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interviewPS - Parti socialiste· 8 juillet 2025 41 min

🔴 Maintenant, le projet ! - Audition de Bertrand Badie

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

J'ai pas le son. Je bon et Si euh quiconque a pu en profiter. Donc nous avons immense avantage et honneur de écrire patron Badi que beaucoup connaissent évidemment parmi vous pas seulement ceux qui ont été élèves à sciences pot mais celles et ceux qui le reconnaissent comme l'un des grands spécialistes français des relations internationales et notamment ça très bonne connaissance du proche orient et donc nous voulions vous auditionner euh vous savez que nous sommes dans un cadre un peu particulier jusqu'à la fin de l'année 2025 nous travaillons sur projet Nous sommes évidemment intéressés à toutes les questions nationales mais pas exclusivement et nous avons vocation aussi à porter un discours sur les relations internationales dans un moment où elles sont passablement troublées et où tout le monde est en quête de repère et par vos écrits, vous en avez fourni un certain nombre et j'aimerais qu'on puisse y revenir.

Mais peut-être qu'on va vous laisser d'abord intervenir pendant le temps que vous souhaiterez et ensuite en fonction de ce que vous n'aurez pas dit vous interroger sur ce que nous savons de de vos écrits et qui nous permettront d'aller d'approfondir votre pensée. de de comprendre comment nous pouvons justement euh interpréter à la fois le monde dans lequel nous sommes entrés et aussi chercher les issues de ce cours qui euh sont pas Oui, on voit des images euh donc et y compris euh donc essayer d'aborder les issues de secours et comment est-ce qu'on fait aujourd'hui pour arriver à rester optimiste dans un moment où euh rien ne nous y conduit naturellement. Voilà, donc je vous laisse la parole et puis nous y reviendrons ensuite à la fois travers les questions que ceux qui sont dans la salle vont vous poser et puis évidemment euh il y a séminaire, il y a toute une série de gens qui pourront aussi poser leurs questions via le chat et c'est imagine François qui se fera votre rela.

Voilà, monsieur professeur Emmérite, à vous la parole. Merci beaucoup. Merci de m'avoir fait cet honneur de de m'inviter à cette réunion, surtout en m'apprenant que derrière cette rencontre, il y a aussi l'élaboration d'un projet.

Euh j'en suis très heureux parce que ce qui m'effraye le plus autant en tant qu'analyste que citoyen, c'est l'absence de projet sur l'international qui n'est pas propre bien entendu. Maisprenons pas au Parti socialiste ou à la gauche, mais qui est un phénomène universel, c'est-à-dire j'appartiens hélas de par ma génération à une époque où il y avait euh des visés en matière internationale, même si on était dans le glacier de la guerre froide, il y avait quantité d'ouverture que les entrepreneurs politiques savaient cultiver, proposer une véritable offre politique. politique, mais je constate que cette offre politique en matière internationale a disparu.

Ce qui est d'autant plus gênant que cette séparation entre l'interne et l'externe fait de moins en moins de sens. Et j'ai l'habitude de commencer mes cours en disant aux étudiants petit travail pratique, demain vous comptez le nombre d'actes internationaux que vous commettez dans la journée. Si vous n'en trouvez pas au moins 100, c'est que vous savez pas compter.

C'est-à-dire que tout ce que nous faisons dans le détail du quotidien a vraiment une labellisation internationale. Alors, je serais très heureux d'en discuter après avec vous. Vous avez dit, monsieur le premier secrétaire, que euh vous me poserez des questions sur ce que je n'ai pas dit.

Et bien, j'imagine du coup qu'il y aura énormément de questions euh parce que évidemment le monde en 25 minutes c'est encore plus fort que Julverne. Donc je vais euh essayer d'être saintque. Je voudrais partir de l'idée euh je crois dominante qu'il convient d'avoir.

Nous sommes à un moment où il faut complètement changer notre lexique, nos catégorie. Dans mon métier, je dirais nos concepts, mais on peut dire nos mots en matière de relation internationale. Tout est périmé.

Il y en a un pour lequel je cultive une haine tenace qui est le mot géopolitique qui est employé à tort et à travers. Alors justement le monde n'est plus géopolitique parce qu'il n'est plus géo avec la virtualité et il n'est plus politique tant il est et de plus en plus social. Mais au-delà de ça, il faut partir d'une idée très simple mais que je crois absolument décisive, à savoir que le système international dont nous héritons était un système international en réalité régionalisé.

