L'intégralité de l'interview de Marine Le Pen à BFMTV après le premier tour
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir à tous. Bonsoir Marine Le Pen. Bonsoir.
Merci beaucoup de nous accueillir dans votre bureau ici au QG de votre campagne. À Paris, il reste 11 jours avant le second tour de la présidentielle. On va parler de votre programme, de votre campagne qui bat son plein.
D'abord, un mot quand même, revenons sur ce qui s'est passé cet après-midi pendant votre conférence de presse. Une militante d'un collectif écologiste a brandi une pancarte avec une photo de vous et de Vladimir Poutine. Elle a été plaquée au sol, puis évacuée assez violemment.
Vous n'avez pas réagi sur le coup ? Est-ce que vous pensez sincèrement que ça méritait une intervention aussi brutale ? Les images sont assez dures.
Ce sont les policiers de M. Darmanin. Il faut s'adresser à M.
Darmanin parce que moi, je n'y suis pour rien. Ce sont les services de protection des personnalités. Vous imaginez bien que ce n'est pas moi qui leur donne ni des instructions ni des consignes sur leur méthode d'intervention.
Bon, ça ne vous a pas déranger de voir une femme comme ça traîner au sol. Je n'ai rien vu du tout. Vous savez, il y avait 200 journalistes.
Tout le monde s'est levé. Je n'ai strictement, en l'occurrence, rien vu. Mais voilà, je n'y suis absolument pour rien.
J'ai juste été...
Je me suis réjouie de voir que cette femme n'avait pas d'intention plus dangereuse que celle uniquement de m'interpeller. Vous répétez, je serai présidente. Les observateurs disent que le deuxième tour va en effet être relativement serré.
Il y a, vous disiez, je crois, au sondage. Bon, alors, notre étude élabe, ce soir pour BFMT, vous donne battu. Avec 53,5% pour Emmanuel Macron, 46,5% pour vous.
Ou s'il n'y a plus de front républicain, il y a peut-être encore un plafond de verre ? C'est une expression que vous devez détester. Non, mais il y a un système qui gère mal, mais qui se défend bien.
Enfin, j'ai bien vu le changement de tonalité entre vendredi soir, quand la campagne s'est arrêtée, et lundi matin, quand je me suis réveillée, là, d'un coup d'un seul, toute une série d'outrances ont été proférées, avec une tonalité qui est donnée par le président de la République, d'ailleurs, qui est très brutale, qui est très agressif à mon égard, et qui utilise des termes qui ne sont peut-être pas utiles. Parce qu'après tout, ça n'est qu'une élection. C'est une élection autour de l'extrême droite, une dérive autoritaire.
Oui, tout. Mais c'est une élection importante, évidemment. Moi, je la considère comme fondamentale pour l'avenir du pays, mais ça n'est qu'une élection.
Et une élection, c'est un processus démocratique. C'est-à-dire qu'on confronte des opinions, elles sont par définition divergentes, mais on peut le faire dans la loyauté des méthodes utilisées, on peut le faire dans la courtoisie. Parce que je crois que c'est ça, la grandeur de la France, c'est de faire ça dans la courtoisie républicaine.
Et je n'ai pas l'impression...
C'est un combat, aussi une élégion présidentielle. Vous-même, vous lâchez vos coups. Non, non.
C'est un combat des idées. Ça ne peut pas être un combat des personnes. Vous voyez, c'est là où j'ai une vraie divergence avec le président de la République et la manière dont il engage ce second tour, où il nous avait déjà annoncé qu'il comptait que ce soit la castagne.
Je trouve que ce n'est pas à la hauteur, ni d'une présidentielle, et encore moins d'un candidat président sortant. Alors, il y a un écart, je le disais, dans les enquêtes d'opinion. Pour l'instant, il est donné gagnant.
Comment allez-vous rattraper ce retard ? Est-ce que vous comptez d'ailleurs accélérer dans votre campagne ? Je trouve que je fais déjà le maximum de ce que je peux faire dans ce second tour.
Je rappelle qu'à la différence du président candidat, je suis en campagne depuis 30 semaines. Lui, depuis 3 jours. C'est un autre match.
C'est un autre match qui a commencé. Les compteurs se sont remis à zéro lundi matin. Oui, peut-être pour vous, mais pour les Français, moi, ils m'ont vu aller les voir, les rencontrer, 30 semaines de suite, aller discuter avec eux, affiner mon projet, leur expliquer ce que je voulais faire.
Je continue d'ailleurs à le faire. J'ai un meeting demain dans le Vaucluse, à Avignon, où je vais là encore convaincre les Français. Mais je pense que surtout, il faut...
Enfin, moi, le sentiment que j'ai, c'est que ce qui va se jouer, c'est surtout une question de mobilisation. C'est la raison pour laquelle, depuis des semaines, je dis aux Français, si le peuple vote, le peuple gagne. Si vous vous abstenez, si vous ne votez pas, eh bien, vous ne pourrez pas défendre vos intérêts.
Et moi, je suis là pour ça, pour défendre les intérêts du peuple français. Mais je ne peux pas le faire seul. Je suis obligée de faire appel à eux, parce que c'est ensemble qu'on va redresser le pays.
On a beaucoup vu Emmanuel Macron sur le terrain ces deux derniers jours, ces trois derniers jours. Moins aujourd'hui, évidemment, puisqu'il y avait un Conseil des ministres à Strasbourg, à Mulhouse, dans le Nord, au contact des Français. À portée d'engueulades, même, disait Laurent Demain, notre éditorialiste, ce matin.
