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interviewLe Média (sur YouTube)· 27 septembre 2023 34 min

PLANIFICATION ÉCOLOGIQUE : L'ARNAQUE DE MACRON (CLAIRE LEJEUNE)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

pour ne rater aucune de nos vidéos n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche en plein axe [Musique] la France doit sortir du charbon dès 2027 passer de 60 % d'énergie fossile à 40 % en 2030 investir 700 millions d'euros dans la construction de 13 RER métropolitains et répondre à un triple des filles je cite celui du dérèglement climatique et de ses conséquences celui d'un effondrement de notre biodiversité et celui de la fin de l'abondance de la rareté de nos ressources nous annoncent le président de la République Emmanuel Macron lundi 25 septembre à l'issue du conseil de planification écologique des annonces jugées décevantes qualifiés parfois de mesurettes par les écologistes et l'opposition qui rappelle qu'une partie des décisions du gouvernement étaient déjà connus pour commenter ce programme de planification écologique le média reçoit claire le jeune co-responsable du département de planification écologique de l'Institut La Boétie liée à la France insoumise vous étiez également candidate nupes lors des élections législatives bonjour Claire Lejeune bonjour alors avant de commencer à commenter ces annonces du président de la République et de parler de planification écologique je vous propose d'écouter quelques mots qui ont été prononcé à l'Elysée au fond si on prend les forts total depuis 1990 on a fait la moitié du chemin c'est l'autre moitié qui nous reste pour atteindre la réduction de 55% des émissions de CO2 raison 2030 c'est donc un chemin qui est atteignable il suppose d'aller 2,5 fois plus vite sur les 5 années à venir et donc là où on a ces cinq dernières années baissées de 2% par an les émissions va de réussir à baisser sur la période 2022 2030 de 5% par an ces émissions et de le faire par une stratégie qui je crois correspond à ce que la philosophie d'ensemble qui a toujours été la nôtre qui est une politique de sobriété mesurée ce qu'on a fait sur l'eau ce qu'on a fait sur l'énergie ces derniers mois où les efforts sont partagés une politique d'innovation ou on investit là aussi sur l'innovation technologique et ce que porte la mission France 2030 et chacun des ministères et une politique de transformation de tous les comportements ceux du consommateur par an en particulier l'étiquetage la responsabilisation ceux des producteurs se des financeurs qui soient publiques ou privés avec les mécanismes d'éco-conditionnalités et donc cet ensemble que nous allons continuer de décliner alors désormais on entend beaucoup parler de planification écologique de renaissance aux insoumis de Jean-Luc Mélenchon Emmanuel Macron mais la méthodologie peut-être elle diverge ceci dit sur l'ité et ce que vous avez l'impression vous avez peut-être la satisfaction d'avoir réussi à imposer la planification écologique au contraire vous dites aujourd'hui le président de la République il a tout faux alors je pense que déjà sur cette notion de planification il faut revenir à une espèce de double genèse de la notion il y a une planification qui s'inscrit pleinement dans l'histoire socialiste et qui est une proposition radicale d'alternative à l'ordre de marché mais il y a aussi une planification qui d'ailleurs historiquement n'a pas toujours dit son nom ouvertement mais qui correspond en fait au PA je mesure au réinvestissement de l'État par rapport au marché par des gouvernements qui peuvent être tout à fait libéraux ou néolibéraux dans l'économie en situation de crise donc il y a des formes de réinvestissement et d'activisme public par rapport au marché en contexte de crise et donc on a bien cette espèce de double filiation donc l'utilisation en fait voir la récupération de cette notion de planification qui se retrouve aujourd'hui chez Macron on pourrait penser qu'elle est incohérente contradictoire mais c'est bien la spécificité du néolibéralisme par rapport aux libéralisme classique d'être un activisme d'État au service d'un ordre de marché et donc la planification écologique dont on va parler aujourd'hui telle qu'elle se dessine chez Macron correspond à cela donc ça correspond pas à une rupture radicale avec l'ordre marchand et l'ordre votre capitaliste bien entendu ça correspond plutôt à une forme finalement et de manière assez surprenante de conservatisme sur les acquis les bases fondamentales de ce qui constitue l'ordre néolibéral et capitaliste mais avec du coup un décarbonation