Il a été pendant de longs siècles européens uniquement, ce qu'on appelait l'international, c'était des relations intraeuropéennes. Il est devenu à la fin du 19e siècle euroaméricain et il s'est mondialisé. C'est-à-dire que à une vitesse étonnante et ahurissante, les cadres même de l'analyse des relations internationales ont été complètement bouleversées.

Et ça personne n'en n'en tient compte. Et je dirais même que nos princes au sens maavel du terme, nos princes ont tendance à se cramponner aux anciennes catégories quand ils sont persuadés que l'échanger risquerait de diminuer leurs ressources de pouvoir. Ça fait penser en France au domaine réservé d'ailleurs qui serait intéressant de creuser. et le monde tel le système international tel qu'il a été créé à la Renaissance au moment où ont été inventé les États-nations modernes.

Du coup, il a fallu inventer le système interstato national. C'est ce qui s'est passé. Nous sommes au moment de la Renaissance.

Il était en fait très simple. Il était d'autant plus simple que euh c'était un monde, un espace européen euh d'unification sémantique, c'est-à-dire tous les princes qui se faisaient la guerre se comprenaient parfaitement entre eux parce qu'ils partageaient la même histoire, la même culture, la même religion, souvent la même langue et souvent d'ailleurs ils se mariaent entre eux. Alors que le grand problème des relations internationales aujourd'hui, c'est la fusion entre des histoires différentes porteuses de sens différents.

Et il faut bien notamment admettre une chose absolument fondamentale, c'est que les mots n'ont pas le même sens à Pékin, à Paris, euh à Wayadou et à Damas. C'est bête de dire ça parce que ça paraît ultra évident mais personne n'en tient compte. Quand j'ai été faire dernièrement des conférences dans les universités chinoises qui d'ailleurs m'ont ébloui par leur savoir en matière de relation internationale, mes collègues chinois me disaient "Arrêtez de dire qu'on est des alliés de la Russie.

Il y a même pas de mots chinois pour alliance. Il y a des mots pour conivance, pour complicité, pour United Front." Ils aimaient bien cette formule.

Mais le mot alliance, on le connaît pas. Et d'ailleurs, la preuve empirique, c'est que en 4000 ans d'histoire chinoise, la Chine n'a pratiquement jamais eu d'alliés, hein. Donc il faut faire très attention, très très attention à ça et avoir la modestie toujours de se demander comment l'autre pense et conçoit des événements que nous partageons communément.

Mais ce système international originel dont nous sommes les élis était très simple. Il était composé d'état souverain compétitif. Et lorsque cette compétition atteignait un certain niveau paroxistique, il était guerrier.

C'està-dire, il faut jamais oublier que le système dont nous sommes des héritiers n'est pas un système de paix mais un système de guerre. C'est-à-dire que euh HPS, Grossius, euh Maiavel étaient tous d'accord pour considérer que la relation normale entre les États, c'était la guerre. Et du coup, on n' jamais pensé la paix.

Et euh du coup, nous ne savons pas ce qu'est la paix. Nous savons ce qu'est la trêve, nous savons ce qu'est le cesser le feu. Nous n'avons pas encore commis cet effort de produire une idée et donc un un projet de paix.

J'y reviendrai euh tout à l'heure. Mais n'oubliez jamais cette phrase de Maiavel dans le prince où il disait "Mais le seul art euh que un prince doit totalement maîtriser, c'est l'art de la guerre." Ce qui est quand même effroyable quand on y pense.

Et bien ce système qui est un système compétitif, souverainiste et guerrier, c'est celui dont a jailli notre droite internationale, nos institutions internationales, nos pratiques diplomatiques, notre façon de concevoir les relations internationales. Euh c'était très simple. Euh, on était en compétition entre souverains, ce que HS appelait gladiateur.

Et euh évidemment lorsque il y avait un contentieux entre États, comme ces gladiateurs étaient souverains, nul ne pouvait les réconcilier, la seule façon de régler le problème était de faire la guerre. Et c'est la raison pour laquelle Raymoaron lui-même dit que il y a pas de paix, il n'y a que des entres de guerre et qu'on parle d'avant-guerre, d'après-gerre, mais on parle jamais d'avant paix ou d'après paix ou d'entre de paix. À la limite, on ferait ça que ça paraîtrait grossi sémantiquement.