Vous êtes dans un autre rythme. Non, je ne crois pas. J'étais ce matin, moi, dans une cimenterie pour parler avec un chef d'entreprise qui a vu exploser le prix des matières premières, qui a vu exploser le prix du carburant, et qui me dit qu'ils sont dans des difficultés économiques majeures, comme beaucoup d'autres petites entreprises, dont personne ne parle.
Je suis allée parler inflation. Je suis allée voir un agriculteur lundi pour parler de l'inflation qui va arriver et qui va être très importante sur les prix de l'alimentation et qui va frapper les Français. Je suis allée proposer les solutions qui sont les miennes, notamment la TVA à 0% sur un panier de 100 produits alimentaires et d'hygiène.
Je viens pour apporter des solutions à des problèmes qui vont se poser très, très rapidement. Si vous êtes élu le 24 avril, est-ce que vous commencez à vous préparer à gouverner ? Est-ce que je travaille ici même ?
Est-ce que ça fait partie de votre quotidien ? Évidemment. Évidemment.
J'ai effectué beaucoup de rencontres qui sont nécessaires pour constituer une équipe pour que je puisse commencer à travailler évidemment dès mon élection. Vous savez ce qu'on dit aussi, c'est que vous n'avez jamais gouverné, vous n'avez jamais géré de ville, de département, de région. Vous savez, moi je suis...
Sauriez-vous gouverner la France ? Moi je suis élu depuis des décennies. Emmanuel Macron est arrivé président de la République.
Il n'avait jamais été élu une seule fois. Il n'avait même jamais...
Il dirigeait Bercy. Il n'avait jamais été candidat. Il n'avait été au cœur du pouvoir en étant conseiller à l'Elysée.
Oui, mais c'est la vraie question. Si vous voulez...
Est-ce que...
Reconnaissez que c'est une des questions aujourd'hui. On se dit, est-ce qu'on peut lui donner les clés, je parle de vous, pour gouverner le pays sans aucune expérience de gestion ? La seule gestion, c'est votre parti qui est d'ailleurs lourdement endettée.
Pardon, mais arrêtez. Pardon, stop. Si les Français m'élisent, c'est parce qu'ils ne veulent plus être entre soi.
C'est parce qu'ils ne veulent plus que ce soit les techniciens qui dirigent le pays. C'est qu'ils veulent que la politique soit menée pour eux, à leurs bénéfices, en tenant compte de ce qu'ils souhaitent. Et pas par les cabinets de McKinsey, qui objectivement, eux, sont capables de travailler, alors que pour le coup, avec n'importe qui.
Ce n'est pas ça qu'ils veulent. Moi je ne leur offre pas un gouvernement de techniciens, moi. Je leur offre un gouvernement de politique, c'est-à-dire de gens qui savent où ils vont.
Car avec Emmanuel Macron, moi je ne sais pas où ils nous emmènent. Alors, vous êtes plus justement sur ceux avec qui vous aimeriez gouverner. Parce que pour l'instant, vous nous dites surtout ceux avec qui vous ne voulez pas travailler.
Marion Maréchal, Éric Zemmour, moi j'imagine que Nicolas Bé, Gilbert Collard, c'est pareil. C'est la même blacklist, entre guillemets. Mais il n'y a pas de...
Mais pardon, excusez-moi, je vais vous rappeler les institutions. Moi je suis candidate à l'élection présidentielle. Je nommerai un Premier ministre.
Et c'est lui qui constituera son gouvernement. Et je crois, je vais vous dire une chose. De qui pourrait s'agir ?
Béziment, vous avez déjà quelqu'un en tête. Vous ne voulez pas dire son nom. Non, ça n'est pas...
Est-ce que les Français connaissent ce Premier ministre potentiel ? Non, mais on ne va pas jouer au jeu de est-ce que c'est une femme, est-ce que c'est un homme. Encore une fois, je pense que personne ne vous annonce à l'avance ce qui est son Premier ministre.
C'était pas ma question. Non, mais ça n'est jamais arrivé. Donc ça n'arrivera pas plus aujourd'hui.
C'est pas proche. Ce que je veux dire aux Français, c'est que ce sera un politique. Ouais.
Un politique. Que ce sera un chef d'équipe et que surtout, il sera amené à gérer une équipe qui respectera la cohérence du projet que je leur ai soumis et qui aura été validée. Parce que c'est ça l'important.
Qu'est-ce qu'ils veulent les Français ? Les Français, ils veulent élire un chef de l'État qui respecte ses promesses. Ils veulent élire un chef de l'État qui les respecte.
Ils veulent élire un chef de l'État qui revivifie la démocratie. Parce que la démocratie va mal dans notre pays. qui met en place la proportionnelle et qui met en place le référendum d'initiative citoyenne pour qu'ils puissent s'exprimer sur les grands sujets quand ils le souhaitent en réunissant 500 000 signatures.
Ils veulent que l'Assemblée nationale serve à quelque chose. Qu'elle soit vraiment représentative des différents courants, y compris ultra minoritaires. Et c'est ce que je vais leur offrir par la proportionnelle.
C'est tout cela qu'ils souhaitent. Toutes les autres questions, pardon, mais ce sont des questions de journalistes, ce ne sont pas des questions des Français. Les retraites, si vous le voulez bien.
Vous avez entendu d'ailleurs ce que dit Emmanuel Macron. Il dit que votre programme, en gros, ce sont des carabistouilles. Je reprends le mot qu'il a utilisé.
