Affaire Hulot, crise des migrants entre la France et la Grande-Bretagne... Le "8h30 franceinfo" de Sandra Regol
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Bienvenue à tous dans le 8.30 politique de France Info avec Myriam Ancaoua de la chaîne parlementaire. Bonjour Myriam.
Bonjour Ersine, bonjour à tous.
Notre invitée ce matin est secrétaire nationale adjointe d'Europe Ecologie Les Verts, Sandra Regol. Bonjour. Bonjour. Ces dernières années, vous aviez publiquement pris la parole avec d'autres militantes écologistes pour dénoncer le comportement de Nicolas Hulot. Qu'avez-vous pensé de l'émission Envoyé Spéciale jeudi soir et de ce reportage Enquête sur lui ?
C'est toujours très difficile parce qu'avant ce reportage il y a eu la prise de parole comme une façon de couper la parole à ces femmes de Nicolas Hulot la veille sur une autre chaîne, sur BFM, exactement comme en 2018 et en fait j'ai envie de vous dire exactement comme à chaque fois qu'un homme est mis en cause pour des faits de harcèlement sexuel, en tout cas quand il est connu et qu'il a un grand accès aux médias.
Il y a une deuxième chose qui est douloureuse et habituelle, c'est qu'en fait systématiquement ces hommes vont dénoncer un tribunal médiatique, des journalistes qui se substitueraient à la justice là où en fait les femmes en face, les victimes potentielles en face n'ont jamais droit à la parole. Tout ça est très difficile mais cette fois-ci contrairement à 2018, on voit qu'il y a une prise de conscience et on voit que ces femmes sont enfin entendues. Vous aviez dit dans Libération hier je crois, après ce reportage Nicolas Hulot c'était l'impunité faite homme. Qui a participé à ce système d'impunité ? Est-ce qu'il y a eu une omerta politique sur Nicolas Hulot ?
Alors Nicolas Hulot c'est plus un homme d'affaires, un présentateur télé, un animateur, je ne sais pas comment le qualifier qu'un homme politique, il a été très brièvement ministre d'Emmanuel Macron. Il a, il est vrai, beaucoup échangé avec les écologistes. Il s'est investi dans le champ politique, beaucoup. Non, il n'a pas travaillé avec les écologistes, il a tenté d'être le candidat des écologistes. Il s'est évolué à la primaire en 2012. Oui, comme beaucoup d'autres personnes. Tout à fait, comme d'autres personnes qui n'étaient pas adhérentes au parti et dont vous avez oublié le nom aujourd'hui.
Vous voulez dire qu'il n'était pas l'un des vôtres ?
Il n'a jamais été écologiste, même si je sais que depuis quelques jours, le jeu consiste à beaucoup dire qu'il a été écologiste au sens Europe Écologie Les Verts. Il est une figure reconnue comme une voix de l'écologie en France, pas celle de l'écologie politique. D'ailleurs, vous pouvez passer vos archives en revue. Ça fait de nombreuses années que Nicolas Hulot ne fait rien avec Europe Écologie Les Verts pour une raison toute simple, à partir de l'enquête d'Hebdo, en tout cas en amont, à partir du moment où on a pris conscience de ce que ça signifiait, plus personne n'a invité.
Reprenons la question de Myriam, cette impunité.
Oui, parce qu'on va parler du soutien politique du gouvernement, mais puisqu'on parle des écologistes. En 2016, à la surprise générale, Nicolas Hulot a renoncé à se présenter à la primaire des écologistes. Non, pas la primaire, à se présenter à la présidentielle tout court. Non, il voulait participer, il l'a dit, au printemps. Et puis, en juillet, le 5 juillet 2016, il a renoncé à la surprise générale. Question très simple. Vous qui avez tenté d'alerter, est-ce qu'il y a eu des tensions à ce moment-là au sein du parti ? Et est-ce que les féministes sont à l'origine de ce retrait ? Parce qu'on entend beaucoup dire qu'il y a eu beaucoup de tensions depuis longtemps sur Nicolas Hulot.
C'est tout à fait possible. Je n'ai aucun souvenir de tensions ni de véritables tentatives de Nicolas Hulot d'être candidat dans la primaire écologiste. Donc, je suis peut-être très mal placée pour vous répondre, mais je crois me souvenir à peu près de ce qui se passait à cette époque-là. Moi, j'ai souvenir d'une campagne commencée bien en amont entre Cécile Duflo et Yannick Jadot, mais absolument pas d'une présence de Nicolas Hulot qui, en revanche, voulait se présenter directement à la présidentielle. Emmanuel Macron et tout le gouvernement ont fait bloc. Donc, là, je vais un peu plus loin dans le temps et je reviens à récemment, en 2018, on fait bloc derrière lui.