Donc il y a là euh quelque chose de fondamental et oserais-je dire, ça m'écorche la bouche de le de le dire, euh ça a marché. C'est-à-dire la guerre a été le grand régulateur des relations internationales. Je dirais de la Renaissance pour faire simple dans Paris les États-nations, la guerre de 30 ans qui me paraît fondatrice de ce point de vue qui était une des guerres les plus sanglantes de l'Europe jusqu'à 1945.

Ça a marché. C'est-à-dire il y avait un vainqueur et un vaincu. Le vainqueur et bien retirait de la guerre des bénéfices qui euh permettaient de présenter la guerre comme quelque chose de rationnel.

Et c'est là qu'on retrouve le le j'allais dire le canon de Klaus WS qui consiste à dire bah finalement le propre de la guerre c'est de réaliser des objectifs politiques précis. Bien ce que je voudrais dire ici c'est que ça ne marche pas et ça c'est le grand problème des relations internationales depuis 19 depuis 1945 on fait de plus en plus la guerre on compte à peu près 500 guerres hein dans le monde si on en croit le priot le peace Research Institute of Oslow à peu près 500 guerres dans le monde. Ces guerres sont de plus en plus meurtrières, elles sont de plus en plus destructrices, elles sont de plus en plus coûteuses.

N'oubliez jamais la guerre d'Afghanistan pour les États-Unis, c'est 1000 milliards de dollars. Je sais pas si vous vous rendez compte, hein, ce que cela peut représenter. Elles sont de plus en plus disruptives, chaotiques, mais elle ne permettent jamais depuis 1945 d'atteindre des objectifs.

Et le Prio, le peace Research Institute of Oslo nous dit "Mais à peu près 13 % de ces guerres ont eu une conclusion claire distinguant un vainqueur d'Av. Pour le reste, c'est comme on dirait en football des matchs ou en tous les cas des conflits qui se prolongent. avec des phases plus ou moins ce qui révèle quelque chose d'absolument fondamental, j'y ai même consacré à quelqu'un, c'est que depuis 1945, la puissance est devenue impuissante.

Et quand même, réfléchissons à cette question qui est rapement mise en évidence. La super puissance américaine, 36 % des vies militaires mondiales, n'a pas gagné une guerre depuis 1945, sauf celle menée sous mandat des Nations Unies à l'opération tempête du désert. Mais tout le reste, que soit le Vietnam, que ce soit l'Afghanistan, que ce soit l'Irak et des défaites.

Pourquoi le plus fort est-il systématiquement des faits ? Ça révèle aussi une deuxième chose qui est la crise profonde de l'ÉG. Euh le monde l'histoire mondiale est parsemée des Gémones qui se sont succédés depuis Rome jusqu'à finalement la Pax americana.

Mais la Pax américana c'est fini et l'hégémonie est un concept qui est en train de se défaire. Alors pourquoi ? Pourquoi il y a là trois variables sur lesquelles on a finalement presque jamais réellement réfré variables qui ont détraqué le système international depuis 1945. la décolonisation, la dépolarisation et la mondialisation.

Alors la décolonisation, il est presque interdit d'en parler. Ça peut valoir une garde à vue aujourd'hui que de parler de post-colonial ou décolonial, je ne sais quoi. Mais derrière la décolonisation, il y a quand même un événement absolument majeur qui est pour la première fois depuis Adam et ve la victoire presque systématique du faible sur le fort.

C'estàd que la décolonisation a toujours abouti à la victoire du faible de l'opprimé. Et je j'oserais même ajouter quelque chose qui est à me semble-t-il en tous les cas à discuter qui est que depuis 1945, c'était différent avant mais depuis 1945 euh aucun peuple opprimé qui s'est dressé pour son émancipation n'a été vaincu. Et même si on prend le cas ultra tragique sur lequel on reviendra, j'imagine des Palestiniens, ça fait quand même 75 ans que les Palestiniens sont écrasés et cependant la question palestinienne n'a jamais été réglée. et et je dirais aujourd'hui, on y retiendra peut-être dans la discussion plus que jamais de la vie même d'Anthony Blingen qui disait finalement les capacités se sont réconstituées et et jusqu'à monsieur Trum qui finalement a ouvert directement des négociations avec le Hamas, c'est-à-dire quand même pour par avec l'aile la plus radicale de la résistance palestinienne pour parvenir à la libération de l'otage israélo-américain et derrière ce paradigme de la décolonisation se cache deux choses.

