Le bulletin insoumis #2 - Avril 2021
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à toutes, bonjour à tous. Je vous retrouve pour un nouveau bulletin insoumis, en commençant par un petit point politique. La semaine dernière, à l'Assemblée nationale, vous avez sans doute suivi cela, il y a eu le vote du projet de loi Climat. Alors on s'en rappelle, le 29 juin dernier, dans les jardins de l'Elysée, Emmanuel Macron avait annoncé aux 150 citoyens de la Convention citoyenne pour le climat qu'ils reprendraient 146 de leurs 149 propositions. Et puis en réalité, les lobbies sont passées par là.
De même que la volonté d'Emmanuel Macron de faire de l'écologie sans jamais déranger les plus puissants, les plus riches, donc vous savez qu'ils sont les plus responsables de la crise climatique. On sait par exemple que 4 entreprises, prises séparément, Total, la Société Générale, la BNP, le Crédit Agricole, ont une empreinte carbone plus importante que la France dans son ensemble. Et donc en réalité, après plusieurs mois, à l'Assemblée nationale, on se retrouve avec un texte qui en réalité ne reprend que 15 propositions de la Convention citoyenne pour le climat, en plus les 15 propositions les moins structurantes, pas les plus importantes.
Et donc c'est un renoncement, une trahison, alors qu'en grande pompe, il y avait eu cette réception dans les jardins de l'Elysée, tous ces sommets, Emmanuel Macron, sacré champion de la Terre, les sommets sans lendemain sur fond de Seine-Vert.
On voit bien donc qu'Emmanuel Macron et sa majorité, il faut le dire, sont un obstacle pour la bifurcation écologique que nous appelons de nos voeux et que ce bilan est coupable entre la criminalisation des militants écologistes, le fait qu'Emmanuel Macron ait revu à la baisse les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour mieux dire ensuite « on a atteint nos objectifs », la réintroduction des néonicotinoïdes, le refus d'interdire les glyphosates, le soutien aux énergies fossiles, bref, on voit bien que ce n'est pas avec Emmanuel Macron qu'on le fera et que la France s'avancera vers ce qu'il faut faire.
Vous savez que pour respecter les accords de Paris en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre, il faudra d'ici à 2030 multiplier nos efforts par 5. Il y a donc du boulot et on ne pourra pas compter sur cette majorité. On attend donc avec impatience qu'arrive 2022 et qu'on puisse enfin instaurer la planification écologique que nous appelons de nos voeux. Et vous savez qu'en librairie, il y a toujours notre numéro 2 des Cahiers de l'Avenir en Commun qui résume le programme de Jean-Luc Mélenchon sur la planification écologique. L'autre thème important en cette période, celui qui s'impose en tout cas dans les médias, c'est bien évidemment la question de la sécurité.
Après l'attentat contre cette policière de Rambouillet, mais également le meurtre de ce policier à Avignon sur fond de trafic de drogue. Et bien évidemment, d'abord, ce sont des pensées attristées, affligées que nous adressons aux familles des victimes, mais aussi à toute la profession qui est une nouvelle fois endeuillée. Et vous avez toutes sortes de commentateurs irresponsables qui, sur ces deuils, font de la politique politicienne et laissent entendre que la France insoumise aurait une forme de responsabilité parce qu'elle s'autorise une critique sur les violences policières. Alors il faut rappeler les choses de manière très claire.
Oui, nous dénonçons les violences policières, mais dénoncer les violences policières quand elles existent ne fait pas des insoumis, des antiflics. D'ailleurs, nous avons beaucoup de propositions apportées pour réhabiliter une véritable police républicaine, pour faire en sorte qu'il y ait un retour à une police de proximité et que finalement, on rende tout cela plus efficace. Jean-Luc Mélenchon l'a déjà dit, nous voulons refonder la police républicaine de la cave au grenier.
Et nous avons beaucoup de propositions à faire qui mériteraient qu'on s'y intéresse, plutôt que d'avoir cette ambiance des syndicats policiers qui agissent finalement toujours plus en politique, de manière même souvent insultante. Nous avons été les premiers, par la voix d'Alexis Corbière, à proposer qu'on paye les heures supplémentaires non payées aux policiers, qu'on remette en état les commissariats. Et puis vous savez qu'il y a tout le travail réalisé notamment par Hugo Bernalissi sur la question de la sécurité, avec le livret qui est toujours à votre disposition. Nous voulons que ces propositions soient entendues. Et la période est à la détermination et au sang-froid.