une un verdissement de cette structure qu'on laisse un toucher parce que ce qui est frappant dans la manière dont on est avancer cette planification écologique par le gouvernement Macron c'est à quel point ça ne touche pas à au rapport de force tels qui sont établies on parle de justice sociale mais seulement sous la forme de la distribution de quelques aides jamais pour dire que il faut par exemple mettre les riches plus à contribution parce que on est dans un contexte d'inégalité exacerbée donc finalement sous le masque d'une voilà d'une formulation qui pourrait laisser entendre que ça y est on va y aller il va y avoir un tournant dans les politiques écologiques ou présentée comme tel du gouvernement Macron en fait ça s'inscrit assez dans la lignée de ce qu'on a de ce qu'on a vu par ailleurs donc plutôt un verdissement de l'existant qu'un véritable tournant pas de changement de paradigme parce que pendant l'entre-deux tours de l'élection présidentielle on a quand même vu Emmanuel Macron revenir dire qu'il assumait aussi de reprendre les bonnes idées directement de Jean-Luc Mélenchon de pas avoir honte finalement ce changement de paradigme annoncé à l'époque lors de l'élection présidentielle par Emmanuel Macron en 2022 quand il annoncé que la planification serait la politique des politiques c'était ces mots lors d'un meeting tout cela en fait aujourd'hui ce sont des mots justement ce sont des discours mais qui sont restés lettres mortes après faut regarder en détail ce qui est fait ce qui est dit ce qui est annoncé et les moyens qui sont déployés par rapport aux objectifs qui qui sont définies donc la la question c'est qu'est-ce qui change avec cette annonce de la planification écologique comme tout cohérent porté au niveau de la première ministre avec un échelon interministériel un énorme travail il faut le reconnaître de du secrétariat général à la planification donc c'est quoi la différence est-ce que il y a une différence de nature entre cette appareillage là et ce qu'on connaissait avant c'est à dire une espèce de série de plan programme stratégie donc que ce soit la stratégie nationale bas carbone le plan curé annuel pour l'énergie tout ce qui se décline au niveau de l'alimentation qui existe en fait il y avait une série de plans Ecophyto etc le problème avec ces plans là c'est que les objectifs n'étaient quasi jamais atteint parce qu'on est dans une situation où l'État c'est volontairement désarmé et c'est volontairement des prix des outils qui lui permettrait justement d'avoir cette prise sur sur l'économie et de mener à bien cette transformation donc la question c'est plutôt est-ce que ce nouvel appareillage il a il amorce un tournant du point de vue de la capacité de l'État à contraindre la machine économique à se transformer est-ce qu'il y a une volonté politique de le faire et de ce point de vue là il y a bien dans les documents une volonté de faire le suivi par exemple sur les 56 les plus polluants de bien faire un suivi du processus de décarbonation mais si donc il va y avoir des milliards d'argent public qui vont être mis sur la table pour financer cette décarbonation des 56 les plus les plus polluants mais il y a nulle part de mentions d'un cadre contraignant qui forcerait ses acteurs à bien respecter leurs engagements donc finalement il y a zéro risque pour du côté des entreprises etc puisque les fonds publics c'est des fonds publics qui sont mis sur la table mais il y a pas non plus de une contrainte en fait donc ce qu'on peut ce qu'on peut craindre c'est que il y a pas vraiment de différence de nature entre le bloc de mesures qui nous est annoncé là et puis les mesures mesurètes comme on a pu les appeler qu'on connaît et qui se graine depuis des décennies sans qu'on voit de transformation radicale en fait mais du coup quel est l'objectif selon vous quel devrait être l'objectif réellement de la planification écologique qu'est-ce que vous attendez en fait comme cap alors si on regarde les planifications qui a eu après la Seconde Guerre mondiale donc les planifications de reconstruction qu'on a connu dans notre pays c'était un moment où déjà le rapport entre travail et capital était très différent de celui qu'on connaît aujourd'hui les syndicats étaient extrêmement forts l'idée de planification a été présente dans le programme des jours heureux du Conseil national de la de la résistance et les patrons au contraire eux étaient disqualifiés par le fait qu'ils avaient collaboré et la planification à ce moment-là elle s'inscrit dans un moment où il y a un véritable travail tripartite qui se met