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Podcast / conversationPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 12 février 2026 26 minComplaisantActualité / polémiqueAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieSantéÉconomie & entreprises

Franck Menonville : « Je ne comprends pas le principe de précaution soulevé contre la loi Duplomb »

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:11OuverteRéponse directe

    De quelle une avez-vous envie de nous parler ?

  • 1:17OuverteRéponse directe

    Vous la comprenez, cette défiance des Français ?

  • 2:37RelanceRéponse partielle

    Mais vous nommez des proches à ce type de poste, tous les présidents de la République font ?

  • 3:20OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous souhaitez que la nomination à la Cour des comptes soit soumise au vote du Parlement ?

  • 4:13OuverteRéponse directe

    On va parler de votre loi, la loi Duplomb-Menonville, qui fait du bruit depuis des mois.

  • 4:34OuverteRéponse directe

    Guimet, quel était l'objectif de ce débat à l'Assemblée ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20PrésentateurFait
    « Vous êtes agriculteur et vous êtes le co-auteur de la loi Duplon-Menonville. »
  • 1:42InvitéFait
    « « On est dans une crise de l'exécution de notre pays ». »
  • 4:54InvitéChiffre
    « « plus de 2,1 millions de Français » »
  • 6:51InvitéFait
    « « toutes les forces réactionnaires à notre texte ont été très rapidement mises en place pour caricaturer notre texte » »
  • 7:10InvitéFait
    « « On n'a jamais parlé que c'était à titre très provisoire, dans un dérogatoire limité à quelques filières » »
  • 8:14PrésentateurFait
    « « la réintroduction d'un pesticide, l'acétamipride, pour certaines filières, la betterave, la noisette, la cerise » »
  • 8:57InvitéFait
    « « Si nous ne produisons pas autrement, nous ne pourrons plus produire. La santé de nos écosystèmes, la protection de l'eau, la santé des sols sont devenus les premiers déterminants de notre capacité à survivre et à produire demain » »
  • 9:25InvitéFait
    « « La loi Duplon votée sans débat démocratique, promulguée malgré 2 millions de signatures, heurte l'identité profonde de la France » »
  • 10:02InvitéFait
    « « moi j'ai eu un appel d'un oncologue cet été, qui m'a dit, monsieur le sénateur, j'ai suivi vos débats, et si j'appliquais à ma science le principe de précaution, je ne soignerai personne » »
  • 10:56InvitéFait
    « « ce que ne dit pas Madame Bateau, c'est que Madame Pannier-Runacher a souhaité, non pas réintroduire le produit en France, mais faire le chemin inverse, proposer à l'Europe de le retirer » »
  • 11:30InvitéChiffre
    « « la réintroduction, non pas jusqu'en 2027 ou 2028, on a remis les compteurs à zéro jusqu'en 2033 » »
  • 13:19InvitéChiffre
    « « La balance commerciale de l'Italie cette année va être à 17 milliards positifs » »
  • 15:32InvitéFait
    « « Depuis que cette matière active n'est pas permise en France, la production s'écroule » »
  • 15:51InvitéChiffre
    « « la France est le premier consommateur de pâtes à tartiner, Nutella et autres, premiers » »

Temps de parole

  • Invité59 %
  • Présentateur17 %
  • Invité 28 %
  • Présentateur 28 %
  • Locuteur non identifié4 %

1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Franck Menonville, merci beaucoup d'être avec nous, sénateur union centriste de la Meuse. Vous êtes agriculteur et vous êtes le co-auteur de la loi Duplon-Menonville. Et hier donc à l'Assemblée avait lieu un débat inédit puisque la pétition contre cette loi a rassemblé plus de 2 millions de signatures. On va évidemment y revenir dans quelques instants. Mais d'abord on regarde les unes de la presse régionale, la une de la dépêche politique, la grande défiance des Français. C'est le baromètre du Cévipov qui confirme une crise profonde du rapport des Français à la politique nationale.

Si l'attachement à la démocratie demeure massif, la défiance, elle, atteint des niveaux inédits. La deuxième une, c'est celle de presse océans. Overdose de pluie, les conséquences, les prévisions météo-pessimistes en février. Après les précipitations au continu de ces dernières semaines, inquiètent maraîchers et agriculteurs. Et puis la dernière une du courrier de l'Ouest, toujours sur l'agriculture, ce sont les maraîchers qui croulent sous le stock de légumes. En raison d'un climat doux, la production de légumes verts est en hausse et la consommation ne suffit pas à enrayer le surplus. Les maraîchers font le dos rond. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?