Ils doivent s'expliquer aujourd'hui sur ce soutien ? Ils doivent s'excuser même de ce soutien. En fait, ce qui est très dur, c'est qu'on n'est pas égal face à la capacité à dénoncer les actes d'agresseur. C'est plus facile quand vous avez accès à des micros. C'est plus facile quand vous n'avez pas de relations hiérarchiques. Quand cette personne n'est pas importante. On parla d'une des personnalités préférées des Français depuis des années. On parla d'une personne qui était ministre.
Et le jour où des accusations émergent, c'est tout le corps de l'État qui se met en branle pour dire « Nous sommes derrière lui », le Premier ministre, des ministres, des secrétaires d'État et même le Président de la République. Tout le monde dit « Circulez, il n'y a rien à voir ». Est-ce que vous imaginez le message pour toutes les femmes qui souffrent de violences sexuelles ? Ça veut leur dire, le message était très clair, ça leur disait « Si vous voulez nous toucher, nous nous ferons encore contre vous ». Est-ce que vous imaginez la violence qu'il y a quand déjà vous avez subi des agressions, à ce que tout ce corps hyperpuissant vous dise « Vous n'avez pas droit à la parole ».
Vous considérez que c'est le cas pour l'ensemble de la classe politique, que la classe politique a réussi à éviter le mouvement MeToo et ses conséquences directes ?
Alors, on a toutes et tous une part de responsabilité, ça c'est une certitude, toute la société, pas que le champ politique. Je crois que du côté des écologistes, on a agi très tôt, on n'est pas parfait, mais on a mis en place en tout cas des outils pour permettre aux militants, aux militantes de saisir et de nous permettre d'enquêter et d'agir. Il est un peu triste que toute la société française ne mette pas en place à tous les échelons, dans le privé, dans le public, des moyens pour que les personnes soient écoutées, entendues et qu'on puisse les accompagner. Ça, c'est le vrai souci. Un mot sur Marlène Chappin, quand même.
Oui, il y a quand même une omerta qui s'est développée, qui n'est pas spécifique au champ politique, mais qui se voit mieux dans le champ politique. C'est aussi pour ça que c'est notre devoir d'essayer de parler le plus possible, avec une limite. La loi n'est pas de notre côté, puisque la diffamation, les procès en diffamation sont quand même légion. Et chaque fois qu'on parle, c'est à ça aussi. Vous avez dû faire attention à votre parole. On fait toujours attention. On est face à un gouvernement où il y a deux ministres qui ont été accusés d'agression sexuelle. Deux ministres, dont le ministre de l'Intérieur.
On a à côté de ça des députés en marche, dont certains sont poursuivis pour violence sur leurs femmes ou pour des actes de violence sexuelle. Comment vous voulez qu'on puisse avoir une parole saine pour les femmes dans ce pays, quand le gouvernement choisit délibérément ? La solution, ce serait quoi ? Vous avez signé cette tribune MeToo politique. Il faut, au fond, écarter systématiquement, même quand il n'y a pas de plainte, même quand il y a juste une accusation, pour montrer qu'on croit les femmes, écarter tous les candidats aux élections ? Il faut au moins donner les moyens d'enquêter. Encore une fois, je vous le dis, nous avons mis en place des moyens d'enquêter. Ce n'est pas parfait.
Il faut progresser. Mais nous n'avons que les moyens d'un parti qui a la taille qu'il a. Nous n'avons pas les moyens de l'État. Les associations savent très bien ce qu'il faut. Il faut un milliard d'euros à investir dans le soutien aux associations de victimes, dans la formation, pour recevoir les plaintes dans les commissariats et dans la justice. C'est simple, tu en sais comment. Un petit mot pour terminer sur cette partie. Marlène Schiappa, la secrétaire d'État à l'égalité femmes-hommes, à ce moment-là, fait cette tribune de soutien dans le JDD. Les féministes attendent vraiment qu'elle s'explique. Est-ce que vous, vous considérez qu'elle peut rester au gouvernement ?