en place et aussi on nationalise donc le public a très directement la main sur la substance de l'économie avec le tournant libéral c'est quand même une situation très très différente qu'on a et c'est ce qui fait que la planification écologique à la Macron aujourd'hui on peut craindre qu'elle est pas en fait assez de prise en fait sur la machine économique pour être véritablement effectivement une écologie donc peut-être s'interroger sur ce que ça signifie alors je pense que c'est du coup un espèce de clin d'oeil de renvoi à cette histoire là à l'histoire de la de la planification à la française mais encore une fois il y a une vraie différence entre ce qui se passait dans les années 50 et ce qu'on peut ce qu'on peut voir aujourd'hui en termes de capacité de l'État à imposer certaines certaines décisions à l'économie donc le but c'est de réfléchir si on prend au sérieux cette idée de planification écologique et qu'on l'a prend pour toutes ce qu'elle peut être si on si on y met toute l'ampleur de l'ambition que cette idée peut porter lorsqu'elle est prise dans un sens plutôt écosocialiste parce que en fait dans la filiation de la planification socialiste la suite c'est la planification écologique telle que la telle que la conçu Martin billard qui a construit le programme de Jean-Luc Mélenchon écologiste exactement donc c'est plutôt peut-être vers cette filiation là qui vaut qui faut s'orienter parce que ce qui dessine c'est pas seulement des des paquets de d'investissement que on diffuse comme ça dans une économie dont on cherche pas vraiment à changer les fondements c'est une vision de en fait des limites qu'il faut mettre à cet ordre cet ordre marchand pour pouvoir atteindre des objectifs de soutenabilité qui soit écologique ou sociaux donc ça ça implique de que l'État se dote de d'outils nouveaux de moyens de qu'on change un peu le rapport à la propriété des moyens de production donc ça implique toute une refonte en fait des rapports dont on hérite du libéralisme entre d'une part il y aurait l'économie et d'autre part il y aurait la politique ça implique en fait aussi que la démocratie elle s'empare de toutes ces questions économiques assez fondamentales et je pense que un autre grand grand absent de cette planification écologique telle qu'elle dessine chez Macron c'est la démocratie en fait donc on a une situation on a un secrétariat général à la planification écologique qui a travaillé relativement on va se clos qui a fait un travail très très sérieux très très élaboré du point de vue scientifique et technique il y a pas pas de souci mais structures d'État ne le permettent pas aujourd'hui une structures publiques enfin quand confronte la planification écologique ou réel forcément on se rend compte que il y a quand même des freins des difficultés qui sont aussi peut-être structuelles non oui tout à fait mais en fait si on prend au sérieux l'idée que réagir à la crise climatique à la hauteur de ce qu'il faudrait donc rapidement et de manière assez structurelle et transformative ça va impliquer de ce confronter à ce à ce réel et de le changer en fait c'est là c'est dans ce sens là que je disais que finalement cette planification telle que dessinée par Macron elle est assez conservatrice de l'existant elle confronte pas en fait les points nodo qu'il faudrait changer pour arriver à faire cette bifurcation cette bifurcation écologique donc tout cela étant dit c'est ni simple ni enfin mais le chemin de la de la il implique de prendre au sérieux l'idée que il y a une transformation de base structurelle de l'économie amorcée et dans le cas de la planification de Macron c'est pas totalement ça qu'on voit ce dessiner alors quand on parle de planification économique on s'attend quand même à ce qui est certain secteurs qui soient particulièrement mis en avant il y en a un qui a été mise en avant quand même par le Président de la République c'est celui du charbon on a un peu l'impression que le charbon c'est le symbole de cette planification écologique on nous a sorti plusieurs dates depuis six ans sur la sortie du charbon là il y a une date nouvelle qui est qui a été mise en avant par Emmanuel Macron le charbon c'est l'un des enjeux aujourd'hui oui toutes les énergies fossiles sont l'enjeu numéro 1 quelque part c'est le nerf c'est le nerf de la guerre les autres énergies fossiles ont été un petit peu absentes du débat oui tout à fait mais en fait je pense que il a en termes de communication il y avait cet enjeu de réannoncer donc un objectif repoussé à 2027 de sortie du charbon faut bien rappeler qu'au préalable c'était 