Oui, ce n'est pas très argumenté. Donc j'ai du mal à apporter une réponse. Sur les retraites précisément.
Parce qu'il y a une vraie différence entre vous deux. Ah oui, énorme. Lui, il dit 65 ans.
Oui. Peut-être, en passant par un référendum, peut-être 64 ans. Vous vous dites à partir de 60 ans.
Oui. Pour ceux qui auront commencé très tôt. Oui.
En réalité, je mets en place un système où, progressif, où, lorsque vous avez commencé à travailler avec un travail significatif au sens de l'INSEE, avant 20 ans, vous partirez avec 40 annuités à 60 ans. Et, progressivement, au fur et à mesure, ça monte jusqu'à maximum 42 ans d'annuités et 62 ans d'âge légal. Voilà.
Je pense que c'est vraiment une justice sociale que de faire ça. C'est d'abord simple. C'est soutenable budgétairement.
Ah, ça, vos adversaires disent que non, justement. Mes adversaires se trompent parce qu'ils se fondent tous sur une analyse qui est l'analyse d'un institut, qui est un institut d'ailleurs très proche d'Emmanuel Macron, l'Institut Montaigne, qui lui-même s'est trompé dans son calcul puisqu'il n'a pas pris les emplois significatifs. Vous comprenez ?
Il faut...
C'est plus de 3 mois. Il faut avoir travaillé, évidemment, plus de 3 mois avant 20 ans et pas un travail saisonnier. Parce que ça, c'est pas significatif.
Mais le Conseil d'orientation des retraites, le fameux COR, alerte lui aussi sur un déficit. Non, pas tant que ça, je vais vous dire. À moyen terme.
Eh bien, pas tant que ça. Parce qu'en réalité, le Conseil d'orientation des retraites, il dit que la retraite, à partir de 2030, il y a une petite hausse par rapport, évidemment, à l'âge de ceux qui arrivent à la retraite. Mais à partir de 2030, c'est-à-dire demain matin, la réalité, eh bien, on retrouvera un niveau parfaitement soutenable et classique de la part, du pourcentage du PIB qui est consacré aux retraites.
Donc, c'est pas vrai. Tous les discours catastrophistes qui sont développés en France ne sont pas fondés sur les prévisions du Conseil d'orientation des retraites. Regardons peut-être juste alors nos voisins.
Aujourd'hui, la retraite à 60 ans, elle a disparu. On le sait, on le voit comme on voit ce qui se passe en Allemagne, 67 ans. Oui, mais en Allemagne, il y a aussi des euros de job.
Moi, c'est pas mon modèle de société, c'est-à-dire des gens qui travaillent pour un euro de l'heure. Je veux dire, ça n'est pas mon modèle de société. Encore une fois, c'est un choix de société que je propose aux Français, moi.
Et c'est vrai que la retraite entre 60 ans en fonction de l'âge où on a commencé, tu as entendu que plus on a commencé tôt, plus on fait des métiers durs et donc plus il faut partir tôt. Entre 60 et 62 ans, c'est un choix de société. C'est le choix de dire...
Pardonnez-moi, c'est peut-être aussi ce que les gens ont envie d'entendre et ont envie de croire. Mais pas du tout. Est-ce que c'est vraiment une promesse que vous pourrez tenir ?
Je vais vous le dire. C'est un choix de société parce que ça permet de partir à la retraite et d'en profiter. Et de partir à la retraite en bonne santé.
Et c'est soutenable puisque je l'ai démontré. Encore une fois, c'est en vitesse de croisière 9,6 milliards et c'est un choix. des économies.
La politique, c'est l'art des choix. Je décide de financer cela et je décide d'arrêter de financer cela. C'est cela que je fais.
Et c'est cela que les Français tranchent. On a du mal à croire qu'Emmanuel Macron propose la retraite à 65 ans juste pour être impopulaire. C'est peut-être aussi parce qu'il s'appuie sur des données qui semblent indiquer que l'espérance de vie progresse.
Il faut travailler plus longtemps. Mais il est un ultra-libéral et tous les ultra-libéraux réclament en permanence de travailler jusqu'à en réalité plus d'âge. Sauf que ce que ne dit pas Emmanuel Macron, c'est que le travail, la retraite à 65 ans au-delà du fait que pour certains métiers c'est inhumain.
Vous voyez des aides-soignantes retourner des patients à 65 ans ? Est-ce que c'est raisonnable ? Est-ce que c'est sérieux ?
Après, une vie de labeur, ce n'est pas sérieux. Mais surtout, déjà au moment où on se parle, la moitié des gens qui partent à la retraite à 62,8 ans, ils sont au chômage. Combien de pourcents de gens seront au chômage quand ils atteindront la retraite à 65 ans ?
Donc ce que je cherche à faire Emmanuel Macron, c'est à faire en fait baisser les pensions. Voilà. C'est tout ce qu'ils souhaitent faire.
Et moi, je ne le souhaite pas. Parlons aussi du panier de 100 produits de première nécessité avec une TVA à zéro. Oui.
Voilà, c'est ce que vous proposez. Et ça, ça pourrait être effectif quand ? Très rapidement.
Très rapidement. Extrêmement rapidement. La Commission européenne n'a pas besoin de donner un accord pour cette baissée du TVA.
L'idée, c'est de dire...
