais évidemment que oui. Dans tous les cas, quelle condamnation vous faites appel ? Mais évidemment que oui, car je suis totalement innocente des faits qu'on me reproche. Donc si je suis condamné, je ferai appel, bien entendu. Mais c'est encore une autre question.
Les esprits machiavéliens peuvent vous prêter un détour un peu compliqué, de dire, par exemple, si c'est un an d'inéligibilité, vous attendez, vous ne faites pas appel, et en 2027, vous pouvez vous présenter.
Mais ce sont des gens qui, encore une fois, n'ont aucun principe, qui pensent cela. C'est-à-dire qui considèrent que mon innocence serait quelque chose sur lequel je pourrais oublier et je pourrais admettre d'être condamné alors que je suis innocent. Je vous signale quand même que Donald Trump... Quand on est innocent, on défend son innocence.
Donald Trump, on a même fait une image sur son muc de son identité judiciaire. On pourrait même penser que ça vous profitera.
Non, mais ça... Mais les violences qui nous sont faites, les injustices qui nous sont faites, qu'elles puissent potentiellement nous profiter parce qu'elles révèlent qu'en réalité, ceux qui nous combattent politiquement pensent que leurs idées sont tellement, peut-être, faibles que le seul combat politique ne suffit pas et qu'il faut utiliser d'autres leviers contre nous. Que ça scandalise les Français, c'est une chose. Mais il n'en demeure pas. Moi, j'utiliserai toutes les voies de recours qui sont à ma disposition... Pour toute condamnation.
Contre toute condamnation.
... pour défendre mon innocence.
Marine Le Pen, la question des échéances, elle flotte pour tout le monde. Dissolution, pas dissolution. Est-ce que pour vous, la dissolution est inévitable dès qu'elle est possible, c'est-à-dire dès l'été ?
Oui, dès l'été ou à l'automne. Oui, je le crois. Je pense qu'un grand pays comme la France, dans la situation qu'il vit aujourd'hui, avec l'ensemble des dangers qui pèsent sur lui, dont certains sont déjà réalisés, ne peut pas indéfiniment, et durant de très longs mois, voire années d'ailleurs, vivre sans majorité.
En clair, c'est le choix du président de la République. Il agira de manière libre, évidemment, mais plus ou moins sous pression. Vous lui demandez cela, vous lui demandez que dès l'automne, dès l'été, dès l'automne, il y ait dissolution.
Oui, bien sûr. Je lui demande d'abord d'accompagner la modification du mode de scrutin, pour qu'on ait un mode de scrutin qui soit en même temps juste, c'est-à-dire proportionnel, où tous les Français puissent être représentés, mais qui répondent aussi à un autre défi, compte tenu de la tripolarisation de la vie politique, qui est de permettre de dégager une majorité pour mener une politique.
Encore faut-il que ce soit le cas. On dira, certains diront, ça va entretenir l'instabilité. Il y a eu déjà tout ce long train d'instabilité. On va dire que ce sera une solution, pas forcément.
Non, je ne crois pas. Je ne le crois pas. Ça dépend de la forme de cette proportionnelle. C'est là où nous avons d'ailleurs une divergence avec François Bayreau. Mais voilà, donc je lui dis, offrez, permettez aux Français de se choisir une majorité, parce qu'on voit bien qu'en réalité, rien n'est fait là. On est à l'arrêt complet. Et on est à l'arrêt complet, alors que les dangers qui pèsent sur nous, eux, continuent d'avancer, et broient, et le peuple français, et l'économie française sur leur passage.
La donne aura beaucoup changé par rapport aux législatives de 2024. Cette fois, mettons que vous ayez la majorité absolue, est-ce que vous serez disponible pour être Premier ministre ?
Non, je l'ai toujours dit, je ne serai pas Premier ministre. J'ai toujours dit que ce serait Jordan Bardella qui serait Premier ministre. Ça n'a pas changé, malgré les déclarations du canard enchaînées. Ça ne change pas. Ils sont mal informés.
Alors, si Emmanuel Macron en lexicolaire vous appelle le soir des résultats et vous dit, venez nous voir, vous direz non. Appelez Jordan Bardella.
Exactement. Oui, parce que nous travaillons avec Jordan Bardella depuis des années, et nous travaillons avec un objectif qui est clair. Moi, c'est l'objectif de la présidence de la République, et lui, c'est l'objectif de Massignon.
Pourquoi ? Pourquoi, pardon ? Il y a des précédents quand même, il y a des premiers ministres, c'est compliqué, mais il y a des premiers ministres qui ont transformé l'essai. qui sont devenus président de la République, c'est le cas de Jacques Chirac et quelques autres. Faire ses preuves au pouvoir, pourquoi ne pas le tenter ? Si tant est une majorité.
Mais on fera nos preuves. Avec Jordan Bardella en situation de cohabitation, on fera nos preuves. Voilà, il n'y a aucune difficulté là-dessus. Et je serai toujours à ses côtés. Voilà, nous formons une sorte de... De binôme. De duo, de binôme, qui marche extrêmement bien. Mais encore une fois, nous avons travaillé, nous continuons à travailler chacun pour des responsabilités qui sont des responsabilités précises, qui ne sont pas les mêmes. Et donc, nous n'entendons pas changer cela pour des considérations de quoi ? D'égo personnel ? De carriérisme ? D'intérêt personnel ?
Mais on va faire nos preuves aussi. C'est-à-dire que vous êtes dans l'opposition. Mais on va faire nos preuves. Vous êtes dans l'opposition depuis toujours. Mais on va faire nos preuves. C'est vrai que montrer que vous n'êtes pas seulement au ministère de la parole, mais que vous pouvez tenir le pouvoir, ce serait quelque chose.
Mais oui, mais que ce soit moi ou que ce soit Jordan Bardella,
qu'est-ce que ça change ? Quand on élit un président ou une présidente, c'est une personne, ce n'est pas seulement un parti.
Oui, mais en l'occurrence, quand on élit une majorité de députés, c'est précisément pour que le parti pour lequel vous avez voté puisse mettre en œuvre son programme. Et c'est exactement ce que nous ferons.
Une éventuelle démission du président de la République. Alors vous avez tourné un peu autour de l'idée. Parfois, vous avez posé des conditions. Au fond, est-ce que vous la demandez ? Est-ce que pour vous, ce serait une façon de sortir de la situation ?
Je ne la demande pas parce que demander la démission du président de la République ne me paraît pas conforme à nos institutions. En revanche, je ne l'exclus pas. Et je n'exclus pas du tout qu'Emmanuel Macron soit à un moment donné ou à un autre confronté à une forme d'obligation.
Par quoi ? Qu'est-ce qui pourrait le pousser à ça ?
Une crise politique ? Une crise économique majeure ? Vous savez, encore une fois, le général de Gaulle, dans sa sagesse, dans la Constitution, a créé en réalité trois leviers face à une crise politique ou à une crise économique, une crise sociale. Voilà, trois. Le référendum, qui ne se justifie pas parce qu'il porte sur un projet de loi, la dissolution, qui pourrait intervenir ou pas, c'est le choix du président de la République, et la démission du président de la République. Voilà. Bon, la dissolution, pour l'instant, elle n'est pas possible. Le référendum n'a pas de sens. Aujourd'hui, là, le seul levier possible pour Emmanuel Macron, c'est la démission. Vous croyez une seconde
qu'Emmanuel Macron va dire « je pars ». Pourquoi pas ? Vous le connaissez un peu.
Non. Je ne le connais pas si bien que ça. Quels sont vos rapports ? D'abord, écoutez, c'est des rapports de président de la République avec le chef de l'opposition. Moi, j'ai rencontré, je ne sais pas, deux ou trois fois Emmanuel Macron en l'espace de sept ans, je n'ai pas de relation particulière avec lui, mais, encore une fois, au-delà du caractère, il peut y avoir des événements qui vous poussent à être contraints, en quelque sorte, par la Constitution.
Qu'on clarifie bien, vous l'espérez ou vous ne l'espérez pas ? Au fond, parce que vous avez un discours, disons, légitimiste, mais est-ce que vous l'espérez ou vous ne l'espérez pas ?
Alors, je vais être extrêmement... Claire. Claire. Et honnête avec vous. Tout mois subi par notre pays avec la politique ou la non-politique d'Emmanuel Macron est un mois où nous nous enfonçons dans les difficultés. Donc, moins ça dure et mieux on se porte.
Vous vous êtes moqué du catastrophisme de Michel Barnier sur les risques de la censure. Il en avait peut-être fait beaucoup, effectivement, mais, quand on regarde ce qui se passe actuellement, le chômage qui monte, Oui.
Oui, elle a bon dos, la censure. Alors, je ne dis pas que c'est 100% à cause de vous. Il fait mauvais, il pleut, c'est la censure. Ça n'a pas aidé. Il y a de la sécheresse, c'est la censure. Marine Le Pen,
l'instabilité n'a pas aidé, franchement. Les entreprises à l'arrêt, ça, beaucoup d'entrepreneurs hors politique, tous vous le disent, on l'a eu sur les plateaux, qui vous disent, oui, oui, l'instabilité actuelle fait qu'il n'y ait pas de budget. Septième puissance du monde sans budget. Mais tout ça est faux. Est-ce que vous avez un regret de ça ?