Car on voit bien toutes les manipulations qu'il y a, notamment dans l'opinion publique, quand on voit par exemple des militaires intervenir dans le débat en signant des tribunes, prétendant que c'est par l'armée et son intervention que la solution adviendrait. Nous ne sommes pas d'accord avec cela. Et la République, comme l'a dit Jean-Luc Mélenchon, ne se négocie pas ni au sein de l'armée, ni dans les commissariats. Il faut donc être ferme sur nos principes et porter les propositions qui sont les nôtres. À côté de cela, bien sûr, la scène d'actualité reste largement occupée par la gestion de la crise sanitaire.
Car si les beaux jours reviennent, nous savons que nous n'avons toujours pas fini avec cette épidémie, qui continue de menacer. Et vous avez vu qu'Emmanuel Macron a annoncé dans la presse quotidienne régionale un calendrier de réouverture, en quelque sorte de déconfinement en plusieurs étapes. Alors on peut espérer que cela fonctionne, se féliciter qu'enfin nous ayons un calendrier, mais aussi dire nos inquiétudes sur le caractère, une nouvelle fois, semble-t-il hasardeux de ce calendrier.
Car nous ne voyons pas qu'Emmanuel Macron propose des éléments sur les alternatives au confinement, sur le fait d'équiper, par exemple, en purificateur d'air les établissements, sur le fait d'avoir des demi-jauges, sur le fait d'organiser tout ce que nous demandons depuis le mois de novembre, tout ce que nous proposons avec Jean-Luc Mélenchon. Et donc on peut craindre, en quelque sorte, que ce déconfinement, une nouvelle fois hasardeux, alors que l'épidémie continue de circuler, nous emmène, pourquoi pas, et on ne le souhaite pas, à un nouveau confinement. Vous vous souvenez qu'Emmanuel Macron nous avait dit, pour déconfiner, il faut atteindre le seuil de 5000 cas par jour.
On est aujourd'hui quand même aux alentours toujours de 30 000, donc on est bien loin de cela. Et pourtant, il y a ce choix de desserrer la vis. Alors desserrer la vis, c'est sans doute bien, mais à la condition de planifier les alternatives au confinement pour limiter la circulation du virus. Nous devons aussi saluer une grande victoire, qui est la nôtre. Une victoire idéologique, culturelle, c'est la question de la levée des brevets.
Et vous vous souvenez que Jean-Luc Mélenchon était le premier en France à réclamer cette levée des brevets, et qu'il l'a fait avec d'autres dirigeants internationaux, notamment d'Amérique latine, pour faire en sorte que le vaccin soit un bien commun de l'humanité. Emmanuel Macron s'y est toujours opposé. Parfois, il laissait entendre qu'il souhaitait que le vaccin soit bien commun de l'humanité, mais pour autant, à l'Organisation mondiale du commerce, la France a voté contre la levée des brevets. Et puis est arrivé ce que vous avez vu la semaine dernière, c'est que Joe Biden, le président des États-Unis, a décidé de prendre opposition pour la levée des brevets.
Et alors, le lendemain, Emmanuel Macron s'est aligné sur Joe Biden en disant qu'il était pour la levée des brevets, et que d'ailleurs, il l'avait toujours été, ce qui est en contradiction non seulement avec la position de la France à l'OMC, mais aussi, par exemple, au vote des parlementaires La République En Marche, au Parlement européen, qui ont voté contre un amendement qui proposait précisément la levée des brevets. Nous devons donc saluer cette victoire, car il est clair que la pandémie est mondiale. Le vaccin doit donc être un bien commun et on ne peut pas tolérer que l'on fasse du profit sur la crise.
C'est également le sens d'une des propositions de loi que nous avons portées à l'Assemblée nationale dans le cadre de la niche parlementaire de la France insoumise. Alors, la niche parlementaire, c'est une fois par an. Une fois par an à l'Assemblée nationale, c'est la France insoumise qui fait l'ordre du jour de l'Assemblée. C'était donc la semaine dernière, la première semaine du mois de mai, avec un certain nombre de textes.