Pour l'instant, la Pologne vient de le faire, de baisser la TVA d'ailleurs très fortement. Et la Commission ne s'est pas scandalisée de cette situation. Et je vais vous dire, même, ils ont dernièrement, pas plus tard qu'il y a 10 jours ou 15 jours, dit qu'il était possible, quand il y avait une situation exceptionnelle, que la TVA tombe à zéro pour cent pour les produits de première nécessité, c'est-à-dire les produits d'alimentation et les produits d'hygiène.
Donc il s'agit de faire un panier. Et je le ferai tant que l'inflation sera de 1 point supérieur à la croissance. Pourquoi ?
Parce que...
Ça peut durer longtemps. Oui, ça peut durer longtemps, mais les Français n'y arrivent plus. Et j'ai pour le coup un financement pour cela.
C'est une taxation que je mettrai à 33%, c'est-à-dire l'équivalent de l'ancien IS, sur les rachats d'actions, qui est un système spéculatif un peu compliqué des entreprises, mais qui rapporterait 8 milliards et demi. Donc vous voyez, j'ai largement de quoi prendre en charge cette TVA à 0%. Je pense que c'est urgent pour des Français dont le président de la République ne prend pas conscience qu'ils sont des millions à être parfois à 10, voire 5 euros à la fin du mois.
Alors, sur l'Europe, justement, vous avez renoncé à l'euro, ça tout le monde le sait, renoncé à sortir, à une sortie de l'euro et à une sortie de l'Union européenne. Néanmoins, vous mettez beaucoup de conditions. Vous voulez vraiment refonder, en quelque sorte, notre relation avec l'Union européenne, au point qu'on se dit mais est-ce que ce n'est pas une sortie déguisée que vous proposez ?
Non, non, ce n'est pas du tout une sortie déguisée. C'est vrai que j'expose un certain nombre d'exigences, mais en réalité, ça paraît étrange parce que la France n'a jamais eu aucune exigence pour défendre ses intérêts nationaux, mais d'autres pays le font. Vous savez, l'Allemagne passe sa vie à avoir des exigences, ainsi d'ailleurs que les autres pays.
Il y a toute une série de négociations qui ont lieu en permanence entre les États et la Commission parce que les États défendent leurs intérêts nationaux. Votre addition, elle est lourde quand même. Vous dites que vous voulez baisser de 5 milliards la contribution française.
Oui, mais enfin, écoutez, très honnêtement, on était en 2019 à 23 milliards, dont seulement 14 qui nous reviennent. Je veux dire, on a une contribution nette qui a été multipliée par 50% sous Emmanuel Macron. Ça fait quand même beaucoup quand on sait qu'on est en difficulté, qu'Emmanuel Macron a créé 600 milliards de dettes supplémentaires.
Donc, est-ce qu'on ne peut pas dire à la Commission est-ce que vous êtes gentil ? Vous êtes gentil ? Est-ce que vous pourriez vous-même faire des économies ?
Parce que nous, on considère que 3 ou 4 milliards de contributions, net, c'est raisonnable. 8 ou 9 milliards, ça n'est plus raisonnable. Mais ce qui nous reviendrait serait peut-être encore inférieur.
Mais non, pas du tout. L'agriculture française, vous n'esqueriez pas d'en souffrir ? Mais pas du tout.
Nous sommes contributeurs. c'est-à-dire que nous donnons plus que nous recevons. D'autres pays, d'ailleurs, reçoivent plus qu'ils ne donnent.
Nous, nous donnons plus que nous recevons. On est d'accord pour le faire, mais de manière raisonnable. Moi, je voudrais que notre contribution nette, c'est-à-dire ce qu'on donne en plus, soit équivalent à ce qu'elle était sous Jacques Chirac.
Voilà. Et pas qu'elle devienne...
Oui, d'accord, mais enfin, pardon...
Est-ce que c'est...
Pardonnez-moi de vous dire ça comme ça, mais c'est avec une baguette magique ? Non, ce n'est pas une baguette magique. Non, mais ce n'est pas une baguette magique.
Nous le votons chaque année. Chaque année, l'Assemblée nationale vote la contribution. Ça, d'accord.
Ça, c'est tout ça. Oui, mais après, à Bruxelles, ils vont...
Non, mais ça veut dire que si les députés...
Mais alors, ça veut dire qu'on nous propose de voter quelque chose en nous disant qu'en fait, on ne peut pas voter contre. Bon, donc, ça veut dire que les députés ne sont pas libres de le faire. Bien sûr que nous pouvons moduler et encore une fois, l'idée est de dire à l'Union européenne et nous sommes dans la difficulté.
Nous avons des dettes, des dettes qui sont le fait de la mauvaise gestion d'Emmanuel Macron et des dettes qui sont le fait du Covid, parce qu'elles sont séparées. Eh bien, nous vous demandons de faire un effort, de faire des économies parce qu'on ne peut plus, encore une fois, on a besoin de ces milliards pour aider les plus faibles d'entre nous, les handicapés, les familles isolées, pour avoir des retraites qui ne soient pas inférieures à 1 000 euros. Voilà, c'est tout à fait légitime.
Votre projet d'alliance européenne des nations, vous l'avez fait avec qui ? Je l'ai fait avec des pays comme la Pologne, avec des pays comme la Hongrie, avec des pays comme l'Allemagne, après tout, parce que l'Allemagne, je veux dire...
Pourquoi ils vont être intéressés ? Mais c'est quoi l'idée ? C'est de dire la Constitution est la loi suprême des peuples.
C'est un problème démocratique. Donc, tout texte européen ou international qui est en fait contraire à la Constitution d'un pays ne peut pas s'appliquer en droit interne. Mais c'est ce qui se passe en Allemagne.