2022 donc ce qu'on présente comme une grande avancée c'est en fait un recul un recul de pas moins de 5 ans donc c'est assez c'est assez énorme mais mais oui en fait c'est plutôt légitime de faire des énergies fossiles des symboles de d'une planification écologique le problème c'est que on présente comme des victoires des choses qui sont des retards immenses que la France a pris sur sa trajectoire de bifurcation aujourd'hui il y a des retards sur la stratégie nationale bas carbone qui a été qui a été établie donc en fait et l'objectif que que Macron a dessiné dans son infervention qu'on vient d'entendre donc d'aller 2,5 fois plus vite il est énorme en fait aller 2,5 fois plus vite ça implique des moyens considérables qui sont aujourd'hui encore sur la table donc ce qu'on peut craindre c'est que il est de manière récurrente cette manière de repousser les objectifs à atteindre et de décaler dans le temps de plus en plus la réalisation de cette sortie des énergies fossiles notamment mais peut-être que on peut se poser la question planifier sans planifier une date de sortie des énergies fossiles c'est aussi ça le débat c'est pas crédible oui totalement il faut une date de sortie mais encore une fois si on revient à ce qu'on disait tout à l'heure de c'est quoi la vraie différence de nature entre une situation on élabore des plans on dit bon bah 2022 on va sortir du charbon et une planification écologique on établit le plan comme méthode de gouvernement si en fait il y a pas de manière de manière forte un changement de méthode qu'on voit dans la manière dont l'état s'organise l'état interagit avec l'économie comment prendre au sérieux l'objectif les objectifs qui sont fixés en fait pour le moment ce qui n'est pas clair c'est le vraiment le chemin étape par étape qui va permettre de respecter de respecter des objectifs et d'autant plus que ces objectifs sont déjà en retard par rapport à ceux qui étaient déjà fixés d'autant que quand on regarde son plan on se rend compte qu'il y a quand même beaucoup de secteurs qui sont oubliés on pense bien sûr l'agriculture qui est un peu le grand absent on a l'impression de cette planification mais d'autres également on peut penser aux Maritimes par exemple dans tous les documents de du sgpu c'est assez dense et complet néanmoins c'est c'est aussi assez flou parfois par exemple sur cette question de l'agricole ou en fait c'est pas vraiment très clair qu'on va vers une transition d'un modèle agricole à un autre on sent qu'il y a eu des pressions peut-être du côté du ministère de l'agriculture et dans la prise de parole de d'Emmanuel Macron il y avait plutôt une volonté de rassurer et de dire on va protéger les agriculteurs en disant on n'ira pas trop vite sur les obligations de sortie du prix oui tout à fait mais aujourd'hui retarder la sortie des pesticides c'est pas protéger les agriculteurs c'est continuer leur mise en danger parce que les premières victimes de l'utilisation des pesticides c'est bien ne les premières victimes de ce système marchandisés d'agriculture industrielle et de l'emprisonnement par les dettes énormes qui que les paysans accumulent c'est bien eux en fait c'est bien les les paysans c'est une espèce de captation aussi de certains sujets par des groupes d'intérêts qui en fait ont réussi à jouer peut-être en coulisses de ses annonces là pour freiner sur certains sur certains leviers et notamment celui de la transition on remarque aussi que il y a rien sur la place de l'alimentation carnée qui est un sujet quand même important à mettre au débat à mettre des bas démocratique justement si on veut prendre au sérieux cette bifurcation donc oui il y a clairement des oublis des trous dans la raclette dans la raquette alors que justement la planification écologique l'idée c'est justement que ce soit très englobant que ce soit plus seulement des plans sectoriels mais qu'on puisse embrasser d'un seul œil la vision de la société que ça amène et quand on prend l'enchaînement des mesures et la prise de parole du président en fait on a du mal à se figurer qu'elle vers quelle société on s'embarque en fait de plan oui en fait ça dessine pas un nouveau modèle de société alors que les objectifs qui sont les nôtres impliquent qu'une refonte assez fondamentale du contrat social d'un rapport à l'environnement enfin ça va ça devrait du moins changer énormément de choses c'est pour ça qu'on a besoin d'un degré d'intensité démocratique et dans ce dans ce cas là quand on voit la chronologie qu'on a entre le moment où il y a eu la convention citoyenne pour le climat et le moment où là