Mais tout ça est faux. Tout ça est un mensonge. Voilà, je vous le dis clairement, c'est un mensonge. Les entreprises étaient ravies de ne pas avoir les 40 milliards d'augmentation d'impôts, dont 10 milliards qui pesaient directement sur elles, prévus par le gouvernement de M. Parnier.
Il y en aura quand même.
Non, mais ils étaient ravis de ne pas avoir ces 10 milliards qui leur tombaient dessus. Bon, la réalité de l'augmentation du chômage, ce n'est pas lié à la censure, c'est lié aux conséquences du PGE, c'est-à-dire des prêts...
Les entreprises qui n'osent pas...
Bien sûr, mais c'est lié à la désindustrialisation. C'est lié aux choix économiques qui sont extrêmement néfastes, qui ont été faits par Emmanuel Macron. C'est lié à notre perte de productivité du travail. C'est lié à notre perte de compétitivité. C'est lié à un ensemble de responsabilités qui sont celles du gouvernement actuel.
Quand Bernard Arnault dit « Regardez, aux Etats-Unis, l'optimisme. Aux Etats-Unis, on n'est pas en train d'ajouter des charges, même sur des entreprises très grandes, celles qui ont plus de milliards de chiffres d'affaires. Ce sera le cas en France. Est-ce qu'il a raison ? »
Je pense qu'il y a toute une série de domaines dans lesquels il faut agir de manière urgente. Mais nous avons censuré Michel Barnier...
Vous êtes prudent, donc vous ne répondez pas.
Non, je vais vous répondre. Nous avons censuré Michel Barnier parce qu'il avait créé 40 milliards d'impôts supplémentaires, d'accord ? dont 10 milliards sur les entreprises. Et nous avions posé trois lignes rouges. Un, la protection du pouvoir d'achat. Deux, la lutte contre les rentes et contre les fraudes et la préservation de nos entreprises. Est-ce que ça veut dire pas d'impôts ?
Et deux, pas d'impôts nouveaux. Si c'est le même budget, en gros, est-ce que vous censurerez aussi M. Bayrou ?
Mais nous sommes totalement constants. Nos lignes rouges sont les mêmes. Nous sommes constants. On peut nous accorder ça quand même. Et donc, si ces lignes rouges sont dépassées,
les mêmes causes entraîneront les mêmes effets.
Mais d'ailleurs, je pense que le gouvernement tient compte quand même de ce qui s'est passé. Voilà, on voit qu'il n'y a plus de déremboursement des médicaments, qu'il n'y a plus des indexations des retraites. Voilà, pour le coup, le signal a été reçu.
Disons les choses, est-ce que François Bayrou est plus souple ? C'est même un peu son attitude quasi personnelle. Plus souple que ne l'était M. Barnier ?
Il a le bénéfice d'avoir eu l'expérience désagréable de M. Barnier avant lui. Peut-être en a-t-il tiré quelques conclusions. Vous l'avez fait couler. Moi, ce qui m'inquiète, si vous voulez, dans le budget que je vois arriver, c'est en réalité qu'il n'y a aucune vision politique. On ne sait pas du tout où on va. Il faut faire un budget. Alors, il faut faire un budget. Là, on fait un budget. On a l'impression qu'on a dit au gouvernement qu'il faut une copie de 4 pages. Alors, on vous dit « J'ai rendu ma copie de 4 pages. » Mais il y a quoi à l'intérieur ? Ce n'est pas le sujet. Il y a eu urgence.
Là, c'est quasi un budget de secours. On en est là.
Non, je ne suis pas d'accord. Ça, c'est ce qu'on fait croire aux Français. La réalité, c'est qu'il y a un volontarisme politique que l'on peut mettre en œuvre. Et pour le coup, s'il y a une leçon à retenir des premiers jours de M. Trump, c'est cette leçon-là. C'est la leçon du volontarisme politique. Il faut que les Français arrêtent de croire, les responsables politiques qui leur disent que c'est la fatalité, qu'on ne peut pas faire autrement, que de toute façon, rien n'est possible, qu'on ne peut rien faire, qu'on ne peut rien décider.
Quand Trump, je ne sais pas si vous avez dit cette séquencière, il dit « Moi, je suis formidable. Regardez. » Alors, c'est du Trump dans le texte. Mais il dit « Je suis le meilleur. Regardez. » Effectivement, là, dès les premières heures, j'agis. Vous admirez ça ?
Disons que Trump, à son caractère, il est très américain. Moi, je suis très française. Donc, par définition, on ne va pas avoir la même manière de faire les choses. Est-ce que vous l'admirez ? Mais ce qui est sûr, c'est qu'il exprime une volonté politique. Il a pris des engagements et dans les premiers jours, il vient dire au peuple américain « Vous m'avez élu pour faire ça, je vais le faire. » Eh bien, ça fait bien longtemps, je pense, qu'en France, on n'a pas eu ce... Les Français n'ont pas eu ce sentiment.
Si on ramasse tout ce que vous venez de dire, dites-moi si je me trompe, j'ai l'impression quand même qu'il y a une forme d'indulgence, c'est-à-dire qu'a priori, vous ne souhaitez pas la censure à l'égard de François Bayrou. Est-ce que c'est la bonne perception ?
Non, non, je ne sais pas que je la souhaite ou que je ne la souhaite pas. Nous avons posé des lignes rouges, soit elles sont dépassées, il y aura une censure, soit elles ne sont pas dépassées, il n'y aura pas de censure. Il n'en demeure pas moins que ce budget reste un très mauvais budget qui ne va de nulle part, qui ne répond à aucun défi et qui reste enfermé, pardon, mais dans des tabous qui sont celui... L'immigration, par exemple.
Enfin, c'est quand même incroyable qu'on réfléchisse à comment est-ce qu'on va bien pouvoir aller chercher de l'argent auprès des retraités, auprès de ceux qui travaillent, auprès des entreprises, mais jamais de se dire est-ce qu'on ne pourrait pas baisser les dépenses qui sont celles liées à une immigration dont nous savons d'ores et déjà et même le Premier ministre, semble-t-il, qu'elle est hors contrôle. Ah non, ça, il ne faut pas toucher. Ça, c'est tabou.
Alors, madame, on parlera de l'immigration, mais qu'on comprenne bien, en l'état, en l'état de ce qu'on sait, pour être clair, en l'état, est-ce que vous censurez ou non ?
En l'état,
est-ce que vous censurez ou non ?
Non, mais tant qu'il n'y a pas la commission mixte paritaire qui s'est exprimée, on ne sait rien. Voilà. On sait juste, moi je vous le dis, que ce budget ne réglera aucun des problèmes de la France, même pas le problème de l'endettement, même pas le problème des déficits, car vous verrez que sur ce sujet-là aussi, nous aurons dans quelques mois
de très mauvaise surprise. Oui, alors à ce compte-là, certains diront que vous n'y contribuez pas beaucoup, parce que quand on vous demande où est-ce que vous allez couper, parce qu'il faut 53 milliards, donc il faut économiser. Alors vous me dites l'immigration, on va revenir à l'immigration, mais il n'y a pas que l'immigration dans la vie. Non mais pardon. Par exemple, question très concrète, est-ce que oui ou non, il faut moins de fonctionnaires en France ?
Non mais monsieur Rochemin, pardon, alors là stop, d'accord ? Allez stop. Est-ce que nous sommes le seul mouvement qui avons déposé un contre-budget ? Le seul qui nous sommes soumis à cet exercice dans lequel nous avons fait un budget complet avec l'ensemble des économies que nous voulions faire et notamment des économies sur ce qu'on appelle les dépenses néfastes de l'État, c'est-à-dire les 1244 agences diverses et variées.
Alors soyons, parce que tout le monde n'a pas lu, pardon, tout le monde n'a pas lu vos X pages. Est-ce que par exemple, ça veut dire quoi, les agences et 1244 et c'est vrai que le Premier ministre lui-même sur LCI avait l'air de le découvrir ? Là on nage dans quelque chose d'assez particulier. On en supprime combien ? Une heure de grandeur.
Mais il y a toute une série de fusions qu'on peut effectuer mais déjà on peut leur dire bon écoutez, on va tout de suite là parce que ce n'est pas évident de faire baisser des dépenses d'une agence. Il y a des gens qui travaillent derrière moi. Je suis tout à fait consciente de ça. Mais par exemple, la publicité, parce que tout ça dépense beaucoup d'argent dans la publicité, toutes ces agences-là. Déjà, vous arrêtez la publicité. Ce n'est pas utile. Déjà, permettez-moi de vous dire qu'il y a un certain nombre de centaines de millions qui vont rentrer dans la caisse. Ça ne fait pas 50 premières. Il faut avoir une vision. Mais non, mais il faut avoir...
Pardon de vous titiller, mais je vous mets... Rationnel. C'est une question que je pose aux autres politiques. Ce n'est pas spécialement pour vous. L'ARS,
il faut le supprimer.
D'accord.