Il se cache euh d'abord cette guerre qui n'oppose plus des États entre eux comme dans la sainte pensée de HS ou de Klaus Wills, mais des États à des non états et ça c'est quelque chose d'absolument formidable. On n' pas suffisamment montré à quel point la décolonisation venait s'alimenter d'une énergie sociale mystérieuse sur laquelle il convient encore de travailler, contre laquelle le canon ne peut rien. Je me rappelle quand j'étais jeune et qu' à garde d'Algérie, le général Massu nous expliqué qu'on allait éradiquer le terrorisme, on a vu ce qui s'était passé.

Bah la formule est la même dans la bouche de monsieur Nathanelou. Ça c'est quelque chose de très important et qui me qui renvoie à notamment 1945 euh le rôle de du Congrès qui a donné naissance à la Fédération syndicale mondiale et qui a prise en charge la lutte des peuples primés. Et cette fusion entre le mouvement syndical et la lutte des peuples primés a imprimé une nouvelle dimension à cette rupture majeure puisque c'était pas seulement les peuples opprimés contre les peuples oppresseurs, mais c'était à l'intérieur des peuples oppresseurs la distinction entre cette solidarité avec les et les autres.

Et l'autre élément, mais je l'ai dit tout à l'heure, donc je vais passer très vite, c'est que la décolonisation, a consacré euh le euh la pluralité culturelle du monde où nous ne savons pas tenir compte parce que nous sommes encore animés par la pensée de Jul Ferry. Euh on se demande ce qu'il fait euh c'est-à-dire le le rôle la fonction des races supérieures d'éduquer les races inférieures. Quand même jamais ça suis de père perant et de mère français.

Je me suis toujours demandé pourquoi mon père est inférieur à ma mère alors que je les tiens pour supérieur tous les deux. Enfin, ça c'est une autre question. Euh vous ne pouvez pas euh analyser ces deux conflits majeurs qui nous retiennent aujourd'hui euh Israël Palestine et Russie-Ukraine autrement que par référence à ce paradis.

Et c'est tout à fait extraordinaire de voir comment euh l'Ukraine a su résister à l'impérialisme poutinien que je préfère donc formule à l'impérialisme russe euh à l'impérialisme poutinien. à partir justement de cette résilience sociale, c'était la même hein de la mamouka qui mettait des plottes de laine dans les carpurateur du tank rus jusqu'au euh Quidam qui sortait son téléphone portable pour dire à l'étatmajor ukrainien de se trouver les jar. Ça c'est quelque chose qui renoue avec cette tradition des coloniales.

Évidemment c'était chose dans le cas israélo-balestine. La deuxième grande rupture c'est la dépolarisation. La dépolarisation, c'est important parce que euh ça, je crois, définitivement mis un terme à euh la validité du concept de puissance.

C'estd la puissance était puissante quand elle avait une puissance en face d'elle, mais une puissance qui n'a plus une puissance équivalente. Ça c'est le le grand politologue Quincy Wright qui l'a écrit dès 1943. La guerre n'est possible qu'entre états de niveau équivalent.

Et donc à partir du moment où il y a décalage, on sort de la logique de la puissance et on sort de la logique de l'Égypti. Savez tous en tête ce phénomène enfin ce moment extraordinaire qui était pas le 9 novembre 89. Un mur est tombé là mais le 2 décembre de la même année en rap de la ballette lorsque Michel Bor chef a rencontré George H Push sur un bateau de guerre américain et euh Borbchevs s'est plus intéressé par la compétition. ce qui était la première grande rupture avec la théorie obcienne, c'est-à-dire Corbev qui était un monsieur bien supérieur qu'il en reste avait tout de suite compris qu'on était passé du temps de la compétition au temps de l'intervention et il nous il murissait un projet de gestion de cet inter n'avons pas su alors que un Hing K 2 pour lequel je plaide fortement aurait très bien pu aménager cette postcétition alors que son défaut a été de recomposer une compétition avec je dirais des instruments et des bases beaucoup plus tragiques le conflit que nous connaissons toujours.

Et de toute manière, ce qu'il en reste, c'est l'erreur de George Bouche rejoignant sa sa cabine au soir de cette discussion avec Georbalchef et qui dit 2- 1 is one. No, that's wrong. En mathématiques, c'est vrai.

En relation internationale, 2- 1 is 0. Et ça c'est probablement ce qui n'a pas été compris. Et ce qui explique cette erreur gigantesque qui a été le maintien de l'OTAN parce que le l'OTAN maintenit l'illusion de la compétition et vous connaissez je pense la fameuse formule nous sommes à Bruxelles.