il y a une reprise en main par le Centre par le par le président lui-même d'ailleurs lors de son intervention à 20h le dimanche soir je sais pas si c'était une erreur de sa part ou autre mais il a renommé le conseil de la planification écologique le Conseil présidentiel de l'écologie c'est les mêmes initiales CPE CPE et ça dit ça dit beaucoup en fait de cette reprise en main du coup de de la question écologique qui parle le centre mais qui du coup empêche que ce soit quelque chose dont la société dans son ensemble s'empare et qui fasse l'objet d'un débat démocratique dense et dont on a besoin en fait parce que les questions qui se posent elles sont pas simples il y a des vrais changements de de mode de vie qui vont devoir être amorcés mais d'une part ils seront consentis que s'il y a une compréhension des enjeux et qui a eu un débat démocratique qui ça permet l'acceptation de ces transformations là et surtout ça n'arrivera que s'il y a une forme de justice sociale qui s'instaure et ça autre grand grand absent de de cette planification écologique telle qu'elle se dessine chez Macron c'est une question là lors de son interview au 20h dimanche et un petit peu aussi précédemment avec des interventions de la première ministre qu'on a parlé également on va en discuter juste après mais justement vous avez mentionné cette question des pesticides on a un peu l'impression que dans cette vision d'ensemble dans cette vue d'ensemble qu'on attend en se focalise sur le climat est-ce que la planification écologique on n'attend pas d'elle notamment qu'elle aborde la question de la biodiversité également on a l'impression que la biodiversité elle est un petit peu mise de côté la planification écologique idéalement elle doit permettre justement d'avoir cet articulation entre l'impératif climatique et l'impératif de protection et de reconstruction de de la biodiversité et d'ailleurs sur ce point là la stratégie française s'appuie beaucoup sur les plus de carbone donc l'utilisation des forêts des sols pour enfin on compte sur eux globalement pour capter le CO2 sauf que avec les sécheresses les chaleurs etc ils ont capté ils ont pu capter beaucoup moins que prévu et c'est plutôt des entités qui sont plutôt en danger donc cette impératif il est là mais la coordination climat biodiversité pour le moment elle apparaît effectivement pas du tout de manière claire donc aussi c'est je pense le calendrier le séquençage des annonces qui fait que pour le moment c'est très difficile de voir ce à quoi ça va ressembler en dernière instance et autres briques immensément importante et déterminante ça va être la loi sur l'énergie qui devait être voté avant l'été et qui potentiellement ne va passer à l'Assemblée qu'en 2024 donc en fait ce qu'il faut aussi voir c'est que depuis des moments en mai 2022 où Macron propose cette planification écologique enfin utilise le terme pour la pour la première fois et puis le moment on commence à voir ces mesures qui en plus sont un peu un peu décevante il y a quand même eu beaucoup de temps alors que le temps c'est pas ce qu'on a en ressources excessive en ce moment pour pour agir sur la question du climat donc il y a toujours cette sensation que on avance par annonce annonce successives mais sans voir de tournant et sur toute cette articulation donc énergie climat biodiversité pour le moment il y a clairement pas un tableau d'ensemble qui se dessine effectivement vous avez parlé de justice sociale mais la première ministre Elisabeth borne elle a fait un lien direct entre pouvoir d'achat et écologie en disant devant le Conseil national de la refontation que la planification protège le pouvoir d'achat est-ce que vous êtes d'accord est-ce que c'est quelque chose qui peut faire consensus peut-être entre vous Emmanuel Macron il leur redit d'ailleurs au journaliste dans on a une interview la dimanche 24 septembre il a dit l'écologie c'est la solution oui alors je pense qu'il y a clairement un lien entre entre pouvoir d'achat même si cette notion est très restrictive par rapport à une notion plus ample comme le bien vivre qui inclurait des dimensions moins matérielles et marchandes de ce qui est la vie mais effectivement il y a ce lien la question c'est plutôt comment elle s'articule très concrètement en politique publique du côté de la macronie et pour le moment par exemple sur les impacts de l'inflation ce qu'on voit plutôt c'est une grande difficulté d'une part grandissante des Françaises et des Français de faire face à cette inflation et plutôt un refus du côté du gouvernement de prendre des mesures comme le blocage