En fait, on ne le dit pas, mais l'Allemagne a toujours considéré que s'il y avait un texte qui était contraire à sa Constitution, c'est sa Constitution qui prime. Je ne réclame rien d'autre que cela. Et j'appelle ça l'Alliance européenne des nations libres et souveraines.
C'est-à-dire qu'on ne peut pas aller à l'encontre de la loi suprême que les peuples se donnent. Et vous maintenez notre relation avec l'Allemagne comme aujourd'hui. Il y a quand même des liens très forts.
Souvent, la première visite d'un président ou d'un chancelier. Ça, ça vous paraît évident ? Non, mais moi, je suis absolument pour avoir une très bonne relation avec l'Allemagne.
Il y a des choses, en revanche, qu'il faut des coopérations qu'il faut arrêter. Par exemple, la coopération en matière d'industrie de l'armement. Il faut l'arrêter parce que ça ne fonctionne pas.
Ça ne fonctionne pas parce qu'en réalité, la philosophie de l'Allemagne est trop différente de la philosophie française performant et qu'il soit cohérent. Donc, approfondir les relations avec l'Allemagne et notamment redonner peut-être une nouvelle vie à l'Allemand d'ailleurs. Exiger qu'on arrête avec l'Anglais d'ailleurs dans les institutions de l'Union européenne pour rétablir l'Allemand et le Français.
Ce qui serait cohérent puisque la Grande-Bretagne a quitté l'Union européenne. Voilà des choses, voilà des projets qu'on va faire ensemble. Mais en revanche, la coopération en matière d'industrie de l'armement, il faut arrêter.
Ça ne sert strictement à rien. Alors Marine Le Pen, vous êtes souvent interrogée depuis le début de la guerre en Ukraine sur vos liens avec la Russie et avec Vladimir Poutine. On s'est intéressé au vote de vos parlementaires, au Parlement européen.
À chaque fois qu'il s'agit de voter des sanctions concrètes contre la Russie, ils s'abstiennent. Ou ils sont absents. Par exemple, quand un vote est organisé pour un prêt d'un milliard d'eux à l'Ukraine, ils disent même qu'ils sont contre.
Est-ce qu'il existe un conflit d'intérêts entre les députés du Rassemblement national et la Russie ? Mais en aucun cas. Les députés du Rassemblement national défendent les intérêts de la France.
Je vous rappelle que je crois qu'on a versé plus de 10 milliards l'Union européenne à l'Ukraine avant le déclenchement de la guerre. La Cour des comptes européenne a fait un rapport d'une sévérité absolue. Je suis désolé de le dire maintenant parce que vous me posez la question d'une sévérité absolue sur l'utilisation.
Mais la guerre est une fois supplémentaire peut-être. Vous me parlez de votes qui ont eu lieu avant la guerre. Non, depuis le début aussi.
Non, non, parce que là, je suis désolé. Depuis le début, absolument. Non, mais nous avons été à l'origine une résolution.
Nous avons été à l'origine, nous, députés du Rassemblement national au Parlement européen d'une résolution précisément pour soutenir l'Ukraine et pour condamner la guerre en Russie. Voilà. Ce n'est même pas qu'on l'a voté.
C'est que c'est nous qui en sommes à l'initiative et à l'origine. Donc il y a zéro problème. Mais c'est vrai que sur le financement préalable...
On se prend d'un milliard d'eux à l'Ukraine. Je pense qu'ils n'étaient pas là. Ils ont voté contre.
C'est encore autre chose. Mais c'est le problème, encore une fois, de la Cour des comptes européenne. Moi, je vous renvoie à ce rapport qui évoquait...
On ne parle pas d'économie pour un pays qui est en train de se battre pour s'assurer. Je ne sais pas de quoi...
Pardon, c'est difficile parce que je n'ai pas le texte. Je ne sais pas si c'est vrai. Je ne sais pas de quel était le contexte, etc.
Je vous explique...
La question plus générale, c'est la question du conflit d'intérêts. Est-ce que le fait que vous vous êtes obligés de rembourser un prêt russe, par exemple, vous êtes toujours en train de le rembourser, d'ailleurs ? Mais bien entendu.
Mais en quoi c'est un lien particulier ? Quelle est l'obligation que j'ai à part de le rembourser ? Je n'arrive pas à comprendre ce sous-entendu.
Je rappelle quand même que si j'ai été obligée d'aller à l'étranger pour faire un prêt, c'est parce que je ne trouvais aucune banque, pas seulement française, M. Toussaint, pas une banque européenne. Vous voyez ?
Une banque hongroise. Non, non, mais ça, c'est autre chose. À tel point que le président de la République, sur proposition de François Bayrou, avait trouvé ça tellement scandaleux qu'il avait dit qu'il faut faire une banque de la démocratie pour pouvoir financer les partis politiques.
Cette banque de la démocratie, elle a été votée et elle n'a jamais été mise en application. Donc on ne peut pas, si vous voulez, m'empêcher d'emprunter en France, me pousser à aller emprunter à l'étranger et après me reprocher d'emprunter à l'étranger. Donc je n'ai aucune autre obligation que...
Mais pas plus que les Français, d'ailleurs. J'ai déjà eu l'occasion de vous le dire. Quant aux sanctions contre la Russie, je vous le dis, je pense qu'elles sont inefficaces.
Les sanctions ont été décidées en 2014, elles ont ruiné une partie de nos filières agricoles et elles n'ont fait...