Nous sommes en l'automne 91 euh sommet de l'OTAN. George Bouche annonce le maintien de l'OTAN. Euh Roland Duma qui me l'a raconté à moi-même quand on m'assie sur le vif on fait ensemble.

Roland Dumain me dit François Mitteran était déjà fatigué, je lui donne un coup de coud pour le réveiller. Et François Mitteran demande la parole et dit à George Bouche mais monsieur le président, vous êtes en train de faire renaître la Sainte Alliance. Bah c'était là le l'intuition était extrêmement forte.

Alors on y reviendra hein dans les détails. C'est pour souhaiter à propos de temps. Euh mais j'ajouterai un un deux éléments li cette dépolarisation c'est que justement la dépolarisation a marqué définitivement la mort de la frappant de constater que suite à la dépolarisation le pact de Varsvie s'effondre.

L'OTAN reste mais ça reste la seule alliance militaire. il y a plus d'autres alliances militaires au monde, y compris euh en Asie où il y avait des alliances militaires, l'OTAS par exemple ou au Moyen-Orient le Sto et euh à ces alliances militaires euh fondé sur l'idée de fidélité absolue de ce qu'un président que je nommerai pas appelle le soutien inconditionnel se substitue un un élément majeur que nous ne savons pas encontre euh ce que j'appellerais l'union libre diplomatique, c'est-à-dire au lien d'allégance institutionnalisé et pérenne. succès d'un style de relation internationale caractérisé par l'Union libre ou j'appelle ça aussi le polyamo diplomatique si vous mutorisé qui consiste à maximiser optimiser ses chances en politique étrangère en changeant le plus possible de partenaire en fonction des effets d'ob c'est-à-dire que là c'est c'est c'est quelque chose de tout à fait nouveaux c'està-dire l'Arabie Saoudite autrefois était pied point lié aux États-Unis par le pact du Quinci 14 février 1945.

Aujourd'hui, MBS, le prince héritier, change de partenaire tous les jours. Euh un jour c'est euh Biden, Trump, un autre jour c'est euh Poutine avec qui il s'entend très bien, 3e jour c'est Rabéni, un 4e jour c'était Jing Ping, 5e jour, c'est Erdogan et il rêve que ce soit aussi un jour Netaniaou. Donc il faut tenir compte de cette extrême fluidité qui met l'effet d'Ouben devant l'effet d'allégance et de fidé.

Et d'ailleurs, c'est quelque chose que le nouveau président de l'États-Unis a parfaitement intégré même ce qui en dit long de l'extrême ridicule de monsieur Rutteux qui continue à l'appeler papa. Ça je comprends pas qu'il y ait pas une motion de défiance. Enfin bon, ça l'autre chose importante c'est la naissance mais ça on peut en parler dans taille sésé d'un sud global.

Le sud global est né véritablement de la dépolarisation. Il était en gestation euh vous savez que le terme de sud global a été inventé pour la première fois en 1969 par un gauchiste américain euh étudiant attardé qui s'appelait Carl Hugelsby et qui a dit "Les États-Unis n'arrêtent pas de prendre des claques au Vietnam. Ça veut dire qu'il y a une force qui nous est supérieure et qui un beau jour régulera le monde." Et effectivement le sud global ça n'a aucun sens objectif. la Gambie et la Chine, ça peut jamais être la même chose, mais c'est un sens subjectif, c'est-à-dire le commun d'humiliation, l'expérience partagée de l'humiliation et la revendication dérivée de cette humiliation passée, de la participation active à la définition de normes nouvelles et communes.

Et ça, c'est quelque chose d'absolument fondamental. Nous sommes dans une bataille de sens. Je le disais tout à l'heure, nous allons entrer dans une bataille de normes où chacun va chercher à imposer ses la 3è rupture, je sens je comme dirait la SNCF, nous roulons avec un retard de 10 minutes, c'est pas grave.

Euh euh c'est la mondialisation. Alors, le mondialisation est un terme euh qui est utilisé par tout le monde mais qu'en fait personne ne sait définir. Vous savez que à l'université quand on veut coller un étudiant, on lui demande de définir la mondialisation, on est sûr de le retrouver en temps.

Alors, ça c'est c'est un gag tout à fait maîtrisé. La mondialisation, on n pas encore en sciences sociales une définition précise de la mondialisation. Et quand on n' pas la définition précise d'un phénomène, ben on l'étudie à travers ces ces symptômes.

Ces symptômes sont trois : l'inclusion, l'interdépendance et la mobilité. L'inclusion, ça veut dire quoi ? L'inclusion, ça veut dire pour la première fois depuis Adam et tout la population mondiale est sur le même bateau. 8 milliards euh ce qui veut dire quoi ?