1:13
Invité

Le premier thème, sur la défiance des Français sur la politique.

1:17
Présentateur

Vous la comprenez ?

1:18
Invité

On peut la comprendre. On peut la comprendre et il faut la combattre. Alors le bon côté de cette publication, c'est la confiance en la démocratie, sa force. Je crois que ce qui est plutôt critiqué par les Français, c'est l'exercice du pouvoir. Et moi, je le dis souvent quand je m'exprime. Et je cite souvent l'ex-porte-parole du gouvernement, Sophie Prima, qui disait « On est dans une crise de l'exécution de notre pays ». Et je pense que ce que nous vivons ces derniers mois, ces dernières années, c'est finalement des politiques qui votent des lois, qui décident, qui essayent d'agir.

Et puis finalement, une dilution de l'efficacité des politiques publiques qui font percevoir aux Français une certaine inaction. Et je rebondirai sur la nomination proposée par le président de la République de Mme de Montchalin. Je pense que ça contribue aussi à un certain flou. Comment peut-on nommer à la Cour des comptes le ministre des Comptes publics, c'est-à-dire permettre de nommer la personne qui doit juger des comptes publics, qui doit juger de la situation financière de la France, dont elle a été elle-même l'un des acteurs ? Je pense que ce n'est pas un bon signe. Ce n'est pas un problème de compétence. Bien évidemment, elle est très compétente.

Je pense que c'est un problème d'éthique et surtout un peu de séparation des pouvoirs.

2:37
Présentateur

Mais vous nommez des proches à ce type de poste, tous les présidents de la République font ?

2:41
Invité

Oui, mais je pense que nous ne sommes plus dans la même période. Je pense que quand M. Baninter a été nommé au Conseil constitutionnel par la force du président Mitterrand, la force des présidents, la puissance symbolique et exécutive des présidents de l'époque, leur reconnaissant parmi les Français, au-delà des clivages politiques, n'est pas celle du temps que nous vivons actuellement. Donc aujourd'hui, je pense qu'il faut essayer d'être prudent, de nommer et surtout de concerter. Et je pense qu'aujourd'hui, il serait préférable que cette nomination puisse être concertée avec le Sénat, avec l'Assemblée nationale.

3:20
Présentateur

Parce qu'en fait, cette nomination, contrairement à celle du président du Conseil constitutionnel ou au membre du Conseil constitutionnel, elle n'est pas soumise au vote du Parlement. Est-ce que vous souhaitez que ça, ça change ?

3:30
Invité

Je pense que ce serait souhaitable, oui. Ce serait souhaitable et puis avec un temps limité, parce que c'est quand même, je pense, l'héritier d'un régime qui n'est pas le nôtre aujourd'hui. On est quasiment nommé à vie, puisque jusqu'à la limite d'âge…

3:43
Présentateur

– Là, vous connaissez, c'est à 68 ans.

3:44
Invité

– Voilà, je pense que c'est quand même…

3:46
Présentateur

– Qui ferait 28 ans pour un ministre, mon cas.

3:48
Invité

– Quand même, c'est comme si nous revenions au sénateur à vie, voilà. Je pense qu'il faut moderniser tout cela. Et surtout, je crois qu'il faut que nous nous attachions à ce que les Français confions en leurs institutions, en leurs représentants. Et ça passe par aussi, quelque part, des actions, des paroles données, et puis en accord, et puis également des symboles.

4:13
Présentateur

– On va parler de votre loi, la loi Duplomb-Ménonville, qui fait du bruit depuis des mois. – Ce n'est pas nouveau. – Non, depuis des mois. Hier, à l'Assemblée nationale, avait lieu un débat sur la pétition, pétition record contre votre loi, débat inédit. C'est la première fois qu'une pétition est débattue à l'Assemblée nationale. D'abord, Guimet, quel était l'objectif de ce débat ?