Elles n'ont eu aucun impact en réalité sur l'économie russe. Les seuls impacts qu'elles ont eu, c'est sur l'économie française. Donc quand c'est pas bon pour la France, quand c'est pas dans l'intérêt de la France et en plus quand c'est inefficace, oui, bien sûr, on défend les Français et on défend les intérêts de la France.
C'est normal, on a été élus pour ça. Vous, présidente, vous allez à Moscou après votre élection ? Non mais moi, tant que la résolution, tant que la guerre n'est pas terminée, tant qu'un traité de paix n'est pas signé entre l'Ukraine et la Russie, tant que la Russie n'a pas quitté le territoire ukrainien, il n'y a absolument aucune raison.
Aujourd'hui, il y a des capitales qui sont en train de travailler. Emmanuel Macron, d'ailleurs, développe une énergie certaine pour tenter de trouver une issue. Il n'est pas le seul.
Les Israéliens le font aussi. Les Turcs sont très investis dans cette négociation. Les Allemands, évidemment, ils le font de manière discrète.
Emmanuel Macron a tendance à le faire de manière moins discrète que les autres. Mais tout ce que nous espérons, c'est que toutes ces négociations aboutissent à la fin de la guerre. Et lorsque la fin de la guerre sera arrivée, je pense que l'Union européenne, que l'OTAN doivent faire en sorte de desserrer les liens qui se sont créés entre la Russie et la Chine parce que la constitution d'un pôle aussi puissant que la Russie et la Chine ensemble sera à l'évidence notre problème de demain.
On a vu Boris Johnson aller ces derniers jours à Kiev pour rencontrer le président Zelensky. Ça pourrait être compliqué pour vous parce que vous avez été interdite de séjour en Ukraine. Oui, je ne sais pas pourquoi d'ailleurs.
Si, on sait pourquoi. Pourquoi ? Parce que vous aviez nié l'annexion de la Crimée par la Russie.
Je ne l'ai pas nié parce qu'en l'occurrence il y a eu un référendum. Donc, bon, écoutez, je n'irai pas à Kiev. Peut-être qu'il lèvera quand même cette interdiction quand je serai élu.
Ce serait raisonnable. En tout cas, pour l'instant, visiblement, vous n'êtes pas la bienvenue en Ukraine. Vous regrettez d'avoir dit cela ?
Non, non, pas du tout. Non, non, je ne regrette pas du tout. Il y a eu...
Enfin, bon, je ne vais pas refaire l'histoire. Mais il y a eu un pouvoir ukrainien qui...
Non, mais d'accord, je crois que ça n'a pas grand-chose à voir. Il y a eu un référendum en Crimée. La Crimée a été ukrainienne 26 ans.
Tout le reste du temps, elle était russe. Les habitants de Crimée ont souhaité rejoindre la Russie. Voilà, bon.
Alors, parlons d'autre chose maintenant, le voile. Hier, on a vu Emmanuel Macron qui échangeait avec une jeune fille voilée dans le Grand Est qui s'affirmait féministe. Vous, vous dites que le voile est un uniforme.
Moi, je me souviens d'avoir entendu pourtant Emmanuel Macron, je crois que c'était en 2018 ou en 2019, avoir des propos très durs sur le voile en disant que c'était tout à fait contraire à la laïcité, que c'était contraire à notre civilité, que c'était contraire à la vision que la France développait de l'égalité entre les hommes et les femmes. Donc, je vois bien qu'aujourd'hui, tous les arguments doivent être utilisés contre moi, etc. Alors, vous, qu'est-ce que vous pensez ?
Mais moi, je pense que tout ça, je pense tout ça en même temps, je pense que c'est tout à fait contraire à nos valeurs, je pense que c'est tout à fait contraire au respect qui est dû aux femmes, je pense que c'est un uniforme qui est imposé par les islamistes, je pense que l'objectif en a été, c'est de faire pression sur celles qui n'en portent pas et que le fait de ne pas en porter isole parce qu'elles sont pointées du doigt. Je pense qu'un certain nombre de grandes marques, d'ailleurs, se comportent de manière honteuse quand elles font des grandes marques de vêtements, quand elles font des collections pudeurs. Les collections pudeurs, c'est les collections où les femmes sont voilées.
Mais qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que celles qui ne portent pas le voile sont impudiques. C'est exactement ce que cherchent à faire les islamistes.
Donc, non, je pense...
Il faut interdire ce voile dans l'espace public, le sanctionner, une amende. Oui, c'est un petit peu comme quand on nous a forcé à mettre le masque. Quand on ne le mettait pas, on avait une amende.
Et en cas de récidive, une deuxième amende ? Non, pas obligatoirement. Quand vous ne mettez pas votre ceinture de sécurité, vous avez une amende.
Si le lendemain, vous ne la mettez pas, vous avez la même amende. Sur la sécurité, vous promettez 7,5 milliards d'euros en plus pour la police et la justice sur 5 ans. Oui.
En janvier dernier, Emmanuel Macron parlait de 15 milliards d'euros pour un deuxième quinquennat. Est-ce qu'avec cette promesse de 7,5 milliards, vous pourrez tenir vos engagements ? Oui.
Oui, parce que vous savez, il y a l'argent que l'on peut investir dans la police et la justice. Mais en réalité, c'est tout ce qu'il y a autour qui est surtout fondamental. Parce que les policiers vous le disent, d'ailleurs, ce n'est pas tant un problème de moyens, c'est un problème de soutien.