Ce qui veut dire que çaen est fini de la parité entre acteurs internationaux comme c'était le cas en Europe. Ça veut dire que dans le même monde coexiste des centrafricains PIB par habitant et par an et des luxembourgeois PIB par an et par habitant 120000 dollars. Ce qui veut dire que les enjeux sociaux sont devenus les enjeux prioritaires de toute agenda international au-dessus même des enjeux stratégiques.

Mais l'inclusion, ça veut dire une deuxième et ça rendons grâce à Kofian d'avoir été le premier et Boutos Gali déjà un peu avant à le trouver à savoir que nous sommes dans un monde où le global est plus déterminant que le national. C'est-à-dire que je n'ai jamais cru dans le concept d'intérêt national, mais j'y crois encore moins aux autres. Dans la mesure où n'a plus aucun sens de parler d'un intérêt national, à partir du moment, on ne prend pas en compte en amont l'intérêt global.

Comment voulez-vous que en France la population soit heureuse si il y a une nouvelle épidémie ou s'il y a des effets aussi dramatiques que l'on peut imaginer maintenant du changement climatique ? Ça c'est je dirais le miracle de l'in qui fait que le concept que de sécurité commune inventé par Olof Palme à la fin des années 80 puis le concept de sécurité globale qui a été officialisé à travers les OMD et les ODD devient l'élément clé et en même temps la source létale première des relations internationales. Le terrorisme, ça tue entre 10000 et 40000 individus par an.

La fin dans le monde s'entue 100 millions. C'est l'équivalent de 8 attaques par jour et sur toute l'année sur le World Trade Cent. C'est dire à quel point nous sommes là face à un enjeu complètement occulté dans les efforts de défense.

Moi ça ça me fait ce discours sur les efforts de défense 5 et les 5 % par rapport à la réalité des enjeux sécuritaires du monde hein. premier effort de défense, c'était et surtout bon j'y reviendrai, je vais je vais me dépêcher parce que deuxème élément c'est l'interdépendance, deuxième symptôme c'est l'interdépendance. L'interdépendance, ça veut dire quoi ?

Ça veut dire tout le monde dépend de tout le monde. Alors, j'en ai parlé à monsieur de la palis et on était d'accord sur le fait que si tout le monde dépend de tout le monde, si l'interdépendance domine, la souveraineté est pas possible. L'interdépendance, c'est vraiment le contraire.

Euh ce qui euh veut dire que le faible continue à dépendre du forme, ça veut dire que de plus en plus le fort faible hein pour en matière énergétique, en matière de matière première, en matière démographique, en matière économique, tout ce que euh et troisème élément c'est la mobilité. C'estàd il faut comprendre que le nouveau monde c'est le mouvement alors que toute notre panoplie internationaliste, elle est statique. C'est pour ça que je déteste la géopolitique qui est statique.

Mais euh état et statisme, c'est la même racine latine. Or, il faut comprendre tout à travers le mouvement et par exemple arrêter cette question imbécile de savoir où est né le Covid. Parce que comme le disait un remarquable rapport de l'université d'Arizona et South California, un virus ça n'est jamais sa mute tout le temps.

Bon et donc on est il faut savoir appréhender le mouvement et ça évidemment on ne sait pas faire et le principal mouvement il est démographique c'est la migration qui se banalise. À l'heure où vous avez des flics qui crèvent, les zodiaques, les canaux pneumatiques des migrants, on est effrayé de penser qu'il y a pas un centime qui est investi dans la définition d'une forme nouvelle de gouvernance internationale de l' Alors, le résultat de tout ça, j'essaie d'aller aussi vite que possible, mais le monde est plus complexe, on le dit, c'est que d'abord premier impératif, il y a trois impératifs. Le premier premier impératif, c'est gérer la crise de puissance.

C'est-à-dire le paradoxe, c'est que la puissance sert de moins en moins à de moins en moins des des faits positifs, mais elle est de plus en plus utilisée, elle est de plus en plus destructrice et meurtrière. Et ça c'est le paradigme Poutine et le paradigme Nathaniaou. Pour exister au sens individuel comme au sens collectif, je dois affirmer ma puissance.

Et si ma puissance marche pas, bah il faut que je rajoute un peu de puissance. C'est-à-dire je vais bombarder, raser chat, je vais priver la population ukrainienne d'électricité. Bon, ça prve mais ça donne quoi ?