Il faut supprimer l'ARS. L'ARS, à mon avis, non seulement ça n'apporte rien mais même c'est néfaste dans le fonctionnement de la santé. À l'arrivée,
Mme Le Pen, vous savez très bien, tout entrepreneur le sait, la masse salariale, c'est là où le plus d'économies se font. Ça ne dit pas, ça ne veut pas dire qu'il faut renvoyer. Mais est-ce que le nombre de fonctionnaires doit être diminué ? Un moment, Schröder, les Allemands l'ont fait, les Anglais l'ont fait. Est-ce qu'on passera par là ? Oui ou non ? Parce que le courage politique, vous savez très bien, c'est là où ça commence à se jauger.
Mais non, non, non. Alors ça, c'est des trucs de droite. Le courage, c'est supprimer les fonctionnaires. Ça, c'est vraiment un truc.
Ce n'est pas supprimer les fonctionnaires, c'est réduire la masse salariale.
Non, mais avant de réfléchir à réduire la masse salariale, est-ce qu'on pourrait arrêter de prendre en charge l'ensemble de ceux qui souhaitent venir dans notre pays, même si nous ne le souhaitons pas ? Est-ce qu'on peut arrêter avec l'aide médicale d'État pour mettre une aide médicale d'urgence comme tous les pays du monde ? Est-ce qu'on peut arrêter les visas de soins qui permettent, y compris à des Américains, de venir se soigner gratuitement en France ? Donc, on ne réduit pas le nombre de fonctionnaires.
En clair, on ne réduit pas le nombre de fonctionnaires.
Est-ce qu'on peut arrêter des processus comme le rachat d'actions dont on sait pertinemment qu'elles sont néfastes pour l'économie ? Est-ce qu'on peut travailler sur la productivité du travail ? Je veux dire, je trouve qu'il y a une sorte de... Je ne veux pas dire de lâcheté, mais peut-être de paresse. Voilà. À dire, il y a des économies à faire, on va couper dans les fonctionnaires.
Quand même, quand même, je ne sais pas où, on ressent ce vieux mal français. Vous me citez l'ARS, point, pour l'instant. Tous les hommes et les femmes politiques sont un peu dans le même cas. C'est tellement sensible, évidemment, que là où, quand on parle de réduire, réduire, ça fait mal. Tous les États qui ont fait vraiment une réduction, ça fait mal.
M. Rochemin, je vais vous dire très clairement les choses. Avant de taper sur les Français et de voir s'il y a des efforts à faire, et je suis convaincue que les Français sont d'accord et considèrent que ces efforts sont justes et mesurés. Avant ça, pour qu'ils soient justes, il faut commencer par demander des efforts à ceux qui, encore une fois, ne respectent pas la loi, sont présents sur notre territoire, que nous prenons en charge, qu'ils ne nous ont pas demandé notre avis. Déjà, commençons par ça. Les dépenses néfastes de l'État. Il y en a, il y en a beaucoup, et après, on voit comment fonctionnent nos services publics, la lutte contre la fraude.
Vous ne croyez pas que c'est une urgence ? Voilà. Eh bien, commençons par lutter déjà contre la fraude avant de remettre en cause des services publics qui n'offrent pas, il faut bien le dire, le niveau de services aux Français que justifient les sommes importantes, mais parfois nécessaires. Marine Le Pen,
vous disiez, vous disiez avec raison, pour l'instant, on ne sait pas très bien à quoi ressemblera le budget, le profil de ce que proposera le gouvernement et surtout ce qui sortira de la commission X paritaire. Il y a quand même un certain nombre de choses qu'on sait. Ce conclave sur les retraites, le fait que les partenaires sociaux soient là ensemble et qu'il y ait quand même ce temps de trois mois où on essaie de chercher un compromis. Est-ce que pour vous, vous donnez acte de ça au gouvernement ? Encore une minute, M. Le Bourreau. C'est juste pour gagner du temps ?
Oui, je le crois. Oui, je le crois. Nous, nous avons fait une proposition très claire de réforme des retraites qui nous apparaissait juste et qui partait du principe que ceux qui commencent à travailler le plus tôt doivent partir plus tôt que ceux qui se mettent à travailler plus tard.
Le pays est bloqué. Le principe de mettre ensemble les partenaires sociaux, ils y vont. Ils y vont. Donc c'est bien que ça a un sens.
Le pays est bloqué ?
Oui, il est bloqué. Il n'y a pas de budget. Oui, le pays est bloqué. Le fait qu'il y ait un compromis, vous n'êtes pas du tout sensible à ça. Une tentative de compromis.
Non, c'est très bien. Tant mieux, il y a un compromis parfait. Donc c'est juste
pour gagner du temps ?
Oui, je crois que c'est pour gagner du temps. Mais est-ce que la réforme des retraites sera plus juste ? C'est ça la vraie question. Parce qu'encore une fois, tous les Français peuvent comprendre que quand on a commencé à travailler avant 20 ans, on puisse partir à 60 ans avec 40 annuités et que quand on a commencé à travailler après avoir fait des études de droit de commerce à 25 ans, eh bien, on puisse travailler jusqu'à 68 ans. Tout le monde peut comprendre ça. Ça, c'est juste et ça permet d'équilibrer le système des retraites.
Madame Le Pen, la mort du jeune Elias par la main de deux jeunes criminels pour un téléphone portable, beaucoup de réactions. On va entendre la vôtre, évidemment, mais la réaction très ferme du gouvernement, y compris pour faciliter la comparution immédiate. Est-ce que vous en êtes satisfaite ?
Non, je crois que c'est pas suffisant. Je pense qu'il y a une philosophie pénale qui est entièrement à revoir. Je pense qu'on a laissé se constituer un sentiment d'impunité chez les jeunes délinquants qui, pour une partie d'entre eux, deviennent des jeunes criminels.
La culture de l'excuse, dit Bruno Retailleau.
Oui, il a raison. Mais M. Retailleau, il dit beaucoup de choses. Je veux dire, il a dit qu'il était d'accord pour plein de choses, mais sauf qu'on ne les voit pas pour l'instant émerger dans les faits. Donc, encore une fois, les paroles sont rassurantes.
Il ne faut pas que parler.
Mais les actes...
Le renvoi des militants violents algériens, par exemple, les tentatives, ou au moins les arrestations, on ne peut pas dire que ce sont des paroles, c'est des actes.
Si vous pouviez trouver un autre exemple que celui-là quand même, où on renvoie quand même quelqu'un et on nous le renvoie par retour du courrier, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Rien.
Les arrestations, les gardes à vue, c'est quand même quelque chose. Rien. C'est mieux que rien. Il s'est passé. C'est mieux que rien. Il ne s'est rien passé. Pardon, non. Les gardes à vue, les arrestations, ce n'est pas rien, objectivement. C'est un fait, c'est agir.
Non, mais d'accord. Mais tous les jours, il y a des gardes à vue et des arrestations. Le problème, c'est qu'est-ce qu'elles sont ?
Ils étaient dans la nature jusqu'à présent, visiblement.
D'accord. Allez, un bon point pour M. Retailleau. Est-ce que c'est au niveau de la vague de criminalité que vit la France ? Est-ce que c'est au niveau de cette partie de la jeunesse qui s'autorise aujourd'hui à tuer, à blesser ou à tuer pour un oui ou pour un non ? Est-ce qu'on va enfin mener à une réflexion sur la resacralisation de l'intégrité physique des Français ? C'est ce que je réclamais déjà à la dernière présidentielle. Il faut que lorsque vous frappez, vous blessez, vous soyez jugés avec beaucoup plus de dureté parce que vous avez attenté à l'intégrité physique. Est-ce qu'on n'a pas laissé depuis des années ? Est-ce qu'on n'a pas fermé les yeux sur le port d'armes blanches ?
Aujourd'hui, on vous explique que oui, c'est vrai, il y a des tas de lycéens, de collégiens, voire même dans des écoles primaires, on trouve des armes blanches. Mais enfin, c'est un délit, le port d'armes blanches. Ça a toujours été un délit. Pourquoi est-ce qu'on ne le poursuit pas ? Pourquoi est-ce que ça n'est pas systématique, automatique ? Voilà, tout cela, ça dépend d'eux quand même.
Marine Le Pen, on parle de Bruno Retailleau. Il y a un phénomène Retailleau. Vous allez me dire que c'est une bulle médiatique ou que sais-je, mais enfin, il y a un phénomène Retailleau. Est-ce qu'il est en train de reprendre une partie de vos électeurs ?
Je ne crois pas du tout, non ? Enfin, ce n'est pas du tout ce que disent ni les élections ni les sondages d'opinion.
Sondage, ça vaut ce que ça vaut. Vous savez mieux que moi. Non, mais je suis d'accord,
mais M. Retailleau, c'est vrai, c'est...
Quand il dit l'immigration n'est pas une chance, il l'a dit sur notre antenne. Vous savez le bruit que ça a fait. En réalité, il est en train de manger
de la laine sur votre dos. Il dit pour la suppression du droit du sol. Il dit qu'il est contre le voile à l'université. Il dit, il dit, il dit. Et quand est-ce qu'il fait ?
Mais vous savez très bien que ce genre de profil, pour vous, peut être inquiétant. Passe quoi en d'autres temps ?
Mais arrêtez, je vous en supplie.