4:37
Invité

– Eh bien, Oriane, c'est vrai qu'on peut se poser la question lorsqu'un débat a lieu après l'adoption définitive d'un texte, car il s'agit donc d'un débat symbolique et non contraignant. Mais plusieurs choses. D'abord, ce débat en séance publique est une possibilité, prévue par le règlement de l'Assemblée nationale, à partir de 500 000 signatures, si la conférence des présidents l'approuve. Et effectivement, à la vue de l'ampleur de la mobilisation, plus de 2,1 millions de Français, eh bien, les députés de la Commission des affaires économiques l'ont voté à l'unanimité.

L'enjeu, c'était que cette expression citoyenne soit entendue et sa place au sein de l'hémicycle, aux côtés de la représentation nationale. Et puis enfin, on s'en souvient, il n'y avait à l'époque pas eu de débat à l'Assemblée, en effet, pour protester contre les prêts de 3 500 amendements déposés par la gauche. Eh bien, les députés des autres groupes avaient décidé de rejeter le texte avant toute discussion, ce qui était d'ailleurs inédit. Le texte était passé par une commission mixte paritaire avant d'être voté. L'enjeu, donc, c'était aussi d'entendre les arguments des uns et des autres. Monsieur le sénateur, qu'est-ce que vous avez retenu de ce débat d'hier ?

Ce que j'en ai retenu, c'est le maintien des clivages antérieurs. Par contre, moi, je le dis très clairement, je suis assez favorable au fait qu'on puisse, au-delà d'un certain nombre de signatures et de pétitions, organiser un débat. Je pense que c'est toujours bon de débattre, d'exposer sa vision des choses. Je pense que, néanmoins, on est dans la même situation que la situation antérieure. Je ne pense pas qu'il y ait une très grande utilité, mais en tout cas, ça a permis à tout le monde et à chaque groupe de se positionner. Moi, je le dis, comme je l'ai dit dans l'introduction sur la politique, le débat est bon, débattre.

Moi, je pense que ce qu'il faut, et c'est ma présence ce matin, c'est par ma présence ce matin et ce que je vais en dire, il faut essayer d'objectiver les choses et de dépassionner le projet et d'apporter des garanties aux Français et aux consommateurs.

6:38
Présentateur

– On va parler du fond du texte, évidemment, mais est-ce que, vu l'ampleur de la pétition, déjà plus de 2 millions de signatures contre la loi, ça vous a surpris ?

6:46
Invité

– Non, parce que toutes les forces réactionnaires à notre texte ont été très rapidement mises en place pour caricaturer notre texte. On a dit qu'on réintroduisait un pesticide tueur d'abaisse, ce qui n'est pas du tout le cas. Si c'était le cas, ça serait interdit dans toute l'Europe. On n'a jamais parlé que c'était à titre très provisoire, dans un dérogatoire limité à quelques filières, et avec un comité des solutions qui réunissent l'ensemble des scientifiques pour trouver des solutions alternatives. Personne n'en a parlé tout l'été.

7:22
Présentateur

– On va venir sur le fond et sur la réintroduction de ce pesticide, mais est-ce que, vu l'ampleur de la pétition, il n'aurait pas été normal que le texte soit de nouveau soumis au vote du Parlement et non un simple débat sans vote ?

7:34
Invité

– Moi, je pense qu'on ne peut pas revenir ainsi sur les votes, autrement s'il n'y a plus de démocratie. Ceci dit, aujourd'hui, le Conseil constitutionnel a censuré une partie de ce texte, non pas sur le fond, d'ailleurs, non pas sur la volonté de non-réintroduction, mais sur les modalités permettant de mieux sécuriser sa réintroduction. C'est l'objet de notre nouveau texte.

8:10
Présentateur

– On va parler du fond du texte, puisqu'effectivement le point qui fait le plus débat, c'est la réintroduction d'un pesticide, l'acétamipride, pour certaines filières, la betterave, la noisette, la cerise, ça fait polémique.

8:23
Invité

– Mais je le dis, un pesticide qui n'aurait jamais dû être retiré si on avait respecté les procédures européennes, les procédures classiques.

8:31
Présentateur

– On va y venir, parce qu'effectivement, il est autorisé dans le reste de l'Europe, il est interdit en France depuis quelques années, mais le débat a duré près de trois heures, les discussions ont été vives. Quels étaient les arguments des députés opposés au texte ?