Qu'est-ce que vous pensez de son attitude ? Je pense qu'on pourrait d'abord demander des comptes à ses supérieurs qui lui ont demandé d'agir ainsi. Et ensuite, en demander à Marlène Schiappa. Mais cet échappatoire qui constitue à faire porter la faute sur les femmes proches quand on a des hommes en accusation, ça aussi, il faut se questionner dessus.
Sandra Regol est l'invité du 8.30 politique ce matin. On se retrouve juste après le fil info avec Diane Ferschit, 9h moins 20.
Le Royaume-Uni, l'Italie, la Suisse ou encore la France, plusieurs pays, notamment en Europe, ferment leurs frontières aux voyageurs en provenance d'Afrique du Sud. Un premier cas d'Omicron est apparu. Le variant qui est apparu dans ce pays a été détecté. En Belgique, jusqu'à présent, on ne l'a pas détecté. En France, indique sur France Info le virologiste Yannick Simonin. Mais il est fort possible, selon lui, qu'il y ait des cas non identifiés sur notre territoire. La France, où la campagne de rappel de la vaccination anti-Covid débute ce samedi, elle est ouverte à tous les plus de 18 ans, 5 mois après leur dernière injection.
Le pass sanitaire sera conditionné à cette nouvelle dose dès le 15 janvier. L'obligation vaccinale des soignants et des pompiers est à le repousser au 31 décembre. En Martinique et en Guadeloupe, c'est cette mesure sanitaire qui a entraîné les violences sur place. En Guadeloupe, le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, affirme que le gouvernement est prêt à parler de l'autonomie de l'archipel. L'expérimentation avait eu lieu en mai dernier, le concert test d'Indochina. Paris-Bercy, les résultats confirment que les gestes barrières sont efficaces. Lorsqu'ils sont bien respectés, il n'y a pas eu de sur-risque d'infection parmi les spectateurs.
La 15e journée de Ligue 1 de football, l'Anse-Angers font match nul de partout. Les Lensois qui ratent l'occasion de remonter à la 2e place du classement à suivre deux rencontres ce samedi, l'île Nantes à 17h et le déplacement de Metz à Nice, coup d'envoi à 21h.
Sandra Regol, numéro 2 du parti Europe Écologie Les Verts, est l'invité du 8.30 France Info ce matin. Il faut parler de la crise sanitaire et de ce scénario qu'on pouvait redouter, qui semble se produire, un nouveau variant du Covid, Omicron. Il semble plus contagieux, peut-être plus dangereux, ça on ne le sait pas encore, que le variant Delta. Il est arrivé en Afrique du Sud, il y a déjà des cas dans beaucoup de pays. On coupe les liaisons aériennes, mais est-ce que vous pensez qu'on peut stopper la progression de ce variant ou est-ce que c'est tout simplement impossible ?
Alors on a, je ne suis pas épidémiologiste, vous non plus, je pense que l'essentiel des auditeurs auditrices non plus, mais on a quand même quelques données. On sait qu'effectivement chaque variant est un peu plus contagieux que le précédent. Mais on est un peu habitué, c'est le système de fonctionnement des virus, la grippe c'est la même chose, chaque année on doit réévaluer les vaccins et les adapter à ce qui se passe. Donc ça c'est un fonctionnement normal. Là on est dans un cas de pandémie. On sait que plus on est vacciné, plus on se protège de ces capacités de mutation des virus puisqu'ils ont moins d'espace pour se développer.
Or on bute à un problème, la levée des brevets sur les vaccins pour qu'ils soient enfin accessibles à toute la population. Il ne vous aura pas échappé que ce variant ne vient pas d'Europe où la population est très bien vaccinée, mais vient de pays où on est à peu près à 10 doses pour 100 personnes. En fait ce n'est pas assez. Si on veut se protéger, on doit agir en solidarité et c'est compliqué aujourd'hui.
Donc pour vous c'est le profit qui empêche de généraliser à l'échelle de la planète ?
Là on parle de super profit, je crois que c'est à peu près 1000 euros toutes les secondes pour Pfizer, BioNTech en termes de bénéfices nets. On n'est pas sur des petits profits et uniquement sur le vaccin. Le gouvernement explique qu'il n'est pas forcément hostile à la levée des brevets mais que ce n'est pas le vrai problème. que le problème c'est la production de vaccins et qu'au fond il faut plus aider à créer un maximum d'usines, il y en a déjà beaucoup en Inde par exemple, plutôt que de lever des brevets qui ne changeraient pas la donne. C'est la production et pas la recette, la formule. C'est pratique de beauté en touche parce qu'en fait il y a deux levées.