Tous n'ont pas pu passer, mais vous pouvez retrouver sur la plateforme de la France insoumise l'ensemble des textes que nous avons proposés, avec des petites vidéos qui vous expliquent quelles étaient ces propositions par les différents rapporteurs qui les ont portées dans l'hémicycle et qui les avaient préparées. Parmi ces textes, il y avait la volonté de taxer les profiteurs de crise. C'était un texte porté par Mathilde Panot, dont la proposition était la suivante. On sait qu'en 1916, au cœur de la guerre, il y avait une proposition de loi pour taxer les profiteurs de guerre. Eh bien, c'est sur ce modèle que nous voulions agir.
En disant qu'il n'est pas possible qu'en pleine pandémie, alors qu'il y a dans ce pays bientôt 12 millions de pauvres, 300 000 personnes à la rue, 7 millions d'inscrits à Pôle emploi, ça n'est pas possible de voir ces ultra-riches qui continuent de se gaver, qui ont augmenté en 10 ans leur patrimoine de 439%, de 55% en pleine crise sanitaire, passant de 230 à 477 milliards, avec des sommes considérables, et ces entreprises qui bénéficient des aides de l'État, comme c'est le cas par exemple des sociétés du CAC 40, et qui, malgré les aides de l'État, continuent de distribuer des dividendes à leurs actionnaires, parfois poursuivent leurs activités dans les paradis fiscaux, et suppriment des emplois.
Il faut donc taxer les profiteurs de crise. Ce que nous avons proposé avec Mathilde Panot, c'est que pour les entreprises au-delà de 750 millions d'euros de chiffre d'affaires, ce qui vous montre que ce n'est pas la petite entreprise, contrairement à ce que raconte La République En Marche, ce sont vraiment les grosses sociétés, au-delà de 750 millions d'euros de chiffre d'affaires, on compare l'année d'avant le Covid avec l'année Covid, et s'il apparaît qu'il y a eu un surplus de bénéfices pendant la période de Covid, on taxe ce surplus de bénéfices à 50% pour le remettre en circulation. Voilà l'une des propositions que nous portions.
Bien évidemment, le but, c'est d'organiser à tous les étages le partage des richesses pour lutter contre la pauvreté qui s'étend, en particulier celle des jeunes. C'est pourquoi, avec François Ruffin, nous portions la proposition d'étendre le RSA, qui bien évidemment n'est pas la panacée, mais qui est un socle qui permet aux jeunes, notamment, d'éviter de devoir faire les files d'attente devant les banques alimentaires. Nous proposions donc que le RSA soit étendu aux jeunes de 18 à 25 ans, parce qu'on ne comprend pas pourquoi à 18 ans, alors que vous avez la majorité pénale, alors que vous avez le droit de vote, vous n'auriez pas ce droit social de bénéficier du RSA.
Toutes ces propositions ont été rejetées, bien évidemment, par La République en marche, alors qu'il y avait des sondages pour chacune de nos propositions de loi, elles sont largement soutenues dans l'opinion. C'est le cas également de la proposition d'une garantie d'emploi, un mécanisme de garantie d'emploi, car nous voulons faire de cette campagne pour 2022 la campagne pour le plein emploi. Jean-Luc Mélenchon l'a dit, nous avons édité un matériel d'ailleurs sur ce thème. Nous sommes persuadés que chaque femme, chaque homme aspire à vivre dignement de son travail et que nous ne manquons pas de tâches à accomplir.
On le voit à tous les défis qui sont devant nous, s'agissant de la planification écologique, du soin à la personne, de l'aide humanitaire, tout cela, c'est beaucoup de travail, beaucoup de tâches à accomplir, mais un marché de l'emploi qui utilise le chômage pour faire pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail.
Alors nous voulons cesser de nous en remettre exclusivement au marché de l'emploi pour régler ce problème, parce que l'emploi c'est un droit qui est dans la Constitution et donc nous voulons que l'État puisse être en dernier ressort employeur et que tout chômeur volontaire qui souhaite travailler se voit, si le marché de l'emploi ne lui propose pas, proposer par l'État un emploi qui correspond à ses qualifications et à des besoins que précisément le marché du travail ne prend pas en charge sur le territoire.