Et moi, ce que je souhaite, c'est réarmer moralement les policiers, c'est-à-dire leur dire ce que vous allez faire va être utile parce que derrière vous, il va y avoir des magistrats qui vont condamner à des peines qui seront exécutées et pas à des peines qui en réalité seront immédiatement transformées en peines alternatives. Donc, en fait, rien. Parce que dans l'esprit des délinquants, c'est rien, c'est l'impunité.
Et lorsque les peines de prison seront prononcées, eh bien, il y aura véritablement derrière une incarcération. Et cette incarcération ne fera l'objet d'aménagements de peine sauf si ce sont des délits, si ce sont des condamnations à plus de 6 mois fermes pour atteindre l'intégrité physique. Parce que je crois que notre société est en train d'être noyée par une violence qui est endémique, par un véritable ensauvagement qui fait que pour un oui ou pour un non, on s'attaque physiquement aux gens et de manière bien souvent très grave et de plus en plus grave.
Il faut casser cette dérive terrible qui est l'absence de respect de l'intégrité physique des autres. C'est très important. Vous promettez l'incarcération, je vous le disais, vous le savez, les prisons sont déjà surpeuplées.
Oui, mais d'abord...
Vous mettez encore plus de prisonniers dans ces prisons ? Oui, enfin, je vais en construire. Mais ça, c'est du long terme.
Oui, pas obligatoirement. Parce qu'en réalité, d'abord, je vais renvoyer dans leur pays d'origine les délinquants et les criminels étrangers, ce qui évitera qu'ils reviennent en prison. Parce que bien souvent, vous savez, une partie importante des délinquants sont des multirécidivistes.
Ils viennent une fois, deux fois, trois fois, quatre fois. Donc déjà ça, on en limitera les conséquences. Et deuxièmement, je pense qu'on peut développer assez rapidement toute une série d'établissements qui ne soient pas des établissements de haute sécurité, mais que l'on puisse réserver à notamment des primo-délinquants, à des courtes peines.
Et une courte peine, on ne la gère pas de la même manière. Une peine de huit jours, par exemple, c'est ce que font les Pays-Bas. Les Pays-Bas, ils ont pris exactement la philosophie inverse de la nôtre.
Nous, vous prenez un an de prison ferme, vous êtes sûr que vous n'irez jamais en prison. Parce qu'à moins d'un an de prison ferme, vous n'allez pas en prison. Croyez-moi, pour avoir été avocat, pour prendre un an de prison ferme, il faut déjà en avoir fait beaucoup.
Eh bien, les Pays-Bas font l'inverse. Ils disent, nous, on préfère condamner à des courtes peines mais qui sont exécutées plutôt qu'à des peines qui sont plus longues mais qui ne le sont jamais. Voilà.
Parce qu'on considère, disent-ils, que la peine qui est lourde mais qui n'est jamais effectuée est en réalité une hormone de croissance de la délinquance parce qu'elle contribue au sentiment d'impunité des délinquants. Donc, c'est un choix. Donc, vous voyez qu'on a des casernes, on a des hôpitaux.
Eh bien, on peut parfaitement transformer assez facilement ces structures en structures qui ne sont pas nécessairement surveillées comme l'est une véritable prison parce que quel est l'intérêt de s'enfuir quand on a pris huit jours de prison alors qu'on risque en s'enfuyant de voir cette peine quadruplée ou quintuplée. Ça n'a pas de sens. On a dévoilé hier c'était sur BFMTV d'ailleurs votre nouvelle affiche de campagne pour cette entre-deux-tours.
Alors, c'est très épuré. Il y a un slogan « Et vous ? » Certains en disent que c'est le grand effacement pour faire un bon mot.
Vous assumez, vous, le fait qu'il n'y a pas votre nom, il n'y a même pas votre prénom. Je ne parle même pas du Rassemblement National qui ne parait pas. Il n'y avait pas non plus sur la première mais ça n'avait pas eu l'air de choquer personne.
Je crois que je bénéficie, si vous voulez, d'un taux de notoriété. qui me permet peut-être de ne pas mettre ce nom. Et puis, c'était une volonté aussi qu'il n'y ait uniquement ce slogan « Pour tous les Français ».
Parce que c'est ça, en réalité, ce que je veux faire. Toute la politique que je veux mettre en œuvre, c'est pour tous les Français. Et tous les Français, c'est tous les Français.
C'est-à-dire, c'est tous les Français, quelle que soit leur origine, quelle que soit leur religion, quel que soit l'endroit où ils vivent. Parce qu'aujourd'hui, la politique qui est menée, elle est menée bien souvent pour les grandes métropoles. Et l'intégralité de la ruralité a un sentiment d'abandon qui est justifié.
Donc, pour tous les Français, c'est l'ensemble du peuple français qui bénéficiera de la politique que je veux mener. Ça, c'est le message du slogan. Pour le reste, ce que j'ai appelé le grand effacement, c'est une façon peut-être aussi de gommer tout ce qu'il y a pu...
Jusqu'ici, vous empêchez...
Je ne comprends pas. Vous croyez que les gens ne savent pas que je suis Marine Le Pen sur mon affiche ? Ils se disent, tiens, qui est cette blonde qui se présente ?
Non, mais je pense que tout le monde le sait. Donc, voilà, c'est un moyen de mettre, encore une fois, en exergue, quel est l'objectif que je poursuis. Quand je vous entends parler, par exemple, des journalistes de quotidien, je me dis, mais en fait, elle n'a pas changé.