8:43
Invité

– Alors, tout d'abord, ils mettent en avant les mises en garde de l'ordre national des médecins qui s'étaient donc prononcés contre le texte. Ensuite, les opponents dénoncent le fait que ces insecticides polluent aussi les sols et les eaux, comme le dit d'ailleurs le député socialiste Dominique Potier, je cite, « Si nous ne produisons pas autrement, nous ne pourrons plus produire. La santé de nos écosystèmes, la protection de l'eau, la santé des sols sont devenus les premiers déterminants de notre capacité à survivre et à produire demain. Ils mettent aussi en garde, nous l'avons dit, contre les difficultés des apiculteurs.

Et enfin, certains, comme par exemple la députée écologiste Delphine Bateau, soulignent le côté visionnaire, novateur de la France. Écoutez-la. La loi Duplon votée sans débat démocratique, promulguée malgré 2 millions de signatures, heurte l'identité profonde de la France. La France, qui a érigé les arts culinaires au rang de culture, la France ne peut se résigner à l'empoisonnement alimentaire, ni à figurer au hit parade des pays les plus consommateurs de pesticides. Monsieur le sénateur, est-ce que vous comprenez le principe de précaution de l'Ordre national des médecins ? Alors, je ne sais pas si on peut le comprendre.

Moi, j'ai eu un appel d'un oncologue cet été, qui m'a dit, monsieur le sénateur, j'ai suivi vos débats, et si j'appliquais à ma science le principe de précaution, je ne soignerai personne. Le président de l'Ordre des médecins qui a mis en place cette tribune a été en interne, je peux vous le certifier, vous pouvez le vérifier, très contesté, parce que le titre évoquait la dangerosité du produit, et ensuite, vous le lirez, il globalise l'ensemble des produits phytosanitaires. Le principe de précaution, il doit garantir les consommateurs, mais il doit aussi et surtout s'appuyer sur la science. Pourquoi l'Europe a maintenu cette matière active ?

Parce que, je vais vous raconter une petite anecdote, parce que, ce que ne dit pas Madame Bateau, c'est que Madame Pannier-Runacher a souhaité, non pas réintroduire le produit en France, mais faire le chemin inverse, proposer à l'Europe de le retirer. La Commission européenne a fait son travail à remandater l'EFSA pour retester la toxicité de ce produit, son impact sur l'environnement, sur les abeilles et sur l'humain. Qu'est-ce qui est ressorti ? L'inverse de ce que Madame Pannier-Runacher a souhaité, la réintroduction, non pas jusqu'en 2027 ou 2028, on a remis les compteurs à zéro jusqu'en 2033, c'est-à-dire la durée maximum de réintroduction.

Et cet été, pendant que nous polémiquions sur l'Europe, a augmenté les seuils de tolérance, et non pas par volonté politique, parce que je crois que le vrai sujet, nous ne devrions pas faire dans le détail de la politique sur ces sujets, nous devrions nous référer à la science.

11:54
Présentateur

Oui, mais il y a par exemple l'ANSES qui pointe la toxicité...

11:57
Invité

L'ANSES n'a pas retiré l'autorisation de commercialisation et d'utilisation de ce produit, et l'EFSA dit bien la chose suivante, que si ce produit est utilisé sur les bonnes cultures, à la bonne dose, au bon stade, il répond aux garanties sanitaires. Et moi, ce que je voudrais peut-être dire, c'est que l'Europe est un continent exemplaire, une organisation exemplaire en matière de santé, de précautions sanitaires. On n'est pas un certain nombre de pays dérégulés, et quand un produit est néfaste pour l'homme, pour l'environnement, et pour les pollinisateurs et autres, il est retiré, l'Europe n'a pas la main des comptes. Et il y en a chaque année.

12:50
Présentateur

Les autres opposants n'ont pas raison de dire qu'on est dans une aberration environnementale, de devoir continuer à en passer par des pesticides dans l'agriculture.

12:57
Invité

Ah ben oui, mais si vous voulez, moi je veux bien qu'on arrête toute la... On le voit bien, en faisant du franco-français en permanence, on a la pire balance commerciale qu'on n'a jamais eue depuis 50 ans, on décroche au niveau de notre agriculture, de notre production, nous sommes plus souverains dans nos... Nous perdons notre souveraineté alimentaire, moi je veux bien, et croyez-moi, il n'y a que la France qui fait cela, l'ensemble de l'Europe. La balance commerciale de l'Italie cette année va être à 17 milliards positifs.

13:24
Présentateur

Mais est-ce qu'on n'aura pas des consommateurs en meilleure santé, des seuls en meilleur état ?