Ce sont des gens qui, pour une partie de l'opinion, elle se dira, au fond, au fond, pourquoi pas voter Retailleau plutôt que Le Pen ? Ou pourquoi pas...
Écoutez, on verra bien.
Oui, on verra bien.
Mais moi, je ne pense pas à mon intérêt personnel ni politique. Moi, ce que je pense, c'est à l'intérêt du pays. Et je voudrais que M. Retailleau en fasse beaucoup plus que ce qu'il fait. Exemple. Parce que j'ai vu, par exemple, sa circulaire. Vous voyez ? Il a repris une nouvelle circulaire sur la base de la circulaire de M. Valls pour dire « Ah bon, alors, les clandestins ne pourront plus être régularisés au bout de 5 ans et ils pourront l'être au bout de 7 ans. » Je dis à M.
Retailleau, dans la situation que nous connaissons, si vous laissez un trou de souris, si vous laissez l'espoir à quelqu'un que venant en situation irrégulière il pourrait être régularisé, alors vous n'arrêterez jamais le flux des irréguliers qui arrivent dans notre pays. Moi, ma position est inverse, c'est de dire « Aucun clandestin ne peut être régularisé. » La possibilité de régularisation d'un clandestin sera retirée de la loi. Et seuls certains en Conseil des ministres exceptionnellement et individuellement pourront l'être parce qu'ils auront commis un acte d'une grande bravoure, etc. C'est tout.
Vous repartez chez vous, vous demandez l'autorisation de venir et quand vous aurez eu l'autorisation de venir, vous pouvez revenir et à ce moment-là travailler et éventuellement engager une demande de naturalisation. Comprenez ? Je veux dire, ça n'est pas suffisant ce que fait M. Retailleau.
Reste qu'ils agissent. Ce qu'ils ont fait, le duo Retailleau-Darmanin, les nouvelles prisons de haute sécurité. Vous savez très bien, c'était vu comme une idée de droite ou d'extrême droite il n'y a pas si longtemps que ça. Ils le font. Encore une fois, il y a un certain nombre d'actions qui marchent sur vos plates-demandes ou en tout cas que vous pouvez applaudir visiblement.
Mais pourquoi marcher sur mes plates-demandes ? Mais moi, à chaque fois que j'arrive à convaincre des gens de la nécessité de faire preuve de fermeté,
je m'en réjouis. Donc là, est-ce que vous leur dites
bravo ? Mais bien sûr ! Mais bien sûr ! S'ils font des choses qui vont dans le bon sens, je dis bravo ! J'ai aucune difficulté avec ça. Ils ont de haute sécurité, vous dites bravo ? Oui, je pense qu'il y a un problème de drogue qui est considérable et qu'il faut traiter de manière tout à fait spécifique. Mais j'ai envie de leur dire aussi, M. Retailleau et M. Darmanin, si vous ne réglez pas le problème de l'immigration clandestine, vous ne réglerez aucun des problèmes qui sont la conséquence de l'immigration hors contrôle dont la montée spectaculaire de l'insécurité. Voilà, c'est ça que je veux dire. On ne peut pas prendre un petit bout.
Il faut envisager le problème dans sa globalité et agir sur tous les fronts et je vois qu'ils ne le font pas.
Madame, ce que fait Donald Trump, c'est-à-dire cette action très brutale, souvent cruelle parce qu'il y a des séparations de familles, etc. C'est-à-dire qu'il accélère, il fait même donner l'armée, n'est-ce pas ? Il a réussi à faire plier la Colombie pour qu'elle reprenne sous menace d'augmenter les droits de douane de manière faramineuse. Est-ce que c'est un modèle pour vous ?
C'est plutôt nous qui devrions être un modèle pour lui puisque ce qu'il a fait avec la Colombie, c'est ce que nous réclamons de faire avec l'Algérie, d'abord, qui refuse de respecter le droit international parce que revenons quand même au départ de ces affaires. Ce sont ces pays-là qui en réalité violent le droit international car ils ont l'obligation de reprendre leurs nationaux et ils refusent de le faire.
Comme Paris va les forcer, pas la France ?
Oui, et c'est catastrophique parce que si la France n'est pas capable de faire plier les Comores, on ne parle même pas de l'Algérie, on parle des Comores, c'est quand même très inquiétant. Donc évidemment, qu'à partir du moment où vous dites à un pays « écoutez, vous allez reprendre vos nationaux » et vous dit non, vous dites « ah ben c'est non ? » Bon, alors très bien. Alors effectivement, on arrête l'intégralité Alors, cas d'école,
cas d'école, l'Algérie, qu'est-ce que vous feriez de plus que ce que fait le gouvernement actuellement ? Soyons clairs.
Je ferais exactement ce qu'a fait Donald Trump avec la Colombie. Exactement. C'est-à-dire que vous ne reprenez pas, vous ne respectez pas le droit international, il n'y a plus aucun transfert d'argent vers l'Algérie, il n'y a plus un seul visa, il y a évidemment la dénonciation, mais ça de toute façon il faut le faire, nonobstant le comportement d'Algérie de la Convention de 68, il n'y a aucun visa non plus pour les dirigeants algériens, il y a effectivement une attention portée aux biens détenus par les dirigeants algériens, il y a des mesures, ce qu'on appelle des mesures de rétorsion qui sont tout à fait naturelles.
Jusqu'à rompre, par exemple, les relations diplomatiques avec l'Algérie ? Si c'est nécessaire, oui. Vous le feriez maintenant et quand même, Boalem Sansal, qui est franco-algérien, c'est un compatriote, vous, compatriote français, est-ce que vous rompriez maintenant les relations diplomatiques avec l'Algérie ?
Mais on a obtenu quelque chose pour Boalem Sansal ? Il est dehors, il a été libéré de cette incarcération scandaleuse. Vous n'avez pas répondu. Est-ce qu'on en est là ?
Est-ce qu'on est à la rupture ? Est-ce qu'on est à la rupture
des relations diplomatiques ? Il y a dans les mesures de rétorsion une gradation qui fait que lorsque les premières ne fonctionnent pas, on utilise les secondes et puis on va ainsi, si c'est nécessaire, les secondes deviennent des deuxièmes puisqu'il y a des troisièmes et des quatrièmes ? C'est normal, c'est légitime, c'est une question de respect de la France, de respect de notre souveraineté, du respect du droit international.
Enfin, pourquoi fait-on preuve d'une telle faiblesse avec des pays qui nous crachent au visage matin, midi et soir, qui contestent notre intégrité territoriale comme les Comores, qui sont en permanence en train de nous insulter comme l'Algérie qui passent leur vie à nous accuser de tout et de n'importe quoi comme le Rwanda, par exemple ? Madame. Pourquoi faisons preuve d'une telle faiblesse
avec ces pays-là ? Je ne comprends pas. Le poids de l'histoire, la colonisation, j'aimerais vous entendre là-dessus. Est-ce qu'une part de vous comprend les Algériens ? Je ne parle pas de la nomenclatura militaire et pétrolière, le peuple algérien. La France les a occupés. C'est un fait pendant 130 ans, elle a amené du développement, mais elle les a occupés. Ça, c'est une réalité et ce n'est pas vers Saint-Géthorix. C'était jusqu'en 1962. Est-ce qu'une part de vous comprend ce ressentiment ?
Non, mais moi, ce que je ne comprends pas, je vais vous dire franchement, c'est qu'en réalité, le peuple algérien ne vienne pas demander, peut-être d'ailleurs un certain nombre le font quand on leur laisse la possibilité de le faire, des comptes à leurs dirigeants. Ça, c'est une chose. Non, non, non. Personne, personne n'a. Non, non, non, non. Parce que la réalité, c'est que moi, pour avoir discuté avec un certain nombre de Français d'origine algérienne ou de franco-algérien, ils sont bien conscients que leurs dirigeants font porter sur la France la responsabilité de la situation catastrophique économique de l'Algérie. Et c'est impossible d'arriver à d'aussi mauvais résultats.
Je veux dire, l'Algérie devrait être la Norvège du Maghreb. Ils sont les septièmes exportateurs de gaz du monde. Ils sont assis sur une manne financière. Qu'est-ce qu'ils en ont fait ? Ils ont un niveau de chômage qui est délirant. Ils ont un peuple qui est sacrifié. Une jeunesse qui n'a aucun avenir, c'est de la faute des dirigeants algériens. Mais il y a des passifs. Et ça n'est pas de la faute de la France
60 ans après. Marine Le Pen, vous savez très bien qu'il y a des passifs. Il y a des crimes de guerre algériens et français. Les deux, des deux côtés. Ce passif-là, est-ce que ça doit nécessiter une forme d'excuse à un moment donné ou vous le refusez absolument ?
Si on a réussi honnêtement à faire la paix avec l'Allemagne, on devrait quand même réussir à faire ça avec l'Algérie. Pourquoi on ne peut pas le faire ? On ne peut pas le faire parce que nous avons nos dirigeants qui sont faibles et englués dans la repentance et nous avons des dirigeants algériens qui planquent leur propre carence et leur propre incompétence et les souffrances qu'ils font vivre à leur peuple qui les font porter en réalité sur la responsabilité de la France qui n'a aucune responsabilité dans cette situation. Aucune ! Mais c'est tellement plus facile pour les dirigeants algériens de dire tout ça c'est de la faute de la France plutôt que de dire c'est de notre faute à nous.