Il y a d'une partie les brevets qui permettent de faire tomber les coûts et de fabrication et de distribution et puis il y a la relocalisation de la production. On a vu avec le premier confinement combien certains matériaux essentiels n'étaient plus accessibles parce qu'ils venaient de l'autre bout du monde alors qu'on est tout à fait en capacité de les produire en France ou en Europe. Eh bien c'est la même chose. Pour ces vaccins on a besoin de deux levées. D'une part lever des brevets, ça fait très longtemps qu'on le demande, Yannick Jadot en tête, et de l'autre côté une relocalisation de la production. On a besoin d'industrie, on a besoin d'emploi.
En France on a les moyens de le faire alors que ces entreprises sont des bénéfices records. On a tout à fait les moyens aujourd'hui de relocaliser en France. On en a besoin. Alors on va parler d'un autre thème. Le torchon brûle entre Paris et Londres après la provocation de Boris Johnson sur les migrants. Dans une lettre publiée sur Twitter, le Premier ministre britannique a demandé au président français, je cite, de reprendre les migrants arrivant en Angleterre depuis la France. On va écouter d'abord la réaction d'Emmanuel Macron.
J'ai discuté il y a deux jours avec le Premier ministre Johnson, de manière sérieuse. Pour ma part j'entends continuer à appliquer ce que je fais avec tous les pays et tous les dirigeants. Je suis surpris des méthodes quand elles ne sont pas sérieuses. On ne communique pas d'un dirigeant à l'autre sur ces questions-là par tweet et par lettres qu'on rend publiques. Nous ne sommes pas des lanceurs d'alerte. Allons. Allons.
Voilà. Cette lettre a été qualifiée d'indigente et déplacée par Gabriel Attal. Vous êtes d'accord ? Oui, ça arrive de temps en temps. Mais sur ce coup-là, on est d'accord avec le gouvernement. Comment est-ce qu'on peut parler de reprendre leurs migrants comme si ça s'agissait d'objets qu'on transbahutait d'un côté à l'autre ? Ça n'a pas de sens, c'est inhumain, c'est immoral et en fait ça ne nous grandit pas. En revanche, il y a une réalité qui fait problème. C'est que là, la France assume pour la Grande-Bretagne la sécurité aux frontières. Pourquoi est-ce que ces accords du Touquet nous imposent de continuer à faire ça ?
Il faut les dénoncer ces accords, il faut essayer de revenir en arrière, oui ?
Oui, il faut les repenser, il faut les réadapter. Mais toute notre politique migratoire est à repenser. Ce n'est pas normal qu'on se retrouve à faire une affaire d'État de quelques milliers de personnes aux portes de l'Europe quand on est plusieurs centaines de millions d'habitants.
Mais précisément, les accords du Touquet entre la France et la Grande-Bretagne, vous dites qu'il faut les dénoncer pour pouvoir ouvrir les frontières et laisser passer les gens.
Ce n'est pas vraiment un scoop, c'est ce qu'on n'arrête pas de dire. C'est qu'aujourd'hui, il y a un souci et que dire stop, dire on va garder, ça ne fait qu'une chose. Ça fait des drames en Méditerranée, dont le plus mortel depuis des années qui a eu lieu il y a quelques jours. Qui est responsable d'ailleurs de ce drame pour vous, la mort de ces 27 migrants mercredi embarqués sur un canot de fortune ? Ce refus de rediscuter de ces accords. Ce refus d'essayer de pratiquer l'accueil digne des personnes. Comme l'a fait Damien Carême à Grande-Sainte, avant que tout soit détruit. Ce refus d'assumer les valeurs de la République française.
Pourquoi personne n'a réussi jusqu'ici à renégocier ces accords du Touquet ?
Parce qu'il n'y a pas de volonté politique pour les renégocier aujourd'hui. Aujourd'hui, la France a fait un espèce de troc. Vous me pardonnerez cette expression un peu galvaudée ou vulgaire, mais un espèce de troc. On prend un peu d'argent, puis en échange on va garder la frontière. Mais en fait, ce n'est pas à la hauteur de la République française, du pays des droits humains. Ce n'est pas à la hauteur de l'Europe. Donc ce qu'il faudrait faire, c'est déplacer le contrôle de la frontière à Douvres du côté anglais ? Ou accepter des gares de frontière anglaises ? Il nous manque aujourd'hui beaucoup de ressources professionnelles. Je pense notamment aux infirmiers et infirmières.