13:27
Invité

Eh bien, si vous avez assisté au débat qu'il y a eu lundi dernier au Sénat, un oncologue a fait une étude très poussée, il n'y a pas plus de cancer aujourd'hui qu'hier, si on compare les strates de population, et surtout il n'y en a pas plus en Hollande et en Espagne que chez nous. Donc je crois qu'il faut arrêter de faire peur aux Français, il faut être rationnel, et moi je voudrais peut-être parler de notre texte, parce que c'est un texte, ce n'est pas la loi Duplon 2, c'est un texte transcourant porté par cinq sénateurs allant de la droite sénatoriale au centre-gauche.

14:01
Présentateur

Juste pour qu'on explique, en fait le Conseil constitutionnel a censuré une partie de la loi Duplon 1, la partie qui réintroduit le pesticide, faute d'encadrement suffisant, on regarde les exigences de la charte de l'environnement, du coup vous redéposez une loi, qui effectivement est une loi transpartisale. Mais elle ne va pas connaître le même sort que la loi Duplon ?

14:21
Invité

Nous verrons, mais pourquoi ? Premièrement, le Conseil constitutionnel n'a pas censuré sa réintroduction, mais ses modalités de réintroduction, notamment le fait que nous ne précisions pas suffisamment les filières ciblées, et la temporalité. Ce nouveau texte, trois articles, prévoient une temporalité très claire, dérogation annuelle dans le deuxième article, et deuxièmement, surtout, ce n'est pas Duplon, ce n'est pas Menonville, c'est l'INRAE qui a produit un rapport et qui a déterminé quelles sont les filières qui sont aujourd'hui dans l'impasse et qui sont en menace économique, betteraves, noisettes, pommes et cerises.

15:06
Présentateur

Vous pensez qu'il passera le deuxième texte ? Parce qu'il y a déjà une pétition qui est lancée, déjà 140 000 signatures. Est-ce qu'il n'y a pas certains de vos collègues qui vont se dire, à un moment, on va quand même écouter ce que disent certains Français et on va peut-être voter contre ?

15:19
Invité

On va essayer surtout de convaincre que ce texte n'est pas à la fois nécessaire pour notre souveraineté alimentaire. Je parlerai de la noisette, par exemple, parce que c'est un exemple édifiant. Depuis que cette matière active n'est pas permise en France, la production s'écroule. Si on ne fait rien, elle va disparaître. J'ai découvert, je le dis, que la France est le premier consommateur de pâtes à tartiner, Nutella et autres, premiers. En étant le premier, ils consomment à 85% de la noisette apportée de Turquie. Et accrochez-vous à portée de Turquie avec des produits, avec des produits non pas l'acétamibri, des produits interdits depuis plus de 30 ans dans toute l'Europe.

Alors voilà le combat qui est le mien aujourd'hui, c'est d'avoir une agriculture performante, de garantir notre souveraineté alimentaire et de nous garantir de ne pas être obligés, pour assurer notre souveraineté alimentaire, d'importer des produits que nous ne nous autorisons pas à produire en France. C'est ça le vrai débat. J'aimerais bien que les écologistes l'intègrent.

16:26
Présentateur

Guimet, qu'a dit hier le gouvernement lors du débat ?

16:29
Invité

Alors, elle a rappelé, effectivement, vous le disiez, que la France, en 2025, avait vu sa balance commerciale agricole être négative. Écoutez la ministre de l'Agriculture, Annie Gennevar.

16:40
Présentateur

C'est un signal préoccupant auquel nous devons tous être très attentifs. Mais au nom d'une vision manichéenne et binaire du monde, certains proposeraient toujours plus de normes, toujours plus de contraintes, en dépit de ce constat et de la nécessité d'infléchir la courbe de notre compétitivité. Le gouvernement, qui néanmoins, on a entendu Annie Gennevar, mais qui néanmoins exclut d'intégrer votre nouveau texte à la loi d'urgence agricole, qui serait examinée au Parlement avant l'été, est-ce que vous le regrettez ? Est-ce que vous, vous allez réintroduire par amendement votre texte dans cette loi ?