Et donc moi je ne mélange pas le peuple algérien et les dirigeants algériens.
Le camp nationaliste a une histoire avec ce sujet. Ça a été l'OAS, ça a été l'Algérie française. Où en est cette histoire ? Non mais je ne sais pas,
je n'ai pas de camp moi. Excusez-moi. Non, non, non, mais je n'assume pas la responsabilité de l'OAS. Je suis navré de vous le dire.
Mais c'est quoi le sujet ?
L'Algérie était française.
Bien sûr, mais au FN, au RN, il y a eu beaucoup de gens de l'OAS, c'est l'histoire. L'Algérie était française. Absolument. François Mitterrand.
Est-ce que l'on peut condamner des gens qui ont souhaité que l'Algérie reste française ? On ne peut pas les condamner.
C'est la question de la colonisation. Au total, votre regard là-dessus, en 2025, bien sûr que les critères 2025 ne sont pas de 1962, mais au total, est-ce que la colonisation pour vous a été, et plus au-delà même de l'Algérie, positive ou négative ?
Non, mais si vous voulez, moi, je peux comprendre que des peuples souhaitent obtenir l'indépendance. Je peux l'entendre. Mais je pense que venir globalement dire que la colonisation était un drame pour l'Algérie, ce n'est pas vrai. Voilà, ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai. C'est économiquement, en termes d'infrastructures, etc. La France a apporté à l'Algérie un capital qui aurait dû lui permettre, d'ailleurs, encore une fois, de se développer et de devenir, comme je l'ai dit, la Norvège du Maghreb. Ils ne l'ont pas fait. Et c'est bien regrettable parce que c'est le peuple algérien qui en est la première victime. Et que fait le peuple algérien qui a obtenu son indépendance ?
Plutôt que de travailler à construire la richesse de leur pays, eh bien, en réalité, ils partent, ils fuient, ils s'en vont. Et ils s'en vont, entre autres, en France. Et c'est un constat d'échec pour les dirigeants algériens qui est monstrueux.
Madame Le Pen, le rapport entre l'Occident et les autres, ça redevient un débat central avec Elon Musk. Lui, il assume de le dire, quand vous lisez n'importe quel de ses tweets, minute par minute, parfois, il assume de dire « je veux que les États-Unis et l'Europe cultivent leur grandeur ». Il a ses initiales « maga, méga, grandeur par l'argent, par la technique, par la démographie ». Est-ce que vous approuvez Musk ?
Oui, mais moi, je crois à la grandeur des pays. Je veux dire, ce concept d'Occident est un concept dont on n'a pas trop entendu parler il y a longtemps, enfin, depuis longtemps.
C'est une duprie pour vous quand il dit « c'est Occident ». Non,
ce n'est pas ça, c'est que si vous voulez, c'est une sorte d'état d'esprit américain, très américain, qui est très imprégné par la guerre de civilisation, une sorte de compétition entre l'Occident et l'Orient, du coup. Voilà. Moi, je ne crois pas à cela. Moi, je crois à la puissance, à la culture, à la richesse de chaque pays. Et d'ailleurs, Donald Trump l'avait dit, il avait parlé de la constellation des pays. Bon, je suis plus dans cet état d'esprit-là, moi. Je pense que chaque pays a sa culture et qu'elle doit évidemment défendre sa propre culture parce que sa culture enrichit le monde. Ce qui est en sous-titre
de ce que dit Musk, c'est-à-dire, il y a une forme, souvent ça a été tabou, l'Occident est supérieur à la culture occidentale pour des raisons qu'il défend à tort ou à raison. Il y a une forme de supériorité occidentale et est-ce que vous le pensez ?
Non, mais moi, je ne crois pas du tout qu'il y ait une supériorité. D'une civilisation sur une autre, d'une culture sur une autre. Voilà. Moi, ce que je vois, c'est qu'il y a des pays comme la France qui ont offert des choses au monde. Voilà. Offert au monde. Nous avons offert cette grande idée de la liberté, nous avons offert un certain nombre de constitutions, nous avons offert un code civil, parfois un code pénal, nous avons offert les droits de l'homme et nous avons encore à offrir.
C'est la raison pour laquelle j'ai rédigé une charte des droits des peuples et des nations parce que je pense que c'est un cadeau, c'est quelque chose qu'il faut qu'on travaille et peut-être qu'on pourrait réussir à convaincre toute une série de pays d'un jour signer cette charte des peuples et des nations. Voilà, je crois profondément à cela. Donc, on a encore quelque chose à offrir au monde.
Quand Musk soutient l'AFD allemande, et là, il va très loin, c'est plus seulement l'entretien, etc., il dit que c'est l'espoir de l'Allemagne. Est-ce qu'il a raison ?
Non, mais vous savez très bien que pour le coup, l'AFD n'est pas un de nos alliés, mais en tant que citoyen, j'ai envie de vous dire,
il fait ce qu'il veut. Oui, il ne faut pas un citoyen comme un autre, le plus riche du monde avec une puissance considérable.
Oui, d'accord, vous savez, quand M. Obama soutient M. Macron contre Marine Le Pen, pardonnez-moi de vous dire que ce n'est pas non plus un qui-dame. Voilà, chacun a le droit d'exprimer après tout son propre sentiment. Ce que je ne souhaite pas, si vous voulez, et d'ailleurs c'est dans la charte des droits des peuples et des nations, très clairement, c'est qu'il y ait des entités supranationales ou des entités commerciales qui puissent en quelque sorte s'opposer au fonctionnement démocratique d'un pays.
Ça, je ne le souhaite pas et je l'ai prévu que ce soit Google, que ce soit super structure, y compris commerciale, je pense que les nations doivent se préserver en quelque sorte et se préserver et préserver leurs droits.
On assiste quand même à un moment étonnant, c'est-à-dire c'est comme si vous étiez doublé sur votre droite, Elon Musk soutient l'AFD, vous, vous l'avez jugé infréquentable, je crois que vous l'avez quitté, vous étiez dans le même groupe européen jusqu'à mai 2024, elle a tenu des propos très extrémistes, il y a des projets à l'AFD très extrémistes, la remigration, y compris de gens qui ont la nationalité allemande, là vous êtes dépassé par votre droite, par Musk.
Je ne sais pas, en tout cas moi ce qui est sûr c'est que mes alliés sont des gens qui partagent la philosophie qui est la mienne et les grands principes qui sont les miens. Mais essayer de comparer en toutes circonstances ce qui se passe aux Etats-Unis et ce qui se passe en France ou en Europe est une absurdité. Les Etats-Unis c'est un pays, une puissance à part avec sa propre culture d'ailleurs.
Alors revenons en France, revenons en France. François Bayrou, je fais référence à la même interview sur LCI l'autre jour. On a évoqué ses propos sur ce qu'il appelle le sentiment de submersion migratoire. Il a aussi parlé du métissage, c'est une autre séquence qui a été beaucoup commentée. Quand il évoque le métissage, il dit moi je ne veux pas que le métissage soit au fond un but. Il n'est pas contre, mais il dit ça ne doit pas être un but. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Il a parfaitement raison. Enfin, j'ai envie de dire de quoi je me mêle. Parce que vous vous rendez compte, est-ce que vous n'avez pas le sentiment quand même qu'il y a un parfum de totalitarisme lorsque les politiques se piquent de décider qui doit se marier avec qui, qui doit vivre avec qui, enfin moi je suis choqué parce que je suis attaché à la liberté. Donc il y a quand même derrière tout ça une espèce de relance un peu totalitaire dans la gauche de manière générale, encore une fois sous l'impulsion de l'extrême gauche. Une partie de l'électorat le pense.
La créolisation, l'idée, une partie de l'électorat le pense, a toujours raison, qu'il faut aller vers ça. C'est-à-dire qu'il y a une sorte de logique historique à ce que les cultures, les origines soient toujours davantage brassées.
Mais c'est l'idée la plus stupide que j'ai. Non mais c'est pas le problème. Qu'il y ait des brassages, il y en a toujours. Oui, il y en aura toujours. Il y en aura toujours. Mais ils doivent être la conséquence de choix individuels. Ça ne peut pas être une politique volontariste impulsée ou imposée par un gouvernement. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il y a toujours une, comment dire, une tentation totalitaire à l'extrême-gauche qui consiste, que ce soit en matière de liberté d'expression ou que ce soit dans ces domaines-là, à vouloir imposer aux individus leur manière de voir les choses. Bon sang, mais laisser les gens faire ce qu'ils souhaitent, ce qu'ils veulent, ça n'a aucun sens.
Que représente
Jean-Luc Mélenchon pour vous ? Vous êtes, lui et vous, aux deux pôles de cette classe politique aujourd'hui. Les deux acteurs, alors qu'on vous déteste ou qu'on vous aime, peu importe, vous êtes ceux qui peuvent faire tomber le gouvernement, par exemple. Vous êtes cousin, vous êtes allié objectif, il y a une forme de miroir, quoi ?