C'est toujours la même. Moi, je pensais qu'il y avait une nouvelle Marine Le Pen depuis quelques mois. Et puis là, sur cette question des journalistes...
Vous savez, ça fait 7 ans que j'ai dit quotidien n'est pas...
C'était une erreur, pardonnez-moi de vous couper, mais c'était une erreur de dire cela ou c'était voulu ? Mais de dire quoi ? Mais pas du tout.
Qu'est-ce qui est extraordinaire ? Vous assumez d'avoir tenu ces propos. Écoutez, quotidien me suit dans tous mes déplacements, etc.
Mais en l'espèce, je ne la crédite pas dans mes conférences de presse, dans mon QG pour une raison simple, c'est que je considère que ce ne sont pas des journalistes. Je considère que c'est une émission qui est une émission de divertissement. Et je ne suis pas la seule.
C'est très populaire. Mais c'est vrai. Mais je ne suis pas la seule.
Vous pourriez vous dire après tout...
Bien sûr. Mais je ne suis pas la seule, je vais vous dire, puisque le syndicat national des journalistes, qui n'est pas particulièrement proche de moi, avait refusé leur carte de presse aux journalistes de quotidien il y a 10 ans. À l'époque, c'était le petit journal.
Et M. Barthez, d'ailleurs, n'a pas sa carte de presse. Le débat.
Est-ce que c'est là que tout va se jouer, d'ailleurs, selon vous ? Le grand débat télévisé qui est prévu mercredi prochain ? C'est un moment important.
Mais une élection ne se joue pas uniquement sur un débat. Elle se joue sur l'intégralité de la campagne. Elle se joue sur le projet.
Elle se joue sur la personnalité. Mais c'est un moment où les Français se retrouvent. Bien sûr.
Il y a un million de téléspectateurs. Bien sûr, c'est important. La dernière fois, c'est un moment de vérité.
Je ne sais pas si c'est un moment de vérité. Mais c'est un moment qui n'a pas été particulièrement réussi pour moi. Mais ce sont des choses qui arrivent.
Parlons de ce qui se passe. Comment vous l'appréhendez ? Comment est-ce que vous le préparez ?
Est-ce qu'il n'y a pas une espèce de syndrome post-traumatique en tenu de ce qui s'est produit il y a cinq ans ? Non, absolument pas. Non, non.
Je l'aborde très sereinement. C'est un...
Encore une fois, si tant est, et je le souhaite que le président de la République reste poli et mesuré. Je ne suis pas sûre que c'est le choix qui a été fait par le gouvernement. J'ai lu là que M.
Darmanin avait dit avec Marine Le Pen, tous les pauvres vont peut-être mourir. Vous voyez, tout dans la modération. Donc, je pense que si chacun retrouve un peu sa raison...
Il débattera ce soir avec Jordan Bardella sur le FMTV à 21h, il y aura sûrement sur cette formule. Permettez-moi d'appeler tout le monde à la raison. Il faut redevenir raisonnable.
Encore une fois, c'est un débat. Redevenons raisonnables. Il y a une stratégie.
On prépare cela en se disant...
Non. Comment est-ce que...
Non, on prépare cela en se disant qu'il faut qu'un maximum de Français sachent ce que je leur propose. Quelle est la philosophie de mon projet ? Quelles sont les mesures précises que je veux mettre en œuvre ?
Pourquoi je veux les mettre en œuvre ? Pourquoi je veux, encore une fois, revivifier la démocratie ? Pourquoi je veux qu'on redevienne souverain dans un certain nombre de domaines où on a perdu en indépendance et on l'a payé cher dans les différentes crises qui ont séquencé le mandat d'Emmanuel Macron ?
Le 24 avril, imaginez-vous gagner l'élection présidentielle. 15 jours plus tard, il y a une passation de pouvoir avec Emmanuel Macron. Vous entrez à l'Élysée.
Ce jour-là, d'ailleurs, il y a vos proches autour de vous ? Je suppose. C'est un peu traditionnel.
Votre père ? En règle générale, il y a mes proches et je suis la fille de mon père. Vous aimeriez qu'il soit là éventuellement ?
Moi, je pense bien sûr qu'il souhaiterait être là, évidemment. Bon, et si vous perdez ? Ce sera la volonté du peuple français.
Et vous ferez quoi ? Eh bien, je continuerai à les défendre. Bien sûr.
De quelle façon ? Parce que je les ai défendus toute ma vie et que je me vois mal aujourd'hui, m'arrêter brutalement du jour au lendemain. Et d'ailleurs, ce n'est pas très important.
Ce n'est pas, encore une fois, ma situation personnelle qui importe. Ce qui importe, c'est que va devenir la France si Emmanuel Macron rempile pour un deuxième mandat avec un projet qui est un projet éminemment, je crois, destructeur pour le pays. Merci beaucoup.
C'est moi qui vous remercie. Merci d'avoir répondu à toutes nos questions et de nous avoir accueillis encore une fois ici dans votre bureau. C'est un plaisir.
à votre QG de campagne. Le meeting demain, bien sûr. Demain, exactement.
À Avignon. Et à vendredi, vous serez l'invité d'Apolline de Malherbe à partir de 8h30 sur BFM TV et RMC. Ce soir, le débat, Jordan Bardella, Gérald Darmanin avec Maxime Suitek et Apolline de Malherbe.
On est toujours au cœur de cette campagne, bien sûr, sur BFM TV. Dans un instant, et même tout de suite, vous avez rendez-vous avec Yves Calvi. Sous-titrage Société Radio-Canada
Marine Le Pen