17:12
Invité

Écoutez, c'est notre volonté. J'entendais passage en force. Il n'y aura pas de passage en force. Il y aura un débat. Et il y aura une prise de responsabilité du gouvernement, des sénateurs, des députés. En tout cas, chacun devra prendre sa part dans cette responsabilité. En tout cas, moi, je ne veux aucun passage en force. C'est seulement... Nous serons les cinq sénateurs, forces de persuasion, pour garantir notre souveraineté alimentaire et permettre aux agriculteurs français, et je le dis à titre dérogatoire, annuel, avec un comité des solutions permettant de promouvoir des alternatives. Et dès que les alternatives seront au niveau, je serai le premier à demander qu'on retire le produit.

Mais en tout cas, aujourd'hui, ne sacrifions pas des emplois, ne sacrifions pas, alors même que l'EFSA le dit, il n'y a pas de danger avéré pour l'environnement et pour le consommateur dans une bonne utilisation.

18:13
Présentateur

Votre loi le divise chez les agriculteurs. Certains la soutiennent. D'autres s'y opposent. C'est le cas de Mathieu Courgeot. Bonjour. Vous êtes éleveur de vaches laitières en Vendée, coprésident du collectif Nourrir. Et vous étiez hier devant l'Assemblée nationale pour manifester contre cette loi Duplomb-Menonville. Pourquoi vous mobilisez-vous ? Bonjour à tous et à tous. On se mobilise effectivement parce qu'on est sur une séquence qui dure depuis un peu plus d'un an autour de ces questions agricoles qui font suite aussi aux mobilisations qu'il y a pu avoir dans les campagnes. J'en ai fait partie. J'ai aussi été manifesté.

Mais en fait, les réponses qui ont été apportées au monde agricole, on considère qu'elles ne répondent pas aux revendications qui ont été portées, notamment sur les questions de revenus. Et en fait, l'unique réponse, elle a été sur la réintroduction de pesticides qui sont quand même, malgré ce qu'on dit le sénateur de Menonville, qui sont quand même dangereux à la fois pour la santé et pour l'environnement. Et sur, par exemple, l'agrandissement des élevages. Mais on est en panne de solutions, par exemple, sur les questions de revenus. Je pense que l'exemple de la noisette qu'a cité M.

Menonville, il est très bon en fait, parce qu'effectivement, on est un portateur de 70-80% de la noisette qu'on consomme en France. Mais ce qu'on constate aussi, et j'ai bien lu aussi le rapport de l'Inrae, c'est que, par exemple, les baisses de production qu'il y a pu avoir en 2021 et 2022, c'était principalement dû à du gel printanier. Ça, c'est un premier élément. Et quand on regarde aussi qu'est-ce qui fait qu'on importe beaucoup de noiseux de Turquie, alors certes, il y a des produits qui sont interdits chez nous, mais c'est aussi et surtout le coût du travail. Et donc ça, et le travail des enfants en particulier, la Turquie a été pointée là-dessus.

Et donc, on voit bien qu'en fait, juste de réintroduire des pesticides, en fait, ça ne fera pas la maille quelque part. Ce n'est pas ça qui résoudra les problèmes. La question, elle est plutôt de la protection économique, de la protection aux frontières de l'Europe et de l'harmonisation sociale, fiscale, environnementale vers le haut à l'intérieur de l'Union européenne. Et avec quand même, enfin nous, on porte beaucoup ça, notamment avec les associations de patients et les associations de santé. C'est, voilà, d'avoir un principe de précaution qui permet quand même de réhausser les niveaux pour protéger la santé de tout le monde. Franck Ménonville, qu'est-ce que vous voulez répondre ?

20:31
Invité

Je suis complètement d'accord. Il faut une convergence européenne. Donc notre loi, elle est de permettre aux agriculteurs de travailler avec les mêmes règles, les mêmes droits et les mêmes devoirs et les mêmes possibilités au niveau de l'Union européenne. Par contre, concernant la noisette, moi, je ne suis pas un expert dans la noisette, mais j'écoute à la fois l'INRA, j'écoute à la fois les producteurs, les coopératives, ceux qui vivent dans ces deux départements principaux qui produisent des noisettes. Moi, je n'en produis pas et j'écoute leurs précompositions et surtout leur impasse quotidienne.