On a vu pendant le premier confinement, pendant la première étape de la pandémie, qu'en Allemagne, on employait des infirmiers qui étaient issus des camps de migrants. Parce que, vous savez quoi ? On le dit très peu. Mais les migrants, c'est la classe moyenne des pays dont ils partent. Là, aujourd'hui, on a identifié une première personne dans les morts de ce naufrage. C'est une jeune femme kurde. Vous savez, ces femmes kurdes qui se battent contre le terrorisme, aux frontières, tout là-bas, aux confins de l'Irak, de la Turquie. Ces Kurdes qu'on adore sanctifier depuis la France en disant combien ces femmes sont courageuses. Et qu'est-ce qu'on fait quand elles cherchent l'asile ?
Quand elles ont besoin qu'on les aide, on leur dit « Allez mourir d'hypothermie en mer. » Est-ce que vous vous rendez compte ? On dit qu'on veut lutter contre le terrorisme, mais on n'aide pas ces gens. Là, dans l'urgence, il y a une réunion importante. Dans l'urgence, c'est l'accueil. Dimanche, avec Gérard Darmanin, ses homologues européens.
Sans la ministre britannique ?
Sans la ministre britannique. Je pense qu'il y a un moment donné où la France doit avoir aussi le courage de dire stop aux Anglais. Ce n'est pas le seul dossier sur lequel on est en conflit. Je pense aussi que la seule chose qui n'a pas été tentée, c'est l'accueil. Pourtant, Damien Carême, à Grande-Sainte, a démontré qu'il y a eu l'accueil dans des conditions dignes. Ça permettait d'éviter les conflits, la violence. Ça permettait de travailler dans les temps. Ils ne veulent pas l'asile en France. Oui, et qu'est-ce que ça change ? Ils veulent vraiment rejoindre les côtes anglaises.
Et qu'est-ce que ça coûte en plus de faire en sorte qu'ils ne meurent pas de froid dehors, à l'extérieur, et d'avoir au moins un toit, qu'ils puissent avoir le temps de travailler. Il y a eu des associations anglaises présentes pour les aider à passer. Les propositions d'hébergement d'urgence ont été faites par Didier Leschi. Pourquoi est-ce que la France continue à maintenir sur son territoire des personnes qui veulent passer en Angleterre, qui ne fait même plus partie de l'Union européenne ? Donc il faudrait des voies de passage sûres dans la manche ? Tout à fait. C'est ce que réclament les associations en France et à l'étranger. Ce qu'on demande du côté des écologistes, c'est très simple.
Retrouvons nos valeurs humanistes, retrouvons la grandeur de la France et de l'Europe. Vous savez que si on crée au fond des corridors plus sûrs, il va y avoir beaucoup plus de migrants. J'ai l'impression qu'il y a moins de personnes du fait de l'interdiction. La seule différence... Les voies de passage, c'est un appel d'air et beaucoup plus de migrants voudront passer. Le mythe de l'appel d'air, il est fantastique. Est-ce que vous croyez que quand votre risque chez vous, c'est de mourir, le fait d'avoir une interdiction de passage va vous empêcher de passer ? Est-ce que vous pensez vraiment que la guerre va être moins dure ?
Parce qu'en fait, vous n'avez pas le droit de passer une frontière. Non, ça ne changera pas. Et ça va même empirer avec l'augmentation du climat et les migrants climatiques. Donc il y a deux choix sans réfléchir aujourd'hui. On répartit les personnes à travers l'Europe, suivant la langue qui est parlée, suivant les liens familiaux, suivant les besoins en emploi. Ou alors on continue à être hypocrite, à laisser mourir les gens à nos frontières, à être inhumains collectivement. Ce n'est pas le choix que nous faisons. Et vous savez quoi ? Il n'y a pas plus de gens qui arrivent quand on les accueille dignement que quand on les accueille de façon inhumaine en déchirant leur tente en plein hiver.
Sandra Regol, invitée du 8.30 France Info, on reprend cette interview après le fil-info avec Diane Ferschit, 9h moins 10.