Mais pas du tout. Pas du tout. Nous sommes des adversaires politiques. Et de ma part, résolus, je crois, de la chaîne aussi, d'ailleurs. Nous avons, nous portons des visions radicalement différentes. Et je vais vous dire, je ne partage pas, je vous dis très franchement, l'admiration d'une partie de la classe politique pour Jean-Luc Mélenchon, car je l'ai vu évoluer, plus qu'évoluer, je l'ai vu devenir hypocrite, je l'ai vu devenir électoraliste, voilà. Je l'ai vu changer radicalement de position parce qu'il y avait un intérêt électoral. Et je n'ai pas une grande admiration pour ça.
Vous voulez dire qu'il fait du clientélisme ?
Oui, clairement. Mais il fait du clientélisme sur le dos de l'unité du pays, sur le dos de la pacification des relations, sur le dos du refus qui était avant très largement partagé du communautarisme qui sépare en fait et qui conflictualise.
Une partie des Français pensent que vous vous répondez en quelque sorte, qu'il y a un cercle, disons, de la raison, votre ami Minc. Et puis que, en réalité, ce cercle s'est réduit.
Minc pense encore qu'il est le cercle de la raison. Ça, ça me fait rire. Mais bon, je ne sais pas, les types, ils ne peuvent pas regarder leurs résultats quand même et se dire, honnêtement, on a été nuls. On a été nuls. Les gens sont malheureux. Les résultats sont catastrophiques. Et peut-être faire preuve d'un peu de modestie. Même si, je ne sais pas si Minc et Modesti, ça peut aller ensemble.
Vous lui ferez plaisir. Vous risquez de lui faire plaisir.
Oui, peut-être. Marine Le Pen,
je vous titillais tout à l'heure sur ce côté, vous êtes dépassé par vos droites. Mais c'est vrai que ce qui se passe aux Etats-Unis est tellement fascinant. C'est-à-dire que eux sont allés très loin dans la pluralité. Vous citiez Obama, président, noir, attendez, attendez, si c'est le sujet. Obama, attendez, attendez, laissez finir la question. Obama, plus à gauche, noir, très beau pied de nez au racisme aux Etats-Unis. Et puis le balancier va jusqu'à Trump qui, à bien des égards est politiquement le contraire. Voilà. Il y a ce plafond qui fait que, pour l'instant, vous avez été arrêté par le haut.
Mais quel rapport ! Vous racontez n'importe quoi ! Pardon, je vous dois... Je veux dire, votre propos est raciste. Non, non, non, mais c'est la limite pour vous. Qu'est-ce qui est raciste là ?
Qu'est-ce qui est raciste là ?
Mais ce qui est raciste, c'est en réalité de juger les gens en fonction de la couleur de leur peau. Monsieur Obama, noir, mais il aurait été blanc, que ça aurait changé quoi ? Vous savez très bien que ça compte dans une élection. Bien sûr, Marine Le Pen. Bien sûr. Ça, c'est la vision qui est portée par la gauche. Ça n'est pas la vision française. Ça n'est pas notre vision. Nous, ce qui nous intéresse, c'est l'appartenance à la nation. Quelle que soit sa couleur de peau, quelle que soit sa religion, et faire de la couleur de la peau un enjeu, je trouve que c'est déjà une forme...
une forme... Non, mais être homme, femme... Je suis désolée. Alors, peut-être pas
une forme de racisme, une forme de racialisme.
Marine Le Pen, être homme ou femme ou chrétien ou musulman ou juif, etc., ça compte évidemment dans l'idée que les gens se font une personne.
Non, ça compte dans l'idée que la classe politique veut donner. Or, moi, je suis désolée, mais ça n'est pas ma vision. Ça n'était pas ma question. Donc, c'est quoi le sujet ?
Madame Le Pen, le sujet, c'est est-ce que vous êtes définitivement plafonnée ? C'est-à-dire ce qui s'est passé avec le front républicain. Beaucoup ne l'ont pas vu venir, quand même. C'est l'événement, toute la situation dans laquelle on se trouve aujourd'hui découle de ça.
Merci, c'est donc pas l'ascenseur. Non.
Vous m'avez piégé. Bravo, bravo. Un point pour vous. Quoi qu'il en soit, une des causes, c'est ça. C'est-à-dire que qu'on s'en réjouisse ou qu'on le déplore, il y a eu ce front qui s'est formé et qui a fonctionné. Et les électeurs ont suivi. Ce n'est pas seulement de la tambouille politique. Les électeurs ont fait qu'il y a eu un front contre eux.
Oui, d'accord. Mais enfin, je veux dire, ce plafond... Pardon, mais est-ce que vous avez vu l'évolution du nombre de voix, l'évolution du nombre d'élus en deux ans, enregistré par le Rassemblement National ? Alors, si c'est un plafond, il est en train de monter à une vitesse absolument vertigineuse. Donc, moi, je ne crois pas à cette théorie du plafond. Ça, c'est un truc de la classe politique pour se rassurer. Ça marche très longtemps. Donc, pour rassurer les enfants le soir,
on perd du loup, quoi. Ça marche depuis très longtemps, depuis Mitterrand, depuis Mitterrand dans les années 80, cette façon d'utiliser le FN, vous savez très bien, comme épouvantail ou comme marche-pied.
Oui, mais la réalité, c'est que, justement, ça ne fonctionne pas
et c'est pour ça... Quand est-ce que ça s'arrêtera ?
Mais...
2017, c'était encore ça. 2022, c'était encore ça, non ?
Oui, mais... C'est une manière de tordre le bras des électeurs, en fait. C'est-à-dire, c'est une manière de vicier le fonctionnement démocratique.
Ils sont adultes et vaccinés, ils votent comme ils veulent.
Ce n'est pas tout à fait vrai quand ils n'ont plus la possibilité de voter. Parce que c'est ça ce qui s'est passé pendant l'entre-deux-tours des législatives, c'est qu'il y a des partis politiques qui ont retiré leurs candidats pour forcer les électeurs à voter pour le candidat qu'ils avaient choisi. Ça, c'est profondément malsain. Ça crée une fracture encore plus importante avec le peuple français. Donc, si vous me dites est-ce que vous pensez qu'un jour vous allez vous pouvoir, la réponse est oui.
Vous voyez le JT de PS1 20 heures avec le visage de Marine Le Pen ? Je n'ai pas ce type
d'image d'ego. Je m'y prépare, j'y travaille et j'ai hâte. Je vais vous dire, j'ai hâte. Parce que je n'en peux plus de l'inertie, parce que je n'en peux plus que notre pays réitère toujours les mêmes erreurs dont pourtant ils devraient savoir qu'elles ont contribué à mettre notre puissance France dans une situation de faiblesse qui est probablement historique, historique dans l'intégralité des domaines, dans le domaine de la santé, dans le domaine de la recherche, dans le domaine de l'enseignement, dans le domaine de l'industrie.
Qu'est-ce qui changera cette fois, Marine Le Pen ? Mettons que ce soit un Édouard Philippe, un François Bayrou, un Bruno Retailleau, un Gabriel Attal, que sais-je. Comment, pour vous, éviter que tous ces gens-là, à la fin, au deuxième tour, on dise, les gens, disons, trouvent un peu, quand même, à la fin, un peu plus convenable, comme le disait le vieux mot bourgeois, de voter pour eux que pour vous. Cette machine qui a marché, encore une fois, depuis les années 80, en tout cas, qui a marché et en 2017 et en 2022, en votre défaveur.
Oui, d'accord, mais ça a beaucoup moins marché en 2022 que ça n'avait marché en 2017. En 2017, ça a moins marché que ça n'avait marché antérieurement. Ça marche de moins en moins. Pourquoi ? Parce que les Français quand même prennent conscience que, encore une fois, rien ne change et que de l'ensemble de cette classe politique qui est en réalité issue de la même matrice, ils n'obtiendront aucun des changements qui sont des changements
qui nécessitent en même temps une vision et du courage. Mme Mélanie en Italie. Pays-Bas, Pays-Bas, c'est fascinant, c'est moins connu des Français, ou Pays-Bas, Vilders, pas lui-même, mais son parti gouverne même avec les libéraux. D'ailleurs, c'est le groupe Renew, c'est des macronistes en quelque sorte. Je connais bien. Bon, il se passe là des choses incroyables alors qu'ici en France, et encore une fois, qu'on s'en réjouisse ou qu'on le déplore, ça, chacun est libre, non, vous êtes quand même retenus.
Mais non, mais pas du tout, on a un système. D'abord, notre système est très différent des autres. Oui, non, mais ce n'est pas complètement anodin, si vous voulez. C'est qu'en réalité, en France, le Premier ministre gouverne, mais gouverne sur la voie qui est tracée par le Président de la République. Dans les autres pays européens, en réalité, c'est le Premier ministre qui est le chef. Chez nous, c'est le Président de la République qui est le chef. Ça change absolument tout. Soyons très concrets.
Est-ce que l'hypothèse existe pour vous, comme c'est le cas aux Pays-Bas, comme c'est le cas avec des formes différentes en Italie, qu'un jour, dans un gouvernement, il y ait une coalition entre vous, le RN, et des gens de la droite classique ? Est-ce que c'est possible d'entrer dans un gouvernement ? Est-ce que vous y seriez ?