des prix etc donc c'est il reste à voir en fait concrètement comment la planification écologique dessine chez Macron concrétise ce lien entre pouvoir d'achat et écologie pour le moment il y a pas vraiment de mesures clés qui permettrait de le voir et planifier c'est justement gérer la pénurie c'est gérer l'inflation oui mais ce qu'on a ce qu'on a vu dans une séquence où on a de l'inflation on a une détérioration du pouvoir d'achat c'est que le gouvernement n'a pas eu de mesure qui était à la hauteur il n'a pas non plus utiliser les leviers que l'écologie et la transition pourrait amener pour favoriser le pouvoir d'achat et encore une fois lorsqu'on lorsqu'on regarde la question par ce bout là c'est pas tout à fait des questions de justice sociale au sens complet qu'on se pose puisque on évacue de la question la part de richesse qui en ce moment est concentrée au plus haut de la société par la notion de justice sociale il y a bien se rééquilibrage qui doit être amorcé la répartition des richesses ouais répartition du temps oui exactement donc tant qu'il y aura pas cette vision pleine de la justice il y aura une difficulté je pense pour la société dans son dans son entièreté d'avancer vers cette avancée vers cette transition mais du coup ça signifie que des sujets par exemple comme la semaine de 4 jours comme sujet de la retraite sont aussi des sujets qui doivent rentrer dans le cadre d'une planification oui bah tout à fait et en fait c'est ce qui manque un peu qui manque même totalement dans cette vision de la planification telle que Macron là énoncé cette planification elle vient après une validation d'un allongement plutôt de du temps passé au travail donc ça veut dire que la la rupture avec la logique productiviste et pas tout à fait et pas tout à fait intégré et c'était intéressant dans le mouvement contre la réforme des retraites de voir à quel point les gens par eux-mêmes reliés cette question de la réduction du temps passé au travail que ce soit sur une semaine ou sur toute une vie avec l'impératif de produire moins de produire mieux et donc l'impératif climatique et écologique dans dans son ensemble en fait donc c'est là où on pouvait attendre un peu une mise en récit politique de la part de d'Emmanuel Macron sur cette planification écologique ce qu'on a plutôt c'est une avalation de l'existant avec une continuation d'un modèle qui sera simultanément décarbonée mais qui restera avec des objectifs de productivité de compétitivité etc et ça dit rien en fait du modèle social dans lequel dans lequel on souhaite aller je pense que un des risques actuellement aussi c'est d'avoir une espèce de fétichisme de la décarbonation mais en fait l'enfer il peut être notre en carbone ça dit rien du degré d'inégalité dans une société ça dit rien des conditions de vie au travail ça dit rien en fait de l'architecture de la société dans laquelle on souhaite aller donc ce qui manque c'est ça c'est un débat sur le modèle de société et la planification écologique c'est à la fois l'aboutissement et puis la méthode pour mettre en place ce modèle de société mais quelque part tout se débala est court-circuiter dans une planification là qui est en fait et décidé à relative dans un cercle relativement restreint en prenant pour acquis toute une série de décisions qui en fait sont pas du tout sont pas du tout évidentes en fait on vous écoutant on voit quand même que sur cette notion de planification finalement il y a difficulté à avoir des points de convergence entre les projets que vous vous avez parce que malgré ce terme malgré le fait qu'Emmanuel Macron il a dit qu'il y avait voilà qui l'assumait reprendre des idées qui avaient été avancées par Jean-Luc Mélenchon finalement vous vous dites c'est un enfumage tout ce qui a été présenté puisque la fin on a l'impression quand même que il y a rien à en tirer quoi enfin je veux dire les moyens supplémentaires à louer etc ils vont bien exister donc c'est pas c'est pas de la de la fumée pure la question c'est celle de la trajectoire dans laquelle on se on se dirige par rapport à la situation établie par des faits scientifiques dans laquelle on se trouve peut-être un commencement de quelque chose oui mais là on est plus dans un moment où on peut se contenter de commencement de quelque chose on est dans une situation on a besoin de la mise en place concrète et rapide d'une véritable planification écologique il y a je pense que c'était Cyril lion qui avait une formule qui disait en fait les petits pas vu la situation dans laquelle on est c'est des parts en arrière donc en fait stratégiquement