Il est préoccupant. Le variant du coronavirus apparu en Afrique du Sud, baptisé Omicron par l'Organisation Mondiale de la Santé, 32 mutations, un virus jugé encore plus transmissible. Un nouveau variant qui pousse de nombreux États à fermer leurs frontières aux voyageurs en provenance d'Afrique australe. C'est le cas notamment de la France. Alors que la Belgique indique avoir déjà un cas sur son territoire, le laboratoire Pfizer affirme être en mesure de fabriquer un vaccin adapté en 100 jours. Moderna dit également y travailler. Pour le président américain Joe Biden, il faut une levée de la propriété intellectuelle pour ces vaccins anti-Covid.
Omicron doit faire prendre conscience, affirme-t-il, de la nécessité de vacciner à l'échelle mondiale. Alors que la France débute, elle, ce samedi, la campagne de rappel anti-Covid pour tous les adultes. Il n'y a pas de mauvais débat. Le gouvernement est prêt à parler de l'autonomie de la Guadeloupe, déclaration du ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu, deux semaines après le début des violences sur l'île à l'origine des émeutes. L'obligation vaccinale des soignants et des pompiers en Guadeloupe et en Martinique est repoussée au 31 décembre. Une enquête préliminaire ouverte par le Parquet de Paris après la diffusion jeudi soir des témoignages de plusieurs femmes sur France 2.
Elles accusent Nicolas Hulot d'agression sexuelle et de viol, des faits prescrits a priori. L'enquête ouverte par le Parquet concerne une victime mineure au moment des faits qu'elle rapporte. La traditionnelle collecte des banques alimentaires, c'est tout ce week-end à la sortie de vos supermarchés. Elles espèrent récolter suffisamment de denrées cette année pour couvrir l'augmentation du nombre de demandeurs en France.
France Info.
Sandra Regol, secrétaire nationale adjointe d'Europe Écologie Les Verts et l'invité du 8.30 France Info ce matin. Un mot à propos de la Guadeloupe où les tensions, les violences même ne cessent pas autour de l'obligation vaccinale qui a d'ailleurs été repoussée. Et puis le gouvernement manifestement, près d'après le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu, a évoqué l'autonomie de la Guadeloupe. On l'écoute et on en reparle après.
— Certains élus ont posé la question en creux de l'autonomie. Le gouvernement est prêt à en parler. Il n'y a pas de mauvais débat du moment que ces débats servent à résoudre les vrais problèmes du quotidien des Guadeloupéennes et des Guadeloupéens.
— Qu'en pensez-vous ? Andra Regol, est-ce qu'il faut aller jusqu'à évoquer l'autonomie de la Guadeloupe pour un tel sujet ?
— Je crois que M. Lecornu a peut-être oublié où se situait la Guadeloupe, où étaient les Antilles, parce qu'en fait on ne voit pas beaucoup sur place. On ne voit pas beaucoup pour un ministre dont c'est la fonction aller régler les problèmes sur place. En revanche, il a l'air très très investi sur la pré-campagne de son président pour sa réélection. Et je pense qu'à un moment donné, ça suffit de se moquer des Français. — Il a dit qu'il se rendrait sur place. Mais c'est une faute pour vous qu'il n'y soit pas déjà ? — Alors ça fait un moment qu'il aurait pu être déjà sur place.
Les problèmes qu'on rencontre et ce qui fait qu'autour du vaccin se jugule un nombre de frustrations, c'est pas limité au vaccin. C'est un peu comme en France, entre gilets jaunes et manifestations anti-pass, pardon, il y avait autour beaucoup de préoccupations, de sentiments d'abandon. C'est une crise sociale importante, mais c'est aussi une longue histoire entre l'Hexagone et ses territoires. — Mais parler d'autonomie dans cette période de tension, est-ce que c'est responsable ? — On a l'impression qu'il essaye de trouver un joker pour éviter d'aller sur place, pour éviter de se confronter à la réalité.
Oui, l'État français doit prouver à ces territoires que cette fois-ci, il ne va pas encore les empoisonner. Je parle là du chlordécone, qui a laissé des séquelles et dans la chair des personnes, et dans la terre, et dans la tête. Comment est-ce qu'on peut faire confiance en un vaccin qui vient d'un hexagone, qui vient d'une métropole, où en fait, on a choisi d'empoisonner par le passé, quand dans l'Hexagone, le chlordécone était interdit, il était autorisé sur ces territoires. — Alors justement, il faut reconstruire la confiance. — Pour rassurer, le gouvernement, sur le vaccin, permet aux soignants de choisir le vaccin sans ARN messager.