Moi, je ne vais pas entrer dans un gouvernement de droite. Pourquoi ? Parce que je n'ai aucune confiance en eux. Parce que je les ai vus à l'oeuvre. Et parce que moi, je n'ai pas besoin de mettre mon doigt sur la flamme quatre fois de suite pour savoir que ça brûle. Vous voyez ? Ça veut dire que votre ligne,
ça reste tout le pouvoir ou rien ?
Non, mais ça ne veut pas dire que derrière, on ne peut pas réfléchir à une majorité au sein de l'Assemblée nationale qui soit élargie. Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas proposer à un certain nombre de personnes. Mais un gouvernement
de coalition, jamais ?
Non, ça ne fonctionnera pas. Mais ils ne le feront pas, d'ailleurs. Parce qu'en réalité,
si... Vous avez débauché Ciotti. Non, mais si le système... C'est pas énorme, mais enfin, vous avez débauché Ciotti. Est-ce qu'un jour, ce tabou sautera ?
Ne dites pas, c'est pas énorme, etc. Non, mais numériquement, c'est la réalité. La réalité, c'est que... Numériquement. La réalité, c'est que l'immense majorité des électeurs LR se sentent beaucoup plus proches du Rassemblement national que du Parti socialiste, à la différence de M. Wauquiez, vous voyez ? Donc, les choses peuvent, évidemment, changer assez rapidement. Mais ce qui est sûr, c'est que l'impulsion, la vision, la ligne, ça ne peut pas être celle d'une droite qui a échoué sur tout.
Quelques questions très précises. Le référendum, le président de la République ouvre la possibilité, là, en début d'année, voilà. Est-ce que vous êtes tenté de lui dire chiche ? Est-ce que vous avez une idée ? Est-ce que vous avez proposé, d'ailleurs, c'est aussi le rôle, article 11 du gouvernement, de dire, allons-y, puisque vous ouvrez la porte, allons-y.
Et sur quoi, il veut le faire ? Parce qu'un référendum, c'est pas oui ou non, que ceux qui nous écoutent le comprennent. C'est pas une question avec oui ou non. C'est pas plus ou moins d'immigration. C'est un texte de loi qui est soumis à l'avis du peuple français. Donc, il y a une chose qu'il aurait pu faire, par exemple, il aurait pu passer sa réforme des retraites par référendum. Et il se serait rendu compte que les Français, il était opposé. Voilà quelque chose qu'il aurait pu faire.
Donc, je veux dire, s'il ne nous dit pas sur quel sujet et quel est le contenu, en réalité, de ce qui est soumis aux Français, si c'est pour dire est-ce qu'il faut beaucoup d'immigration, beaucoup plus, ou énormément plus, bon, ben non, il faut faire un référendum comme ça. Je trouve que ça n'a pas d'intérêt. Quelques mots. Maintenant, nous, vous le savez, nous avons proposé un référendum dont une partie est constitutionnelle qui vise à intégrer le droit des étrangers dans la Constitution pour nous redonner des marges de manœuvre dans un domaine où nous n'avons plus de marges de manœuvre parce qu'elles nous ont été captées. On ne va pas faire ce débat.
Vous savez combien c'est compliqué le Conseil constitutionnel. Sans doute, vous vous retoquerez, refuserez. De Gaulle l'avait bousculé, mais c'était De Gaulle.
Ah, d'accord. Donc, en fait, c'est à la tête du client, quoi. En général, dans une grande démocratie, si vous voulez, ce que l'un a le droit de faire, l'autre a le droit de le faire aussi. Mais si c'est à la tête du client, écoutez, j'essaierai d'avoir la tête qu'il faut,
dirons-nous. De Gaulle avait un autre poids politique que vous, en l'occurrence.
Ah, mais ne parlez pas si vite que ça. Le poids politique que l'on a lorsqu'on est élu, c'est celui que le peuple français vous donne. Et il n'y a pas d'autre souverain que le peuple français. Et le Conseil constitutionnel n'est pas un constituant. Le constituant, moi, je le crois, c'est le peuple, ça doit être le peuple français, et lui seul, d'ailleurs.
Madame Le Pen, quelques mots sur la politique étrangère. Si vous étiez au pouvoir, voilà, puisque vous le dites, vous vous projetez dans cette situation-là. Donald Trump met l'épée dans les reins des Européens, notamment concernant les droits de douane. Comment lui répondrez-vous ?
Oui. Donald Trump met l'épée dans les reins pour obtenir quoi ? Qu'est-ce qu'il veut ?
Parce qu'avant même qu'il ait... Je vais déjà vous répondre. De l'argent. Beaucoup d'argent.
Non, non, mais pardon. Avant même qu'il ait dit quoi que ce soit, Madame von der Leyen a expliqué que le meilleur moyen de ne pas avoir de problème avec M. Trump, c'était d'acheter massivement du matériel militaire américain. Il se bouche. D'accord. Et donc l'industrie française va mourir. Donc il est évident que si vous voulez, il ne va pas avoir grand-chose à négocier, M. Trump, si tout le monde arrive à plat ventre devant lui. D'accord. Mais vous,
qu'est-ce que vous faites alors ?
D'abord, je vais discuter avec lui. Je vais défendre les intérêts de la France. Défendre les...
Ça, je pourrais répondre ça à votre place. Franchement, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
Non, mais vous me posez une question. Qu'est-ce que vous allez faire ? Mais de quoi ?
Quelle rétorsion ?
Mais quelle question est posée par M. Trump ? Qu'est-ce qu'il souhaite ? Vous n'en savez rien ? Je n'en sais... Non, pas les droits de doigt. Ça ne veut rien dire.
Sur les vins, sur les fromages, sur l'aéronautique, etc. Ça arrive. C'est un tsunami qui arrive sur la France.
Ce qu'il ne veut pas, M. Trump, c'est que, d'après ce que je comprends, puisque ça n'a pas été tout à fait explicité, c'est qu'il y ait massivement des voitures allemandes qui arrivent aux États-Unis.
Il a une dent contre les Allemands encore plus que contre les Français. Ça, c'est un autre sujet.
Nous aussi un peu, je ne vous cache pas, parce qu'ils ont sacrifié notre agriculture française précisément pour vendre les mêmes voitures allemandes. Moi, ce que je crois, c'est que M. Trump est tout à fait conscient que les pays souhaitent défendre leurs propres intérêts. Et que le principe d'une négociation, c'est qu'est-ce que vous considérez comme étant votre intérêt prioritaire et qu'est-ce que je considère, moi, comme étant mon intérêt prioritaire. Et on va essayer de trouver un point d'accord sur ce sujet. C'est pour ça que les accords de libre-échange sont en réalité une perversion ultime. C'est qu'ils ne permettent plus de discuter d'État à État sur quel est notre intérêt.
Et qu'on s'est retrouvés pour vendre des voitures allemandes. Moi, je suis content que les Allemands vendent des voitures, mais honnêtement, pour notre économie, ça ne m'a rien rapporté. Et qu'en revanche, on a tué l'agriculture française parce que c'était la monnaie d'échange.
Ça, pour moi, c'est plus possible. Est-ce que vous faites partie d'une internationale avec Donald Trump ? On voit qu'un certain nombre, Orban, par exemple, Marion Maréchal, ils ont des réserves aussi, mais enfin, ils sont allés, par exemple, à l'investiture. C'est le cas aussi de Sarah Knafow, Eric Zemmour, etc. Vous semblez un peu dans une position intermédiaire. Pourquoi ?
Parce que j'aspire à diriger la France. Et que la France est dans mon esprit et dans l'histoire une puissance particulière. C'est une puissance d'équilibre, c'est une puissance non-alignée. C'est une puissance qui ne peut pas devenir soumise à quiconque, ni aux États-Unis, ni à l'Union européenne, ni à la Russie, ni à aucune autre puissance. Vous, au pouvoir, vous seriez non-alignée,
vous venez de prononcer ce mot, ce serait le retour du non-alignement.
Oui, bien sûr. Bien sûr. Je crois que la France doit être à équidistance. Parce qu'encore une fois, elle a ce rôle particulier, elle a cette forme de modération particulière. Elle est la voix des peuples qui n'en ont pas. Et elle doit conserver cette spécificité, là, face à des mastodontes commerciaux, financiers ou militaires.
Comment faire dans ce monde où les pressions sont partout ? Et je vous pose une vraie question piège. Regardez. D'habitude, tous ceux qui sont au pouvoir se tortillent quand on leur pose la question, parce qu'il y a tellement d'intérêts contradictoires. Mandat d'arrêt international contre Vladimir Poutine et Benjamin Netanyahou. Si demain, ça peut se produire, une panne d'avion, c'est qu'à portée d'arrestation, le Premier ministre israélien ou le président russe est là, est-ce que la France les arrête ? Comme théoriquement, les traités et le droit devraient les y contraindre.
Moi, j'y suis très opposée.
Pourquoi ?
Parce que je considère que c'est au peuple de juger leur propre dirigeant.
Pour les deux ?