il vaut mieux travailler à l'élaboration d'un d'une alternative qui pourra effectivement mettre en place rapidement cette bifurcation plus plutôt que d’applaudir à quelque chose qui en fait va verdir un existant qui est insoutenable tant socialement qui écologiquement parce que on se dit si un enfumage sur l'usage de cette notion de planification écologique faut clarifier les choses mais en même temps si on regarde mesure par mesure plan par plan on se dit bon il y a quand même du mieux il y a par exemple un aspect qu'on peut peut-être regarder de plus près c'est le sujet de la relocalisation on a l'impression quand même que il y a un travail qui est fait aujourd'hui par le gouvernement de relocalisation de nos productions il a pris l'exemple de la voiture électrique il a dit aussi que il aimait la bagnole je reprends ces termes qu'il l'adore même on a quand même un gouvernement qui est en chantier ou vraiment jusqu'au bout jusqu'au même si on regarde dans le détail les mesures pour l'opposition la France insoumise la nups qui sont intéressantes en fait ce qui est intéressant c'est que quand les crises s'accumulent que soit le covid le choc de la guerre nukraine les différentes formes de crise économique et financières ce qui défendent plutôt l'ordre néolibéral sont obligés en fait de réagir de réagir et du coup d'ajuster certaines des mesures qui proposent etc et par exemple le fait de parler d'une écologie souveraine sous-entendue en fait il faut effectivement pour résister à de potentiels crises futures relocaliser une partie de la production pour pas être dépendant de chaîne de production trop longue qui en fait sont des sources de risques pour pour l'approvisionnement de du pays ça résonne avec l'impératif de relocalisation tel qu'il a été formulé dans l'écologie politique depuis des décennies après et vous l'avez vous même dit c'est si dans cette relocalisation en fait on l'utilise pour pousser jusqu'au bout une une vision de la transition des transports basés exclusivement ou presque sur le passage d'une flotte de véhicules du thermique au tout électrique avec tous les problèmes que ça va poser pour ce pour la partie de la population qui malgré les aides de l'État pourront pas pour le moment s'acheter de voiture électrique il nous reste un problème parce que ça ça correspond pas à la transition en termes de transport qu'il faudrait pour avoir une un mode de mobilité véritablement soutenable parce que on a tous ces toutes le poids des des minerais etc dans l'utilisation de la voiture électrique qui reste un énorme problème donc on a aussi eu dans les annonces les 700 millions pour le les 13 RER mais il y a un rapport du Sénat il y a pas si longtemps qui disait que c'est plusieurs milliards en fait qu'il faut mettre sur la table pour le sujet du rail de façon générale il faut pas pas écarté toutes les choses qui sont des brèches intéressantes dans le dans le modèle néolibéral mais il faut pas non plus être naïf sur le fait que ça puisse être véritablement transformateur on va vers une espèce d'Etat activiste enfin qui investit etc pour verdir une structure économique qui va rester conforme à ce qu'on connaît depuis effectivement ce ce tournant des années des années 70-80 vous avec la Fondation La Boétie avec la France insoumise vous avez évalué vous avez chiffré le coût combien ça coûterait une planification écologique si on prend juste le un rapport qui fait un peu référence aussi parce qu'il vient du il vient de d'un économiste qui historiquement a été proche d'Emmanuel Macron donc le rapport Pisani Mafouz il évalue à plus de 30 milliards par an les besoins de financement de la transition écologique donc on est déjà sur des sommes qui sont supérieures à ce qu'on peut trouver actuellement donc oui les besoins de financement ils sont immenses c'est pour ça aussi que ce rapport Pisany mafhouse avait inclu la question du financement par la dette avait inclus la question du de l'Attaché des plus riches pour financer la bifurcation écologique et là c'est aussi des leviers qui du coup disparaissent dans la proposition de planification écologique de Macron aussi parce que c'est pas les mêmes quantités de moyens qui sont qui sont alloués je vous remercie claire Lejeune c'est la fin de cette interview je vous dis à bientôt et vous qui nous regardez je vous le rappelle le média arrive sur les télévisions le 20 octobre nous avons lancé une cagnotte pour financer une grille de programmes et avons déjà récolté plus de 105.000 euros merci à vous continuez à donner pour une information libre et ind épendante à bientôt