Ça donne rien. Au bout de 3 ans et demi, la Russie elle contrôle de 18 % du territoire. Et Nathan, c'est la même chose.

Il y a pas de plan B à la puissance alors que la puissance est un instrument qui ne fonctionne pas. Et il faut tenir compte de ces cinq espèces qui font le monde qui est la puissance blessée. Ça c'est la Russie.

C'estàdire le jour où Obama que j'aime bien par ailleurs leur a lancé à la figure que la Russie est à la rigueur une puissance régionale et rien de plus. Ça ça a déclenché le conflit russeau il faut ça et peut-être même la Crime. Il l'a dit à peu près à ce moment-là.

Vous avez euh deuxièmement euh la puissance humiliée et d'un certain point de vue la puissance humilié c'est un peu les États-Unis. Les États-Unis qui étaient le gouverneur de toutes les régions du monde, gouverneur du Moyen-Orient, gouverneur d'Amérique latine, gouverneur de l'espace atlantique et et qui aujourd'hui n'ont plus la main sur rien et America. Ça vient de là tout simplement.

C'est-à-dire je vais vendre sur le marché électoral la formule euh rendons à la aux États-Unis sa grandeur parce que ça sera interprété par des classes moyennes meurtriques comme étant enfin la délivrance de la régression subie puisque c'est vrai que les la classe moyenaméricaine a souffert de cette mondialisation. des travaux excellents de Banco Milanovic sont là pour le montrer et donc mais again c'est ça mais il y a un type qui a dit ça avant avant truc c'est Poutine quand il disait make c'est exactement la même chose simplement l'un a été blessé l'autre a été un la troisième c'est la puissance nostalgique ça c'est la France un peu aussi l'ensemble des pays européens mais la puissance nostalgique si vous voulez en avoir une idée euh ben vous regardez la météo sur France 2 à 8h-5, c'est-à-dire vous avez 3 minutes sur le temps sur la métropole et vous avez 4 minutes on dit le temps qui fait à Walis et Futuna, Saint-Pierre et Micelon. Imaginez qu'en Angleterre la BBC vous donne le temps euh aux îles Folkland à Montserat enfin euh il y a là il y a quelque chose de terrible.

Alors, j'ai énormément de respect pour le général de Gaulle, mais c'est lui qui a un peu lancé l'idée lorsqu'il a dit que la France doit être au premier rang, c'est la diplomatie du rang euh qui avec Macron est devenu la diplomatie du mégaphone. C'est-à-dire il faut parler plus fort que l'autre. C'est pas de moi la formule du président, c'est président Bongo, pas forcément un homme très sympathique mais en tout cas qui a qualifié ainsi la diplomatie française.

C'estàd ce besoin d'être présent, d'exister, le conflit russo-rainien servira à montrer qu'on en fait plus que Mers ou Schols, que l'on en fera plus que Starmer, que l'on fera plus que qu'on sera toujours là au premier rang avec cette phrase absolument superbe. Moi, j'ai avalé tout mon tube de l'Exomil quand j'ai entendu ça. dans son déplacement en Asie du Sud-Est, Macron disant et bien dans notre projet indo-pacifique, nous vous offrons une troisème voie entre la Chine et les États-Unis.

Alors avant de prendre mon tube, je suis tombé par terre, je me suis fait mal au coxisme. Il y a là quelque chose d'irréaliste mais qui bloque ce qui pourrait être une vraie politique étrangère de la France, c'est une politique de partenariat et non de rang hein. Et je me rappelle avoir posé une fois cette question à un homme politique que je ne nommerai pas.

J'ai dit "Mais pourquoi la France doit-elle être plus au premier rang que de Guatemala ?" Ah bah qu'il a pas su me répondre. Bah oui et et derrière le rang, il faut creuser cette idée absurde et qui se retourne contre le bonheur de la société française.

Ça, on fait au dépend de la société française. Euh vous avez la puissance asymétrique, ça c'est Israël face au monde arabe, c'estàd exister comme puissance supérieure aux autres, c'est tout. On prend rien de plus.

Donc pour ça, il faut détruire l'eau. C'est la la chaotisation du Moyen-Orient. Alors, on a détruit l'Irak les Américain, on a détruit la Syrie, on a détruit évidemment la Palestine, on détruit et ça cette histoire de puissance asymétrique, c'est quelque chose d'extrêmement pathogène aussi sur lequel on pourra.