Et pour Netanyahou et pour Poutine ? Non, mais je veux dire, si il y a jugement à avoir, d'ailleurs, et que ça n'est pas à une communauté internationale aussi pétrie de bonnes intentions qu'elle soit... C'est la signature de la France.
Elle a signé le traité. Elle a signé ses traités.
Oui, d'accord. Elle peut avoir commis une erreur. Moi, je pense que c'est une erreur. Voilà, je vous le dis. Je pense d'ailleurs qu'un dirigeant jugé ailleurs que par son propre peuple, comme ça a été le cas d'ailleurs d'un certain nombre dans l'histoire, en réalité, cette sentence n'a pas de légitimité. Et elle reste contestée pendant de très nombreuses années. Donc, je pense que ça n'est pas une bonne manière de faire.
Certains diront que c'est de la réelle politique, très, très réelle politique, pas très morale, du coup.
Oui, mais est-ce qu'on a obtenu le bien-être des peuples en faisant de la morale ? On a fait beaucoup de morale. L'Union européenne a fait beaucoup de morale. On pourrait beaucoup en parler, d'ailleurs, parce que c'est un peu le syndrome Jonathan Daval. Plus ça pleure, et puis en réalité, plus c'est coupable. Parce que... Et en réalité, on n'a pas obtenu une amélioration du niveau éthique. Si l'Union européenne était si attachée à l'éthique, elle arrêterait d'être le recèleur du pillage qu'effectue le Rwanda à l'égard de la République démocratique du Congo.
Parce que le Rwanda pille les matières premières, qui sont souvent rares, d'ailleurs, qui appartiennent aux Congolais, et les revendent à l'Union européenne depuis février 2024. Et l'Union européenne ferme les yeux sur ce pillage. Vous croyez que c'est très moral, ça ? Voilà, vous voyez. Attention, parce que la morale telle qu'elle est exprimée par l'Union européenne est parfois assez contestable.
Question concrète encore sur Mayotte, puisque vous parliez de ça et on a dévié. Le droit du sol à Mayotte. On voit que le gouvernement, projet aussi de certains parlementaires, veut restreindre le droit du sol, c'est-à-dire les femmes ou les couples, devraient être sur l'île depuis un an pour que leur enfant soit français. Est-ce que pour vous, c'est un modèle exportable à la métropole ?
Non, mais d'abord, tout ça n'aura aucune influence. L'espèce de manœuvre, on allonge, on retire, on restreint, ça ne fonctionne pas. à l'échelle de la métropole, ce serait une révolution.
A l'échelle de la métropole, ce serait une révolution.
Non, ce n'est pas une révolution. Ce n'est pas au niveau du problème. Il faut supprimer le droit du sol partout. Voilà. La nationalité française s'obtient soit parce que vous avez un de vos deux parents qui est français, soit parce que vous méritez de devenir français. Vous en faites la demande et on vous accorde l'immense honneur de le devenir. Point. Ça ne devrait pas être une sorte d'acquisition quasi automatique comme ça l'est aujourd'hui car c'est une pompe aspirante de l'immigration.
Madame, votre parcours politique, quelques mots encore. On commençait par là et j'étais frappé avant d'entrer dans cette salle. On parlait évidemment de la disparition de votre père. Il y a eu ce moment assez marquant. Vous avez parlé sur J.D. News en disant que jamais vous nous pardonneriez la décision de l'avoir exclu de votre parti et vous avez parlé d'une immense douleur. Pourquoi ?
C'est une immense douleur que je lui ai causée. Je ne pouvais pas faire autrement que de prendre cette décision et ce n'est pas parce qu'on ne peut pas faire autrement que de prendre une décision que celle-ci que vous vous pardonnez de l'avoir prise. Je pense qu'il était utile et même absolument nécessaire que je la prenne. Il n'en demeure pas moins que cette décision a suscité chez lui une grande douleur et que vous ne pourrez jamais m'empêcher parce que j'espère être quelqu'un de bien de me poser la question de la légitimité qui était la mienne d'exclure du mouvement son fondateur. Si je ne me posais pas ces questions-là, je serais un monstre en quelque sorte de froideur et d'égoïsme.
Je ne le suis pas. Mais j'ai assumé de prendre cette décision tout en sachant que peut-être que je ne me la pardonnerai pas et c'est manifestement le cas.
Vous en avez des remords ?
Non, parce que des remords voudraient dire qu'en quelque sorte j'aurais pu ou dû faire autrement et je dis dans la même interview que je ne vois pas ce que j'aurais pu faire d'autre. Il ne m'a pas tellement laissé la possibilité de faire autrement non plus. Donc je n'ai ni remords ni regrets mais je conserve voilà, je conserverai toujours cette forme de culpabilité même si je ne devrais pas et de tristesse d'avoir été obligé de faire ça.
Dans un de ses derniers entretiens on lui demande qu'est-ce que vous diriez qu'est-ce que vous diriez à votre fille de l'autre monde ? Et il répond je t'aime conduis-toi comme ton père.
C'est un beau message. Je veux dire je pense qu'il souhaitait que ses enfants se comportent avec dignité avec droiture avec patriotisme qu'ils fassent passer l'intérêt des Français et de la France avant leur intérêt propre. C'est ce qu'on essaye de faire.
Est-ce que votre père vous manque ?
Oui.
Vous êtes passé à papa vous disiez souvent Le Pen.
Oui, oui. Vous êtes passé à papa. Oui, bah oui.
Quand ?
Le jour où il n'a plus été en réalité une personnalité politique. Vous savez vous êtes obligés de partager votre père quand il est une personnalité politique vous le partagez avec beaucoup de monde et puis un jour je l'ai dit là j'ai dans eh bien on vous rend votre père. Il faut en profiter. C'est le moment où il faut en profiter.
Est-ce que vous croyez à la vie après la mort ?
Oui, bien sûr.
La présence des morts ?
Bien sûr. Bien sûr.
Qu'est-ce que vous retenez de lui ?
Je ne peux pas vous dire une chose. Je veux dire je retiens de lui un modèle au-delà de ses erreurs de ses défauts mais je veux dire les combattants aucun combattant n'est un saint aucun à part peut-être Jeanne d'Arc mais je retiens une pugnacité je retiens une vraie sincérité dans l'amour qu'il portait au pays et des sacrifices qu'il était capable de faire pour lui. Voilà, je pense que ça c'est quelque chose c'est quelque chose auquel je tiens c'est une ligne de conduite en tout cas pour moi.
Il y avait ce vieil adage Romain des mortuisses ni il ni zibéné quand quelqu'un est mort on ne dit pas de mal il y avait tellement de passion autour de Jean-Marie Le Pen qu'une certaine partie de l'opinion en est sorti vous y faisiez allusion tout à l'heure il y a eu ces manifestations de fêtes par exemple à la Bastille cet héritage de violence verbale parfois physique est-ce que ça pèse encore ?
Non, pas une partie de l'opinion non, je ne crois pas l'extrême gauche car je peux vous dire que de manière l'immense majorité de nos compatriotes ont été terriblement choquées par les scènes qui ont eu lieu parce que nous avons au fond de nous dans notre culture française dans nos valeurs françaises le respect de la mort le respect des morts et qu'on sait que ceux qui ne respectent pas les morts ne respectent pas non plus les vivants voilà donc moi je veux croire qu'ils ont été une ultra minorité comme dans beaucoup d'autres domaines d'ailleurs une ultra minorité qui ne respecte rien et que ça en dit beaucoup plus long sur eux que sur la personne contre laquelle ils manifestaient alors même qu'ils n'étaient pas encore dans sa dernière demeure
un dernier mot Marine Le Pen les politiques ceux qui sont arrivés au pouvoir souvent à un moment donné ont dépassé Mitterrand qui avait des amitiés d'extrême droite et qui avait été le programme commun Chirac qui a à peu près tout été enfin il y a ça quand on veut accéder au pouvoir à un moment donné transcendé rassemblé vous n'en êtes pas là est-ce que est-ce que c'est possible pour vous de rassembler sur quoi ? vous me dites que sur quoi ? je vous pose la question je retire mon constat c'est pas moi de vous juger je vous pose la question je vous pose la question je vous pose la question sur quoi ? sur quoi vous vous voulez rassembler ?
moi je me suis j'ai combattu pendant longtemps au sein de mon propre mouvement sur l'idée du ni droite ni gauche je ne voulais pas me laisser enfermer dans cette étiquette je la trouvais totalement stupide et inepte et donc c'est aussi parce que je considère que l'ensemble des français peuvent se retrouver en fait dans le projet qui est le nôtre et je crois que la seule le seul creuset précisément qui peut rassembler tout le monde c'est la nation et à chaque fois que la nation s'est affaiblie les divisions en fait se sont multipliées donc c'est la nation qui est unie et donc comme je porte cette idée de nation au-delà de tout au-devant de tout et bien j'ai je le souhaite l'espoir autour de cette nation de pouvoir à nouveau rassembler l'ensemble du peuple français quelle que soit son origine quelle que soit son sexe quelle que soit sa religion quelle que soit même ses idées politiques
Marine Le Pen merci
c'est moi qui vous remercie c'est moi qui vous remercie
c'est moi qui vous remercie c'est moi qui vous remercie
Marine Le Pen