Cette proposition vient de pair avec notre proposition de diminuer, de partager le temps de travail et bien évidemment tous les emplois qui seraient créés par la planification écologique. Pour le reste des propositions de loi, il y en avait beaucoup, je ne peux pas revenir sur chacune d'entre elles, mais je vous renvoie au site internet, à la plateforme de la France Insoumise pour retrouver le détail de toutes ces propositions que nous avons portées pendant la niche parlementaire. Bien évidemment, je l'ai dit, nous ouvrons une séquence sociale de la campagne présidentielle. Pourquoi ?
Parce que vous le savez, nous avons découpé l'année 2021 en quatre grandes séquences avec quatre revues qui sont éditées en librairie. Ce sont les cahiers programmatiques, les cahiers de l'avenir en commun. Le premier numéro était consacré à la VIème République et à l'urgence démocratique. Le second numéro, et les deux d'ailleurs, sont toujours en librairie à la planification écologique. D'ailleurs, ils sont bien vendus. Et le troisième numéro sera en librairie ce 12 mai. Il est consacré au progrès social et humain. C'est notamment dans cette revue, parmi bien d'autres questions, que l'on traite de la question de l'emploi et de nos solutions.
Alors je vous invite dès le 12 mai à faire savoir que ce troisième numéro est sorti et à organiser dès le week-end qui suit les points de diffusion qui permettront partout dans le pays de faire connaître nos propositions en matière de progrès social et humain. Bien sûr, dans cette séquence, nous avons aussi un rendez-vous important ce dimanche 16 mai avec un premier meeting. Non pas que ce soit le premier meeting de la campagne, mais un premier meeting en plein air. Un meeting déconfiné qui se tiendra à Aubin, meeting de Jean-Luc Mélenchon, sur la question sociale.
Alors bien évidemment, si vous le pouvez, je vous invite à y venir, mais si vous ne le pouvez pas, à organiser partout où c'est possible des écoutes collectives avec votre groupe d'action, votre équipe de soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Depuis le 29 mars, il y a eu plus de 1500 événements qui ont été organisés sur la plateforme Action Populaire. La plateforme Action Populaire, c'est avec le site internet noussommepour.fr qui collecte les signatures. Action Populaire, c'est la plateforme qui permet d'organiser l'action militante sur le terrain pour cette campagne présidentielle.
Et d'ailleurs, vous avez vu que ça y est, nous avons une application que vous pouvez installer sur vos smartphones qui vous permettra d'utiliser directement Action Populaire, de réaliser vos tâches militantes, de dialoguer avec vos groupes et vos équipes de soutien et de signaler surtout vos événements. Au mois de juin, nous vous inviterons à organiser partout où c'est possible des apéros citoyens puisque c'est un moment de déconfinement. C'est le moment où on pourra aller à la rencontre des Françaises, des Français à travers des moments de convivialité qui seront aussi l'occasion de discuter de nos propositions et de cette campagne que nous avons commencé depuis le mois de novembre.
Nous avons franchi la barre des 230 000 signataires sur la plateforme NousSommesPour.fr en soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Il faut donc maintenant mettre le cap sur les 250 000, puis les 300 000 et poursuivre et amplifier cette dynamique. Bien sûr, l'enjeu des équipes de soutien, vous l'avez compris, je vous l'avais déjà dit, c'est d'organiser le meilleur maillage possible du territoire. Dès que vous atteignez un seuil autour de 10 personnes, il faut multiplier ces équipes de soutien pour que nous ayons le meilleur maillage territorial possible. Un grand bravo à toutes et tous pour votre participation à la votation citoyenne sur l'eau.
Vous avez vu que nous sommes arrivés à près de 300 000 votants à cette consultation. C'était une belle séquence et qui affirme la nécessité de faire de l'eau un bien commun et d'inscrire dans la Constitution le droit à l'eau. Depuis le 1er mars, nous avons enregistré plus de 120 nouveaux groupes d'action et équipes de soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Je vous invite à amplifier cette dynamique. Il va faire beau. On va avoir l'occasion, enfin, de passer à l'action sur le terrain de manière déconfinée. Alors, allons-y et ouvrons ensemble cette séquence du printemps social. A bientôt pour un nouveau bulletin insoumis.