Et, chers collègues, je ne sais pas quelle est votre production, mais cette loi, elle ne concerne que 4… – Les bachétiens. – Voilà, mais les bachétiens n'auront pas d'acétal hybride. Elle ne concerne que 4 productions. La betterave, on estime aujourd'hui entre 10 et 15% de pertes liées à la jaunisse dans notre pays. Je rappelle qu'en n'enrobant pas à microdose les graines, on passe par voie aérienne 3, 4, quelquefois 5 passages d'insecticides aériens avec des effets pas très favorables et surtout une efficacité plutôt médiocre. Et les 3 autres filières, c'est la pomme, la cerise et la noisette. Donc, c'est une partie limitée de notre agriculture.

Ce sont des filières qui ont été définies comme dans une impasse technique par l'INRAE. Ce n'est pas Duplomb et Menonville qui définissent cela. On ne se veut pas du tout scientifique ni expert de ces productions. Ce sont des scientifiques et des chercheurs.

22:14
Présentateur

– Merci Mathieu Courgeau. Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin. On va terminer en allant voir l'actualité dans votre région maintenant, Franck Menonville. Grâce à nos partenaires de la presse régionale, on va à Nancy, on trouve Frédéric Plancard. Bonjour Frédéric, merci beaucoup d'être avec nous, journaliste régional à l'Est républicain. Et vous vouliez, vous Frédéric, interroger Franck Menonville sur un sujet préoccupant, c'est la présence des pifas dans l'eau de certaines communes du nord du département.

22:39
Locuteur non identifié

– Oui, c'est d'une actualité brûlante puisque une proposition de loi va être examinée aujourd'hui à l'Assemblée nationale qui vise à interdire les engrais azotés autour des zones de captage. Mais là, c'est un autre problème, c'est les polluants éternels, les pifas, puisque depuis début juillet 2025, quatre communes de Meuse, quatre toutes petites communes au nord de la Meuse, Remoyville, Loupie-sur-Loison, Juvigny-sur-Loison et An-les-Juvigny sont touchés par une pollution très très importante aux pifas, les polluants éternels, pollution qui serait due à un problème industriel.

Les taux sont très très importants, les habitants commencent à entrer dans une certaine psychose et dans une phase anxiogène, ne peuvent plus consommer l'eau du robinet pour la cuisine ou pour les biberons. et ces pifas, on sait, les maires, les pouvoirs publics se mobilisent. Je voulais avoir le sentiment du sénateur Benonville sur cette question. Je sais qu'il la regarde de près.

23:47
Présentateur

– Allez-y, François.

23:48
Invité

– Merci et bonjour, M. Plancard. – Bon, nous avons découvert à l'entrée de l'été ce problème lié aux analyses sur 17 communes, dont 4 dans le département de la Meuse, le restant étant sur le département des Ardennes. C'est une pollution d'origine industrielle, une papeterie du secteur, de notre secteur de l'extrême d'Orbeusien, sans doute stonée, peut-être d'ailleurs, je ne sais pas, mais en tout cas, principalement, l'épifas, ce sont des produits que nous recherchons que depuis peu de temps et qu'on commence à retrouver autour de sites industriels. Alors c'est très préoccupant. Ces 4 communes, moi je tiens à saluer vraiment l'action de l'État de proximité, du préfet, de ses services.

On s'est tous mobilisés cet été pour accompagner les maires, lancer une étude qui débouche sur une solution, une solution, c'est de raccorder ces communes à un captage d'eau, à un syndicat des eaux voisin pour permettre aux populations d'avoir de l'eau saine, de l'eau potable très rapidement. Alors ça a un coût, et je suis pleinement mobilisé, on est pleinement mobilisé pour faire en sorte de déplafonner ce plafond de 80% d'aide pour permettre aux financeurs qui sont d'ailleurs d'accord de financer à hauteur de 100% pour ne pas pénaliser les populations et les communes. En tout cas c'est très préoccupant et c'est émergent.

Et je crois que là aussi, il faut vraiment que la science avance, et notamment l'ANSES, pour à la fois définir, parce que les PFAS c'est une multitude de familles, il faut définir lesquels sont toxiques, lesquels ne le sont pas, et les seuils de toxicité, et surtout développer des alternatives dans les process industriels.

25:43
Présentateur

Merci beaucoup, merci Franck Menonville. Merci Frédéric Plancard. La une de l'Est républicain, deux bébés retrouvés dans un congélateur en Haute-Saône, c'est à la une de votre journal. Merci Franck Menonville d'avoir été avec nous. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.

Franck Menonville : « Je ne comprends pas le principe de précaution soulevé contre la loi Duplomb » · Pourquijevote