Après ce scandale sanitaire du chlordécone, ça, ça va dans le bon sens ? — Oui, ça va dans le bon sens. Tout ce qui va dans le sens de l'apaisement va dans le bon sens. On va parler de 2022. On s'étonne, cette campagne de Yannick Jadot ne décolle pas. Il est scotché, votre candidat, entre 8 et 9%. Il y a une primaire populaire, 700 militants écologistes qui poussent Yannick Jadot à y participer. Cette primaire populaire, qui vient d'un mouvement citoyen, a déjà recueilli 160 000 adhérents pour désigner le candidat d'union de la gauche. Il y a un vote le 13 janvier. Est-ce que Yannick Jadot doit y participer ? Est-ce qu'il est temps de se rassembler dans ce cadre-là, peut-être ?
— En fait, le petit souci que j'ai pour les personnes, les 160 000 qui vont devoir voter, c'est qu'elles vont devoir voter pour des personnes qui ont déjà déclaré qu'elles ne participeraient pas à cette primaire. Et en fait, l'objectif de cette primaire, qui est louable, on le rejoint, Yannick Jadot, le premier à réunir les divers responsables de la gauche et de l'écologie autour d'une table il y a plusieurs mois. Mais l'objectif de cette primaire, c'était de faire en sorte que la gauche et l'écologie aient un programme commun et une dynamique commune. Et là, aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ?
Mais en fait, elle semble proposer une candidature supplémentaire, puisque toutes les personnes impliquées ont dit qu'elles ne participeraient pas. Et ça, c'est un souci. En revanche... — Donc ça, vous l'écartez, cette primaire ? — C'est pas qu'on l'écarte, c'est qu'il y a un mensonge dans la proposition initiale. On demande d'abord aux personnes si elles veulent participer. On n'impose pas leur image contre leur lien. — Alors expliquez-nous pourquoi ça décolle pas. Il se multiplie dans les médias. Il fait des déplacements. Et pour l'instant, Yannick Jadot ne passe pas les 10%.
Vous vous souvenez des scores qui étaient donnés dans les sondages avant les européennes, avant les municipales, avant les régionales ? Ils n'étaient pas très hauts. Ils n'étaient pas très hauts. Et en fait, on n'a jamais considéré que les sondages étaient à prendre au sens littéral. Les sondages sont à prendre au sens tendentiel. Et dans le sens tendentiel, Yannick Jadot ne stagne pas. Il ne régresse pas. Il est au contraire en dynamique. Et cette dynamique-là, on va continuer à la croire. — Vous voyez une dynamique, vous ? — Tout à fait.
— Donc vous dites que c'est la courbe. C'est-à-dire qu'il est très bas, mais...
— Oui. Tout à fait. Tout à fait. Et en fait, vous n'avez jamais autant vu les écologistes dans les médias. Vous n'avez jamais autant entendu les écologistes. Vous ne les avez jamais autant vus sur le terrain et jamais au grand jamais dans une présidentielle. Le score des écologistes en a été aussi haut. J'entends bien que tout le corps, tout le champ médiatique et politique a de grandes ambitions pour nous. Et nous en sommes absolument ravis. Nous allons faire en sorte de les concrétiser. Mais pour l'instant, oui, on travaille. Oui, on prend du temps. On vous avait dit qu'on prendrait le temps et que ça fonctionnerait. Pour la primaire, tout le monde nous a dit « C'est n'importe quoi.
Vous n'aurez aucun inscrit. On en a eu plus de 122 000 ». On nous avait dit la même chose pour les municipales. On nous avait dit « Vos candidats, personne ne les connaît. Vous allez faire tripette. On a gagné 8 villes en France ». Et je peux vous citer plein d'exemples. Oui, les écologistes n'ont pas la même façon de travailler.
Alors à quel moment ça va vraiment décoller ? Il reste quelques mois ?
Il reste quelques mois. Et en fait, c'est au dernier moment que les choses se décideront. Donc on va continuer à travailler de plus en plus fort et surtout à l'écoute de la population. C'est comme ça qu'on reconstruit la confiance qui a disparu entre les citoyens et les politiques.
Merci Sandra Regol, secrétaire nationale adjointe d'Europe Écologie. Les Verts, invité du 8.30 politique de France Info ce matin. C'est comme ça.
Sandra Regol