Et puis enfin, il y a la puissance méprise. C'est c'est les puissances du sud, hein. Me rappelle ce diplomate français pour qui j'ai beaucoup d'estime qui me disait "Oh bah, la diplomatie brésilienne, on y comprend rien donc on fait rien avec." Moi je je parle même pas le portugais mais je comprends très bien diplomatie brésilienne.

Euh deuxème axe de gestion, c'est les formes nouvelles de conflictualité. C'estàd que nous sommes dans un monde où le mot guerre au sens closen du terme n'a plus de sens. C'estàd la guerre ne permet plus de réaliser des objectifs politiques.

Il y a pas un objectif politique qui est atteint par la guerre depuis 1945. Il y a pas eu une rectification territoriale depuis 1945 par la guerre qui n'a été validée par le grou international. c'est-à-dire Abgazi, Oseti, Chipre Nord, tout ça, c'est des trucs de fait qui n'ont jamais été validés par intention et même la création du Kosovo euh suite à la guerre euh des Balcans mais surtout ce qu'il faut comprendre derrière vos conflits internationaux, c'est que ce sont plus des rivalités de puissance mais des rivalités de faiblesse.

C'est les résultats de décomposition institutionnelle. C'est tout le phénomène de l'effondrement des États et de décomposition sociale et que derrière les nouveaux conflits internationaux, vous avez presque toujours une insuffisance pathologique de sécurité humaine. C'est-à-dire le Sahel, par exemple, c'est un pays où la désertification augmente de 10 cm par heure par heure 10 cm par heure.

Bon bah s'il y a désertification, il y a moins de production agricole. S'il y a moins de production agricole alors que la poussée démographique est énorme, bah ça veut dire que déjà les premiers qui payent le le tribu, c'est les agric des des éleveurs qui ont pas de voyage à donner à leur bête. Donc ils vont voler aux agriculteurs qui du coup leur cassent la gueule.

Et c'est pour ça que le conflit saélien se fait. Les djihadistes ne font que de tirer les BF ces affrontements mais c'est un conflit aux ferments sociaux. Et si j'ai le temps, je montrerai exactement la même chose pour le conflit syrien en 2011 où c'est une désertification qui est au point de départ.

Et la même chose pour l'Irak où Saddam Hin et ensuite George d'Abellubouche ont complètement dzingué le système euh euh hydraulique iraakien et on pourrait ainsi continuer. Même chose pour le Soudan, même chose pour la RDC et cetera. Et enfin que vraiment j'ai débordé euh la crise, la troisème crise qu'il faut gérer.

Alors pour le pour le quand même un mot pour les les nouveaux conflits internationaux, personne ne sait les gérer, personne ne sait les résoudre et euh tous les accords de paix qui ont été passés depuis 1945 ont tous échoué. École et accord d'aroucha sur le Rwanda un an après, c'était le génocide. Accord d'Alger sur le Sahel, ça a complètement foiré. accord de doa sur l'Afghanistan complètement foiré également imbécilité de l'accord de Washington sur le Rwanda Congo qui uniquement pour les biens d'une diplomatie selfie c'est ainsi que je qualifierai la diplomatie de monsieur Trum a réuni l'État congolais et FRDC et le Rwanda en l'absence des principaux payérants qui étaient les gens du M23 et toutes ces milices qu'il y a autour.

Donc effectivement et pas un mot sur euh les victimes civiles et la décomposition sociale du Kivou du nord du et enfin Christ du multilatéralisme. Euh vous savez, je dis du système multilatéral onusien que dans mon esprit c'est comme le cholestérol. D'ailleurs, il a le bon cholestérol, le bon cholestérol.

Vous avez le bon multilatéralisme, c'est le multilatéralisme social euh auquel Cofian est ici attaché en disant "C'est ma seule façon pour moi de pouvoir travailler sur la paix parce que par le conseil de secrétariété, on y arrivera jamais." Pourquoi par le conseil de sécurité on y arrivera jamais ? Parce que ce n'est pas une instance multilatérale, c'est une instance oligarchie.

Et ça c'est la tragédie d'avoir préféré monsieur Wilson qui voulait un multilatéralisme de puissance, un concert de puissance à Léon Bourgeois qui avait déjà à l'époque un projet de multilatéralisme social qui aurait pu assurer la régulation des conflits. Bah voilà, ça ça pardon he j'ai été trop long mais j'ai quand même une toute petite euh circonstance atant, c'est que le monde c'est pas ça. Oui. et qu'on pourrait vous écouter encore quelques heures sans sans